"Jean-Guy Greilsamer est un animateur du mouvement BDS et membre de l’UJFP.
Au moment où le Conseil de Paris vote les vœux pour une résolution pacifique durable au Proche-Orient, Zaman France l’a interrogé sur le bilan de la campagne de boycott des produits israéliens et sur la stratégie adoptée par l’organisation dans un contexte de criminalisation en France du boycott.
Zaman France : En France, un jugement de la cours de cassation d’octobre 2015 condamne 14 militants de BDS et criminalise par la même occasion le mouvement et l’appel au boycott contre un Etat. Comment réagissez-vous ?
Jean-Guy Greilsamer : On se focalise sur le jugement d’octobre 2015, mais avant cela, d’autres jugements de cours de cassations se sont soldés par nombre de non-lieux. La situation n’est pas telle que s’il y avait une accumulation de jugement condamnant des militants. Toutes les autres se sont terminées pas des relaxes.
Il faut cependant voir que la France et Israël sont aujourd’hui les deux seuls pays qui condamnent BDS. Les autres pays considèrent que l’appel au boycott fait partie intégrante de la liberté d’expression, dès lors que ça concerne un sujet d’intérêt public. Tous les boycotts précédents, qui ont impliqué l’Afrique du sud, la Birmanie sous régime militaire, le Mexique ont été acceptés en France, même celui contre l’Iran.
ZF : Mais pour l’Iran, il s’agissait d’un embargo.
JGG :Oui, mais l’embargo équivaut à un boycott. L’embargo est une forme de boycott. Nous demandons le boycott, le désinvestissement et les sanctions... l’embargo est une sanction.
ZF : Que dit l’Europe ?
JGG : Elle est acculée. Les exactions israéliennes atteignent un niveau tel que l’Europe est obligée de rappeler le droit. Il y a donc des mesures au niveau européen qui se sont développées depuis 2014. Des lignes directrices pour proscrire tout financement qui profite aux colonies.
Une mesure du ministère des Affaires étrangères et de seize autres pays européens met aussi en garde du danger d’investir dans les colonies israéliennes. Toute personne qui investit dans ces colonies prend le risque de devoir répondre de plainte pour complicité de la dépossession ou du vol des ressources des Palestiniens." (...)
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