Initiatives locales et paroles d'acteurs
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Resto’Fabrik couve les apprentis restaurateurs

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Ouvrir un restaurant ne nécessite aucun diplôme ou niveau de formation particuliers. C’est une des seules activités qui le permettent. Le point positif est que tout porteur de projet peut envisager d’ouvrir son établissement ou monter un gîte. Mais beaucoup se lancent sans avoir les prérequis. Point négatif, les taux d’échecs sont très importants, puisque 2 restaurants sur 3 ferment dans les 3 ans après leur création. 

Dans ces conditions, comment permettre la création d’activité dans le domaine de l’hôtellerie-restauration tout en la sécurisant ? « Par manque de connaissances, beaucoup de personnes prennent le risque de se mettre en grande difficulté » décrit Jean-Baptiste Maurin, directeur développement de la fondation INFA à Bordeaux. « C’est un constat partagé d’acteurs qui travaillent sur les mêmes sujets à différents stades, et qui sont confrontés au même problème. La fondation INFA forme des cuisiniers et des serveurs depuis plus de 30 ans, ainsi que des formations comme le permis d’exploitation. Il faut savoir que la majorité des stagiaires ont la volonté à moyen ou long terme d’ouvrir une activité. Mais on observe un réel manque de connaissances sur des éléments comme le bail commercial, les rations, les fonds de commerce, etc. » 

C’est pour pallier l’absence d’outil destiné à accompagner les porteurs de projets en restauration, que la fondation INFA a imaginé un parcours de formation baptisé « Resto’Fabrik ». Du fait de son caractère expérimental, il a fallu communiquer et faire la promotion du concept auprès de toute une série de prescripteurs et d’acteurs de la formation professionnelle, mais aussi de la création d’entreprises. « Nous avons une expérience et une légitimité dans la formation, mais la création d’entreprise n’est pas notre cœur de métier. Cette action nous a permis d’élargir nos connaissances dans ce domaine. » 

Avec la fondation INFA, les partenaires associés au sein de Resto’Fabrik sont la couveuse bordelaise Anabase et l’association la Peña rive droite, qui animent conjointement Resto Starter, la première couveuse spécialisée en restauration en France. Les professionnels sont représentés par l’UMIH nouvelle aquitaine et la Région apporte son soutien par son Fonds Régional pour l’Innovation dans la Formation (FRIF). Enfin, Otellia, une auberge de jeunesse, qui met à disposition son outil de production, et la commune de Blanquefort, ville où sont installées toutes les infrastructures. 

Le public visé, ce sont les porteurs de projets, qui doivent avoir un minimum d’expérience ou une formation en cuisine (CAP), et connaître l’hygiène en restauration. « Nous prenons en considération l’ensemble d’un profil, même si les prérequis ne sont pas tous remplis. On peut avoir des personnes qui ont travaillé en tant que manager dans toutes sortes de restaurants, qui ne sont pas cuisiniers à la base, mais qui ont une connaissance du secteur, ou une expérience associative. » Dans ces métiers, il faut aussi vérifier les compétences de base : savoir lire, écrire, compter. Enfin, les candidats doivent présenter leur projet, prouver qu’ils ne viennent pas juste chercher une formation en restauration. 

Pour trouver les candidats, la fondation INFA organise des informations collectives et individuelles. Une fois que les personnes sont informées et continuent à exprimer leur intérêt, elles passent un entretien de motivation. Grâce à l’effet d‘annonce, les premières sessions ont été vite remplies. Par la suite, il a fallu déployer un gros effort de communication et de promotion pour se faire connaître sur un segment où il n’y avait jusque-là aucune possibilité d’accompagnement. 

Les sessions de formation, depuis leur lancement en novembre 2018, ont une durée de 3 mois. La première semaine consiste à travailler sur les formations obligatoires pour ouvrir son restaurant (permis d’exploitation pour les débits de boisson, hygiène en restauration commerciale (normes HACCP)). Les 2 semaines suivantes sont consacrées à la partie restauration, un peu de théorie avec les coûts matière, les bons de commande, les fournisseurs, l’organisation du travail, et des temps de pratique en cuisine : cuissons de base, gestuelles, associations primaires, etc. La partie création d’entreprises est abordée ensuite, à nouveau pendant 2 semaines, sur des thèmes comme « de l’idée au projet », le plan de financement, le budget prévisionnel sur 3 ans, la communication, le marketing, la gestion. 

Pendant les 8 dernières semaines, les stagiaires encadrés par des formateurs en restauration sont chargés de piloter le restaurant de l’auberge de jeunesse Otellia. L’objectif est de les former en situation de travail, de réaliser les différentes prestations pour gagner en dextérité, en rapidité et en rythme, ainsi qu’en qualité de service et en régularité. 

« Pour la partie restauration, on s’est appuyé sur le CQP commis de cuisine, l’objectif étant de disposer d’un référentiel, et d’un étalonnage de la compétence acquise par rapport à un diplôme existant. En ce qui concerne la création, le référentiel ce sont des formations délivrées dans toute structure proposant de la création d’entreprise. Quant à la formation en situation de travail, des gestes techniques sont mis en lien avec un apport théorique et un moment réflexif sur la situation. » 

Le maître mot de Resto’Fabrik est la sécurisation. Qu’elle se fasse par la création d’activité, par la réorientation vers un autre secteur ou la requalification. De fait, les suites de parcours peuvent prendre des formes très diverses, du reclassement sur une autre formation en restauration, à une réorientation complète lorsque le stagiaire prend conscience qu’il n’est pas fait pour ce métier, en passant par une création directe avec un accompagnement de la couveuse généraliste ou la couveuse Resto starter afin d’y tester son concept pendant 6 mois. 

Le caractère innovant du projet réside dans la collaboration d’acteurs venant de mondes différents et dans sa logique de transférabilité vers d’autres intervenants et territoires. « En parallèle, nous créons un diplôme en lien avec la branche, un « CQP d’entrepreneur de la restauration TPE », puisque les PME et TPE représentent 90% du parc de restaurants en France. Il devrait sortir en septembre, et couvrira les besoins en termes de diplôme. » 


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Renforcer l’accompagnement des personnes âgées et valoriser les métiers de l’aide à domicile

Renforcer l’accompagnement des personnes âgées et valoriser les métiers de l’aide à domicile | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
Dans le cadre de ses fonctions, Nadine Sicault, chargée de mission à la MFR de Gençay (Vienne), est amenée à rencontrer des demandeurs d’emploi et des salariés qui font, ou ont fait, de l’accompagnement au domicile auprès de personnes âgées. Elle a constaté qu’une demande était fréquemment exprimée par ces intervenants, celle de pouvoir acquérir les compétences pour « faire plus » auprès des bénéficiaires. Par ailleurs, les personnes âgées elles-mêmes sont en demande d’accompagnement qui vont au-delà de l’aide à la toilette et aux repas. 

