Plus d'un millier de personnes, des agriculteurs, des étudiants, des femmes et des organisations de la société civile se mobilisent pour dire non aux recherches en cours sur des organismes génétiquement modifiés. Après avoir lutté contre le coton BT modifié de Monsanto, le Collectif citoyen pour l'agroécologie s’oppose à une nouvelle expérience en cours. Celle du projet Target Malaria, qui veut lutter contre le paludisme en freinant la reproduction du moustique anophèle, vecteur de transmission de la maladie à l'homme. Les chercheurs burkinabè se préparent à lâcher dans certaines localités des moustiques génétiquement modifiés stériles.
Ils ont marché dans les rues de la capitale avec leurs banderoles et slogans hostiles aux organismes génétiquement modifiés. Le Collectif citoyen pour l'agroécologie (CCAE) veut interpeller les autorités burkinabè sur les dangers que pourraient constituer les manipulations sur les plantes ou insectes dans le cadre des recherches scientifiques et technologiques. (...)
> Lire aussi: Paludisme: Des centaines de Burkinabè protestent contre le projet "Target-Malaria"
... Un sujet sur lequel Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au CNRS et à l'Université de la Rochelle se penche depuis plus de dix ans.
Publié le 05.04.2018
"Pour le chercheur, le modèle d'agriculture productiviste n'est aujourd'hui plus la solution car il détruit l'environnement, nuit à la santé et n'est plus viable économiquement.
Face à cette réalité, le chercheur a décidé de mener une étude de taille."
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- Chronique rédigée et présentée par Laura Gonzalez Tapia pour le MagDSciences -
>> Chronique ré-éditée pour Echosciences par Mathilde Chasseriaud <<
Vincent Bretagnolle étudie les alternatives à l’agriculture intensive sur les 450 kilomètres carrés d’une zone agricole située au sud de Niort. Il explique à CNRS Le journal comment un moindre recours aux pesticides augmente les revenus des agriculteurs sans affecter leur production.
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Quand le productivisme nuit à l'agriculture. Par Laure Cailloce, 27.02.2018
Conduire des expérimentations sur un territoire de 450 kilomètres carrés, comme vous le faites dans la zone atelier de Chizé, ce n’est pas banal. Pouvez-vous nous expliquer le principe de vos recherches ?
Vincent Bretagnolle : La zone atelier « Plaine et val de Sèvres » – c’est son nom officiel – a été créée en 1994 sur un constat : le modèle agricole productiviste est en bout de course. Il dégrade l’environnement et la biodiversité, a des conséquences délétères sur la santé humaine – au premier chef, sur celle des agriculteurs –, et n’est plus viable économiquement puisqu’on assiste à la baisse continue des revenus des mêmes agriculteurs. Face à ce constat, la question qui se pose est la suivante : quel modèle inventer pour l’agriculture de demain ? À Chizé, nous avons décidé d’explorer la piste de l’agroécologie, une agriculture durable qui utilise les ressources de la nature pour se développer. Mais, à la différence de la plupart des études basées sur des modèles théoriques ou menées dans des stations expérimentales hors-sol, nous testons toutes nos hypothèses en conditions réelles, grâce à la participation des agriculteurs : près de 200 exploitations ont ainsi accepté de collaborer ces dix dernières années.
À quoi ressemble votre zone d’étude, concrètement ?
V. B. : C’est une des grandes plaines céréalières de France où l’on cultive le blé, le colza, le tournesol, mais aussi le maïs ou la luzerne. Les terres y étant très pauvres, on y pratique encore beaucoup l’élevage, même si les prairies ont disparu au profit des stabulations, ces bâtiments où les animaux vivent à longueur d’année. 450 exploitations agricoles sont aujourd’hui présentes sur ce territoire, qui a la particularité d’être classé Natura 2000 du fait de la présence d’oiseaux protégés comme le busard ou l’outarde canepetière. On y trouve encore des haies, des petits bosquets, et quelques vignes dans le sud de la zone, mais ces éléments du paysage très prisés des insectes et des oiseaux disparaissent progressivement.
"La Zone Atelier Plaine & Val de Sèvre est l’une des 13 zones atelier du dispositif INEE RZA. Elle a été labellisée Zone Atelier en 2008. Les données y sont collectées cependant depuis 1994.
C’est un dispositif de l’Institut Ecologie et Environnement du CNRS, destiné à favoriser la recherche interdisciplinaire et inter partenariale autour d’un projet commun – en l’occurrence, l’Agro-écologie des territoires- s’appuyant notamment sur un outil d’organisation, de stockage et de partage de l’information scientifique. Cet outil doit à la fois répondre aux besoins de recherche fondamentale, de recherche appliquée et aux demandes sociétales."
