Quarante ans après les lois Defferre, la décentralisation française bute sur un paradoxe : les collectivités exercent des compétences d’une ampleur inédite et la libre administration est constitutionnalisée depuis 2003, mais pourtant un nombre significatif d’élus décrivent le sentiment d’être empêchés d’agir. C’est au moment où les prérogatives locales atteignent leur extension juridique maximale que l’action publique territoriale paraît la plus entravée. Pour en chercher la cause réelle, l’étude s’appuie sur des entretiens conduits auprès d’élus, de directeurs généraux des services et de dirigeants d’opérateurs, croisés avec un corpus d’études universitaires, les travaux récents de la Cour des comptes et la sociologie de l’action publique.