"Tribune. L'affaire Fillon. Elle nous a fait passer par toutes les émotions. Elle nous a fait douter. Elle nous a poussé à réfléchir. Et au final, elle nous a obligé à ouvrir les yeux, et à nous réveiller.
On nous a dit que le problème est qu'il a employé des membres de sa famille. Puis on a découvert que la plupart des hommes politiques emploient des membres de leurs familles. Et que ce n'est même pas illégal.
Le sentiment d'une certaine injustice
On nous a dit que le problème est qu'il s'agirait peut-être d'emplois fictifs. Puis on s'est souvenu que le remplaçant qu'on nous propose, Alain Juppé, a lui été condamné pour ça et non pas seulement soupçonné.
On nous a dit que la justice est indépendante. Puis on s'est aperçu des coïncidences étranges du calendrier. Et on a découvert que les procès-verbaux étaient distribués à la presse.
On nous a dit que le problème est la mise en examen et le respect de la parole donnée. Puis on a vu tous ces politiciens qui l'ont soutenu et donné leur parole, quitter le navire, faisant fi de la présomption d'innocence.
On nous a dit que les électeurs étaient dégoûtés et l'ont lâché. Puis en parlant soi-même aux gens, on a plutôt entendu qu'ils ont au contraire le sentiment d'une certaine injustice, et qu'ils ont envie de le soutenir plus qu'avant.
Des dizaines de milliers de personnes pour soutenir Fillon
On nous a dit que le rassemblement de dimanche était une manifestation anti-juges inacceptable. Puis on a observé que c'était simplement un rassemblement de soutien populaire.
On nous a dit qu'il n'y aura pas foule, que la météo défavorable, que les problèmes de sécurité. Et puis nous avons vu des dizaines de milliers de personnes, une foule venue des quatre coins de la France pour le soutenir, rassemblée pacifiquement.
Finalement, on s'est aperçu qu'on n'a pas arrêté de nous mentir et de nous manipuler depuis des semaines. Et on s'est demandé pourquoi. Car il faut l'avouer c'est assez incompréhensible. Jusqu'à ce qu'on ait eu vent de cette information qui a circulé dans les milieux autorisés : Alain Juppé promet de dégager les Catholiques et assimilés de la campagne (Sens Commun et compagnie). Il ne veut pas en voir la moindre trace.
Et là on a compris. On a compris que l'enjeu profond de tout ça, n'est peut-être ni la personne de François Fillon, ni ses affaires judicaires, ni même les élections présidentielles. C'est peut-être bien plus le retour des Chrétiens sur la scène politique que certains veulent stopper à tout prix.
Pour la première fois depuis extrêmement longtemps, le vote catholique a pesé réellement
Et là on a relu l'histoire avec un nouveau regard. On s'est souvenu par exemple de la petite croix que porte Valérie Boyer, et qui lui a valu tant de critiques haineuses...
Les Chrétiens, devenus une minorité, ont, pour diverses raisons, déserté la vie politique depuis plusieurs dizaines d'années. C'était de leur part une erreur et une faute. Une erreur, car il est de leur intérêt vital d'être représentés dans les lieux de pouvoir. Et une faute car il est de leur devoir de s'engager dans cet aspect de la vie de la cité.
Or cette année, pour la première fois depuis extrêmement longtemps, le vote catholique a pesé réellement. Et le fait que le vote catholique de droite ait pu peser autant sur la désignation du candidat Fillon a été insupportable pour l'establishment." (...)

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Je ne suis pas pour Fillon, mais j'avais fait moi-même cette analyse.