« Depuis une dizaine d’années, nous formons une quinzaine de stagiaires par an au métier d’animateur en gérontologie (titre de niveau 4). Nous avons considéré qu’il fallait réfléchir à une formation destinée aux personnes qui travaillent au domicile, qu’elles soient ou non salariées. Le besoin était réel, le Fonds Régional pour l’Innovation dans la Formation (FRIF) est intervenu pour nous permettre d’étudier son contenu, le décrire et le formaliser. L’objectif est d’aller jusqu’au référentiel. » 

Le projet de la MFR de Gençay est donc de créer une nouvelle formation « d’animateur » spécifique, dont le sujet serait l’animation à domicile. Il a débuté par une première phase d’écoute et de diagnostic. En l’occurrence, le terrain d’observation choisi est l’Aide à Domicile en Milieu Rural (ADMR) de la Vienne, avec laquelle a été signée une convention en février 2020. « L’intérêt de l’ADMR c’est qu’ils ont à la fois des structures qui travaillent en Vienne Sud, et un regard sur toute la Vienne. L’étude va déterminer les modalités (titre, formation à part entière ou pas). Pour ce travail, je suis accompagnée de Brigitte Géhin Responsable du développement des titres de l’union nationale des MFR qui peut demander son enregistrement au RNCP, parce que nous voulons une formation qui soit reconnue. » 

Une première réunion s’est tenue en début d’année avec une vingtaine de personnes, membres du CA et salariés de l’ADMR motivées et réactives. L’objectif était de mieux comprendre le secteur, le contexte de travail géographique des différents intervenants, leurs activités, ainsi que les compétences nécessaires, les contraintes et les aspects légaux. Après avoir été repoussées pour cause de crise sanitaire, d’autres réunions participatives se déroulent depuis la rentrée afin de nourrir en profondeur le travail de recherche, d’enquête et de diagnostic. « Quand on parle de l’analyse du territoire, on parle aussi du territoire relationnel, qui ne sont pas exactement les mêmes. Il faut que tous les partenaires de l’aide à domicile soient partie prenante, soient intégrées à la réflexion. » 

Le principal souhait des professionnels du domicile est d’accompagner les personnes âgées sur le plan relationnel, avoir plus de temps d’échange et de dialogue, ne serait-ce que pour maintenir leur mémoire et de les stimuler intellectuellement. Pour cela, il faut être en capacité de recueillir et d’analyser leurs attentes, d’accepter de comprendre le point de vue de l’autre, partir des besoins de la personne âgée sans les mettre en difficultés ou en danger. 

Pour valoriser les métiers de l’aide à domicile, « ce n’est pas qu’une question d’affectivité, ça va bien au-delà. Le principe pourrait être de prolonger le métier, les soins le matin et les activités plus ludiques, pédagogiques et de stimulation l’après-midi et qui demandent des compétences spécifiques. Cela permettrait aussi de fournir un complément d’activité aux intervenants qui ont rarement des temps pleins. D’ailleurs nous travaillons en réunion sur la question des emplois du temps découpés. » 

Cependant, il existe moins de solutions de financement pour des formations longues. Un des problèmes est que les intervenants à domicile sont majoritairement de niveau V (niveau 3 dans la nouvelle nomenclature), et que les métiers sont mal reconnus, voire dévalorisé. La volonté de la MFR est d’aboutir à une formation diplômante avec un potentiel d’accompagnement suffisant et adapté aux contraintes des personnels. Elle s’adressera à des personnes proches de la retraite (offrant ainsi une solution à la gestion des fins de carrière), et à des intervenants à domicile expérimentés, qu’ils soient demandeurs d’emploi ou salariés en activité. Les personnes en reconversion et travailleurs handicapés peuvent éventuellement être concernés, mais une connaissance préalable du domicile sera privilégiée. 

La suite du projet dépendra des résultats de l’analyse en cours. « L’analyse des réunions permettra de dégager un référentiel de formation avec un descriptif de métier dans le but d’un enregistrement au RNCP pour avoir une reconnaissance. Pour cela, il y a plusieurs entrées possibles : un CQP, l’inventaire, ou un RNCP entier. Cela va dépendre des résultats du diagnostic. »

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D-CLICS, Le numérique comme support d’apprentissage des savoirs de base

D-CLICS, Le numérique comme support d’apprentissage des savoirs de base | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
« A la ligue de l’enseignement, notre cœur de métier c’est de travailler pour les compétences de base », explique Karin Tudal, directrice de l’Atelier Pédagogique Personnalisé (APP) de Bergerac. « En Dordogne, nous sommes reconnus comme un acteur important dans le champ de la lutte contre l’illettrisme. Et en tant que membre du comité consultatif de l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme (ANLCI), je suis sensibilisée aux questions de maitrise du numérique de base pour les personnes en difficulté de lecture et d’écriture, et à l’accès aux droits face à la digitalisation des services publics. C’était la motivation pour élaborer le projet D-CLICS. » 

D-CLICS a été lancé en partenariat avec l’Association Périgourdine d'Action et de Recherche sur l'Exclusion (APARE) de Périgueux, qui gère un centre d’hébergement en urgence et un centre de formation pour les savoirs de base et la lutte contre l’illettrisme. L’idée était de couvrir l’ensemble du territoire départemental. 

Son principe est de proposer des modules très simples sur les compétences de base en numérique et sur les droits en ligne. Les personnes intéressées sont accueillies par une coordinatrice qui évalue leur niveau de connaissance des outils numériques et des savoirs de base. En fonction de ce positionnement, un programme personnalisé est défini (nombre d’heures, thèmes) en tenant compte du rythme de chaque personne. 

Les publics viennent essentiellement pour des questions d’ordre administratif et de vie quotidienne (faire un CV, une lettre de motivation). La première étape de l’aide qu’ils reçoivent à l’APP consiste à lever leurs appréhensions, voire leurs peurs, de dédramatiser l’outil et de s’approprier la dimension numérique de la lecture et de l’écriture (utiliser un ordinateur, c’est 90% de l’écrit). 

Les parcours peuvent durer jusqu’à 150 h. Mais pour un démarrage, pour apprendre certaines bases, la moitié peut suffire. « Le numérique est un prétexte pour entrer ensuite sur les savoirs de base. On essaie de motiver les gens pour qu’ils reviennent sur un dispositif de droit commun. Si on voit que quelqu’un rencontre réellement des difficultés d’écriture, on peut coupler avec un travail sur la graphie, la lecture et l’écriture de base. » 

L’évaluation des acquis intervient en milieu et en fin de parcours. Par la suite, on essaie d’établir des passerelles avec des dispositifs de droit commun du type de l’habilitation de service public « socle de compétences » de la Région Nouvelle-Aquitaine. Les personnes sont bien évidemment libres de poursuivre ou pas leur parcours. D-CLICS agit comme un sas, une solution souple et ouverte, pour mettre les gens en confiance. 

« En fait nous mettons en pratique ce que nous faisions déjà, mais dans un cadre plus formalisé, un dispositif contraint avec des prescriptions, des parcours normés, etc. Le but était de mettre en place une offre souple et personnalisée. Un genre de service public, une offre permanente sur les territoires de Bergerac et de Périgueux, pour des personnes qui viendraient chez nous uniquement sur le champ de l’illectronisme. Avec l’idée, en deuxième plan, d’utiliser le numérique dans tous les apprentissages. » 

Dans cette approche, on ne travaille pas sur les compétences de base avant d’aborder l’outil numérique. Ce dernier est utilisé dès l’entrée du parcours, comme une sorte de levier. L’objectif est d’éviter de revenir aux savoirs de base sur le mode papier-crayon, ce qui peut être très perturbant pour une personne en situation d’illettrisme parce qu’elle pourrait se croire ramenée à une posture scolaire. En passant par un outil numérique, même s’il peut être effrayant de prime abord, et une fois que les usagers ont intégré l’idée que l’on pouvait utiliser un traitement de texte pour rédiger une lettre par exemple, il est possible de revenir sur la maîtrise de l’écrit, en réduisant leur appréhension. 

L’APP utilise désormais le même principe pour toutes ses activités. « On le fait aussi pour le Français Langue Etrangère en passant sur des sites en ligne. Il y a l’usage pratique pour tout ce qui concerne l’accès aux droits, et il y a l’usage du numérique comme support pédagogique. Quelqu’un qui entre en formation va fatalement devoir utiliser un ordinateur ou passer par une formation en ligne. C’est une obligation de connaître cet outil, pas seulement pour remplir ses impôts ou son dossier CAF ou Pôle emploi, mais aussi dans une logique d’apprentissage de base, qualifiant ou pré qualifiant. » L’APP dispose d’une salle informatique qui sert autant pour l’accompagnement social (RSA) que pour des ateliers numériques. 

Autre dimension du projet, la sensibilisation des acteurs de premier accueil (missions locales, PLIE, Pôle emploi…) sur des aspects de formation. L’ANLCI a été sollicitée pour apporter son expertise en matière de formation de formateurs, pour aider au repérage des personnes en difficulté avec la lecture, l’écriture et le numérique. 

