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Théâtre : Natalie Dessay mise à nu

Théâtre : Natalie Dessay mise à nu | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Fabienne Darge dans Le Monde :

 

Elle l’avait dit et redit sur tous les tons, depuis déjà quelques années, Natalie Dessay : arrivée au milieu du chemin de sa vie, elle arrêterait de chanter à l’Opéra. Mais elle n’arrêterait pas le théâtre. Voilà aujourd’hui la soprano française dans toute la splendeur d’une reconversion réussie, du théâtre chanté au théâtre parlé : l’ex-Reine de la nuit est tout simplement magnifique dans Und, un texte de l’Anglais Howard Barker, mis en scène par Jacques Vincey au centre dramatique régional de Tours, où le spectacle a été créé le 26 mai, avant de commencer une longue tournée.

Jacques Vincey et son collaborateur, Vanasay Khamphommala, qui est aussi le traducteur du texte de Barker, semblent lui avoir ciselé sur mesure cette partition textuelle, visuelle et sonore dans laquelle elle brille comme un diamant noir. Seule au milieu de la scène, comme seule une diva peut l’être. Une sirène en longue robe rouge théâtre, juchée, au sens strict du terme, sur un piédestal, et qui peu à peu va se défaire de ses oripeaux d’artifice pour aller vers une nudité qui est l’autre nom de la mort.

Und (« et », en allemand) est un long monologue pour une femme seule, qui attend un homme qui ne viendra pas. Elle joue pour elle-même ce théâtre de la solitude et de la dépossession, qui n’est pas sans rappeler la Winnie d’Oh les beaux jours, de Samuel Beckett. Elle parle comme pour conjurer la mort, la folie, le néant, l’égarement. Und est un flux mental, psychique, qui charrie dans son cours les bribes à peine perceptibles d’une histoire plus ou moins ancienne, les héros du temps d’Homère ou les fantômes de la Shoah.

Beauté saisissante

Howard Barker est, à bientôt 70 ans, un auteur singulier, à la fois poète, dramaturge, peintre, théoricien… qui a rejeté avec la radicalité la plus résolue le réalisme social qui fait la réputation du théâtre britannique. En France, on l’a réellement découvert en 2009, quand Olivier Py, qui dirigeait alors le théâtre de l’Odéon, a consacré un cycle à cette œuvre où tout tourne autour du sexe et de la mort, et de figures féminines transgressives, à la fois déchues, libres et somptueuses.

Jacques Vincey trouve là de quoi déployer avec maestria son théâtre raffiné, qui est lui aussi, toujours, un théâtre du désir, de la mort et de l’artifice. Et sa mise en scène est d’une beauté saisissante. Natalie Dessay, dans sa longue robe rouge, méconnaissable sous une perruque rousse choucroutée, est donc seule au centre de la scène, sur un petit carré blanc.

L’urgence, le passage du temps, le danger, la glaciation psychique, la déréliction sont matérialisés de la façon la plus fascinante qui soit par le dispositif imaginé par le scénographe Mathieu Lorry-Dupuy. Au-dessus de Natalie Dessay est en effet suspendu une sorte d’immense lustre, composé… de longues lamelles de glace. A mesure que la représentation avance, la glace fond à grosses gouttes sonores sur le sol bâché, des pans entiers se détachent et se brisent avec fracas, et la femme qui parle, seule, et se dénude peu à peu de tous ses artifices, semble à la fois de plus en plus enfermée dans sa prison de verre et de fantasmes, et de plus en plus libre.

On ne révélera pas ce qu’il advient à la fin, mais il paraît qu’il faut 500 kg de glace par soir pour reconstituer le dispositif, au milieu duquel Natalie Dessay sautille comme une gamine joueuse, à l’heure des saluts et des bravos, qui ont été plus que chaleureux, lors de cette première du mardi 26 mai.

Jacques Vincey aime les actrices qui n’ont pas peur de jouer avec la théâtralité, comme Hélène Alexandridis ou Marilu Marini, à qui il a régulièrement offert de vrais morceaux de bravoure. Natalie Dessay s’inscrit avec évidence dans cette lignée, et sa musicalité fait merveille dans ce travail également très sophistiqué sur le plan sonore, mené avec le musicien Alexandre Meyer.

On peut, une fois de plus – et c’est le seul bémol qu’on pourra émettre –, ne pas être totalement convaincu par le texte d’Howard Barker, qui s’aventure dans des zones passionnantes mais laisse un peu sur sa faim – la langue n’a pas la force de celle de Genet, ou la beauté musicale de celle de Beckett.

Pourtant Und envoûte, grâce à son interprète, qui, à la fin, libère une émotion longtemps contenue en chantant mezza voce le Kaddish de Ravel.

Il paraît que Natalie Dessay rêverait de jouer Feydeau. Elle l’aurait bien mérité.

 

 

Fabienne Darge

 


Und, d’Howard Barker (traduit de l’anglais par Vanasay Khamphommala, éditions Théâtrales). Mise en scène : Jacques Vincey. Théâtre Olympia-centre dramatique régional de Tours, 7, rue de Lucé, Tours. Tél. : 02-47-64-50-50. Jusqu’au 5 juin. Puis à Paris, au Théâtre de l’Athénée, du 21 au 24 juillet, et, en 2016, au Théâtre des Abbesses ; à Marseille, Valence et Orléans.

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Au fait, et ce tableau en trompe-l'oeil qui illustre le blog ? Il s'intitule  Escapando de la critica, il date de 1874 et c'est l'oeuvre du peintre catalan Pere Borrel del Caso

 

Julie Dupuy's curator insight, January 15, 2015 9:31 AM

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Le Festival d’automne à Paris subit une coupe de 14 % de sa subvention publique 

Le Festival d’automne à Paris subit une coupe de 14 % de sa subvention publique  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Anne Diatkine dans Libération 
Publié le 17/07/2026 à 18h42, mis à jour le 22/07/2026

 

Au jeu des sept familles des gels, surgels et coupes annoncées  ces dernières semaines aux salles de théâtre, opéras et orchestres, il y a des institutions qu’on pensait à tort, préservées, ne serait-ce que parce qu’elles émanent, à leur origine, d’une volonté de l’Etat. Le Festival d’automne a appris il y a quelques jours par le ministère de la Culture qu’il allait subir une baisse de 14 % de sa subvention en 2026, soit 200 000 euros. Pas de conditionnel : le ministère de la Culture l’a confirmé à Libération.

 

L’institution parisienne se situe donc parmi les plus touchés par les récentes coupes budgétaires, et selon sa direction, est dès lors structurellement en péril. Les spectacles programmés à l’automne 2026, déjà annoncés et dont une partie des billets ont été vendus, risquent d’être affectés, tout comme, et bien plus encore, les parts de coproduction et soutien à la création de l’édition 2027. «Si on ne peut plus accompagner les artistes, qu’est-ce qu’on va pouvoir faire ? Cette baisse attaque de front tous les projets français et internationaux. C’est catastrophique», nous dit l’un des salariés de cette toute petite équipe d’une douzaine de personnes, qui multiplient les réunions de crise.

«On a le sentiment d’être punis»

Un risque : que les mécènes, éprouvant la pression, se retirent également, car ils ne peuvent ni ne veulent, «ni ne doivent» précise une salariée, remédier au désengagement de l’Etat. Beaucoup en effet dans l’équipe redoutent l’effet boule de neige à partir du moment où le fondateur historique et premier financeur du festival réduit sa part jusqu’à devenir minoritaire par rapport au mécénat. Par essence précaire. Il suffit que la direction d’une entreprise change pour que sa politique philanthropique ou artistique soit modifiée ou disparaisse, alors même que l’Etat est supposé garantir la stabilité et une force historique. «On a le sentiment d’être punis, soupire-t-on au sein du festival. On n’a pas cessé par tous les moyens d’augmenter nos recettes propres qui représentent aujourd’hui 59 % de notre budget alors que la participation de l’Etat n’a cessé de se recroqueviller au fil des ans.» Contrairement à une idée reçue, le festival n’est pas qu’un label, un tampon sur une affiche : il coproduit des créations, il vend des billets, il a un public. Et donc des recettes. Qui sont passées de 11,3 % des ressources en 2012 à 19 % en 2025.

 

Rappelons que le Festival d’automne, voulu par le président Pompidou qui souhaitait créer à Paris un festival d’art pluridisciplinaire et international capable de rivaliser avec ceux de Berlin, d’Amsterdam, de Vienne ou de Venise, a été conçu par Michel Guy en 1972, avec le soutien du ministère des Affaires culturelles. Et tout de suite, c’est un feu d’artifice de découvertes alliées à des artistes déjà reconnus. Bob WilsonPeter Brook, Patrice Chéreau, Lucinda Childs, et tant d’autres. L’idée paraît, cinquante ans plus tard, presque révolutionnaire : rendre la culture la plus pointue accessible à tous. Et depuis ses débuts, le festival, qui ne dispose pas de lieu propre, construit ses éditions en partenariat avec des établissements en région parisienne : «On compte beaucoup sur les structures mais c’est réciproque, les théâtres comptent sur nous. Quand on coupe le budget du Festival d’automne, on touche par ricochet l’Odéon, la MC 93, la Ménagerie de verre et tant d’autres. Dont certains qui subissent déjà des gels immédiats de leurs subventions», poursuit ce salarié. Le Festival d’automne, c’est 180 000 spectateurs par édition, 75 spectacles en 2026, et 60 partenaires.

 

Incompréhension, consternation, sidération : tous dans l’équipe s’étonnent de l’agenda à moins d’un an d’une présidentielle à haut risque. «Si on perd ces 200 000 euros maintenant, on ne les récupérera jamais.» Et à bas mot cette question : «Pourquoi prémâcher cette liquidation au RN si jamais il entre à l’Elysée en 2027 ?»

 

Mis à jour mercredi 22 juillet avec des précisions sur les risques de retrait du soutien des mécènes.

 
 

Légende photo : 

La Parabole du Seum de Rébecca Chaillon est programmé à partir du 26 novembre au Théâtre Public Montreuil dans le cadre du Festival d’Automne. (Marikel Lahana/Theatre Public Montreuil)

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« De la Comédie-Française » : dans les coulisses d’une première déjantée

« De la Comédie-Française » : dans les coulisses d’une première déjantée | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Critique de Boris Bastide, dans Le Monde du 22 juillet 2026

 

Le film, truffé d’idées et de dialogues savoureux, met en scène les préparatifs compliqués de la troupe et du personnel du théâtre parisien avant une représentation cruciale.

 

Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/22/de-la-comedie-francaise-dans-les-coulisses-d-une-premiere-dejantee_6729919_3246.html

L’AVIS DU « MONDE » - A VOIR

 

La Comédie-Française s’offre une belle vitrine. Le nouveau film signé Martin Darondeau et Bertrand Usclat, deux des cocréateurs de la série Broute, met en valeur quelques-uns des talents de l’institution théâtrale fondée en 1680. Si un certain nombre de sociétaires et de pensionnaires – Denis Podalydès, Laurent Stocker, Guillaume Gallienne, Marina Hands, Benjamin Lavernhe ou Julien Frison pour en nommer quelques-uns – s’illustrent aussi bien sur les planches que dans les salles obscures, les projets cinématographiques directement liés à la Comédie-Française sont plus rares.

 

Outre les captations régulières de spectacles diffusées au cinéma, le réalisateur Christophe Honoré avait profité des confinements et de l’annulation des représentations d’une des pièces qu’il devait mettre en scène au Français pour filmer ses comédiens à l’arrêt dans Guermantes (2021), comédie méta jouant du trouble entre fiction et documentaire.

 

De la Comédie-Française, Prix du public et Prix spécial du jury au dernier Festival de l’Alpe d’Huez, renoue avec ce même esprit de troupe. Le film de fiction est né au départ d’un heureux concours de circonstances : le projet de long-métrage s’est concrétisé à la faveur de travaux qui ont permis exceptionnellement de laisser libre quelques jours la salle Richelieu, ce théâtre à l’italienne situé dans le Palais-Royal à Paris. Le film permet ainsi de s’immerger dans ce lieu chargé d’histoire, de l’entrée jusqu’à la scène en passant par les coulisses, les loges, la cantine… La caméra déambule en plan-séquence dans les couloirs, suivant les déplacements des personnages.

Gags réussis

Construite autour d’une unité d’espace donc mais aussi de temps, la comédie est menée tambour battant, fourmillant d’idées et de dialogues savoureux. L’action se situe sur quelques heures le soir de la première de Macbeth, la toute première mise en scène de Nina Cardi (Pauline Clément) pour la Comédie-Française. On suit les préparatifs jusqu’au début de la représentation, à laquelle doit assister la ministre de la culture, marqués par une série d’incidents.

 

Ceux-ci sont à la fois d’ordre humain et techniques. De quoi souligner le monceau de tâches que le metteur en scène doit superviser et le nombre de gens qui œuvrent derrière les rideaux pour les décors, les costumes, la lumière, le maquillage, tous propices à quelques gags réussis. Sans oublier les comédiens, sources intarissables de rebondissements.

Une des interprètes principales doit être remplacée au pied levé à cause d’un retard de train ; l’ancienne gloire de la maison, Nadine Guimard (Danièle Lebrun), se prépare en fumant sa propre herbe « faite maison » ; l’acteur Antoine (Julien Frison), superstitieux, refuse que l’on prononce le nom de la pièce ou de porter du vert sur scène tandis que sa partenaire, Emilie Hamel (Marina Hands), ne cesse de lui demander de « faire une italienne » – comprendre répéter à deux, situation prétexte à des ébats clandestins…

De Laurent Stocker en mari trompé à Christian Hecq en régisseur aux explications intarissables, tous les acteurs s’en donnent à cœur joie, avec beaucoup d’autodérision, pour moquer les tares humaines dans l’esprit de Molière. Mais le film met aussi en valeur l’abnégation des gens de théâtre à continuer coûte que coûte sans se soucier des drames et des peines personnelles.

 
 

Ce sont ici d’abord les femmes qui ont le beau rôle. Quand le personnage de Marina Hands propose un beau plaidoyer pour la liberté d’explorer ses désirs sans remettre en cause son couple, celui de Pauline Clément incarne la difficulté de mener de front vie de mère et vie professionnelle, alternant avec brio les registres comique et dramatique. Au-delà du rire, De la Comédie-Française n’oublie jamais que le théâtre est le lieu de toutes les émotions.

« De la Comédie-Française », comédie française de Martin Darondeau et Bertrand Usclat. Avec Pauline Clément, Laurent Stocker, Julien Frison et Marina Hands (1 h 12).

 

 

Boris Bastide / Le Monde 

 
Légende photo : Adeline d’Hermy (Suzanne), Florence Viala (Fabienne), Pauline Clément (Nina Cardi), Marina Hands (Emilie) et Julien Frison (Antoine) dans « De la Comédie-Française », de Martin Darondeau et Bertrand Usclat. ZINC FILMS

 

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Spectacle vivant : l’Etat débloque les crédits de 28 structures culturelles

Spectacle vivant : l’Etat débloque les crédits de 28 structures culturelles | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Le Monde avec AFP - Publié le 21 juillet 2026

 

A la veille de l’ouverture du Festival d’Avignon, l’annonce du gel d’une partie des subventions de 28 théâtres, centres dramatiques ou encore orchestres nationaux avait provoqué l’inquiétude du monde théâtral et une forte mobilisation.

Lire l'article sur le site du "Monde" : 

https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/21/spectacle-vivant-l-etat-debloque-les-credits-de-28-structures-culturelles_6728863_3246.html

 

La somme de 10 millions d’euros de crédits de l’Etat, qui avait été gelée pour 28 structures du spectacle vivant – comme des théâtres nationaux ou des orchestres –, va finalement pouvoir « être versée au second semestre » de 2026, a fait savoir, mardi 21 juillet, l’entourage de Catherine Pégard, ministre de la culture.

 

Ces crédits correspondent aux seconds versements d’une subvention de l’Etat qui avaient été gelés dans le cadre des efforts budgétaires demandés à chaque ministère pour 2026. Le 3 juillet, l’annonce du gel de la subvention, à hauteur d’environ 13 %, de ces 28 structures, sur tout le territoire, avait été une douche froide, à la veille de l’ouverture du Festival d’Avignon.

 

D’après le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac), parmi les 28 établissements touchés se trouvaient douze centres dramatiques nationaux (Caen, Bordeaux, Marseille, Nanterre, Reims, Rennes, Saint-Denis, Saint-Etienne, Toulouse, Montpellier, Aubervilliers, Villeurbanne), trois scènes nationales (MC2 de Grenoble, MC93 de Bobigny, MAC de Créteil), deux théâtres parisiens (le Rond-Point et l’Athénée), sept opéras (Lyon, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, Nancy, Montpellier, Lyon) et quatre orchestres nationaux (Ile-de-France, Pays de la Loire, Lyon, Lille).

Six milliards d’euros d’économie

Une forte mobilisation s’en était suivie pour demander un « moratoire sur les coupes budgétaires » dans le spectacle vivant subventionné : interpellations d’Emmanuel Macron par de grands noms de la mise en scène dans la cour d’honneur du Palais des papes, rassemblements, assemblées générales, et pétition.

La CGT Spectacle avait appelé, il y a quatre jours, à une semaine d’actions à la rentrée, avec un appel à la grève à partir du 26 septembre.

 

« La ministre verra prochainement les acteurs du secteur culturel, les collectivités locales et les élus ainsi que les artistes pour établir ensemble une trajectoire pour l’année 2027 », a ajouté l’entourage de Catherine Pégard, interrogé par l’Agence France-Presse.

En avril, le gouvernement avait annoncé que 6 milliards d’euros d’économies sur les dépenses seraient réalisés en 2026 pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient lors d’un comité d’alerte des finances publiques à Bercy. Il avait ensuite détaillé les gels et les annulations de crédits.

 

Le Monde avec AFP

 
 
Légende photo : La ministre de la culture, Catherine Pegard, arrive à l’Elysée, à Paris, le 20 juillet 2026. LUDOVIC MARIN / AFP

 

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Alexis Joly et Mounir Margoum, nouveaux pensionnaires de la Comédie-Française

Alexis Joly et Mounir Margoum, nouveaux pensionnaires de la Comédie-Française | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié par Sceneweb le 21 juillet 2026

 

Alexis Joly et Mounir Margoum ont été engagés par Clément Hervieu-Léger, l’administrateur général de la Comédie-Française, et rejoignent la troupe. Si Alexis Joly, tout juste sorti du Conservatoire, est au début de son parcours professionnel, Mounir Margoum, qui a été son professeur, mène une solide carrière depuis plus de vingt ans. 

 

Alexis Joly est engagé à partir du 1er septembre 2026. Il jouera notamment dans Le Legs de Marivaux mis en scène par Aurélien Hamard-Padis au Studio-Théâtre à partir du 24 septembre, et dans La vie est un songe de Pedro Calderón de la Barca mise en scène par Benjamin Lazar, Salle Richelieu, à partir du 11 mars.

Diplômé du Conservatoire national supérieur d’art dramatique en 2026, il se forme d’abord à Rhinocéros et au Cours Florent. Au Conservatoire il suit notamment les cours de Nada Strancar et justement de Mounir Margoum. Récemment, il a participé à la lecture de Cinna de Pierre Corneille, présentée par la Comédie-Française au Studio 104 de la Maison de la Radio et de la Musique, sous la direction artistique de Loïc Corbery, en vue d’une retransmission sur France Culture.

 

 

Mounir Margoum est engagé à partir du 1er janvier 2027. Il participera à deux créations : Berlin mon garçon de Marie NDiaye mis en scène par Mariame Clément au Théâtre du Vieux-Colombier à partir du 24 février, et Les Fausses Confidences de Marivaux mises en scène par Christophe Honoré, Salle Richelieu, à partir du 3 juin.

 

Formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, Mounir Margoum débute son parcours de comédien dans Titus Andronicus de William Shakespeare mis en scène en 2003 par Lukas Hemleb et Les Sacrifiées de Laurent Gaudé par Jean-Louis Martinelli. Une longue collaboration se développe avec ce dernier qui comprend plus de six spectacles dont récemment, un seul en scène, Un homme sans titre d’après Xavier Leclerc.

Il travaille avec un grand nombre de metteurs et metteuses en scène, parmi lesquels, à plusieurs reprises, Arthur NauzycielNicolas StemannLaurent PellyCélie PautheJustine HeynemannChristophe Rauck, pour des spectacles présentés au Théâtre Nanterre-Amandiers, à l’Odéon Théâtre de l’Europe, dans la Cour d’honneur du palais des Papes, au Théâtre Vidy-Lausanne.

 

21 JUILLET 2026

 

 D'APRÈS DOSSIER DE PRESSE ET SITE DE LA STRUCTURE

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Avignon Festival Off 2026 : coups de cœur, la suite - Une sélection par Hélène Kuttner (Artistik Rezo) 

Avignon Festival Off 2026 : coups de cœur, la suite - Une sélection par Hélène Kuttner (Artistik Rezo)  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Hélène Kuttner dans Artistik Rezo, publié le 14 juillet 2026

 

 

Une histoire d’amour passion entre une concierge d’un lycée et un enseignant, un serial killer échappé de prison, un Ubu étourdi de pouvoir et de haine, un couple réfrigéré par la domination masculine ou une résidence soumise à l’avancée inquiétante de la forêt environnante et des invisibles qui y habitent ? Notre petite sélection dans le Festival Off se poursuit, faites vos choix ! 

 

Tanto Poco

 

La comédienne Cécile Garcia-Fogel se glisse dans la peau d’une héroïne invisibilisée, une concierge en poste dans un lycée à Rome, qui soudain tombe passionnément amoureuse d’un jeune professeur de lettres. Ce qu’elle nous raconte, à la première personne, remonte à quarante ans. Aujourd’hui, la soixantaine encore fébrile, l’amoureuse reprend le fil de cette histoire incroyable, totalement platonique et secrète, qui a rempli sa vie entière. « Pourquoi m’attacher à ce garçon ? » s’interroge-t-elle, lorsque le jeune enseignant arrive pour son premier poste, sous la pluie et les cheveux trempés, son casque de scooter à la main. Elle ne fait que lui indiquer où se trouve sa salle de classe. « Dès cet instant, je me suis mise à l’aimer. » Cecile Garcia-Fogel, robe noire fluide et escarpins rétro, porte ce texte avec une délicatesse aristocratique, d’une totale simplicité et d’un naturel confondant. Elle parle et danse parfois, les chansons de Giovanna Marini, de Barbara et les comptines siciliennes emportent les cœurs avec une infinie tendresse.  La comédienne nous embarque dans cette histoire écrite par le romancier Marco Lodoli, professeur lui aussi, à la manière d’une magicienne : une vie rêvée comme un fantasme, une fidélité passionnelle à toute épreuve, une existence où le sentiment amoureux, même à sens unique, a permis à une femme d’exister, d’être présente au monde qui l’entoure. C’est magnifique.

Le 11. Avignon, 19h35 (relâches les vendredis)

 

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Ubu Roi

 

Jamais la pièce de Jarry, une farce grivoise qui fit scandale à sa création en 1886, ne fut autant jouée qu’aujourd’hui. Ubu inspire les artistes, car ses clones sont légion parmi les dictateurs sans vergogne du monde entier. Jean-Marie Galey, acteur et metteur en scène, s’empare du mythe burlesque en le transposant à l’époque actuelle, faisant de ce « cloporte » au ventre bedonnant un vieillard corrompu et féroce semblable à Donald Trump, la casquette MAGA vissée sur le crâne et le rire gargantuesque. Sa femme, jouée par Teresa Ovidio, lady Macbeth, se trémousse en l’insultant grossièrement, en robe disco et en semelles à étages. Dans une boite à jeu enfantine, ces deux-là rivalisent de méchanceté et de haine, diffusant la xénophobie, le repli sur soi et la haine de l’autre sur les réseaux sociaux et célébrant en fanfare et flatulences le pouvoir surdimensionnée de l’argent. Dans cet Ubu frénétique et déjanté, le Capitaine Bordure trempe sa flagornerie stupide dans un nuage de cocaïne, le Csar de toutes les Russies, alter ego de Ras(Poutine), chasse l’ours blanc en chantant Nathalie sur la place rouge avec Gilbert Bécaud et son fils Bougrelas, geek surdoué de la toile, manipule les fake news en se défoulant comme un ado sur Fortnite. Les scènes s’enchaînent, le père de Macbeth apparaît en se trompant d’acte, les acteurs rivalisent de malice et l’esprit frondeur, enfantin et provocant de Jarry est revivifié ici grâce à cette adaptation caustique. On rit jaune !

