"Intrigué par l’affaire Hanouna, un journaliste suisse s’est risqué à observer les chaînes françaises pendant sept jours. Il découvre, atterré, un mélange de vulgarité, de réalité trafiquée et d’imposture.
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Il y a quelques jours, on m’a invité à plonger dans un monde pour moi étrange et inconnu : le nouveau paysage audiovisuel français. Un cloaque. Pourquoi moi, zappeur vieillissant ? Parce que je ne suis plus dommage ? “Va, tant qu’il est temps, et découvre cette télévision dont on parle !” J’ai eu le malheur d’accepter. C’est un cloaque.
La proposition avait une origine : tout ce bruit autour de TPMP. Maintenant, je sais traduire : Touche Pas à Mon Poste (C8). J’ai sauté dans la galaxie Hanouna, et ce n’est pas joli à voir, ni agréable à sentir. Naturellement, depuis qu’une menace de sanction plane sur son contrat de 50 millions d’euros l’an, l’animateur barbu, vociférant et hystérique – Cyril de son prénom – montre un poil de prudence : il ne se risquera pas de sitôt à humilier, comme il l’a fait à la mi-mai, un jeune gay en se faisant passer, au téléphone, devant la France entière, pour le client d’un site de rencontres ; son complice et patron, Vincent Bolloré, rustre milliardaire, ne veut pas mettre en péril son empire digital en construction.
Hanouna ou le vertige de la vulgarité
Ces petites précautions dictées par l’incident homophobe ne changent pourtant rien au fond : TPMP est en permanence une entreprise obscène et rentable de décervelage. Mais en écrivant cela, un grand trouble me prend. Plus de 1 million de francophones regardent chaque jour ce spectacle dégradant. Que pensent-ils, tous ces “chéris”, comme les nomme (moi donc y compris) Hanouna, quand un de ses comparses raconte qu’il a pissé sur la voiture d’un ami, et qu’un autre s’esclaffe en disant qu’il a pété dans la loge de sa voisine – charmée : “pet avoué est à moitié pardonné” ?" (...)
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