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Le numéro 2 du Festival d’Avignon, Pierre Gendronneau, va quitter son poste après des signalements pour violences sexistes et sexuelles 

Le numéro 2 du Festival d’Avignon, Pierre Gendronneau, va quitter son poste après des signalements pour violences sexistes et sexuelles  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Radidja Cieslak et Sonya Faure dans Libération - 30 avril 2025

 

Le directeur délégué du Festival n’occupera plus ses fonctions à partir du mois de juin, selon une information donnée par «Télérama» confirmée à «Libération». Le ministère de la Culture a saisi le procureur de la République alors que deux anciennes salariées l’accusent de violences et harcèlements sexistes et sexuels.

 

 

Agitation à la veille de la grand-messe du théâtre. Le départ de Pierre Gendronneau, directeur délégué du Festival d’Avignon depuis février 2023, a été annoncé pour début juin selon les informations de Télérama, confirmées par la direction du festival à Libération. Très peu de temps, donc, avant l’ouverture de l’édition 2025, le 5 juillet. Ce retrait intervient dans un contexte de tensions autour de faits supposés de violences et harcèlements sexistes et sexuels qui se seraient déroulés au Festival d’Avignon, mais aussi au Festival d’automne, il y a plusieurs années, lorsque Pierre Gendronneau, 35 ans aujourd’hui, y occupait là encore les fonctions de directeur délégué.

 

 

Le nom de Pierre Gendronneau a été signalé au ministère de la Culture par deux femmes, salariées au moment des faits par le «in» d’Avignon pour l’une et par le Festival d’automne pour l’autre, pour des problématiques relatives aux violences sexistes et sexuelles (VSS), comme le rapporte Télérama. Conformément à l’article 40 du code de procédure pénale, le ministère en a informé le procureur de la République qui décidera des suites judiciaires à donner à ces accusations – dont on ne connaît pas la teneur exacte, les deux femmes tenant à ne pas rendre public leur témoignage.

Une première enquête avec un cabinet indépendant

Le directeur du Festival, Tiago Rodrigues, assure ne pas avoir eu connaissance des faits présumés avant ces signalements. «La direction du Festival en a été informée le 6 novembre 2024 par le ministre de la Culture dans le cadre de la procédure de l’article 40, explique-t-il à Libération. Le festival a décidé dans les deux jours qui ont suivi d’embaucher un cabinet indépendant [Egaé, dirigé par Caroline de Haas et spécialisé dans la lutte contre les violences sexuelles], qui a enquêté de novembre à décembre. Celui-ci a effectivement remonté des cas d’accusations visant Pierre Gendronneau», poursuit-il.

 

«Rassurés de savoir que la justice avait connaissance de faits sur lesquels elle allait prendre la décision de poursuivre ou non des investigations, nous avions de notre côté à envisager les suites possibles en tant qu’employeur», dit encore Tiago Rodrigues. Qui s’entoure alors de plusieurs avocats et juristes du droit du travail. «Ceux-ci ont estimé que les cas remontés ne relevaient pas de faits de harcèlement ou de violences sexuels», assure-t-il, permettant à Pierre Gendronneau de rester à son poste jusqu’à aujourd’hui.

Néanmoins, «le climat de suspicion et les rumeurs persistantes ne lui ont pas permis de remplir pleinement ses fonctions», souligne Tiago Rodrigues. «C‘est pourquoi d’un commun accord avec la direction, son départ a été annoncé ce mercredi. Il sera effectif début juin». Pierre Gendronneau ne pourra être remplacé qu’à partir de l’automne, lors du prochain conseil d’administration du festival.

Le 13 janvier 2024, l’administratrice du Festival d’Avignon, Eve Lombart, avait été entendue par la commission d’enquête relative aux violences commises dans la culture dirigée par la députée écologiste Sandrine Rousseau. Elle rapportait avoir reçu 9 signalements de VSS en 2024, 11 en 2023. Aucun ne concernait Pierre Gendronneau, selon Tiago Rodrigues. Qui assure que chacun de ces signalements a provoqué une enquête interne, et parfois des sanctions disciplinaires. Comme de plus en plus de structures, le Festival s’est également doté d’une cellule d’écoute et de référents chargés d’accompagner et d’orienter les personnes victimes de violences sexuelles.

 

 
 
Légende photo :  Pierre Gendronneau, directeur délégué du Festival d'Avignon, à Avignon 1er août 2023. (Angelique Surel/Le Dauphine. MAXPPP)
 
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Au fait, et ce tableau en trompe-l'oeil qui illustre le blog ? Il s'intitule  Escapando de la critica, il date de 1874 et c'est l'oeuvre du peintre catalan Pere Borrel del Caso

 

Julie Dupuy's curator insight, January 15, 2015 9:31 AM

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Pauline Clément, sociétaire de la Comédie-Française : « Je suis exactement la même que l’élève qui galérait à l’école. J’ai simplement trouvé ma place »

Pauline Clément, sociétaire de la Comédie-Française : « Je suis exactement la même que l’élève qui galérait à l’école. J’ai simplement trouvé ma place » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Propos recueillis par Charlotte Bozonnet et Nathalie Brafman
Publié le 18 juillet 2026 dans Le Monde

 

 

« J’avais 20 ans ». « Le Monde » interroge une personnalité sur ses années d’études et son passage à l’âge adulte. Ce mois-ci, la comédienne de 39 ans, raconte une jeunesse marquée par les difficultés scolaires et la révélation du théâtre.

Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/07/18/pauline-clement-societaire-a-la-comedie-francaise-je-suis-exactement-la-meme-que-l-eleve-qui-galerait-a-l-ecole-j-ai-simplement-trouve-ma-place_6724431_4401467.html

Nommée sociétaire de la Comédie-Française en janvier, dix ans après y être entrée, Pauline Clément est à l’affiche du film De la Comédie-Française (sortie le 22 juillet), aux côtés des autres membres de la troupe. Réalisé par Martin Darondeau et Bertrand Usclat, le film a été l’un des grands gagnants du dernier Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez, où il a remporté quatre prix, dont celui du jury et du public. Elle sera également dans le prochain film d’Emmanuel Mouret, Le Cabinet du docteur Albertini, face à Laure Calamy et Valeria Bruni-Tedeschi. A la Comédie-Française, on la verra dans la reprise de L’Ecole de danse et de L’Avare.

Dans quel milieu avez-vous grandi ?

Dans une famille aimante et joyeuse. On vivait dans une maison à Brunoy [Essonne]. Mon père était médecin, ma mère professeure de français ; elle avait aussi étudié la philosophie. J’étais l’enfant du milieu, avec deux frères.

Quel enfant étiez-vous ?

A l’école, j’étais très timide, on peut même dire maladivement timide. Je n’osais rien, même pas demander à la maîtresse d’aller aux toilettes. A la maison, en revanche, j’avais un tempérament un peu explosif, je libérais toute l’énergie retenue pendant la journée.

Vous n’aimiez pas l’école ?

J’ai adoré la maternelle, j’y étais très heureuse. Puis, quand je suis entrée au CP, les difficultés ont commencé. J’avais du mal avec la lecture et l’écriture. Je m’en fichais un peu, je me disais : « Tant pis, ce n’est pas très grave, je n’apprendrai pas à lire ni à écrire. » J’avais tout un monde imaginaire dans ma chambre. J’inventais des personnages, je jouais avec mes Playmobil et mes Polly Pocket, et je me demandais : « Pourquoi l’école, c’est si ennuyeux ? Pourquoi est-on assis toute la journée avec des cahiers et des stylos ? Pourquoi on ne joue plus ? » En CE1, mes difficultés se sont accentuées et j’ai redoublé. Puis j’ai eu du soutien scolaire, c’était un vrai calvaire…

Comment ont réagi vos parents ?

Ils étaient très étonnés. Dans ma famille, il y a beaucoup de médecins, des avocats… Mon grand frère était très doué pour les études. Le petit est plutôt comme moi. D’ailleurs, je me souviens que mon père nous emmenait tous les deux faire des balades en forêt avant d’aller à l’école pour nous déstresser. Je voyais de l’inquiétude dans les yeux des adultes, sans bien comprendre pourquoi.

Finalement, on a mis des mots sur vos difficultés…

Oui. En CM1, je suis allée faire un bilan à l’hôpital. Je faisais des exercices devant des gens en blouse blanche, je trouvais ça plutôt amusant. Ils ont fini par dire à mes parents que j’étais un peu dyslexique, dysorthographique et dyscalculique. A la fin de la 5e, je me suis retrouvée en section menuiserie. C’était assez compliqué pour une adolescente. Il n’y avait que des garçons… Je ne mettais plus que des joggings et, scolairement, je n’y arrivais toujours pas. Ça s’est terminé par une véritable crise d’angoisse. Pendant un an, je n’ai plus réussi à sortir de chez moi.

Vous avez alors changé de voie ?

Oui. J’ai décidé de faire un CAP d’esthétique. J’aimais beaucoup ça : prendre soin des autres, maquiller, faire les ongles… J’ai complètement changé de look, j’ai jeté mes joggings et je suis devenue très girly. En parallèle, chaque vendredi, je suivais des cours de théâtre amateurs avec Irène de Crozefon. J’étais totalement passionnée. Et surtout, j’étais moi !

Et vous avez eu votre CAP ?

Oui, et j’en étais très fière. C’était la première réussite de ma vie. Ensuite, je me suis inscrite pour passer un BEP en alternance. Sauf que je ne voulais pas arrêter mes cours de théâtre. Mon père a appelé l’école pour que je puisse sortir plus tôt le lundi. La direction a refusé, et il m’a dit : « N’y va plus et fais du théâtre. » J’ai demandé à mes parents si je pouvais prendre une année sabbatique : faire une année au Cours Florent, puis passer mon BEP. Ils m’ont soutenue et m’ont vraiment aidée.

Comment le théâtre était-il entré dans votre vie ?

A la maison, il y avait beaucoup de livres mais on allait peu au théâtre et peu au cinéma. A 15 ans, je suis partie en colo de théâtre à Avignon. Un soir, nous sommes allés voir une pièce. J’étais totalement fascinée. Ce qui se passait sur scène me bouleversait. Ça a été une révélation.

Vous entrez au Cours Florent à 18 ans. Comment avez-vous vécu cette première année ?

C’était compliqué. Dans les cours amateurs, on jouait des textes légers. Là, il fallait interpréter des textes plus sombres. Il y avait les exercices de diction, le placement de la voix… Je me suis accrochée. Trois ans plus tard, j’ai passé le concours du conservatoire du 8ᵉ arrondissement et j’ai été admise. En deuxième année, j’ai rencontré Bertrand Usclat. A la fin d’une scène en cours, il est venu me voir et m’a dit : « Il faut que tu passes des concours. »

Comment vous y êtes-vous prise ?

J’ai suivi son conseil et je me suis inscrite à une vingtaine de concours. Je me suis beaucoup éparpillée et j’ai tout raté. L’année d’après, en 2011, je me suis concentrée sur deux concours dont celui du Conservatoire national d’art dramatique de Paris. J’ai tout donné et je l’ai eu ! J’avais 25 ans. J’étais persuadée qu’en sortant, je travaillerais sans difficulté. Mais il ne s’est rien passé. Personne ne m’attendait. Je suis tombée des nues ! Je me suis inscrite à Pôle emploi Spectacle et je peux vous dire que je n’étais pas la seule à faire la queue.

 

Quelques années plus tard en 2014, avec Bertrand, on a monté un seul-en-scène, Comme la lune, que l’on jouait le samedi soir. On louait la salle, on collait nous-même les affiches, mais comme personne ne connaissait nos têtes, personne ne venait. En parallèle, on a commencé à faire des sketchs dans une émission de télévision. Je cherchais aussi de la figuration. J’étais prête à animer des goûters d’anniversaire pour gagner ma vie… J’ai également passé une audition pour la Comédie-Française, mais je n’avais pas été retenue. Ils m’ont dit « On vous a beaucoup aimée, on vous rappellera ». Six mois plus tard, ils m’ont appelée pour jouer dans Les Derniers Jours de l’humanité de Karl Kraus. J’avais 29 ans, j’avais enfin un travail.

Quelles ont été vos premières impressions lorsque vous avez intégré cette grande maison ?

J’étais un peu inquiète, je me demandais si j’allais réussir à entrer dans ce cadre. Je n’avais pas l’habitude de travailler avec des gens plus âgés. En réalité, je me suis très vite attachée et sentie fière d’appartenir à ce groupe. Lorsque je les entends parler en réunion, lorsque je les vois jouer, je suis hyper admirative.

Comment apprenez-vous vos rôles ?

J’appelle ma mère. Je prends deux exemplaires du texte : un pour moi, un pour elle. Et je l’apprends avec elle, phrase par phrase. Elle est très patiente. J’ai besoin de dire le texte à voix haute avec quelqu’un. Parfois, on fait ça par téléphone. Quand le texte est très compliqué, je dessine les phrases comme un rébus pour les retenir. Je l’ai fait dernièrement pour L’Ecole de danse que je reprends en novembre.

Après votre irrésistible apparition lors de la cérémonie des César, empêtrée dans un costume d’époque, on repense à vos rôles dans « La Puce à l’oreille », « Le Sens de la fête » ou encore dans la mini-série « Broute », avez-vous toujours eu conscience de votre veine comique ?

Quand j’étais petite, je faisais beaucoup d’imitations. En cours d’improvisation, j’ai toujours fait des rôles un peu comiques. Je n’étais pas du tout comme d’autres filles qui jouaient des scènes très sombres. J’adore la comédie même si j’aime aussi les rôles sérieux.

Entre la petite fille très timide, l’élève médiocre, la titulaire d’un CAP d’esthétique et aujourd’hui la sociétaire de la Comédie-Française, comment vous voyez-vous ?

Je crois que je suis exactement la même. J’ai simplement trouvé ma place. Le fait d’avoir galéré à l’école m’a laissé un profond manque de confiance en moi. Je doute encore beaucoup, même si je progresse. Je m’accepte mieux. Avant, je trouvais formidables les gens un peu « grande gueule » qui croient tout savoir, je pensais que ceux qui doutent étaient moins bien. Je me trompais.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui rencontrent des difficultés ?

Se dire qu’il y a forcément quelque chose dans lequel on est fort. Il faut aller vers ce qu’on aime et nourrir cette passion plutôt que de s’acharner dans une voie que l’on déteste jusqu’à se détruire.

Vous allez avoir 40 ans en 2026. Diriez-vous que 20 ans est le plus bel âge ?

Avoir 20 ans, je trouvais ça très beau. J’aimais dire que j’avais 20 ans. Même si j’étais perdue et que c’était une période très stressante, c’était aussi une grande période de liberté.

 

Propos recueillis par Charlotte Bozonnet et Nathalie Brafman / Le Monde 

 

 

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« CAPRA », allez-y voir du côté de Jeanne Candel

« CAPRA », allez-y voir du côté de Jeanne Candel | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Caroline Châtelet dans Sceneweb Publié le 21 juillet 2026

 

 

Spectacle touffu et modeste, inventif et débordant, CAPRA (une chèvre) de Jeanne Candel met sur l’établi l’imagination et l’acte d’écriture – un enjeu cheminant dans d’autres spectacles de ce Festival d’Avignon –, offrant une pérégrination sensible et profonde.

 

Au commencement, il y a la musique. Après… après il y aura tout le reste, à tel point qu’à vouloir évoquer CAPRA (une chèvre) l’on risque de se retrouver à inventorier un aussi loufoque qu’interminable bazar. Pour leur nouvelle création, la metteuse en scène Jeanne Candel et son équipe – les virtuoses comédien·nes et musicien·nes Vladislav Galard, Pauline Huruguen, Sarah Le Picard, Léo-Antonin Lutinier, Laure Mathis, Matthieu Naulleau et Thibault Perriard – continuent de creuser leur sillon, celui d’un théâtre composite articulant musique et théâtre, burlesque et mélancolie, tragique et poésie. En entrelaçant également références et histoires – sans que les premières n’étouffent par une position de surplomb, ni que les secondes ne livrent tous leurs mystères –, la compagnie la vie brève invente à chaque fois un autre chose singulièrement enraciné dans les spectacles qui l’ont précédé.

 

Au sujet de ce CAPRA (une chèvre) l’on ne saura que conseiller d’aller y voir. De passer outre le léger ennui que l’on risque parfois de ressentir face à quelques longueurs, de ne pas s’en tenir à une tendance à la joliesse, à un souci de la séduction parfois trop volontariste et aimable, tant les spectacles aussi fantaisistes et ouverts, permettant de cheminer librement, sont rares. Cette pérégrination, donc, débute par la musique. Arrivant le premier sur scène – alors uniquement occupée par des instruments de musique à jardin –, le personnage de Pauline Huruguen s’installe à l’un des pianos. Cette autrice, qui nous expliquera ensuite avoir choisi pour pseudo « Capra » (symbole de Dinoysos, dieu considéré comme étant à l’origine du théâtre), est alors enceinte jusqu’au cou. C’est de sa propre histoire qu’elle va accoucher, et c’est d’elle, littéralement, que naît le spectacle, dans une première séquence forte visuellement, où sur un voile est inscrit : « Nous allons nous servir du théâtre pour regarder à l’intérieur de cette femme ».

 

Dont acte, et après avoir expliqué son pseudo – lié au rapprochement pour elle entre le travail d’écriture (à l’accouchement laborieux, sic) et le comportement d’une chèvre, qui passe 23 heures à essayer de savoir comment s’échapper et une heure à le faire – l’exploration des mondes de Capra débute. Au fil des fragments soutenus par des compositions allant du free jazz à la fanfare funéraire, l’on croise le strip-tease d’un chevalier en armure, une séquence de bowling humain, des nonnes grecques préparant patiemment leur suicide collectif, les visites fréquentes d’une amie morte, les (autres) passages fréquents d’un troubadour errant, les évocations d’œuvres picturales comme littéraires, la cuisson d’un cœur au fer à repasser, le transport d’une maquette de maison pour ancrer ses souvenirs dans des lieux, etc.

 

Réunissant – comme c’est le cas dans chacune des créations de Jeanne Candel depuis 2012 – théâtre et musique, CAPRA (une chèvre) compose un puzzle ample et intime, dont le·a spectateur·rice peut en toute liberté agencer les pièces éparses. Ce spectacle qui ne recourt qu’à quelques modestes accessoires et objets (brouette, seaux, théière) met au travail, plus ou moins en sourdine selon les séquences, ce que la poésie fait, permet, transmet, conserve ; ainsi que la nécessité de la mémoire comme carburant à l’imaginaire et à la création. Parmi ses sources, Jeanne Candel cite volontiers L’art de la mémoire, où l’historienne Frances Yates étudie les différentes conceptualisations de la mnémotechnie, et La peinture à Dora de François Le Lionnais, livre dans lequel cet ingénieur, mathématicien et co-fondateur de l’Oulipo raconte, entre autres, comment il décrivit quotidiennement à un ami des peintures lors de leur internement dans un camp de prisonniers en Allemagne en 1944. Mais le spectacle excède ces seuls écrits et d’autres textes – citons Au bonheur des morts de la philosophe Vinciane Despret – infusent largement le spectacle, les signes et évocations s’entrechoquant, se sédimentant.

 

La forme sensible et articulée, balançant entre trivial et philosophie, porte en son cœur des dialogues fertiles. Il y a le rapport entre morts et vivants, ce que les premiers font (faire) aux seconds. Il y a les conversations avec des spectacles antérieurs, comme BAÙBO, avec le retour du mur-page blanche, sorte de fond de scène à nu où les femmes attendent ensemble. Il y a l’importance des lieux et des images, des silences et des mots, pour se souvenir et, donc, imaginer. Il y a la place de la poésie orale, chantée, du conte – et, à ce titre, la récurrence du troubadour, clownesque Léo-Antonin Lutinier, dépasse la galéjade – et celle de l’écriture. Il y a cette façon de tricoter ensemble dans un jeu de pistes fertile et sensible toutes ces données – sans grandiloquence, comme l’on partirait au milieu d’une phrase – et de rappeler que, quelle que soit la forme choisie, le récit oral ou l’écriture – tous deux au cœur de l’ouvrage de Le Lionnais –, tous deux permettent de (sur)vivre et transmettre les œuvres, de partager des histoires à plusieurs, et donc en plus grand.

caroline châtelet – www.sceneweb.fr

CAPRA (une chèvre)
de et avec Jeanne Candel, Vladislav Galard, Pauline Huruguen, Sarah Le Picard, Léo-Antonin Lutinier, Laure Mathis, Matthieu Naulleau, Thibault Perriard
Mise en scène Jeanne Candel
Direction musicale Thibault Perriard
Collaboration artistique Marion Bois

Production la vie brève – Théâtre de l’Aquarium
Coproduction Théâtre Garonne, Scène européenne – Toulouse, La Comédie de Saint-Étienne – CDN, Scène nationale d’Albi-Tarn, Mixt – Terrain d’Arts en Loire Atlantique, TGP – Théâtre Gérard Philipe – Saint-Denis, La Criée – Théâtre National Marseille, Théâtre des 13 vents, CDN, Montpellier, Malraux, Scène nationale Chambéry-Savoie, TNBA, Théâtre National Bordeaux Aquitaine, Bonlieu, Scène nationale d’Annecy, Festival d’Avignon, Théâtre National de Strasbourg, CCAS – les Activités Sociales de l’Énergie
Soutien Onassis Air dans le cadre de la plateforme Prospero, cofinancée par le programme Creative Europe ; Spedidam
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
Soutien pour le 80e Festival d’Avignon Activités Sociales de l’énergie, Spedidam

Durée : 1h55

 

Festival d’Avignon, Gymnase du lycée Mistral
du 19 au 25 juillet 2026, à 18h (relâche le 22)

Bonlieu Scène nationale, Annecy
les 4 et 5 novembre

Théâtre Gérard Philipe, CDN de Saint-Denis
du 2 au 13 décembre

Mixt terrain d’arts en Loire-Atlantique, Nantes
du 16 au 18 décembre

Théâtre national de Strasbourg
du 6 au 16 janvier 2027

Théâtre de l’Aquarium, Paris, dans le cadre de BRUIT – Festival théâtre et musique
du 20 janvier au 7 février

Malraux, Scène nationale Chambéry-Savoie
les 10 et 11 février

La Comédie de Saint-Étienne – CDN
du 2 au 4 mars

tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine
du 9 au 12 mars

Scène nationale d’Albi-Tarn
les 21 et 22 avril

Théâtre des 13 vents, CDN de Montpellier
du 27 au 29 avril

 

 

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Du théâtre de tréteaux avec Molière dans l’écrasante carrière de Boulbon

Du théâtre de tréteaux avec Molière dans l’écrasante carrière de Boulbon | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Jean-Pierre Thibaudat dans son blog de Mediapart -

Publié le 15 juillet 2026

 

La troupe flamande tg STAN fricote et joue merveilleusement avec Molière depuis un quart de siècle. La voici avec « 1, 2, 3 Poquelin » - comme les enfants disent I, 2, 3 Soleil. Ils jouent à jouer pistant toujours la proximité et la complicité avec le public. Un poil coton à Boulbon.

On ne compte plus le nombre de fois que l’on a vu un spectacle du tg STAN au Théâtre de la Batille (leur port d’attache parisien) ou ailleurs. Avec toujours cette inimitable façon de jouer sans jouer, d’improviser sans improviser, de rendre simple la complexité et le tout, sans décor imposant sans costumes compliqués. Le jeu d’abord, le jeu toujours. Jamais dans l’entre soi mais toujours en convoquant la complicité du public, là à deux pas. Difficile de ne pas entretenir un rapport affectif de fraternité avec cette troupe flamande qui, lorsqu’elle se produit en France, joue dans un français pétri d’écorchures, d’épluchures et de ruades, ce qui contribue à leur attrait.

 

Et donc les voici investissant la carrière Boulbon célèbre depuis le Mahabharata de feu Peter Brook.. Chaque artiste invité à s’y produite dont choisit un emplacement, une orientation. C’est un challenge avec lequel on ne peut pas tricher sauf à s’y ratatiner. Le choix pour 1,2,3 Poquelin n’a rien à voir avec l’option choisi par Tiago Rodrigues il y a deux pour Hécube ,et ainsi de suite. Leur idée, tg stanienne, est d’installer devant cette imposante corbeille de roches, un immense théâtre de tréteaux.

 

Une grande scène surélevée dépourvue de rideaux et de coulisses à laquelle on accède par des escaliers sommaires de deux ou trois marches . Le public devant et sur les cotés, est assis sur des bancs et des gradins . Au fond de la scène posée devant la roche, premier geste du spectacle : on hisse deux imposant lustres, comme dans un théâtre.

 

 

Les changements de costumes ( on ne peut plus légers) se font à vue. Bref, comme toujours, la troupe du tg STAN joue cartes et corps sur table, semblant improviser des phrases apprises par cœur en flamand et régurgitées en français avec l’accent flamand lequel donne un supplément de piquant aux vers et répliques de Molière devenu pour la troupe comme un compagnon de route. « Nous relisons, nous coupons, nous ajoutons «  dit Jolente de Keersmaeker, pilier de la troupe et formidable comédienne. «  Pas de secret, nous ne cachons rien, nous nous déguisons à vue, et un souffleur (également à vue) nous reprend quand nous nous trompons » complète Damiaan de Schrijver autre pilier historique

Et c’est parti. On reconnaît telle scène, on est surpris par telle autre, certaines pièces de Molière familières brillent par leur absence, un montage titré Les égotistes pioche dans cinq pièces de Molière dont Les femmes savantes et Les précieuses ridicules. Bref, on ne s’ennuie pas, l’énergie de la troupe est phénoménale et nous tient à l’affut 4h30 durant (avec un entracte)

Toutefois, la complicité avec la public qui fait partie de l’ADN de la troupe est cependant mise à mal par l’énormité du lieu et celle du dispositif. C’est écrasant, c’est trop loin. Sauf quand, tout à coup, ça sort de scène, ça monte dans les travées, ça nous côtoie de près , alors on les retrouve comme on les aime, proches.