 

Théâtre du Chêne Noir, 14h15 (relâches les lundis)

 

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Cold Cuts

 

Nous sommes dans une cuisine. Ian, le mari, est assis à la table et semble préoccupé. Molly, debout et dans un état de sidération muette, est collée au réfrigérateur. Qu’a-t-elle fait pour mettre Ian dans une colère si froide ? Que lui reproche-t-il, alors qu’il l’interroge sans jamais expliquer la faute qu’elle a commise ? Dans ce dialogue vertigineux, époustouflant de vérité et de précision, l’Ecossaise Linda McLean décrit la progression et les étapes de l’emprise masculine, la domination totale, traversée d’éclats de séduction, que le mari impose en permanence à son épouse. Dans cet interrogatoire où la victime ne peut plus rien dire, le bourreau ne cesse de s’inventer des raisons de l’écraser, l’époux faisant de sa femme un objet sans vie à la merci de violences et et d’humiliation. Amandine du Rivau et Régis Lux interprètent ces deux conjoints, dans une mise en scène au cordeau, limpide comme une eau qui glace. Les scènes courtes s’enchaînent et le comédien passe d’un personnage à l’autre, le grand fils, le médecin que Molly consulte finalement, le psychothérapeute qui recueille sa parole et ses silences. Aucune violence physique n’apparait sur le plateau, mais la violence psychique, l’asservissement par le traumatisme sont sans cesse présents, grâce aux comédiens éblouissants. Lumineux et indispensable !

 

Le 11. Avignon, 10h45 (relâches les vendredis)


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La Clairière

 

Entre conte fantastique et dystopie inquiétante, voici La Clairière, fable extralucide signée Stéphane Jaubertie et mise en scène par Jérôme Wacquiez. Dans une scénographie lumineuse de vie et de couleurs, Luce et Pierre prennent le temps de savourer leur situation de jeunes retraités dans une résidence hautement sécurisée, au milieu d’une clairière bordée par une forêt. « On est du bon côté du soleil », roucoulent-ils, comme pour signifier leur satisfaction de propriétaires nantis. Leur fille habite un appartement voisin, les relations avec les autres copropriétaires sont cordiales. Mais un matin, plus de mur ! La protection bétonnée contre la forêt, immense et inquiétante, n’est plus garantie. Pire, le chien de Perrine, la jeune fille, a disparu. Dès lors, la panique saisit tout le monde, on alerte, on s’organise, on achète des armes. Pierre se met à parler en japonais, le fantôme d’une jeune soeur réapparait, un ouvrier slovaque semble opérer une mue végétale. Depuis Shakespeare et Tchekhov, de nombreux murs se sont érigés partout dans le monde et autour de nos lieux de vie. Grâce aux sept épatants comédiens de la Compagnie Les Lucioles, ces murs se fissurent, tombent, entraînant ainsi une nouvelle attention aux autres et au monde qui nous entoure. Les secrets explosent, les langues se délient, les regards se décillent. Drôle, étrange et insaisissable, c’est une comédie très réussie sur le besoin que nous avons d’abattre nos murs intérieurs.

 

La Factory, Théâtre de l’Oulle, 15h30 (relâches les jeudis)

 

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Roberto Zucco

C’est la dernière pièce de Jean-Marie Koltès, achevée quelques mois avant sa mort, en 1989. L’auteur à l’écriture prodigieuse y raconte la folle épopée d’un prisonnier, Roberto Zucco, tueur en série italien, qui s’échappe par le toit de sa prison, commet d’autres crimes, avant d’être rattrapé et capturé par la police. Belle gueule, serial killer effronté mais doux comme un agneau, le véritable Roberto Succo, qui fit la une scandaleuse des journaux de l’époque, fascina Koltès qui en dessina une figure tutélaire, identitaire et mythique. La jeune metteuse en scène Rose Noël s’en empare avec un immense talent, entraînant dans un espace ouvert au public, sans quatrième mur, une bande de comédiens et de musiciens habités. La première scène est exemplaire, où Roberto jeune prisonnier en fuite, beau comme un ange, déboule chez sa mère en train de plier du linge. Devant nous, comme chien et chat, à même la terre, deux êtres perdus s’agrippent l’un à l’autre, comme pour mieux se retrouver et se fuir. Au fond du plateau, un choeur musical, constitué de Natalia Bacalov, voix céleste et violoncelle, et Martin Sevrin, à la guitare et comme elle à la percussion. Ils chantent en italien et en calabrais, langue et musique irriguent avec une puissance magistrale le spectacle. Zucco le schizophrène, Zucco le démon pasolinien est interprété de manière fulgurante par un comédien acrobate, animal et magnétique, Axel Granberger, qui ne cesse de se suspendre aux murs, de fuir par les coursives ou de se fondre parmi le public, le visage ensanglanté. La dernière scène, véritable lion décharné dans une cage en suspension, est poignante. Mais il faudrait tous les citer, les acteurs de ce spectacle qui portent haut la prose magnifique et violente de Koltès : Laurence Côte (la mère), Suzanne Dauthieux (la gamine), Lola Blanchard (la grande sœur), Maxime Gleizes ou Thomas Rio (le grand frère), Simon Cohen et Akrem Hamdi (les policiers), alors que Rose Noël campe la dame élégante. Un spectacle qui fera date.

 

Théâtre du Girasole, 18h50 (relâche les mercredis)

 

Hélène Kuttner  / Artistik Rezo 

 

 

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July 4, 11:40 AM
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Carolina Bianchi, metteuse en scène : « Le théâtre a besoin d’être l’enfer et le chaos »

Carolina Bianchi, metteuse en scène : « Le théâtre a besoin d’être l’enfer et le chaos » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Propos recueillis par Joëlle Gayot dans Le Monde - Publié le 4 juillet 2026

 

L’artiste brésilienne livre au Festival d’Avignon le troisième épisode de sa trilogie, « Uma Luz Cordial », qui explore les rapports entre l’écriture et la sexualité.

 


Lire l'article sur le site du "Monde" 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/04/carolina-bianchi-metteuse-en-scene-le-theatre-a-besoin-d-etre-l-enfer-et-le-chaos_6720677_3246.html

 

 

Découverte au Festival d’Avignon en 2024, Carolina Bianchi, autrice, metteuse en scène et performeuse brésilienne, achève cet été dans la cité des Papes son exceptionnelle trilogie Cadela Força (« trilogie des chiennes ») consacrée, notamment, aux violences de genre. Après avoir abordé le viol (A Noiva e o Boa Noite Cinderela« la mariée et bonne nuit Cendrillon »), puis la place des femmes dans l’art (The Brotherhood – « la fraternité »), la directrice du collectif Cara de Cavalo crée Uma Luz Cordial (« une lumière cordiale »). Cet ultime volet se penche sur les relations complexes entre littérature et sexualité et sur les possibles de la fiction.

Vous auriez pu enchaîner les chapitres sur le thème des violences de genre. Pourquoi vous limiter à trois ?

L’idée d’imaginer une histoire sans fin me plaît. Mais je suis entrée dans la forêt sombre de la création en pressentant que le dernier temps de ma trilogie serait une plongée dans la question de l’écriture. Les deux premiers volets ont mis en évidence un besoin de conclure par la révélation du grand chaos qu’est l’écriture.

De quelle manière votre corps, très sollicité dans la trilogie, sera-t-il en jeu dans cette dernière partie ?

Ce corps disparaît du premier volet, puisque je prends la drogue du violeur et m’endors. Puis il se réveille, tel un fantôme, dans le deuxième, pour tenter de se situer dans une histoire de l’art. Dans la dernière partie, il explose de l’intérieur. Pour écrire et exister à part entière, il a besoin d’alter ego, c’est-à-dire d’écrivaines. La poétesse américaine Emily Dickinson et la romancière brésilienne Hilda Hilst, qui seront présentes à travers leurs textes, vont permettre à mon corps de vivre l’expérience de la création.

Que cherchez-vous dans leurs récits ?

Ils révèlent le potentiel de violence du processus de création. La poésie est une déflagration. Elle est illumination mais aussi descente dans les profondeurs. Dans le spectacle, je veux essayer de donner la parole à quelque chose qui n’a pas de forme en suscitant une double rencontre : avec l’écriture et la sexualité. Lorsqu’elle est objet de littérature, que provoque la sexualité dans notre imaginaire ? La sexualité est un phénomène complexe pour tout le monde. On se trompe si on pense la connaître. En s’y plongeant, certains écrivains côtoient le mal de près. Ils savent restituer des obscurités que nous ne parvenons pas à déceler. La littérature est puissante et cette puissance agissante m’émeut terriblement. Finir la trilogie en mettant un pied dans la fiction était fondamental. Les traces que je veux laisser, ce sont les seuls mots de la littérature.

Comment la littérature quitte-t-elle la page pour accéder à la scène ?

Dans cette dernière partie, la parole est le protagoniste. Sur le plateau, le corps tremble dans un frisson de mots. Il accueille des résidus d’autres pièces, des fragments, des brouillons, des carnets, des notes. Constitué d’histoires réelles ou fictives, d’écrivains vivants ou morts, de désirs, il devient une sorte de « décharge » de forces. C’est depuis cette « décharge » que je crée.

Ecrivez-vous dans l’onde de choc infinie qui semble avoir suivi le viol que vous avez subi ?

La violence ne me quittera jamais. La façon dont j’énonce ce problème va s’arrêter, mais le problème ne s’arrête pas. Je suis enfant de la violence. Elle est inscrite en moi. Je suis plongée dans sa nuit. Mais je ne suis pas seulement quelqu’un qui vient du viol. Je suis née au Brésil, je vis en Europe, je suis passionnée par la littérature et la poésie, passionnée par ce que le corps peut performer au théâtre. Je veux comprendre le processus de création à partir des traumatismes, mais aussi des expériences multiples du vivant. Je ne fais pas un spectacle pour raconter uniquement mon histoire mais toutes les histoires. Mon écriture n’est pas autobiographique. Pour reprendre une définition de l’écrivaine Clarice Lispector, elle est personnelle.

 

« Fuck Catharsis » était le mantra du premier chapitre de la trilogie. Le théâtre n’a donc, à vos yeux, pas la moindre fonction de réparation ou de consolation ?

Non, non et non ! Il n’est pas là pour ça. Le théâtre ne civilise rien, ne répare rien, ne soigne rien. Il est l’antithèse de la consolation ou la réparation. Il a besoin d’être l’enfer et le chaos. Il est le lieu d’une profonde instabilité à laquelle on doit se confronter. Il est là, parmi nous, pour déstabiliser nos âmes. La création nous met à une place transformatrice. Les mots ne sont pas neutres et cette dernière partie, qui sera la plus mystique et mystérieuse, sera probablement, aussi, la plus proche de la mort.

Sarah Kane, autrice anglaise que vous citiez dans « The Brotherhood », affirmait écrire pour les morts, ceux qui ne sont pas encore nés. Et vous ?

A-t-on besoin d’accepter d’être mort pour écrire ? Est-ce qu’écrire, c’est regarder ce qu’un mort peut voir ? « Remonter à la surface les yeux injectés de sang », comme le disait Melville ? J’ai l’impression que j’écris avec les morts et avec ceux qui ne sont pas encore nés.

Vous allez jouer, à deux reprises, l’intégrale de la trilogie. Vous resterez environ dix heures sur le plateau. Comment vous préparez-vous ?

Je me prépare depuis plusieurs années en essayant de comprendre comment va se comporter mon corps. Il y aura des conséquences dues au sommeil dont je suis la proie dans la première partie. Le deuxième volet, The Brotherhood, émergera d’une fatigue qui sera une forme de résurrection. Aujourd’hui, je suis prête à aller au bout de l’aventure en sachant que l’inconnu nous attend, moi, mon équipe, le public. J’ignore ce qui va se passer. Nous le découvrirons ensemble. C’est une expérience. Une fois que je l’aurai vécue, j’aurai les mots justes pour la décrire.

 

On vous compare souvent à l’artiste espagnole Angélica Liddell. Vous sentez-vous proche d’elle ?

Je l’admire. Elle est très importante dans ma vie comme dans celle de beaucoup d’autres. Je trouve beau le fait qu’on nous compare. Il y a encore quelques années, on isolait les créatrices en ne reconnaissant pas les dynamiques qui les connectaient. Penser la proximité d’artistes femmes entre elles est une façon de penser leur généalogie. Je peux me situer dans une lignée de performeuses ou d’écrivaines sans que ça altère la personnalité de mes propres travaux. Même si nous composons nos univers avec nos propres idées, nos outils, nos expériences, nous nous sentons moins seules lorsqu’un fil nous relie.

 

 

 

Uma Luz Cordial. Texte et mise en scène de Carolina Bianchi. Avec Rodrigo Andreolli, Larissa Ballarotti, Carolina Bianchi, Lucas Delfino, Joana Ferraz, Flow Kountouriotis, Fernanda Libman, Amanda Lyra, Danielli Mendes, Carolina Mendonça. Opéra Grand Avignon, les 4, 5, 6 juillet à 17 heures, le 7 juillet à 17 heures et 22 heures. Durée : 2 h 30.

 

Propos recueillis par Joëlle Gayot / Le Monde

 

Légende photo : 

Carolina Bianchi dans « The Brotherhood », deuxième volet de la trilogie, en 2025. MAYRA AZZI
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Tout est calme dans les hauteurs — Sivadier offre à Bernhard le burlesque qu’il méritait peut-être - L'Autre Scène

Tout est calme dans les hauteurs — Sivadier offre à Bernhard le burlesque qu’il méritait peut-être - L'Autre Scène | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par David Rofé-Sarfati dans le blog L'autre Scène (.org), publié le 24 juin 2026

 

Sivadier met en scène Maître de Thomas Bernhard au Théâtre du Rond-Point avec un parti pris burlesque qu’on aurait pu craindre mais qui s’impose comme une évidence : derrière l’orgie de narcissisme du couple Meister, quelque chose résiste, quelque chose manque — et ce manque, c’est nous. Une fête du théâtre, portée par un quatuor de comédiens exceptionnels.

 

L’orgie du Maître

On se demandera si Thomas Bernhard se serait reconnu dans cette mise en scène. L’auteur autrichien, dont l’ironie au vitriol n’avait rien de la farce assumée, se serait peut-être interrogé sur ce parti pris résolument burlesque que Jean-François Sivadier impose à cette pièce de 1980 où un écrivain auto-proclamé génie tient salon dans les Préalpes bavaroises, entouré d’une épouse subjuguée, d’une doctorante terrorisée et d’un journaliste en posture de réceptacle. Bernhard fulminait, certes, mais dans la densité du ressassement, pas dans l’éclat de rire. Et pourtant. Devant le talent exceptionnel des comédiens réunis, la question se dissout. On adhère. On cède. On entre dans la fête.

 

Le narcissisme comme structure

Ce que Sivadier a compris — et que la distribution porte avec une jubilation contagieuse — c’est que le narcissisme bernhardien n’est pas seulement un trait de caractère mais une architecture. Moritz Meister n’est pas simplement vaniteux : il est la forme même de la vanité érigée en système du monde. Le flot verbal qui sature la scène, le catalogue d’assertions délirantes, les citations de Goethe convoquées entre deux bouchées, tout cela construit moins un personnage qu’une topologie — celle d’un ego qui ne peut se maintenir qu’en occupant l’espace intégral, en interdisant toute respiration à l’autre. Sivadier traduit cet enfermement par une scénographie de l’invasion : les comédiens colonisent la salle, descendent dans le public, rôdent parmi les spectateurs comme pour vérifier que nul n’échappe au magistère du maître. C’est la signature du metteur en scène, et elle sert ici parfaitement le propos.

 

L’absent qui tient tout

Derrière le narcissisme — et c’est là ce que la mise en scène laisse entrevoir avec subtilité ce qui tient du dispositif — il y a toujours un absent. Un Maître lointain, jamais nommé directement, et dont l’ombre structure l’ensemble. Dans le name dropping qui traverse la pièce de part en part, dans l’invocation compulsive des grands noms de la culture — Goethe, les poètes, les penseurs — se profile moins une communauté qu’un manque. Chaque référence est une béquille, chaque citation une prothèse identitaire. Et ce manque fondateur — qu’on lira comme la béance même sur quoi s’édifie tout complexe d’infériorité déguisé en complexe de supériorité — Bernhard le raconte de l’intérieur même: le spectre qui hante Moritz Meister est aussi le personnage que l’auteur lui-même a créé, un double inquiet de son propre rapport à la grandeur.

 

Bouchaud, la gourmandise du monstre

Nicolas Bouchaud joue Moritz Meister avec une gourmandise rare, presque obscène. Il habite ce personnage avec excès, et avec conscience de l’excès. Son jeu porte la tension propre à toute grande interprétation : être à la fois dedans et dehors, incarner le monstrueux tout en laissant filtrer ce fond de détresse qui rend le ridicule non risible mais pathétique. Norah Krief lui répond dans une partition d’une précision égale. Le quatuor de clowns tragiques — Bouchaud, Krief, Noaille, Bialek — transforme la soirée en événement.

 

L’absent, c’est nous

Sivadier a compris quelque chose de plus vertigineux encore : l’absent dont le narcissisme de Meister a besoin pour exister, pourrait bien être le spectateur lui-même. La salle reste éclairée plein feu une bonne partie du spectacle — choix radical, qui convoque chaque spectateur comme témoin et destinataire, comme objet du discours du maître. Les adresses au public sont constants, et Bouchaud ose même, à un moment, une improvisation qui fait vaciller la frontière entre le personnage et lui — entre la fiction du génie et la réalité du comédien qui se sait regardé.

Bernhard est là aussi : le public du Rond-Point, haut lieu de la bien-pensance parisienne, ce peuple à part convaincu d’avoir toujours raison, accepte d’être raillé pour ce qu’il est. La salle rit de Meister en feignant de ne pas voir que c’est d’elle-même qu’on rit. Bernhard n’aurait pas boudé ce plaisir.

Ce faisant, Sivadier nous offre quelque chose de rare et de précieux : le sentiment de compter. D’être important. D’être, pour une heure cinquante, la raison d’être de quelqu’un — fût-ce d’un monstre. Le merveilleux du théâtre est là aussi.

On sortira de Tout est calme dans les hauteurs ébranlé, secoué de rire et traversé d’inquiétude. Sivadier a pris un risque. Il a eu raison.

 

David Rofé-Sarfati -  lautrescene.org

 

Tout est calme dans les hauteurs — Maître | texte Thomas Bernhard | traduction Claude Porcell | mise en scène Jean-François Sivadier | avec Nicolas Bouchaud, Norah Krief, Frédéric Noaille, Juliette Bialek, Valérie de Champchesnel | Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris | jusqu’au 4 juillet 2026 | du mardi au vendredi 20h, samedi 19h, dimanche 15h

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Festival d’Avignon : des artistes plongent dans le chaos du monde

Festival d’Avignon : des artistes plongent dans le chaos du monde | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Joëlle Gayot dans Le Monde - Publié le 4 juillet 2026

 

 

Catastrophes intimes ou collectives, pollution, guerre : cette édition accueille plusieurs dramaturges inquiets face aux tragédies contemporaines.

 

 

Lire l'article sur le site du "Monde" : 

https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/04/festival-d-avignon-des-artistes-plongent-dans-le-chaos-du-monde_6720611_3246.html

Rébecca Chaillon a peur. De retour au Festival d’Avignon, trois ans après y avoir créé Carte noire nommée désir, l’autrice et performeuse n’a pas oublié les agressions racistes subies en 2023, lorsqu’elle avait été harcelée et menacée après la diffusion en ligne d’une photo de son spectacle la montrant en nounou noire promenant des poupons en plastique embrochés. « J’ai compris que ce n’était pas parce que les gens étaient amateurs de culture qu’ils étaient pour autant antiracistes ou antisexistes », dit-elle. Le temps a passé. Pas son angoisse qui, elle, a décuplé : « Les violences policières, les catastrophes naturelles, les discriminations, la grossophobie que j’ingurgite au quotidien… je me sens submergée. »

 

A Avignon, cet été, les dystopies ne seront pas d’actualité. Inutile de projeter le public dans l’avenir. Le futur est devenu le présent. Ce présent anxiogène, lesté par le poids d’un passé coupable, s’éprouve en temps réel. Hier, aujourd’hui, demain : les temporalités se sont amalgamées pour former un chaos que tentent de décrypter la plupart des spectacles programmés.

 

Rébecca Chaillon revient dans la cité des Papes avec La Parabole du seum. Le mot vient de l’arabe (sèmm) et il veut dire « venin ». La créatrice a le seum. Sa vie, son art, tout en pâtit : « Ma co-metteuse en scène, Céline Champinot, m’a alertée : il faut du désir, de la jouissance et de la joie. » Mais comment éluder cette tristesse qui lui étreint le cœur ? « D’habitude, je parviens à introduire de la beauté et de l’humour. Cette fois, l’angoisse est persistante. Les génocides, les pollutions, les maladies, la colonisation du ciel par des milliardaires, c’est un vrai chaos qui se bagarre sur la scène. » Cette scène sera un lieu de combat. Investie par sept performeuses « grosses », « comme je le suis moi-même », ajoute l’artiste. Parce que « les communautés de personnes grosses, ça n’existe pas », et qu’il est temps de les faire apparaître. Rébecca Chaillon a le seum, mais pas au point de baisser les bras. Les stratégies de résistance, elle connaît. Les bulles de solidarité, elle pratique. Les processus de révolte, elle apprend. C’est cette force rageuse qu’elle injecte dans sa représentation.

 

Quelles formes donner aux catastrophes intimes et collectives qui sont, à petite, moyenne ou grande échelle, devenues notre pain quotidien ? Sur la cinquantaine d’artistes réunis par Tiago Rodrigues à Avignon, six veulent et vont en découdre avec un monde en vrac. Impossible de nier l’évidence : la tragédie n’est plus ce concept antique porté par des acteurs en toge dans des amphithéâtres de pierre. Elle est descendue de son Olympe pour s’immiscer dans les quotidiens. Polymorphe, universelle et transgénérationnelle, elle hante les salles de la cité des Papes.

Attirée par le pire

Rébecca Chaillon (40 ans), mais aussi Julien Gosselin (39 ans), Marion Siéfert (38 ans), Tiphaine Raffier (40 ans) vivent et travaillent en France. Daria Deflorian, italienne, est née en 1959 ; Christiane Jatahy, brésilienne, en 1968. Ce que ces créateurs ont en commun ? La peur, l’inquiétude, la colère. Ce qui les connecte les uns aux autres ? La quête de vérité.

 

« Si je ne peux pas faire un spectacle qui regarde le mal en face, alors je ne fais pas de spectacle » : c’est dans la prestigieuse Cour d’honneur du Palais des papes que le metteur en scène Julien Gosselin fixera l’ennemi dans le blanc des yeux. Adaptée d’un roman de Roberto Bolaño (Etoile distante, 1996, édition française Christian Bourgois, 2002), innervée par la furie poétique des vers de Lautréamont, sa pièce, Maldoror, descendra à la verticale vers le territoire des enfers. Le héros (c’est logique) est une figure du diable. Poète mais meurtrier. Il s’agit, raconte Roberto Bolaño, d’un écrivain qui a rallié, dans les années 1970, la cause armée de la dictature chilienne. « Je veux comprendre pourquoi un artiste chemine avec le mal tout au long de sa vie », explique Julien Gosselin.

En trois parties qui déplaceront physiquement le public, il mène l’enquête sur une littérature attirée par le pire. « Nous sommes dans un moment où il ne faut pas fuir la violence poétique. C’est grâce à elle qu’on pourra combattre la violence réelle », affirme-t-il.

