Le saviez-vous ? Les deux plus grands maîtres de la langue française sont... Belges ! - RTBF Actus | Metaglossia: The Translation World | Scoop.it

"Ce 16 avril, nous fêtons les 100 ans de la naissance d’André Goosse. Moins connu du grand public que son beau-père Maurice Grevisse, ce grammairien belge a pourtant façonné "Le Bon Usage", la bible mondiale du français. À cette occasion, Anne-Catherine Simon, linguiste à l’UCLouvain, revient sur l'héritage de ces deux géants.


Par
Alain Nassogne


Si vous ouvrez une grammaire pour trancher un accord épineux, il y a de fortes chances que vous consultiez l'œuvre de deux Belges. Maurice Grevisse et André Goosse sont les architectes du Bon Usage, une institution née en 1936 qui fait encore autorité de Paris à Kinshasa, jusqu'au sein de l'Académie française.


La méthode Grevisse : L'usage avant la règle
Contrairement aux idées reçues, la grammaire "Grevisse-Goosse" n'est pas un code de lois figé. Sa force ? L'observation. " Maurice Grevisse se donnait comme mot d’ordre d’observer l’usage avant de juger ou d’établir les règles ", explique Anne-Catherine Simon.


Pour ces grammairiens, le "bon" français se niche dans la plume des écrivains et écrivaines qui maîtrisent admirablement la langue. C'est en analysant comment la grammaire est réellement appliquée dans les œuvres littéraires que Grevisse a produit une description vivante, révisée sans cesse au fil de ses 11 éditions personnelles.


Le Bon Usage : une histoire de famille
L'histoire du Bon Usage est aussi une affaire de famille. Arrivant à la fin de sa vie, Maurice Grevisse a désigné un successeur qu'il connaissait parfaitement : André Goosse, qui n'était autre que son gendre.


Pour Goosse, déjà renommé, reprendre le flambeau fut un honneur immense. Sa mission ? Continuer à donner vie à l'ouvrage. " La langue étant vivante, elle évolue. Chaque année, de nouveaux usages prennent la place d'usages plus anciens ", souligne la linguiste. C'est ainsi que l'œuvre est devenue ce que l'on appelle aujourd'hui la grammaire "Grevisse-Goosse".


Pourquoi les Belges sont-ils de meilleurs grammairiens ?
Il peut sembler paradoxal que les plus grands référents du français soient belges. Pour Anne-Catherine Simon, cela tient à une forme d'humilité géographique : L'absence de certitude. Contrairement à certains locuteurs en France, les Belges n'ont pas cette " certitude intérieure " de pratiquer naturellement le français parfait. Cette position les pousse à être des observateurs plus attentifs, plus précis et plus fouillés. Résultat : leurs descriptions font autorité, même pour les institutions françaises les plus prestigieuses.


Le "Grevisse" face au "Bescherelle"
Tout le monde connaît le Bescherelle, mais les deux ouvrages ne boxent pas dans la même catégorie. Si Louis-Nicolas Bescherelle est né en 1802 et a publié son célèbre manuel dès 1842, son approche est très différente :


Le Bescherelle : Concis, abrégé, il est l'allié des élèves de l'école primaire.


Le Bon Usage : Monumental et complet, il est l'outil indispensable des spécialistes et des professionnels de la langue.


Vers une 17e édition 100% connectée ?
Depuis 1936, Le Bon Usage a connu 16 éditions, la dernière datant de 2016. Le monde de la linguistique attend désormais la 17e édition avec impatience. Le défi de cette nouvelle version ? Être totalement consultable en ligne pour devenir accessible au plus grand public, tout en restant la référence ultime des experts."
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