Par Patricia Edmonds. National Geographic, 10.02.2015
« Chez les humains, être défloré, dit-on, change à jamais un être. « Tu m’étonnes! », pourrait répondre le grillon mâle du genre Cyphoderris. Et pour cause, sa première fois est loin d’être une sinécure. Pas satisfaite de lui avoir pris sa virginité, la femelle lui mord aussi le corps. »
La chimiste Claude Grison, directrice du laboratoire Chimie bio-inspirée et Innovations écologiques (CNRS/Université de Montpellier/Stratoz) travaille sur des plantes hyper-accumulatrices de métaux (zinc, manganèse, cuivre, nickel) qui, cultivées sur des sols pollués comme les sites miniers, peuvent ensuite servir de catalyseur pour fabriquer de nouvelles molécules à haute valeur ajoutée. Une nouvelle branche de la chimie verte est née : l'écocatalyse. Dans la série "Interviews sur le zinc".
Toutes les formes de vie sur Terre ont une origine commune. Elles utilisent le même ADN et ont de nombreuses protéines en commun. Mais comment s’opère la sélection naturelle ? Comment un ancêtre commun a-t-il pu donner naissance à un buisson foisonnant, produisant sans cesse de nouvelles formes vivantes ? Pierre-Henri Gouyon, spécialiste de la génétique de l'évolution, nous éclaire… A l’occasion de la Journée Darwin, le 12 février.
« Au cours des siècles, comme beaucoup d’espèces, l’être humain s’est adapté à l’environnement afin de favoriser sa reproduction. Deux chercheurs français, Frédéric Thomas et Michel Raymond, décryptent les pathologies de notre temps à travers le prisme de la médecine darwinienne. »
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La biologie évolutionniste peut-elle apporter de nouvelles pistes dans la lutte contre les maladies infectieuses ?
FT : On sait que la virulence d’un agent infectieux est une caractéristique sélectionnable : on peut la canaliser en influençant son pouvoir de transmission. Une bactérie qui se transmet par l’eau, par exemple, n’a pas besoin de l’homme pour contaminer d’autres personnes. Elle peut donc engendrer des symptômes très sévères. À l’inverse, si elle doit se transmettre de sujet en sujet, il faut qu’elle soit moins virulente pour avoir la possibilité de contaminer quelqu’un d’autre avant de tuer son hôte. Si on agit sur les voies de transmission, on peut donc faire varier la virulence de la maladie.
On pourrait donc imaginer une alternative aux traitements anti-infectieux contre les bactéries ou les virus ?
FT : Des approches pourraient en tout cas être développées en complément des traitements actuels, puisque l’évolution nous apprend qu’un traitement « anti » favorise presque toujours l’éclosion d’une résistance. La biologie évolutive nous porte à considérer tout le cycle de vie du pathogène dans son environnement afin de trouver les paramètres sur lesquels agir. Dans la lutte contre le paludisme, par exemple, on sait qu’il est illusoire d’espérer éradiquer tous les moustiques vecteurs du parasite. Les exterminer de façon aveugle favorise l’émergence de résistances. En revanche, si on trouve un insecticide capable d’agir après leur reproduction mais avant la transmission du parasite, le paludisme devrait disparaître.
Allergies, maladies infectieuses, cancers de la peau… Comment ces différentes pathologies vont-elles évoluer avec le changement climatique ? Des chercheurs se penchent sur ce sujet particulièrement complexe."
Depuis plusieurs décennies, en France et en Europe, et plus récemment aux Etats-Unis, on assiste à une inquiétante augmentation de la mortalité des abeilles. A terme, une centaine de millions de ruches d'élevage sont menacées dans le monde, soit quelque 4.000 milliards d'abeilles.
Demain et après-demain, près de deux cents spécialistes vont plancher sur le sujet, à Paris dans le cadre des 3es Journées de la recherche apicole, organisées par l'Institut de l'abeille (Itsap - Institut technique et scientifique de l'apiculture et de la pollinisation). Des chercheurs de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), du Cetiom (Centre technique interprofessionnel des oléagineux et du chanvre), du CNRS, de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique) et des universitaires exposeront leurs travaux.
« En France, la mortalité hivernale des colonies d'abeilles atteint désormais de 20 à 30 %, alors que, pour être rentable, une exploitation apicole ne devrait pas voir plus de 10 % de ses colonies disparaître sur toute une année », constate Yves Le Conte, directeur de l'unité de recherche abeilles et environnement à l'Inra d'Avignon.
