Ce sont deux piliers de la plus grande arnaque jamais commise en France: la fraude aux quotas carbone, qui a fait partir en fumée 1,6 milliard d’euros en quelques mois fin 2008, début 2009. Le premier, Arnaud Mimran, est un habitué des tables de poker et des magazines people. Il a fait venir le rappeur Puff Daddy à la Bar-Mitsvah de son fils, fréquenté Patrick Bruel, et même le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, comme l’a révélé Mediapart. Le second, Marco Mouly, collectionne les accessoires de luxe et les escroqueries à la « tève », la TVA. Il aurait inspiré à l’humoriste Gad Elmaleh son personnage de Coco, le flambeur. Tous deux comparaîtront, du 2 au 30 mai, devant le tribunal correctionnel de Paris, aux côtés de dix autres prévenus, traders, courtiers ou hommes de paille. Ils sont accusés d’avoir empoché la bagatelle de 283 millions. Et comme dans les autres dossiers CO2, l’Etat doit jouer au chat et à la souris pour récupérer une partie de l’argent.
Derrière le « casse du siècle », on retrouve un petit groupe issu du « milieu » juif français, spécialisé dans les arnaques financières. Leur créneau : appliquer la technique du « carrousel » de TVA au marché des droits à polluer. Des sociétés « taxis », créées pour l’occasion, ont acheté, hors taxe, des quotas de CO2 dans un Etat européen, et les ont revendus en France en facturant la TVA (19,6 %) sans jamais la rembourser à l’Etat. Le produit de la vente a été ensuite réinvesti en reproduisant le même schéma. De quoi faire tourner le carrousel et grimper les profits avant que les sociétés disparaissent.
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