Musclée par les vidéos tournées en direct, la Cour d’honneur sera l’espace d’une immersion géographique, sensorielle, émotionnelle et intellectuelle. De ses entrailles à sa voûte céleste, elle va s’offrir aux assauts de la cruauté et de la beauté. Un mélange explosif, manié avec précaution par un metteur en scène mélancolique mais qui exècre le nihilisme : « C’est ma limite. Penser que tout se vaut et ne croire à rien, c’est dégueulasse. Lorsque ça se produit sur scène, c’est irregardable. »

 

La tentation de détourner le regard saisira-t-elle le public face aux outrages de la mort que met en scène Tiphaine Raffier ? Son spectacle, L’Hors-présence, parle de la fin de vie. Une femme agonise. Comment lui parler et l’aider, sa dernière heure venue ? « Personne n’est préparé à ça », constate l’autrice, qui revendique la nature fictionnelle de son texte et se sert de la vidéo comme de l’œil d’un « voyeur ».

 

Tiphaine Raffier a fait un choix : sortir la fin de vie « de l’intimité et des expériences privées » pour la déplacer « dans le domaine public et la politiser ». Elle a dû prendre sur elle pour aborder, sans louvoyer, le sujet des soins palliatifs. Elle évolue sur le vif de douleurs partagées. C’est le mot « cancer », précise-t-elle, qui a été le plus difficile à écrire. « Il n’est pas poétique, il est même un peu sale, il représente notre rapport à la mort et à la maladie. A partir du moment où il est apparu dans la pièce, il prenait toute la place et on ne pouvait plus le cacher. » Elle le manipule avec tact dans un spectacle qu’elle qualifie de « dur » parce que « très précis et étayé de détails visuels et sensoriels ».

L’exactitude est son armure. Un corps qui expire, c’est un corps qui se dégrade. Le mourant, lui, est une « présence chimérique » dont on ne sait plus vraiment si elle est là ou pas. Vient un moment, conclut-elle, où le théâtre doit braver ses propres tabous pour « se taper la matière ». Tiphaine Raffier n’est pas là pour consoler l’assemblée. Elle monte au front, c’est courageux.

Saccage méthodique

Car il en faut, du cran, pour désigner les ombres qui tournoient dans le ciel et n’ont plus rien d’une métaphore. En juillet 2022, les Avignonnais s’en souviennent, une pluie de cendres avait noirci les pavés : un incendie ravageait la Montagnette toute proche.

Originaire d’un Brésil consumé par les flammes qui détruisent au fil des ans la forêt amazonienne, Christiane Jatahy est aux premières loges d’un saccage méthodique, organisé par la main cynique du profit. « Les Brésiliens dansent au bord d’un volcan, dit-elle. Nous avons vécu la dictature, nous sommes revenus en démocratie, mais nous avons compris que nous pouvions perdre notre pays. » Cette conscience du danger et de son imminence agite sa représentation. Sa pièce, Un procès, rebondit sur Un ennemi du peuple, œuvre visionnaire de Henrik Ibsen, pour en livrer une suite contemporaine et participative.

 

 

Dans son spectacle, Thomas Stockmann, héros exclu de sa communauté après avoir révélé la contamination des eaux d’une ville thermale, revient le temps d’un face-à-face avec un tribunal populaire. Incarné par le comédien Wagner Moura, le personnage plaide sa cause. Doit-il dire la vérité, sachant que celle-ci entraînerait la fermeture des thermes ? La question sera débattue, chaque jour, par un public de volontaires. « L’économie est-elle plus importante que la santé des gens ?, s’interroge Christiane Jatahy. L’urgence sanitaire et écologique, les bienfaits et les dégâts du tourisme, l’essor des fake news… toutes ces complexités seront développées. » L’ennemi du peuple sera jugé pour avoir énoncé les faits au détriment de la survie financière d’un village. Coupable ou non coupable ? Chacun votera anonymement. Et se déterminera en conscience.

 

 

Où placer le curseur entre intérêts privés et raison d’Etat ? A quel moment société et individus égarent-ils leurs boussoles humanistes et civiques ? Cette question, Marion Siéfert la pose (et y répond) dans Bunker, un texte coécrit avec Matthieu Bareyre.

Le PDG d’un grand groupe pétrochimique se fait greffer des implants cérébraux reliés à une intelligence artificielle (IA). Enfermé sous terre dans un bunker de luxe avec sa fille (mutique) et son neurochirurgien, l’homme dégringole de sa toute-puissance initiale à la dépossession de ses moyens lorsque l’IA affole ses neurones. En perdant son intégrité, il perd son identité. Cette chute est mise en scène dans un spectacle d’une lucidité décapante.

 

« La représentation s’ancre dans la réalité très tangible d’un présent que nous observons de manière fine, pour le tirer vers la fiction », analyse Marion Siéfert. A l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, l’artiste a en effet pu observer des opérations du cerveau permettant de lutter contre la maladie de Parkinson. Le présent qu’elle évoque pourrait être celui d’une recherche médicale régulée qui œuvre pour le meilleur. Un présent vertueux, mais menacé par les dérives de démiurges qui tentent d’hybrider l’humain à l’IA. C’est le projet mené par Elon Musk et ce n’est pas de la science-fiction. Marion Siéfert tape dans le mille et sa pièce a le goût des défaites. Comment pourrait-il en être autrement ?

Sens des responsabilités

L’éthique sera l’arbitre de l’ardente confrontation qu’engagent avec le monde les artistes invités cet été au Festival d’Avignon. L’éthique, comme un appel au sens des responsabilités individuelles et collectives. Une injonction à réagir avant qu’il ne soit trop tard. Face à un cerveau vampirisé par la machine, face à un ciel envahi de satellites, face à des mourants dépossédés de l’heure de leur mort, face à des cruautés travesties en beauté et des désirs harcelés par la peur, le théâtre se dresse. Ce n’est pas déprimant, c’est galvanisant.

 

Daria Deflorian l’a compris, elle qui a trouvé une alliée en la personne de l’écrivaine sud-coréenne Han Kang. Après avoir transposé à la scène son livre La Végétarienne (2007, édition française Le Serpent à plumes, 2015), l’artiste italienne crée Che dolore terribile è l’amore (en français, Quelle douleur terrible est l’amour), une adaptation du roman Impossibles adieux (2021, édition française Grasset, 2023). Pourquoi revenir, deux ans après, dans les pages de Han Kang ? Sans doute, analyse Daria Deflorian, parce que cette autrice a la « capacité de créer de l’espoir », même au plus fort de la douleur.

 

Prix Nobel de littérature 2024, la romancière a payé de sa personne pour écrire son récit : sept ans de travail pour rendre compte d’une plaie ouverte de l’histoire coréenne. Entre 1948 et 1949, l’île de Jeju, située à 85 kilomètres au sud de la péninsule coréenne, est devenue le site d’une répression meurtrière. Des dizaines de milliers d’opposants à la division du pays ont été tués par les militaires sud-coréens. C’est ce massacre dont témoigne Han Kang dans un livre où se ressent, poursuit Daria Deflorian, « la souffrance de l’écriture elle-même ».

 

Si la metteuse en scène italienne ne donne rien à voir (son dispositif scénique est d’une simplicité radicale), elle fait tout entendre. Comment le passé est un traumatisme qui se transmet de génération en génération, comment il faut convoquer « les fantômes pour que souffrances et cauchemars puissent changer de couleur ». Comment les mots, enfin, chez Han Kang, « ne guérissent pas mais parviennent un peu à soigner ».

 

Daria Deflorian est une humaniste : elle croit aux lucioles qui brillent dans l’obscurité, aux petits gestes qui bravent les solitudes. Et aux imaginations qui reconstruisent, la nuit venue, ce que le réel a détruit. Daria Deflorian est une artiste : elle sait que les nuits appartiennent au théâtre.

 

 

« La Parabole du seum ». Texte de Rébecca Chaillon, mise en scène de Rébecca Chaillon et Céline Champinot. Avec Yanis Boulahia, Hassan Gourniz, Loulie Houmed, Camille Léon-Fucien, Nabila Mekkid, Julie Teuf, Living Smile Vidya. Cloître des Célestins, les 4, 5, 6, 8, 9, 10, 11 et 12 juillet à 22 heures. Durée : 2 h 30.

 

 

« Maldoror ». Adaptation et mise en scène de Julien Gosselin, d’après Roberto Bolaño et Lautréamont. Avec Guillaume Bachelé, Rita Benmannana, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Carine Goron, Jeremy Lewin, Jeanne Louis-Calixte, Cyril Metzger, Victoria Quesnel, Achille Reggiani, Lucile Rose, Maxence Vandevelde. Cour d’honneur du Palais des papes, les 4, 5, 6, 8, 9, 10, 11 et 12 juillet à 22 heures. Durée : 5 heures.

 

 

« L’Hors-présence ou Chimères du pays de Morsan ». Texte et mise en scène de Tiphaine Raffier. Avec Emma Bolcato, Teddy Chawa, Thomas Gonzalez, Paula Luna, Edith Mérieau, Catherine Mestoussis, Thierry Paret, Adrien Rouyard. La FabricA, les 4, 5, 7, 8, 9 et 10 juillet à 11 heures. Durée : 2 h 30.

 

 

« Un procès. Après l’ennemi du peuple », texte de Christiane Jatahy, Wagner Moura et Lucas Paraizo d’après « Un ennemi du peuple », de Henrik Ibsen, mis en scène par Christiane Jatahy. Avec Julia Bernat, Danilo Grangheia, Wagner Moura. Gymnase du lycée Aubanel, les 11, 12, 14, 16, 17, 19, 21 et 22 juillet à 18 heures, les 15 et 20 juillet à 18 heures et 22 heures. Durée : 2 h 15.

« Bunker ». Texte de Matthieu Bareyre et Marion Siéfert, mise en scène de Marion Siéfert. Avec Janice Bieleu, Monica Budde, Lorenzo Lefebvre, Charles-Henri Wolff. La FabricA, les 19 et 20 juillet à 18 heures, les 21, 23, 24 et 25 juillet à 11 heures. Durée : 2 h 30.

 

 

« Che dolore terribile è l’amore ». Dramaturgie et mise en scène de Daria Deflorian, d’après Han Kang. Avec Anna Coppola, Daria Deflorian, Monica Piseddu. Cloître des Carmes, les 13, 14, 15, 16, 17 et 18 juillet à 22 heures. Durée : 1 h 30.

 

Joëlle Gayot / LE MONDE

 

Légende photo : La comédienne Living Smile Vidya dans « La Parabole du seum », mis en scène par Rébecca Chaillon, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), en 2026. MARIKEL LAHANA

 

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July 1, 11:50 AM
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Thomas Jolly et Laëtitia Guédon nommés à la direction du TNP de Villeurbanne

Thomas Jolly et Laëtitia Guédon nommés à la direction du TNP de Villeurbanne | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Publié dans Sceneweb, le 1er juillet 2026

 

Désignés par les tutelles, Laëtitia Guédon et Thomas Jolly prendront leurs fonctions à la tête du TNP de Villeurbanne en janvier 2027, succédant à Jean Bellorini, qui rejoint la direction du Théâtre de Carouge, à Genève.

Catherine Pégard, ministre de la Culture, en plein accord avec Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne, Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon, et Fabrice Pannekoucke, président du Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, a donné son agrément à la proposition du jury de nommer Laëtitia Guédon et Thomas Jolly à la direction du Théâtre National Populaire, Centre Dramatique National de Villeurbanne.

Leur projet, intitulé Monde Ouvert, souhaite s’inscrire dans l’héritage de cette grande maison de production internationale. Il s’articule autour de quatre créations « phares » présentées chaque saison et déclinées en écosystèmes artistiques associant médiation, rencontres, formes satellites et partenariats. En binôme pour le TNP, ce duo propose également une vision ambitieuse des ateliers comme outils de production, de formation et d’insertion professionnelle, ainsi qu’une volonté d’élargir les publics grâce à une multiplicité de formats. Monde Ouvert a été conçu pour répondre aux enjeux d’un théâtre populaire contemporain.


Photo Anthony Dorfmann
Comédien et metteur en scène né à Rouen au début des années 1980, Thomas Jolly commence le théâtre dès 1993 en côtoyant notamment, en tant que lycéen, des comédiens du Théâtre des deux rives Centre dramatique régional de Haute-Normandie. Il parfait ensuite sa formation scénique avec Olivier Lopez, Jean-Pierre Dupuy, René Pareja parallèlement à une licence d’études théâtrales.

En 2003, il entre à l’École Nationale Supérieure d’art dramatique du Théâtre National de Bretagne à Rennes alors dirigée par Stanislas Nordey et travaille ainsi sous la direction de Jean-François Sivadier, Claude Régy, Bruno Meyssat, Marie Vayssière, Anton Kouznetsov… C’est durant cette formation que les metteurs en scène Cédric Gourmelon et Stanislas Nordey l’engagent au sein de leurs spectacles Splendid’s de Jean Genet et Peanuts de Fausto Paravidino. À l’issue de sa formation, il fonde sa compagnie en Normandie : La Piccola Familia.

Il met en scène Arlequin poli par l’amour de Marivaux en 2006 (repris en 2011 puis recréé en 2014 en russe, pour entrer au répertoire du Gogol Center de Moscou), Toâ de Sacha Guitry en 2009 (Prix du public, Festival Impatience, Odéon – Théâtre de l’Europe) ou encore Piscine (pas d’eau) de Mark Ravenhill. Parallèlement, avec le Trident – Scène nationale de Cherbourg-Octeville, Thomas Jolly crée un spectacle déambulatoire : Une nuit chez les Ravalet et deux spectacles-concerts avec l’ensemble baroque Les Cyclopes : Pontormo en 2008 et Musica Poetica en 2011.

De 2010 à 2014, il fait événement avec Henry VI de William Shakespeare : une trilogie découpée en quatre épisodes pour un spectacle-fleuve de dix-huit heures donné en intégralité lors du Festival d’Avignon 2014. Henry VI reçoit différentes récompenses : Prix Beaumar- chais – Le Figaro 2014, le Grand Prix de l’association pro- fessionnelle de la Critique et le Molière 2015 de la mise en scène. Soucieux du lien avec les différents publics, Thomas Jolly crée en miroir d’Henry VI une version (très) courte : H6m2 qui sillonne le territoire. La trilogie shakespearienne se conclut en 2015 avec Richard III qu’il met en scène et interprète. Cette création bénéficie elle aussi de son satellite conçu par l’artiste : une installation interactive intitulée R3m3.

Il conçoit pour le Festival d’Avignon 2016 Le Ciel, la Nuit et la Pierre glorieuse, un feuilleton théâtral en plein air retraçant l’histoire du festival en seize épisodes et conçoit avec l’auteur Damien Gabriac Les Chroniques du Festival d’Avignon, programme court diffusé sur France Télévisions. Dans cette même édition du festival, il met également en scène Le Radeau de la Méduse de Georg Kaiser avec les élèves de l’École supérieure d’art dramatique de Strasbourg. Sa création Thyeste de Sénèque ouvre la 72e édition du Festival d’Avignon en 2018 dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. Cette même année, il crée la mini-série télévisée Le Théâââtre diffusée sur France Télévisons.

À l’opéra, Thomas Jolly met en scène Eliogabalo de Cavalli à Garnier en 2016, Fantasio d’Offenbach à l’Opéra Comique – prix Beaumarchais SACD – en 2017 puis Macbeth Underworld, composé par Pascal Dusapin, à l’Opéra Royal de la Monnaie à Bruxelles en 2019. Avec Un Jardin de silence, c’est une création musicale d’une autre nature que Thomas Jolly crée en 2019 avec la chanteuse L (Raphaële Lannadère) et Babx autour de Barbara.

Depuis 2011, Thomas Jolly intervient en tant que pédagogue dans plusieurs conservatoires et Écoles Nationales Supérieures (TNB, TNS…). Il est également successivement artiste associé au Trident – Scène nationale Cherbourg-en-Cotentin, au TNB – Théâtre National de Bretagne, au TNS – Théâtre National de Strasbourg, au Grand T – Théâtre de Loire-Atlantique. Il a dirigé Le Quai Centre Dramatique National Angers Pays de la Loire de janvier 2020 à 2023. Au cœur d’une saison troublée par la crise sanitaire, il crée l’évènement « Quai l’Eté», et met en scène La Nuit de Madame Lucienne de Copi en juillet 2020. Acteur, il joue Xipharès dans la pièce Mithridate de Racine que met en scène Éric Vigner la même année.

En 2022, il crée Le Dragon d’Evgueni Schwartz et met en scène la tétralogie Henry VI + Richard III de William Shakespeare, un évènement hors normes de vingt-quatre heures présenté au Quai à Angers (juin 2022). Il est, par ailleurs, le metteur en scène choisit pour la recréation de la comédie musicale Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon à l’automne 2022 à la Seine Musicale. Il poursuit son travail sur l’œuvre de Shakespeare à travers la mise en scène de l’opéra de Gounod Roméo et Juliette, créé en juin 2023 à l’Opéra de Paris. Thomas Jolly a également été le directeur artistique des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques et Paralympiques – Paris 2024.

Laëtitia Guédon se forme à l’École du Studio d’Asnières en tant que comédienne, puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris en mise en scène. Riche d’un métissage singulier, elle est en quête d’une esthétique indisciplinée, où se mêlent en permanence les arts et en particulier le théâtre, la vidéo, la danse et la musique live.

Passionnée de transmission artistique et de pédagogie, elle met un point d’honneur à accompagner toutes ses créations d’actions artistiques liées aux enjeux du spectacle. Pendant plusieurs années, elle développe ainsi d’ambitieux projets à destination des publics en partenariat, avec le Théâtre de la Commune – CDN d’Aubervilliers, le Théâtre des Quartiers d’Ivry – CDN du Val-de-Marne et La Comédie de Caen – CDN de Normandie. Elle enseigne par ailleurs à l’Université Sorbonne Nouvelle, et est intervenue longtemps dans le cadre de Classes à Horaires Aménagés Théâtre (Collège Jean Vilar à La Courneuve) et en Option Théâtre (Lycée Le Corbusier d’Aubervilliers et Lycée Lamartine de Paris).

Elle fonde en 2006 la Compagnie 0,10, qui trouve son ancrage dans la création artistique, aussi bien que dans la transmission et le partage du processus de travail avec les publics. À ce titre, tous les spectacles de la compagnie s’accompagnent de projets d’actions artistiques innovants (s’opérant en amont de la création). Ces projets, sur-mesure, développés à destination de tous les publics (et particulièrement la jeunesse) infusent sur le territoire dans lequel se déroule la création, en partenariat avec des structures culturelles, associatives et éducatives. La compagnie est également particulièrement engagée dans la valorisation des écritures contemporaines. Ainsi, pour chaque création, une commande d’écriture est proposée à un auteur vivant. Kevin Keiss, Koffi Kwahulé, Marie Dilasser font partie des auteurices ayant collaboré avec la compagnie. Laurent Gaudé, Vanasay Kamphommala, Claudine Galéa, Nimmy Rafel (Inde) et Joséphine Serre prendront en charge l’écriture des cinq prochaines créations. Elle dirige de 2009 à 2014 le Festival au Féminin dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris.

En 2009, sa première création, Bintou de Koffi Kwahulé est en résidence au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis puis en création à la Chapelle du Verbe Incarné à Avignon, où il remporte le Prix de la Presse. Elle présente en 2010 et 2011 l’émission Pass Pass Théâtre sur Arte. En 2014, elle crée au Théâtre 13 à Paris, Troyennes – Les morts se moquent des beaux enterrements, traduit et adapté par Kevin Keiss d’après Euripide. En 2015, elle joue sous la direction de Serge Tranvouez dans une production de la Compagnie 0,10, Un dimanche au cachot d’après le roman de Patrick Chamoiseau (Théâtre des Quartiers d’Ivry, SN de la Guadeloupe et de la Martinique, Le Tarmac à Paris).

La même année, Élise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo, nommé directeur de La Comédie de Caen – CDN de Normandie, lui proposent de rejoindre leur collectif d’artistes associé·e·s. Elle y crée en 2017, SAMO. A tribute to Basquiat, un projet sur le peintre Jean-Michel Basquiat et retrouve la complicité de Koffi Kwahulé, à qui elle confie l’écriture du texte. Ce spectacle joue jusqu’en 2020 en tournée nationale : Théâtre des Quartiers d’Ivry, La Loge, Théâtre des Ilets – CDN de Montluçon, Théâtre de la Tempête…

En 2016, elle fonde Les Plateaux Sauvages, Fabrique Artistique et Culturelle de la Ville de Paris, où elle accompagne des artistes professionnel·le·s dans le développement de leur projet. Elle y dirige un projet au carrefour de la création professionnelle et de la transmission artistique, une pépinière de talents et un lieu de vie ouvert à tous les publics.

En 2018, la SACD lui confie pour le Festival d’Avignon la mise en scène des Intrépides Basta ! avec les autrices Céline Millat-Baumgartner, Natacha de Ponchara, Marine Bachelot NGuyen, Latifah Djerbi, Isabelle Wéry et Marie Dilasser, présenté au Conservatoire d’Avignon, aux Plateaux Sauvages et au Grütli à Genève. En 2021, elle conçoit et met en scène pour la 75e édition du Festival d’Avignon, le spectacle Penthésilé.e.s – Amazonomachie sur la célèbre reine des Amazones, dont elle confie l’écriture à Marie Dilasser.

En 2023, elle met en scène Même si le monde meurt avec les jeunes acteurices de l’Atelier Cité du Théâtre de la Cité – CDN de Toulouse Occitanie, dont elle a commandé l’écriture à Laurent Gaudé. Elle imagine également Violetta.s, une petite forme de La Traviata de Verdi, un projet commandé par l’Opéra National de Lorraine mettant en jeu des professionnel·le·s et des amateurices.
Elle participe aussi à Héros, un projet international en partenariat avec l’Ensatt de Lyon et l’Adishakti Theater de Pondichéry qui mettra en lien L’Iliade et La Bhagavad-Gîtâ.

En 2024, elle crée à la Comédie Française Trois fois Ulysse, autour de trois épisodes de L’Odyssée, dont elle a commandé l’écriture à Claudine Galéa.

 

1 JUILLET 2026 D'APRÈS DOSSIER DE PRESSE ET SITE DE LA STRUCTURE - Publié par Sceneweb

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June 25, 11:00 AM
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À Bobigny, habitants et artistes réinventent un café disparu le temps d’un spectacle

À Bobigny, habitants et artistes réinventent un café disparu le temps d’un spectacle | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par le Figaro avec AFP - Publié le 23 juin 2026

 

 

 

La Maison de la culture de Seine-Saint-Denis Bobigny donne Chez Samy, une création de Claire Lasne Darcueil qui s’inspire de micro-récits de vie.

 

La Maison de la culture de Seine-Saint-Denis Bobigny donne Chez Samy, une création de Claire Lasne Darcueil qui s’inspire de micro-récits de vie.

 

Sur la scène nationale MC93, la Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis Bobigny, voici qu'une cinquantaine d'enfants et d'adultes jouent ensemble avec jubilation dès mercredi 24 juin. Claire Lasne Darcueil, ancienne directrice du Conservatoire national supérieur d’art dramatique, associe des dizaines d'amateurs à la création de Chez Samy, fable sur un café disparu et ode à la joie collective.

  •  

Domiciliée à Bobigny juste à côté de la Maison de la culture de Seine-Saint-Denis, Camélia est une collégienne de dix ans ; Younes, conseiller retraite, a 50 ans ; Lily, entrée seulement l'an dernier dans ce théâtre pour la première fois, en a 73... Après une première réunion publique en octobre, tous ont rejoint la troupe éphémère formée de 43 amatrices et amateurs, une comédienne et un comédien, trois chanteuses lyriques, deux danseurs et un pianiste.

« Je les ai d'abord vus 12 jours depuis novembre, puis 12 pour finir le spectacle... Heureusement qu'on s'est trouvés tout de suite ! », dit en marge des répétitions la metteuse en scène Claire Lasne Darcueil.

Des trajectoires personnelles intégrées au récit

L'autrice de 60 ans, qui aura « passé presque toute sa vie à monter Tchekhov », adore les premiers actes qui présentent les personnages sur scène, les uns après les autres. La pièce qu'elle a d'abord écrite avec « son imagination d'enfant », s'est ensuite nourrie des micro-récits de vie recueillis auprès d'habitants.

