La Conversation scientifique par Etienne Klein. France Inter, 20.09.2014
Quand a-t-on raison de douter ? Comment penser le doute ? Peut-on le créer, l’organiser, l’instrumentaliser ?
Invité(s) :
Mathias Girel, chargé de mission à l'Institut des Hautes études pour la science et la technologie, chercheur à l'université Paris 1, dans l'équipe Expérience et connaissance.
Le paludisme est un fléau, qui tue chaque année quelque 600 000 personnes dans le monde. 90 % de ces décès surviennent en Afrique. Alors que les techniques de prévention s’améliorent, des chercheurs suisses...
La Montagne, Auvergne > Haute-Loire > Langeac, 18.04.2014
« Le 27 janvier dernier disparaissait Jean Mouchet, à l’âge de 93 ans, laissant derrière lui une longue carrière d’éminent biologiste spécialisé dans l’entomologie médicale. »
"Connaissez-vous le "stomatopoda", plus communément appelé la "crevette-mante" ? Ce crustacé possède une paire de pattes ravisseuses, comme la mante religieuse. Elles peuvent être de deux types : telle une lance, pointue et capable d'embrocher leur proie, ou de la forme d'une massue, capable de briser les coquilles. James C. Weaver et son équipe se sont intéressés à ces fameuses massues [...]. Aucune application n'a encore été trouvée, mais il est à noter que l'US Air Force a financé en partie l'étude."
("Drones insectes, super-oreilles, cape d'invisibilité... quand la science s'inspire de la nature", Le HuffPost, 25.03.2015)
Et s'il valait mieux dire "la mouche à l'oreille" que la puce? Une équipe de chercheurs de l'université du Texas a développé un implant cochléaire basé sur les oreilles ultra-sensibles de la mouche. Surtout, l'implant ne fait que 2 mm et utilise un matériau transformant la pression en signal électrique, ce qui permet de faire fonctionner l'objet avec très peu d'énergie (et donc des batteries bien plus petites).
("Drones insectes, super-oreilles, cape d'invisibilité... quand la science s'inspire de la nature", Le HuffPost, 25.03.2015)
Plus d'infos sur http://www.biodiversite-foret.fr Pascal Dupont est expert lépidoptériste au Service du Patrimoine Naturel (MNHN) et coordinateur scientifique du programme de sciences participatives "Observatoire de la Biodiversité des Forêts". Pascal assure la validation de vos données récoltées dans le cadre des inventaires en forêt. Dans cette vidéo, il nous parle de la biodiversité forestière, détaille les missions du SPN et de l’utilité de l’INPN, l’Inventaire National du Patrimoine Nat
Une équipe de chimistes britanniques a fait une découverte qui concerne la chimie prébiotique à l'origine de la vie sur Terre. Ces scientifiques ont en effet identifié une série de plusieurs réactions réalisées avec un mélange de cyanure d'hydrogène, de sulfure d'hydrogène et d’ions de cuivre. Le mélange produit des petites molécules carbonées, mais aussi des sucres, des acides aminés, du glycérol et des précurseurs des ribonucléotides : des éléments essentiels aux cellules vivantes.
Une remarquable série de réactions conduit conjointement à la formation de plusieurs molécules, à la base des constituants cellulaires, à partir du cyanure d'hydrogène et du sulfure d'hydrogène. Des réactions similaires, mais plus complexes, ont peut-être mené à l'émergence des cellules vivantes sur la Terre de l'Hadéen il y a plus de 4 milliards d'années.