« Je vois D-CLICS comme une offre complémentaire à ce qu’on a déjà, comme un sas. Le fait que les gens viennent dans cet endroit où on développe des savoirs, simples mais importants, c’est déjà une forme d’entrée dans la compétence numérique et des savoirs. On est bien dans une complémentarité d’offres sur un territoire, et ça peut générer de l’appétence pour d’autres types de parcours. »

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Réalité virtuelle et maintenance industrielle

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L’IFRIA Nouvelle-Aquitaine est un centre de formation d’apprentis et de formation continue spécialisé dans les métiers des industries agro-alimentaires. C’est une structure entièrement hors murs, ses 250 apprentis évoluent tous sur des sites différents, des lycées et universités qui possèdent leur propre plateau technique et mettent à disposition les compétences de leurs formateurs. 

« Nous n’avons pas de plateau dédié », explique Vincent Cherel, directeur. « La plupart de nos formations se font avec les outils des entreprises. Nos propres formateurs interviennent sur les actions de formation continue, de montée en compétences, parfois en complément sur une formation. La réalité virtuelle est un principe qui nous convient bien. » 

C’est en 2019 que la démarche d’imaginer des modules de formation en réalité virtuelle a été lancée, d’abord sous l’impulsion d’un appel d’offres de l’Opco de branche (Ocapiat). Le Fonds Régional pour l’Innovation dans la Formation (FRIF) de la Région a ensuite été l’occasion de travailler sur un autre module. Le centre a voulu dès le départ associer à sa réflexion des partenaires réguliers (la société Fromarsac, les Grands Chais de France, Boncolac et Planète végétale). Le futur outil devait être suffisamment transversal pour convenir à ces différentes entreprises. Sujet choisi : la maintenance de premier niveau dans un unité de production, les fondamentaux que chaque conducteur de machine doit maîtriser. 

Le module virtuel a une triple vocation : la découverte des métiers et de l’environnement industriel, la formation des apprentis, et une partie évaluation. « L’idée de l’outil c’est qu’il puisse, demain, servir dans le cadre de la formation initiale par la voie de l’apprentissage. Ainsi que pour les demandeurs d’emploi dans la filière vins et spiritueux, afin de mettre en situation la personne sur la découverte des métiers puis pendant la formation. On peut aussi envisager que sur la partie CQP que l’on fait (régleurs sur ligne d’embouteillage par exemple), l’évaluation d’une compétence se fasse par ce biais. » 

Le travail a débuté par l’élaboration du cahier des charges. Il fallait faire la part entre ce qui est souhaité et ce qui est faisable, sélectionner les gestes intéressants à mettre en place sur le plan pédagogique, sachant que dans certains cas, le présentiel reste incontournable. Les entreprises partenaires ont aidé à repérer les compétences et habiletés nécessaires. Le choix a final a porté sur une chaîne de production réelle, un type de machine adapté à l’apprentissage de principes de maintenance applicables ensuite sur d’autres équipements. 

Les deux cabinets spécialisés chargés de la virtualisation ont ainsi pu travailler sur un modèle réel, de manière à ce que les futurs utilisateurs aient l’impression d’entrer dans une véritable salle de production, trouver rapidement leurs repères pour interagir avec la machine. En parallèle de la modélisation, il faut également mettre en place les actions pédagogiques, les gestes qui permettront d’évaluer les compétences et les savoirs de la personne sur la conduite et la maintenance. 

« Nous sommes partis sur la base d’une vraie machine à Bag-in-Box (conditionnement et emballage), en l’occurrence dans l’environnement des vins et des spiritueux. L’intérêt de la réalité virtuelle, c’est que l’on fait des choses qu’on ne ferait pas avec une vraie machine. On peut entrer dedans, voir des parties inaccessibles. Ou faire des erreurs qui n’auront pas d’impact sur le matériel. La réalité virtuelle c’est le droit à l’erreur. » 

« On le conçoit comme un outil complémentaire à la formation en présentiel. En aucun cas on ne fera des journées entières en réalité virtuelle. Ne serait-ce qu’en termes d’attention, car ça demande beaucoup de concentration. » Le module a une durée d’environ trente minutes, qui s’inscrira dans le cadre d’un cours sur la maintenance. C’est une modalité pédagogique différente et complémentaire à la disposition du formateur. Un seul opérateur agit dans l’espace virtuel, mais d’autres personnes peuvent visualiser ses actions. L’animateur peut s’en servir pour l’ensemble d’un groupe. 

« Les formateurs ont eux aussi été associés à la définition du cahier des charges. Dans la phase de livraison du module, il faudra qu’ils se l’approprient et l’envisagent comme une modalité pédagogique supplémentaire. Demain ils seront animateurs, c’est un outil qui changera forcément un peu leurs pratiques. Mais l’objectif reste le même. » 

Le module devrait être livré à l’automne, et pouvoir être intégré immédiatement dans les formations. Y compris pour les entreprises qui pourront l’utiliser de manière autonome. Par la suite, il rejoindra le « campus numérique » d’Ocapiat, dont le but est de réunir les modules développés par tous les organismes. Le campus constituera ainsi une sorte de bibliothèque de modules dans lesquels les organismes pourront aller chercher des outils pour complémenter leurs formations.

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Tutorat en apprentissage, un rôle qui s’apprend

Tutorat en apprentissage, un rôle qui s’apprend | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
Depuis 2 ans, les politiques publiques s’efforcent de relancer l’apprentissage qui a largement prouvé son efficacité dans l’insertion professionnelle des jeunes. Cependant, un apprenti sur 5 ne va pas au terme de son contrat pour des raisons qui tiennent notamment aux mauvaises conditions de travail et à la défaillance de l’accompagnement. Trop souvent, les entreprises n’ont pas de programme d’intégration, des tuteurs insuffisamment préparés, des consignes peu ou pas du tout formalisées. 

 L'EPLA (Etablissement Public Local Agricole) de Venours avait déjà posé le constat, dans ses relations avec les entreprises, que le suivi professionnel comporte trop de lacunes. Une visite épisodique au long d’un parcours de trois ans ne suffit pas à renforcer les liens. Lors d’une médiation en cas de situation à la limite de la rupture de contrat, il s’avère le plus souvent que les consignes manquent. En cause, le fait que l’exploitant agricole qui travaille seul ne dispose pas toujours des compétences et des outils adaptés à l’encadrement. 

 « Nous avons voulu renforcer la formation des maîtres d’apprentissage » explique Stéphanie Séguineau, directrice. « Nous le faisions déjà, notamment en partenariat avec la Chambre d’agriculture. Mais dans des formats assez courts. Des sessions d’une journée avec des intervenants comme la Direccte sur la réglementation du travail. Globalement, une information descendante. L’idée c’est de proposer un accompagnement renforcé du maître d’apprentissage dans sa fonction de tuteur, de l’aider à intégrer un jeune, peut-être dans la perspective d’une reprise, des profils que l’on retrouve beaucoup en agriculture. » 

Nom du projet, la « formation maître d’apprentissage ». Son objectif est de faire suivre un parcours aux tuteurs jusqu’à la certification prévue par l’arrêté du 17 décembre 2018. Il résulte non seulement du constat posé par l’EPLA, ainsi que des questionnements des professionnels prêts à accueillir un apprenti, mais qui ne connaissent pas exactement la nature de leur implication et des engagements attendus du point de vue pédagogique. 

La formation comprend 12 heures à distance et 28 heures en présentiel, auxquelles s’ajoute le temps de préparation à la certification des maîtres d’apprentissage. Elle inclue un premier module obligatoire, sur le rôle du MA et les statuts juridiques. « On retrouve le volet statut juridique qui est déjà présent dans les formations courtes. Nous réunissons au moins une fois les participants pour leur expliquer ce à quoi ils s’engagent en accueillant un jeune, en termes de sécurité et de rémunération. » Suivent 5 modules sur des thèmes différents : l’accueil, la contribution du maître d’apprentissage à la formation, l’accompagnement, l’évaluation de l’apprenti, et un module de préparation à la certification. En fonction de sa disponibilité, chacun va se positionner sur un ou plusieurs modules par an, construire son propre parcours vers la certification. 