 

La création, qu'elle cosigne avec le chorégraphe Feroz Saboulamide et qui se joue du 24 au 28 juin, se centre sur les tenanciers d'un café, Samy et Samir. « Un couple qui s'aimait de manière un peu solaire et ne s'engueulait jamais sauf sur un point: l'heure, le jour et le lieu où ils s'étaient rencontrés », résume-t-elle. Le spectateur ne les connaîtra qu'à travers les évocations qu'en feront les membres de leur grande famille, biologique et amicale, jouant et rejouant le scénario de la rencontre.

 

 

Dans la lumière bleutée du plateau, en répétitions, Alima et Yann s'approprient, timidement d'abord, la scène du coup de foudre en discothèque, sur l'air groove disco-funk de September, puis pas à pas, l'un vers l'autre, accompagnés par la soprano Calliopée Perrot.

L'amatrice au centre, c'est Alima Sacko, 45 ans. Elle dit s'être sentie accueillie comme elle est, avec ses Doc Martens, ses habits, invariablement noirs (« les costumières ont respecté ça ») et les doutes générés par ses « gros problèmes neurologiques »... 

 

« Normalement, plus il y a de monde, plus j'ai un sentiment d'étrangeté, mais ici je ne l'ai pas », confie à l'AFP cette Balbynienne éloquente, pour qui danser sur scène, filmée en gros plan, constituait « un vrai défi ».

Une pièce habitée par les blessures d’un « pays en guerre »

Le danseur palestinien Bashar Albelbeisi a rejoint la distribution, près d'un an après avoir été grièvement blessé à Gaza dans le bombardement meurtrier du café Al-Baqa. Lui revient le rôle d'« une personne qu'on essaie de sauver d'un pays en guerre» . Il « pose le pied par terre depuis très peu de temps », mentionne Claire Lasne Darcueil. Trentenaire sorti d'un long coma après avoir subi «une agression raciste» en Espagne en 2023, l'amateur Zakaria Labidi endosse son propre rôle: « Tout est vrai », dit-il à l'AFP, l'élocution entravée par des séquelles cérébrales.

 

Il lève le doigt pour prendre la parole en répétition: « Claire, il faut tourner la chose en étant euphoriques parce que je suis en vie ! »« Mais si on raconte la chose en étant morts de rire, ça ne passera pas, non ? », s'interroge-t-elle. Finalement, « Zak » dira sobrement sa phrase clef: « Vous n'allez pas faire la gueule toute ma deuxième vie ».

 

Le travail corporel préparatoire a été guidé par le danseur Feroz Sahoulamide, « tellement doué qu'il arrive à nous faire bouger d'abord une phalange jusqu'à ce qu'on finisse quasiment démantibulés à faire du smurf », admire Luc Costenoble, retraité de la RATP, « pas à l'aise » avec son corps au départ.

 

La directrice de la MC93, Hortense Archambault, se dit « frappée par la douceur » de cette création. Un des projets au long cours qu'elle aime fomenter, créant des liens durables entre des personnes et le théâtre public.

 

Répétant la scène de la fête d'anniversaire, Clémentine, 13 ans, est d'autant plus à l'aise entre ces murs qu'elle s'y est déjà impliqués dans un autre projet avec des enfants de Bobigny, «la petite troupe». L'adolescente résume d'une phrase l'effet que lui fait Chez Samy « Je n'aurais pas cru qu'avec autant de personnes on puisse être autant connecté ».

 

Légende photo : La pièce Chez Samy, fable sur un café disparu, se nourrit des micro-récits de vie recueillis auprès d’habitants. LUDOVIC MARIN / AFP

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June 24, 2:48 PM
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Avignon off 2026 - Une sélection de spectacles, par Alain Neddam 

Avignon off 2026 - Une sélection de spectacles, par Alain Neddam  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

 

Important : cette sélection de spectacles est forcément subjective et incomplète. Elle se base sur une expérience personnelle de spectateur, comporte – nécessairement - des oublis et ne porte pas de jugement sur des artistes, des projets qui auraient échappé à ma vigilance. Mise à jour au 24/06/26

 

Cette sélection est un simple outil offert gratuitement aux professionnels présents à Avignon et aux festivaliers. Les artistes et les compagnies mentionnés ne doivent pas en faire état dans leur communication. Les compagnies et spectacles non mentionnés m'excuseront par avance de ne pas les connaître ou d'avoir oublié de les citer.

 

 

1 - Spectacles vus et aimés

 

 

 

10H00

10h15 Le Train bleu du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

FORCENES, de Philippe Bordas, mise en scène Jacques Vincey

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8106-forcens

https://www.envotrecompagnie.fr/accompagnement-administration-production/jacques-vincey/forcen%C3%A9s/

 

 

 

10h15 Le 11 du 6 au 23 juillet (sauf les 10 et 17)

L'ART D'ETRE MON PERE de et par Julie Timmermann

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8666-l-art-d-tre-mon-pre

https://www.idiomecanictheatre.com/l-art-d-etre-mon-pere

 

 

11h00

11h05 Le Train Bleu (du 4 au 23 sauf 10 et 17)

LE PROJET BARTHES, cours de R. Barthes, mise en scène Sylvain Maurice, avec Vincent Dissez

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9077-le-projet-barthes

https://sylvainmaurice.fr/spectacles/le-projet-barthes

 

 

 

11h15 Présence Pasteur du 4 au 25 juillet (sauf les 9, 16 et 23)

J'AI SAIGNE de Blaise Cendrars, par Jean-Yves Ruf, mise en scène J-Chr. Cochard

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9336-j-ai-saign

https://www.journal-laterrasse.fr/jean-yves-ruf-porte-a-la-scene-jai-saigne-de-blaise-cendrars-un-temoignage-douloureux-de-la-premiere-guerre-mondiale/

https://www.youtube.com/watch?v=ccz__msqi5k

 

 

11h30 Le 11 – du 6 au 23 (sauf les 10 et 17)

[poíēsis] de Florian Goetz et Jérémie Sonntag

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8243-posis

https://sceneweb.fr/poiesis-florian-goetz-jordan-sajous-jeremie-sonntag/

 

11h30 La Factory - les, 3, 5, 7, 10, 12, 14, 17, 19, 21 et 24 juillet

DANS TES REVES de et par Mathieu Lemeunier, mise en scène Alexandre Philip

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8122-dans-tes-rves

https://www.grandioseetordinaire.fr/artistes/dans-tes-reves/

 

 

11h35 La Manufacture du 4 au 12 juillet (sauf le 9)

AU BON PASTEUR (Peines mineures) de Sonia Chiambretto, mise en scène Marcial di Fonzo Bo

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8818-au-bon-pasteur-peines-mineures-2

https://sceneweb.fr/ines-quaireau-dans-au-bon-pasteur-peines-mineurs-2-de-sonia-chiambretto/

https://vimeo.com/1182913352

 

 

11h55 Théâtre des Carmes du 4 au 25 juillet (sauf le 8, 15 et 22)

HCHOUMA BLUES texte et mise en scène Hicham Boutahar 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9902-hchouma-blues

https://www.youtube.com/watch?v=PUU9aCEDseQ

https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/12/05/avec-hchouma-blues-hicham-boutahar-place-les-violences-policieres-au-c-ur-de-son-amphitheatre-politique_6656141_3246.html

 

12H00

 

12h30 Théâtre du Chêne Noir du 4 au 25 juillet (sauf les 6, 13 et 20)

LE CONTE D'HIVER, de W. Shakespeare, nouvelle traduction de Clément Camar-Mercier,

mise en scène Sandrine Anglade

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8233-le-conte-d-hiver

 

12h35 Le Train Bleu, du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

NOS ASSEMBLEES d'Elise Chatauret et Thomas Pondevie

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8748-nos-assembles

https://sceneweb.fr/nos-assemblees-delise-chatauret-thomas-pondevie/

 

 

12h40 La Manufacture, du 4 au 21 juillet (sauf 9 et 16)

5 SECONDES de Catherine Benhamou, mise en scène Hélène Soulié

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9523-5-secondes

https://sceneweb.fr/maxime-taffanel-dans-5-secondes-de-catherine-benhamou-une-mise-en-scene-dhelen/

 

 

 

13h00

14h00

14H00 Théâtre Transversal du 4 au 25 juillet (sauf les 8, 15 et 22)

KATSUJIN KEN Le sabre qui donne la vie, conception Stéphane Facco et Yan Allegret

(ancien titre : SOLO ARTS MARTIAUX)

Direction d’acteur Stéphane Facco - Jeu Yan Allegret

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9617-katsujin-ken-le-sabre-qui-donne-la-vie

https://unfauteuilpourlorchestre.com/solo-arts-martiaux-texte-et-mise-en-scene-de-yan-allegret-au-theatre-de-belleville/

 

14h20 Le Train Bleu - du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

DOLEANCES (La Fable de l'écoute), mise en scène Stanislas Roquette

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9426-dolances

https://www.journal-laterrasse.fr/stanislas-roquette-adapte-et-met-en-scene-les-cahiers-de-doleances-du-grand-debat-national-de-2019-avec-doleances/

 

14h40 Reine blanche du 4 au 22 (sauf 9 et 16)

L'AFFAIRE ROSALIND FRANKLIN d'Elisabeth Bouchaud, mise en scène Julie Timmerman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8861-l-affaire-rosalind-franklin

 

 

14h45 Le Train Bleu du 5 au 23 juillet (jours impairs)

GARCON FIEVRE de Jeanne Lazar et Timothée Lerolle

https://theatredutrainbleu.fr/festival-2026/garcon-fievre/

https://www.journal-laterrasse.fr/dans-garcon-fievre-jeanne-lazar-et-timothee-lerolle-interrogent-la-nature-de-la-passion-en-racontant-les-annees-sida-dapres-un-entretien-avec-tim-joanny-madesclaire/

 

15h00

15h05 Le 11 du 4 au 23 (sauf les 10 et 17)

MAINTENANT JE N'ECRIS PLUS QU'EN FRANCAIS, de et par Viktor Kyrylov

https://www.11avignon.com/fr/maintenant-je-necris-plus-quen-francais

https://mlascene-blog-theatre.fr/critiques/theatre/critique-maintenant-je-necris-plus-quen-francais-viktor-kyrylov/

 

 

16h00

16h20 Reine blanche du 4 au 22 (sauf 9 et 16)

LA DECOUVREUSE OUBLIEE d'Elisabeth Bouchaud, mise en scène Julie Timmerman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8860-la-dcouvreuse-oublie

https://sceneweb.fr/marie-christine-barrault-dans-la-decouvreuse-oubliee-delisabeth-bouchaud/

 

16h40  Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15, 22)

Là PERSONNE, de et par Geoffrey Rouge-Carrassat

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9559-l-personne

https://coupsdoeil.fr/2025/12/la-personne-geoffrey-rouge-carrassat-critique/

 

16h50  Train Bleu (au jardin de l'ancien Carmel) du 5 au 23 juillet (sauf 8, 15, 22)

SILLAGES de Léo Ricordel et Quentin Beaufils (cirque de création)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9431-sillages

https://www.journal-laterrasse.fr/sillages-de-leo-ricordel-et-quentin-beaufils-croise-documentaire-musique-cirque-danse-theatre/

 

17h00

17h45 La Manufacture du 4 au 29 juillet (sauf les 9 et 16)

QUAND ON DORT ON N'A PAS FAIM de et par Anthony Martine

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8548-quand-on-dort-on-n-a-pas-faim

https://sceneweb.fr/anthony-martine-dans-quand-on-dort-on-na-pas-faim/

 

18h00

18H00 Reine Blanche du 4 au 22 juillet (sauf 9 et 16)

ENQUETE DE FAMILLE d'après Jacques Attali, mise en scène Elisabeth Bouchaud et Benoit di Marco

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8858-enqute-de-famille

https://www.reineblanche.com/calendrier/avignon/enquete-de-famille

 

 

19h00

19h10 Reine Blanche du 4 au 22 juillet (sauf 9 et 16)

LA TRILOGIE DU TROISIEME TYPE (trois spectacles de et par Mickaël Délis)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9010-la-trilogie-du-troisime-type

https://sceneweb.fr/les-paillettes-de-leur-vie-ou-la-paix-demenage-de-mickael-delis/

 

20h00

20H25 Le Train Bleu du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

NOTRE HISTOIRE (se répète) de Jana Klein, mise en scène et jeu Jana Klein et Stéphane Schoukroun

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9671-notre-histoire-se-rpte

https://s-vrai.com/spectacles/notre-histoire-se-repete/

 

 

20h50 Le 11 du 4 au 23 juillet (sauf les 10 et 17)

BARBARA (PAR BARBARA) d'après les entretiens de Barbara, par Marie-Sophie Ferdane,

mise en scène Emmanuel Noblet

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8110-barbara-par-barbara

https://www.journal-laterrasse.fr/emmanuel-noblet-dirige-marie-sophie-ferdane-et-olivier-marguerit-dans-barbara-par-barbara-un-petit-bijou/

 

 

20h50 Théâtre Transversal du 4 au 24 juillet (sauf 8 et 22) Jours pairs

ET SI JE N'AVAIS JAMAIS RENCONTRE JACQUES HIGELIN, écriture Zoon Besse et Guillaume Barbot

Mise en scène Guillaume Barbot

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8709-et-si-je-n-avais-jamais-rencontr-jacques-higelin

https://www.journal-laterrasse.fr/et-si-je-navais-jamais-rencontre-jacques-higelin-un-temoignage-intime-du-comedien-zoon-besse-accompagne-par-la-poesie-de-guillaume-barbot/

 

 

20h50 Théâtre Transversal du 5 au 25 juillet (sauf le 15) Jours impairs

ON A FORT MAL DORMI, d'après le livre de Patrick Declerck

Mise en scène Guillaume Barbot

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8708-on-a-fort-mal-dormi

https://www.journal-laterrasse.fr/on-a-fort-mal-dormi-2/

 

 

 

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Avignon Off 2026 - Sélection AN

Pas encore vu mais intéressant, inscrit sur mon programme

 

 

 

10H00

10h00 Le Train Bleu (Salle Maif par navette du théâtre) du 4 au 23 juillet sauf les 5, 12 et 19

REQUIN VELOURS texte et mise en scène Gaëlle Axelbrun

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8765-requin-velours

https://www.journal-laterrasse.fr/requin-velours-de-la-jeune-autrice-et-metteuse-en-scene-gaelle-axelbrun-une-revelation/

 

 

10h00 Le 11 du 4 au 23 juillet sauf les10 et 17

SPIRITUEUX de et par Laurent Cazanave, mise en scène Audrey Bertrand et Laurent Cazanave

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9292-spiritueux

https://www.journal-laterrasse.fr/avec-spiritueux-laurent-cazanave-aborde-sans-didactisme-un-sujet-essentiel-lalcool/

 

 

10h00 La Scala Provence du 4 au 25 (sauf le 6, 13 et 20)

LE TARTUFFE de Molière, par le Nouveau Théâtre populaire, mise en scène Léo Cohen – Paperman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8449-le-tartuffe

https://nouveautheatrepopulaire.fr/le-tartuffe/

 

 

 

10h30 La Manufacture (du 4 au 21 juillet, sauf les 9 et 16)

LES AVEUGLES de Maeterlinck, spectacle en réalité virtuelle de Julien Dubuc

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9577-les-aveugles

https://www.youtube.com/watch?v=UGLzVY3RTFs

 

 

11h00

11h00 Le Train Bleu du 5 au 23, jours impairs

SOPRANE de David Gauchard

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9482-soprane

https://www.youtube.com/shorts/nKzB7xYN468

 

 

12H00

 

12h35 Le Train Bleu du 4 au 22 juillet (jours pairs)

FAKE de Claudine Galéa, mise en scène Emilie Lafarge

https://theatredutrainbleu.fr/festival-2026/fake/

https://www.tnn.fr/fr/spectacles/saison-2025-2026/fake

 

13h00

 

13H50 La Scala Provence du 4 au 25 juillet (sauf les 6, 13 et 20)

PEU IMPORTE de Marius von Mayenburg, mise en scène Robin Ormond

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8181-peu-importe

https://lascala-provence.fr/programmation/peu-importe/

 

 

14h00

 

14h00 le 11 - du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

ALIF texte et mise en scène Abdelwaheb Sefsaf

https://www.11avignon.com/programmation/alif

https://coupsdoeil.fr/2026/04/alif-abdelwaheb-sefsaf-critique/

 

 

 

14h30 au Totem du 7 au 23 juillet (sauf le 12 et 19)

IMMOBILE ET REBONDI de et par Betty Bone et Sylvère Lamotte ( jeune public à partir de 3 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8136-immobile-rebondi-2

https://www.cie-lamento.fr/portfolio/immobile-rebondi-1/

 

 

15h00

15h00 à la Chartreuse du 7 au 13 juillet

TEEN PLAY de Marcos Carames Blanco, mise en scène Nathalie Bensard (jeune public à partir de 10 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8330-teen-play

https://compagnielarousse.fr/teen-play/

 

16h00

17h00

18h00

18H00 - VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 9 au 21 juillet (sauf le 15)

PETIT QUELQU'UN de Catherine Monin, mise en scène Julien Duval (jeune public à partir de 8 ans)

https://www.festivalvilleneuveenscene.com/programmation/petit-quelquun/

https://lesyndicatdinitiative.fr/petit-quelquun

 

 

 

19h00

19h00 : Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15 et 22)

LE CLOWN COMME UN POEME, par François Cervantès et Catherine Germain

https://www.theatredeshalles.com/spectacles/le-clown-comme-un-poeme-2/

https://www.journal-laterrasse.fr/le-clown-comme-un-poeme-francois-cervantes-et-catherine-germain-interrogent-a-travers-la-figure-du-clown-arletti-le-role-de-lartiste-dans-ce-monde/

 

 

20h00

20H30 - VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 8 au 21 juillet (sauf les 12, 15, et 19)

OSTINATO, par la Cie Akoreacro (cirque de création)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9095-ostinato

 

 

21h00

22h00

22h00 VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 9 au 20 juillet (sauf le 15)

CARBONE DE Julien Duval, Carlos Martins et Bénédicte Simon, mise en scène Julien Duval

https://www.festivalvilleneuveenscene.com/programmation/carbone/

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9123-carbone

 

23h00

23H00 La Manufacture du 10 au 15 juillet

CHERE IJEAWELE, OU UN MANIFESTE POUR UNE EDUCATION FEMINISTE

Lecture musicale par Ludmilla Dabo

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/10044-chre-ijeawele-ou-un-manifeste-pour-une-ducation-fminist

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June 14, 4:39 PM
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Clément Hervieu-Léger : « Je crois à la force de la Comédie-Française, elle a pu tanguer mais elle n’a jamais sombré »

Clément Hervieu-Léger : « Je crois à la force de la Comédie-Française, elle a pu tanguer mais elle n’a jamais sombré » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Propos recueillis par Sandrine Blanchard et Joëlle Gayot dans Le Monde, 9 juin 2026

 

Successeur d’Eric Ruf, le nouvel administrateur de l’institution théâtrale explique, dans un entretien au « Monde », comment il entend faire rayonner sur les territoires l’activité de la troupe et créer des partenariats avec d’autres lieux, comme le Louvre.

 


https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/06/09/clement-hervieu-leger-je-crois-a-la-force-de-la-comedie-francaise-elle-a-pu-tanguer-mais-elle-n-a-jamais-sombre_6700179_3246.html

Successeur d’Eric Ruf, Clément Hervieu-Léger a pris, le 4 août 2025, ses fonctions à la tête de la Comédie-Française dont il est membre depuis vingt ans. Dans un entretien au Monde, le comédien et metteur en scène, sociétaire honoraire depuis janvier, explique les enjeux artistiques et financiers de cette institution théâtrale et dévoile les temps forts de la saison 2026-2027.

Pourquoi avez-vous voulu devenir administrateur de la Comédie-Française ?

Par amour de cette maison, par goût pour les institutions et, enfin, parce que je suis un enfant du service public et que j’ai foi en lui. Par ailleurs, Eric Ruf, mon prédécesseur, était arrivé au terme des trois mandats qu’il pouvait accomplir à la tête de la Comédie-Française. Je savais qu’ils ne seraient pas renouvelés, ce qui ouvrait sans encombre la question de sa succession. Mon objectif est que cette exception française, subventionnée par l’Etat, et qui n’a jamais cessé son activité depuis sa création en 1680, reste en phase avec son temps et se projette dans l’avenir. Cette utopie théâtrale doit pouvoir perdurer.

Le contexte économique et politique actuel ne vous a-t-il pas effrayé ?

Reculer devant l’obstacle n’est pas dans ma nature. Je suis prêt à batailler. Ce n’est certainement pas au moment où cette maison, qui m’a construit et vu grandir, traverse une situation qui pourrait la fragiliser que je vais tourner le dos aux éventuels problèmes.

 

 

Lire le portrait (en 2025) : Article réservé à nos abonnés Clément Hervieu-Léger, un cavalier élégant à la tête de la Comédie-Française
 

Y a-t-il des réformes à mener au sein de cette institution dont le fonctionnement repose sur trois piliers que sont la troupe, l’alternance des spectacles et le répertoire ?

C’est un fonctionnement particulier. Mais maintenir cette spécificité, au cœur d’un tissu théâtral qui a multiplié les labels et opéré une forme de standardisation des modèles, est important.

 
En revanche, je n’ai jamais pensé que la vie théâtrale de la troupe était circonscrite à la Comédie-Française. Lorsque je suis entré dans les murs, en 2005, je travaillais avec ma compagnie (Les Petits Champs). Ce travail mené à l’extérieur, je n’y ai jamais renoncé. Mon expérience m’a fait toucher du doigt le fonctionnement de nombreuses compagnies en France, et, par exemple, les discussions qu’elles engagent avec les tutelles territoriales (département, région, ville). Ce sont des réalités que la Comédie-Française connaît moins puisque son interlocuteur est uniquement l’Etat.
 
 

Or, le déploiement dans les territoires, et notamment en milieu rural, me semble essentiel. Nous allons ainsi créer le spectacle de Leïla Slimani (qui écrit pour la première fois pour la Comédie-Française) à Lorient [Morbihan] avant de le faire venir au Vieux-Colombier. Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir où il y a un théâtre (il y en a partout), mais comment le faire fonctionner. Jusqu’à présent, la Comédie-Française s’est tenue à l’écart du mouvement de décentralisation. Il est temps que cela change et que ce bastion, qui occupe une place prépondérante dans le paysage théâtral, imagine des projets conjoints avec des centres dramatiques nationaux. Je crois à la mutualisation. Nous pouvons, tous ensemble, nous rejoindre dans des aventures communes. Je dirige une institution qui vit de l’argent public. Mon devoir est de la mettre au service de toutes et tous.

Quels seront les temps forts de la saison 2026-2027 ?

Avec chaque artiste, un dialogue a eu lieu pour déterminer le choix du texte le plus juste et le plus approprié. Carme Portaceli mettra en scène Les Bonnes, de Genet, une pièce écrite par un homme, et dont elle va évidemment proposer une lecture différente.

 

J’ai suggéré à Christophe Honoré de lire Marivaux, il a aimé et va monter Les Fausses Confidences. Grâce à Benjamin Lazar, le Siècle d’or espagnol sera à l’honneur, d’autant que nous serons en partenariat avec le Louvre, où se tiendra une exposition sur la peinture espagnole de la même époque. Je souhaite que, chaque année, nous développions un partenariat avec une institution différente.

 

En octobre, Julie Duclos créera Ruy Blas, de Victor Hugo. Je voulais une réouverture de la salle Richelieu avec un très grand auteur populaire et je trouve Julie Duclos très emblématique de ce vers quoi peut tendre la Comédie-Française.

Depuis mi-janvier, en raison des travaux menés salle Richelieu, plusieurs spectacles se sont déroulés hors les murs, à Paris et en banlieue. Etait-ce une bonne idée ?

Oui, et pour une raison simple : ce choix d’Eric Ruf, que j’assume totalement, a permis d’éviter de mettre les équipes au chômage technique. Nous avons loué la Porte-Saint-Martin (où Le Cid a rencontré un immense succès) 1,5 million d’euros et le 13e Art, 300 000 euros. Avec le Théâtre Montparnasse et le Théâtre du Châtelet qui portaient la production, nous avons établi des cessions de droits. Et nous avons partagé les recettes dans les théâtres publics comme l’Odéon, le Rond-Point ou Nanterre-Amandiers. Cette délocalisation n’est pas à l’équilibre financier, mais elle a permis au Français de maintenir son activité, de souder les équipes et d’accroître notre visibilité.