"Glaciologue et climatologue, Jean Jouzel est vice-président du Giec (Groupement d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), dont il est membre depuis 1994 et colauréat à ce titre du prix Nobel de la paix en 2007. Il est co-auteur avec Anne Debroise de "Le Défi Climatique, objectif 2°C " (Editions Dunod). Il revient sur 30 ans d’études du changement"
[Image] Selon Jean Jouzel, vice-président du Giec, la réduction puis la suppression des émissions de CO2, nécessaires pour limiter la hausse de la température à 2°C, sont techniquement possibles et économiquement viables. En revanche, cela implique de changer complètement notre mode de développement.
Par Pierre Jouventin. Ecologie, science, société, Scilogs, 28.01.2015
« Nous vivons dans un tel obscurantisme que l'écologie politique -qui date de quelques dizaines d'années- a supplanté dans l'esprit du public sa mère, l'écologie (scientifique) dont le nom date de 1866... Donnons donc ici quelques définitions de base pour s'y retrouver dans cette écologie fondamentale où l'homme n'était au départ qu'une espèce parmi d'autres, toutes en interrelation. »
[Image] Neriid flies are depicted. Scientists at UNSW Australia have studied the flies and discovered a new form of non-genetic inheritance, showing for the first time that offspring can resemble a mother's previous sexual partner.
CNRS/sagascience. Biodiversité : que recouvre ce mot > Erosion de la biodiversité, crises d'extinction : de quoi s'agit-il ? > Extinction des espèces et crises d’extinction.
« Les grandes crises d’extinction de la biodiversité - Les extinctions d’aujourd’hui »
« La datation des fossiles nous permet de connaître la durée de vie des espèces passées. Nous savons désormais que depuis l’apparition de la vie il y a 3,8 milliards d’années, la Terre a connu cinq grandes crises d’extinction d’espèces, suivies de phases d’expansion. Beaucoup de scientifiques considèrent que nous vivons aujourd’hui la sixième grande crise d’extinction et qu’elle est due à l’action de l’espèce humaine (Homo sapiens sapiens) sur son environnement. »
On en parlait, on en parlait mais on ne faisait qu’en parler. Et pendant ce temps là, vous, vous en rêviez. Et bien c’est fait et ils seront tous là, ils me l’ont tous dit et promis, les samedi 4 et dimanche 5 juillet, les dinoblogueurs.
Robert Krulwich est un envoyé spécial pour la radio NPR (National Public Radio) que j’ai découvert dans l’excellentissime Podcast Radiolab (si vous comprenez l’anglais, souscrivez
« ... l’étude britannique utilisant des radars pour mesurer le nombre d’insectes dans une colonne d’air a été réalisée par le Dr Jason Chapman. Ce chercheur pense cependant que le nombre qu’il a calculé, 3 milliards d’insectes pendant un mois, peut varier selon la région visitée et pourrait éventuellement atteindre 6 milliards près de l’équateur! »
« Quant à l’altitude maximale enregistrée pour des insectes, cette information provient de très nombreuses missions aériennes, déjà commencées en 1926 avec l’aide du célèbre aviateur Charles Lindbergh qui utilisait des lames de verres collantes pour collecter des échantillons à haute altitude. Il a continué ces contributions notamment en 1933 lors de son vol au dessus de l’Atlantique. »
« Comment a-ton réussi à déterminer quel était le champion incontesté du vol en haute altitude? Et bien en 1961, un chercheur nommé J.L. Gressitt adaptait des pièges à insectes aux ailes d’un avion super-constellation qui a volé sur une région de 186 km à 5800 mètres d’altitude. Le seul insecte capturé fut ce termite, bien vivant, le champion… »
"Le Journal participatif des sciences compte aujourd’hui vingt-cinq articles, essentiellement dans les domaines de la santé, de la physiologie, de l’environnement et de l’agronomie. Une section « controverses », pour l’instant vide, a également été créée pour permettre d’alimenter, à l’avenir, les débats susceptibles de naître de certains articles. Mais la jeune webrevue compte d’abord sur les sociétés scientifiques et les écoles doctorales francophones pour faire passer le mot. Histoire de donner envie de prendre la plume aux jeunes chercheurs soucieux de partage."
La Tête au carré, par Mathieu Vidard, France Inter
l'émission du vendredi 13 février 2015 Le club: coccinelles, e-penser, Daniel Pennac et bilinguisme
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Nolwenn Dheilly, Immunologiste et parasitologiste
Dans le dernier numéro de la revue britannique Proceedings of the Royal Society B, une équipe de chercheurs français et canadiens ont montré qu’une guêpe était capable de modifier le comportement d’une coccinelle en lui injectant un virus.