« Nous l’avons conçue avec des modules indépendants parce qu’on est sur un parcours long qui reste difficile à imposer aux entreprises agricoles qui n’ont pas toujours la possibilité de se rendre disponibles pendant 4 semaines en continu. Nous sommes sur une logique d’entrée sortie permanente, avec des formations mixtes digitales (FMD), des supports mis à disposition sur une plateforme. Les périodes de regroupement sont des temps d’échanges et de partage d’expériences. Et il y aussi des temps de production pour préparer la certification. » 

La formation ambitionne d’améliorer la notion de conditions de travail formatrices. L’idée est de faire la rencontre entre l’exploitant qui recrute un apprenti pour le faire travailler, et le jeune qui a besoin de situations de travail lui permettant d’apprendre. Exécuter une tâche n’est pas suffisant, il faut aussi expliquer pourquoi on choisit telle méthode, tel dosage pour l’alimentation animale, etc. C’est tout un raisonnement qu’il faut partager avec le jeune, provoquer son intérêt et sa curiosité, qu’il n’ait pas l’impression de ne rien assimiler en faisant un travail répétitif. 

« Théoriquement, la dimension apprenante est présente dans tout ce qui est fait dans une exploitation, mais il faut tout de même prévoir des phases d’analyse réflexive. A certaines périodes, pendant les moissons par exemple, il faut être productif sur un temps très court. De fait, le temps d’analyse n’est pas toujours respecté, mais la dimension apprenante devrait être présente du matin jusqu’au soir. » 

Autre point marquant, la notion d’évaluation de l’apprenti et la nécessité d’y intégrer le maître d’apprentissage. Qu’elle ne soit pas seulement un élément du parcours scolaire de l’apprenti en CFA. On intègre bien le tuteur comme contributeur à la formation et à l’évaluation sur un parcours d’1 à 3 ans. « Notre discours c’est de réaffirmer que le premier lieu de formation en apprentissage, c’est l’entreprise. Quand le lien est fait entre elle, le CFA et l’équipe pédagogique, le jeune réussit mieux et n’a plus de problèmes de comportement. On entretient des échanges entre professionnels, entre pairs. »


* La "formation maître d’apprentissage" est financé par le Fonds Régional pour l'Innovation dans la Formation de la Région Nouvelle-Aquitaine.
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La réalité augmentée et virtuelle version AFPA

La réalité augmentée et virtuelle version AFPA | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
L’intégration du numérique dans les pratiques de formation s’impose progressivement comme une évidence. Pour l’AFPA de Rochefort, cette évolution est venue d’une réflexion globale de réorganisation de son pôle nautisme. Auparavant, les formations se faisaient sur deux sites distincts à Rochefort, un pour la maintenance et l’entretien des bateaux, l’autre pour la partie construction en stratifié et bois, ainsi que l’aménagement intérieur. Pour créer un vrai pôle nautisme, il fallait regrouper toutes les formations dans un espace unique. Ce qui a été rendu possible il y a deux ans par la reprise des locaux d’une ancienne entreprise nautique situés dans la zone industrielle de Périgny à La Rochelle. 

Avec ses 2 500 m2 de superficie, cette implantation est techniquement très adaptée aux besoins des formations et permet d’avoir un espace unique pour toute l’offre nautique du centre AFPA. En plus d’être situé à proximité des entreprises. « Nous voulons poursuivre notre développement autour du nautisme » précise Michèle Le Pavec, directrice, « et faire évoluer nos modèles pédagogiques en intégrant du numérique dans les formations. Notre objectif est à la fois de proposer une approche innovante et ludique au travers de modules connectés, et des formations plus courtes, en centre et en entreprise pour les stagiaires et les salariés. » 

Des réunions ont été organisées avec les entreprises et notre partenaire Serious Frames, afin de déterminer leurs besoins en matière de compétences et de co-construire des scenarios d’usage afin de répéter un geste et le rendre optimal. Par exemple, visualiser l’intérieur d’un moteur, intervenir sur le polissage d’une coque de bateau, sans risque ni gaspillage ou déchets, mais également reproduire certains cas extrêmes comme intervenir sur une voie d’eau sur un bateau à quai. 

« Aujourd’hui nous disposons de techniques performantes qui simulent des pannes et des réparations virtuelles mais très proches de la réalité. Cela permet de travailler le geste avec les stagiaires, avant de passer à l’atelier. C’est un gain d’optimisation du matériel et ça évite le gaspillage. C’est une façon de prendre des bons réflexes dès le départ, de s’approprier les bons gestes de manière systématique. » 

Le développement technique a été confié à la société rochelaise Serious Frames. L’AFPA lui fournit le contenu pédagogique des différents modules pour qu‘elle effectue le passage à la réalité augmentée et virtuelle, et construise les scénarios qui viendront s’intégrer dans l’offre de formation globale. Ils incluent le déroulement d'activités d'apprentissage, la définition des objectifs, la description des tâches des apprenants et les modalités d’évaluation. Chaque activité peut durer de 1 à 4 heures, pendant lesquelles sont proposées différentes tâches afin de développer des compétences. Elles sont utilisées par un apprenant seul dans le cadre de son parcours, ou par plusieurs apprenants qui travaillent ensemble, par exemple pour le montage d’un tableau électrique. 

« Les scénarios en réalité virtuelle ou augmentée viennent compléter nos modèles pédagogiques. Ils seront utilisés dans notre offre longue qualifiante de 7-8 mois ou de façon indépendante pour du développement de compétences ou du perfectionnement. La réalité augmentée utilise le monde réel pour y afficher des informations (en 2D ou 3D), avec lesquelles l’utilisateur va pouvoir interagir. Ces données lui apparaissent sur un casque, des lunettes, un smartphone, tablette ou ordinateur. L’utilisateur évolue virtuellement dans un périmètre déterminé dans lequel il dispose de tous les outils et matériaux nécessaires pour réaliser son activité. Il fait en virtuel ce qu’il ferait en réalité, le poids en moins. C’est vraiment une ressource pédagogique différente, qui complète les cours et les supports habituels, une étape de renforcement des connaissances entre le théorique et le réel. » 

Les formateurs sont preneurs de ces outils, qui vont dans le sens de l’évolution de leurs métiers. Ils vont changer leur méthode pédagogique et, avec la 3D, aborder les enseignements de façon complètement différente. Le volume horaire des formations ne va pas changer. La partie « virtualisée » ne va pas s’ajouter, mais se substituer à des cours qui se faisaient avant au tableau ou compléter la partie en atelier. La réalité augmentée offre la possibilité d’aller plus loin dans l’explication avec les stagiaires, par exemple en utilisant des plans en 3D. 

Ces différentes pratiques apportent une dimension ludique, permettent la personnalisation des parcours, une meilleure mémorisation et une autonomisation de l’apprentissage. Elles ouvrent la possibilité de revenir sur les séquences à n’importe quel moment, en centre, en entreprise ou à domicile. « Cela va venir enrichir notre offre de formation classique, remplacer certains outils. Nous faisons évoluer nos modalités pédagogiques en développant « l’intelligence pratique » et le « savoir agir » autour du geste professionnel. Les stagiaires continueront à travailler en atelier sur des matériaux qu’ils retrouveront en entreprise. Il n’est pas question d’enlever ces parties là pour ne faire que du virtuel. Les stagiaires doivent se confronter à un moment à la matière, avec les exigences que cela implique. » 

Les outils virtuels n’ont pas vocation à remplacer toutes les modalités habituelles, ils viennent enrichir la pédagogie. La volonté du centre, c’est que la réalité augmentée ou virtuelle constitue environ un tiers des formations. « Notre objectif est qu’ils soient aussi disponibles dans l’entreprise, pour des apprentis ou nos stagiaires en formation sur un chantier nautique, et les salariés pour du développement de compétences, du perfectionnement. C’est pour ça que nous avons associé les entreprises dès le départ du projet, pour qu’elles donnent leur avis sur l’évolution de la formation. Et qu’elles en bénéficient à terme. » 

Pour l’instant, trois formations sont concernées (Agent de maintenance en marine de plaisance, Constructeur aménageur nautique bois et composites, Stratifieur composites). Mais cette démarche de numérisation pourrait s’appliquer à bien d’autres secteurs. « Nous avons commencé le travail en début d’année. Dans l’immédiat, nous voulons terminer des modules pour les présenter lors du Grand Pavois. Des expérimentations suivront avec les stagiaires en septembre-octobre. Tout devrait être opérationnel en fin d’année. Nous voulons poursuivre le travail sur le nautisme, avant de penser à étendre le système dans d’autres domaines comme l’électricité ou la climatisation. ».