Quelle était la situation financière de la Comédie-Française lorsque vous avez pris vos fonctions en août 2025 ?

Je suis l’administrateur général qui prend ses fonctions dans la pire situation budgétaire de toute l’histoire de la Comédie-Française, mais je le savais en candidatant.

 

Le budget n’était et n’est toujours pas à l’équilibre. Le montant de la subvention n’a pas bougé depuis dix ans. La maison traîne depuis des années un déficit structurel de 3,5 millions d’euros dû à l’inflation et à l’augmentation des charges. En prenant mon poste, j’ai constaté que le coût des travaux avait augmenté par rapport aux prévisions. J’ai donc décidé de réduire la voilure pour les ramener aux 22 millions prévus initialement, afin qu’ils n’excèdent pas l’enveloppe allouée par le ministère. Il reste malgré tout un coût résiduel auquel s’ajoute celui du hors-les-murs. Donc nous accusons un déficit qui se situe entre 6 et 7 millions d’euros pour 2026. Je vais m’employer à le résoudre petit à petit.

Avez-vous le soutien de vos tutelles ?

Nous devrions obtenir une subvention exceptionnelle cette année. Dès mon arrivée, j’ai souhaité qu’on se lance dans la rédaction d’un contrat d’objectif et de performance, comme il y en a, et ainsi que le veut la loi, dans tous les établissements culturels. La Comédie-Française était le seul à ne pas en avoir. Il est désormais en cours d’élaboration. Il nous permettra de faire un état des lieux et de nous donner une trajectoire budgétaire. Nous devons aussi nous doter d’outils de pilotage pour savoir exactement ce qu’il en est de la masse salariale : qui est en contrat à durée déterminée, à durée indéterminée, etc. Cette maison doit s’équiper d’outils d’analyse précis. J’ai découvert en prenant mes fonctions qu’ils n’existaient pas.

Quelles sont les autres pistes pour réduire le déficit ?

Le mécénat, les ressources propres, les tournées et la politique tarifaire. Nous allons augmenter le prix des places les plus chères : elles passeront à 56 euros pour le plein tarif en catégorie A. Mais nous maintenons des tarifs réduits, des billets à 5 euros pour les étudiants ou les personnes précaires et un quota de places gratuites chaque lundi pour les moins de 28 ans. Enfin, autre apport non négligeable : le partenariat avec l’audiovisuel public et les achats de droits par Pathé, qui diffuse nos spectacles dans ses cinémas.

 

Pour que la maison perdure, dans le contexte financier actuel, il faut que ses salles soient pleines en permanence. D’une certaine façon, je suis contraint au succès. Ce qui pose la question des risques artistiques que peut prendre, aujourd’hui, la Comédie-Française.

Est-elle encore en situation d’en prendre ?

Oui, mais avec mesure. C’est pourquoi, par exemple, j’ai demandé à Thomas Jolly, metteur en scène populaire, de créer un texte peu connu d’Alexandre Dumas. Il clôturera la saison au jardin des Tuileries avec sa création de La Tour de Nesle, qui sera reprise, dès la rentrée 2027, salle Richelieu. C’est ce genre d’équilibre qu’il faut trouver : un risque sur le répertoire accolé avec un nom connu.

Ces dernières années, la Comédie-Française a vu partir certaines de ses forces vives : Rebecca Marder, Georgia Scalliet, Laurent Lafitte ont quitté la troupe. De quoi ces départs sont-ils le signal ?

Ils disent que les temps ont changé. Je ne m’opposerai pas aux sollicitations venues du cinéma, des séries ou de la télévision. Aujourd’hui, un acteur débutant n’a plus les moyens de se loger dans Paris. Au plus bas niveau de l’échelon, il gagne 2 200 euros brut (hors primes), alors qu’un comédien très capé gagne 4 000 euros brut (hors primes). Ce n’est pas grand-chose comparé au cinéma. Par ailleurs, je vais vous faire un aveu : je suis prêt à consacrer ma vie à la Comédie-Française, mais pas à la lui sacrifier. Si nos interprètes sont hors du commun, c’est parce qu’ils s’engagent sans réserve. Mon devoir est parfois de les mettre en garde contre eux-mêmes, d’avoir cette vigilance. Il y a actuellement beaucoup de jeunes parents parmi nous. Pendant des décennies, on a fait comprendre aux actrices que le mieux pour elles était de ne pas être mères. Je ne serai pas celui qui obligera une mère à n’être que deux fois par mois chez elle pour le coucher de son enfant.

Les mois qui viennent seront ceux d’une campagne présidentielle très incertaine. Quel est votre état d’esprit face à ce contexte politique ?

J’essaie d’être le plus pragmatique possible. Mon but est d’avancer au mieux dans le temps court qui nous sépare de la prochaine présidentielle. Pour l’heure, mes interlocuteurs au sein de l’exécutif sont d’une grande bienveillance. Pour la suite, bien entendu, j’ai des inquiétudes légitimes. Mais je crois à la force de cette maison et à la façon qu’elle a eue de traverser des événements historiques majeurs en plusieurs siècles. Elle a pu tanguer, mais elle n’a jamais sombré.

Votre mandat dure jusqu’en 2030. Avez-vous réfléchi à ce que vous feriez si l’extrême droite arrivait au pouvoir ?

C’est une question que je me pose. Evidemment. Mais je ne veux pas faire de la politique-fiction. Je crois très fort à la manière dont cette maison est organisée. Je prendrai deux exemples éclairants. Le premier : les tutelles ne votent pas au conseil d’administration, ce sont les sociétaires et les représentants du personnel qui votent. Autrement dit, il existe une forme d’autogestion de la maison qui la protège. Second exemple : le comité de lecture doit donner son accord pour qu’une pièce entre au répertoire et puisse être jouée sur nos planches. Aujourd’hui, ce comité de lecture est composé de membres du comité d’administration et de personnalités extérieures choisies par l’administrateur général. Ce qui veut dire que, dans un cas extrême où je me retrouverais avec un ministre de la culture qui exigerait la représentation de pièces de son choix, nos statuts nous protègent. Et s’il voulait changer ces statuts, il aurait à le faire devant la représentation nationale. Ce serait alors une autre affaire. Aujourd’hui, plus que jamais, il est vital de maintenir et de protéger le modèle et le fonctionnement interne de la Comédie-Française. J’ai confiance dans la force de l’institution.

 

Sandrine Blanchard et Joëlle Gayot / Le Monde 

Légende photo : Clément Hervieu-Léger, administrateur général de la Comédie-Française, à Paris, en mars 2025. JULIEN BENHAMOU/COLLECTION COMÉDIE-FRANÇAISE
 

 

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Dystopie : quel futur pour le Festival d’Avignon en 2050 ? 

Dystopie : quel futur pour le Festival d’Avignon en 2050 ?  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

 

 

Un événement déplacé au mois d’avril ? Sur la Côte d’Opale ? A voir depuis des véhicules climatisés ? Ou bien sacrifié ? Sous l’effet des fortes chaleurs et de l’éco-anxiété, des artistes présents cette année se risquent à l’anticipation et fantasment le futur utopique ou dystopique de leur grand raout de l’été.

 

 

«L’an prochain : le Festival d’Avignon de Dunkerque ?» La «blague» tourne, ici, sur les visages en nage des programmateurs, dans les rues surchauffées d’Avignon, comme une façon de sourire de cette question mélancolique qui perle dans beaucoup d’esprits : quelle est la viabilité de ce modèle ? Celui d’un festival de prestige mondial mais situé dans un département particulièrement exposé à la sécheresse, aux incendies et aux fortes chaleurs du fait du réchauffement climatique, et dont la signature est la transformation de lieux de plein air époustouflants en scènes de théâtre (cour d’honneur, cloître des Célestins, carrière Boulbon…).

Au Festival d’Avignon in s’active une cellule à l’intitulé sans ambiguïté : le groupe «Chaleur», à qui l’on doit pour cette 80e édition des salles climatisées à 100 %, des séances en plein air calées à 22 heures et des horaires aménagés pour les techniciens qui manipulent les gradins bouillants (de 5 heures à 13 heures). «On tente d’optimiser au maximum le confort des publics et des équipes, mais on est encore à la merci des orages et des averses sur les lieux de plein air, explique Clémentine Aubry, directrice déléguée. Ce pourquoi des clauses intempéries sont désormais insérées dans les contrats.» Après une annulation liée au risque incendie, la représentation de la pièce Silence a finalement pu être jouée à la carrière de Boulbon, lundi 6 juillet. Dans les instances des festivals d’été, on partage les bonnes pratiques sur le sujet non pas seulement du réchauffement mais plus largement du dérèglement climatique. Clémentine Aubry : «Dunkerque non plus ne sera pas épargné, vous savez…»

 

 

Mais tout le monde le sent cette année en rasant les murs en pierre en quête d’un mince filet d’ombre : est-ce vraiment suffisant ? Quid d’un festival au mois d’avril plutôt qu’en juillet ? Ce serait tout un paradigme philosophique, touristique et économique à repenser, le festival étant né en 1947 de l’utopie de s’ouvrir au plus grand nombre, donc sur la période des vacances d’été, celles où les familles ont le temps de traverser la France, de s’immerger dans la ville avant de poursuivre les vacances. «Il faudrait qu’on nous impose, d’en haut, ce changement de date car nous sommes très attachés à ce legs». Pas pour tout de suite donc. Peut-être en 2050 ? Pour Libé, cinq artistes fantasment à quoi pourrait ressembler le festival d’Avignon du futur.

Alice Carré, autrice et metteuse en scène

Présente à Avignon «Ecorces, polar forestier»

Avignon 2050, les cigales ne chantent plus, le célèbre pont ne recouvre maintenant qu’un mince liseré d’eau. Le festival a été décalé à mi-mars et au fil des années, réduit à une semaine. Le maire de la ville, nommé à vie sur proposition démocratique, a déclaré : «Une semaine de culture ça suffit, après on se fait chier, les Grandes Dionysies de la Grèce antique c’était pas plus de six jours !»

A l’entrée des remparts, un aspirateur de particules fines accueille les spectateurs. Un dôme climatisé (offert par le Qatar à la France) recouvre la cour du palais des Papes. Un brumisateur géant dissémine ses précieuses gouttelettes de fraîcheur au-dessus de quelques points stratégiques comme la place de l’Horloge. Le reste de la ville et des alentours est rationné en eau.

Les murs du palais des Papes sont recouverts des panneaux publicitaires Xing, la société chinoise de satellites qui domine le marché, et Baukraft, leader incontesté du bunker, tous deux principaux financeurs du festival. Un comité d’experts, composé des différents mécènes, a désormais un droit de regard sur la programmation. Le ministre du CSI (Culture, Sport, Information) y siège aussi à titre honorifique, même s’il ne finance plus l’événement qu’à hauteur de 0,5 %.

 

Le festival off a quant à lui presque disparu, seules quelques salles restent actives, grâce au rachat par un investisseur philanthrope, ou aux locations de quelques héritiers. Les théâtres vacants ont été remplacés par des compagnies d’assurance ou des «digital data parks».

Le festival amateur de Barneville-Carteret (Manche), monté par d’anciens artistes reconvertis dans l’événementiel (et financé sur fonds propres), est devenu un lieu en vogue, mais ses infrastructures sont menacées par la montée des eaux.

Ecorces, polar forestier jusqu’au 23 juillet à 22h05 au 11, à Avignon (84).

Joachim Maudet, danseur et chorégraphe

A présenté «Gigi (à la suite de Nox)» dans le off

Après la crise mondiale de 2042, la culture est devenue un bien de première nécessité. Le ministère de la Santé peut désormais s’appuyer sur des études scientifiques pour prouver qu’elle est aussi importante que se nourrir ou faire l’amour, qu’elle est un remède anti-dépression, et combat la solitude Elle devient le principal pilier de la société. Dans ce contexte la ville d’Avignon est devenue la municipalité ressource, un pôle avec ses salles de shoot rue des Teinturiers, ses prescriptions de balades chorégraphiques le long du Rhône, tout cela gratuit et sans ordonnance.

 

François Gremaud, comédien et metteur en scène

A présenté «Mon frère» dans le in

En 2050, Avignon est devenu le plus grand festival nocturne d’Europe : on y circule à vélo sous la canopée, on se baigne entre deux spectacles dans les canaux remis en eau, les transports sont gratuits, les artistes correctement rémunéré·es et la culture accessible à touxstes. Le climat continue de se réchauffer, mais Avignon est devenue plus fraîche grâce aux millions d’arbres plantés après le Grand Tournant des communs (GTC) engagé à la fin des années 2020, peu après cet autre événement longtemps jugé par les spécialistes encore plus improbable que la transition écosociale elle-même : l’union durable des gauches françaises. Le plus grand succès de cette édition, dans la cour d’honneur, est une comédie qui résume le début du XXIe siècle : ce temps où tout le monde connaissait parfaitement les solutions permettant d’éviter le pire, mais passait l’essentiel de son temps à débattre de leur nécessité. Le spectacle dure quatre heures et fait rire tout le monde.

 

Vanasay Khamphommala, dramaturge, performeuse et autrice

Présente «Songs of Grief [Love Me Tender]» et «Je te chante une chanson toute nue en échange d’un verre» dans le in

En 2076, ma performance Je te chante une chanson toute nue en échange d’un verre n’aura sans doute plus de sens : la chaleur nous aura contraint·es à renégocier notre rapport à la nudité. Le changement climatique placera au cœur du travail artistique les conditions et le sens mêmes de notre présence les un·es aux autres, les formes de sociabilité, les modalités de rassemblement, les écologies relationnelles qui conditionnent le fait d’être ensemble. Alors, les spectateurs du festival pourront participer, dans la Cour d’honneur revégétalisée, à une exploration participative de nouvelles formes d’intimité écoérotique en inclusivité radicale. Mais aussi à une épopée mondiale des migrations, portée par des artistes et personnes déplacé·es par le changement climatique. Ou encore à une réécriture radicale de Pirandello : «Rafraîchir celleux qui brûlent». Une chorégraphie proche du bain rituel sera créée en collaboration avec le Rhône — ce qu’il en restera — : chaque représentation serait augmentée des larmes du public, comme si notre deuil du vivant devenait lui aussi une ressource à partager.

Je te chante une chanson toute nue en échange d’un verre, 12 min., jusqu’au 23 juillet et Songs of Grief, 30 min., jusqu’au 24 juillet au Bar du Festival.

Laura Vazquez, poète et romancière

Elle présente «Vive le sujet ! Tentatives - série 3» avec le duo MazelFreten

AVIGNON – PLUS TARD

LA TERREUR A FINI PAR PRODUIRE

LE REFUS COMPLET DE SE VOIR

NOUS VIVRONS LE CORPS COUVERT

D’UN TISSU BLANC QUI NOUS

PROTÈGERA DE L’AIR POURRI

PLUS DE VISAGE

LES CORPS QU’ON ENTERRERA

SERONT REJETÉS

PAR LES SOLS

SI BIEN QUE LES MORT·E·S CIRCULERONT

PARMI NOUS

ET ILS PUERONT TERRIBLEMENT

NOUS SERONS HABITUÉ·E·S

ÇA NE NOUS DÉRANGERA PAS

SACHEZ BIEN QUE LA TERREUR

NE SE REGARDERA PLUS

DEPUIS LONGTEMPS

LA TERREUR GÉNÉRALE DONNERA

UN SOURIRE GÉNÉRAL

RICHE ET PARFAIT

DESSINÉ SUR LE TISSU

DEVANT NOS BOUCHES

LE PLUS BEAU PROJET POUR UN INDIVIDU

SERA DE N’AVOIR

AUCUN PROJET AUCUNE IDÉE

LE MEILLEUR MOMENT POUR UN INDIVIDU

SERA SON ABSENCE PROLONGÉE

À SA PROPRE CONSCIENCE

BIEN SÛR

NOUS IRONS AU SPECTACLE

LE POÈME SERA LA SEULE ANOMALIE DE NOTRE MONDE

LES SPECTATEURS FABRIQUERONT

EN CONTINU

L’AVEUGLEMENT QUI LES PROTÈGE

LORSQUE LA POÉSIE

APPARAÎTRA ILS TREMBLERONT

MAIS ILS NE VERRONT PAS

ET ILS NE SAURONT PAS

IL FAUDRA ÊTRE TARÉ·E

POUR SENTIR ET POUR VOIR

IL Y AURA DES TARÉ·E·S

COMME AUJOURD’HUI C’EST LA NATURE

QUELQUES TARÉ·E·S

CACHÉ·E·S COMME DES RATS DES VERS

DES STRATES SOUS LES ROCHES

LE SEUL DÉBORDEMENT SERA SECRET

AU THÉÂTRE NOUS RECEVRONS

DES CHOCS CONTRÔLÉS

PAR UN SYSTÈME DE RÉFLEXES

LES ÉMOTIONS COLLECTIVES

SERONT DISTRIBUÉES

LES PERSONNES PLEURERONT ET RIRONT

ELLES S’INDIGNERONT

ELLES UTILISERONT

DES PAROLES ADAPTÉES

IL FAUT SAVOIR QUE

LA PLUPART DES ŒUVRES SERONT

DES SCÈNES DÉJÀ JOUÉES DES SÉQUENCES SAINTES

DES SITUATIONS D’APRÈS LA MORT

EN FONCTION DE NOS COMPORTEMENTS

DOCILES DANS CETTE VIE

LES TEMPS APRÈS LA MORT

SERONT HYPER-REPRÉSENTÉS

IL FAUT SAVOIR QU’

ON EMPLOIERA BEAUCOUP LES ANIMAUX

CAR LES MACHINES AURONT CRAMÉ

DES CHEVAUX MAIGRES DANS LES RUES

TIRERONT LE MATÉRIEL OU LES MORT·E·S

ET NOUS SERONS PLONGÉ·E·S DANS

UNE ODEUR PRIMAIRE LOURDE

LES GENS RIRONT ET ILS S’HYDRATERONT

PAR UN SYSTÈME DE TUBES

LA CHALEUR SERA CONSIDÉRÉE COMME

UN ÊTRE VIVANT QU’ON AURA BAPTISÉ

D’UN PRÉNOM REMÂCHÉ DANS UN TIC DE LANGAGE

LES ADULTES MOURRONT BEAUCOUP

LES ENFANTS MOURRONT BEAUCOUP

IL N’Y AURA PAS D’OISEAUX

ON POUSSERA DES CORPS

L’HIVER L’ÉTÉ DÉSIGNERONT DES ÉTATS

QUE LES VIVANT·E·S

N’AURONT JAMAIS CONNUS

ÇA NE NOUS DÉRANGERA PAS

NOUS IMAGINERONS BEAUCOUP

LES TEMPS APRÈS LA MORT

NOUS RÊVERONS DUREMENT

TOURNÉ·E·S APRÈS LA MORT

LES OBJETS DE NOS IMAGINATIONS

SERONT SANS EFFET SUR LE DESTIN

DE LA PLANÈTE DE NOTRE ESPÈCE

SI BIEN QUE LA TERREUR

PERDURERA AU MAXIMUM

PARFOIS UNE RESPIRATION

VENUE D’UNE PLUS GRANDE OBSCURITÉ

APPARAÎTRA SUR LES SCÈNES

COMME SI LES PENSÉES HUMAINES

SORTAIENT DES EAUX

ET ENTRAIENT DANS LES EAUX

CE SERA LE NOUVEAU THÉÂTRE

CE SERA LE DERNIER

Vive le sujet ! Tentatives - série 3, 1 h 30, au Jardin de la Vierge du lycée Saint-Joseph, du 22 au 25 juillet.

Ève Beauvallet -  Libération

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Festival d’Avignon, jour 19 : un jeu de chaise musical, les sauts de cabri de Jeanne Candel et sa bande et la cour qui fait son cirque 

Festival d’Avignon, jour 19 : un jeu de chaise musical, les sauts de cabri de Jeanne Candel et sa bande et la cour qui fait son cirque  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Lucile Commeaux•Anne Diatkine•Sonya Faure•Nina Lacour•Aïnhoa Jean-Calmettes•Victor Inisan•Ève Beauvallet•Elisabeth Franck-Dumas dans Libération -

Publié le 22 juillet 2026

 

Le Saint-Siège. Celui qui a le pouvoir de nous faire passer un terrible spectacle s’il n’est pas confortable ou adapté. «C’est bien mais pour des personnes avec de petites fesses», s’indigne, hilare, un spectateur coincé dans son fauteuil plastique du gymnase Mistral. Sur Instagram, une internaute se plaignait, début juillet, que le sien se soit cassé en pleine représentation de la Parabole du seum – la pièce de Rebecca Chaillon porte précisément un discours sur la grossophobie et les corps minorés. Le festival propose d’ailleurs dans deux lieux – le cloître des Célestins et la Fabrica, des assises de différentes dimensions taillées pour plusieurs morphologies, dans un souci d’inclusivité.

Qu’il flirte avec le tabouret, le pouf ou le trône, le siège a son rôle à jouer dans l’appréciation d’une pièce. Assis, on se sent tantôt petit écolier, tantôt roi. Et peu importe si ce que l’on voit sur scène est mémorable ou pas, le corps, lui, se souviendra – de la chic assise en cuir de la cour d’honneur, des fauteuils de l’opéra, propices à nous faire piquer du nez (sauf pour Lee Jaram), des larges banquettes de la Fabrica, des coques en plastoc’ de gradins finalement aussi attachantes que collantes à la peau. Sacré jeu de chaises théâtrales.

Les spectacles du jour

«On adore»

«Capra» de Jeanne Candel. Dans son dernier spectacle, la metteuse en scène nous plonge dans les pensées fourmillantes d’une poétesse, matérialisées par un enchaînement de saynètes fantasques si foisonnantes qu’on ne sait où donner de la tête. Comme toujours chez Candel et sa petite troupe, c’est le bordel. L’enchaînement de saynètes hilarantes, funambules, oulipiennes, fonctionne comme un carambolage mental. Lire notre critique.

 

 

«On aime» : 

 
 

«Bâtir» de Salim Djaferi et Clément PapachristouBâtir est une pièce-enquête. A l’aide d’archives et d’une scénographie habile, le comédien retrace, avec douceur, par les mots et les gestes chorégraphiés, le passé discriminatoire des banlieues depuis les années 50. Dont celle de Sevran où il est né. Retrouver notre critique.

«Allez y sans nous» : 

 
 

«Bunker» de Marion Siéfert et Matthieu Bareyre. La metteuse en scène signe avec Matthieu Bareyre une uchronie bien vide sur la dislocation du langage sous le coup de l’ultralibéralisme et de la technologie débridée. Lire notre critique en intégralité.

 

On court le voir dans le Off

«Le dernier jour de Pierre», de Baptiste Zsilina. Véritable petit écran scénique, l’espace de jeu du castelet restreint le champ de vision. Par tableaux successifs, on découvre Pierre qui semble traîner sa solitude partout où il va, même lorsqu’il joue quelques airs dans une fête de village. Tenues par des fils, les marionnettes sont bouleversantes de vie, parmi elles, un petit chat qui offre quelques miaulements au protagoniste, à la fois si triste et de marbre, en guise de consolation. A ces moments de douceur nostalgique se mêlent des scènes (hors castelet cette fois) de pénombre, déroutantes, macabres. Un magnifique spectacle crève-cœur. N.L.

 

«Le dernier jour de Pierre», de Baptiste Zsilina, par la compagnie  DERAÏDENZ au théâtre du Train bleu, Sauveterre - pole culturel Jean-Ferrat. Jusqu’au 25 juillet (relâche le 24 juillet). Tarif : de 15 à 22 euros. A retrouver le 27 février à l’espace Michel-Simon, Noisy-le-Grand.

L’actu

L’Etat dégèle des crédits. Rebondissement dans le feuilleton qui oppose, depuis le 3 juillet, 28 lieux de spectacle vivant, soutenus par l’intersyndicale, au ministère de la Culture. La tutelle a annoncé à l’AFP, ce mardi 21 juillet, que toutes les subventions, alors menacées d’un gel, leur seront versées au second semestre. Si les professionnels se réjouissent de la nouvelle, ils appellent toutefois à maintenir la mobilisation et à continuer à politiser la question du financement de la culture. Retrouver notre article.