Les Bulletins Electroniques des Ambassades de France - 2015/03/23 > BE France 299
« Les abeilles, Yves Le Conte les connaît bien. Apiculteur amateur depuis sa plus tendre enfance, ce directeur de recherche à l'Inra dirige aujourd'hui l'Unité de Recherche Abeilles et Environnement localisée à Avignon. Regroupant une trentaine de personnes, ce laboratoire est aujourd'hui le plus important pôle français dans ce domaine et l'un des plus réputés dans le monde. On y étudie essentiellement les causes du déclin des abeilles et on en quantifie les conséquences notamment sur la pollinisation. Ce laboratoire abrite également une Unité Mixte Technologique qui fédère de 7 à 9 chercheurs et ingénieurs, toujours sur la même thématique du déclin des abeilles, mais avec une vision plus technique et appliquée. »
« L'année passée, Yves Le Conte a co-écrit, avec Vincent Albouy, entomologiste amateur et ancien attaché au Laboratoire d'Entomologie du Muséum National d'Histoire Naturelle, un remarquable ouvrage intitulé Nos abeilles en péril, publié par les éditions Quae. Face aux problèmes récurrents de mortalité qui touchent les abeilles depuis quelques années, le chercheur avignonnais ne peut donc qu'être inquiet, d'autant plus que cette "pollinisatrice hors pair" qu'est ce petit animal d'à peine 100 milligrammes recèle tant d'autres capacités insoupçonnées, notamment celle de détecter la présence d'explosifs. »
« Les pucerons, insectes phytophages, se déclinent en milliers d'espèces. Environ 4000 sont répertoriées dans le monde. Une cinquantaine d'espèces ont une importance économique car elles se développent au détriment des plantes cultivées.
Les pucerons ont colonisé tous les milieux depuis les zones tempérées où la diversité est la plus grande aux zones arctiques et tropicales.
Déjouant les stratégies de lutte, ils vont devoir faire face aux chercheurs qui ont décidé de décrypter la structure et le fonctionnement de leur génome afin de mieux les connaître pour mieux les combattre. »
« Au cours de leur évolution, ils ont développé de remarquables capacités d'adaptation au milieu : fécondité élevée, modes de reproduction variés, alternance d'individus ailés ou aptères, utilisation de plusieurs types de plantes... Autant de statégies qui leur permettent d'exploiter aux mieux les plantes sur lesquelles ils vivent. »
« Ils sont uniquement phytophages. Grâce à leurs pièces buccales de type piqueur-suceur, ils se nourissent de la sève des plantes et peuvent transmettre à celle-ci des particules virales, ce qui en fait des déprédateurs majeurs des cultures. »
(Evelyne Turpeau, Maurice Hullé, Bernard Chaubet, Encyclop'Aphid : l'encyclopédie des pucerons "Qu'est-ce qu'un puceron ?", INRA, 29.09.2014)
Pauvre fourmi affligé du suceur de cerveau Ophiocordyceps ! Si les spores du champignon atterrissent sur une fourmi, elle pénètrent dans son exosquelette et dans son cerveau, la contraignant alors à quitter son habitat normal sur le sol de la forêt et à grimper sur un arbre voisin. Pleine à craquer de champignons, la fourmi moribonde s'attache à une feuille ou à une autre surface en hauteur. Des filaments de champignon sortent de la carapace désormais vide et disséminent des spores sur les fourmis venant à passer en dessous. Le cycle recommence.
National Geographic, 16.02.2015. « 8 histoires de parasites diaboliques »
« La tordeuse de l'épinette peut décimer des forêts entières. Mais certains arbres savent résister à cet envahisseur... Leur secret? Un gène qui conduit à la production de deux substances toxiques, qui empoisonnent littéralement l'assaillant. On doit cette découverte à des chercheurs de l'Université Laval qui ont passé au crible près de 24 000 gènes de l'épinette. Voilà qui ouvre la porte à la sélection de lignées d'arbres naturellement résistants, susceptibles de reboiser les forêts dévastées par cet insecte ravageur. »
10 petites histoires de mimétisme et de camouflage ~ Sweet Random Science
« Alors ça c'est du mimétisme ! Non seulement cette chenille costaricaine (ouais, le Costa-Rica, c'est LE pays qu'il faut visiter pour voir des trucs comme ça) a la tronche d'un serpent, mais en plus elle imite son comportement ! Au lieu de se planquer, elle laisse couler sa tête en imitant les mouvements des serpents et va jusqu'à jaillir si on l'approche ! Bon, bien sûr, rien à craindre côté morsure. Les photos de Daniel Janzen sont hallucinantes : [...] »
"Ils se cachent dans nos draps et se reproduisent sur nos visages… Ces envahisseurs invisibles, ce sont les acariens : des mini-monstres à la conquête du monde."
National Geographic, 02.02.2015
. Les acariens des cils, qui se promènent partout sur nos visages, sont dépourvus d’anus. Ils meurent quand il sont remplis de fèces. Et se décomposent alors sur… nos visages.
. Nul animal n’échappe aux acariens : on en trouve en effet dans la trachée des abeilles, l’anus des tortues, le système digestif des oursins, les poumons des serpents, ou encore la fourrure autour du pénis des chauves-souris vampires.