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F.A.C.I.L.e et l’agilité numérique des jeunes

F.A.C.I.L.e et l’agilité numérique des jeunes | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
Partout en région, les jeunes ont une connaissance partielle de l’offre de services de leur mission locale. Parmi les raisons évoquées, des lieux d’accueil insuffisamment adaptés aux besoins des publics. C’est pour apporter une solution ambitieuse à ce problème qu’a été imaginé le projet F.A.C.I.L.e, pour « Facilitateur d’Agilité de Compétences et d’information par le Lanceur e-communication et e-savoirs ». 

F.A.C.I.L.e s’inscrit dans la continuité d’une réflexion engagée depuis deux ans par la Mission locale Technowest sur la rénovation de ses accueils grand public. Pour Dominique Cardesse, responsable de secteur, ils sont beaucoup trop institutionnels, mal repérés, et ne facilitent pas les échanges spontanés avec les jeunes. « Nous avons réfléchi à un plan d’action pour les lieux qui ont un problème de locaux inadaptés, notamment notre siège situé à Mérignac et notre antenne de Blanquefort qui couvre 6 communes. Ce plan d’action est un préambule aux deux projets portés par les villes d’ici les 2 prochaines années, l’idée est de regrouper sur un même accueil, différents services autour de la dynamique jeunesse. » A Mérignac par exemple, on y retrouvera un lieu d’hébergement avec le foyer de jeunes travailleurs, le Bureau d’Information Jeunesse, le service jeunesse de la ville et la mission locale. Ce projet d’ampleur ne sera pas finalisé avant 2022, mais le travail est bien engagé. 

« En attendant, nous avons voulu nous investir pleinement dans cette démarche, en collaboration avec nos équipes et des jeunes, pour élaborer cette nouvelle pratique d’accueil et se décaler des modalités d’accompagnement traditionnelles en face à face. » Le projet prévoit tout d’abord la rénovation physique des locaux de Mérignac, la création d’un accueil décloisonné où les anciennes moquettes ont été remplacées par un plancher en bois clair, un espace de coworking avec du matériel numérique à disposition des publics, et un espace ressources. Toute cette démarche à été voulue dans une logique d’utilité sociale, éco solidaire et responsable. Ainsi, le plancher a été réalisé par les jeunes d’un chantier encadré par une association intermédiaire de Mérignac, le mobilier recyclé par des personnes en insertion dans une recyclerie de Bordeaux. Sur le site de Blanquefort, un chantier peinture a également été réalisé par les jeunes d’une association intermédiaire de Blanquefort.

F.A.C.I.L.e vise également à introduire des changements en termes d’organisation, centrés sur les outils numériques, avec l’objectif de diffuser de l’information en continu sur des écrans, du contenu pas uniquement textuel, d’accueillir et d’accompagner sur ces outils les jeunes avec l’aide d’animateurs de zones d’accueil présents sur ces espaces. Autre nouveauté d’importance, la création d’une plateforme d’information d’accueil interactif, un numéro unique qui centralisera tous les appels gérés auparavant par chacune des antennes. Des agents d’accueil renseigneront directement les jeunes, et toutes les demandes un peu spécifiques, mais qui ne nécessitent pas de rendez-vous, seront traitées par des conseillers en « back office ». 

« C’est une nouvelle approche. En parallèle, nous travaillons sur une interface adaptée pour que les jeunes s’inscrivent en ligne directement, demandent un rendez-vous avec un conseiller dans la semaine qui suit. A terme une application leur permettra, à partir de leur téléphone, de se positionner sur un premier niveau d’offres de service, s’informer sur les ateliers que nous proposons, les offres d’emplois, les questions de logement, de santé, de mobilité… Nous voulons créer plus d’interactivité, et permettre une écoute plus importante des jeunes et de leurs besoins. 

L’expérience de Mérignac sera également menée à Blanquefort, sur le futur espace qui regroupera lui aussi plusieurs partenaires autour d’une même dynamique jeunesse. « L’intérêt d’une mission locale c’est de ne pas être isolée sur son activité, mais qu’elle soit intégrée à une démarche d’accueil jeunes décloisonnant ses interactions et ses partenariats. L’intérêt est aussi d’offrir aux jeunes une accroche horizontale, non pas en silos comme on l’a souvent vu, avec les déperditions que l’on connaît. » 

La crise sanitaire a renforcé la pertinence du projet. Elle a conforté la mission locale dans la nécessité d’utiliser davantage les outils des jeunes, à passer par les canaux qu’ils fréquentent. L’engouement qui s’est créé par la force des choses devra être enrichi et structuré pour lever les quelques appréhensions qui subsistent chez les professionnels et les jeunes les moins à l’aise avec le numérique. « Le travail que l’on mène avec les équipes sur Mérignac demande une approche un peu différente. Aujourd’hui on voit bien que l’accompagnement n’est plus ce qu’il était et qu’il a besoin de s’adapter aux contraintes actuelles, pas seulement celle de mobilité qui existe depuis longtemps. Même si l’accueil physique des personnes est essentiel, il nous faut progresser sur l’utilisation des nouveaux outils, se décentrer de l’accompagnement, partager les étapes de l’accompagnement avec d’autres partenariats qui nous permettent d’amener le jeune vers l’emploi de manière plus agile. Le covid nous a renforcé dans la démarche que nous avions initiée un peu avant. » 

Le Fonds Régional pour l’Innovation dans la Formation a donné les moyens à la mission locale de se libérer de son fonctionnement au quotidien, pour qu’elle développe des expérimentations qui pourront être étendues à d’autres missions locales confrontées aux mêmes problématiques. Dominique Cardesse constate que son organisation se renforce dans le sens de ce qui avait été imaginé au départ. Le lancement prochain de la plateforme téléphonique et de l’interface numérique doit aussi augmenter l’agilité de tous les intervenants auprès des jeunes. 

« On ne décrète pas un travail collectif. Sur Mérignac et Blanquefort, le projet avance parce que les élus ont travaillé ensemble, et que les partenaires ont été associés dès le début (Gironde Habitat , FJT, service jeunesse, BIJ…) sur des situations individuelles. Un travail de co-construction également à partir de nombreuses rencontres de groupes participatifs de jeunes sur le projet de ce « Pole Territorial de Coopération Jeunesse », PTCJ, de la ville de Mérignac Depuis 2 ans, nous co-construisons avec les communes volontaires de notre territoire ces nouvelles approches de lieux d’accueil partagé de compétences jeunesse. Nous acceptons tous de nous retrouver autour de la table, en gardant nos spécificités, mais avec un point commun qui est le jeune. »
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LE-CENTRE, pour une meilleure professionnalisation des aides à domicile

LE-CENTRE, pour une meilleure professionnalisation des aides à domicile | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
L’association poitevine LE-CENTRE fédère divers organismes de service à la personne sur le territoire de la Vienne et des Deux-Sèvres, associations, CCAS, entreprises, mutuelles, etc. Ainsi que des organismes de formation qui forment les professionnels de l’aide à domicile et du médicosocial. Dans ses échanges réguliers avec ces organismes, le manque de plateaux techniques est un sujet qui revient fréquemment. Non pas que ce type d’équipement n’existe pas, mais les établissements qui en disposent les utilisent déjà beaucoup, et ils sont peu accessibles à des utilisateurs extérieurs. Les organismes de formation continue doivent le plus souvent louer des locaux mal adaptés à leurs besoins. 