 

 

Festival d’Avignon1, 2, 3 Poquelin par le tg STAN, 21H à la Carrière Boulbon, jusqu’au 19 puis du 21 au 25 juillet. Tournée française à la rentrée : du 2 au 4 oct à Draguignan, les 6 et 7 oct à la Passerelle de Saint-Brieuc, du 8 au 10 oct à la Comédie de Caen, du 14 au 17 oct au théâtre Garonne de Toulouse, du 4 au 6 nov au Quartz de Brest, le 13 nov au Manège de Maubeuge, les 21 et 22 nov à Annecy ( Bonlieu), du 2 au 6 déc au Théâtre du Rond-Point, Paris.

 

 

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July 11, 12:41 PM
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https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/10/au-festival-d-avignon-valerie-dreville-imperiale-et-impeccable-comedienne-dans-thesee-sa-vie-nouvelle_6722431_3246.html

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June 25, 4:50 PM
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« Revenir à Bertolt Brecht, pour Olivier Neveux, est une façon d’explorer la tension qui existe entre l’art et la politique »

« Revenir à Bertolt Brecht, pour Olivier Neveux, est une façon d’explorer la tension qui existe entre l’art et la politique » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Un article de Tiphaine Samoyault publié dans Le Monde - 25 juin 2026

 

Le feuilleton littéraire de Tiphaine Samoyault, à propos de « Brecht et les mauvais temps nouveaux », d’Olivier Neveux.

 


Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/livres/article/2026/06/25/revenir-a-bertolt-brecht-pour-olivier-neveux-est-une-facon-d-explorer-la-tension-qui-existe-entre-l-art-et-la-politique_6715436_3260.html

« Brecht et les mauvais temps nouveaux », d’Olivier Neveux, La Fabrique, 314 p., 20 €.

 

Brecht et les mauvais temps nouveaux est la suite logique de Contre le théâtre politique, qu’Olivier Neveux, professeur d’esthétique du théâtre à l’université Lyon-II et directeur de la revue Théâtre/Public, avait fait paraître à La Fabrique en 2019 : il s’y élevait contre « l’alliance presque labellisée de l’art et de la politique », qui conduisait à produire un théâtre à sujet politique mais qui n’avait rien de politique, ni dans sa forme ni dans ses effets. Revenir à Bertolt Brecht (1898-1956), presque un siècle après la création de L’Opéra de quat’ sous, en 1928, à Berlin, est une façon d’explorer la tension qui existe entre les deux termes, dont l’association n’est en rien naturelle : il ne suffit pas d’évoquer des luttes sociales ou de placer sur scène des tentes de migrants pour être politique, mais de comprendre que l’action du théâtre ne peut être qu’indirecte et prendre conscience, « plus ou moins douloureusement, de l’irréductibilité de l’action politique et de l’action artistique ».

 

Revenir à Brecht, c’est aussi raconter sa participation décisive à l’histoire du théâtre politique, ce que fait Olivier Neveux dans ce livre lorsqu’il expose avec méthode ses grands principes théoriques (le réalisme, la distanciation, la pédagogie…), mais aussi lorsqu’il évoque les engagements de Brecht dans son temps. « Je ne l’aborde pas, d’ailleurs, pour lui-même, écrit-il, mais à partir des enjeux politiques contemporains qui se posent au théâtre, dans la supposition que les façons dont il s’est saisi des “mauvais temps nouveaux” qui furent les siens peuvent éclairer les manières d’appréhender les “mauvais temps nouveaux” qui sont les nôtres. »

Cette reprise est à la fois un diagnostic et un espoir : diagnostic d’un monde qui va mal et espoir qu’il existe une voie de sortie. Si le théâtre ne peut pas tout – le livre s’ouvre sur une question qui n’a rien de rhétorique : « A quoi bon le théâtre ? » –, il faut faire confiance à ses puissances de clarté et de résistance. Voilà le legs de Brecht, dont Olivier Neveux suit la portée jusqu’à aujourd’hui en rappelant sa réception tour à tour suiviste, idolâtre, critique ou rejetante. Le livre, malgré son caractère compact et par moments un peu indigeste, n’est en rien une explication du théâtre de Brecht, mais une histoire de ses reprises, par les metteurs en scène (Vitez, Jourdheuil, Müller et bien d’autres), les critiques de théâtre (Barthes, Dort, Sarrazac, Ivernel…), les philosophes (Arendt, Fortini, Benjamin, Rancière, Makaremi…)

Quatre pratiques brechtiennes

Afin de montrer l’effet transformateur de ce théâtre, Neveux organise son livre autour de quatre pratiques qui émergent de la pensée de Brecht sur le théâtre : « tenir la distance », « former le savoir », « jouer le jeu », « rendre le monde amical ». Surtout, il donne des exemples d’œuvres récentes, jouées entre 2020 et 2025, qui lui paraissent les mettre en acte : Catarina et la beauté de tuer des fascistes, de Tiago Rodrigues (2020) ; Entre chien et loup, de Christiane Jatahy (2021) ; Une cérémonie, du Raoul Collectif (2020) ; Avril à Saint-Etienne, de Maguy Marin (2023). Je m’arrête sur un seul de ses exemples : Quatre murs et un toit, de Lina Majdalanie et Rabih Mroué (2024).

 

La pièce revient explicitement à Brecht (ce qui n’est pas le cas des autres, qui ne le manifestent que de façon oblique) en représentant l’audition du dramaturge allemand devant la commission des activités antiaméricaines de la Chambre des représentants, en 1947, au cours de laquelle, il faut le rappeler, il s’était désolidarisé des dix premiers témoins convoqués, qui s’étaient protégés derrière le premier amendement de la Constitution américaine (qui assure notamment la liberté d’expression), et c’est ce geste qui lui avait permis de rentrer en Europe. Les réponses de Brecht aux questions de la commission ne sont pas données. L’action et la réflexion sont centrées sur la condition d’exilé, qui relie Brecht à l’écrivain palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) et, au-delà d’eux, à tous les émigrants – elle est jouée en pleine guerre à Gaza. Les personnages méditent sur la censure, sur tout ce qui empêche de penser. La représentation est tâtonnante, « elle échoue à se constituer en thèse et en thème, elle représente ce que c’est que d’essayer de représenter, par esquisses, déformations et approximations », et ainsi elle donne une forme à des tensions, des aveuglements, des embarras de l’histoire en cours.

 

 

Les époques ne sont pas superposables et l’actualité de Brecht ne vient pas de ce qu’il pourrait empêcher quoi que ce soit. Il faut le lire en décalé, comme un classique, c’est-à-dire comme point d’appui et sans forcément le prendre à la lettre. Son exigence politique a pu être perçue comme idéologiquement fermée, bloquant les issues. Mais l’action reste envisageable avec l’aide de ce qui est infiniment roboratif chez Brecht : une méfiance à l’égard de la sentimentalité et de la résilience, une attention aux signes, des manières politiques d’être amical. Je laisse le dernier mot au poète italien Franco Fortini (1917-1994), qui écrivait ceci lorsqu’il traduisait Brecht : « Ecris, me dis-je, hais ceux qui avec douceur conduisent au néant les hommes et les femmes qui marchent à tes côtés et croient ne pas savoir. Parmi les noms des ennemis écris aussi le tien./ La poésie ne change rien. Rien n’est sûr, mais écris. »

Lire un extrait sur le site des éditions La Fabrique.

 

 

Lire aussi (2025) | Article réservé à nos abonnés Le retour en force de Bertolt Brecht au théâtre
 

Tiphaine Samoyault (Ecrivaine et essayiste)

 
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July 4, 6:40 AM
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Thomas Jolly et Laëtitia Guédon, un duo pour diriger le TNP de Villeurbanne

Thomas Jolly et Laëtitia Guédon, un duo pour diriger le TNP de Villeurbanne | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Sandrine Blanchard dans Le Monde - 01/07/26

 

 

Le metteur en scène, directeur artistique des cérémonies des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, et la directrice des Plateaux sauvages, à Paris, ont été nommés à la tête du centre dramatique national de la ville du Rhône, succédant à Jean Bellorini.


Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/01/thomas-jolly-et-laetitia-guedon-un-duo-pour-diriger-le-tnp-de-villeurbanne_6717559_3246.html

Après un feuilleton de plusieurs mois, le metteur en scène, directeur artistique des cérémonies des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, et la directrice des Plateaux sauvages, fabrique artistique et culturelle de la Ville de Paris, ont été nommés, mercredi 1er juillet, à la tête de cette institution, a annoncé le ministère de la culture, en accord avec les collectivités territoriales (mairie de Villeurbanne, Métropole de Lyon, conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes).

 

Ce binôme singulier de quadragénaires a été préféré aux candidatures d’Arthur Nauzyciel (directeur du Théâtre national de Bretagne), de Marc Lainé (directeur de la Comédie de Valence) et de Séverine Chavrier (écartée de la direction de la Comédie de Genève à la suite de polémiques sur son management).

 

« Le projet de Thomas Jolly et Laëtitia Guédon, intitulé “Monde ouvert”, souhaite s’inscrire dans l’héritage de cette grande maison de production internationale. Il s’articule autour de quatre créations “phares” présentées chaque saison, fait valoir le communiqué ministériel. Ce duo propose également une vision ambitieuse des ateliers comme outils de production, de formation et d’insertion professionnelle, ainsi qu’une volonté d’élargir les publics grâce à une multiplicité de formats. “Monde ouvert” a été conçu pour répondre aux enjeux d’un théâtre populaire contemporain. »

Vaste maison de 80 salariés

Doté d’un budget annuel de 10 millions d’euros en 2025, le TNP, vaste maison comprenant 80 salariés, a subi ces dix dernières années, à l’instar d’autres CDN, une réduction de 30 % de sa marge artistique.

 

Formée à l’Ecole du Studio d’Asnières (Hauts-de-Seine) en tant que comédienne, puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris en mise en scène, Laëtitia Guédon dirige depuis 2016 Les Plateaux sauvages, lieu consacré à l’émergence et aux écritures contemporaines. Pour la première fois de sa carrière, elle partagera les commandes d’un CDN, avec Thomas Jolly qui a déjà vécu l’expérience de 2020 à 2022 à la tête du Quai d’Angers.

 

 

Ce duo prendra ses fonctions en janvier 2027, succédant à Jean Bellorini, qui rejoint, après six années à Villeurbanne, le Théâtre de Carouge à Genève, dont il prendra la direction. D’ici là, le médiatique  metteur en scène de Starmania et des cérémonies des Jeux de 2024 ne manque pas de sollicitations. Thomas Jolly orchestrera, le 12 décembre, la fête de clôture des 40 ans du Musée d’Orsay avec, en point d’orgue, une soirée intitulée « Boum 1986 ». Puis il sera au programme de la nouvelle saison de la Comédie-Française, pour laquelle il mettra en scène, en juillet 2027, La Tour de Nesle, d’Alexandre Dumas, dans le jardin des Tuileries, à Paris.

 

Sandrine Blanchard / Le Monde 

 

 

 

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July 2, 6:45 AM
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Avignon off - Une sélection de spectacles 

Avignon off - Une sélection de spectacles  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Avignon - sélection du off 2026 par Alain Neddam

Important : cette sélection de spectacles est forcément subjective et incomplète. Elle se base sur une expérience personnelle de spectateur, comporte – nécessairement - des oublis et ne porte pas de jugement sur des artistes, des projets qui auraient échappé à ma vigilance. Mise à jour au 01/07/26

Cette sélection est un simple outil offert gratuitement aux professionnels présents à Avignon et aux festivaliers. Les artistes et les compagnies mentionnés ne doivent pas en faire état dans leur communication. Les compagnies et spectacles non mentionnés m'excuseront par avance de ne pas les connaître ou d'avoir oublié de les citer.

 

 

1 - Spectacles vus et aimés

 

 

 

10H00

 

10h15 La Factory (Salle Tomasi) du 4 au 25 juillet (sauf les 9, 16 et 23)

L'ENTREMONDES ou le lac de l'oubli, texte et mise en scène Charles van de Vyver

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8941-l-entremondes-ou-le-lac-de-l-oubli

https://cult.news/scenes/theatre/lentremondes-charles-van-de-vyver-met-son-pere-en-garde/

 

 

10h15 Le Train bleu du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

FORCENES, de Philippe Bordas, mise en scène Jacques Vincey

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8106-forcenes

https://www.envotrecompagnie.fr/accompagnement-administration-production/jacques-vincey/forcen%C3%A9s/

 

 

 

10h15 Le 11 du 6 au 23 juillet (sauf les 10 et 17)

L'ART D'ETRE MON PERE de et par Julie Timmermann

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8666-l-art-d-tre-mon-pre

https://www.idiomecanictheatre.com/l-art-d-etre-mon-pere

 

 

11h00

11h05 Le Train Bleu (du 4 au 23 sauf 10 et 17)

LE PROJET BARTHES, cours de R. Barthes, mise en scène Sylvain Maurice, avec Vincent Dissez

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9077-le-projet-barthes

https://sylvainmaurice.fr/spectacles/le-projet-barthes

 

 

 

11h15 Présence Pasteur du 4 au 25 juillet (sauf les 9, 16 et 23)

J'AI SAIGNE de Blaise Cendrars, par Jean-Yves Ruf, mise en scène J-Chr. Cochard

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9336-j-ai-saign

https://www.journal-laterrasse.fr/jean-yves-ruf-porte-a-la-scene-jai-saigne-de-blaise-cendrars-un-temoignage-douloureux-de-la-premiere-guerre-mondiale/

https://www.youtube.com/watch?v=ccz__msqi5k

 

 

11h30 Le 11 – du 6 au 23 (sauf les 10 et 17)

[poíēsis] de Florian Goetz et Jérémie Sonntag

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8243-posis

https://sceneweb.fr/poiesis-florian-goetz-jordan-sajous-jeremie-sonntag/

 

11h30 La Factory - les, 3, 5, 7, 10, 12, 14, 17, 19, 21 et 24 juillet

DANS TES REVES de et par Matthieu Lemeunier, mise en scène Alexandre Philip

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8122-dans-tes-rves

https://www.grandioseetordinaire.fr/artistes/dans-tes-reves/

 

 

11h35 La Manufacture du 4 au 12 juillet (sauf le 9)

AU BON PASTEUR (Peines mineures) de Sonia Chiambretto, mise en scène Marcial di Fonzo Bo

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8818-au-bon-pasteur-peines-mineures-2

https://sceneweb.fr/ines-quaireau-dans-au-bon-pasteur-peines-mineurs-2-de-sonia-chiambretto/

https://vimeo.com/1182913352

 

 

11h55 Théâtre des Carmes du 4 au 25 juillet (sauf le 8, 15 et 22)

HCHOUMA BLUES texte et mise en scène Hicham Boutahar 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9902-hchouma-blues

https://www.youtube.com/watch?v=PUU9aCEDseQ

https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/12/05/avec-hchouma-blues-hicham-boutahar-place-les-violences-policieres-au-c-ur-de-son-amphitheatre-politique_6656141_3246.html

 

12H00

 

12h30 Théâtre du Chêne Noir du 4 au 25 juillet (sauf les 6, 13 et 20)

LE CONTE D'HIVER, de W. Shakespeare, nouvelle traduction de Clément Camar-Mercier,

mise en scène Sandrine Anglade

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8233-le-conte-d-hiver

 

12h35 Le Train Bleu, du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

NOS ASSEMBLEES d'Elise Chatauret et Thomas Pondevie

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8748-nos-assembles

https://sceneweb.fr/nos-assemblees-delise-chatauret-thomas-pondevie/

 

 

12h40 La Manufacture, du 4 au 21 juillet (sauf 9 et 16)

5 SECONDES de Catherine Benhamou, mise en scène Hélène Soulié

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9523-5-secondes

https://sceneweb.fr/maxime-taffanel-dans-5-secondes-de-catherine-benhamou-une-mise-en-scene-dhelen/

 

 

13h00

14h00

 

14H00 Théâtre Transversal du 4 au 25 juillet (sauf les 8, 15 et 22)

KATSUJIN KEN Le sabre qui donne la vie, conception Stéphane Facco et Yan Allegret

(ancien titre : SOLO ARTS MARTIAUX)

Direction d’acteur Stéphane Facco - Jeu Yan Allegret

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9617-katsujin-ken-le-sabre-qui-donne-la-vie

https://unfauteuilpourlorchestre.com/solo-arts-martiaux-texte-et-mise-en-scene-de-yan-allegret-au-theatre-de-belleville/

 

 

14h20 Le Train bleu - du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

DOLEANCES (La Fable de l'écoute), mise en scène Stanislas Roquette

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9426-dolances

https://www.journal-laterrasse.fr/stanislas-roquette-adapte-et-met-en-scene-les-cahiers-de-doleances-du-grand-debat-national-de-2019-avec-doleances/

 

 

14h40 Reine blanche du 4 au 22 (sauf 9 et 16)

L'AFFAIRE ROSALIND FRANKLIN d'Elisabeth Bouchaud, mise en scène Julie Timmerman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8861-l-affaire-rosalind-franklin

 

 

14h45 Le Train Bleu du 5 au 23 juillet (jours impairs)

GARCON FIEVRE de Jeanne Lazar et Timothée Lerolle

https://theatredutrainbleu.fr/festival-2026/garcon-fievre/

https://www.journal-laterrasse.fr/dans-garcon-fievre-jeanne-lazar-et-timothee-lerolle-interrogent-la-nature-de-la-passion-en-racontant-les-annees-sida-dapres-un-entretien-avec-tim-joanny-madesclaire/

 

15h00

 

15h05 Le 11 du 4 au 23 (sauf les 10 et 17)

MAINTENANT JE N'ECRIS PLUS QU'EN FRANCAIS, de et par Viktor Kyrylov

https://www.11avignon.com/fr/maintenant-je-necris-plus-quen-francais

https://mlascene-blog-theatre.fr/critiques/theatre/critique-maintenant-je-necris-plus-quen-francais-viktor-kyrylov/

 

 

16h00

 

16h20 Reine blanche du 4 au 22 (sauf 9 et 16)

LA DECOUVREUSE OUBLIEE d'Elisabeth Bouchaud, mise en scène Julie Timmerman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8860-la-dcouvreuse-oublie

https://sceneweb.fr/marie-christine-barrault-dans-la-decouvreuse-oubliee-delisabeth-bouchaud/

 

16h40  Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15, 22)

Là PERSONNE, de et par Geoffrey Rouge-Carrassat

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9559-l-personne

https://coupsdoeil.fr/2025/12/la-personne-geoffrey-rouge-carrassat-critique/

 

16h50  Train Bleu (au jardin de l'ancien Carmel) du 5 au 23 juillet (sauf 8, 15, 22)

SILLAGES de Léo Ricordel et Quentin Beaufils (cirque de création)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9431-sillages

https://www.journal-laterrasse.fr/sillages-de-leo-ricordel-et-quentin-beaufils-croise-documentaire-musique-cirque-danse-theatre/

 

17h00

 

17h10 Le 11 du 4 au 23 (sauf les 10 et 17)

VOYAGE EN ATAXIE de Gilles Ostrowsky, mise en scène Sophie Cusset et Gilles Ostrowsky

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9295-voyage-en-ataxie

https://www.journal-laterrasse.fr/voyage-en-ataxie-du-regrette-gilles-ostrowsky-un-spectacle-ou-malgre-le-tragique-le-rire-deploie-sa-force/

 

 

17h45 La Manufacture du 4 au 29 juillet (sauf les 9 et 16)

QUAND ON DORT ON N'A PAS FAIM de et par Anthony Martine

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8548-quand-on-dort-on-n-a-pas-faim

https://sceneweb.fr/anthony-martine-dans-quand-on-dort-on-na-pas-faim/

 

18h00

 

18H00 Reine Blanche du 4 au 22 juillet (sauf 9 et 16)

ENQUETE DE FAMILLE d'après Jacques Attali, mise en scène Elisabeth Bouchaud et Benoit di Marco

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8858-enqute-de-famille

https://www.reineblanche.com/calendrier/avignon/enquete-de-famille

 

 

19h00

 

19h10 Reine Blanche du 4 au 22 juillet (sauf 9 et 16)

LA TRILOGIE DU TROISIEME TYPE (trois spectacles de et par Mickaël Délis)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9010-la-trilogie-du-troisime-type

https://sceneweb.fr/les-paillettes-de-leur-vie-ou-la-paix-demenage-de-mickael-delis/

 

20h00

 

20H25 Le Train Bleu du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

NOTRE HISTOIRE (se répète) de Jana Klein, mise en scène et jeu Jana Klein et Stéphane Schoukroun

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9671-notre-histoire-se-rpte

https://s-vrai.com/spectacles/notre-histoire-se-repete/

 

 

20h50 Le 11 du 4 au 23 juillet (sauf les 10 et 17)

BARBARA (PAR BARBARA) d'après les entretiens de Barbara, par Marie-Sophie Ferdane,

mise en scène Emmanuel Noblet

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8110-barbara-par-barbara

https://www.journal-laterrasse.fr/emmanuel-noblet-dirige-marie-sophie-ferdane-et-olivier-marguerit-dans-barbara-par-barbara-un-petit-bijou/

 

20h50 Théâtre Transversal du 4 au 24 juillet (sauf 8 et 22) Jours pairs

ET SI JE N'AVAIS JAMAIS RENCONTRE JACQUES HIGELIN, écriture Zoon Besse et Guillaume Barbot

Mise en scène Guillaume Barbot

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8709-et-si-je-n-avais-jamais-rencontr-jacques-higelin

https://www.journal-laterrasse.fr/et-si-je-navais-jamais-rencontre-jacques-higelin-un-temoignage-intime-du-comedien-zoon-besse-accompagne-par-la-poesie-de-guillaume-barbot/

 

 

20h50 Théâtre Transversal du 5 au 25 juillet (sauf le 15) Jours impairs

ON A FORT MAL DORMI, d'après le livre de Patrick Declerck

Mise en scène Guillaume Barbot

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8708-on-a-fort-mal-dormi

https://www.journal-laterrasse.fr/on-a-fort-mal-dormi-2/

 

20H50 Au Vieux Balancier du 3 au 25 juillet (sauf 8, 15 et 22)

EL MAESTRO d'Aziz Chouaki, par Mouss Zouheyri

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/10286-el-maestro

https://www.journal-laterrasse.fr/mouss-zouheyri-fait-resonner-la-langue-jouissive-et-bouillante-de-son-ami-aziz-chouaki-dans-el-maestro/

 

 

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Avignon Off 2026 - Sélection AN

Pas encore vu mais intéressant, inscrit sur mon programme

 

 

 

10H00

10h00 Le Train Bleu (Salle Maif par navette du théâtre) du 4 au 23 juillet sauf les 5, 12 et 19

REQUIN VELOURS texte et mise en scène Gaëlle Axelbrun

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8765-requin-velours

https://www.journal-laterrasse.fr/requin-velours-de-la-jeune-autrice-et-metteuse-en-scene-gaelle-axelbrun-une-revelation/

 

 

10h00 Le 11 du 4 au 23 juillet sauf les10 et 17

SPIRITUEUX de et par Laurent Cazanave, mise en scène Audrey Bertrand et Laurent Cazanave

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9292-spiritueux

https://www.journal-laterrasse.fr/avec-spiritueux-laurent-cazanave-aborde-sans-didactisme-un-sujet-essentiel-lalcool/

 

 

 

10h00 La Scala Provence du 4 au 25 (sauf le 6, 13 et 20)

LE TARTUFFE de Molière, par le Nouveau Théâtre populaire, mise en scène Léo Cohen – Paperman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8449-le-tartuffe

https://nouveautheatrepopulaire.fr/le-tartuffe/

 

 

 

10h30 La Manufacture (du 4 au 21 juillet, sauf les 9 et 16)

LES AVEUGLES de Maeterlinck, spectacle en réalité virtuelle de Julien Dubuc

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9577-les-aveugles

https://www.youtube.com/watch?v=UGLzVY3RTFs

 

 

11h00

11h00 Le Train Bleu du 5 au 23, jours impairs

SOPRANE de David Gauchard

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9482-soprane

https://www.youtube.com/shorts/nKzB7xYN468

 

 

12H00

 

12h35 Le Train Bleu du 4 au 22 juillet (jours pairs)

FAKE de Claudine Galéa, mise en scène Emilie Lafarge

https://theatredutrainbleu.fr/festival-2026/fake/

https://www.tnn.fr/fr/spectacles/saison-2025-2026/fake

 

13h00

 

13h30 Le Train bleu - du 4 au 19 juillet (sauf 10 et 17)

UN SOUPCON (dégustation cinématographique à l'aveugle)

Texte et mise en scène Julien Fišera, interprétation Martin Nikonoff 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8721-un-soupcon-degustation-cinematographique-a-l-aveugle

https://www.compagnieespacecommun.com/un-soupcon

 

 

 

13H50 La Scala Provence du 4 au 25 juillet (sauf les 6, 13 et 20)

PEU IMPORTE de Marius von Mayenburg, mise en scène Robin Ormond

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8181-peu-importe

https://lascala-provence.fr/programmation/peu-importe/

 

 

14h00

 

14h00 le 11 - du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

ALIF texte et mise en scène Abdelwaheb Sefsaf

https://www.11avignon.com/programmation/alif

https://coupsdoeil.fr/2026/04/alif-abdelwaheb-sefsaf-critique/

 

 

14h05 Le Train bleu - du 5 au 23 juillet (sauf le 5, 12, 19)

ROMANCE de Catherine Benhamou, mise en scène Heidi-Eva Clavier 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9638-romance

https://sceneweb.fr/romance-catherine-benhamou-heidi-eva-clavier/

 

 

14h30 au Totem du 7 au 23 juillet (sauf le 12 et 19)

IMMOBILE ET REBONDI de et par Betty Bone et Sylvère Lamotte ( jeune public à partir de 3 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8136-immobile-rebondi-2

https://www.cie-lamento.fr/portfolio/immobile-rebondi-1/

 

 

15h00

15h00 à la Chartreuse du 7 au 13 juillet

TEEN PLAY de Marcos Carames Blanco, mise en scène Nathalie Bensard (jeune public à partir de 10 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8330-teen-play

https://compagnielarousse.fr/teen-play/

 

 

15h15 Le Totem du 7 au 23 juillet

ALLEZ, OLLIE ! A L'EAU ! De Mike Kenny, mise en scène Audrey Bonnefoy (jeune public de 6 à 10 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8738-allez-ollie-a-l-eau

https://vimeo.com/1119761090?fl=pl&fe=sh

 

16h00

17h00

18h00

 

18H00 - VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 9 au 21 juillet (sauf le 15)

PETIT QUELQU'UN de Catherine Monin, mise en scène Julien Duval (jeune public à partir de 8 ans)

https://www.festivalvilleneuveenscene.com/programmation/petit-quelquun/

https://lesyndicatdinitiative.fr/petit-quelquun

 

19h00

19h00 : Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15 et 22)

LE CLOWN COMME UN POEME, par François Cervantès et Catherine Germain

https://www.theatredeshalles.com/spectacles/le-clown-comme-un-poeme-2/

 

19h35 le 11 - du 6 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

TANTO POCO de Marco Lodoli, mise en scène et interprétation Cécile Garcia-Fogel

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9286-tanto-poco

https://coupsdoeil.fr/2026/02/tanto-poco-marco-lodoli-cecile-garcia-fogel-critique/

 

 

19h45 : Théâtre des Doms du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15 et 22)

RUMBA d'Ascanio Celestini, jeu David Murgia 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9462-rumba

https://sceneweb.fr/rumba-dascanio-celestini-et-david-murgia/

 

20h00

 

20H30 - VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 8 au 21 juillet (sauf les 12, 15, et 19)

OSTINATO, par la Cie Akoreacro (cirque de création)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9095-ostinato

 

 

20H30 - LA SCIERIE - du 5 au 25 juillet (jours impair)

LE SONGE D'UNE NUIT D'ETE de W. Shakespeare, mise en scène Arnaud Anckaert

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8272-le-songe-d-une-nuit-d-ete

https://www.theatreduprisme.com/le-songe-d-une-nuit-d-ete

 

 

21h00

22h00

 

22h00 VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 9 au 20 juillet (sauf le 15)

CARBONE DE Julien Duval, Carlos Martins et Bénédicte Simon, mise en scène Julien Duval

https://www.festivalvilleneuveenscene.com/programmation/carbone/

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9123-carbone

 

 

23h00

23H00 La Manufacture du 10 au 15 juillet

CHERE IJEAWELE, OU UN MANIFESTE POUR UNE EDUCATION FEMINISTE

Lecture musicale par Ludmilla Dabo

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/10044-chre-ijeawele-ou-un-manifeste-pour-une-ducation-fminist

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June 25, 12:06 PM
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Au Théâtre du Rond-Point, Nicolas Bouchaud dynamite le mythe du « grand écrivain »

Au Théâtre du Rond-Point, Nicolas Bouchaud dynamite le mythe du « grand écrivain » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

CRITIQUE - Par Anthony Palou dans Le Figaro - 19 juin 2026

 

 

Dans Tout est calme dans les hauteurs, de Thomas Bernhard, le comédien s’amuse à mettre en pièces la fatuité d’un écrivain, génie autoproclamé et couvert d’honneurs. Redoutable et jouissif.