. Les acariens sont partout : certains flottent dans l’air ou à l’intérieur d’une bulle de soie qu’ils produisent eux-mêmes et laissent voguer au gré du vent.
. Les acariens colonisent même certains de nos aliments. La mimolette, par exemple. Son goût est dû aux acariens qui creusent des tunnels dans la croûte du fromage, où ils s’accouplent, se nourrissent et se débarrassent de leurs excréments.
[Image] Parazercon sp. (Grossissement : x 556) – Terreur sous terre ! Cet acarien prédateur se nourrit de proies microscopiques dans le sol.
"Reminiscent of a Jackson Pollock painting, this image shows part of the central nervous system in a fruit fly (Drosophila melanogaster). Transmission electron micrographs were used to create a digital colour-coded map of the area. An organism’s nervous system controls everything it does, from breathing and moving to thinking and feeling. Instructions to perform these tasks are carried by cells called neurones. A neurone able to sense vibrations (yellow) is surrounded here by lots of other neurones, each depicted as a single line. Messages enter (blue circles) and exit (red circles) neurones at points of contact called synapses. Other features of interest (orange circles), such as mitochondria, are also marked. The width of the image is approximately 15 micrometres (0.015 mm)."
Fruit-fly nervous system, Albert Cardona. Wellcome Image Awards 2015
This document explains the current situation of two invasive termite species in south Florida: Coptotermes formosanus and Coptotermes gestroi. A recent study by termite researchers from the University of Florida showed that both species are in the process of hybridization. Hybridization between two invader is rare. Heterospecific colonies have high hybrid vigor. Because both termite species are major economic pest, hybridization can result in increase economic impact in a a near future.
"Dans le Toronto Star, un article sur le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) qui se base sur des anecdotes. Dans La Presse, un dossier sur l’homéopathie qui a pour sources un pour et un contre. Et à présent, dans le New York Times, une chronique sur le danger des téléphones cellulaires qui a pour source un ostéopathe."
"Si l'homme a réussi à voler depuis plus de deux siècles, il n'avait jusqu'à peu jamais réussi à imiter les battements d’ailes des oiseaux. Depuis quelques années, des scientifiques se sont intéressés à la question pour fabriquer des microdrones... à partir d'insectes. Une équipe française pousse même l'inspiration encore plus loin. Plutôt que de battre des ailes grâce à des mécanismes, le projet Remanta voudrait faire voler un drone en copiant la déformation du thorax de la libellule."
("Drones insectes, super-oreilles, cape d'invisibilité... quand la science s'inspire de la nature", Le HuffPost, 25.03.2015)
Retrouver la biodiversité perdue dans les forêts et les rivières passe par la diversification des habitats. L'ingénierie écologique s'appuie alors sur le potentiel vivant existant.
« La lutte contre l'érosion de la biodiversité est un des défis majeurs du 21ème siècle. En effet, sur la planète, la disparition accélérée des espèces animales et végétales se traduit par une dégradation des écosystèmes, des fonctions que ces derniers exercent sur le système vivant et donc des services qu'ils rendent aux hommes. L'exemple de l'abeille en est une parfaite illustration : son extinction menace l'avenir des espèces cultivées mais aussi celui des espèces sauvages. L'ingénierie écologique, approche qui s'appuie sur la connaissance du vivant, peut permettre d'inverser le phénomène en recréant des habitats propices à la biodiversité dans les milieux dégradés.[...] »
(Irstea, Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture)
[...]
[Image] L'ingénierie écologique en diaporama "Du détail au panorama, rétrospective de nos recherches en image."
"Un entretien avec Antony Champion et Antoine Larrieu"
Par Pierre Barthélémy, Passeur de sciences, blog Le Monde, 24.03.2015
« [...] Lorsque des insectes herbivores attaquent une plante, des réponses de défense sont [...] activées pour notamment réduire la digestibilité des tissus. Ces réactions sont modulées par des hormones végétales comme l’acide salicylique, l’éthylène et l’acide jasmonique. [...] »
Réécoute En quête de science du 07/03/2015 sur Europe 1 - Alain Cirou nous parle ce matin d'un nouvel établissement qui vient d'ouvrir ses portes à Senlis dans l'Oise, le Centre Européen...