LE-CENTRE dispose lui-même d’un « espace autonomie » qui peut être utilisé comme outil de formation, mais il ne peut pas se substituer à un véritable plateau technique. « En tant qu’organisme qui essaie de structurer la filière autant que possible, nous avons imaginé de créer un lieu qui puisse compléter les plateaux techniques locaux, » décrit David Hamelin, directeur de LE-CENTRE. « Bien avant d’écrire le projet, nous avons en vain cherché un exemple existant. Nous visions un concept idéal, ou du moins le plus abouti possible afin de répondre aux besoins actuels et futurs des professionnels. Et qui ne se démode pas trop rapidement au regard des évolutions possibles ou imaginées du secteur. » 

Le projet se veut très partenarial, il rassemble les partenaires de LE-CENTRE et des acteurs de la « Silver économie » ou de la prévention des risques professionnels. Il vise plusieurs catégories de public : les futurs entrants dans le secteur, les stagiaires de la formation continue, des conseillers en insertion professionnelle pour leurs publics afin de découvrir les métiers avant d’aller au domicile ou en institution, voire des professionnels comme les infirmiers. L’idée est aussi de s’ouvrir au public scolaire, des jeunes qui se destinent à ces métiers. 

« Nous voulons le rendre accessible au plus grand nombre d’organismes de formation avec des coûts modiques. L’aide de la Région, par son Fonds Régional pour l’Innovation dans la Formation (FRIF), nous permet de penser le lieu de manière la plus complète possible. Ensuite nous serons dans une logique de location du lieu, qui ne doit pas coûter plus cher que les locaux loués habituellement. Le but n’est pas de faire de l’argent, mais que les formations se fassent dans les meilleures conditions possibles, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. » 

Principale raison d’être du projet, ouvrir un espace technique et professionnel mutualisé destiné à apprendre les gestes techniques liés aux métiers, aménagé de manière à proposer des situations pour travailler sur la prévention des risques professionnels, les postures, et penser l’aménagement du domicile actuel et futur. Il permettra également de sensibiliser les futurs professionnels et les formateurs aux questions liées à la santé environnementale. Les formations dispensées aujourd’hui ne disposent pas du matériel, des aides techniques que les futures aides à domicile seront amenées à utiliser. Le plus souvent elles doivent apprendre leur maniement sur le tas. 

Le terme « aides techniques » recouvre tous les matériels qui visent à compenser la perte d’autonomie. Elles vont du lit médicalisé au couverts adaptés à certaines pathologies, en passant par les lève-malades, les fauteuils, les sanitaires pour assurer la toilette, les tablettes numériques… Elles sont de plus en plus présentes dans les domiciles, mais les intervenants ne savent pas toujours les utiliser, ce qui peut être source de problème, voire faire augmenter la sinistralité. « Ces matériels sont souvent très couteux. Il faut être sûr qu’ils soient adaptés avant d’investir. Ils sont censés aider, mais encore faut-il savoir les utiliser. Exemple avec les déambulateurs. Il en existe de nombreux modèles, mais comment savoir lequel choisir en fonction d’une pathologie précise ? »

David Hamelin constate depuis des années une véritable dégradation du niveau de formation des aides à domicile. Il estime que « former des gens sans le matériel, c’est former de très mauvais professionnels. » Le futur plateau a pour objectif de rendre un service, d’abaisser les coûts et de répondre à une certaine pénurie. Mais son objectif est avant tout d’aborder des questions qui ne le sont pas dans le cadre des formations initiales. Et faire en sorte que les salariés en formation ne travaillent pas que du contenu théorique et se confrontent à des situations « réelles », avec Troubles Musculo Squelettiques (TMS) potentiels. « Ça n’est pas facile de créer un lieu où on peut en quelque sorte créer des pièges, y compris pour aider les formateurs à développer leur expertise. C’est l’ambition, je ne sais pas si on y arrivera… » 

Le projet a pris un peu de retard sur son calendrier initial, essentiellement pour des raisons immobilières. Le besoin existe, la pérennité d’un tel équipement pourra être assurée sous réserve d’un niveau d’utilisation suffisant. « Nous avons fait des projections d’usage et de coûts. L’idée est que plus c’est utilisé moins c’est cher pour les structures. Nous ne cherchons pas à en tirer un bénéfice, juste couvrir les charges. Notre objectif est de familiariser les acteurs, les aidés et les aidants, à l’usage des aides techniques pour qu’elles intègrent le domicile et qu’il y en ait un usage adapté. C’est aussi d’améliorer la qualité des formations aux professionnels. »


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In Situ, la formation mobile

In Situ, la formation mobile | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
Les métiers du cinéma et de la télévision attirent. Beaucoup. Mais contrairement à certaines représentations, pour être employable, il faut acquérir un grand nombre de compétences et de connaissances, d’où des formations longues et coûteuses, surtout si l’on considère tous les coûts induits, logement et déplacements. 

Le projet In Situ s’adresse à ceux qui se destinent aux carrières de caméraman, monteur ou assistant, mais qui ne disposent pas près de chez eux d’une solution de formation adaptée. Porté par Cinemagis, école bordelaise qui forme aux métiers techniques du cinéma, il a pour principe de proposer une formation à distance modularisée, adaptée et basée sur la pratique. Pour le mettre en place, l’école a travaillé avec ses formateurs et des professionnels pour déterminer ce qui peut se faire à distance, et ce qui nécessite l’utilisation du matériel. 

« Nous avons décidé de monter une procédure d’enseignement composée de modules thématisés reprenant notre schéma classique », décrit Olivier Poujaud, directeur de Cinémagis. « Un enseignement théorique à distance avec des vidéos et des supports texte mis à disposition des apprenants pour qu’ils comprennent les notions essentielles. Des QCM et exercices permettent de valider les acquis en cours. » Pour minimiser les risques de décrochage, les cours ont été pensés pour être interactifs et ludiques, pas une simple transposition d’un support écrit : mises en situation avec exercices, micromodules, infographies animées, objectifs réguliers, etc. 

Avec certaines matières (écriture de scénarios par exemple), tout est possible. Mais pour apprendre à utiliser une caméra ou un banc de montage, la pratique reste indispensable. La formation doit se faire en présentiel puisque tout le monde ne dispose pas du matériel adéquat. C’est là qu’intervient la particularité d’In Situ, qui inverse en quelque sorte la logique habituelle, puisque c’est le formateur et le matériel qui vont directement à la rencontre des apprenants. 

« Nous installons des sessions géographiquement proches des apprenants qui permettent la mise en situation avec des petits groupes installés dans des points relais (une pièce de 50m2, 5 ou 6 personnes, pour une durée maximum de 4 semaines). Nous avons constitué des unités de tournage, un formateur et du matériel (caméras ou bancs de montage) qui se déplacent partout en France. Mais pour que ce soit envisageable, il faut que les apprenants soient déjà prêts à recevoir le module, qu’ils aient suivi l’enseignement théorique au préalable. » 

Pour le montage, c’est encore plus souple, puisqu’il est possible de mener une session simultanée sur des lieux différents, une sorte de mélange entre présentiel et distanciel. Le formateur est en visioconférence et les apprenants ont accès aux mêmes éléments, à des rushes identiques et peuvent effectuer les opérations de montage à distance avec lui. Ils ont l’impression d’être en cours, ont tous accès au même matériel qui a préalablement été installé dans les relais (jusqu’à 8). 

