Le 10 mai l’affiche de campagne avec Thierry Schaffauser en robe et perruque sort sur le web. Mais le look du suppléant aux législatives dans le 18e et le 19e arrondissement de Paris n’a pas plu à EELV, qui a retiré 3 jours plus tard son investiture.
« Un visuel circule concernant mon éventuelle candidature sur la circonscription […] Je ne l’ai évidemment pas approuvé et elle ne sera jamais utilisée. » Le tweet est signé Douchka Markovic, actuelle adjointe à la mairie du 18e arrondissement sous l’étiquette EELV. Elle fait référence à son affiche de campagne pour les législatives, où elle pose avec Thierry Schaffauser. Ce travailleur du sexe, syndiqué au Strass (link is external), lui aussi encarté chez les Verts, devait être son suppléant. Le problème de l’élue, sur cette fameuse affiche ? Thierry Schaffauser porte une robe noire moulante, une perruque et son bouledogue, Baby Butch, à bouts de bras. « C’est un fake et heureusement ! », commente-t-elle encore sur Twitter.
L’affiche serait-elle un montage ? Pas du tout, puisque Douchka Markovic a bel et bien posé pour cette photo. « Ma tenue ne lui posait d’ailleurs pas de problème pendant le shooting », rembobine Thierry Schaffauser, quand StreetPress l’appelle.
« J’ai couru pour lui trouver un rouge à lèvres »
Retour le 6 mai, dans le 11e arrondissement. Tous les candidats EELV se pressent devant l’objectif de Xavier Cantat, ex-mari de Cécile Duflot. Le photographe est chargé de réaliser les affiches des législatives du parti en Île-de-France. « Il y avait une centaine de personnes entre les titulaires et les suppléants », se souvient Philippe Stanisière, venu également se faire tirer le portrait. Membre du conseil fédéral d’EELV, il est lui candidat suppléant sur le 4e et le 11e arrondissement de Paris. D’après le politique, ni la robe, ni la perruque de Thierry Schaffauser n’avaient ému les élus présents. Au contraire, il aurait même reçu des retours positifs. Philippe Stanisière se rappelle :
« Thierry se changeait dans les escaliers de secours et n’avait pas de maquillage. J’ai couru derrière Antoinette Guhl [adjointe à la maire de Paris, chargée de l’Economie Sociale et Solidaire, ndlr] pour avoir son tube de rouge à lèvres. »
Et Philippe Stanisière d’ajouter :
« Juste avant d’entamer la séance photo, quelqu’un avait une deuxième cravate et l’a proposée à Douchka pour mettre en lumière le contre-genre. Cela s’est passé dans l’amusement et la franche amitié. »
Thierry Schaffauser y voit une visée politique. « Je voulais porter les causes d’auto-détermination de genre et sortir de la binarité homme et femme. Je revendique la même chose que Cécile Duflot : le droit de siéger en robe à l’Assemblée sans être ni sifflé ni discriminé », insiste le militant du Strass. Le jour J, il a même pensé au combat politique de sa titulaire, également co-fondatrice du parti animaliste, qui se fait porte-voix de la cause animale :
« J’ai posé avec mon bouledogue, Baby Dutch, pour faire le lien avec cette cause chère à Douchka. »
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