 

Entre le comédien Nicolas Bouchaud et le metteur en scène Jean-François Sivadier, c’est une longue histoire. Des liaisons heureuses. De Brecht à Büchner, de Shakespeare à Molière, d’Ibsen à Tchekhov, plus d’une dizaine de fois, Sivadier a dirigé Bouchaud. Leur dernière association n’est pas la moindre puisqu’il s’agit d’une pièce de Thomas Bernhard que nous ne sommes pas près d’oublier. Le comédien est au sommet de son jeu dans le rôle de cet écrivain fictif pathétique, un certain Moritz Meister qui ne résiste pas à la scie circulaire et grinçante du dramaturge autrichien. À la fin, il n’en restera que de la sciure puisque, comme chez Molière, le ridicule tue.

  •  

Thomas Bernhard est un dynamiteur. Il plastique avec toute la finesse du connaisseur. Un terroriste raffiné du théâtre. Ne lâchant pas sa proie, il aime jouer au chat et la souris et on ne donne pas cher de la peau de son mulot. L’auteur s’amuse et nous aussi. Le grand plateau est traversé par un long rideau. Il y a un fauteuil (sur roulettes), une petite et une grande table, un tapis que l’on déroule peu à peu, des tableaux.

 
 

Insupportable double de l’auteur

La pièce commence par un long monologue hystérique d’Anne Meister (Norah Krief, quel talent !), la femme ensorcelée par son mari. Cette ancienne pianiste professionnelle voue un culte à l’œuvre de son scribouillard. Elle est en compagnie de l’écervelée mademoiselle Werdenfels (impayable Juliette Bialek), une jeune candidate au doctorat qui prépare une thèse sur le « grand homme de lettres » et particulièrement sur son dernier « chef-d’œuvre », une Tétralogie dont le personnage principal est un certain professeur Stieglitz, insupportable double de l’auteur.

 

 

Mademoiselle Werdenfels est, elle aussi, complètement aveuglée par Moritz Meister, « notre auteur si estimé, que dis-je déjà mondialement célèbre, sur lequel auront bientôt paru plus de livres qu’il n’en a écrits lui-même ». Lorsque le « grand homme » parait sur la scène, il porte une tenue d’apiculteur. Il est interprété par Nicolas Bouchaud. Rien que pour lui, réservez votre place. Dans le rôle de Moritz Meister, il est tout simplement prodigieux. Imbuvable à souhait, régnant sur son petit monde à genoux devant son « génie », installé dans sa forteresse des Préalpes bavaroises, une « ancienne propriété d’un négociant juif émigré aux États-Unis chassé par les nazis ».

Des contre-vérités moisies

Meister a tous les défauts y compris l’antisémitisme. Avec sa femme qui n’a pas l’air d’avoir inventé le bidon de deux litres, il pérore, donne son avis sur tout et n’importe quoi, assène ses contre-vérités moisies. Son discours est ponctué de citations. Moritz Meister est une pintade boursouflée d’une insolente vanité, infecte, ivre de sa propre image. Lorsque arrive un journaliste, Von Wegerer (excellent Frédéric Noaille qui interprète également le facteur), la fatuité du verbeux imbibé de lui-même s’emballe. Tout est calme dans les hauteurs est un joyeux exercice de démolition. Le portrait jouissif et implacable d’un philistin tyrannique.

 

Anthony Palou / Le Figaro 

 

« Tout est calme dans les hauteurs », au Théâtre du Rond-Point (Paris 8e), jusqu’au 4 juillet.

 
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June 25, 10:25 AM
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« Un moment trumpien » : la Maison Maria Casarès en péril après la baisse des subventions de la Drac

« Un moment trumpien » : la Maison Maria Casarès en péril après la baisse des subventions de la Drac | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Nathalie Simon dans Le Figaro - 22 juin 2026

 

Le lieu charentais, où la grande tragédienne a vécu, perd 30 % de ses subventions d’État alors que le logis de la Vergne vient d’être restauré et que le Centre national déploie ses activités.

 

« À partir du moment où nous avons cherché à inventer de nouvelles solutions pour faire vivre le théâtre, les dieux nous sont tombés sur la tête », déplorent Matthieu Roy et Johanna Silberstein. Les deux codirecteurs de La Maison Maria Casarès, à Alloue, en Charente, sont catastrophés. Le 7 mai, ils ont appris par courrier que leur principal soutien, la Drac Nouvelle-Aquitaine a baissé de 30 % ses subventions. Soit 78 000 euros sur les 750 000 euros du budget. Cette nouvelle ne pouvait pas tomber plus mal.

  •  

« On aurait accepté une baisse de 5 % comme tous les autres centres culturels, mais pas de 30 % », explique Matthieu Roy. En 2025, après quatre ans de travaux, ils ont inauguré le logis de la tragédienne qui a exigé 1,8 million d’euros. Transformé en Centre culturel de rencontre et dédié à la création, le lieu commémore cette année les 30 ans de la disparition de la comédienne. « Vous ne pouvez pas étrenner la maison en 2025 et amputer le budget en 2026, la mairie ne comprend pas le désengagement de l’État », ajoute le codirecteur.

 

7 000 spectateurs en 2025

À sa mort, Maria Casarès avait légué le domaine où elle a vécu pendant trente-cinq ans à la commune d’Alloue. « Une telle baisse en cours d’exercice met directement en péril l’équilibre économique d’une structure qui ne peut pas revoir son projet du jour au lendemain », estiment les deux dirigeants qui ont accueilli plus de 7 000 spectateurs l’année dernière. « Le 1er janvier 2027, on n’aura plus de trésorerie, se désole Matthieu Roy. En 2017, quand on est arrivé avec l’association, on avait 350 000 euros annuels, il a doublé avec nous, grâce aux festivals et aux nouveaux modèles qu’on a mis en place et aux partenaires publics qui nous ont soutenus. »

 

 

Du 25 juillet au 15 août, ils célèbrent leur 10e festival d’été qui marie savamment théâtre, patrimoine et gastronomie locale. Au menu, un « dîner-spectacle » autour de Peer Gynt de Henrik Ibsen avec de « jeunes pousses ». Matthieu Roy mettra ainsi en scène douze comédiens de l’École supérieure d’art dramatique de Paris. Le spectacle sera ensuite donné à Paris, aux Plateaux sauvages (du 15 au 26 septembre). « Quand on nous l’a annoncé, on a demandé une audience pour essayer de comprendre les choses et de négocier, se souvient-il. On a été reçu, mais on n’a pas avancé. On a pourtant mis tout en œuvre pour répondre aux questions qu’on nous posait, mais il y a toujours quelque chose qui ne va pas... ». 

 

 

Malgré leurs difficultés, entre la Maison Maria Casarès et la Scène Maria Casarès à Poitiers inaugurée en 2023 et ouverte toute l’année, la comédienne et le metteur en scène proposent plus de cent représentations. « Quand la nouvelle Drac est arrivée, elle a dit que les choses ne correspondaient pas à leurs attentes », s’agace Matthieu Roy qui commence à « perdre la foi ». « On a l’impression que nos montages financiers sont suspects, d’être pris en grippe par la Drac Nouvelle-Aquitaine parce qu’on a innové dans son secteur avec la Scène Maria Casarès. Ils ont remis en question le commissaire aux comptes, après, on a eu droit à une enquête interne qui a montré qu’il n’y avait pas de problématique pénale, maintenant ce sont les conventions qui posent problème. On est dans un moment trumpien : quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. »

 

 

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June 24, 10:30 AM
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De la démocratisation culturelle à la démocratie du vivant  - Un article de Romaric Daurier 

De la démocratisation culturelle à la démocratie du vivant  - Un article de Romaric Daurier  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Romaric Daurier, sur le site "Délibéré",  publié le 24 juin 2026

 

 

La décentralisation culturelle française est née d’une intuition fondatrice : les grandes œuvres ne devaient plus être le privilège d’une élite sociale ou géographique. Elles devaient devenir accessibles à tous les citoyens. Les Maisons de la culture imaginées par André Malraux répondaient à cette ambition. Elles affirmaient qu’il existait un patrimoine commun de l’humanité dont chacun devait pouvoir faire l’expérience, indépendamment de son origine sociale ou de son lieu d’habitation.

 

Cette ambition demeure l’un des acquis les plus précieux de la politique culturelle française. Elle ne mérite ni d’être caricaturée ni d’être abandonnée. Elle a profondément transformé le paysage culturel du pays en faisant de l’accès aux œuvres une exigence démocratique. Il serait injuste d’oublier la puissance émancipatrice de ce projet, qui a permis à des générations de spectateurs, de lecteurs et d’amateurs de rencontrer des œuvres auxquelles rien ne les destinait.

 

Mais soixante ans plus tard, le monde dans lequel cette politique s’est élaborée n’est plus le nôtre.

 

La crise écologique, la mondialisation des circulations artistiques, les migrations, l’accélération numérique, l’effondrement des grands récits de la modernité occidentale et l’émergence de nouvelles sensibilités ont profondément déplacé le centre de gravité de la question culturelle. Il ne s’agit plus seulement de savoir comment diffuser les œuvres ; il devient nécessaire de s’interroger sur les conceptions du monde qu’elles rendent possibles, sur les relations qu’elles instituent entre les humains et les autres vivants, sur les catégories à partir desquelles elles sont reconnues comme de l’art.

 

Autrement dit, la démocratisation ne peut plus porter uniquement sur l’accès aux objets culturels. Elle doit progressivement concerner les conditions mêmes à partir desquelles nous définissons ce qui mérite d’être reconnu comme une œuvre, une pratique artistique, une expérience esthétique ou une institution culturelle.

D’autres formes de présence

C’est ici que la pensée de Philippe Descola ouvre une perspective décisive.

 

En montrant que le naturalisme occidental n’est pas l’horizon universel de toute pensée mais une ontologie parmi d’autres, Descola ne relativise pas la modernité. Il la resitue. Il rappelle que la séparation entre nature et culture, entre sujet et objet, entre humain et non-humain, entre représentation et réalité constitue une construction historique singulière, et non la forme achevée de toute civilisation.

 

Cette prise de conscience engage directement les politiques culturelles.

 

Car nos institutions n’ont pas seulement démocratisé des œuvres ; elles ont également diffusé, souvent sans le dire, une certaine manière d’habiter le monde. En ouvrant les portes des musées, des théâtres ou des bibliothèques, elles rendaient accessible un patrimoine, mais elles transmettaient aussi une conception particulière de ce qu’est une œuvre, un auteur, une représentation, un spectateur.

 

Cette transmission n’avait rien d’illégitime. Elle participait du grand projet d’émancipation des Lumières. Mais les défis contemporains invitent désormais à compléter cette ambition plutôt qu’à la répéter.

 

L’enjeu n’est plus seulement de permettre à chacun d’accéder aux œuvres reconnues. Il est de permettre à chacun de rencontrer des manières différentes de composer le monde.

 

Peut-être sommes-nous aujourd’hui confrontés à un paradoxe.

À mesure que s’effondre la confiance dans les grands récits occidentaux, une partie importante de la création contemporaine répond moins par une ouverture vers d’autres régimes de sensibilité que par une sophistication toujours plus grande de ses propres dispositifs de représentation. Les œuvres deviennent d’admirables analyses de leur propre impossibilité ; elles mettent en crise les catégories héritées de la modernité avec une intelligence remarquable, mais continuent souvent à parler depuis ces catégories mêmes. Elles déconstruisent la représentation davantage qu’elles n’expérimentent d’autres formes de présence.

Démocratiser les ontologies

À cet égard, certaines œuvres marquent un seuil. Je pense notamment à 2666. En portant sur scène l’immensité du roman de Roberto Bolaño, Julien Gosselin pousse le théâtre jusqu’à une forme de saturation de la représentation. L’accumulation des récits, des images, des temporalités et des dispositifs médiatiques ne produit pas seulement une esthétique de l’excès ; elle touche cette aporie où la représentation semble reconnaître sa propre limite face au réel. L’œuvre n’ouvre peut-être pas encore pleinement un autre régime ontologique, mais elle atteint ce point de bascule où devient pensable le dialogue cosmologique auquel invite Descola.

 

Cette question avait déjà été pressentie par Claude Lévi-Strauss. Dans Tristes Tropiques, il observait que l’Occident tendait à universaliser ses propres catégories au moment même où il découvrait la diversité des mondes humains. Soixante-dix ans plus tard, ce constat prend une résonance nouvelle : nous savons que plusieurs cosmologies coexistent, mais nous continuons souvent à les accueillir à condition qu’elles deviennent lisibles selon nos propres catégories esthétiques.

 

Les politiques culturelles ont considérablement progressé dans la reconnaissance de la diversité des origines, des langues et des récits. Elles accueillent désormais des artistes venus de tous les continents. Mais cette ouverture demeure souvent asymétrique. Pour entrer dans nos institutions, les autres cosmologies doivent encore accepter de devenir des œuvres selon nos critères, des spectacles selon nos conventions, des patrimoines selon nos classifications. Elles franchissent le seuil des institutions ; elles transforment plus rarement les catégories qui organisent ces institutions.

 

Nous avons démocratisé les appartenances.

Nous n’avons pas encore démocratisé les ontologies.

Une ontologie désigne une manière collective d’habiter le monde, de concevoir les relations entre les humains, les animaux, les plantes, les objets, les ancêtres, les esprits ou les paysages. Chaque ontologie définit qui ou quoi possède une intériorité, une agentivité, une capacité à entrer en relation.

 

La démocratisation des ontologies ne consiste pas à juxtaposer des identités culturelles ni à additionner des provenances

géographiques. Elle désigne la capacité d’une société à reconnaître que plusieurs manières d’être au monde peuvent coexister dans un même espace public sans que l’une soit systématiquement contrainte de se traduire dans le langage de l’autre.

 

Une telle perspective ne conduit nullement au relativisme. Elle oblige au contraire les institutions à exercer une responsabilité plus exigeante encore : créer les conditions d’un dialogue entre des régimes de sensibilité qui ne reposent pas sur les mêmes présupposés anthropologiques.

Habiter le monde

Dans cette perspective, la programmation culturelle change profondément de signification.

 

Elle cesse d’être la sélection d’un répertoire pour devenir une politique de composition. Il ne s’agit plus seulement d’équilibrer les disciplines, les esthétiques ou les territoires. Il s’agit d’organiser des rencontres entre des conceptions différentes du vivant, du temps, de la mémoire, de la transmission, de la présence ou de la création.

Une Maison de la culture devient alors moins un lieu de diffusion qu’une institution diplomatique.

Elle accueille des mondes qui ne parlent pas toujours la même langue symbolique. Elle ne cherche pas à les fusionner dans un consensus esthétique. Elle invente les conditions d’une traduction réciproque où chacun accepte que ses propres catégories puissent être déplacées par la rencontre.

Cette intuition rejoint également les travaux de Tim Ingold. Là où la modernité a privilégié la représentation du monde, Ingold nous invite à penser l’habitation, l’attention, la correspondance avec les milieux vivants. La culture ne consiste plus seulement à produire des objets ; elle devient une manière de prendre part à un monde partagé.

Cette transformation est d’ailleurs déjà perceptible dans les pratiques culturelles elles-mêmes.

L’essor des tiers-lieux, la multiplication des festivals hybrides, des expériences artistiques participatives, mais aussi le succès de rassemblements spontanés, de fêtes auto-organisées ou de certaines rave parties témoignent moins d’un rejet des institutions que d’une aspiration à retrouver des espaces de présence, de partage et de communion avec le vivant. On ne s’y rend pas uniquement pour assister à une œuvre ; on y vient pour habiter temporairement un milieu, partager des gestes, des rythmes, des attentions, retrouver une expérience sensible du commun. Ces formes émergentes rappellent que la culture n’est pas seulement affaire de représentation ; elle est aussi une manière d’être ensemble.

 

Cette évolution transforme également le sens de la décentralisation.

 

Au XXᵉ siècle, la décentralisation culturelle consistait à rapprocher les œuvres des habitants.

Au XXIᵉ siècle, elle pourrait avoir une ambition plus vaste : rapprocher les mondes eux-mêmes.

 

Faire en sorte que chaque territoire devienne un lieu où puissent entrer en conversation des cosmologies différentes, des savoirs scientifiques et vernaculaires, des pratiques artistiques occidentales et d’autres traditions performatives, des mémoires locales et des imaginaires venus d’ailleurs.

 

La culture ne serait plus seulement ce qui circule entre les territoires.

Elle deviendrait ce qui permet aux mondes de se rencontrer.

Les Maisons de la culture ont été inventées pour rendre les œuvres accessibles à tous. Leur tâche pourrait désormais être plus exigeante encore : rendre hospitalières plusieurs manières d’habiter le réel.

 

Elles ne seraient plus seulement les maisons des arts, mais les maisons de la coexistence. Non des lieux où chacun vient reconnaître ce qu’il connaît déjà, mais des institutions capables d’organiser des rencontres suffisamment exigeantes pour que chacun accepte de voir ses propres catégories déplacées par celles des autres.

 

La première décentralisation culturelle a rapproché les œuvres des habitants.

La suivante pourrait rapprocher les mondes eux-mêmes.

Car c’est peut-être cela, au fond : non plus seulement diffuser des œuvres, mais apprendre à faire coexister des régimes de sensibilité différents. Non plus seulement partager un patrimoine commun, mais reconnaître qu’il existe plusieurs façons légitimes de faire monde.


La démocratisation culturelle trouverait alors un nouvel horizon.

 

Celui d’une démocratie du vivant.

 

 

Romaric Daurier 

Romaric Daurier est directeur de la Maison de la culture d’Amiens

 

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June 8, 8:57 AM
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La Cerisaie de Van Den Daele au Théâtre de l'Union

La Cerisaie de Van Den Daele au Théâtre de l'Union | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Critique de Julia Wahl dans cult.news publié le 8 juin 2026

 

 

La directrice du Théâtre de l’Union s’empare de la pièce phare de Tchekhov.

 

De La Cerisaie, on connaît l’argument : des aristocrates russes désargenté·es doivent se résoudre à vendre une cerisaie qui a fait leur bonheur et leur réputation. Avec ce fil dramaturgique en apparence bien mince, Tchekhov montre l’ascension d’une nouvelle classe de koulaks et la chute d’une noblesse qui s’accroche à un passé déjà révolu.

 

Ces parvenu·es de toute fraîche date apparaissent en la personne de Lopakhine, fils de moujik qui a su s’enrichir grâce à son génie des affaires. Un talent qui paraît bien vulgaire aux autres personnages, mais lui permettra d’avoir le dernier mot.

 

Des espaces enchevêtrés

 

C’est toutefois moins cette dimension sociale que l’ambiguïté du rapport des un·es et des autres à cette cerisaie qui intéresse Aurélie Van Den Daele. La pièce s’ouvre ainsi sur une maisonnette de voilages figurant une ancienne chambre d’enfant.

 

Rapidement, ses parois deviennent un objet double, séparant et regroupant les espaces selon les moments. Simple mur sur lequel sont projetées des photos de cerisiers, elle rapproche les personnages de leur cerisaie fantasmée ; cloison derrière laquelle se devine l’envol des pétales de fleurs, elle marque la distance entre Lioubov et ce jardin bientôt vendu.

 

La scénographie de François Gauthier-Lafaye crée ainsi de très jolis moments, avec la valse des pétales qui tournoient avant de toucher le sol et d’ensevelir le plateau d’un long manteau blanc, symbole de l’hiver qui guette Lioubov et celleux de sa classe. Le jeu sur le proche et le lointain ou sur la transparence du tulle construit un lieu à part où s’enchevêtrent les espaces.

 

Une réunion avortée

 

Bien entendu, d’autres éléments chers à Tchekhov apparaissent dans la mise en scène d’Aurélie Van Den Daele, comme la solitude des intellectuel·les ou l’ennui de cette noblesse oisive. Mais c’est surtout à une possible réunion entre scène et salle qu’elle voue cette pièce. Le public est alors sollicité à plusieurs reprises pour briser – de façon il est vrai peu originale – le quatrième mur.

 

Les acteurs et actrices ne déméritent pas : Marie-Sohna Condé fait ainsi une séduisante Lioubov. Toutefois, faute d’enjeu clairement décelable, l’attention s’étiole : l’espace, pourtant si signifiant, met du temps à être véritablement habité par les comédien·nes et l’exposition paraît bien lente. Voilà donc une Cerisaie en demi-teinte, avec des idées réelles mais qui ne tient pas totalement ses promesses.

 

Une cerisaie, d’Anton Tchekhov, traduction d’André Markowicz et
Françoise Morvan, mise en scène d’Aurélie Van Den Daele. Au Théâtre de la Tempête jusqu’au 21 juin.

Visuel : Thierry Laporte

 

Julia Wahl / cult.news

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June 4, 7:18 PM
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Séisme de Duncan Macmillan par Robin Ormond à la Comédie-Française

Séisme de Duncan Macmillan par Robin Ormond à la Comédie-Française | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Critique de Waheb Lekhal pour le blog Culturefirst -Publié le 31 mai 2026

 

 

 

 

Avoir un enfant dans un monde qui prend l'eau de toutes parts ? Une question brûlante qui déclenche un choc émotionnel aussi hilarant que profond dans un couple. Robin Ormond, jeune metteur en scène en vue, monte pour la Comédie-Française "Séisme", une pièce emblématique de Duncan Macmillan portée par deux comédiens magnifiques. Une réussite totale !

 

Du 21/5/2026 au 5/7/2026
La Comédie-Française au Théâtre du Petit Saint-Martin
 
  • Quand l'idée de faire un enfant devient une interrogation sur un monde à la dérive
  • Claire de La Rue du Can et Jean Chevalier : deux magnifiques comédiens
  • Duncan Macmillan, la voix d'une génération habituée à l'incertitude
  • Robin Ormond, jeune metteur en scène en vue

Faire un enfant dans un monde en perdition ?

Séisme (titre original "Lungs", soit "Poumons") a été créée en 2011 au Studio Theater de Washington DC. C'est une œuvre d'une modernité saisissante qui nous plonge dans l'intimité de F et H, un couple d'une trentaine d'années dont nous suivons l'évolution à travers une conversation fragmentée sur plusieurs années. Au départ, le couple s'interroge sur l'idée de faire un enfant. Cette discussion déclenche une véritable onde de choc émotionnelle et intellectuelle. Comment donner la vie dans un monde menacé par le changement climatique et l'instabilité géopolitique ? Cette interrogation transforme un désir personnel en un dilemme éthique profond, où la peur de l'avenir et la responsabilité écologique s'immiscent dans les liens les plus intimes du couple. La pièce utilise des ellipses pour montrer comment l'angoisse collective contamine ou, au contraire, soude une relation amoureuse. Entre humour incisif et émotion brute, Duncan Macmillan évoque une quête de sens désespérée mais viscéralement humaine dans un monde qui semble avoir perdu ses repères. Mais au-delà de cette inquiétude, la pièce remue avec une merveilleuse sensibilité des questions existentielles : les sentiments, l'engagement dans le couple, la descendance, et même le sens de la vie. C'est en cela que c'est une réussite : les interrogations de F. et H. sont immédiatement les nôtres, elles nous concernent, nous secouent tout en nous faisant beaucoup rire.