A chaud

 
 

Un festival d’Avignon déplacé au mois d’avril ? Sur la Côte d’Opale ? A voir depuis des véhicules climatisés ? Ou bien sacrifié ? Sous l’effet des fortes chaleurs et de l’éco-anxiété, des artistes présents cette année se risquent à l’anticipation et fantasment le futur utopique ou dystopique de leur grand raout de l’été. Retrouver les dystopies de Laura Vazquez, Vanasay Khamphommala, François Gremaud, Alice Carré et Joachim Maudet.

L’analyse

 

A Avignon, cette année, le cirque est bien en cour. La programmation de la pièce chorale et acrobatique le Pas du monde du collectif XY, à la cour d’honneur du palais des Papes marque un tournant dans la reconnaissance institutionnelle d’un art autrefois marginalisé. Lire notre enquête.

L’affiche

 
 

L’outil IA s’est peu à peu immiscé au festival de théâtre, que ce soit en débridant le travail graphique ou en s’insinuant dans certains processus de création, où l’artifice nourrit l’art. Retrouver notre article.

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July 22, 3:31 AM
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Pauline Clément, sociétaire de la Comédie-Française : « Je suis exactement la même que l’élève qui galérait à l’école. J’ai simplement trouvé ma place »

Pauline Clément, sociétaire de la Comédie-Française : « Je suis exactement la même que l’élève qui galérait à l’école. J’ai simplement trouvé ma place » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Propos recueillis par Charlotte Bozonnet et Nathalie Brafman
Publié le 18 juillet 2026 dans Le Monde

 

 

« J’avais 20 ans ». « Le Monde » interroge une personnalité sur ses années d’études et son passage à l’âge adulte. Ce mois-ci, la comédienne de 39 ans, raconte une jeunesse marquée par les difficultés scolaires et la révélation du théâtre.

Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/07/18/pauline-clement-societaire-a-la-comedie-francaise-je-suis-exactement-la-meme-que-l-eleve-qui-galerait-a-l-ecole-j-ai-simplement-trouve-ma-place_6724431_4401467.html

Nommée sociétaire de la Comédie-Française en janvier, dix ans après y être entrée, Pauline Clément est à l’affiche du film De la Comédie-Française (sortie le 22 juillet), aux côtés des autres membres de la troupe. Réalisé par Martin Darondeau et Bertrand Usclat, le film a été l’un des grands gagnants du dernier Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez, où il a remporté quatre prix, dont celui du jury et du public. Elle sera également dans le prochain film d’Emmanuel Mouret, Le Cabinet du docteur Albertini, face à Laure Calamy et Valeria Bruni-Tedeschi. A la Comédie-Française, on la verra dans la reprise de L’Ecole de danse et de L’Avare.

Dans quel milieu avez-vous grandi ?

Dans une famille aimante et joyeuse. On vivait dans une maison à Brunoy [Essonne]. Mon père était médecin, ma mère professeure de français ; elle avait aussi étudié la philosophie. J’étais l’enfant du milieu, avec deux frères.

Quel enfant étiez-vous ?

A l’école, j’étais très timide, on peut même dire maladivement timide. Je n’osais rien, même pas demander à la maîtresse d’aller aux toilettes. A la maison, en revanche, j’avais un tempérament un peu explosif, je libérais toute l’énergie retenue pendant la journée.

Vous n’aimiez pas l’école ?

J’ai adoré la maternelle, j’y étais très heureuse. Puis, quand je suis entrée au CP, les difficultés ont commencé. J’avais du mal avec la lecture et l’écriture. Je m’en fichais un peu, je me disais : « Tant pis, ce n’est pas très grave, je n’apprendrai pas à lire ni à écrire. » J’avais tout un monde imaginaire dans ma chambre. J’inventais des personnages, je jouais avec mes Playmobil et mes Polly Pocket, et je me demandais : « Pourquoi l’école, c’est si ennuyeux ? Pourquoi est-on assis toute la journée avec des cahiers et des stylos ? Pourquoi on ne joue plus ? » En CE1, mes difficultés se sont accentuées et j’ai redoublé. Puis j’ai eu du soutien scolaire, c’était un vrai calvaire…

Comment ont réagi vos parents ?

Ils étaient très étonnés. Dans ma famille, il y a beaucoup de médecins, des avocats… Mon grand frère était très doué pour les études. Le petit est plutôt comme moi. D’ailleurs, je me souviens que mon père nous emmenait tous les deux faire des balades en forêt avant d’aller à l’école pour nous déstresser. Je voyais de l’inquiétude dans les yeux des adultes, sans bien comprendre pourquoi.

Finalement, on a mis des mots sur vos difficultés…

Oui. En CM1, je suis allée faire un bilan à l’hôpital. Je faisais des exercices devant des gens en blouse blanche, je trouvais ça plutôt amusant. Ils ont fini par dire à mes parents que j’étais un peu dyslexique, dysorthographique et dyscalculique. A la fin de la 5e, je me suis retrouvée en section menuiserie. C’était assez compliqué pour une adolescente. Il n’y avait que des garçons… Je ne mettais plus que des joggings et, scolairement, je n’y arrivais toujours pas. Ça s’est terminé par une véritable crise d’angoisse. Pendant un an, je n’ai plus réussi à sortir de chez moi.

Vous avez alors changé de voie ?

Oui. J’ai décidé de faire un CAP d’esthétique. J’aimais beaucoup ça : prendre soin des autres, maquiller, faire les ongles… J’ai complètement changé de look, j’ai jeté mes joggings et je suis devenue très girly. En parallèle, chaque vendredi, je suivais des cours de théâtre amateurs avec Irène de Crozefon. J’étais totalement passionnée. Et surtout, j’étais moi !

Et vous avez eu votre CAP ?

Oui, et j’en étais très fière. C’était la première réussite de ma vie. Ensuite, je me suis inscrite pour passer un BEP en alternance. Sauf que je ne voulais pas arrêter mes cours de théâtre. Mon père a appelé l’école pour que je puisse sortir plus tôt le lundi. La direction a refusé, et il m’a dit : « N’y va plus et fais du théâtre. » J’ai demandé à mes parents si je pouvais prendre une année sabbatique : faire une année au Cours Florent, puis passer mon BEP. Ils m’ont soutenue et m’ont vraiment aidée.

Comment le théâtre était-il entré dans votre vie ?

A la maison, il y avait beaucoup de livres mais on allait peu au théâtre et peu au cinéma. A 15 ans, je suis partie en colo de théâtre à Avignon. Un soir, nous sommes allés voir une pièce. J’étais totalement fascinée. Ce qui se passait sur scène me bouleversait. Ça a été une révélation.

Vous entrez au Cours Florent à 18 ans. Comment avez-vous vécu cette première année ?

C’était compliqué. Dans les cours amateurs, on jouait des textes légers. Là, il fallait interpréter des textes plus sombres. Il y avait les exercices de diction, le placement de la voix… Je me suis accrochée. Trois ans plus tard, j’ai passé le concours du conservatoire du 8ᵉ arrondissement et j’ai été admise. En deuxième année, j’ai rencontré Bertrand Usclat. A la fin d’une scène en cours, il est venu me voir et m’a dit : « Il faut que tu passes des concours. »

Comment vous y êtes-vous prise ?

J’ai suivi son conseil et je me suis inscrite à une vingtaine de concours. Je me suis beaucoup éparpillée et j’ai tout raté. L’année d’après, en 2011, je me suis concentrée sur deux concours dont celui du Conservatoire national d’art dramatique de Paris. J’ai tout donné et je l’ai eu ! J’avais 25 ans. J’étais persuadée qu’en sortant, je travaillerais sans difficulté. Mais il ne s’est rien passé. Personne ne m’attendait. Je suis tombée des nues ! Je me suis inscrite à Pôle emploi Spectacle et je peux vous dire que je n’étais pas la seule à faire la queue.

 

Quelques années plus tard en 2014, avec Bertrand, on a monté un seul-en-scène, Comme la lune, que l’on jouait le samedi soir. On louait la salle, on collait nous-même les affiches, mais comme personne ne connaissait nos têtes, personne ne venait. En parallèle, on a commencé à faire des sketchs dans une émission de télévision. Je cherchais aussi de la figuration. J’étais prête à animer des goûters d’anniversaire pour gagner ma vie… J’ai également passé une audition pour la Comédie-Française, mais je n’avais pas été retenue. Ils m’ont dit « On vous a beaucoup aimée, on vous rappellera ». Six mois plus tard, ils m’ont appelée pour jouer dans Les Derniers Jours de l’humanité de Karl Kraus. J’avais 29 ans, j’avais enfin un travail.

Quelles ont été vos premières impressions lorsque vous avez intégré cette grande maison ?

J’étais un peu inquiète, je me demandais si j’allais réussir à entrer dans ce cadre. Je n’avais pas l’habitude de travailler avec des gens plus âgés. En réalité, je me suis très vite attachée et sentie fière d’appartenir à ce groupe. Lorsque je les entends parler en réunion, lorsque je les vois jouer, je suis hyper admirative.

Comment apprenez-vous vos rôles ?

J’appelle ma mère. Je prends deux exemplaires du texte : un pour moi, un pour elle. Et je l’apprends avec elle, phrase par phrase. Elle est très patiente. J’ai besoin de dire le texte à voix haute avec quelqu’un. Parfois, on fait ça par téléphone. Quand le texte est très compliqué, je dessine les phrases comme un rébus pour les retenir. Je l’ai fait dernièrement pour L’Ecole de danse que je reprends en novembre.

Après votre irrésistible apparition lors de la cérémonie des César, empêtrée dans un costume d’époque, on repense à vos rôles dans « La Puce à l’oreille », « Le Sens de la fête » ou encore dans la mini-série « Broute », avez-vous toujours eu conscience de votre veine comique ?

Quand j’étais petite, je faisais beaucoup d’imitations. En cours d’improvisation, j’ai toujours fait des rôles un peu comiques. Je n’étais pas du tout comme d’autres filles qui jouaient des scènes très sombres. J’adore la comédie même si j’aime aussi les rôles sérieux.

Entre la petite fille très timide, l’élève médiocre, la titulaire d’un CAP d’esthétique et aujourd’hui la sociétaire de la Comédie-Française, comment vous voyez-vous ?

Je crois que je suis exactement la même. J’ai simplement trouvé ma place. Le fait d’avoir galéré à l’école m’a laissé un profond manque de confiance en moi. Je doute encore beaucoup, même si je progresse. Je m’accepte mieux. Avant, je trouvais formidables les gens un peu « grande gueule » qui croient tout savoir, je pensais que ceux qui doutent étaient moins bien. Je me trompais.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui rencontrent des difficultés ?

Se dire qu’il y a forcément quelque chose dans lequel on est fort. Il faut aller vers ce qu’on aime et nourrir cette passion plutôt que de s’acharner dans une voie que l’on déteste jusqu’à se détruire.

Vous allez avoir 40 ans en 2026. Diriez-vous que 20 ans est le plus bel âge ?

Avoir 20 ans, je trouvais ça très beau. J’aimais dire que j’avais 20 ans. Même si j’étais perdue et que c’était une période très stressante, c’était aussi une grande période de liberté.

 

Propos recueillis par Charlotte Bozonnet et Nathalie Brafman / Le Monde 

 

 

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July 22, 3:21 AM
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« CAPRA », allez-y voir du côté de Jeanne Candel

« CAPRA », allez-y voir du côté de Jeanne Candel | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Caroline Châtelet dans Sceneweb Publié le 21 juillet 2026

 

 

Spectacle touffu et modeste, inventif et débordant, CAPRA (une chèvre) de Jeanne Candel met sur l’établi l’imagination et l’acte d’écriture – un enjeu cheminant dans d’autres spectacles de ce Festival d’Avignon –, offrant une pérégrination sensible et profonde.

 

Au commencement, il y a la musique. Après… après il y aura tout le reste, à tel point qu’à vouloir évoquer CAPRA (une chèvre) l’on risque de se retrouver à inventorier un aussi loufoque qu’interminable bazar. Pour leur nouvelle création, la metteuse en scène Jeanne Candel et son équipe – les virtuoses comédien·nes et musicien·nes Vladislav Galard, Pauline Huruguen, Sarah Le Picard, Léo-Antonin Lutinier, Laure Mathis, Matthieu Naulleau et Thibault Perriard – continuent de creuser leur sillon, celui d’un théâtre composite articulant musique et théâtre, burlesque et mélancolie, tragique et poésie. En entrelaçant également références et histoires – sans que les premières n’étouffent par une position de surplomb, ni que les secondes ne livrent tous leurs mystères –, la compagnie la vie brève invente à chaque fois un autre chose singulièrement enraciné dans les spectacles qui l’ont précédé.

 

Au sujet de ce CAPRA (une chèvre) l’on ne saura que conseiller d’aller y voir. De passer outre le léger ennui que l’on risque parfois de ressentir face à quelques longueurs, de ne pas s’en tenir à une tendance à la joliesse, à un souci de la séduction parfois trop volontariste et aimable, tant les spectacles aussi fantaisistes et ouverts, permettant de cheminer librement, sont rares. Cette pérégrination, donc, débute par la musique. Arrivant le premier sur scène – alors uniquement occupée par des instruments de musique à jardin –, le personnage de Pauline Huruguen s’installe à l’un des pianos. Cette autrice, qui nous expliquera ensuite avoir choisi pour pseudo « Capra » (symbole de Dinoysos, dieu considéré comme étant à l’origine du théâtre), est alors enceinte jusqu’au cou. C’est de sa propre histoire qu’elle va accoucher, et c’est d’elle, littéralement, que naît le spectacle, dans une première séquence forte visuellement, où sur un voile est inscrit : « Nous allons nous servir du théâtre pour regarder à l’intérieur de cette femme ».

 

Dont acte, et après avoir expliqué son pseudo – lié au rapprochement pour elle entre le travail d’écriture (à l’accouchement laborieux, sic) et le comportement d’une chèvre, qui passe 23 heures à essayer de savoir comment s’échapper et une heure à le faire – l’exploration des mondes de Capra débute. Au fil des fragments soutenus par des compositions allant du free jazz à la fanfare funéraire, l’on croise le strip-tease d’un chevalier en armure, une séquence de bowling humain, des nonnes grecques préparant patiemment leur suicide collectif, les visites fréquentes d’une amie morte, les (autres) passages fréquents d’un troubadour errant, les évocations d’œuvres picturales comme littéraires, la cuisson d’un cœur au fer à repasser, le transport d’une maquette de maison pour ancrer ses souvenirs dans des lieux, etc.

 

Réunissant – comme c’est le cas dans chacune des créations de Jeanne Candel depuis 2012 – théâtre et musique, CAPRA (une chèvre) compose un puzzle ample et intime, dont le·a spectateur·rice peut en toute liberté agencer les pièces éparses. Ce spectacle qui ne recourt qu’à quelques modestes accessoires et objets (brouette, seaux, théière) met au travail, plus ou moins en sourdine selon les séquences, ce que la poésie fait, permet, transmet, conserve ; ainsi que la nécessité de la mémoire comme carburant à l’imaginaire et à la création. Parmi ses sources, Jeanne Candel cite volontiers L’art de la mémoire, où l’historienne Frances Yates étudie les différentes conceptualisations de la mnémotechnie, et La peinture à Dora de François Le Lionnais, livre dans lequel cet ingénieur, mathématicien et co-fondateur de l’Oulipo raconte, entre autres, comment il décrivit quotidiennement à un ami des peintures lors de leur internement dans un camp de prisonniers en Allemagne en 1944. Mais le spectacle excède ces seuls écrits et d’autres textes – citons Au bonheur des morts de la philosophe Vinciane Despret – infusent largement le spectacle, les signes et évocations s’entrechoquant, se sédimentant.

 

La forme sensible et articulée, balançant entre trivial et philosophie, porte en son cœur des dialogues fertiles. Il y a le rapport entre morts et vivants, ce que les premiers font (faire) aux seconds. Il y a les conversations avec des spectacles antérieurs, comme BAÙBO, avec le retour du mur-page blanche, sorte de fond de scène à nu où les femmes attendent ensemble. Il y a l’importance des lieux et des images, des silences et des mots, pour se souvenir et, donc, imaginer. Il y a la place de la poésie orale, chantée, du conte – et, à ce titre, la récurrence du troubadour, clownesque Léo-Antonin Lutinier, dépasse la galéjade – et celle de l’écriture. Il y a cette façon de tricoter ensemble dans un jeu de pistes fertile et sensible toutes ces données – sans grandiloquence, comme l’on partirait au milieu d’une phrase – et de rappeler que, quelle que soit la forme choisie, le récit oral ou l’écriture – tous deux au cœur de l’ouvrage de Le Lionnais –, tous deux permettent de (sur)vivre et transmettre les œuvres, de partager des histoires à plusieurs, et donc en plus grand.

caroline châtelet – www.sceneweb.fr

CAPRA (une chèvre)
de et avec Jeanne Candel, Vladislav Galard, Pauline Huruguen, Sarah Le Picard, Léo-Antonin Lutinier, Laure Mathis, Matthieu Naulleau, Thibault Perriard
Mise en scène Jeanne Candel
Direction musicale Thibault Perriard
Collaboration artistique Marion Bois

Production la vie brève – Théâtre de l’Aquarium
Coproduction Théâtre Garonne, Scène européenne – Toulouse, La Comédie de Saint-Étienne – CDN, Scène nationale d’Albi-Tarn, Mixt – Terrain d’Arts en Loire Atlantique, TGP – Théâtre Gérard Philipe – Saint-Denis, La Criée – Théâtre National Marseille, Théâtre des 13 vents, CDN, Montpellier, Malraux, Scène nationale Chambéry-Savoie, TNBA, Théâtre National Bordeaux Aquitaine, Bonlieu, Scène nationale d’Annecy, Festival d’Avignon, Théâtre National de Strasbourg, CCAS – les Activités Sociales de l’Énergie
Soutien Onassis Air dans le cadre de la plateforme Prospero, cofinancée par le programme Creative Europe ; Spedidam
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
Soutien pour le 80e Festival d’Avignon Activités Sociales de l’énergie, Spedidam

Durée : 1h55

 

Festival d’Avignon, Gymnase du lycée Mistral
du 19 au 25 juillet 2026, à 18h (relâche le 22)

Bonlieu Scène nationale, Annecy
les 4 et 5 novembre

Théâtre Gérard Philipe, CDN de Saint-Denis
du 2 au 13 décembre

Mixt terrain d’arts en Loire-Atlantique, Nantes
du 16 au 18 décembre

Théâtre national de Strasbourg
du 6 au 16 janvier 2027

Théâtre de l’Aquarium, Paris, dans le cadre de BRUIT – Festival théâtre et musique
du 20 janvier au 7 février

Malraux, Scène nationale Chambéry-Savoie
les 10 et 11 février

La Comédie de Saint-Étienne – CDN
du 2 au 4 mars

tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine
du 9 au 12 mars

Scène nationale d’Albi-Tarn
les 21 et 22 avril

Théâtre des 13 vents, CDN de Montpellier
du 27 au 29 avril

 

 

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July 16, 11:33 AM
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Du théâtre de tréteaux avec Molière dans l’écrasante carrière de Boulbon

Du théâtre de tréteaux avec Molière dans l’écrasante carrière de Boulbon | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Jean-Pierre Thibaudat dans son blog de Mediapart -

Publié le 15 juillet 2026

 

La troupe flamande tg STAN fricote et joue merveilleusement avec Molière depuis un quart de siècle. La voici avec « 1, 2, 3 Poquelin » - comme les enfants disent I, 2, 3 Soleil. Ils jouent à jouer pistant toujours la proximité et la complicité avec le public. Un poil coton à Boulbon.

On ne compte plus le nombre de fois que l’on a vu un spectacle du tg STAN au Théâtre de la Batille (leur port d’attache parisien) ou ailleurs. Avec toujours cette inimitable façon de jouer sans jouer, d’improviser sans improviser, de rendre simple la complexité et le tout, sans décor imposant sans costumes compliqués. Le jeu d’abord, le jeu toujours. Jamais dans l’entre soi mais toujours en convoquant la complicité du public, là à deux pas. Difficile de ne pas entretenir un rapport affectif de fraternité avec cette troupe flamande qui, lorsqu’elle se produit en France, joue dans un français pétri d’écorchures, d’épluchures et de ruades, ce qui contribue à leur attrait.

 

Et donc les voici investissant la carrière Boulbon célèbre depuis le Mahabharata de feu Peter Brook.. Chaque artiste invité à s’y produite dont choisit un emplacement, une orientation. C’est un challenge avec lequel on ne peut pas tricher sauf à s’y ratatiner. Le choix pour 1,2,3 Poquelin n’a rien à voir avec l’option choisi par Tiago Rodrigues il y a deux pour Hécube ,et ainsi de suite. Leur idée, tg stanienne, est d’installer devant cette imposante corbeille de roches, un immense théâtre de tréteaux.

 

Une grande scène surélevée dépourvue de rideaux et de coulisses à laquelle on accède par des escaliers sommaires de deux ou trois marches . Le public devant et sur les cotés, est assis sur des bancs et des gradins . Au fond de la scène posée devant la roche, premier geste du spectacle : on hisse deux imposant lustres, comme dans un théâtre.

 

 

Les changements de costumes ( on ne peut plus légers) se font à vue. Bref, comme toujours, la troupe du tg STAN joue cartes et corps sur table, semblant improviser des phrases apprises par cœur en flamand et régurgitées en français avec l’accent flamand lequel donne un supplément de piquant aux vers et répliques de Molière devenu pour la troupe comme un compagnon de route. « Nous relisons, nous coupons, nous ajoutons «  dit Jolente de Keersmaeker, pilier de la troupe et formidable comédienne. «  Pas de secret, nous ne cachons rien, nous nous déguisons à vue, et un souffleur (également à vue) nous reprend quand nous nous trompons » complète Damiaan de Schrijver autre pilier historique

Et c’est parti. On reconnaît telle scène, on est surpris par telle autre, certaines pièces de Molière familières brillent par leur absence, un montage titré Les égotistes pioche dans cinq pièces de Molière dont Les femmes savantes et Les précieuses ridicules. Bref, on ne s’ennuie pas, l’énergie de la troupe est phénoménale et nous tient à l’affut 4h30 durant (avec un entracte)

Toutefois, la complicité avec la public qui fait partie de l’ADN de la troupe est cependant mise à mal par l’énormité du lieu et celle du dispositif. C’est écrasant, c’est trop loin. Sauf quand, tout à coup, ça sort de scène, ça monte dans les travées, ça nous côtoie de près , alors on les retrouve comme on les aime, proches.

 

 

Festival d’Avignon1, 2, 3 Poquelin par le tg STAN, 21H à la Carrière Boulbon, jusqu’au 19 puis du 21 au 25 juillet. Tournée française à la rentrée : du 2 au 4 oct à Draguignan, les 6 et 7 oct à la Passerelle de Saint-Brieuc, du 8 au 10 oct à la Comédie de Caen, du 14 au 17 oct au théâtre Garonne de Toulouse, du 4 au 6 nov au Quartz de Brest, le 13 nov au Manège de Maubeuge, les 21 et 22 nov à Annecy ( Bonlieu), du 2 au 6 déc au Théâtre du Rond-Point, Paris.

 

 

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July 11, 12:41 PM
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https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/10/au-festival-d-avignon-valerie-dreville-imperiale-et-impeccable-comedienne-dans-thesee-sa-vie-nouvelle_6722431_3246.html

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June 25, 4:50 PM
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« Revenir à Bertolt Brecht, pour Olivier Neveux, est une façon d’explorer la tension qui existe entre l’art et la politique »

« Revenir à Bertolt Brecht, pour Olivier Neveux, est une façon d’explorer la tension qui existe entre l’art et la politique » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Un article de Tiphaine Samoyault publié dans Le Monde - 25 juin 2026

 

Le feuilleton littéraire de Tiphaine Samoyault, à propos de « Brecht et les mauvais temps nouveaux », d’Olivier Neveux.

 


Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/livres/article/2026/06/25/revenir-a-bertolt-brecht-pour-olivier-neveux-est-une-facon-d-explorer-la-tension-qui-existe-entre-l-art-et-la-politique_6715436_3260.html

« Brecht et les mauvais temps nouveaux », d’Olivier Neveux, La Fabrique, 314 p., 20 €.