"Depuis dix ans, les chercheurs de la zone atelier ont travaillé main dans la main avec 200 exploitations agricoles : producteurs de blé, de colza ou encore de tournesol."
22.01.2018 - Philippe MAUGUIN, PDG de l'Inra a signé le 10 janvier 2018 à Pékin, à l'occasion de la visite en Chine du Président de la République française accompagné des Ministres en charge de l'agriculture et de la recherche, plusieurs accords en vue de renforcer des collaborations d'excellence avec ses partenaires chinois.
"Ces collaborations s’inscrivent dans l’année franco-chinoise de l’environnement qui vient d’être annoncée par les Présidents de la République française et chinoise lors de leur rencontre."
La théorie de la viabilité est un cadre mathématique développé en France au début des années 90 qui a été appliqué à divers domaines : pêcherie, robotique, finance, anthropologie,…
Depuis quelques années, il est utilisé par les chercheurs à l’Inra dans le domaine de l’agroécologie pour étudier des systèmes complexes et incertains.
Le principe ? Utiliser des algorithmes pour déterminer les conditions nécessaires pour qu’un système conserve certaines propriétés dans le temps.
Par exemple, comment concilier productivité et maintien de la biodiversité dans un système d’élevage basé sur le pâturage ? A l’INRA, en collaboration avec des collègues du CNRS et de l’IRSTEA, la théorie de la viabilité a été mobilisée dans de nombreuses recherches sur le développement durable et la gestion des ressources renouvelables : élevage, pêcheries, forêts, eau, politiques environnementales.
Ce cours permet de découvrir ce qu’est l’agroécologie, quelles en sont les différentes approches, comment elles se traduisent dans des pratiques agricoles et dans la transition agroécologique. Dans une dynamique de formation participative, appuyé sur la diversité sociale et géographique des acteurs, le MOOC propose de construire une approche de l’agroécologie à l’interface entre sciences agronomiques, écologie et sciences sociales.
Témoignages de Marc Dufumier, ingénieur agronome et enseignant-chercheur, et de Fabien Perrot qui dirige l'exploitation nationale de Rambouillet où est pratiquée l'agroécologie.
Marc Dufumier est un scientifique engagé et reconnu qui s’intéresse aux questions alimentaires et à l’agriculture depuis plus de 40 ans. Il défend une agriculture sans pesticides qui peut produire beaucoup, à condition que soient pris en compte le cycle du carbone et de l’eau, les coccinelles, les pucerons et les abeilles pour la fécondation des arbres fruitiers. Marc Dufumier a parcouru le monde. Il a beaucoup appris aux côtés des agriculteurs malgaches ou laotiens et pour lui l’avenir, c’est l’agro-écologie, il est intarissable sur le sujet. Je l’ai rencontré avant la crise laitière de ces derniers jours, mais ses propos sont toujours d’actualité.
Dans cette émission, vous entendrez aussi le témoignage et les questions de Fabien Perrot, qui dirige l' exploitation nationale de Rambouillet, où est pratiquée l’agro-écologie.
L’agro-écologie peut-elle doper les récoltes mondiales ? pour Marc Dufumier, c’est oui, sans hésitation.
C'est dans l'écosystème du sol que Anne-Maïmiti Mercadal, enseignante-chercheuse en agroécologie à l'Institut Polytechnique LaSalle à Beauvais, cherche des solutions pour améliorer les rendements des cultures tout en respectant l'environnement. Mais avant de se prononcer, elle effectue des carottages de sol pour étudier la faune de cet écosystème et ses interactions avec les pratiques culturales. Ce portrait est diffusé à l'occasion du Salon de l'agriculture de Paris (jusqu'au 1er mars 2015).
Le colloque Agroécologie et Recherche du 17 octobre a mobilisé les communautés de la recherche, de la formation et de l’innovation autour de l’agroécologie. Après une ouverture en séance plénière devant plus de 300 participants, trois ateliers scientifiques et un forum de discussion se sont déroulés en parallèle. Le forum a articulé tables-rondes, échanges avec la salle et restitutions des ateliers. Vidéos de ce colloque.
Jeudi 8 novembre 2018 Congrès Scientifique Ecolo’Tech 2018 Innovations Technologiques et Méthodologiques en Ecologie, Université de Montpellier – Campus Triolet
Porté par l’Université de Montpellier et mis en oeuvre par l’Association du Salon de l’Ecologie.