 

Claire de La Rue du Can et Jean Chevalier, magnifiques comédiens

L'écriture de Duncan Macmillan amplifie la portée des phrases courtes, des propos en apparence anodins, des conversations parfois interrompues ou qui s'enchaînent sans rupture. Le verbe est subtil et souvent hilarant, avec des expressions particulièrement croustillantes. Quand il manifeste son incompréhension, elle lui assène : "tu me regardes comme une grille de mots croisés !" Quand il la désire, elle lui dit qu'il a "une lueur porno dans le regard". Claire de La Rue du Can et Jean Chevalier portent ces personnages avec un naturel, une spontanéité et une aisance confondantes. Attachants, percutants, ils sont au plateau ces copains qu'on a tous et qui vivent des choses similaires. Quand Jean Chevalier, en dépit des vicissitudes du couple, réaffirme son amour profond pour elle, sa voix tremblante nous bouleverse. Claire de La Rue du Can partage avec nous ses angoisses, sa nervosité et ses doutes d'une façon si vraie qu'on a envie de la consoler. On atteint là un niveau de jeu exceptionnel.

Duncan Macmillan, la voix d'une génération habituée à l'incertitude

Né en 1980, Duncan Macmillan est un auteur-phare de la scène britannique contemporaine. Ses pièces se jouent dans des théâtres prestigieux comme le Royal Court de Londres et la Schaubühne de Berlin. Il excelle dans l'art de transformer la banalité du quotidien en une joute verbale captivante. Dans ses textes, les répliques tronquées reflètent l'impossibilité de ses personnages à exprimer pleinement leur pensée. Ses textes donnent une voix puissante à une génération pour qui l'incertitude face à l'avenir est devenue un mode de vie. Outre Séisme, ses pièces les plus connues sont Every Brilliant Thing (2013) et People, Places and Things (2015).

 

 

"Si vous vivez longtemps sans jamais avoir ressenti une profonde dépression, c'est que vous n'y avez probablement pas fait attention."
Extrait de "Every Brilliant Thing" de Duncan Macmillan

Robin Ormond, un jeune metteur en scène en vue

Né en 1993, Robin Ormond est à la fois metteur en scène et traducteur. Formé au jeu au Théâtre National de Strasbourg et diplômé d'un Master de Sciences Po Paris en 2017, il s'est fait remarquer avec ses premières mises en scène, notamment Tourista de Marius von Mayenburg en 2013. Robin Ormond a aussi travaillé dans le monde germanique en tant qu'assistant metteur en scène au Schauspielhaus Wien et au Theater Basel. Ce fut un proche collaborateur de Simon Stone entre 2017 et 2023, avec qui il a travaillé sur des productions majeures à l’opéra (La Traviata à l'Opéra de Paris) et au théâtre. Il a également collaboré avec d'autres grands noms tels qu'Alexander ZeldinGuy Cassiers et Andrea Breth. Avec un style exigeant et fluide, il se passionne pour les écritures qui sondent les failles de l'humanité.
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Duncan Macmillan texte
Robin Ormond mise en scène
Avec Claire de La Rüe du Can, Jean Chevalier

 

Du  21/5/2026 au  5/7/2026
La Comédie-Française au Théâtre du Petit Saint-Martin
17 rue René Boulanger 75010 Paris
Du mercredi au samedi à 19 h, dimanche à 17 h 30 - Durée estimée : 1 h 30
 
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« De la Comédie-Française » : dans les coulisses d’une première déjantée

« De la Comédie-Française » : dans les coulisses d’une première déjantée | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Critique de Boris Bastide, dans Le Monde du 22 juillet 2026

 

Le film, truffé d’idées et de dialogues savoureux, met en scène les préparatifs compliqués de la troupe et du personnel du théâtre parisien avant une représentation cruciale.

 

Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/22/de-la-comedie-francaise-dans-les-coulisses-d-une-premiere-dejantee_6729919_3246.html

L’AVIS DU « MONDE » - A VOIR

 

La Comédie-Française s’offre une belle vitrine. Le nouveau film signé Martin Darondeau et Bertrand Usclat, deux des cocréateurs de la série Broute, met en valeur quelques-uns des talents de l’institution théâtrale fondée en 1680. Si un certain nombre de sociétaires et de pensionnaires – Denis Podalydès, Laurent Stocker, Guillaume Gallienne, Marina Hands, Benjamin Lavernhe ou Julien Frison pour en nommer quelques-uns – s’illustrent aussi bien sur les planches que dans les salles obscures, les projets cinématographiques directement liés à la Comédie-Française sont plus rares.

 

Outre les captations régulières de spectacles diffusées au cinéma, le réalisateur Christophe Honoré avait profité des confinements et de l’annulation des représentations d’une des pièces qu’il devait mettre en scène au Français pour filmer ses comédiens à l’arrêt dans Guermantes (2021), comédie méta jouant du trouble entre fiction et documentaire.

 

De la Comédie-Française, Prix du public et Prix spécial du jury au dernier Festival de l’Alpe d’Huez, renoue avec ce même esprit de troupe. Le film de fiction est né au départ d’un heureux concours de circonstances : le projet de long-métrage s’est concrétisé à la faveur de travaux qui ont permis exceptionnellement de laisser libre quelques jours la salle Richelieu, ce théâtre à l’italienne situé dans le Palais-Royal à Paris. Le film permet ainsi de s’immerger dans ce lieu chargé d’histoire, de l’entrée jusqu’à la scène en passant par les coulisses, les loges, la cantine… La caméra déambule en plan-séquence dans les couloirs, suivant les déplacements des personnages.

Gags réussis

Construite autour d’une unité d’espace donc mais aussi de temps, la comédie est menée tambour battant, fourmillant d’idées et de dialogues savoureux. L’action se situe sur quelques heures le soir de la première de Macbeth, la toute première mise en scène de Nina Cardi (Pauline Clément) pour la Comédie-Française. On suit les préparatifs jusqu’au début de la représentation, à laquelle doit assister la ministre de la culture, marqués par une série d’incidents.

 

Ceux-ci sont à la fois d’ordre humain et techniques. De quoi souligner le monceau de tâches que le metteur en scène doit superviser et le nombre de gens qui œuvrent derrière les rideaux pour les décors, les costumes, la lumière, le maquillage, tous propices à quelques gags réussis. Sans oublier les comédiens, sources intarissables de rebondissements.

Une des interprètes principales doit être remplacée au pied levé à cause d’un retard de train ; l’ancienne gloire de la maison, Nadine Guimard (Danièle Lebrun), se prépare en fumant sa propre herbe « faite maison » ; l’acteur Antoine (Julien Frison), superstitieux, refuse que l’on prononce le nom de la pièce ou de porter du vert sur scène tandis que sa partenaire, Emilie Hamel (Marina Hands), ne cesse de lui demander de « faire une italienne » – comprendre répéter à deux, situation prétexte à des ébats clandestins…

De Laurent Stocker en mari trompé à Christian Hecq en régisseur aux explications intarissables, tous les acteurs s’en donnent à cœur joie, avec beaucoup d’autodérision, pour moquer les tares humaines dans l’esprit de Molière. Mais le film met aussi en valeur l’abnégation des gens de théâtre à continuer coûte que coûte sans se soucier des drames et des peines personnelles.

 
 

Ce sont ici d’abord les femmes qui ont le beau rôle. Quand le personnage de Marina Hands propose un beau plaidoyer pour la liberté d’explorer ses désirs sans remettre en cause son couple, celui de Pauline Clément incarne la difficulté de mener de front vie de mère et vie professionnelle, alternant avec brio les registres comique et dramatique. Au-delà du rire, De la Comédie-Française n’oublie jamais que le théâtre est le lieu de toutes les émotions.

« De la Comédie-Française », comédie française de Martin Darondeau et Bertrand Usclat. Avec Pauline Clément, Laurent Stocker, Julien Frison et Marina Hands (1 h 12).

 

 

Boris Bastide / Le Monde 

 
Légende photo : Adeline d’Hermy (Suzanne), Florence Viala (Fabienne), Pauline Clément (Nina Cardi), Marina Hands (Emilie) et Julien Frison (Antoine) dans « De la Comédie-Française », de Martin Darondeau et Bertrand Usclat. ZINC FILMS

 

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Spectacle vivant : l’Etat débloque les crédits de 28 structures culturelles

Spectacle vivant : l’Etat débloque les crédits de 28 structures culturelles | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Le Monde avec AFP - Publié le 21 juillet 2026

 

A la veille de l’ouverture du Festival d’Avignon, l’annonce du gel d’une partie des subventions de 28 théâtres, centres dramatiques ou encore orchestres nationaux avait provoqué l’inquiétude du monde théâtral et une forte mobilisation.

Lire l'article sur le site du "Monde" : 

https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/21/spectacle-vivant-l-etat-debloque-les-credits-de-28-structures-culturelles_6728863_3246.html

 

La somme de 10 millions d’euros de crédits de l’Etat, qui avait été gelée pour 28 structures du spectacle vivant – comme des théâtres nationaux ou des orchestres –, va finalement pouvoir « être versée au second semestre » de 2026, a fait savoir, mardi 21 juillet, l’entourage de Catherine Pégard, ministre de la culture.

 

Ces crédits correspondent aux seconds versements d’une subvention de l’Etat qui avaient été gelés dans le cadre des efforts budgétaires demandés à chaque ministère pour 2026. Le 3 juillet, l’annonce du gel de la subvention, à hauteur d’environ 13 %, de ces 28 structures, sur tout le territoire, avait été une douche froide, à la veille de l’ouverture du Festival d’Avignon.

 

D’après le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac), parmi les 28 établissements touchés se trouvaient douze centres dramatiques nationaux (Caen, Bordeaux, Marseille, Nanterre, Reims, Rennes, Saint-Denis, Saint-Etienne, Toulouse, Montpellier, Aubervilliers, Villeurbanne), trois scènes nationales (MC2 de Grenoble, MC93 de Bobigny, MAC de Créteil), deux théâtres parisiens (le Rond-Point et l’Athénée), sept opéras (Lyon, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, Nancy, Montpellier, Lyon) et quatre orchestres nationaux (Ile-de-France, Pays de la Loire, Lyon, Lille).

Six milliards d’euros d’économie

Une forte mobilisation s’en était suivie pour demander un « moratoire sur les coupes budgétaires » dans le spectacle vivant subventionné : interpellations d’Emmanuel Macron par de grands noms de la mise en scène dans la cour d’honneur du Palais des papes, rassemblements, assemblées générales, et pétition.

La CGT Spectacle avait appelé, il y a quatre jours, à une semaine d’actions à la rentrée, avec un appel à la grève à partir du 26 septembre.

 

« La ministre verra prochainement les acteurs du secteur culturel, les collectivités locales et les élus ainsi que les artistes pour établir ensemble une trajectoire pour l’année 2027 », a ajouté l’entourage de Catherine Pégard, interrogé par l’Agence France-Presse.

En avril, le gouvernement avait annoncé que 6 milliards d’euros d’économies sur les dépenses seraient réalisés en 2026 pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient lors d’un comité d’alerte des finances publiques à Bercy. Il avait ensuite détaillé les gels et les annulations de crédits.

 

Le Monde avec AFP

 
 
Légende photo : La ministre de la culture, Catherine Pegard, arrive à l’Elysée, à Paris, le 20 juillet 2026. LUDOVIC MARIN / AFP

 

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Alexis Joly et Mounir Margoum, nouveaux pensionnaires de la Comédie-Française

Alexis Joly et Mounir Margoum, nouveaux pensionnaires de la Comédie-Française | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Sceneweb le 21 juillet 2026

 

Alexis Joly et Mounir Margoum ont été engagés par Clément Hervieu-Léger, l’administrateur général de la Comédie-Française, et rejoignent la troupe. Si Alexis Joly, tout juste sorti du Conservatoire, est au début de son parcours professionnel, Mounir Margoum, qui a été son professeur, mène une solide carrière depuis plus de vingt ans. 

 

Alexis Joly est engagé à partir du 1er septembre 2026. Il jouera notamment dans Le Legs de Marivaux mis en scène par Aurélien Hamard-Padis au Studio-Théâtre à partir du 24 septembre, et dans La vie est un songe de Pedro Calderón de la Barca mise en scène par Benjamin Lazar, Salle Richelieu, à partir du 11 mars.

Diplômé du Conservatoire national supérieur d’art dramatique en 2026, il se forme d’abord à Rhinocéros et au Cours Florent. Au Conservatoire il suit notamment les cours de Nada Strancar et justement de Mounir Margoum. Récemment, il a participé à la lecture de Cinna de Pierre Corneille, présentée par la Comédie-Française au Studio 104 de la Maison de la Radio et de la Musique, sous la direction artistique de Loïc Corbery, en vue d’une retransmission sur France Culture.

 

 

Mounir Margoum est engagé à partir du 1er janvier 2027. Il participera à deux créations : Berlin mon garçon de Marie NDiaye mis en scène par Mariame Clément au Théâtre du Vieux-Colombier à partir du 24 février, et Les Fausses Confidences de Marivaux mises en scène par Christophe Honoré, Salle Richelieu, à partir du 3 juin.

 

Formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, Mounir Margoum débute son parcours de comédien dans Titus Andronicus de William Shakespeare mis en scène en 2003 par Lukas Hemleb et Les Sacrifiées de Laurent Gaudé par Jean-Louis Martinelli. Une longue collaboration se développe avec ce dernier qui comprend plus de six spectacles dont récemment, un seul en scène, Un homme sans titre d’après Xavier Leclerc.

Il travaille avec un grand nombre de metteurs et metteuses en scène, parmi lesquels, à plusieurs reprises, Arthur NauzycielNicolas StemannLaurent PellyCélie PautheJustine HeynemannChristophe Rauck, pour des spectacles présentés au Théâtre Nanterre-Amandiers, à l’Odéon Théâtre de l’Europe, dans la Cour d’honneur du palais des Papes, au Théâtre Vidy-Lausanne.

 

21 JUILLET 2026

 

 D'APRÈS DOSSIER DE PRESSE ET SITE DE LA STRUCTURE

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July 16, 11:28 AM
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Avignon Festival Off 2026 : coups de cœur, la suite - Une sélection par Hélène Kuttner (Artistik Rezo) 

Avignon Festival Off 2026 : coups de cœur, la suite - Une sélection par Hélène Kuttner (Artistik Rezo)  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Hélène Kuttner dans Artistik Rezo, publié le 14 juillet 2026

 

 

Une histoire d’amour passion entre une concierge d’un lycée et un enseignant, un serial killer échappé de prison, un Ubu étourdi de pouvoir et de haine, un couple réfrigéré par la domination masculine ou une résidence soumise à l’avancée inquiétante de la forêt environnante et des invisibles qui y habitent ? Notre petite sélection dans le Festival Off se poursuit, faites vos choix ! 

 

Tanto Poco

 

La comédienne Cécile Garcia-Fogel se glisse dans la peau d’une héroïne invisibilisée, une concierge en poste dans un lycée à Rome, qui soudain tombe passionnément amoureuse d’un jeune professeur de lettres. Ce qu’elle nous raconte, à la première personne, remonte à quarante ans. Aujourd’hui, la soixantaine encore fébrile, l’amoureuse reprend le fil de cette histoire incroyable, totalement platonique et secrète, qui a rempli sa vie entière. « Pourquoi m’attacher à ce garçon ? » s’interroge-t-elle, lorsque le jeune enseignant arrive pour son premier poste, sous la pluie et les cheveux trempés, son casque de scooter à la main. Elle ne fait que lui indiquer où se trouve sa salle de classe. « Dès cet instant, je me suis mise à l’aimer. » Cecile Garcia-Fogel, robe noire fluide et escarpins rétro, porte ce texte avec une délicatesse aristocratique, d’une totale simplicité et d’un naturel confondant. Elle parle et danse parfois, les chansons de Giovanna Marini, de Barbara et les comptines siciliennes emportent les cœurs avec une infinie tendresse.  La comédienne nous embarque dans cette histoire écrite par le romancier Marco Lodoli, professeur lui aussi, à la manière d’une magicienne : une vie rêvée comme un fantasme, une fidélité passionnelle à toute épreuve, une existence où le sentiment amoureux, même à sens unique, a permis à une femme d’exister, d’être présente au monde qui l’entoure. C’est magnifique.

Le 11. Avignon, 19h35 (relâches les vendredis)

 

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Ubu Roi

 

Jamais la pièce de Jarry, une farce grivoise qui fit scandale à sa création en 1886, ne fut autant jouée qu’aujourd’hui. Ubu inspire les artistes, car ses clones sont légion parmi les dictateurs sans vergogne du monde entier. Jean-Marie Galey, acteur et metteur en scène, s’empare du mythe burlesque en le transposant à l’époque actuelle, faisant de ce « cloporte » au ventre bedonnant un vieillard corrompu et féroce semblable à Donald Trump, la casquette MAGA vissée sur le crâne et le rire gargantuesque. Sa femme, jouée par Teresa Ovidio, lady Macbeth, se trémousse en l’insultant grossièrement, en robe disco et en semelles à étages. Dans une boite à jeu enfantine, ces deux-là rivalisent de méchanceté et de haine, diffusant la xénophobie, le repli sur soi et la haine de l’autre sur les réseaux sociaux et célébrant en fanfare et flatulences le pouvoir surdimensionnée de l’argent. Dans cet Ubu frénétique et déjanté, le Capitaine Bordure trempe sa flagornerie stupide dans un nuage de cocaïne, le Csar de toutes les Russies, alter ego de Ras(Poutine), chasse l’ours blanc en chantant Nathalie sur la place rouge avec Gilbert Bécaud et son fils Bougrelas, geek surdoué de la toile, manipule les fake news en se défoulant comme un ado sur Fortnite. Les scènes s’enchaînent, le père de Macbeth apparaît en se trompant d’acte, les acteurs rivalisent de malice et l’esprit frondeur, enfantin et provocant de Jarry est revivifié ici grâce à cette adaptation caustique. On rit jaune !

 

Théâtre du Chêne Noir, 14h15 (relâches les lundis)

 

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Cold Cuts

 

Nous sommes dans une cuisine. Ian, le mari, est assis à la table et semble préoccupé. Molly, debout et dans un état de sidération muette, est collée au réfrigérateur. Qu’a-t-elle fait pour mettre Ian dans une colère si froide ? Que lui reproche-t-il, alors qu’il l’interroge sans jamais expliquer la faute qu’elle a commise ? Dans ce dialogue vertigineux, époustouflant de vérité et de précision, l’Ecossaise Linda McLean décrit la progression et les étapes de l’emprise masculine, la domination totale, traversée d’éclats de séduction, que le mari impose en permanence à son épouse. Dans cet interrogatoire où la victime ne peut plus rien dire, le bourreau ne cesse de s’inventer des raisons de l’écraser, l’époux faisant de sa femme un objet sans vie à la merci de violences et et d’humiliation. Amandine du Rivau et Régis Lux interprètent ces deux conjoints, dans une mise en scène au cordeau, limpide comme une eau qui glace. Les scènes courtes s’enchaînent et le comédien passe d’un personnage à l’autre, le grand fils, le médecin que Molly consulte finalement, le psychothérapeute qui recueille sa parole et ses silences. Aucune violence physique n’apparait sur le plateau, mais la violence psychique, l’asservissement par le traumatisme sont sans cesse présents, grâce aux comédiens éblouissants. Lumineux et indispensable !

 

Le 11. Avignon, 10h45 (relâches les vendredis)


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La Clairière

 

Entre conte fantastique et dystopie inquiétante, voici La Clairière, fable extralucide signée Stéphane Jaubertie et mise en scène par Jérôme Wacquiez. Dans une scénographie lumineuse de vie et de couleurs, Luce et Pierre prennent le temps de savourer leur situation de jeunes retraités dans une résidence hautement sécurisée, au milieu d’une clairière bordée par une forêt. « On est du bon côté du soleil », roucoulent-ils, comme pour signifier leur satisfaction de propriétaires nantis. Leur fille habite un appartement voisin, les relations avec les autres copropriétaires sont cordiales. Mais un matin, plus de mur ! La protection bétonnée contre la forêt, immense et inquiétante, n’est plus garantie. Pire, le chien de Perrine, la jeune fille, a disparu. Dès lors, la panique saisit tout le monde, on alerte, on s’organise, on achète des armes. Pierre se met à parler en japonais, le fantôme d’une jeune soeur réapparait, un ouvrier slovaque semble opérer une mue végétale. Depuis Shakespeare et Tchekhov, de nombreux murs se sont érigés partout dans le monde et autour de nos lieux de vie. Grâce aux sept épatants comédiens de la Compagnie Les Lucioles, ces murs se fissurent, tombent, entraînant ainsi une nouvelle attention aux autres et au monde qui nous entoure. Les secrets explosent, les langues se délient, les regards se décillent. Drôle, étrange et insaisissable, c’est une comédie très réussie sur le besoin que nous avons d’abattre nos murs intérieurs.

 

La Factory, Théâtre de l’Oulle, 15h30 (relâches les jeudis)

 

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Roberto Zucco

C’est la dernière pièce de Jean-Marie Koltès, achevée quelques mois avant sa mort, en 1989. L’auteur à l’écriture prodigieuse y raconte la folle épopée d’un prisonnier, Roberto Zucco, tueur en série italien, qui s’échappe par le toit de sa prison, commet d’autres crimes, avant d’être rattrapé et capturé par la police. Belle gueule, serial killer effronté mais doux comme un agneau, le véritable Roberto Succo, qui fit la une scandaleuse des journaux de l’époque, fascina Koltès qui en dessina une figure tutélaire, identitaire et mythique. La jeune metteuse en scène Rose Noël s’en empare avec un immense talent, entraînant dans un espace ouvert au public, sans quatrième mur, une bande de comédiens et de musiciens habités. La première scène est exemplaire, où Roberto jeune prisonnier en fuite, beau comme un ange, déboule chez sa mère en train de plier du linge. Devant nous, comme chien et chat, à même la terre, deux êtres perdus s’agrippent l’un à l’autre, comme pour mieux se retrouver et se fuir. Au fond du plateau, un choeur musical, constitué de Natalia Bacalov, voix céleste et violoncelle, et Martin Sevrin, à la guitare et comme elle à la percussion. Ils chantent en italien et en calabrais, langue et musique irriguent avec une puissance magistrale le spectacle. Zucco le schizophrène, Zucco le démon pasolinien est interprété de manière fulgurante par un comédien acrobate, animal et magnétique, Axel Granberger, qui ne cesse de se suspendre aux murs, de fuir par les coursives ou de se fondre parmi le public, le visage ensanglanté. La dernière scène, véritable lion décharné dans une cage en suspension, est poignante. Mais il faudrait tous les citer, les acteurs de ce spectacle qui portent haut la prose magnifique et violente de Koltès : Laurence Côte (la mère), Suzanne Dauthieux (la gamine), Lola Blanchard (la grande sœur), Maxime Gleizes ou Thomas Rio (le grand frère), Simon Cohen et Akrem Hamdi (les policiers), alors que Rose Noël campe la dame élégante. Un spectacle qui fera date.

 

Théâtre du Girasole, 18h50 (relâche les mercredis)

 

Hélène Kuttner  / Artistik Rezo 

 

 

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July 4, 11:40 AM
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Carolina Bianchi, metteuse en scène : « Le théâtre a besoin d’être l’enfer et le chaos »

Carolina Bianchi, metteuse en scène : « Le théâtre a besoin d’être l’enfer et le chaos » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Propos recueillis par Joëlle Gayot dans Le Monde - Publié le 4 juillet 2026

 

L’artiste brésilienne livre au Festival d’Avignon le troisième épisode de sa trilogie, « Uma Luz Cordial », qui explore les rapports entre l’écriture et la sexualité.

 


Lire l'article sur le site du "Monde" 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/04/carolina-bianchi-metteuse-en-scene-le-theatre-a-besoin-d-etre-l-enfer-et-le-chaos_6720677_3246.html

 

 

Découverte au Festival d’Avignon en 2024, Carolina Bianchi, autrice, metteuse en scène et performeuse brésilienne, achève cet été dans la cité des Papes son exceptionnelle trilogie Cadela Força (« trilogie des chiennes ») consacrée, notamment, aux violences de genre. Après avoir abordé le viol (A Noiva e o Boa Noite Cinderela« la mariée et bonne nuit Cendrillon »), puis la place des femmes dans l’art (The Brotherhood – « la fraternité »), la directrice du collectif Cara de Cavalo crée Uma Luz Cordial (« une lumière cordiale »). Cet ultime volet se penche sur les relations complexes entre littérature et sexualité et sur les possibles de la fiction.

Vous auriez pu enchaîner les chapitres sur le thème des violences de genre. Pourquoi vous limiter à trois ?

L’idée d’imaginer une histoire sans fin me plaît. Mais je suis entrée dans la forêt sombre de la création en pressentant que le dernier temps de ma trilogie serait une plongée dans la question de l’écriture. Les deux premiers volets ont mis en évidence un besoin de conclure par la révélation du grand chaos qu’est l’écriture.

De quelle manière votre corps, très sollicité dans la trilogie, sera-t-il en jeu dans cette dernière partie ?

Ce corps disparaît du premier volet, puisque je prends la drogue du violeur et m’endors. Puis il se réveille, tel un fantôme, dans le deuxième, pour tenter de se situer dans une histoire de l’art. Dans la dernière partie, il explose de l’intérieur. Pour écrire et exister à part entière, il a besoin d’alter ego, c’est-à-dire d’écrivaines. La poétesse américaine Emily Dickinson et la romancière brésilienne Hilda Hilst, qui seront présentes à travers leurs textes, vont permettre à mon corps de vivre l’expérience de la création.