Donc la logique est de s’installer dans des régions qui n’ont pas de formation à proximité mais, et peut-être surtout, là où il y a de l’emploi. « Nous faisons des formations adaptées au monde du travail, on ne forme pas pour former. On ne le fait que si l’on sait, grâce à nos partenaires comme les bureaux d’accueil des tournages, Pôle emploi, les missions locales, qu’il existe des possibilités d’emplois. Ce n’est pas une garantie absolue, mais on sait aussi que ça ne sert à rien de former 300 assistants caméras quand il y a 230 films produits par an. » Il est parfois possible d’anticiper l’arrivée de gros tournages plusieurs mois à l’avance. Ou d’attirer des productions qui s’installeront si elles savent qu’elles trouveront des techniciens sur place, ce qui constitue un argument attractif pour les territoires.

Il n’y a pas eu de changement radical chez les formateurs, Cinémagis s’étant efforcée depuis 10 ans de mêler pratique et théorie au travers des cursus de formation qu’elle propose. Après une phase de développement, les premières sessions auront lieu au mois d’octobre avec des formations en prise de vues et en scénarios (sur une méthodologie mise en place par l’écrivain et scénariste Vincent Ravalec).

« Nous avons commencé par le plus difficile, la technique caméra, puisque nous avons besoin de déplacer un formateur et un gros matériel. Dans notre planning, nous avons prévu 8 semaines de mise en situation pratique au sein d’un programme de 9 mois. Les retours que nous aurons nous permettront de faire des ajustements. Nous n’en sommes qu’au début de cette manière d’enseigner. »

ww.cinemagis.fr



Le projet In Situ est financé par le Fonds Régional pour l'Innovation en Formation (FRIF) de la Région Nouvelle-Aquitaine.
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Programme Pi, du métier à la compétence

Programme Pi, du métier à la compétence | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
On estime que seulement 68% des personnes possèdent les compétences mathématiques nécessaires pour être efficaces et à l’aise dans l’exercice de leur métier. Et ce, quel que soit le métier considéré et à tous les niveaux de collaboration. Guillaume Isnard, alors dirigeant d’entreprise, constatant qu’il existait à la fois un tabou important autour de ce sujet et aucune formation adaptée, a imaginé une solution innovante pour développer les compétences en calcul et raisonnement utiles dans le cadre professionnel. 

Cette solution, développée depuis 2016 par la société Grains’up et commercialisée en 2019, c’est le Programme Pi, une plate-forme de formation en ligne qui permet d’évaluer, former et certifier en compétences « calcul et raisonnement » utiles dans les métiers. Elle est innovante par son format digital et sa dimension ludique, et parce qu’elle ne repose pas sur des référentiels établis. « La question qu’on se pose en créant des modules c’est : de quoi j’ai besoin dans tel métier ? » décrit Stéphanie Bariant, responsable pédagogique, « Si je suis commercial, je dois pouvoir calculer ma marge et mes remises. Si je suis boulanger, les proportionnalités et les quantités, les conversions, etc. On met en situation les compétences mobilisées dans le quotidien professionnel de manière à ce que cela parle aux gens et soit directement exploitable. » 

Aujourd’hui, Programme Pi met à disposition 130 modules, et de nouveaux sont créés chaque semaine au rythme des nouvelles demandes. « Nous sommes à la fois organisme de formation et fournisseur de modules pour les entreprises ou pour les organismes qui nous contactent s’ils ont besoin d’un module spécifique qui n’existe pas pour un métier. Par exemple, faire un module pour le métier du vitrail (géométrie, etc.). Tous les domaines de la mathématique peuvent être abordés, pas seulement le calcul. C’est le métier qui décide. » 

Les modules sont conçus avec des professionnels pour des professionnels, souvent avec des CFA qui apportent à la fois la vision des formateurs en mathématiques et celle des formateurs métiers. La réflexion part d’une situation métier dont on « extrait » les compétences mathématiques afin de réaliser un module qui peut porter sur la réalisation d’une crème anglaise, la pose de dalles, l’aménagement d’un jardin ou l’impact de la réduction du taux de marge sur un chiffre d’affaires, etc. 

« Programme Pi sert dans un premier temps à évaluer, en une trentaine de minutes, les 12 domaines de compétences basiques qu’on peut rencontrer dans les métiers. Tout le monde passe la même évaluation « expresse ». Le rôle du formateur est de distinguer les compétences nécessaires pour remplir les objectifs. Ensuite, vient le parcours de formation, avec toutes les mises en situation professionnelles pour lesquelles on met en avant une ou deux compétences à maîtriser, en indiquant d’éventuels prérequis. » 

Les formations peuvent être suivies en présentiel, ou en distanciel tutoré sur des formats de 15 heures dont 5 de tutorat. Dans tous les cas, entre deux sessions, l’apprenant peut accéder librement à ses modules suivant ses contraintes professionnelles, sans conséquence sur l’activité de l’entreprise. Il peut aussi interrompre un module et le reprendre plus tard. Une fois par semaine, une visioconférence de 30 minutes avec le tuteur est prévue pour faire le point. « Pour l’expérimenter maintenant depuis quelques mois, c’est un vrai plus, je crée des liens personnalisés comme s’il s’agissait de cours particuliers. Je réponds aux questions, et en fonction de ce qu’on a constaté, on met en place de nouveaux modules. Programme Pi permet au formateur de garder toujours la main, en fonction des besoins de l’apprenant. » 

La grande force de Programme Pi, c’est l’individualisation. Puisque les besoins sur le terrain ne peuvent pas toujours être les mêmes, y compris dans des métiers similaires, chaque apprenant suit un parcours spécifique, en fonction des compétences acquises dans son contexte professionnel, ses objectifs, et son évolution en cours de formation. Pour les formateurs, c’est un outil puissant de lecture des besoins en temps réel. 

La certification intervient en fin de parcours, 55 questions qui permettent d’évaluer le niveau d’expertise de la personne par rapport à ce qu’on attend d’elle dans l’exercice du métier. Une enquête menée auprès de plusieurs centaines d’entreprises et de recruteurs a montré qu’elle était considérée comme un argument différentiel de recrutement. 

Depuis son lancement, Programme Pi a délivré plus de 800 certifications. Il concerne aujourd’hui plus de 2 500 utilisateurs, dont certains sont eux-mêmes formateurs. Le Programme Pi est utilisé par de grandes entreprises, par des établissements de formation professionnelle initiale et continue, mais aussi des lycées professionnels et des classes de collèges. « En plus du distanciel tutoré, nous intervenons à l’université de Limoges, dans le cadre du DU Réagir. Et nous mettons en œuvre des formats de 4 demi-journées pour des publics en insertion, par groupe d’une quinzaine de personnes qui ont chacune un ordinateur ou une tablette pour suivre son propre parcours. C’est la logique de Programme Pi de s’adapter à chacun en fonction de ses objectifs. »


Programme Pi est un projet soutenu par le Fonds Régional pour l'Innovation dans la Formation de la Région Nouvelle-Aquitaine.

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L’insertion professionnelle par le jeu

L’insertion professionnelle par le jeu | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
Pour Anne Loustalot, Directrice d’Etica*, « Jeux d’Insertion pro© » est un « processus de formation ludique et dynamique ». Son objectif est de faciliter l’acquisition des compétences sociales, comportementales et relationnelles afin de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et des personnes éloignées de l’emploi. 

L’histoire de cette production originale débute en 2013. A l’époque, l’association* s’est interrogée sur une façon de créer un outil de médiation et de facilitation, propre à éviter certains effets dommageables. Exemple lors d’entrées en formation où l’on demande aux apprenants de prendre la parole pour se présenter, exercice très inconfortable pour les personnes timides ou qui ont des difficultés d’élocution. Pour Etica, ce genre de situation est à proscrire. « De notre point de vue, la formation est une science sociale qui doit apporter une satisfaction et une gratification personnelles, ainsi qu’une reconnaissance. Nous avons estimé que certains moyens de formation pouvaient s’avérer contre productifs, en mettant mal à l’aise les apprenants. » 

C’est ainsi que l’idée du jeu a émergé. Transposer des pratiques habituelles dans un cadre ludique nécessitait de travailler sur une mécanique adaptée. Un processus long, qui ne se donnait pas comme ambition de rivaliser avec les vrais concepteurs de jeu. La problématique principale ne concernait pas la qualification métier ou la formation technique, mais un ensemble d’autres compétences « douces », relevant des savoir faire et savoir être : la capacité à s’adapter à un cadre, le travail d’équipe, la communication interpersonnelle. 