Entrés en vigueur en décembre 2013, deux règlements européens limitent l'usage de 4 néonicotinoïdes en Europe. Le texte prévoit la réévaluation des données scientifiques disponibles pour prolonger ou non ces restrictions. Au moment où un amendement a été voté à l'Assemblée Nationale pour interdire l'ensemble des néonicotinoïdes en France, faisons le point sur les résultats de ces règlements.
2015 est l’année du climat, nous dit-on. Et la lutte contre le réchauffement climatique le défi majeur du XXIe siècle. Mais le problème est complexe. Voici en dix questions un récapitulatif pour saisir tous les enjeux du changement climatique.
1 – QU’EST-CE QUE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ?
Mais d’abord, qu’est-ce que le climat ? Celui-ci désigne l’ensemble des conditions atmosphériques sur Terre à un moment donné : ensoleillement, pluie, neige ou grêle, température, humidité, vent... Elles dé
Par Yann Verdo, journaliste. Les Échos, 16.03.2015 "La nouvelle révolution du cerveau"
« Après la percée rendue possible par les appareils d'imagerie cérébrale, une nouvelle technique est en passe de bouleverser le champ des neurosciences : l'optogénétique. »
[...]
« Le gène d'une micro-algue servant à synthétiser de l'opsine, une protéine photosensible, est isolé et modifié en laboratoire. Ce gène est couplé avec un promoteur, petit fragment d'ADN qui permet d'en limiter l'activation à un certain type de neurone ; en fonction du promoteur choisi, on cible donc une population spécifique de neurones. L'ensemble est inséré dans un virus désactivé qui, une fois injecté dans le cerveau du cobaye, servira de vecteur à l'intérieur de celui-ci. Une fibre optique introduite dans le cerveau envoie un flash lumineux qui fait réagir les neurones ciblés ayant fabriqué l'opsine à l'aide du gène. Il existe différentes opsines réagissant à des lumières de différentes couleurs ; certaines d'entre elles activent le neurone, d'autres l'inhibent. L'optogénétique agit donc comme un interrupteur marche/arrêt. »
« Le krill, un terme qui regroupe plusieurs espèces de petites crevettes vivant dans des bancs gigantesques, a le triste privilège de servir de nourriture à de nombreux animaux marins. Il constitue notamment le délice des plus imposants des êtres vivants, les baleines à fanons ou mysticètes. Mais il fut un temps où les choses se passaient différemment et où le krill, ou plutôt son lointain cousin, jouait à la baleine. Cette histoire digne d’une fable de La Fontaine nous est racontée par des fossiles découverts dans le gisement de la Formation Fezouata, au sud-est du Maroc. Les fossiles de ce site sont célèbres car, datant de l’Ordovicien inférieur, ils révèlent la persistance d’une faune plus ancienne typique du Cambrien. En fait, si l’on croyait la faune cambrienne disparue après le Cambrien, c’est qu’aucun gisement de l’Ordovicien ne permettait la préservation de ces animaux au corps mou et délicat. Fézouata vint combler ce manque. On y trouve par exemple des anomalocarides, des terreurs « géantes » (jusqu’à 2 mètres de longueur) découvertes d’abord dans les schistes cambriens du Burgess, au Canada, puis dans divers gisements à travers le monde. Et c’est justement un anomalocaride géant qui vient d’être décrit dans la revue Nature par des chercheurs de Yale et d’Oxford (Van Roy et al., 2015). Mais contrairement à ses ancêtres carnassiers, la « crevette » marocaine, nommée Aegirocassis benmoulae, préférait manger de toutes petites bêtes. »
[...]
« Notre "crevette" marocaine ne révèle pas juste un nouveau modèle écologique pour l’Ordovicien, elle apporte aussi de précieuses informations sur l’évolution des arthropodes. La présence de petits appendices natatoires alignés selon deux rangées qui courent dorsalement et ventralement le long du corps expliquerait mieux la formation au cours de l’évolution des appendices biramés (des appendices composés de deux branches) que l’on retrouve notamment chez les crustacés »
[...]
Référence :
Van Roy, Peter; Daley, Allison C., and Briggs, Derek E. G. (11 March 2015). Anomalocaridid trunk limb homology revealed by a giant filter-feeder with paired flaps. Nature. doi:10.1038/nature14256
[Image] Deux fossiles d’Aegirocassis benmoulae (Van Roy et al., 2015)
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