Que cherchez-vous dans leurs récits ?

Ils révèlent le potentiel de violence du processus de création. La poésie est une déflagration. Elle est illumination mais aussi descente dans les profondeurs. Dans le spectacle, je veux essayer de donner la parole à quelque chose qui n’a pas de forme en suscitant une double rencontre : avec l’écriture et la sexualité. Lorsqu’elle est objet de littérature, que provoque la sexualité dans notre imaginaire ? La sexualité est un phénomène complexe pour tout le monde. On se trompe si on pense la connaître. En s’y plongeant, certains écrivains côtoient le mal de près. Ils savent restituer des obscurités que nous ne parvenons pas à déceler. La littérature est puissante et cette puissance agissante m’émeut terriblement. Finir la trilogie en mettant un pied dans la fiction était fondamental. Les traces que je veux laisser, ce sont les seuls mots de la littérature.

Comment la littérature quitte-t-elle la page pour accéder à la scène ?

Dans cette dernière partie, la parole est le protagoniste. Sur le plateau, le corps tremble dans un frisson de mots. Il accueille des résidus d’autres pièces, des fragments, des brouillons, des carnets, des notes. Constitué d’histoires réelles ou fictives, d’écrivains vivants ou morts, de désirs, il devient une sorte de « décharge » de forces. C’est depuis cette « décharge » que je crée.

Ecrivez-vous dans l’onde de choc infinie qui semble avoir suivi le viol que vous avez subi ?

La violence ne me quittera jamais. La façon dont j’énonce ce problème va s’arrêter, mais le problème ne s’arrête pas. Je suis enfant de la violence. Elle est inscrite en moi. Je suis plongée dans sa nuit. Mais je ne suis pas seulement quelqu’un qui vient du viol. Je suis née au Brésil, je vis en Europe, je suis passionnée par la littérature et la poésie, passionnée par ce que le corps peut performer au théâtre. Je veux comprendre le processus de création à partir des traumatismes, mais aussi des expériences multiples du vivant. Je ne fais pas un spectacle pour raconter uniquement mon histoire mais toutes les histoires. Mon écriture n’est pas autobiographique. Pour reprendre une définition de l’écrivaine Clarice Lispector, elle est personnelle.

 

« Fuck Catharsis » était le mantra du premier chapitre de la trilogie. Le théâtre n’a donc, à vos yeux, pas la moindre fonction de réparation ou de consolation ?

Non, non et non ! Il n’est pas là pour ça. Le théâtre ne civilise rien, ne répare rien, ne soigne rien. Il est l’antithèse de la consolation ou la réparation. Il a besoin d’être l’enfer et le chaos. Il est le lieu d’une profonde instabilité à laquelle on doit se confronter. Il est là, parmi nous, pour déstabiliser nos âmes. La création nous met à une place transformatrice. Les mots ne sont pas neutres et cette dernière partie, qui sera la plus mystique et mystérieuse, sera probablement, aussi, la plus proche de la mort.

Sarah Kane, autrice anglaise que vous citiez dans « The Brotherhood », affirmait écrire pour les morts, ceux qui ne sont pas encore nés. Et vous ?

A-t-on besoin d’accepter d’être mort pour écrire ? Est-ce qu’écrire, c’est regarder ce qu’un mort peut voir ? « Remonter à la surface les yeux injectés de sang », comme le disait Melville ? J’ai l’impression que j’écris avec les morts et avec ceux qui ne sont pas encore nés.

Vous allez jouer, à deux reprises, l’intégrale de la trilogie. Vous resterez environ dix heures sur le plateau. Comment vous préparez-vous ?

Je me prépare depuis plusieurs années en essayant de comprendre comment va se comporter mon corps. Il y aura des conséquences dues au sommeil dont je suis la proie dans la première partie. Le deuxième volet, The Brotherhood, émergera d’une fatigue qui sera une forme de résurrection. Aujourd’hui, je suis prête à aller au bout de l’aventure en sachant que l’inconnu nous attend, moi, mon équipe, le public. J’ignore ce qui va se passer. Nous le découvrirons ensemble. C’est une expérience. Une fois que je l’aurai vécue, j’aurai les mots justes pour la décrire.

 

On vous compare souvent à l’artiste espagnole Angélica Liddell. Vous sentez-vous proche d’elle ?

Je l’admire. Elle est très importante dans ma vie comme dans celle de beaucoup d’autres. Je trouve beau le fait qu’on nous compare. Il y a encore quelques années, on isolait les créatrices en ne reconnaissant pas les dynamiques qui les connectaient. Penser la proximité d’artistes femmes entre elles est une façon de penser leur généalogie. Je peux me situer dans une lignée de performeuses ou d’écrivaines sans que ça altère la personnalité de mes propres travaux. Même si nous composons nos univers avec nos propres idées, nos outils, nos expériences, nous nous sentons moins seules lorsqu’un fil nous relie.

 

 

 

Uma Luz Cordial. Texte et mise en scène de Carolina Bianchi. Avec Rodrigo Andreolli, Larissa Ballarotti, Carolina Bianchi, Lucas Delfino, Joana Ferraz, Flow Kountouriotis, Fernanda Libman, Amanda Lyra, Danielli Mendes, Carolina Mendonça. Opéra Grand Avignon, les 4, 5, 6 juillet à 17 heures, le 7 juillet à 17 heures et 22 heures. Durée : 2 h 30.

 

Propos recueillis par Joëlle Gayot / Le Monde

 

Légende photo : 

Carolina Bianchi dans « The Brotherhood », deuxième volet de la trilogie, en 2025. MAYRA AZZI
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June 26, 3:09 AM
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Tout est calme dans les hauteurs — Sivadier offre à Bernhard le burlesque qu’il méritait peut-être - L'Autre Scène

Tout est calme dans les hauteurs — Sivadier offre à Bernhard le burlesque qu’il méritait peut-être - L'Autre Scène | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par David Rofé-Sarfati dans le blog L'autre Scène (.org), publié le 24 juin 2026

 

Sivadier met en scène Maître de Thomas Bernhard au Théâtre du Rond-Point avec un parti pris burlesque qu’on aurait pu craindre mais qui s’impose comme une évidence : derrière l’orgie de narcissisme du couple Meister, quelque chose résiste, quelque chose manque — et ce manque, c’est nous. Une fête du théâtre, portée par un quatuor de comédiens exceptionnels.

 

L’orgie du Maître

On se demandera si Thomas Bernhard se serait reconnu dans cette mise en scène. L’auteur autrichien, dont l’ironie au vitriol n’avait rien de la farce assumée, se serait peut-être interrogé sur ce parti pris résolument burlesque que Jean-François Sivadier impose à cette pièce de 1980 où un écrivain auto-proclamé génie tient salon dans les Préalpes bavaroises, entouré d’une épouse subjuguée, d’une doctorante terrorisée et d’un journaliste en posture de réceptacle. Bernhard fulminait, certes, mais dans la densité du ressassement, pas dans l’éclat de rire. Et pourtant. Devant le talent exceptionnel des comédiens réunis, la question se dissout. On adhère. On cède. On entre dans la fête.

 

Le narcissisme comme structure

Ce que Sivadier a compris — et que la distribution porte avec une jubilation contagieuse — c’est que le narcissisme bernhardien n’est pas seulement un trait de caractère mais une architecture. Moritz Meister n’est pas simplement vaniteux : il est la forme même de la vanité érigée en système du monde. Le flot verbal qui sature la scène, le catalogue d’assertions délirantes, les citations de Goethe convoquées entre deux bouchées, tout cela construit moins un personnage qu’une topologie — celle d’un ego qui ne peut se maintenir qu’en occupant l’espace intégral, en interdisant toute respiration à l’autre. Sivadier traduit cet enfermement par une scénographie de l’invasion : les comédiens colonisent la salle, descendent dans le public, rôdent parmi les spectateurs comme pour vérifier que nul n’échappe au magistère du maître. C’est la signature du metteur en scène, et elle sert ici parfaitement le propos.

 

L’absent qui tient tout

Derrière le narcissisme — et c’est là ce que la mise en scène laisse entrevoir avec subtilité ce qui tient du dispositif — il y a toujours un absent. Un Maître lointain, jamais nommé directement, et dont l’ombre structure l’ensemble. Dans le name dropping qui traverse la pièce de part en part, dans l’invocation compulsive des grands noms de la culture — Goethe, les poètes, les penseurs — se profile moins une communauté qu’un manque. Chaque référence est une béquille, chaque citation une prothèse identitaire. Et ce manque fondateur — qu’on lira comme la béance même sur quoi s’édifie tout complexe d’infériorité déguisé en complexe de supériorité — Bernhard le raconte de l’intérieur même: le spectre qui hante Moritz Meister est aussi le personnage que l’auteur lui-même a créé, un double inquiet de son propre rapport à la grandeur.

 

Bouchaud, la gourmandise du monstre

Nicolas Bouchaud joue Moritz Meister avec une gourmandise rare, presque obscène. Il habite ce personnage avec excès, et avec conscience de l’excès. Son jeu porte la tension propre à toute grande interprétation : être à la fois dedans et dehors, incarner le monstrueux tout en laissant filtrer ce fond de détresse qui rend le ridicule non risible mais pathétique. Norah Krief lui répond dans une partition d’une précision égale. Le quatuor de clowns tragiques — Bouchaud, Krief, Noaille, Bialek — transforme la soirée en événement.

 

L’absent, c’est nous

Sivadier a compris quelque chose de plus vertigineux encore : l’absent dont le narcissisme de Meister a besoin pour exister, pourrait bien être le spectateur lui-même. La salle reste éclairée plein feu une bonne partie du spectacle — choix radical, qui convoque chaque spectateur comme témoin et destinataire, comme objet du discours du maître. Les adresses au public sont constants, et Bouchaud ose même, à un moment, une improvisation qui fait vaciller la frontière entre le personnage et lui — entre la fiction du génie et la réalité du comédien qui se sait regardé.

Bernhard est là aussi : le public du Rond-Point, haut lieu de la bien-pensance parisienne, ce peuple à part convaincu d’avoir toujours raison, accepte d’être raillé pour ce qu’il est. La salle rit de Meister en feignant de ne pas voir que c’est d’elle-même qu’on rit. Bernhard n’aurait pas boudé ce plaisir.

Ce faisant, Sivadier nous offre quelque chose de rare et de précieux : le sentiment de compter. D’être important. D’être, pour une heure cinquante, la raison d’être de quelqu’un — fût-ce d’un monstre. Le merveilleux du théâtre est là aussi.

On sortira de Tout est calme dans les hauteurs ébranlé, secoué de rire et traversé d’inquiétude. Sivadier a pris un risque. Il a eu raison.

 

David Rofé-Sarfati -  lautrescene.org

 

Tout est calme dans les hauteurs — Maître | texte Thomas Bernhard | traduction Claude Porcell | mise en scène Jean-François Sivadier | avec Nicolas Bouchaud, Norah Krief, Frédéric Noaille, Juliette Bialek, Valérie de Champchesnel | Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris | jusqu’au 4 juillet 2026 | du mardi au vendredi 20h, samedi 19h, dimanche 15h

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Festival d’Avignon : des artistes plongent dans le chaos du monde

Festival d’Avignon : des artistes plongent dans le chaos du monde | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Joëlle Gayot dans Le Monde - Publié le 4 juillet 2026

 

 

Catastrophes intimes ou collectives, pollution, guerre : cette édition accueille plusieurs dramaturges inquiets face aux tragédies contemporaines.

 

 

Lire l'article sur le site du "Monde" : 

https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/04/festival-d-avignon-des-artistes-plongent-dans-le-chaos-du-monde_6720611_3246.html

Rébecca Chaillon a peur. De retour au Festival d’Avignon, trois ans après y avoir créé Carte noire nommée désir, l’autrice et performeuse n’a pas oublié les agressions racistes subies en 2023, lorsqu’elle avait été harcelée et menacée après la diffusion en ligne d’une photo de son spectacle la montrant en nounou noire promenant des poupons en plastique embrochés. « J’ai compris que ce n’était pas parce que les gens étaient amateurs de culture qu’ils étaient pour autant antiracistes ou antisexistes », dit-elle. Le temps a passé. Pas son angoisse qui, elle, a décuplé : « Les violences policières, les catastrophes naturelles, les discriminations, la grossophobie que j’ingurgite au quotidien… je me sens submergée. »

 

A Avignon, cet été, les dystopies ne seront pas d’actualité. Inutile de projeter le public dans l’avenir. Le futur est devenu le présent. Ce présent anxiogène, lesté par le poids d’un passé coupable, s’éprouve en temps réel. Hier, aujourd’hui, demain : les temporalités se sont amalgamées pour former un chaos que tentent de décrypter la plupart des spectacles programmés.

 

Rébecca Chaillon revient dans la cité des Papes avec La Parabole du seum. Le mot vient de l’arabe (sèmm) et il veut dire « venin ». La créatrice a le seum. Sa vie, son art, tout en pâtit : « Ma co-metteuse en scène, Céline Champinot, m’a alertée : il faut du désir, de la jouissance et de la joie. » Mais comment éluder cette tristesse qui lui étreint le cœur ? « D’habitude, je parviens à introduire de la beauté et de l’humour. Cette fois, l’angoisse est persistante. Les génocides, les pollutions, les maladies, la colonisation du ciel par des milliardaires, c’est un vrai chaos qui se bagarre sur la scène. » Cette scène sera un lieu de combat. Investie par sept performeuses « grosses », « comme je le suis moi-même », ajoute l’artiste. Parce que « les communautés de personnes grosses, ça n’existe pas », et qu’il est temps de les faire apparaître. Rébecca Chaillon a le seum, mais pas au point de baisser les bras. Les stratégies de résistance, elle connaît. Les bulles de solidarité, elle pratique. Les processus de révolte, elle apprend. C’est cette force rageuse qu’elle injecte dans sa représentation.

 

Quelles formes donner aux catastrophes intimes et collectives qui sont, à petite, moyenne ou grande échelle, devenues notre pain quotidien ? Sur la cinquantaine d’artistes réunis par Tiago Rodrigues à Avignon, six veulent et vont en découdre avec un monde en vrac. Impossible de nier l’évidence : la tragédie n’est plus ce concept antique porté par des acteurs en toge dans des amphithéâtres de pierre. Elle est descendue de son Olympe pour s’immiscer dans les quotidiens. Polymorphe, universelle et transgénérationnelle, elle hante les salles de la cité des Papes.

Attirée par le pire

Rébecca Chaillon (40 ans), mais aussi Julien Gosselin (39 ans), Marion Siéfert (38 ans), Tiphaine Raffier (40 ans) vivent et travaillent en France. Daria Deflorian, italienne, est née en 1959 ; Christiane Jatahy, brésilienne, en 1968. Ce que ces créateurs ont en commun ? La peur, l’inquiétude, la colère. Ce qui les connecte les uns aux autres ? La quête de vérité.

 

« Si je ne peux pas faire un spectacle qui regarde le mal en face, alors je ne fais pas de spectacle » : c’est dans la prestigieuse Cour d’honneur du Palais des papes que le metteur en scène Julien Gosselin fixera l’ennemi dans le blanc des yeux. Adaptée d’un roman de Roberto Bolaño (Etoile distante, 1996, édition française Christian Bourgois, 2002), innervée par la furie poétique des vers de Lautréamont, sa pièce, Maldoror, descendra à la verticale vers le territoire des enfers. Le héros (c’est logique) est une figure du diable. Poète mais meurtrier. Il s’agit, raconte Roberto Bolaño, d’un écrivain qui a rallié, dans les années 1970, la cause armée de la dictature chilienne. « Je veux comprendre pourquoi un artiste chemine avec le mal tout au long de sa vie », explique Julien Gosselin.

En trois parties qui déplaceront physiquement le public, il mène l’enquête sur une littérature attirée par le pire. « Nous sommes dans un moment où il ne faut pas fuir la violence poétique. C’est grâce à elle qu’on pourra combattre la violence réelle », affirme-t-il.

Musclée par les vidéos tournées en direct, la Cour d’honneur sera l’espace d’une immersion géographique, sensorielle, émotionnelle et intellectuelle. De ses entrailles à sa voûte céleste, elle va s’offrir aux assauts de la cruauté et de la beauté. Un mélange explosif, manié avec précaution par un metteur en scène mélancolique mais qui exècre le nihilisme : « C’est ma limite. Penser que tout se vaut et ne croire à rien, c’est dégueulasse. Lorsque ça se produit sur scène, c’est irregardable. »

 

La tentation de détourner le regard saisira-t-elle le public face aux outrages de la mort que met en scène Tiphaine Raffier ? Son spectacle, L’Hors-présence, parle de la fin de vie. Une femme agonise. Comment lui parler et l’aider, sa dernière heure venue ? « Personne n’est préparé à ça », constate l’autrice, qui revendique la nature fictionnelle de son texte et se sert de la vidéo comme de l’œil d’un « voyeur ».

 

Tiphaine Raffier a fait un choix : sortir la fin de vie « de l’intimité et des expériences privées » pour la déplacer « dans le domaine public et la politiser ». Elle a dû prendre sur elle pour aborder, sans louvoyer, le sujet des soins palliatifs. Elle évolue sur le vif de douleurs partagées. C’est le mot « cancer », précise-t-elle, qui a été le plus difficile à écrire. « Il n’est pas poétique, il est même un peu sale, il représente notre rapport à la mort et à la maladie. A partir du moment où il est apparu dans la pièce, il prenait toute la place et on ne pouvait plus le cacher. » Elle le manipule avec tact dans un spectacle qu’elle qualifie de « dur » parce que « très précis et étayé de détails visuels et sensoriels ».

L’exactitude est son armure. Un corps qui expire, c’est un corps qui se dégrade. Le mourant, lui, est une « présence chimérique » dont on ne sait plus vraiment si elle est là ou pas. Vient un moment, conclut-elle, où le théâtre doit braver ses propres tabous pour « se taper la matière ». Tiphaine Raffier n’est pas là pour consoler l’assemblée. Elle monte au front, c’est courageux.

Saccage méthodique

Car il en faut, du cran, pour désigner les ombres qui tournoient dans le ciel et n’ont plus rien d’une métaphore. En juillet 2022, les Avignonnais s’en souviennent, une pluie de cendres avait noirci les pavés : un incendie ravageait la Montagnette toute proche.

Originaire d’un Brésil consumé par les flammes qui détruisent au fil des ans la forêt amazonienne, Christiane Jatahy est aux premières loges d’un saccage méthodique, organisé par la main cynique du profit. « Les Brésiliens dansent au bord d’un volcan, dit-elle. Nous avons vécu la dictature, nous sommes revenus en démocratie, mais nous avons compris que nous pouvions perdre notre pays. » Cette conscience du danger et de son imminence agite sa représentation. Sa pièce, Un procès, rebondit sur Un ennemi du peuple, œuvre visionnaire de Henrik Ibsen, pour en livrer une suite contemporaine et participative.

 

 

Dans son spectacle, Thomas Stockmann, héros exclu de sa communauté après avoir révélé la contamination des eaux d’une ville thermale, revient le temps d’un face-à-face avec un tribunal populaire. Incarné par le comédien Wagner Moura, le personnage plaide sa cause. Doit-il dire la vérité, sachant que celle-ci entraînerait la fermeture des thermes ? La question sera débattue, chaque jour, par un public de volontaires. « L’économie est-elle plus importante que la santé des gens ?, s’interroge Christiane Jatahy. L’urgence sanitaire et écologique, les bienfaits et les dégâts du tourisme, l’essor des fake news… toutes ces complexités seront développées. » L’ennemi du peuple sera jugé pour avoir énoncé les faits au détriment de la survie financière d’un village. Coupable ou non coupable ? Chacun votera anonymement. Et se déterminera en conscience.

 

 

Où placer le curseur entre intérêts privés et raison d’Etat ? A quel moment société et individus égarent-ils leurs boussoles humanistes et civiques ? Cette question, Marion Siéfert la pose (et y répond) dans Bunker, un texte coécrit avec Matthieu Bareyre.

Le PDG d’un grand groupe pétrochimique se fait greffer des implants cérébraux reliés à une intelligence artificielle (IA). Enfermé sous terre dans un bunker de luxe avec sa fille (mutique) et son neurochirurgien, l’homme dégringole de sa toute-puissance initiale à la dépossession de ses moyens lorsque l’IA affole ses neurones. En perdant son intégrité, il perd son identité. Cette chute est mise en scène dans un spectacle d’une lucidité décapante.

 

« La représentation s’ancre dans la réalité très tangible d’un présent que nous observons de manière fine, pour le tirer vers la fiction », analyse Marion Siéfert. A l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, l’artiste a en effet pu observer des opérations du cerveau permettant de lutter contre la maladie de Parkinson. Le présent qu’elle évoque pourrait être celui d’une recherche médicale régulée qui œuvre pour le meilleur. Un présent vertueux, mais menacé par les dérives de démiurges qui tentent d’hybrider l’humain à l’IA. C’est le projet mené par Elon Musk et ce n’est pas de la science-fiction. Marion Siéfert tape dans le mille et sa pièce a le goût des défaites. Comment pourrait-il en être autrement ?

Sens des responsabilités

L’éthique sera l’arbitre de l’ardente confrontation qu’engagent avec le monde les artistes invités cet été au Festival d’Avignon. L’éthique, comme un appel au sens des responsabilités individuelles et collectives. Une injonction à réagir avant qu’il ne soit trop tard. Face à un cerveau vampirisé par la machine, face à un ciel envahi de satellites, face à des mourants dépossédés de l’heure de leur mort, face à des cruautés travesties en beauté et des désirs harcelés par la peur, le théâtre se dresse. Ce n’est pas déprimant, c’est galvanisant.

 

Daria Deflorian l’a compris, elle qui a trouvé une alliée en la personne de l’écrivaine sud-coréenne Han Kang. Après avoir transposé à la scène son livre La Végétarienne (2007, édition française Le Serpent à plumes, 2015), l’artiste italienne crée Che dolore terribile è l’amore (en français, Quelle douleur terrible est l’amour), une adaptation du roman Impossibles adieux (2021, édition française Grasset, 2023). Pourquoi revenir, deux ans après, dans les pages de Han Kang ? Sans doute, analyse Daria Deflorian, parce que cette autrice a la « capacité de créer de l’espoir », même au plus fort de la douleur.

 

Prix Nobel de littérature 2024, la romancière a payé de sa personne pour écrire son récit : sept ans de travail pour rendre compte d’une plaie ouverte de l’histoire coréenne. Entre 1948 et 1949, l’île de Jeju, située à 85 kilomètres au sud de la péninsule coréenne, est devenue le site d’une répression meurtrière. Des dizaines de milliers d’opposants à la division du pays ont été tués par les militaires sud-coréens. C’est ce massacre dont témoigne Han Kang dans un livre où se ressent, poursuit Daria Deflorian, « la souffrance de l’écriture elle-même ».

 

Si la metteuse en scène italienne ne donne rien à voir (son dispositif scénique est d’une simplicité radicale), elle fait tout entendre. Comment le passé est un traumatisme qui se transmet de génération en génération, comment il faut convoquer « les fantômes pour que souffrances et cauchemars puissent changer de couleur ». Comment les mots, enfin, chez Han Kang, « ne guérissent pas mais parviennent un peu à soigner ».

 

Daria Deflorian est une humaniste : elle croit aux lucioles qui brillent dans l’obscurité, aux petits gestes qui bravent les solitudes. Et aux imaginations qui reconstruisent, la nuit venue, ce que le réel a détruit. Daria Deflorian est une artiste : elle sait que les nuits appartiennent au théâtre.

 

 

« La Parabole du seum ». Texte de Rébecca Chaillon, mise en scène de Rébecca Chaillon et Céline Champinot. Avec Yanis Boulahia, Hassan Gourniz, Loulie Houmed, Camille Léon-Fucien, Nabila Mekkid, Julie Teuf, Living Smile Vidya. Cloître des Célestins, les 4, 5, 6, 8, 9, 10, 11 et 12 juillet à 22 heures. Durée : 2 h 30.

 

 

« Maldoror ». Adaptation et mise en scène de Julien Gosselin, d’après Roberto Bolaño et Lautréamont. Avec Guillaume Bachelé, Rita Benmannana, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Carine Goron, Jeremy Lewin, Jeanne Louis-Calixte, Cyril Metzger, Victoria Quesnel, Achille Reggiani, Lucile Rose, Maxence Vandevelde. Cour d’honneur du Palais des papes, les 4, 5, 6, 8, 9, 10, 11 et 12 juillet à 22 heures. Durée : 5 heures.

 

 

« L’Hors-présence ou Chimères du pays de Morsan ». Texte et mise en scène de Tiphaine Raffier. Avec Emma Bolcato, Teddy Chawa, Thomas Gonzalez, Paula Luna, Edith Mérieau, Catherine Mestoussis, Thierry Paret, Adrien Rouyard. La FabricA, les 4, 5, 7, 8, 9 et 10 juillet à 11 heures. Durée : 2 h 30.

 

 

« Un procès. Après l’ennemi du peuple », texte de Christiane Jatahy, Wagner Moura et Lucas Paraizo d’après « Un ennemi du peuple », de Henrik Ibsen, mis en scène par Christiane Jatahy. Avec Julia Bernat, Danilo Grangheia, Wagner Moura. Gymnase du lycée Aubanel, les 11, 12, 14, 16, 17, 19, 21 et 22 juillet à 18 heures, les 15 et 20 juillet à 18 heures et 22 heures. Durée : 2 h 15.

« Bunker ». Texte de Matthieu Bareyre et Marion Siéfert, mise en scène de Marion Siéfert. Avec Janice Bieleu, Monica Budde, Lorenzo Lefebvre, Charles-Henri Wolff. La FabricA, les 19 et 20 juillet à 18 heures, les 21, 23, 24 et 25 juillet à 11 heures. Durée : 2 h 30.