 

Brecht et les mauvais temps nouveaux est la suite logique de Contre le théâtre politique, qu’Olivier Neveux, professeur d’esthétique du théâtre à l’université Lyon-II et directeur de la revue Théâtre/Public, avait fait paraître à La Fabrique en 2019 : il s’y élevait contre « l’alliance presque labellisée de l’art et de la politique », qui conduisait à produire un théâtre à sujet politique mais qui n’avait rien de politique, ni dans sa forme ni dans ses effets. Revenir à Bertolt Brecht (1898-1956), presque un siècle après la création de L’Opéra de quat’ sous, en 1928, à Berlin, est une façon d’explorer la tension qui existe entre les deux termes, dont l’association n’est en rien naturelle : il ne suffit pas d’évoquer des luttes sociales ou de placer sur scène des tentes de migrants pour être politique, mais de comprendre que l’action du théâtre ne peut être qu’indirecte et prendre conscience, « plus ou moins douloureusement, de l’irréductibilité de l’action politique et de l’action artistique ».

 

Revenir à Brecht, c’est aussi raconter sa participation décisive à l’histoire du théâtre politique, ce que fait Olivier Neveux dans ce livre lorsqu’il expose avec méthode ses grands principes théoriques (le réalisme, la distanciation, la pédagogie…), mais aussi lorsqu’il évoque les engagements de Brecht dans son temps. « Je ne l’aborde pas, d’ailleurs, pour lui-même, écrit-il, mais à partir des enjeux politiques contemporains qui se posent au théâtre, dans la supposition que les façons dont il s’est saisi des “mauvais temps nouveaux” qui furent les siens peuvent éclairer les manières d’appréhender les “mauvais temps nouveaux” qui sont les nôtres. »

Cette reprise est à la fois un diagnostic et un espoir : diagnostic d’un monde qui va mal et espoir qu’il existe une voie de sortie. Si le théâtre ne peut pas tout – le livre s’ouvre sur une question qui n’a rien de rhétorique : « A quoi bon le théâtre ? » –, il faut faire confiance à ses puissances de clarté et de résistance. Voilà le legs de Brecht, dont Olivier Neveux suit la portée jusqu’à aujourd’hui en rappelant sa réception tour à tour suiviste, idolâtre, critique ou rejetante. Le livre, malgré son caractère compact et par moments un peu indigeste, n’est en rien une explication du théâtre de Brecht, mais une histoire de ses reprises, par les metteurs en scène (Vitez, Jourdheuil, Müller et bien d’autres), les critiques de théâtre (Barthes, Dort, Sarrazac, Ivernel…), les philosophes (Arendt, Fortini, Benjamin, Rancière, Makaremi…)

Quatre pratiques brechtiennes

Afin de montrer l’effet transformateur de ce théâtre, Neveux organise son livre autour de quatre pratiques qui émergent de la pensée de Brecht sur le théâtre : « tenir la distance », « former le savoir », « jouer le jeu », « rendre le monde amical ». Surtout, il donne des exemples d’œuvres récentes, jouées entre 2020 et 2025, qui lui paraissent les mettre en acte : Catarina et la beauté de tuer des fascistes, de Tiago Rodrigues (2020) ; Entre chien et loup, de Christiane Jatahy (2021) ; Une cérémonie, du Raoul Collectif (2020) ; Avril à Saint-Etienne, de Maguy Marin (2023). Je m’arrête sur un seul de ses exemples : Quatre murs et un toit, de Lina Majdalanie et Rabih Mroué (2024).

 

La pièce revient explicitement à Brecht (ce qui n’est pas le cas des autres, qui ne le manifestent que de façon oblique) en représentant l’audition du dramaturge allemand devant la commission des activités antiaméricaines de la Chambre des représentants, en 1947, au cours de laquelle, il faut le rappeler, il s’était désolidarisé des dix premiers témoins convoqués, qui s’étaient protégés derrière le premier amendement de la Constitution américaine (qui assure notamment la liberté d’expression), et c’est ce geste qui lui avait permis de rentrer en Europe. Les réponses de Brecht aux questions de la commission ne sont pas données. L’action et la réflexion sont centrées sur la condition d’exilé, qui relie Brecht à l’écrivain palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) et, au-delà d’eux, à tous les émigrants – elle est jouée en pleine guerre à Gaza. Les personnages méditent sur la censure, sur tout ce qui empêche de penser. La représentation est tâtonnante, « elle échoue à se constituer en thèse et en thème, elle représente ce que c’est que d’essayer de représenter, par esquisses, déformations et approximations », et ainsi elle donne une forme à des tensions, des aveuglements, des embarras de l’histoire en cours.

 

 

Les époques ne sont pas superposables et l’actualité de Brecht ne vient pas de ce qu’il pourrait empêcher quoi que ce soit. Il faut le lire en décalé, comme un classique, c’est-à-dire comme point d’appui et sans forcément le prendre à la lettre. Son exigence politique a pu être perçue comme idéologiquement fermée, bloquant les issues. Mais l’action reste envisageable avec l’aide de ce qui est infiniment roboratif chez Brecht : une méfiance à l’égard de la sentimentalité et de la résilience, une attention aux signes, des manières politiques d’être amical. Je laisse le dernier mot au poète italien Franco Fortini (1917-1994), qui écrivait ceci lorsqu’il traduisait Brecht : « Ecris, me dis-je, hais ceux qui avec douceur conduisent au néant les hommes et les femmes qui marchent à tes côtés et croient ne pas savoir. Parmi les noms des ennemis écris aussi le tien./ La poésie ne change rien. Rien n’est sûr, mais écris. »

Lire un extrait sur le site des éditions La Fabrique.

 

 

Lire aussi (2025) | Article réservé à nos abonnés Le retour en force de Bertolt Brecht au théâtre
 

Tiphaine Samoyault (Ecrivaine et essayiste)

 
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July 4, 6:40 AM
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Thomas Jolly et Laëtitia Guédon, un duo pour diriger le TNP de Villeurbanne

Thomas Jolly et Laëtitia Guédon, un duo pour diriger le TNP de Villeurbanne | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Sandrine Blanchard dans Le Monde - 01/07/26

 

 

Le metteur en scène, directeur artistique des cérémonies des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, et la directrice des Plateaux sauvages, à Paris, ont été nommés à la tête du centre dramatique national de la ville du Rhône, succédant à Jean Bellorini.


Lire l'article sur le site du "Monde" : 
https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/07/01/thomas-jolly-et-laetitia-guedon-un-duo-pour-diriger-le-tnp-de-villeurbanne_6717559_3246.html

Après un feuilleton de plusieurs mois, le metteur en scène, directeur artistique des cérémonies des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, et la directrice des Plateaux sauvages, fabrique artistique et culturelle de la Ville de Paris, ont été nommés, mercredi 1er juillet, à la tête de cette institution, a annoncé le ministère de la culture, en accord avec les collectivités territoriales (mairie de Villeurbanne, Métropole de Lyon, conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes).

 

Ce binôme singulier de quadragénaires a été préféré aux candidatures d’Arthur Nauzyciel (directeur du Théâtre national de Bretagne), de Marc Lainé (directeur de la Comédie de Valence) et de Séverine Chavrier (écartée de la direction de la Comédie de Genève à la suite de polémiques sur son management).

 

« Le projet de Thomas Jolly et Laëtitia Guédon, intitulé “Monde ouvert”, souhaite s’inscrire dans l’héritage de cette grande maison de production internationale. Il s’articule autour de quatre créations “phares” présentées chaque saison, fait valoir le communiqué ministériel. Ce duo propose également une vision ambitieuse des ateliers comme outils de production, de formation et d’insertion professionnelle, ainsi qu’une volonté d’élargir les publics grâce à une multiplicité de formats. “Monde ouvert” a été conçu pour répondre aux enjeux d’un théâtre populaire contemporain. »

Vaste maison de 80 salariés

Doté d’un budget annuel de 10 millions d’euros en 2025, le TNP, vaste maison comprenant 80 salariés, a subi ces dix dernières années, à l’instar d’autres CDN, une réduction de 30 % de sa marge artistique.

 

Formée à l’Ecole du Studio d’Asnières (Hauts-de-Seine) en tant que comédienne, puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris en mise en scène, Laëtitia Guédon dirige depuis 2016 Les Plateaux sauvages, lieu consacré à l’émergence et aux écritures contemporaines. Pour la première fois de sa carrière, elle partagera les commandes d’un CDN, avec Thomas Jolly qui a déjà vécu l’expérience de 2020 à 2022 à la tête du Quai d’Angers.

 

 

Ce duo prendra ses fonctions en janvier 2027, succédant à Jean Bellorini, qui rejoint, après six années à Villeurbanne, le Théâtre de Carouge à Genève, dont il prendra la direction. D’ici là, le médiatique  metteur en scène de Starmania et des cérémonies des Jeux de 2024 ne manque pas de sollicitations. Thomas Jolly orchestrera, le 12 décembre, la fête de clôture des 40 ans du Musée d’Orsay avec, en point d’orgue, une soirée intitulée « Boum 1986 ». Puis il sera au programme de la nouvelle saison de la Comédie-Française, pour laquelle il mettra en scène, en juillet 2027, La Tour de Nesle, d’Alexandre Dumas, dans le jardin des Tuileries, à Paris.

 

Sandrine Blanchard / Le Monde 

 

 

 

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July 2, 6:45 AM
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Avignon off - Une sélection de spectacles 

Avignon off - Une sélection de spectacles  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Avignon - sélection du off 2026 par Alain Neddam

Important : cette sélection de spectacles est forcément subjective et incomplète. Elle se base sur une expérience personnelle de spectateur, comporte – nécessairement - des oublis et ne porte pas de jugement sur des artistes, des projets qui auraient échappé à ma vigilance. Mise à jour au 01/07/26

Cette sélection est un simple outil offert gratuitement aux professionnels présents à Avignon et aux festivaliers. Les artistes et les compagnies mentionnés ne doivent pas en faire état dans leur communication. Les compagnies et spectacles non mentionnés m'excuseront par avance de ne pas les connaître ou d'avoir oublié de les citer.

 

 

1 - Spectacles vus et aimés

 

 

 

10H00

 

10h15 La Factory (Salle Tomasi) du 4 au 25 juillet (sauf les 9, 16 et 23)

L'ENTREMONDES ou le lac de l'oubli, texte et mise en scène Charles van de Vyver

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8941-l-entremondes-ou-le-lac-de-l-oubli

https://cult.news/scenes/theatre/lentremondes-charles-van-de-vyver-met-son-pere-en-garde/

 

 

10h15 Le Train bleu du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

FORCENES, de Philippe Bordas, mise en scène Jacques Vincey

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8106-forcenes

https://www.envotrecompagnie.fr/accompagnement-administration-production/jacques-vincey/forcen%C3%A9s/

 

 

 

10h15 Le 11 du 6 au 23 juillet (sauf les 10 et 17)

L'ART D'ETRE MON PERE de et par Julie Timmermann

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8666-l-art-d-tre-mon-pre

https://www.idiomecanictheatre.com/l-art-d-etre-mon-pere

 

 

11h00

11h05 Le Train Bleu (du 4 au 23 sauf 10 et 17)

LE PROJET BARTHES, cours de R. Barthes, mise en scène Sylvain Maurice, avec Vincent Dissez

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9077-le-projet-barthes

https://sylvainmaurice.fr/spectacles/le-projet-barthes

 

 

 

11h15 Présence Pasteur du 4 au 25 juillet (sauf les 9, 16 et 23)

J'AI SAIGNE de Blaise Cendrars, par Jean-Yves Ruf, mise en scène J-Chr. Cochard

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9336-j-ai-saign

https://www.journal-laterrasse.fr/jean-yves-ruf-porte-a-la-scene-jai-saigne-de-blaise-cendrars-un-temoignage-douloureux-de-la-premiere-guerre-mondiale/

https://www.youtube.com/watch?v=ccz__msqi5k

 

 

11h30 Le 11 – du 6 au 23 (sauf les 10 et 17)

[poíēsis] de Florian Goetz et Jérémie Sonntag

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8243-posis

https://sceneweb.fr/poiesis-florian-goetz-jordan-sajous-jeremie-sonntag/

 

11h30 La Factory - les, 3, 5, 7, 10, 12, 14, 17, 19, 21 et 24 juillet

DANS TES REVES de et par Matthieu Lemeunier, mise en scène Alexandre Philip

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8122-dans-tes-rves

https://www.grandioseetordinaire.fr/artistes/dans-tes-reves/

 

 

11h35 La Manufacture du 4 au 12 juillet (sauf le 9)

AU BON PASTEUR (Peines mineures) de Sonia Chiambretto, mise en scène Marcial di Fonzo Bo

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8818-au-bon-pasteur-peines-mineures-2

https://sceneweb.fr/ines-quaireau-dans-au-bon-pasteur-peines-mineurs-2-de-sonia-chiambretto/

https://vimeo.com/1182913352

 

 

11h55 Théâtre des Carmes du 4 au 25 juillet (sauf le 8, 15 et 22)

HCHOUMA BLUES texte et mise en scène Hicham Boutahar 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9902-hchouma-blues

https://www.youtube.com/watch?v=PUU9aCEDseQ

https://www.lemonde.fr/culture/article/2025/12/05/avec-hchouma-blues-hicham-boutahar-place-les-violences-policieres-au-c-ur-de-son-amphitheatre-politique_6656141_3246.html

 

12H00

 

12h30 Théâtre du Chêne Noir du 4 au 25 juillet (sauf les 6, 13 et 20)

LE CONTE D'HIVER, de W. Shakespeare, nouvelle traduction de Clément Camar-Mercier,

mise en scène Sandrine Anglade

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8233-le-conte-d-hiver

 

12h35 Le Train Bleu, du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

NOS ASSEMBLEES d'Elise Chatauret et Thomas Pondevie

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8748-nos-assembles

https://sceneweb.fr/nos-assemblees-delise-chatauret-thomas-pondevie/

 

 

12h40 La Manufacture, du 4 au 21 juillet (sauf 9 et 16)

5 SECONDES de Catherine Benhamou, mise en scène Hélène Soulié

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9523-5-secondes

https://sceneweb.fr/maxime-taffanel-dans-5-secondes-de-catherine-benhamou-une-mise-en-scene-dhelen/

 

 

13h00

14h00

 

14H00 Théâtre Transversal du 4 au 25 juillet (sauf les 8, 15 et 22)

KATSUJIN KEN Le sabre qui donne la vie, conception Stéphane Facco et Yan Allegret

(ancien titre : SOLO ARTS MARTIAUX)

Direction d’acteur Stéphane Facco - Jeu Yan Allegret

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9617-katsujin-ken-le-sabre-qui-donne-la-vie

https://unfauteuilpourlorchestre.com/solo-arts-martiaux-texte-et-mise-en-scene-de-yan-allegret-au-theatre-de-belleville/

 

 

14h20 Le Train bleu - du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

DOLEANCES (La Fable de l'écoute), mise en scène Stanislas Roquette

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9426-dolances

https://www.journal-laterrasse.fr/stanislas-roquette-adapte-et-met-en-scene-les-cahiers-de-doleances-du-grand-debat-national-de-2019-avec-doleances/

 

 

14h40 Reine blanche du 4 au 22 (sauf 9 et 16)

L'AFFAIRE ROSALIND FRANKLIN d'Elisabeth Bouchaud, mise en scène Julie Timmerman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8861-l-affaire-rosalind-franklin

 

 

14h45 Le Train Bleu du 5 au 23 juillet (jours impairs)

GARCON FIEVRE de Jeanne Lazar et Timothée Lerolle

https://theatredutrainbleu.fr/festival-2026/garcon-fievre/

https://www.journal-laterrasse.fr/dans-garcon-fievre-jeanne-lazar-et-timothee-lerolle-interrogent-la-nature-de-la-passion-en-racontant-les-annees-sida-dapres-un-entretien-avec-tim-joanny-madesclaire/

 

15h00

 

15h05 Le 11 du 4 au 23 (sauf les 10 et 17)

MAINTENANT JE N'ECRIS PLUS QU'EN FRANCAIS, de et par Viktor Kyrylov

https://www.11avignon.com/fr/maintenant-je-necris-plus-quen-francais

https://mlascene-blog-theatre.fr/critiques/theatre/critique-maintenant-je-necris-plus-quen-francais-viktor-kyrylov/

 

 

16h00

 

16h20 Reine blanche du 4 au 22 (sauf 9 et 16)

LA DECOUVREUSE OUBLIEE d'Elisabeth Bouchaud, mise en scène Julie Timmerman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8860-la-dcouvreuse-oublie

https://sceneweb.fr/marie-christine-barrault-dans-la-decouvreuse-oubliee-delisabeth-bouchaud/

 

16h40  Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15, 22)

Là PERSONNE, de et par Geoffrey Rouge-Carrassat

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9559-l-personne

https://coupsdoeil.fr/2025/12/la-personne-geoffrey-rouge-carrassat-critique/

 

16h50  Train Bleu (au jardin de l'ancien Carmel) du 5 au 23 juillet (sauf 8, 15, 22)

SILLAGES de Léo Ricordel et Quentin Beaufils (cirque de création)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9431-sillages

https://www.journal-laterrasse.fr/sillages-de-leo-ricordel-et-quentin-beaufils-croise-documentaire-musique-cirque-danse-theatre/

 

17h00

 

17h10 Le 11 du 4 au 23 (sauf les 10 et 17)

VOYAGE EN ATAXIE de Gilles Ostrowsky, mise en scène Sophie Cusset et Gilles Ostrowsky

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9295-voyage-en-ataxie

https://www.journal-laterrasse.fr/voyage-en-ataxie-du-regrette-gilles-ostrowsky-un-spectacle-ou-malgre-le-tragique-le-rire-deploie-sa-force/

 

 

17h45 La Manufacture du 4 au 29 juillet (sauf les 9 et 16)

QUAND ON DORT ON N'A PAS FAIM de et par Anthony Martine

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8548-quand-on-dort-on-n-a-pas-faim

https://sceneweb.fr/anthony-martine-dans-quand-on-dort-on-na-pas-faim/

 

18h00

 

18H00 Reine Blanche du 4 au 22 juillet (sauf 9 et 16)

ENQUETE DE FAMILLE d'après Jacques Attali, mise en scène Elisabeth Bouchaud et Benoit di Marco

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8858-enqute-de-famille

https://www.reineblanche.com/calendrier/avignon/enquete-de-famille

 

 

19h00

 

19h10 Reine Blanche du 4 au 22 juillet (sauf 9 et 16)

LA TRILOGIE DU TROISIEME TYPE (trois spectacles de et par Mickaël Délis)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9010-la-trilogie-du-troisime-type

https://sceneweb.fr/les-paillettes-de-leur-vie-ou-la-paix-demenage-de-mickael-delis/

 

20h00

 

20H25 Le Train Bleu du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

NOTRE HISTOIRE (se répète) de Jana Klein, mise en scène et jeu Jana Klein et Stéphane Schoukroun

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9671-notre-histoire-se-rpte

https://s-vrai.com/spectacles/notre-histoire-se-repete/

 

 

20h50 Le 11 du 4 au 23 juillet (sauf les 10 et 17)

BARBARA (PAR BARBARA) d'après les entretiens de Barbara, par Marie-Sophie Ferdane,

mise en scène Emmanuel Noblet

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8110-barbara-par-barbara

https://www.journal-laterrasse.fr/emmanuel-noblet-dirige-marie-sophie-ferdane-et-olivier-marguerit-dans-barbara-par-barbara-un-petit-bijou/

 

20h50 Théâtre Transversal du 4 au 24 juillet (sauf 8 et 22) Jours pairs

ET SI JE N'AVAIS JAMAIS RENCONTRE JACQUES HIGELIN, écriture Zoon Besse et Guillaume Barbot

Mise en scène Guillaume Barbot

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8709-et-si-je-n-avais-jamais-rencontr-jacques-higelin

https://www.journal-laterrasse.fr/et-si-je-navais-jamais-rencontre-jacques-higelin-un-temoignage-intime-du-comedien-zoon-besse-accompagne-par-la-poesie-de-guillaume-barbot/

 

 

20h50 Théâtre Transversal du 5 au 25 juillet (sauf le 15) Jours impairs

ON A FORT MAL DORMI, d'après le livre de Patrick Declerck

Mise en scène Guillaume Barbot

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8708-on-a-fort-mal-dormi

https://www.journal-laterrasse.fr/on-a-fort-mal-dormi-2/

 

20H50 Au Vieux Balancier du 3 au 25 juillet (sauf 8, 15 et 22)

EL MAESTRO d'Aziz Chouaki, par Mouss Zouheyri

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/10286-el-maestro

https://www.journal-laterrasse.fr/mouss-zouheyri-fait-resonner-la-langue-jouissive-et-bouillante-de-son-ami-aziz-chouaki-dans-el-maestro/

 

 

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Avignon Off 2026 - Sélection AN

Pas encore vu mais intéressant, inscrit sur mon programme

 

 

 

10H00

10h00 Le Train Bleu (Salle Maif par navette du théâtre) du 4 au 23 juillet sauf les 5, 12 et 19

REQUIN VELOURS texte et mise en scène Gaëlle Axelbrun

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8765-requin-velours

https://www.journal-laterrasse.fr/requin-velours-de-la-jeune-autrice-et-metteuse-en-scene-gaelle-axelbrun-une-revelation/

 

 

10h00 Le 11 du 4 au 23 juillet sauf les10 et 17

SPIRITUEUX de et par Laurent Cazanave, mise en scène Audrey Bertrand et Laurent Cazanave

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9292-spiritueux

https://www.journal-laterrasse.fr/avec-spiritueux-laurent-cazanave-aborde-sans-didactisme-un-sujet-essentiel-lalcool/

 

 

 

10h00 La Scala Provence du 4 au 25 (sauf le 6, 13 et 20)

LE TARTUFFE de Molière, par le Nouveau Théâtre populaire, mise en scène Léo Cohen – Paperman

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8449-le-tartuffe

https://nouveautheatrepopulaire.fr/le-tartuffe/

 

 

 

10h30 La Manufacture (du 4 au 21 juillet, sauf les 9 et 16)

LES AVEUGLES de Maeterlinck, spectacle en réalité virtuelle de Julien Dubuc

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9577-les-aveugles

https://www.youtube.com/watch?v=UGLzVY3RTFs

 

 

11h00

11h00 Le Train Bleu du 5 au 23, jours impairs

SOPRANE de David Gauchard

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9482-soprane

https://www.youtube.com/shorts/nKzB7xYN468

 

 

12H00

 

12h35 Le Train Bleu du 4 au 22 juillet (jours pairs)

FAKE de Claudine Galéa, mise en scène Emilie Lafarge

https://theatredutrainbleu.fr/festival-2026/fake/

https://www.tnn.fr/fr/spectacles/saison-2025-2026/fake

 

13h00

 

13h30 Le Train bleu - du 4 au 19 juillet (sauf 10 et 17)

UN SOUPCON (dégustation cinématographique à l'aveugle)

Texte et mise en scène Julien Fišera, interprétation Martin Nikonoff 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8721-un-soupcon-degustation-cinematographique-a-l-aveugle

https://www.compagnieespacecommun.com/un-soupcon

 

 

 

13H50 La Scala Provence du 4 au 25 juillet (sauf les 6, 13 et 20)

PEU IMPORTE de Marius von Mayenburg, mise en scène Robin Ormond

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8181-peu-importe

https://lascala-provence.fr/programmation/peu-importe/

 

 

14h00

 

14h00 le 11 - du 4 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

ALIF texte et mise en scène Abdelwaheb Sefsaf

https://www.11avignon.com/programmation/alif

https://coupsdoeil.fr/2026/04/alif-abdelwaheb-sefsaf-critique/

 

 

14h05 Le Train bleu - du 5 au 23 juillet (sauf le 5, 12, 19)

ROMANCE de Catherine Benhamou, mise en scène Heidi-Eva Clavier 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9638-romance

https://sceneweb.fr/romance-catherine-benhamou-heidi-eva-clavier/

 

 

14h30 au Totem du 7 au 23 juillet (sauf le 12 et 19)

IMMOBILE ET REBONDI de et par Betty Bone et Sylvère Lamotte ( jeune public à partir de 3 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8136-immobile-rebondi-2

https://www.cie-lamento.fr/portfolio/immobile-rebondi-1/

 

 

15h00

15h00 à la Chartreuse du 7 au 13 juillet

TEEN PLAY de Marcos Carames Blanco, mise en scène Nathalie Bensard (jeune public à partir de 10 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8330-teen-play

https://compagnielarousse.fr/teen-play/

 

 

15h15 Le Totem du 7 au 23 juillet

ALLEZ, OLLIE ! A L'EAU ! De Mike Kenny, mise en scène Audrey Bonnefoy (jeune public de 6 à 10 ans)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8738-allez-ollie-a-l-eau

https://vimeo.com/1119761090?fl=pl&fe=sh

 

16h00

17h00

18h00

 

18H00 - VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 9 au 21 juillet (sauf le 15)

PETIT QUELQU'UN de Catherine Monin, mise en scène Julien Duval (jeune public à partir de 8 ans)

https://www.festivalvilleneuveenscene.com/programmation/petit-quelquun/

https://lesyndicatdinitiative.fr/petit-quelquun

 

19h00

19h00 : Théâtre des Halles du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15 et 22)

LE CLOWN COMME UN POEME, par François Cervantès et Catherine Germain

https://www.theatredeshalles.com/spectacles/le-clown-comme-un-poeme-2/

 

19h35 le 11 - du 6 au 23 juillet (sauf 10 et 17)

TANTO POCO de Marco Lodoli, mise en scène et interprétation Cécile Garcia-Fogel

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9286-tanto-poco

https://coupsdoeil.fr/2026/02/tanto-poco-marco-lodoli-cecile-garcia-fogel-critique/

 

 

19h45 : Théâtre des Doms du 4 au 25 juillet (sauf 8, 15 et 22)

RUMBA d'Ascanio Celestini, jeu David Murgia 

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9462-rumba

https://sceneweb.fr/rumba-dascanio-celestini-et-david-murgia/

 

20h00

 

20H30 - VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 8 au 21 juillet (sauf les 12, 15, et 19)

OSTINATO, par la Cie Akoreacro (cirque de création)

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9095-ostinato

 

 

20H30 - LA SCIERIE - du 5 au 25 juillet (jours impair)

LE SONGE D'UNE NUIT D'ETE de W. Shakespeare, mise en scène Arnaud Anckaert

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/8272-le-songe-d-une-nuit-d-ete

https://www.theatreduprisme.com/le-songe-d-une-nuit-d-ete

 

 

21h00

22h00

 

22h00 VILLENEUVE EN SCENE – Plaine de l'Abbaye du 9 au 20 juillet (sauf le 15)

CARBONE DE Julien Duval, Carlos Martins et Bénédicte Simon, mise en scène Julien Duval

https://www.festivalvilleneuveenscene.com/programmation/carbone/

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9123-carbone

 

 

23h00

23H00 La Manufacture du 10 au 15 juillet

CHERE IJEAWELE, OU UN MANIFESTE POUR UNE EDUCATION FEMINISTE

Lecture musicale par Ludmilla Dabo

https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/10044-chre-ijeawele-ou-un-manifeste-pour-une-ducation-fminist

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June 25, 12:06 PM
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Au Théâtre du Rond-Point, Nicolas Bouchaud dynamite le mythe du « grand écrivain »

Au Théâtre du Rond-Point, Nicolas Bouchaud dynamite le mythe du « grand écrivain » | Revue de presse théâtre | Scoop.it

CRITIQUE - Par Anthony Palou dans Le Figaro - 19 juin 2026

 

 

Dans Tout est calme dans les hauteurs, de Thomas Bernhard, le comédien s’amuse à mettre en pièces la fatuité d’un écrivain, génie autoproclamé et couvert d’honneurs. Redoutable et jouissif.

