On en reste cependant avec un scénario évolutif plutôt convaincant et résumé dans le schéma suivant:
(Scénario évolutif du déploiement du programme génétique de la formation des ailes chez les insectes, Prud'homme et al., 2011)
L’idée est qu’au cours de l’évolution des insectes, un programme génétique de formation des ailes, développé tout d’abord dans tous les segments (nœud 2), s’est vu inhibé dans le segment T1 (nœud 3) chez l’ancêtre de tous les insectes actuels, mais que cette inhibition ne fonctionne plus chez les membracides car le programme génétique de formation de l’aile s’enclenche dans ce segment malgré l’action de Scr.
Les auteurs avancent également que l’émergence d’une telle structure, sans aucune utilité pour le vol, explique pourquoi elle présente une telle diversité: il s’agit de l’effet de relâche de la sélection naturelle. Contrairement aux ailes qui subissent une pression de sélection gigantesque (toute modification du plan de l’aile peut avoir des conséquences dramatiques sur les capacités de vol de l’animal), cette troisième paire d’appendices pouvait subir des modifications drastiques sans trop de conséquences sur la survie de l’animal. Le paysage évolutif du casque des membracides était beaucoup plus large à explorer, ce qui explique pourquoi, en 40 millions d’années, les casques des 3600 espèces de membracides présentent une telle variété de formes!
Le casque des membracides devenait ainsi la plateforme de jeu de l’évolution…
Bon, je vous laisse digérer ce billet riche en concepts évolutifs.
Quant à moi, je n’ai plus qu’un dernier mot à dire aux auteurs de cette fantastique étude: Chapeau bas!
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