 

 

« Che dolore terribile è l’amore ». Dramaturgie et mise en scène de Daria Deflorian, d’après Han Kang. Avec Anna Coppola, Daria Deflorian, Monica Piseddu. Cloître des Carmes, les 13, 14, 15, 16, 17 et 18 juillet à 22 heures. Durée : 1 h 30.

 

Joëlle Gayot / LE MONDE

 

Légende photo : La comédienne Living Smile Vidya dans « La Parabole du seum », mis en scène par Rébecca Chaillon, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), en 2026. MARIKEL LAHANA

 

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Thomas Jolly et Laëtitia Guédon nommés à la direction du TNP de Villeurbanne

Thomas Jolly et Laëtitia Guédon nommés à la direction du TNP de Villeurbanne | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans Sceneweb, le 1er juillet 2026

 

Désignés par les tutelles, Laëtitia Guédon et Thomas Jolly prendront leurs fonctions à la tête du TNP de Villeurbanne en janvier 2027, succédant à Jean Bellorini, qui rejoint la direction du Théâtre de Carouge, à Genève.

Catherine Pégard, ministre de la Culture, en plein accord avec Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne, Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon, et Fabrice Pannekoucke, président du Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, a donné son agrément à la proposition du jury de nommer Laëtitia Guédon et Thomas Jolly à la direction du Théâtre National Populaire, Centre Dramatique National de Villeurbanne.

Leur projet, intitulé Monde Ouvert, souhaite s’inscrire dans l’héritage de cette grande maison de production internationale. Il s’articule autour de quatre créations « phares » présentées chaque saison et déclinées en écosystèmes artistiques associant médiation, rencontres, formes satellites et partenariats. En binôme pour le TNP, ce duo propose également une vision ambitieuse des ateliers comme outils de production, de formation et d’insertion professionnelle, ainsi qu’une volonté d’élargir les publics grâce à une multiplicité de formats. Monde Ouvert a été conçu pour répondre aux enjeux d’un théâtre populaire contemporain.


Photo Anthony Dorfmann
Comédien et metteur en scène né à Rouen au début des années 1980, Thomas Jolly commence le théâtre dès 1993 en côtoyant notamment, en tant que lycéen, des comédiens du Théâtre des deux rives Centre dramatique régional de Haute-Normandie. Il parfait ensuite sa formation scénique avec Olivier Lopez, Jean-Pierre Dupuy, René Pareja parallèlement à une licence d’études théâtrales.

En 2003, il entre à l’École Nationale Supérieure d’art dramatique du Théâtre National de Bretagne à Rennes alors dirigée par Stanislas Nordey et travaille ainsi sous la direction de Jean-François Sivadier, Claude Régy, Bruno Meyssat, Marie Vayssière, Anton Kouznetsov… C’est durant cette formation que les metteurs en scène Cédric Gourmelon et Stanislas Nordey l’engagent au sein de leurs spectacles Splendid’s de Jean Genet et Peanuts de Fausto Paravidino. À l’issue de sa formation, il fonde sa compagnie en Normandie : La Piccola Familia.

Il met en scène Arlequin poli par l’amour de Marivaux en 2006 (repris en 2011 puis recréé en 2014 en russe, pour entrer au répertoire du Gogol Center de Moscou), Toâ de Sacha Guitry en 2009 (Prix du public, Festival Impatience, Odéon – Théâtre de l’Europe) ou encore Piscine (pas d’eau) de Mark Ravenhill. Parallèlement, avec le Trident – Scène nationale de Cherbourg-Octeville, Thomas Jolly crée un spectacle déambulatoire : Une nuit chez les Ravalet et deux spectacles-concerts avec l’ensemble baroque Les Cyclopes : Pontormo en 2008 et Musica Poetica en 2011.

De 2010 à 2014, il fait événement avec Henry VI de William Shakespeare : une trilogie découpée en quatre épisodes pour un spectacle-fleuve de dix-huit heures donné en intégralité lors du Festival d’Avignon 2014. Henry VI reçoit différentes récompenses : Prix Beaumar- chais – Le Figaro 2014, le Grand Prix de l’association pro- fessionnelle de la Critique et le Molière 2015 de la mise en scène. Soucieux du lien avec les différents publics, Thomas Jolly crée en miroir d’Henry VI une version (très) courte : H6m2 qui sillonne le territoire. La trilogie shakespearienne se conclut en 2015 avec Richard III qu’il met en scène et interprète. Cette création bénéficie elle aussi de son satellite conçu par l’artiste : une installation interactive intitulée R3m3.

Il conçoit pour le Festival d’Avignon 2016 Le Ciel, la Nuit et la Pierre glorieuse, un feuilleton théâtral en plein air retraçant l’histoire du festival en seize épisodes et conçoit avec l’auteur Damien Gabriac Les Chroniques du Festival d’Avignon, programme court diffusé sur France Télévisions. Dans cette même édition du festival, il met également en scène Le Radeau de la Méduse de Georg Kaiser avec les élèves de l’École supérieure d’art dramatique de Strasbourg. Sa création Thyeste de Sénèque ouvre la 72e édition du Festival d’Avignon en 2018 dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. Cette même année, il crée la mini-série télévisée Le Théâââtre diffusée sur France Télévisons.

À l’opéra, Thomas Jolly met en scène Eliogabalo de Cavalli à Garnier en 2016, Fantasio d’Offenbach à l’Opéra Comique – prix Beaumarchais SACD – en 2017 puis Macbeth Underworld, composé par Pascal Dusapin, à l’Opéra Royal de la Monnaie à Bruxelles en 2019. Avec Un Jardin de silence, c’est une création musicale d’une autre nature que Thomas Jolly crée en 2019 avec la chanteuse L (Raphaële Lannadère) et Babx autour de Barbara.

Depuis 2011, Thomas Jolly intervient en tant que pédagogue dans plusieurs conservatoires et Écoles Nationales Supérieures (TNB, TNS…). Il est également successivement artiste associé au Trident – Scène nationale Cherbourg-en-Cotentin, au TNB – Théâtre National de Bretagne, au TNS – Théâtre National de Strasbourg, au Grand T – Théâtre de Loire-Atlantique. Il a dirigé Le Quai Centre Dramatique National Angers Pays de la Loire de janvier 2020 à 2023. Au cœur d’une saison troublée par la crise sanitaire, il crée l’évènement « Quai l’Eté», et met en scène La Nuit de Madame Lucienne de Copi en juillet 2020. Acteur, il joue Xipharès dans la pièce Mithridate de Racine que met en scène Éric Vigner la même année.

En 2022, il crée Le Dragon d’Evgueni Schwartz et met en scène la tétralogie Henry VI + Richard III de William Shakespeare, un évènement hors normes de vingt-quatre heures présenté au Quai à Angers (juin 2022). Il est, par ailleurs, le metteur en scène choisit pour la recréation de la comédie musicale Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon à l’automne 2022 à la Seine Musicale. Il poursuit son travail sur l’œuvre de Shakespeare à travers la mise en scène de l’opéra de Gounod Roméo et Juliette, créé en juin 2023 à l’Opéra de Paris. Thomas Jolly a également été le directeur artistique des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques et Paralympiques – Paris 2024.

Laëtitia Guédon se forme à l’École du Studio d’Asnières en tant que comédienne, puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris en mise en scène. Riche d’un métissage singulier, elle est en quête d’une esthétique indisciplinée, où se mêlent en permanence les arts et en particulier le théâtre, la vidéo, la danse et la musique live.

Passionnée de transmission artistique et de pédagogie, elle met un point d’honneur à accompagner toutes ses créations d’actions artistiques liées aux enjeux du spectacle. Pendant plusieurs années, elle développe ainsi d’ambitieux projets à destination des publics en partenariat, avec le Théâtre de la Commune – CDN d’Aubervilliers, le Théâtre des Quartiers d’Ivry – CDN du Val-de-Marne et La Comédie de Caen – CDN de Normandie. Elle enseigne par ailleurs à l’Université Sorbonne Nouvelle, et est intervenue longtemps dans le cadre de Classes à Horaires Aménagés Théâtre (Collège Jean Vilar à La Courneuve) et en Option Théâtre (Lycée Le Corbusier d’Aubervilliers et Lycée Lamartine de Paris).

Elle fonde en 2006 la Compagnie 0,10, qui trouve son ancrage dans la création artistique, aussi bien que dans la transmission et le partage du processus de travail avec les publics. À ce titre, tous les spectacles de la compagnie s’accompagnent de projets d’actions artistiques innovants (s’opérant en amont de la création). Ces projets, sur-mesure, développés à destination de tous les publics (et particulièrement la jeunesse) infusent sur le territoire dans lequel se déroule la création, en partenariat avec des structures culturelles, associatives et éducatives. La compagnie est également particulièrement engagée dans la valorisation des écritures contemporaines. Ainsi, pour chaque création, une commande d’écriture est proposée à un auteur vivant. Kevin Keiss, Koffi Kwahulé, Marie Dilasser font partie des auteurices ayant collaboré avec la compagnie. Laurent Gaudé, Vanasay Kamphommala, Claudine Galéa, Nimmy Rafel (Inde) et Joséphine Serre prendront en charge l’écriture des cinq prochaines créations. Elle dirige de 2009 à 2014 le Festival au Féminin dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris.

En 2009, sa première création, Bintou de Koffi Kwahulé est en résidence au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis puis en création à la Chapelle du Verbe Incarné à Avignon, où il remporte le Prix de la Presse. Elle présente en 2010 et 2011 l’émission Pass Pass Théâtre sur Arte. En 2014, elle crée au Théâtre 13 à Paris, Troyennes – Les morts se moquent des beaux enterrements, traduit et adapté par Kevin Keiss d’après Euripide. En 2015, elle joue sous la direction de Serge Tranvouez dans une production de la Compagnie 0,10, Un dimanche au cachot d’après le roman de Patrick Chamoiseau (Théâtre des Quartiers d’Ivry, SN de la Guadeloupe et de la Martinique, Le Tarmac à Paris).

La même année, Élise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo, nommé directeur de La Comédie de Caen – CDN de Normandie, lui proposent de rejoindre leur collectif d’artistes associé·e·s. Elle y crée en 2017, SAMO. A tribute to Basquiat, un projet sur le peintre Jean-Michel Basquiat et retrouve la complicité de Koffi Kwahulé, à qui elle confie l’écriture du texte. Ce spectacle joue jusqu’en 2020 en tournée nationale : Théâtre des Quartiers d’Ivry, La Loge, Théâtre des Ilets – CDN de Montluçon, Théâtre de la Tempête…

En 2016, elle fonde Les Plateaux Sauvages, Fabrique Artistique et Culturelle de la Ville de Paris, où elle accompagne des artistes professionnel·le·s dans le développement de leur projet. Elle y dirige un projet au carrefour de la création professionnelle et de la transmission artistique, une pépinière de talents et un lieu de vie ouvert à tous les publics.

En 2018, la SACD lui confie pour le Festival d’Avignon la mise en scène des Intrépides Basta ! avec les autrices Céline Millat-Baumgartner, Natacha de Ponchara, Marine Bachelot NGuyen, Latifah Djerbi, Isabelle Wéry et Marie Dilasser, présenté au Conservatoire d’Avignon, aux Plateaux Sauvages et au Grütli à Genève. En 2021, elle conçoit et met en scène pour la 75e édition du Festival d’Avignon, le spectacle Penthésilé.e.s – Amazonomachie sur la célèbre reine des Amazones, dont elle confie l’écriture à Marie Dilasser.

En 2023, elle met en scène Même si le monde meurt avec les jeunes acteurices de l’Atelier Cité du Théâtre de la Cité – CDN de Toulouse Occitanie, dont elle a commandé l’écriture à Laurent Gaudé. Elle imagine également Violetta.s, une petite forme de La Traviata de Verdi, un projet commandé par l’Opéra National de Lorraine mettant en jeu des professionnel·le·s et des amateurices.
Elle participe aussi à Héros, un projet international en partenariat avec l’Ensatt de Lyon et l’Adishakti Theater de Pondichéry qui mettra en lien L’Iliade et La Bhagavad-Gîtâ.

En 2024, elle crée à la Comédie Française Trois fois Ulysse, autour de trois épisodes de L’Odyssée, dont elle a commandé l’écriture à Claudine Galéa.

 

1 JUILLET 2026 D'APRÈS DOSSIER DE PRESSE ET SITE DE LA STRUCTURE - Publié par Sceneweb

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June 25, 11:00 AM
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À Bobigny, habitants et artistes réinventent un café disparu le temps d’un spectacle

À Bobigny, habitants et artistes réinventent un café disparu le temps d’un spectacle | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par le Figaro avec AFP - Publié le 23 juin 2026

 

 

 

La Maison de la culture de Seine-Saint-Denis Bobigny donne Chez Samy, une création de Claire Lasne Darcueil qui s’inspire de micro-récits de vie.

 

La Maison de la culture de Seine-Saint-Denis Bobigny donne Chez Samy, une création de Claire Lasne Darcueil qui s’inspire de micro-récits de vie.

 

Sur la scène nationale MC93, la Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis Bobigny, voici qu'une cinquantaine d'enfants et d'adultes jouent ensemble avec jubilation dès mercredi 24 juin. Claire Lasne Darcueil, ancienne directrice du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, associe des dizaines d'amateurs à la création de Chez Samy, fable sur un café disparu et ode à la joie collective.

  •  

Domiciliée à Bobigny juste à côté de la Maison de la culture de Seine-Saint-Denis, Camélia est une collégienne de dix ans ; Younes, conseiller retraite, a 50 ans ; Lily, entrée seulement l'an dernier dans ce théâtre pour la première fois, en a 73... Après une première réunion publique en octobre, tous ont rejoint la troupe éphémère formée de 43 amatrices et amateurs, une comédienne et un comédien, trois chanteuses lyriques, deux danseurs et un pianiste.

« Je les ai d'abord vus 12 jours depuis novembre, puis 12 pour finir le spectacle... Heureusement qu'on s'est trouvés tout de suite ! », dit en marge des répétitions la metteuse en scène Claire Lasne Darcueil.

Des trajectoires personnelles intégrées au récit

L'autrice de 60 ans, qui aura « passé presque toute sa vie à monter Tchekhov », adore les premiers actes qui présentent les personnages sur scène, les uns après les autres. La pièce qu'elle a d'abord écrite avec « son imagination d'enfant », s'est ensuite nourrie des micro-récits de vie recueillis auprès d'habitants.

 

La création, qu'elle cosigne avec le chorégraphe Feroz Saboulamide et qui se joue du 24 au 28 juin, se centre sur les tenanciers d'un café, Samy et Samir. « Un couple qui s'aimait de manière un peu solaire et ne s'engueulait jamais sauf sur un point: l'heure, le jour et le lieu où ils s'étaient rencontrés », résume-t-elle. Le spectateur ne les connaîtra qu'à travers les évocations qu'en feront les membres de leur grande famille, biologique et amicale, jouant et rejouant le scénario de la rencontre.

 

 

Dans la lumière bleutée du plateau, en répétitions, Alima et Yann s'approprient, timidement d'abord, la scène du coup de foudre en discothèque, sur l'air groove disco-funk de September, puis pas à pas, l'un vers l'autre, accompagnés par la soprano Calliopée Perrot.

L'amatrice au centre, c'est Alima Sacko, 45 ans. Elle dit s'être sentie accueillie comme elle est, avec ses Doc Martens, ses habits, invariablement noirs (« les costumières ont respecté ça ») et les doutes générés par ses « gros problèmes neurologiques »... 

 

« Normalement, plus il y a de monde, plus j'ai un sentiment d'étrangeté, mais ici je ne l'ai pas », confie à l'AFP cette Balbynienne éloquente, pour qui danser sur scène, filmée en gros plan, constituait « un vrai défi ».

Une pièce habitée par les blessures d’un « pays en guerre »

Le danseur palestinien Bashar Albelbeisi a rejoint la distribution, près d'un an après avoir été grièvement blessé à Gaza dans le bombardement meurtrier du café Al-Baqa. Lui revient le rôle d'« une personne qu'on essaie de sauver d'un pays en guerre» . Il « pose le pied par terre depuis très peu de temps », mentionne Claire Lasne Darcueil. Trentenaire sorti d'un long coma après avoir subi «une agression raciste» en Espagne en 2023, l'amateur Zakaria Labidi endosse son propre rôle: « Tout est vrai », dit-il à l'AFP, l'élocution entravée par des séquelles cérébrales.

 

Il lève le doigt pour prendre la parole en répétition: « Claire, il faut tourner la chose en étant euphoriques parce que je suis en vie ! »« Mais si on raconte la chose en étant morts de rire, ça ne passera pas, non ? », s'interroge-t-elle. Finalement, « Zak » dira sobrement sa phrase clef: « Vous n'allez pas faire la gueule toute ma deuxième vie ».

 

Le travail corporel préparatoire a été guidé par le danseur Feroz Sahoulamide, « tellement doué qu'il arrive à nous faire bouger d'abord une phalange jusqu'à ce qu'on finisse quasiment démantibulés à faire du smurf », admire Luc Costenoble, retraité de la RATP, « pas à l'aise » avec son corps au départ.

 

La directrice de la MC93, Hortense Archambault, se dit « frappée par la douceur » de cette création. Un des projets au long cours qu'elle aime fomenter, créant des liens durables entre des personnes et le théâtre public.

 

Répétant la scène de la fête d'anniversaire, Clémentine, 13 ans, est d'autant plus à l'aise entre ces murs qu'elle s'y est déjà impliqués dans un autre projet avec des enfants de Bobigny, «la petite troupe». L'adolescente résume d'une phrase l'effet que lui fait Chez Samy « Je n'aurais pas cru qu'avec autant de personnes on puisse être autant connecté ».

 

Légende photo : La pièce Chez Samy, fable sur un café disparu, se nourrit des micro-récits de vie recueillis auprès d’habitants. LUDOVIC MARIN / AFP

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June 24, 2:48 PM
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Avignon off 2026 - Une sélection de spectacles, par Alain Neddam 

Avignon off 2026 - Une sélection de spectacles, par Alain Neddam  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

 

Important : cette sélection de spectacles est forcément subjective et incomplète. Elle se base sur une expérience personnelle de spectateur, comporte – nécessairement - des oublis et ne porte pas de jugement sur des artistes, des projets qui auraient échappé à ma vigilance. Mise à jour au 24/06/26

 

Cette sélection est un simple outil offert gratuitement aux professionnels présents à Avignon et aux festivaliers. Les artistes et les compagnies mentionnés ne doivent pas en faire état dans leur communication. Les compagnies et spectacles non mentionnés m'excuseront par avance de ne pas les connaître ou d'avoir oublié de les citer.

 

 

1 - Spectacles vus et aimés

 

 

 

10H00

10h15 Le Train bleu du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

FORCENES, de Philippe Bordas, mise en scène Jacques Vincey

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8106-forcens

https://www.envotrecompagnie.fr/accompagnement-administration-production/jacques-vincey/forcen%C3%A9s/

 

 

 

10h15 Le 11 du 6 au 23 juillet (sauf les 10 et 17)

L'ART D'ETRE MON PERE de et par Julie Timmermann

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8666-l-art-d-tre-mon-pre

https://www.idiomecanictheatre.com/l-art-d-etre-mon-pere

 

 

11h00

11h05 Le Train Bleu (du 4 au 23 sauf 10 et 17)

LE PROJET BARTHES, cours de R. Barthes, mise en scène Sylvain Maurice, avec Vincent Dissez

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9077-le-projet-barthes

https://sylvainmaurice.fr/spectacles/le-projet-barthes

 

 

 

11h15 Présence Pasteur du 4 au 25 juillet (sauf les 9, 16 et 23)

J'AI SAIGNE de Blaise Cendrars, par Jean-Yves Ruf, mise en scène J-Chr. Cochard

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9336-j-ai-saign

https://www.journal-laterrasse.fr/jean-yves-ruf-porte-a-la-scene-jai-saigne-de-blaise-cendrars-un-temoignage-douloureux-de-la-premiere-guerre-mondiale/

https://www.youtube.com/watch?v=ccz__msqi5k

 

 

11h30 Le 11 – du 6 au 23 (sauf les 10 et 17)

[poíēsis] de Florian Goetz et Jérémie Sonntag

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8243-posis

https://sceneweb.fr/poiesis-florian-goetz-jordan-sajous-jeremie-sonntag/

 

11h30 La Factory - les, 3, 5, 7, 10, 12, 14, 17, 19, 21 et 24 juillet

DANS TES REVES de et par Mathieu Lemeunier, mise en scène Alexandre Philip

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8122-dans-tes-rves

https://www.grandioseetordinaire.fr/artistes/dans-tes-reves/

 

 

11h35 La Manufacture du 4 au 12 juillet (sauf le 9)

AU BON PASTEUR (Peines mineures) de Sonia Chiambretto, mise en scène Marcial di Fonzo Bo

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8818-au-bon-pasteur-peines-mineures-2

https://sceneweb.fr/ines-quaireau-dans-au-bon-pasteur-peines-mineurs-2-de-sonia-chiambretto/

https://vimeo.com/1182913352

 

 

11h55 Théâtre des Carmes du 4 au 25 juillet (sauf le 8, 15 et 22)

HCHOUMA BLUES texte et mise en scène Hicham Boutahar 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9902-hchouma-blues

https://www.youtube.com/watch?v=PUU9aCEDseQ

https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/12/05/avec-hchouma-blues-hicham-boutahar-place-les-violences-policieres-au-c-ur-de-son-amphitheatre-politique_6656141_3246.html

 

12H00

 

12h30 Théâtre du Chêne Noir du 4 au 25 juillet (sauf les 6, 13 et 20)

LE CONTE D'HIVER, de W. Shakespeare, nouvelle traduction de Clément Camar-Mercier,

mise en scène Sandrine Anglade

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8233-le-conte-d-hiver

 

12h35 Le Train Bleu, du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

NOS ASSEMBLEES d'Elise Chatauret et Thomas Pondevie

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8748-nos-assembles

https://sceneweb.fr/nos-assemblees-delise-chatauret-thomas-pondevie/

 

 

12h40 La Manufacture, du 4 au 21 juillet (sauf 9 et 16)

5 SECONDES de Catherine Benhamou, mise en scène Hélène Soulié

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9523-5-secondes

https://sceneweb.fr/maxime-taffanel-dans-5-secondes-de-catherine-benhamou-une-mise-en-scene-dhelen/

 

 

 

13h00

14h00

14H00 Théâtre Transversal du 4 au 25 juillet (sauf les 8, 15 et 22)

KATSUJIN KEN Le sabre qui donne la vie, conception Stéphane Facco et Yan Allegret

(ancien titre : SOLO ARTS MARTIAUX)

Direction d’acteur Stéphane Facco - Jeu Yan Allegret

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9617-katsujin-ken-le-sabre-qui-donne-la-vie

https://unfauteuilpourlorchestre.com/solo-arts-martiaux-texte-et-mise-en-scene-de-yan-allegret-au-theatre-de-belleville/

 

14h20 Le Train Bleu - du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

DOLEANCES (La Fable de l'écoute), mise en scène Stanislas Roquette

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9426-dolances

https://www.journal-laterrasse.fr/stanislas-roquette-adapte-et-met-en-scene-les-cahiers-de-doleances-du-grand-debat-national-de-2019-avec-doleances/

 

14h40 Reine blanche du 4 au 22 (sauf 9 et 16)

L'AFFAIRE ROSALIND FRANKLIN d'Elisabeth Bouchaud, mise en scène Julie Timmerman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8861-l-affaire-rosalind-franklin

 

 

14h45 Le Train Bleu du 5 au 23 juillet (jours impairs)

GARCON FIEVRE de Jeanne Lazar et Timothée Lerolle

https://theatredutrainbleu.fr/festival-2026/garcon-fievre/

https://www.journal-laterrasse.fr/dans-garcon-fievre-jeanne-lazar-et-timothee-lerolle-interrogent-la-nature-de-la-passion-en-racontant-les-annees-sida-dapres-un-entretien-avec-tim-joanny-madesclaire/

 

15h00

15h05 Le 11 du 4 au 23 (sauf les 10 et 17)

MAINTENANT JE N'ECRIS PLUS QU'EN FRANCAIS, de et par Viktor Kyrylov

https://www.11avignon.com/fr/maintenant-je-necris-plus-quen-francais

https://mlascene-blog-theatre.fr/critiques/theatre/critique-maintenant-je-necris-plus-quen-francais-viktor-kyrylov/

 

 

16h00

16h20 Reine blanche du 4 au 22 (sauf 9 et 16)

LA DECOUVREUSE OUBLIEE d'Elisabeth Bouchaud, mise en scène Julie Timmerman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8860-la-dcouvreuse-oublie

https://sceneweb.fr/marie-christine-barrault-dans-la-decouvreuse-oubliee-delisabeth-bouchaud/

 

16h40  Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15, 22)

Là PERSONNE, de et par Geoffrey Rouge-Carrassat

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9559-l-personne

https://coupsdoeil.fr/2025/12/la-personne-geoffrey-rouge-carrassat-critique/

 

16h50  Train Bleu (au jardin de l'ancien Carmel) du 5 au 23 juillet (sauf 8, 15, 22)

SILLAGES de Léo Ricordel et Quentin Beaufils (cirque de création)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9431-sillages

https://www.journal-laterrasse.fr/sillages-de-leo-ricordel-et-quentin-beaufils-croise-documentaire-musique-cirque-danse-theatre/

 

17h00

17h45 La Manufacture du 4 au 29 juillet (sauf les 9 et 16)

QUAND ON DORT ON N'A PAS FAIM de et par Anthony Martine

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8548-quand-on-dort-on-n-a-pas-faim

https://sceneweb.fr/anthony-martine-dans-quand-on-dort-on-na-pas-faim/

 

18h00

18H00 Reine Blanche du 4 au 22 juillet (sauf 9 et 16)

ENQUETE DE FAMILLE d'après Jacques Attali, mise en scène Elisabeth Bouchaud et Benoit di Marco