Joanna Schlesinger, chargée de la valorisation de la recherche et de l'innovation à l'IRD et responsable du programme Parfao - Promouvoir l'agroécologie par la recherche et la formation en Afrique de l'Ouest - explique au micro de Bilal Taïrou les enjeux du week-end des solutions Parfao, organisé à Dakar les 9 et 10 mars derniers.
Joanna Schlesinger : "Connecter l'université et le monde socio-économique". YouTube, 12.03.2018
En 2018, l’agro-écologie marque l’agenda du Cirad, l’occasion pour l’établissement d’opérer un retour d’expérience et une analyse globale sur des actions scientifiques menées dans de multiples contextes au Sud depuis 10 ans. Cet exercice, un peu comme l’assemblage des pièces d’un puzzle, fait apparaitre les conditions génériques et les verrous à lever pour réussir la transition agro-écologique. Morceaux choisis de ce travail analytique avec François Côte, directeur du département Performance des systèmes de production au Cirad.
Cette journée sera articulée autour de deux sessions :
La matinée sera consacrée au bilan de ses actions en génomique, dont les résultats pourraient servir l’agroécologie
L’après-midi sera dédiée aux réflexions thématiques pour l’orientation et l’intégration de la génomique dans le développement de l’agroécologie pour la gestion des écosystèmes cultivés et forestiers
"BeeOdiversity" est une entreprise commerciale à finalité sociale. Elle a déjà obtenu plusieurs prix pour son innovation dans le domaine de l'environnement. Son objectif : réduire la mortalité des abeilles. Elle vient d'être sélectionnée comme le meilleur entrepreneur social belge dans le cadre d'un concours international organisé par le whisky "Chivas Regal". Actuellement, ses clients sont, entre autres, Spa Monopole, Elia, Edf Luminus. Il y a aussi des villes : Knokke-Heist, par exemple ou Rhode-Saint-Genèse. Mais voilà, si l'objectif est louable, dans le milieu apicole des voix de scientifiques se font entendre pour crier "Holà!". L'argumentaire scientifique développé par le site internet BeeOdiversity pour "promettre" une réduction de la mortalité des abeilles est sujet à caution. Deux professeurs d'universités parlent de "greenwashing".
Par Olivier Corroenne. RTBF, 31.01.2017
"... Deux scientifiques, spécialistes du monde des abeilles, critiquent les résultats de Kim Nguyen. Denis Michez, professeur de botanique à l'Université de Mons et Nicolas Vereecken, chargé de cours au département agroécologie de l'Université Libre de Bruxelles estiment qu'il n'est pas possible de mesurer la biodiversité en écartant environ 380 espèces d'abeilles sauvages, en privilégiant uniquement une étude sur l'abeille domestique. (...)"
"... Grâce à une sensibilisation intensive des agriculteurs et des citoyens, BeeOdiversity parvient peut-être à des résultats mais ils ne concernent que les abeilles domestiques dans certaines régions. Tout cela n'étant confirmé par aucune publication scientifique. (...)"
"À l’Inra de Bordeaux, l’unité Santé et agroécologie du vignoble (Save), on teste différentes méthodes de biocontrôle pour réduire l’utilisation de produits phytosanitaires contre les ravageurs ou maladies de la vigne : insectes prédateurs ou parasitoides, micro- ou macro-organismes notamment."
Vigne : le biocontrôle est sur les rangs. Par Patricia Léveillé. INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), 11.10.2016, mis à jour le 13.10.2016
"... Les recherches de l’unité Save sur l’influence des facteurs environnementaux et des pratiques culturales sur l’expression des maladies du bois de la vigne et l’interaction plante-microbiote ont été sélectionnées au titre du programme « Chaire industrielle » de l’Agence nationale de recherche."
Les traits fonctionnels sont au cœur de l’adaptation des invertébrés aux conditions des milieux dans lesquels ils vivent. Le projet BETSI, financé par la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité, a permis de repenser les bases conceptuelles de l’utilisation de ces traits, de synthétiser et organiser les informations en une base de données, et de tester cette approche en agroécologie.
INRA - Traits fonctionnels des invertébrés des sols, 13.03.2015
Animation scientifique Agroécologie - Intensification écologique des systèmes de culture Au travers de séminaires/débats, des unités de recherche en agronomie…
Neutraliser plutôt que tuer les agents pathogènes, tel est l'objectif de l'agroécologie, comme nous le raconte avec conviction l'ingénieur agronome Marc Dufumier.
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