« ... cette entomologiste contemporaine de Louis XIV a eu un destin hors du commun et nous a légué un patrimoine scientifique incommensurable, ce qui lui a valu notamment d’orner les billets de 500 Deutsche Mark au côté d’un de ses propres croquis d’insectes. Ce n’est pas Johnny Hallyday qui peut en dire autant. »
Dossier INSERM réalisé en collaboration avec le Pr André Cabié, Centre d'investigation clinique Antilles Guyane et Service des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Martinique - Université des Antilles et de la Guyane - Décembre 2014
« Le virus responsable du chikungunya est un arbovirus transmis à l’homme par les moustiques du genre Aedes : A. aegypti, A. albopictus (le fameux moustique-tigre), A. luteocephalus, A. furcifer, A. taylori). Ces moustiques sont également les vecteurs des virus de la dengue et de la fièvre jaune. »
« Les régions concernées par la maladie ne cessent de s’étendre du fait de la diffusion des moustiques vecteurs, une diffusion favorisée par l’importance des échanges internationaux et par les formidables capacités d’adaptation de ces moustiques : l’espèce est extrêmement tenace et développe des résistances aux insecticides chimiques. Logés dans une coque imperméable, les œufs résistent à la sécheresse et aux basses températures. »
« Le virus du chikungunya déclenche des flambées épidémiques régulières, principalement en milieu rural. Originaire d’Afrique de l’Est, il s’est d’abord étendu à l’Océan Indien, l’Inde et l’Asie. En 2005-2006 une épidémie majeure a sévi dans l’Océan Indien sur les îles de la Réunion (38,2% de la population infectée), Maurice, Seychelles ou encore Mayotte, touchant plus de 300 000 personnes. En 2007, une autre grosse épidémie a eu lieu en Inde et un cas importé a provoqué une flambée en Italie, dans la région de Ravenne, avec deux cent personnes infectées en raison de la présence du moustique Aedes albopictus. »
« Depuis, le virus a encore gagné du terrain et rejoint les caraïbes en 2013, déclenchant une épidémie dans les départements français d’Amérique (30 à 40% de la population touchée), ainsi que l’apparition inédite de cas dans différents pays d’Amérique latine (Guyana, Salvador, Suriname, Costa Rica, Vénézuéla), des régions jusque-là indemnes. »
« Cette situation accroit le risque d’importation du virus aux Etats-Unis (via la Floride) et en France où le moustique A. albopictus est implanté dans 18 départements du centre et du sud (Alpes-Maritimes, Alpes-de-Haute-Provence, Var, Haute-Corse, Corse-du-Sud, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Gard, Hérault, Aude, Pyrénées-Orientales, Haute-Garonne, Gironde, Lot-et-Garonne, Drôme, Ardèche, Isère, et Rhône). Arrivé en 2004 par la Méditerranée, il ne cesse de gagner du terrain. »
[Image] Détection du virus Chikungunya (en rouge) dans les articulations, un des tissus siège des symptômes.
« La leishmaniose, une maladie peu connue, fait actuellement l'objet d'une campagne de prévention et de dépistage, organisée par le laboratoire Virbac. Elle est causée par un parasite : Leishmania infantum. Très répandu dans le sud de la France, ce parasite est transmis par les piqûres de petits insectes appelés phlébotomes. Ces petits moucherons sont actifs entre les mois de mars et d'octobre. C'est notamment en fin de journée et en début de soirée que les femelles phlébotomes prélèvent leur dîme de sang. Un chien peut être piqué jusqu'à 100 fois par heure pendant la période d'activité des phlébotomes. Après la piqûre, les parasites sont déposés sous la peau, où ils forment une petite lésion appelée chancre. Ils envahissent ensuite les cellules du chien et altèrent son système immunitaire. La leishmaniose se concentre autour du bassin méditerranéen : dans le sud de la France, en Espagne, au Portugal, en Grèce et en Italie. Ainsi, 40.000 cas de chiens infectés sont déclarés chaque année dans notre pays. Pour un total d'environ 1 million de chiens malades pour 2,5 millions en Europe. Attention, la leishmaniose est également transmissible à l'homme : une vingtaine de cas sont signalés tous les ans. »
"Improbablologie. Un biologiste danois a mis à la disposition des chercheurs les dix règles à suivre pour produire l’écrit technique et soporifique le plus susceptible d’être publié par les revues scientifiques".
Comme les lézards, des scorpions perdent leur queue pour échapper à un prédateur. Le problème est qu'ils perdent aussi leur anus… Comment s'en arranger ?
Professeur de biologie évolutive à l'université Pierre et Marie Curie (Paris VI). Il a dirigé jusqu’il y a 2 ans l'unité "Systématique, Adaptation, Evolution" (UMR-CNRS 7138) et l'école doctorale "Diversité du Vivant".
Mardis de l'Espace des sciences, 17.04.2007. « Retrouvez les conférences données à l'Espace des sciences par les plus grands scientifiques, depuis 2005 »
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