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8858-enqute-de-famille

https://www.reineblanche.com/calendrier/avignon/enquete-de-famille

 

 

19h00

19h10 Reine Blanche du 4 au 22 juillet (sauf 9 et 16)

LA TRILOGIE DU TROISIEME TYPE (trois spectacles de et par Mickaël Délis)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9010-la-trilogie-du-troisime-type

https://sceneweb.fr/les-paillettes-de-leur-vie-ou-la-paix-demenage-de-mickael-delis/

 

20h00

20H25 Le Train Bleu du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

NOTRE HISTOIRE (se répète) de Jana Klein, mise en scène et jeu Jana Klein et Stéphane Schoukroun

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9671-notre-histoire-se-rpte

https://s-vrai.com/spectacles/notre-histoire-se-repete/

 

 

20h50 Le 11 du 4 au 23 juillet (sauf les 10 et 17)

BARBARA (PAR BARBARA) d'après les entretiens de Barbara, par Marie-Sophie Ferdane,

mise en scène Emmanuel Noblet

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8110-barbara-par-barbara

https://www.journal-laterrasse.fr/emmanuel-noblet-dirige-marie-sophie-ferdane-et-olivier-marguerit-dans-barbara-par-barbara-un-petit-bijou/

 

 

20h50 Théâtre Transversal du 4 au 24 juillet (sauf 8 et 22) Jours pairs

ET SI JE N'AVAIS JAMAIS RENCONTRE JACQUES HIGELIN, écriture Zoon Besse et Guillaume Barbot

Mise en scène Guillaume Barbot

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8709-et-si-je-n-avais-jamais-rencontr-jacques-higelin

https://www.journal-laterrasse.fr/et-si-je-navais-jamais-rencontre-jacques-higelin-un-temoignage-intime-du-comedien-zoon-besse-accompagne-par-la-poesie-de-guillaume-barbot/

 

 

20h50 Théâtre Transversal du 5 au 25 juillet (sauf le 15) Jours impairs

ON A FORT MAL DORMI, d'après le livre de Patrick Declerck

Mise en scène Guillaume Barbot

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8708-on-a-fort-mal-dormi

https://www.journal-laterrasse.fr/on-a-fort-mal-dormi-2/

 

 

 

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Avignon Off 2026 - Sélection AN

Pas encore vu mais intéressant, inscrit sur mon programme

 

 

 

10H00

10h00 Le Train Bleu (Salle Maif par navette du théâtre) du 4 au 23 juillet sauf les 5, 12 et 19

REQUIN VELOURS texte et mise en scène Gaëlle Axelbrun

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8765-requin-velours

https://www.journal-laterrasse.fr/requin-velours-de-la-jeune-autrice-et-metteuse-en-scene-gaelle-axelbrun-une-revelation/

 

 

10h00 Le 11 du 4 au 23 juillet sauf les10 et 17

SPIRITUEUX de et par Laurent Cazanave, mise en scène Audrey Bertrand et Laurent Cazanave

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9292-spiritueux

https://www.journal-laterrasse.fr/avec-spiritueux-laurent-cazanave-aborde-sans-didactisme-un-sujet-essentiel-lalcool/

 

 

10h00 La Scala Provence du 4 au 25 (sauf le 6, 13 et 20)

LE TARTUFFE de Molière, par le Nouveau Théâtre populaire, mise en scène Léo Cohen – Paperman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8449-le-tartuffe

https://nouveautheatrepopulaire.fr/le-tartuffe/

 

 

 

10h30 La Manufacture (du 4 au 21 juillet, sauf les 9 et 16)

LES AVEUGLES de Maeterlinck, spectacle en réalité virtuelle de Julien Dubuc

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9577-les-aveugles

https://www.youtube.com/watch?v=UGLzVY3RTFs

 

 

11h00

11h00 Le Train Bleu du 5 au 23, jours impairs

SOPRANE de David Gauchard

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9482-soprane

https://www.youtube.com/shorts/nKzB7xYN468

 

 

12H00

 

12h35 Le Train Bleu du 4 au 22 juillet (jours pairs)

FAKE de Claudine Galéa, mise en scène Emilie Lafarge

https://theatredutrainbleu.fr/festival-2026/fake/

https://www.tnn.fr/fr/spectacles/saison-2025-2026/fake

 

13h00

 

13H50 La Scala Provence du 4 au 25 juillet (sauf les 6, 13 et 20)

PEU IMPORTE de Marius von Mayenburg, mise en scène Robin Ormond

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8181-peu-importe

https://lascala-provence.fr/programmation/peu-importe/

 

 

14h00

 

14h00 le 11 - du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

ALIF texte et mise en scène Abdelwaheb Sefsaf

https://www.11avignon.com/programmation/alif

https://coupsdoeil.fr/2026/04/alif-abdelwaheb-sefsaf-critique/

 

 

 

14h30 au Totem du 7 au 23 juillet (sauf le 12 et 19)

IMMOBILE ET REBONDI de et par Betty Bone et Sylvère Lamotte ( jeune public à partir de 3 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8136-immobile-rebondi-2

https://www.cie-lamento.fr/portfolio/immobile-rebondi-1/

 

 

15h00

15h00 à la Chartreuse du 7 au 13 juillet

TEEN PLAY de Marcos Carames Blanco, mise en scène Nathalie Bensard (jeune public à partir de 10 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8330-teen-play

https://compagnielarousse.fr/teen-play/

 

16h00

17h00

18h00

18H00 - VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 9 au 21 juillet (sauf le 15)

PETIT QUELQU'UN de Catherine Monin, mise en scène Julien Duval (jeune public à partir de 8 ans)

https://www.festivalvilleneuveenscene.com/programmation/petit-quelquun/

https://lesyndicatdinitiative.fr/petit-quelquun

 

 

 

19h00

19h00 : Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15 et 22)

LE CLOWN COMME UN POEME, par François Cervantès et Catherine Germain

https://www.theatredeshalles.com/spectacles/le-clown-comme-un-poeme-2/

https://www.journal-laterrasse.fr/le-clown-comme-un-poeme-francois-cervantes-et-catherine-germain-interrogent-a-travers-la-figure-du-clown-arletti-le-role-de-lartiste-dans-ce-monde/

 

 

20h00

20H30 - VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 8 au 21 juillet (sauf les 12, 15, et 19)

OSTINATO, par la Cie Akoreacro (cirque de création)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9095-ostinato

 

 

21h00

22h00

22h00 VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 9 au 20 juillet (sauf le 15)

CARBONE DE Julien Duval, Carlos Martins et Bénédicte Simon, mise en scène Julien Duval

https://www.festivalvilleneuveenscene.com/programmation/carbone/

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9123-carbone

 

23h00

23H00 La Manufacture du 10 au 15 juillet

CHERE IJEAWELE, OU UN MANIFESTE POUR UNE EDUCATION FEMINISTE

Lecture musicale par Ludmilla Dabo

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/10044-chre-ijeawele-ou-un-manifeste-pour-une-ducation-fminist

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June 14, 4:39 PM
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Clément Hervieu-Léger : « Je crois à la force de la Comédie-Française, elle a pu tanguer mais elle n’a jamais sombré »

Clément Hervieu-Léger : « Je crois à la force de la Comédie-Française, elle a pu tanguer mais elle n’a jamais sombré » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Propos recueillis par Sandrine Blanchard et Joëlle Gayot dans Le Monde, 9 juin 2026

 

Successeur d’Eric Ruf, le nouvel administrateur de l’institution théâtrale explique, dans un entretien au « Monde », comment il entend faire rayonner sur les territoires l’activité de la troupe et créer des partenariats avec d’autres lieux, comme le Louvre.

 


https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/06/09/clement-hervieu-leger-je-crois-a-la-force-de-la-comedie-francaise-elle-a-pu-tanguer-mais-elle-n-a-jamais-sombre_6700179_3246.html

Successeur d’Eric Ruf, Clément Hervieu-Léger a pris, le 4 août 2025, ses fonctions à la tête de la Comédie-Française dont il est membre depuis vingt ans. Dans un entretien au Monde, le comédien et metteur en scène, sociétaire honoraire depuis janvier, explique les enjeux artistiques et financiers de cette institution théâtrale et dévoile les temps forts de la saison 2026-2027.

Pourquoi avez-vous voulu devenir administrateur de la Comédie-Française ?

Par amour de cette maison, par goût pour les institutions et, enfin, parce que je suis un enfant du service public et que j’ai foi en lui. Par ailleurs, Eric Ruf, mon prédécesseur, était arrivé au terme des trois mandats qu’il pouvait accomplir à la tête de la Comédie-Française. Je savais qu’ils ne seraient pas renouvelés, ce qui ouvrait sans encombre la question de sa succession. Mon objectif est que cette exception française, subventionnée par l’Etat, et qui n’a jamais cessé son activité depuis sa création en 1680, reste en phase avec son temps et se projette dans l’avenir. Cette utopie théâtrale doit pouvoir perdurer.

Le contexte économique et politique actuel ne vous a-t-il pas effrayé ?

Reculer devant l’obstacle n’est pas dans ma nature. Je suis prêt à batailler. Ce n’est certainement pas au moment où cette maison, qui m’a construit et vu grandir, traverse une situation qui pourrait la fragiliser que je vais tourner le dos aux éventuels problèmes.

 

 

Lire le portrait (en 2025) : Article réservé à nos abonnés Clément Hervieu-Léger, un cavalier élégant à la tête de la Comédie-Française
 

Y a-t-il des réformes à mener au sein de cette institution dont le fonctionnement repose sur trois piliers que sont la troupe, l’alternance des spectacles et le répertoire ?

C’est un fonctionnement particulier. Mais maintenir cette spécificité, au cœur d’un tissu théâtral qui a multiplié les labels et opéré une forme de standardisation des modèles, est important.

 
En revanche, je n’ai jamais pensé que la vie théâtrale de la troupe était circonscrite à la Comédie-Française. Lorsque je suis entré dans les murs, en 2005, je travaillais avec ma compagnie (Les Petits Champs). Ce travail mené à l’extérieur, je n’y ai jamais renoncé. Mon expérience m’a fait toucher du doigt le fonctionnement de nombreuses compagnies en France, et, par exemple, les discussions qu’elles engagent avec les tutelles territoriales (département, région, ville). Ce sont des réalités que la Comédie-Française connaît moins puisque son interlocuteur est uniquement l’Etat.
 
 

Or, le déploiement dans les territoires, et notamment en milieu rural, me semble essentiel. Nous allons ainsi créer le spectacle de Leïla Slimani (qui écrit pour la première fois pour la Comédie-Française) à Lorient [Morbihan] avant de le faire venir au Vieux-Colombier. Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir où il y a un théâtre (il y en a partout), mais comment le faire fonctionner. Jusqu’à présent, la Comédie-Française s’est tenue à l’écart du mouvement de décentralisation. Il est temps que cela change et que ce bastion, qui occupe une place prépondérante dans le paysage théâtral, imagine des projets conjoints avec des centres dramatiques nationaux. Je crois à la mutualisation. Nous pouvons, tous ensemble, nous rejoindre dans des aventures communes. Je dirige une institution qui vit de l’argent public. Mon devoir est de la mettre au service de toutes et tous.

Quels seront les temps forts de la saison 2026-2027 ?

Avec chaque artiste, un dialogue a eu lieu pour déterminer le choix du texte le plus juste et le plus approprié. Carme Portaceli mettra en scène Les Bonnes, de Genet, une pièce écrite par un homme, et dont elle va évidemment proposer une lecture différente.

 

J’ai suggéré à Christophe Honoré de lire Marivaux, il a aimé et va monter Les Fausses Confidences. Grâce à Benjamin Lazar, le Siècle d’or espagnol sera à l’honneur, d’autant que nous serons en partenariat avec le Louvre, où se tiendra une exposition sur la peinture espagnole de la même époque. Je souhaite que, chaque année, nous développions un partenariat avec une institution différente.

 

En octobre, Julie Duclos créera Ruy Blas, de Victor Hugo. Je voulais une réouverture de la salle Richelieu avec un très grand auteur populaire et je trouve Julie Duclos très emblématique de ce vers quoi peut tendre la Comédie-Française.

Depuis mi-janvier, en raison des travaux menés salle Richelieu, plusieurs spectacles se sont déroulés hors les murs, à Paris et en banlieue. Etait-ce une bonne idée ?

Oui, et pour une raison simple : ce choix d’Eric Ruf, que j’assume totalement, a permis d’éviter de mettre les équipes au chômage technique. Nous avons loué la Porte-Saint-Martin (où Le Cid a rencontré un immense succès) 1,5 million d’euros et le 13e Art, 300 000 euros. Avec le Théâtre Montparnasse et le Théâtre du Châtelet qui portaient la production, nous avons établi des cessions de droits. Et nous avons partagé les recettes dans les théâtres publics comme l’Odéon, le Rond-Point ou Nanterre-Amandiers. Cette délocalisation n’est pas à l’équilibre financier, mais elle a permis au Français de maintenir son activité, de souder les équipes et d’accroître notre visibilité.

Quelle était la situation financière de la Comédie-Française lorsque vous avez pris vos fonctions en août 2025 ?

Je suis l’administrateur général qui prend ses fonctions dans la pire situation budgétaire de toute l’histoire de la Comédie-Française, mais je le savais en candidatant.

 

Le budget n’était et n’est toujours pas à l’équilibre. Le montant de la subvention n’a pas bougé depuis dix ans. La maison traîne depuis des années un déficit structurel de 3,5 millions d’euros dû à l’inflation et à l’augmentation des charges. En prenant mon poste, j’ai constaté que le coût des travaux avait augmenté par rapport aux prévisions. J’ai donc décidé de réduire la voilure pour les ramener aux 22 millions prévus initialement, afin qu’ils n’excèdent pas l’enveloppe allouée par le ministère. Il reste malgré tout un coût résiduel auquel s’ajoute celui du hors-les-murs. Donc nous accusons un déficit qui se situe entre 6 et 7 millions d’euros pour 2026. Je vais m’employer à le résoudre petit à petit.

Avez-vous le soutien de vos tutelles ?

Nous devrions obtenir une subvention exceptionnelle cette année. Dès mon arrivée, j’ai souhaité qu’on se lance dans la rédaction d’un contrat d’objectif et de performance, comme il y en a, et ainsi que le veut la loi, dans tous les établissements culturels. La Comédie-Française était le seul à ne pas en avoir. Il est désormais en cours d’élaboration. Il nous permettra de faire un état des lieux et de nous donner une trajectoire budgétaire. Nous devons aussi nous doter d’outils de pilotage pour savoir exactement ce qu’il en est de la masse salariale : qui est en contrat à durée déterminée, à durée indéterminée, etc. Cette maison doit s’équiper d’outils d’analyse précis. J’ai découvert en prenant mes fonctions qu’ils n’existaient pas.

Quelles sont les autres pistes pour réduire le déficit ?

Le mécénat, les ressources propres, les tournées et la politique tarifaire. Nous allons augmenter le prix des places les plus chères : elles passeront à 56 euros pour le plein tarif en catégorie A. Mais nous maintenons des tarifs réduits, des billets à 5 euros pour les étudiants ou les personnes précaires et un quota de places gratuites chaque lundi pour les moins de 28 ans. Enfin, autre apport non négligeable : le partenariat avec l’audiovisuel public et les achats de droits par Pathé, qui diffuse nos spectacles dans ses cinémas.

 

Pour que la maison perdure, dans le contexte financier actuel, il faut que ses salles soient pleines en permanence. D’une certaine façon, je suis contraint au succès. Ce qui pose la question des risques artistiques que peut prendre, aujourd’hui, la Comédie-Française.

Est-elle encore en situation d’en prendre ?

Oui, mais avec mesure. C’est pourquoi, par exemple, j’ai demandé à Thomas Jolly, metteur en scène populaire, de créer un texte peu connu d’Alexandre Dumas. Il clôturera la saison au jardin des Tuileries avec sa création de La Tour de Nesle, qui sera reprise, dès la rentrée 2027, salle Richelieu. C’est ce genre d’équilibre qu’il faut trouver : un risque sur le répertoire accolé avec un nom connu.

Ces dernières années, la Comédie-Française a vu partir certaines de ses forces vives : Rebecca Marder, Georgia Scalliet, Laurent Lafitte ont quitté la troupe. De quoi ces départs sont-ils le signal ?

Ils disent que les temps ont changé. Je ne m’opposerai pas aux sollicitations venues du cinéma, des séries ou de la télévision. Aujourd’hui, un acteur débutant n’a plus les moyens de se loger dans Paris. Au plus bas niveau de l’échelon, il gagne 2 200 euros brut (hors primes), alors qu’un comédien très capé gagne 4 000 euros brut (hors primes). Ce n’est pas grand-chose comparé au cinéma. Par ailleurs, je vais vous faire un aveu : je suis prêt à consacrer ma vie à la Comédie-Française, mais pas à la lui sacrifier. Si nos interprètes sont hors du commun, c’est parce qu’ils s’engagent sans réserve. Mon devoir est parfois de les mettre en garde contre eux-mêmes, d’avoir cette vigilance. Il y a actuellement beaucoup de jeunes parents parmi nous. Pendant des décennies, on a fait comprendre aux actrices que le mieux pour elles était de ne pas être mères. Je ne serai pas celui qui obligera une mère à n’être que deux fois par mois chez elle pour le coucher de son enfant.

Les mois qui viennent seront ceux d’une campagne présidentielle très incertaine. Quel est votre état d’esprit face à ce contexte politique ?

J’essaie d’être le plus pragmatique possible. Mon but est d’avancer au mieux dans le temps court qui nous sépare de la prochaine présidentielle. Pour l’heure, mes interlocuteurs au sein de l’exécutif sont d’une grande bienveillance. Pour la suite, bien entendu, j’ai des inquiétudes légitimes. Mais je crois à la force de cette maison et à la façon qu’elle a eue de traverser des événements historiques majeurs en plusieurs siècles. Elle a pu tanguer, mais elle n’a jamais sombré.

Votre mandat dure jusqu’en 2030. Avez-vous réfléchi à ce que vous feriez si l’extrême droite arrivait au pouvoir ?

C’est une question que je me pose. Evidemment. Mais je ne veux pas faire de la politique-fiction. Je crois très fort à la manière dont cette maison est organisée. Je prendrai deux exemples éclairants. Le premier : les tutelles ne votent pas au conseil d’administration, ce sont les sociétaires et les représentants du personnel qui votent. Autrement dit, il existe une forme d’autogestion de la maison qui la protège. Second exemple : le comité de lecture doit donner son accord pour qu’une pièce entre au répertoire et puisse être jouée sur nos planches. Aujourd’hui, ce comité de lecture est composé de membres du comité d’administration et de personnalités extérieures choisies par l’administrateur général. Ce qui veut dire que, dans un cas extrême où je me retrouverais avec un ministre de la culture qui exigerait la représentation de pièces de son choix, nos statuts nous protègent. Et s’il voulait changer ces statuts, il aurait à le faire devant la représentation nationale. Ce serait alors une autre affaire. Aujourd’hui, plus que jamais, il est vital de maintenir et de protéger le modèle et le fonctionnement interne de la Comédie-Française. J’ai confiance dans la force de l’institution.

 

Sandrine Blanchard et Joëlle Gayot / Le Monde 

Légende photo : Clément Hervieu-Léger, administrateur général de la Comédie-Française, à Paris, en mars 2025. JULIEN BENHAMOU/COLLECTION COMÉDIE-FRANÇAISE
 

 

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June 6, 10:14 AM
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La « Penthésilée », de Kleist, fait couler le sang, mais un peu en vain, au Théâtre du Vieux-Colombier, à Paris

La « Penthésilée », de Kleist, fait couler le sang, mais un peu en vain, au Théâtre du Vieux-Colombier, à Paris | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Joëlle Gayot dans Le Monde - 4 juin 2026

 

Mise en scène par Michael Thalheimer, la tragédie de Heinrich von Kleist, traduite par Julien Gracq, est un long travelling théâtral décorrélé du monde contemporain.

 

Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/06/04/la-penthesilee-de-kleist-fait-couler-le-sang-mais-un-peu-en-vain-au-theatre-du-vieux-colombier-a-paris_6697501_3246.html

Exécutée dans les règles d’un art qui convoque l’intensité de la profération, le signifiant des postures, l’éloquence des regards et l’excès des passions, la Penthésilée, que met en scène, au Théâtre du Vieux-Colombier, à Paris, l’artiste allemand Michael Thalheimer, est un curieux motif d’observation. Une tragédie, dont la fin est connue d’entrée de jeu, puisqu’elle démarre et s’achève par la mort d’Achille, héros grec tué par la reine des Amazones, en dépit de l’amour qu’elle lui voue (et qu’il lui porte tout aussi vainement en retour).

 

Traduite par Julien Gracq (1910-2007), la pièce de Heinrich von Kleist (1777-1811) entame une sarabande infernale puisque ne s’offre à elle aucune porte de sortie. Sauf une. Et qui est essentielle : la langue du poète, qui, tout en déroulant le récit d’un drame perdu d’avance, va devoir activer la passion, le désir, l’espoir, bref la vie, dans toute sa fureur et ses débordements. C’est au rythme de la phrase que bat le pouls du spectateur.

 

Les descriptions des champs de bataille, les introspections des protagonistes, leurs aveux d’amour et leurs déclarations de guerre, les appels au divin, aux sœurs de lutte, aux mères, aux compagnons, tout passe, tout circule, tout existe dans cette narration exaltée. Le proche comme le lointain tissent la course des mots. Il est beau, et il est tempétueux, le long travelling de théâtre écrit par Kleist, mais il ne suffit pas, hélas, à retenir l’attention du public.

 

Assise jambes ouvertes et sein à nu, Penthésilée tient dans ses bras le corps écorché vif d’Achille. A elle revient en premier (ses partenaires prendront le relais) le soin de raconter ce qui vient d’avoir lieu : elle a égorgé sa victime. De sa bouche, sortent les caillots d’un sang qui macule la peau, les vêtements, le plateau, autrement dit l’interminable pente grise sur laquelle est recluse l’actrice Suliane Brahim.

Proche de l’exercice de style

Alors que Sébastien Pouderoux (brutal et doux, désarmant en Achille vaincu) déserte parfois la scène ensanglantée et que Clotilde de Bayser (redoutable de maîtrise dans le rôle du chœur antique) ne fait que la longer sans jamais y grimper, Suliane Brahim reste rivée au lieu de « son » crime. On écrit « son » tant cette comédienne, l’une des plus inspirantes de la Comédie-Française, ne joue pas Penthésilée. Elle est Penthésilée. Pure et dure tragédienne.

Kleist a revisité le mythe antique mais en modifiant le terme : Achille n’est plus celui qui assassine, il est celui qui est assassiné. Cette bascule change-t-elle quoi que ce soit à la réception du spectacle par un public du XXIe siècle ? Rien de moins sûr. Plus proche de l’exercice de style (bien mené, mais comme mis sous la cloche de son parfait accomplissement) que d’un réel moment de sensations partagées, le spectacle de Michael Thalheimer semble revenir d’un temps ancien, et (croyait-on) révolu, de la mise en scène.

 

Une époque où le théâtre s’exhibait dans des surenchères d’intentions, d’affects et d’effets. Il y a quelque chose de presque exotique dans cette manière de surreprésenter le tragique. On admire les envolées du jeu, on salue la cohérence du projet, on s’incline devant l’impétuosité du poème. Mais on ne va jamais au-delà de la contemplation. Celle d’un objet qui reste hors de portée du sensible, quasiment étranger aux dimensions qui font l’humain.

 

 

Penthésilée, d’après Heinrich von Kleist. Adaptation : Sibylle Baschung et Michael Thalheimer. Mise en scène : Michael Thalheimer. Traduction : Julien Gracq. Avec Clotilde de Bayser, Suliane Brahim et Sébastien Pouderoux. Comédie-Française, Théâtre du Vieux-Colombier, Paris 6e. Jusqu’au 12 juillet.

 

 

Joëlle Gayot / Le Monde 

Légende photo : « Penthésilée », mise en scène de Michael Thalheimer, au Théâtre du Vieux-Colombier, à Paris, le 20 mai 2026. CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE
 
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June 4, 5:13 PM
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Au Festival d’Avignon 2026, les spectacles du off à ne pas manquer –   La sélection du service Culture de Libération 

Au Festival d’Avignon 2026, les spectacles du off à ne pas manquer –   La sélection du service Culture de Libération  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par le service Culture de Libération - le 4 juin 2026

 

Seuls-en-scène, récits intimes, bals, krump, cirque ou spectacles jeunesse… L’équipe théâtre de «Libé» vous aide à ne pas vous égarer parmi les innombrables spectacles du off 2026.

 

Pour ses 60 ans, le Festival off d’Avignon qui aura lieu, comme le in, du 4 au 25 juillet 2026, a convié 1 432 compagnies. Mieux que des bougies et des cotillons (mais peut-être pas que la ginger beer fraîchement débarquée sur la carte du bar du village du off), les 141 théâtres partenaires offriront 1 250 levers de rideau quotidiens. Alors, pour ne pas s’égarer dans ces surabondantes commémorations dionysiaques, l’équipe théâtre de Libé a compilé les immanquables dans une première liste to be continued selon nos trouvailles tout au long du festival.

 

Théâtre

«Croire aux fauves» de Constance Dollé et Sandrine Raynal d’après le récit de Nastassja Martin

Ils sont peu nombreux sur le plateau, seulement trois, Constance Dollé, Camille Grandville, Miglen Mirtchev à prendre en charge une densité d’humains. (Pierre-Marie Croquet)

Une petite forme, seulement trois acteurs au plateau, et une densité d’émotions et d’histoires rarement atteints et avec clarté. L’air de rien, sans aucune esbroufe, l’adaptation de Constance Dollé et Sandrine Raynal, où une femme interroge sa métamorphose après avoir été mordue par une bête sauvage, révèle une maîtrise impressionnante du jeu, de la mise en scène. Et parvient avec une grande acuité et pertinence à relier l’aventure de Nastassja Martin qui se sent devenir être hybride, mi-femme mi-ours, avec une réflexion sur son métier de comédienne. Une découverteA.D.