 

Entre le comédien Nicolas Bouchaud et le metteur en scène Jean-François Sivadier, c’est une longue histoire. Des liaisons heureuses. De Brecht à Büchner, de Shakespeare à Molière, d’Ibsen à Tchekhov, plus d’une dizaine de fois, Sivadier a dirigé Bouchaud. Leur dernière association n’est pas la moindre puisqu’il s’agit d’une pièce de Thomas Bernhard que nous ne sommes pas près d’oublier. Le comédien est au sommet de son jeu dans le rôle de cet écrivain fictif pathétique, un certain Moritz Meister qui ne résiste pas à la scie circulaire et grinçante du dramaturge autrichien. À la fin, il n’en restera que de la sciure puisque, comme chez Molière, le ridicule tue.

  •  

Thomas Bernhard est un dynamiteur. Il plastique avec toute la finesse du connaisseur. Un terroriste raffiné du théâtre. Ne lâchant pas sa proie, il aime jouer au chat et la souris et on ne donne pas cher de la peau de son mulot. L’auteur s’amuse et nous aussi. Le grand plateau est traversé par un long rideau. Il y a un fauteuil (sur roulettes), une petite et une grande table, un tapis que l’on déroule peu à peu, des tableaux.

 
 

Insupportable double de l’auteur

La pièce commence par un long monologue hystérique d’Anne Meister (Norah Krief, quel talent !), la femme ensorcelée par son mari. Cette ancienne pianiste professionnelle voue un culte à l’œuvre de son scribouillard. Elle est en compagnie de l’écervelée mademoiselle Werdenfels (impayable Juliette Bialek), une jeune candidate au doctorat qui prépare une thèse sur le « grand homme de lettres » et particulièrement sur son dernier « chef-d’œuvre », une Tétralogie dont le personnage principal est un certain professeur Stieglitz, insupportable double de l’auteur.

 

 

Mademoiselle Werdenfels est, elle aussi, complètement aveuglée par Moritz Meister, « notre auteur si estimé, que dis-je déjà mondialement célèbre, sur lequel auront bientôt paru plus de livres qu’il n’en a écrits lui-même ». Lorsque le « grand homme » parait sur la scène, il porte une tenue d’apiculteur. Il est interprété par Nicolas Bouchaud. Rien que pour lui, réservez votre place. Dans le rôle de Moritz Meister, il est tout simplement prodigieux. Imbuvable à souhait, régnant sur son petit monde à genoux devant son « génie », installé dans sa forteresse des Préalpes bavaroises, une « ancienne propriété d’un négociant juif émigré aux États-Unis chassé par les nazis ».

Des contre-vérités moisies

Meister a tous les défauts y compris l’antisémitisme. Avec sa femme qui n’a pas l’air d’avoir inventé le bidon de deux litres, il pérore, donne son avis sur tout et n’importe quoi, assène ses contre-vérités moisies. Son discours est ponctué de citations. Moritz Meister est une pintade boursouflée d’une insolente vanité, infecte, ivre de sa propre image. Lorsque arrive un journaliste, Von Wegerer (excellent Frédéric Noaille qui interprète également le facteur), la fatuité du verbeux imbibé de lui-même s’emballe. Tout est calme dans les hauteurs est un joyeux exercice de démolition. Le portrait jouissif et implacable d’un philistin tyrannique.

 

Anthony Palou / Le Figaro 

 

« Tout est calme dans les hauteurs », au Théâtre du Rond-Point (Paris 8e), jusqu’au 4 juillet.

 
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June 25, 10:25 AM
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« Un moment trumpien » : la Maison Maria Casarès en péril après la baisse des subventions de la Drac

« Un moment trumpien » : la Maison Maria Casarès en péril après la baisse des subventions de la Drac | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Nathalie Simon dans Le Figaro - 22 juin 2026

 

Le lieu charentais, où la grande tragédienne a vécu, perd 30 % de ses subventions d’État alors que le logis de la Vergne vient d’être restauré et que le Centre national déploie ses activités.

 

« À partir du moment où nous avons cherché à inventer de nouvelles solutions pour faire vivre le théâtre, les dieux nous sont tombés sur la tête », déplorent Matthieu Roy et Johanna Silberstein. Les deux codirecteurs de La Maison Maria Casarès, à Alloue, en Charente, sont catastrophés. Le 7 mai, ils ont appris par courrier que leur principal soutien, la Drac Nouvelle-Aquitaine a baissé de 30 % ses subventions. Soit 78 000 euros sur les 750 000 euros du budget. Cette nouvelle ne pouvait pas tomber plus mal.

  •  

« On aurait accepté une baisse de 5 % comme tous les autres centres culturels, mais pas de 30 % », explique Matthieu Roy. En 2025, après quatre ans de travaux, ils ont inauguré le logis de la tragédienne qui a exigé 1,8 million d’euros. Transformé en Centre culturel de rencontre et dédié à la création, le lieu commémore cette année les 30 ans de la disparition de la comédienne. « Vous ne pouvez pas étrenner la maison en 2025 et amputer le budget en 2026, la mairie ne comprend pas le désengagement de l’État », ajoute le codirecteur.

 

7 000 spectateurs en 2025

À sa mort, Maria Casarès avait légué le domaine où elle a vécu pendant trente-cinq ans à la commune d’Alloue. « Une telle baisse en cours d’exercice met directement en péril l’équilibre économique d’une structure qui ne peut pas revoir son projet du jour au lendemain », estiment les deux dirigeants qui ont accueilli plus de 7 000 spectateurs l’année dernière. « Le 1er janvier 2027, on n’aura plus de trésorerie, se désole Matthieu Roy. En 2017, quand on est arrivé avec l’association, on avait 350 000 euros annuels, il a doublé avec nous, grâce aux festivals et aux nouveaux modèles qu’on a mis en place et aux partenaires publics qui nous ont soutenus. »

 

 

Du 25 juillet au 15 août, ils célèbrent leur 10e festival d’été qui marie savamment théâtre, patrimoine et gastronomie locale. Au menu, un « dîner-spectacle » autour de Peer Gynt de Henrik Ibsen avec de « jeunes pousses ». Matthieu Roy mettra ainsi en scène douze comédiens de l’École supérieure d’art dramatique de Paris. Le spectacle sera ensuite donné à Paris, aux Plateaux sauvages (du 15 au 26 septembre). « Quand on nous l’a annoncé, on a demandé une audience pour essayer de comprendre les choses et de négocier, se souvient-il. On a été reçu, mais on n’a pas avancé. On a pourtant mis tout en œuvre pour répondre aux questions qu’on nous posait, mais il y a toujours quelque chose qui ne va pas... ». 

 

 

Malgré leurs difficultés, entre la Maison Maria Casarès et la Scène Maria Casarès à Poitiers inaugurée en 2023 et ouverte toute l’année, la comédienne et le metteur en scène proposent plus de cent représentations. « Quand la nouvelle Drac est arrivée, elle a dit que les choses ne correspondaient pas à leurs attentes », s’agace Matthieu Roy qui commence à « perdre la foi ». « On a l’impression que nos montages financiers sont suspects, d’être pris en grippe par la Drac Nouvelle-Aquitaine parce qu’on a innové dans son secteur avec la Scène Maria Casarès. Ils ont remis en question le commissaire aux comptes, après, on a eu droit à une enquête interne qui a montré qu’il n’y avait pas de problématique pénale, maintenant ce sont les conventions qui posent problème. On est dans un moment trumpien : quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. »

 

 

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June 24, 10:30 AM
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De la démocratisation culturelle à la démocratie du vivant  - Un article de Romaric Daurier 

De la démocratisation culturelle à la démocratie du vivant  - Un article de Romaric Daurier  | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Par Romaric Daurier, sur le site "Délibéré",  publié le 24 juin 2026

 

 

La décentralisation culturelle française est née d’une intuition fondatrice : les grandes œuvres ne devaient plus être le privilège d’une élite sociale ou géographique. Elles devaient devenir accessibles à tous les citoyens. Les Maisons de la culture imaginées par André Malraux répondaient à cette ambition. Elles affirmaient qu’il existait un patrimoine commun de l’humanité dont chacun devait pouvoir faire l’expérience, indépendamment de son origine sociale ou de son lieu d’habitation.

 

Cette ambition demeure l’un des acquis les plus précieux de la politique culturelle française. Elle ne mérite ni d’être caricaturée ni d’être abandonnée. Elle a profondément transformé le paysage culturel du pays en faisant de l’accès aux œuvres une exigence démocratique. Il serait injuste d’oublier la puissance émancipatrice de ce projet, qui a permis à des générations de spectateurs, de lecteurs et d’amateurs de rencontrer des œuvres auxquelles rien ne les destinait.

 

Mais soixante ans plus tard, le monde dans lequel cette politique s’est élaborée n’est plus le nôtre.

 

La crise écologique, la mondialisation des circulations artistiques, les migrations, l’accélération numérique, l’effondrement des grands récits de la modernité occidentale et l’émergence de nouvelles sensibilités ont profondément déplacé le centre de gravité de la question culturelle. Il ne s’agit plus seulement de savoir comment diffuser les œuvres ; il devient nécessaire de s’interroger sur les conceptions du monde qu’elles rendent possibles, sur les relations qu’elles instituent entre les humains et les autres vivants, sur les catégories à partir desquelles elles sont reconnues comme de l’art.

 

Autrement dit, la démocratisation ne peut plus porter uniquement sur l’accès aux objets culturels. Elle doit progressivement concerner les conditions mêmes à partir desquelles nous définissons ce qui mérite d’être reconnu comme une œuvre, une pratique artistique, une expérience esthétique ou une institution culturelle.

D’autres formes de présence

C’est ici que la pensée de Philippe Descola ouvre une perspective décisive.

 

En montrant que le naturalisme occidental n’est pas l’horizon universel de toute pensée mais une ontologie parmi d’autres, Descola ne relativise pas la modernité. Il la resitue. Il rappelle que la séparation entre nature et culture, entre sujet et objet, entre humain et non-humain, entre représentation et réalité constitue une construction historique singulière, et non la forme achevée de toute civilisation.

 

Cette prise de conscience engage directement les politiques culturelles.

 

Car nos institutions n’ont pas seulement démocratisé des œuvres ; elles ont également diffusé, souvent sans le dire, une certaine manière d’habiter le monde. En ouvrant les portes des musées, des théâtres ou des bibliothèques, elles rendaient accessible un patrimoine, mais elles transmettaient aussi une conception particulière de ce qu’est une œuvre, un auteur, une représentation, un spectateur.

 

Cette transmission n’avait rien d’illégitime. Elle participait du grand projet d’émancipation des Lumières. Mais les défis contemporains invitent désormais à compléter cette ambition plutôt qu’à la répéter.

 

L’enjeu n’est plus seulement de permettre à chacun d’accéder aux œuvres reconnues. Il est de permettre à chacun de rencontrer des manières différentes de composer le monde.

 

Peut-être sommes-nous aujourd’hui confrontés à un paradoxe.

À mesure que s’effondre la confiance dans les grands récits occidentaux, une partie importante de la création contemporaine répond moins par une ouverture vers d’autres régimes de sensibilité que par une sophistication toujours plus grande de ses propres dispositifs de représentation. Les œuvres deviennent d’admirables analyses de leur propre impossibilité ; elles mettent en crise les catégories héritées de la modernité avec une intelligence remarquable, mais continuent souvent à parler depuis ces catégories mêmes. Elles déconstruisent la représentation davantage qu’elles n’expérimentent d’autres formes de présence.

Démocratiser les ontologies

À cet égard, certaines œuvres marquent un seuil. Je pense notamment à 2666. En portant sur scène l’immensité du roman de Roberto Bolaño, Julien Gosselin pousse le théâtre jusqu’à une forme de saturation de la représentation. L’accumulation des récits, des images, des temporalités et des dispositifs médiatiques ne produit pas seulement une esthétique de l’excès ; elle touche cette aporie où la représentation semble reconnaître sa propre limite face au réel. L’œuvre n’ouvre peut-être pas encore pleinement un autre régime ontologique, mais elle atteint ce point de bascule où devient pensable le dialogue cosmologique auquel invite Descola.

 

Cette question avait déjà été pressentie par Claude Lévi-Strauss. Dans Tristes Tropiques, il observait que l’Occident tendait à universaliser ses propres catégories au moment même où il découvrait la diversité des mondes humains. Soixante-dix ans plus tard, ce constat prend une résonance nouvelle : nous savons que plusieurs cosmologies coexistent, mais nous continuons souvent à les accueillir à condition qu’elles deviennent lisibles selon nos propres catégories esthétiques.

 

Les politiques culturelles ont considérablement progressé dans la reconnaissance de la diversité des origines, des langues et des récits. Elles accueillent désormais des artistes venus de tous les continents. Mais cette ouverture demeure souvent asymétrique. Pour entrer dans nos institutions, les autres cosmologies doivent encore accepter de devenir des œuvres selon nos critères, des spectacles selon nos conventions, des patrimoines selon nos classifications. Elles franchissent le seuil des institutions ; elles transforment plus rarement les catégories qui organisent ces institutions.

 

Nous avons démocratisé les appartenances.

Nous n’avons pas encore démocratisé les ontologies.

Une ontologie désigne une manière collective d’habiter le monde, de concevoir les relations entre les humains, les animaux, les plantes, les objets, les ancêtres, les esprits ou les paysages. Chaque ontologie définit qui ou quoi possède une intériorité, une agentivité, une capacité à entrer en relation.

 

La démocratisation des ontologies ne consiste pas à juxtaposer des identités culturelles ni à additionner des provenances

géographiques. Elle désigne la capacité d’une société à reconnaître que plusieurs manières d’être au monde peuvent coexister dans un même espace public sans que l’une soit systématiquement contrainte de se traduire dans le langage de l’autre.

 

Une telle perspective ne conduit nullement au relativisme. Elle oblige au contraire les institutions à exercer une responsabilité plus exigeante encore : créer les conditions d’un dialogue entre des régimes de sensibilité qui ne reposent pas sur les mêmes présupposés anthropologiques.

Habiter le monde

Dans cette perspective, la programmation culturelle change profondément de signification.

 

Elle cesse d’être la sélection d’un répertoire pour devenir une politique de composition. Il ne s’agit plus seulement d’équilibrer les disciplines, les esthétiques ou les territoires. Il s’agit d’organiser des rencontres entre des conceptions différentes du vivant, du temps, de la mémoire, de la transmission, de la présence ou de la création.

Une Maison de la culture devient alors moins un lieu de diffusion qu’une institution diplomatique.

Elle accueille des mondes qui ne parlent pas toujours la même langue symbolique. Elle ne cherche pas à les fusionner dans un consensus esthétique. Elle invente les conditions d’une traduction réciproque où chacun accepte que ses propres catégories puissent être déplacées par la rencontre.

Cette intuition rejoint également les travaux de Tim Ingold. Là où la modernité a privilégié la représentation du monde, Ingold nous invite à penser l’habitation, l’attention, la correspondance avec les milieux vivants. La culture ne consiste plus seulement à produire des objets ; elle devient une manière de prendre part à un monde partagé.

Cette transformation est d’ailleurs déjà perceptible dans les pratiques culturelles elles-mêmes.

L’essor des tiers-lieux, la multiplication des festivals hybrides, des expériences artistiques participatives, mais aussi le succès de rassemblements spontanés, de fêtes auto-organisées ou de certaines rave parties témoignent moins d’un rejet des institutions que d’une aspiration à retrouver des espaces de présence, de partage et de communion avec le vivant. On ne s’y rend pas uniquement pour assister à une œuvre ; on y vient pour habiter temporairement un milieu, partager des gestes, des rythmes, des attentions, retrouver une expérience sensible du commun. Ces formes émergentes rappellent que la culture n’est pas seulement affaire de représentation ; elle est aussi une manière d’être ensemble.

 

Cette évolution transforme également le sens de la décentralisation.

 

Au XXᵉ siècle, la décentralisation culturelle consistait à rapprocher les œuvres des habitants.

Au XXIᵉ siècle, elle pourrait avoir une ambition plus vaste : rapprocher les mondes eux-mêmes.

 

Faire en sorte que chaque territoire devienne un lieu où puissent entrer en conversation des cosmologies différentes, des savoirs scientifiques et vernaculaires, des pratiques artistiques occidentales et d’autres traditions performatives, des mémoires locales et des imaginaires venus d’ailleurs.

 

La culture ne serait plus seulement ce qui circule entre les territoires.

Elle deviendrait ce qui permet aux mondes de se rencontrer.

Les Maisons de la culture ont été inventées pour rendre les œuvres accessibles à tous. Leur tâche pourrait désormais être plus exigeante encore : rendre hospitalières plusieurs manières d’habiter le réel.

 

Elles ne seraient plus seulement les maisons des arts, mais les maisons de la coexistence. Non des lieux où chacun vient reconnaître ce qu’il connaît déjà, mais des institutions capables d’organiser des rencontres suffisamment exigeantes pour que chacun accepte de voir ses propres catégories déplacées par celles des autres.

 

La première décentralisation culturelle a rapproché les œuvres des habitants.

La suivante pourrait rapprocher les mondes eux-mêmes.

Car c’est peut-être cela, au fond : non plus seulement diffuser des œuvres, mais apprendre à faire coexister des régimes de sensibilité différents. Non plus seulement partager un patrimoine commun, mais reconnaître qu’il existe plusieurs façons légitimes de faire monde.


La démocratisation culturelle trouverait alors un nouvel horizon.

 

Celui d’une démocratie du vivant.

 

 

Romaric Daurier 

Romaric Daurier est directeur de la Maison de la culture d’Amiens

 

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June 8, 8:57 AM
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La Cerisaie de Van Den Daele au Théâtre de l'Union

La Cerisaie de Van Den Daele au Théâtre de l'Union | Revue de presse théâtre | Scoop.it

Critique de Julia Wahl dans cult.news publié le 8 juin 2026

 

 

La directrice du Théâtre de l’Union s’empare de la pièce phare de Tchekhov.

 

De La Cerisaie, on connaît l’argument : des aristocrates russes désargenté·es doivent se résoudre à vendre une cerisaie qui a fait leur bonheur et leur réputation. Avec ce fil dramaturgique en apparence bien mince, Tchekhov montre l’ascension d’une nouvelle classe de koulaks et la chute d’une noblesse qui s’accroche à un passé déjà révolu.

 

Ces parvenu·es de toute fraîche date apparaissent en la personne de Lopakhine, fils de moujik qui a su s’enrichir grâce à son génie des affaires. Un talent qui paraît bien vulgaire aux autres personnages, mais lui permettra d’avoir le dernier mot.

 

Des espaces enchevêtrés

 

C’est toutefois moins cette dimension sociale que l’ambiguïté du rapport des un·es et des autres à cette cerisaie qui intéresse Aurélie Van Den Daele. La pièce s’ouvre ainsi sur une maisonnette de voilages figurant une ancienne chambre d’enfant.

 

Rapidement, ses parois deviennent un objet double, séparant et regroupant les espaces selon les moments. Simple mur sur lequel sont projetées des photos de cerisiers, elle rapproche les personnages de leur cerisaie fantasmée ; cloison derrière laquelle se devine l’envol des pétales de fleurs, elle marque la distance entre Lioubov et ce jardin bientôt vendu.

 

La scénographie de François Gauthier-Lafaye crée ainsi de très jolis moments, avec la valse des pétales qui tournoient avant de toucher le sol et d’ensevelir le plateau d’un long manteau blanc, symbole de l’hiver qui guette Lioubov et celleux de sa classe. Le jeu sur le proche et le lointain ou sur la transparence du tulle construit un lieu à part où s’enchevêtrent les espaces.

 

Une réunion avortée

 

Bien entendu, d’autres éléments chers à Tchekhov apparaissent dans la mise en scène d’Aurélie Van Den Daele, comme la solitude des intellectuel·les ou l’ennui de cette noblesse oisive. Mais c’est surtout à une possible réunion entre scène et salle qu’elle voue cette pièce. Le public est alors sollicité à plusieurs reprises pour briser – de façon il est vrai peu originale – le quatrième mur.

 

Les acteurs et actrices ne déméritent pas : Marie-Sohna Condé fait ainsi une séduisante Lioubov. Toutefois, faute d’enjeu clairement décelable, l’attention s’étiole : l’espace, pourtant si signifiant, met du temps à être véritablement habité par les comédien·nes et l’exposition paraît bien lente. Voilà donc une Cerisaie en demi-teinte, avec des idées réelles mais qui ne tient pas totalement ses promesses.

 

Une cerisaie, d’Anton Tchekhov, traduction d’André Markowicz et
Françoise Morvan, mise en scène d’Aurélie Van Den Daele. Au Théâtre de la Tempête jusqu’au 21 juin.

Visuel : Thierry Laporte

 

Julia Wahl / cult.news

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