 
A la Scala Provence, du 4 au 25 juillet 2026, à 17 h 20, relâche les 6, 13 et 20 juillet. Durée : 1 h 10.

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«Nos assemblées» d’Elise Chatauret et Thomas Pondevie

Pourra-t-on enfin la déguster, cette pizza qui nous assemble et nous unit, et que le public choisit durant la représentation grâce à maintes argumentations ? A travers l’élection d’une prosaïque pizza, les deux interprètes auteurs de la pièce analysent toutes les manières de faire démocratie, testent toutes les façons de faire un choix commun et de se répartir les charges, tout en évoquant «l’oseille sauvage» et en rappelant que ce sont toujours les «oiseaux à la périphérie qui font basculer le système» selon le chercheur et biologiste Olivier Hamant. Un spectacle didactique mais pas pesant, utile mais pas utilitaire, destiné à se promener partout et qui on l’espère se fraiera un chemin durant ces mois électoraux. A voir en famille sans modération. A.D.

Au Train bleu du 4 au 23 juillet à 12 h 35, relâche les 10 et 17 juillet. Tout public à partir de 12 ans. Durée : 1 h 20.

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«Là personne» de Geoffrey Rouge-Carrassat

Formé au conservatoire d’art dramatique, l’acteur-metteur-en-scène-auteur était l’une des révélations de l’édition avignonnaise 2 021 in et off confondus avec Dépôt de bilan. Et on le retrouve toujours dans un seul-en-scène et tout aussi inquiétant. Là personne est l’histoire d’une obsession : celle d’être épié par un voisin qui paraît se manifester à tout bout de champ. Une déformation liée au métier ? C’est possible. Une situation d’emprise l’air de rien et avec des riens qui pousserait presque à déménager ? En tout cas, sur le plateau, Geoffrey Rouge-Carrassat déménage mais subtilement, en modifiant son texte et son jeu en fonction de l’écoute de la salle. Un «stand-up poétique» ? A.D.

Au théâtre des Halles, du 4 au 25 juillet à 16 h 40, relâche les 8, 15, 22 juillet. Durée 1 h 10.

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«Rumba» d’Ascanio Celestini et David Murgia

«Rumba» a lieu dans un parking de supermarché. (Maison des métallos)

Un parking de supermarché, une nuit de Noël où des personnages marginaux, esseulés se croisent. Job, le manutentionnaire analphabète régnant sur un entrepôt dont il connaît les moindres recoins, mais qui n’est pas foutu de trouver les toilettes dans un bistrot ; Joseph l’Africain, miraculé des eaux ayant englouti ses frères de misère ; et ce gitan qui glande, sur lequel s’abat un tombereau de poncifs racistes. En revisitant la figure de Saint-François d’Assise avec sa verve poético-déglinguée, le conteur David Murgia, flanqué du musicien Philippe Orivel (claviers et accordéon), cisèle un portrait de groupe dépenaillé que, le temps d’une représentation, le théâtre auréole de dignité. Lire notre critique. G.R.

Au Théâtre des Doms, du 4 au 25 juillet, à 19 h 45, relâche les 8, 15, 22 juillet). Durée : 1 h 35.

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«The Aborrrtion Ship» de Mathilde Wind

Elle aime sa Suzuki à en mourir, elle nous gratifie de quelques riffs de guitare électrique (version Riot grrrl), mais plus que tout elle se donne à son travail de gynécologue dans un hôpital public. Juliette Fribourg est seule sur scène pour incarner cette médecin nature et punk ; et nous, le public, sommes une réalisatrice venue tourner un documentaire sur le centre qui reçoit, chaque jour, des femmes venues pour une contraception ou un IVG. Simplement, doucement, de son rendez-vous avec une patiente désespérée d’être enceinte à sa pause clope, la gynéco nous parle des mots, précis, qui mettent à l’aise, des gestes sûrs qu’impose sa pratique, de la fatigue aussi quand le centre est encore une fois menacé de coupes budgétaires. Pour constituer cette «fiction documentaire», l’autrice et metteuse en scène Mathilde Wind a recueilli une douzaine de témoignages de soignantes. Le spectacle a été sélectionné pour concourir au Festival du théâtre émergent Impatience. S.F.

Au Train bleu (salle 2) du 4 au 23 juillet, à 19 h 05, relâche les 10, 17 juillet. Durée : 55 min.

 

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«Le Projet Barthes» de Sylvain Maurice

Vincent Dissez dans «le Projet Barthes». (Christophe Raynaud de Lage)

Restituer la parole, les fulgurances, la pensée quand elle naît, les hésitations fertiles, les coqs à l’âne, les détours et les émotions qu’ils suscitent, brusques moments d’abattement, découragements, éclaircie provoquée par un mot, une citation, un souvenir : ça a lieu parfois sur un plateau de théâtre, et totalement dans ce Projet Barthes porté à chaque fragment de seconde et jusqu’au bout des ongles et de ses jeux de main par Vincent Dissez. Sylvain Maurice adapte en toute beauté la Préparation du roman et les dernières leçons de Roland Barthes au Collège de France. Autour de questionnements, ô combien partagés : changer sa vie, claquer la porte, s’extirper de la routine. Lire notre critique. A.D.

Au train bleu, du 4 au 23 juillet à 11 h 05, relâche les 10 et 17 juillet. Durée : 1 heure.

 

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«Barbara par Barbara» d’Emmanuel Noblet et Marie-Sophie Ferdane

Marie-Sophie Ferdane n’a aucunement besoin de recourir à l’imitation pour distiller la quintessence de l’interprète-poète et rendre évidente une note à laquelle on associe peu Barbara : la drôlerie. A travers des propos publics, des entretiens, mais aussi sa correspondance, la comédienne fait bien sûr entendre ses mots et son débit, mais en lui offrant sa joie. Barbara, joyeuse ? C’est le pari de ce spectacle conçu par Clémentine Deroudille et Arnaud Cathrine dans un décor radiophonique blanc écarlate (et non pas noir). Marie-Sophie Ferdane, le plaisir de jouer, qui chante, au côté du musicien Olivier Marguerit, merveilleusement l’Eau à la bouche de Gainsbourg et ne fredonnera que quelques notes de celle qui renaît en blonde sous ses traits, dans une mise en scène élégante et sobre d’Emmanuel Noblet. A.D.

Au 11, du 4 au 23 juillet et à 20 h 50. relâche le 10 et 17 juillet. Durée : 1 h 15.

 

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«Maintenant, je n’écris plus qu’en français» de Viktor Kyrylov

«Maintenant, je n’écris plus qu’en français» est un seul-en-scène complexe et émouvant. (Pauline Le Goff)

Parfois certains spectacles font plus que percuter l’actualité. Il lui donne une intelligence sensible. Viktor Kyrylov est Ukrainien, né à Odessa, il grandit dans la langue russe et adolescent, il s’honorait de «détester» la langue ukrainienne. Ses sentiments patriotiques naissent lors de l’invasion russe le 24 février 2022, alors qu’il est à Moscou. Que faire ? Rejoindre la ligne de front ? Seul-en-scène complexe et émouvant, cette première création qui a pu être montée grâce à une campagne de crowdfunding, l’aide de la Comédie-Française et du théâtre de Belleville à Paris, est aussi plébiscitée par le public. Gageons que le temps qui passe lui donne encore une épaisseur supplémentaire. A.D.

Au 11 du 4 au 23 juillet à 15 h 05, relâche les 10 et 17 juillet. Durée : 1 h 30.

 

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«Peu importe» de Marius von Mayenburg et Robin Ormond

L’auteur allemand Marius von Mayenburg, né en 1972, fait partie des contemporains très régulièrement montrés sur scène ces dernières années – que ce soit en France ou à la Schaubühne de Thomas Ostermeier à Berlin. Cette version de Peu importe mise en scène par Robin Ormond vaut le coup d’œil : les comédiens Marilyne Fontaine et Assane Timbo, couple au bord de la crise de nerfs tentant de concilier enfants /travail /amour (dans lequel beaucoup pourront se retrouver) excellent à faire entendre la finesse d’un texte où les rôles s’inversent, se poursuivent et se rejouent en permanence. S.F.

A la Scala Provence, du 4 au 25 juillet à 13 h 50, relâche les 6, 13, 20 juillet. Durée 1 h 20.

 

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«Molière et ses masques» de Simon Falguières

«Molière et ses masques» est une farce resserrée et efficace. (Xavier Tesson)

Le jeune auteur et metteur en scène de 36 ans a été révélé par son Nid de cendresune épopée théâtrale de treize heures. Cette fois, ni lumière ni décor, seulement du jeu, des costumes, et basta : du pur théâtre de tréteaux, démontable en un rien de temps et exportable un peu partout. Dans cette farce resserrée et efficace, tenue de bout en bout, l’auteur reconnaît se prendre aux jeux des parallèles entre le XVIIe siècle et la nôtre, deux «périodes de changements climatiques, de résurgences obscurantistes et d’instabilité politique». Lire le reportage auprès de la compagnie de Simon Falguières. C.M.

Au Train bleu, Jardin de l’ancien Carmel, du 4 au 23 juillet à 19 h 40, relâche les 10, 17 juillet. Durée : 1 h 25.

 

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«Seule comme Maria» de Marilou Aussilloux et Théo Askolovitch

Seule comme Maria (India Lange/Théâtre de l'Athénée)

Pour une fois, c’est elle qu’on entend : l’actrice Maria Schneider, comédienne révélée (et longtemps bousillée) par son rôle dans le Dernier Tango à Paris en 1972. Marlon Brando (48 ans) y simule une sodomie sur Maria Schneider (19 ans), avec du beurre pour lubrifiant, sans l’avoir prévenue. Avec Seule comme Maria, Marilou Aussilloux et Théo Askolovitch donnent la possibilité à Maria Schneider d’être autre chose que la victime humiliée de Brando et Bertolucci. Sa voix résonne à travers des images d’archives (quel charisme elle avait), des enregistrements. Si Aussilloux reprend les mots de son aînée dans sa voix, c’est parce que la pièce n’est pas tant sur l’histoire de Maria Schneider que sur le trait d’union qui peut la relier à une jeune comédienne en 2025. Parfois léger et drôle, parfois plus du tout. Ici, notre critique. S.F.

Salle Extra de la Manufacture, du 13 au 21 juillet (relâche le 16 juillet) à 11 h 35. Durée : 1 h 05. A partir de 12 ans.

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«Requin velours» de Gaëlle Axelbrun

«Cette histoire sera nécessairement impudique, puisque je confonds la pudeur et la honte. En dynamitant l’une, j’ai décapité l’autre. […] Ce sera impudique, car la honte a sauté.» Superbement écrit par Gaëlle Axelbrun (qui signe aussi la mise en scène), Requin velours parle de viol. «VIOL VIOL VIOL», répète Roxane, le mot qui fait peur «aux gens qui sont pas prêts»Requin velours parle de ce qui est avant le viol, et de ce qui vient après. Au sein d’un ring de catch, avec ses trois actrices dans les cordes ou qui s’en échappent, la pièce questionne la notion de réparation, parle de lutte, de prostitution et d’amour lesbien – les lesbiennes, «sirènes qui ne veulent que séduire l’océan qui n’ont pas besoin des marins». S.F.

Salle Étoile - MAIF Avignon du Théâtre du Train bleu (navette comprise dans le billet), du 4 au 23 juillet (relâche les 5, 12, 19 juillet) à 10 h 00. Durée 2h10. A partir de 16 ans.

 

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«L’Entre-mondes ou le lac de l’oubli» de Charles Van de Vyver

Hériter est toujours un peu plus qu’une histoire d’argent. Alors qu’ils doivent décider de reprendre, ou non, l’entreprise familiale, les frères Chevalier sont catapultés sur le territoire de leur enfance. Le vernis du rêve pavillonnaire ne tarde pas à se fissurer. Maniant aussi bien l’aller-retour passé-présent que celui rires-grincements de dents, Charles Van de Vyver et ses trois acolytes comédiens auscultent, entre trois épiques aventures de gosses, les ressorts de la violence ordinaire et de la construction de la masculinité. AJC.

A la Factory, du 4 au 25 juillet à 10 heures, relâche les 9, 16, 23 juillet. Durée : 1 h 15.

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«La Vie et la Mort de J. Chirac, roi des Français» et «Sarkhollande (comédie identitaire)» de Léo Cohen-Paperman

Etalé sur une dizaine d’années, c’est un chantier artistique qui percute le tumulte sociopolitique dans lequel le pays n’en finit plus de s’enfoncer. Dès 2019, l’auteur et metteur en scène Léo Cohen-Paperman met en branle la saga Huit Rois (nos présidents) qui, sous forme d’épisodes distincts, évoque tous les chefs d’Etat de la Ve République, de Charles de Gaulle à Emmanuel Macron. Le Train bleu propose cet été d’en découvrir deux opus : La Vie et la Mort de Jacques Chirac, roi des Français, traité sous la forme déconcertante d’une enquête onirique, et SarkhollandeLire ici notre interview de l’auteur et metteur en scène Léo Cohen-Paperman. G.R.

Au Train Bleu. «Vie et mort de J.Chirac» du 4 au 22 juillet, les jours pairs à 16 h 05 (Durée 1 h 30). «Sarkhollande» du 4 au 23 juillet à 10 heures, relâche les 10 et 17 juillet (Durée 1 h 30).

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«Tumeur ou tutu» d’Elodie Faucheux d’après Léna Ghar

Etre une enfant de 3 ans, être une femme de 27 ans, être tous les âges à la fois, traversée par une parole fleuve interrompue qui ravive une maltraitance maternelle et un désir de pardon. La comédienne et metteuse en scène Emilie Faucheux, artiste régionale complice du Théâtre Dijon- Bourgogne, adapte au plateau le premier récit de l’autrice Léna Ghar, riche en néologismes, créations langagières. Seule sur scène et pourtant multiple, Emilie Faucheux explore les violences intrafamiliales, quand le couple mère-fille s’avère fusionnel à l’excès, sans aucun recul possible. A.D.

Présence Pasteur du 4 au 25 juillet à 14 h 50, relâche les 9, 16, 23 juillet. Durée : 1 h 25.

 

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«Défoncé» de François Créton et Marie Desgranges

«Quand je serai grand, je serai junkie», s’est juré François Créton, alors qu’il découvrait le rock du haut de ses 10 ans. Vœu exaucé, homme cabossé : la drogue et l’alcool seront pour lui des compagnes de vie. Multiviolenté, l’acteur témoigne sur scène grâce au duo qu’il forme avec la metteuse en scène devenue interprète et accoucheuse de son récit. Un binôme parfois même un peu trop complice pour que le spectateur se fraie un chemin à lui dans ce spectacle déroutant, parfois cringe, qui esquisse les pistes d’une réparation sous témoins. Car au bout d’un tunnel, il y a lumière. N.L.

Au 11 Avignon, 4 au 23 juillet, relâche les 10, 17 juillet à 17 heures. Durée : 1 h 15.

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«Dessiner encore», d’après Coco, mise en scène de Georges Vauraz

Dans cette adaptation théâtrale de la BD Dessiner encore de Coco, on est d’abord avec elle, Corinne Rey, emplie du trauma des attentats de Charlie en janvier 2015. La culpabilité (d’être en vie), la colère (contre les «nouveaux amis faux-culs»), les séances d’ASMR (comiques) : trois femmes en même temps jouent Coco (et tous les autres personnages), trois voix qui disent ses doutes et ses contradictions : vivre ? S’en empêcher ? Mais ce qu’on voit surtout dans Dessiner encore c’est l’ambiance qui régnait dans la salle de rédaction du journal et le récit de sa lutte commencée bien avant l’attentat (le procès des caricatures en 2007, le premier incendie de la rédac en 2011) et poursuivie bien après lui : onze ans plus tard, Coco dessine encore pour Charlie (et pour Libé bien sûr, où elle traite de l’actualité quotidiennement depuis 2021). Sur le mur blanc érigé sur scène sont projetées des unes de Charlie, des dessins de Coco (cette immense vague qui la submerge parfois), ses caricatures. Comme celle-ci : «MORT A L’IMPRIMERIE» est-il écrit au-dessus des frères Kouachi qui achèvent leur fuite dans l’imprimerie de Dammartin-en-Goële. Et l’un d’eux qui dit : «J’ai peur que ça fasse un peu intello.» S.F.

Théâtre des Béliers, du 4 au 25 juillet à 13h40 (relâche les 9, 16, 23 juillet). Durée : 1h10.

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«Psicofonía», l’audiobiographie de Faustine Noguès

Enregistrer le silence. Le projet de Faustine Noguès est d’envergure. Un jour, elle tombe dans une spirale qui l’empêche d’avancer et comprend qu’il est temps d’exhumer l’histoire de ses ancêtres et d’aller creuser pour de bon les vieilles fosses. Elle part pour l’Espagne, patrie de ses grands-parents qui ont fui le franquisme, et tente d’y mener une enquête sonore. Dans une grotte, elle prélève du son qu’elle trifouille ensuite jusqu’à obtenir ce qu’elle était venue chercher : la voix de quelques vieilles âmes évaporées dans notre monde sous la forme de fantômes. Cette forme sonore, qu’elle l’appelle «psicofonia», sera la première d’une suite qu’elle donne à entendre dans son spectacle, inaugurale pierre à l’édifice d’une mémoire trop longtemps tue. La pièce dessine l’itinéraire d’une errance en tentant de conjurer l’amnésie par le son, quitte vers la fin à frôler le podcast et réduire la scène à un petit espace – boîte noire ou boîte à souvenirs. N.L.

Au Théâtre des Halles. «Psicofonia» du 4 au 25 juillet à 14 h 00, relâche les 8, 15, 22 juillet. Durée : 1h15.

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Danse

«Le bal magnétique» de Massimo Fusco

Massimo Fusco reconstitue un folklore contemporain pour tous les âges. (Benjamin Le Bellec)

Cette fois-ci, la danse déborde la scène, efface les frontières entre public et interprètes, propulsant le spectateur au milieu du show. Pas seul heureusement – quelle angoisse ! – mais entouré du public réuni là, enfants, parents, jeunes adultes, grands-mères, teenagers, malentendants. La société telle qu’elle est, en somme. Dans son dancing participatif mêlant pizzica italienne, waacking et beat électronique, le chorégraphe Massimo Fusco reconstitue un folklore contemporain pour tous les âges, qui attire irrésistiblement sur la piste. Lire ici notre critique. C.D.

A la Chartreuse de Villeneuve, dans le cadre des Hivernales- CDCN d’Avignon, du 9 au 11 juillet à 21h30. Durée : 1h15.

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«T’façon on est en 2012» de Lorraine Dambermont

Trois guerriers tout de noir vêtus, avec floquée sur leur bombers, une année : 2012. On est en plein dans l’ère des clashes sur Internet, mais pas que : «C’est bientôt la fin du monde», répète un gitan fou de rage à la bande-son. Autant tous se péter la gueule ? D’une série de vidéos virales et viriles, la chorégraphe Loraine Dambermont a extrait l’audio, une prose fleurie que les interprètes hallucinants abordent en mêlant combat et danse… T’façon on est en 2012, s’il assume une fascination pour les corps en lutte, à la fois virtuoses et risibles, pastiche avec brio le désir masculin de se battre : ainsi d’un «coach en bagarre» en deuxième partie, humiliant ses élèves en slibard. Et le trio d’aboyer en chœur : pas facile de différencier les hommes des chiens, lorsqu’ils sont enragés. V.I.

Aux Hivernales - CDCN d’Avignon, du 10 au 20 juillet (relâche le 15 juillet) à 21 heures, avec le Théâtre des Doms. Durée : 40 minutes.

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«La Breva» de Dafne Bianchi

A-t-on déjà vu du krump doux ? Avec sa sœur Anaïs, la chorégraphe Dafne Bianchi imagine une baguenaude rêveuse où la mémoire de l’enfance – celle des villages près du lac de Côme, en Italie – se colore d’une vibe hip-hop. Seul élément de décor, une cafetière autour de laquelle ça pérore, avec la gestuelle qui va avec (main qui chiquenaude, doigts qui se pincent) : difficile de la jouer plus italien. Mais c’est pour mieux plonger, à l’unisson ou en solo, dans un vaste labyrinthe de souvenirs qui affleurent, nappes sonores et lumineuses aidant, grâce à un vocabulaire chorégraphique prodigieux. Et on imagine sans peine, lorsque pointent les voix bavardes des parents et les comptines des enfants, une brochette de fantômes autour d’un lac ombré, que la Breva ressuscite avec pudeur et maîtrise. V.I.

A la Belle Scène Saint-Denis, du 8 au 12 juillet à 10 heures. Durée : 1h30.

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Cirque

«Yongoyely» de Circus Baobab

 

Le Circus Baobab est un collectif itinérant d’artistes guinéens, né en 1998, puis réinvesti en 2021 avec de nouveaux circassiens, dont beaucoup ont été découverts dans les rues de Conakry, et rendus célèbres à vitesse grand V lors d’un passage dans l’émission La France a un incroyable talent. Dans leur spectacle largement peuplé d’artistes féminines (six sur les neuf qui composent la troupe), le collectif questionne les rapports de genre dans son pays et livre une performance engagée et périlleuse dans un mélange réussi d’art africain et de nouveau cirque occidental. Lire notre critique. L.C.

A la Scala Provence du 4 au 25 juillet à 14h25, relâche les 6, 13, 20 juillet. Durée : 1h10.

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Pièces jeunesse

«Ici commence la mer» de la compagnie les Entichés

Désespérée d’avoir perdu son doudou, Gabrielle part à sa recherche à bord d’un fragile bateau en papier. La fillette rame et rencontre en chemin de drôles de bêtes, toutes réalisées à partir de matériaux plastiques : crabe gourmand et volubile, albatros sournois, poissons sacrément remontés contre les humains… Ces apparitions révèlent l’abondante faune du monde marin, où le plastoc dicte sa loi. Conclue dans un vortex de déchets, la pièce se déploie comme une leçon d’écologie à destination des porteurs d’ours en peluche. N.L.

Au Théâtre du Bleu du 4 au 23 juillet à 9h45, relâche les 10 et 17 juillet. Durée : 50 minutes. A partir de 5 ans.

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«Au bout de ma langue» de Simon Grangeat et Tal Reuveny

Quand il arrive en France à 9 ans, Taym ne parle qu’arabe – ou plutôt comme il dit «les arabes» de cette langue multiple. «Tout autour de moi le français. Ça fait des bruits, jamais de phrases, du brouhaha.» Alors Taym se tait. Parce qu’il refuse de se donner au français et pense qu’ainsi il retiendra en lui la langue de son enfance et des contes de sa grand-mère adorée. Obéissant au principe du dispositif 4x4 des Tréteaux de France (monter des spectacles légers, capables de s’adapter à différents lieux, et surtout à ceux où l’on n’entend pas habituellement du théâtre), la metteuse en scène Tal Reuveny (le formidable Sans faire de bruit) a donc fait en sorte de pouvoir trimballer tout le décor de son spectacle tout simple dans une valise. Deux ventilateurs, des foulards : le souffle d’air des uns dans la matière des autres fait naître une tempête de sable s’il le faut. S.F.

Au Totem, du 7 au 23 juillet à 10 h 40, relâche les dimanches. Durée : 50 minutes. A partir de 9 ans.

 

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On n’a pas encore vu mais c’est tentant

«Les Figurants» de Delphine de Vigan mis en scène par Valérie Donzelli

Première mise en scène de Valérie Donzelli, première pièce de Delphine de Vigan, la pièce se centre sur celles et ceux qui n’ont pas leur mot à dire et qui soudainement la prenne, la parole, s’offusquent, grondent, se révoltent. Que se passe-t-il quand les êtres «sans badge» qui attendent invisible «un gobelet de café tiède à la main» sortent de leur fonction et déplacent les limites ? Une création axée sur deux noms en tête d’affiche, mais avec Léna Tournier Bernard, Pierre Benezit, Béatrice de Staël, Stéphane Lara, Audrey Marnay, Thelma Pourias. Ce serait un comble qu’on oublie les interprètes dont les noms ne scintillent pas encore… A.D.

A la Scala Provence, du 4 au 25 juillet à 19 heures. Durée : 1h20.

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«Parler pointu» de Hélène François et Benjamin Tholozan

Même à Avignon, il n’échappe à personne que les accents se perdent sur les plateaux et dans la rue. A travers l’expérience de l’acteur principal, Benjamin Tholozan qui a dû quitter son Cévennes natal pour monter à Paris devenir acteur, Parler pointu est une histoire d’abandon, intime et politique : ou comment pour avoir une chance de travailler, on accepte l’injonction de gommer son accent, polir sa voix, et abraser ses origines ? A partir de quand, et dans quelle cour du roi, le parler dit «pointu» ou tourangeau est devenu le seul légitime ou normatif ? Fougue, joie, drôlerie promettent d’être au rendez-vous dans ce Parler pointu qui convoque un festival de personnages pour une nouvelle histoire de la norme. A.D.

Au théâtre des Carmes André Benedetto, du 4 au 25 juillet à 18h10, relâche les 8, 15, 22 juillet. Durée : 1h30.

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«Ma nuit à Beyrouth» de Mona El Yafi

Prix lycéen impatience 2025, ce spectacle très remarqué est le fruit d’une rencontre entre le performeur Nadim Bahsoun et l’autrice et metteuse en scène Mona El Yafi. Sur une bande-son composée à partir de sons enregistrés à Beyrouth, cette création à propos d’une banale quête administrative occasionnée par un renouvellement de passeport en 2022, veut plonger dans un Liban aux mille visages, horrifique et aimé, cauchemardesque et poétique, et acquiert à chaque nouvelle représentation une épaisseur historique inattendue, ne serait-ce qu’en raison de la bande-son. A.D.

Au 11 Avignon, du 4 au 23 juillet à 19h15, relâche le 10 et 17. Durée : 1h10.
 
 
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