La première expérimentation portait justement sur la communication, dans une entreprise confrontée à une problématique particulière de circulation de la parole. « Le jeu a eu un effet de facilitateur neutre, en proposant l’histoire d’une entreprise fictive, dans un scénario qui rappelait la réalité. Les protagonistes s’emparaient de ce matériau pour trouver par eux mêmes des réponses à la situation. Sachant que ce qui se joue en entreprise, ce sont en grande partie des enjeux relationnels. » 

Par la suite, un deuxième jeu a été développé avec des étudiants de l’université de Bordeaux Montaigne sur la solidarité internationale, suivi d’un autre sur la participation en faveur des conseils citoyens, puis d’un troisième sur les préjugés, la discrimination et les différences dans le cadre d’une classe de collège, Jeux de Citoyenneté©, vivre ensemble. Des thématisations différentes, mais toujours la même mécanique. « Nos premiers jeux ont été développés pour une demande spécifique, une problématique particulière. Nous l’avons amélioré au fil des expériences, afin de proposer un outil plus professionnalisé dans sa forme, pour devenir un véritable dispositif d’accompagnement.» 

Dernier opus en date, « Jeux d’Insertion pro© » vise un public en difficulté au regard de l’emploi. En pratique, il se présente sous la forme d’une mallette qui comprend différents composants : le livret du formateur, des livrets pour les participants, des cartes à jouer, des fiches de régulation, un code d’accès à une mallette virtuelle, etc. L’outil nécessite une bonne prise en main par un formateur, qui doit suivre une formation préalable. Le jeu a été pensé pour être très flexible, il peut être adapté en fonction de la nature du groupe, les objectifs, la situation. Il est réutilisable et produit des effets différents à chaque session. 

Son principal apport est de dédramatiser les enjeux et d’éviter d’aborder les sujets de manière frontale. Les questions d’hygiène, de tenue vestimentaire, d’absentéisme, de retards non excusés, toutes choses qui comptent de plus en plus dans l’accès à l’emploi, ne peuvent être évoquées frontalement car elles peuvent être mal vécues. Pour éviter le jugement, on amène la personne à réfléchir elle-même, donner son point de vue et le modifier si nécessaire. Elle peut apprendre à accepter une critique ou un retour s’il est bien fait. 

« Après le temps de jeu, il faut un temps de régulation pour aller plus loin. Cette étape est aussi importante que le jeu lui-même. Ce que nous avons développé c’est un dispositif complet d‘ingénierie de formation. Nous restons sur le champ de la facilitation et de l’animation, peu importe le vocable utilisé. » 

« Pour nous le caractère véritablement innovant de la démarche, c’est le processus de co construction à chaque étape, suivi et validé par un comité de pilotage. Pour mesurer l’impact de l’outil, nous avons mis en place un lien avec les apprenants et les formateurs. Leurs commentaires sont très positifs et éclairants. Ils ne restent pas bloqués dans la fiction, ils font le lien avec la réalité et savent très bien l’analyser. Nous constatons également que chaque groupe produit des solutions singulières, uniques. » 

L’ensemble du projet lauréat du FRIF a été mené en partenariat avec deux organismes de formation, le CFPvi Centre de Formation Professionnelle du Villeneuvois et la Cité de la Formation à Marmande ; il a été soutenu et cofinancé par la Région Nouvelle-Aquitaine. « Nous avons conjointement mené le projet en une année, entre le diagnostic, les focus groups, la synthèse, etc. Le prochain rendez-vous est fixé en avril, pour faire un point avec les formateurs qui ont utilisé l’outil, et parler des pistes d’amélioration ou d’ajustement, si nécessaire. Les évaluations sont très positives pour l’instant. Pour nous l’intérêt est que le jeu se diffuse, mais nous n’avons pas pour l’instant prévu de distribuer librement la mallette. » 


* Etica a été créée en 2004, par plusieurs consultants issus du monde de la communication. Son idée originelle était de soutenir en priorité des organisations de l’ESS à fort potentiel, avec une certaine capacité à créer de l’emploi ou de le maintenir, et de leur permettre de se doter d’une communication plus professionnelle, en respectant une véritable éthique. Elle est aujourd’hui une organisation associative d’utilité sociale qui s’inscrit dans le cadre de l’économie sociale et solidaire. 

Agathe Martin's curator insight, February 28, 4:39 AM
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Lever les freins à l’emploi : la solution crèche AVIP

Lever les freins à l’emploi : la solution crèche AVIP | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
Depuis 2013, des places sont réservées dans certaines crèches aux demandeurs d’emploi pour lesquels les difficultés d’accès aux solutions de garde de jeunes enfants constituent un véritable obstacle au retour à l’emploi. Parmi les solutions envisagées, les crèches à vocation d’insertion professionnelle (AVIP) apportent une solution aux parents qui ont besoin de temps pour suivre leur parcours de retour à l’emploi (se rendre à un entretien d’embauche, suivre une formation, effectuer une période d’essai), mais n’ont pas les moyens de financer une place en crèche. 

Le concept est simple : des places sont réservées aux enfants de 0 à 3 ans de parents sans emploi, pour une durée suffisante à la réalisation de leur formation ou à la sécurisation de leur situation. 

La crèche de La Pallice, à la Rochelle, est pour l’instant la seule du département. “Ce dispositif existe depuis août 2016” précise Catherine Mazaury, de la Direction Territoriale de Pôle emploi, “sa mise en place a été délicate. Il a fallu deux ans pour que l’organisation puisse être finalisée : le mode de programmation des plages de garde des enfants, les recrutements du personnel accueillant, les liens opérationnels avec Pôle emploi … Il faut saluer l’engagement de la crèche de La Pallice dans cette démarche » 

Le nombre de places, une douzaine, reste limité. L’agence Pôle emploi de Bel Air est, pour le moment, le seul prescripteur, pour les demandeurs d’emploi de son périmètre. Si d’autres crèches de Charente Maritime adhéraient au dispositif, il serait envisagé d’étendre la prescription à d’autres agences Pôle emploi, ainsi qu’aux Missions Locales. “Notre constat, c’est que beaucoup de demandeurs d’emploi peinent à retrouver un emploi parce qu'ils n’ont pas de solution de garde qui leur soit financièrement accessible. La crèche AVIP est pour nous un réel levier de lutte contre le chômage.” 

Dans la pratique, le parent volontaire signe un engagement, un véritable contrat qui le lie à la crèche et à Pôle emploi. Il s’engage à mener une démarche active de recherche d’emploi, à suivre une formation ou une prestation d’aide à la recherche d’emploi. Un suivi est effectué par Pôle emploi, mais aussi par la crèche, qui reste attentive et vigilante sur la situation du parent. Elle peut alerter en cas de besoin si l’enfant n’est pas présenté régulièrement, si elle détecte une difficulté chez le parent, etc. 

De son côté, la crèche s’engage à accueillir l’enfant 3 jours par semaine au moins, 8 heures par jour, selon une amplitude à définir pour chaque parent. Par ailleurs, la CAF met en place des rendez-vous des droits pour ces publics. Pour la crèche, il s'agit d’un véritable engagement citoyen, puisque les places qu’elle propose sont plus difficiles à gérer que les places classiques : il faut s’adapter en permanence à la fluctuation des publics, organiser la complémentarité des heures de garde. Par ailleurs, le public de ce dispositif, issu des quartiers Politique de la ville, nécessite plus de temps et d’attention, parfois en raison d’autres problématiques sociales ou du barrage de la langue. 

“Avec le recul, nous constatons que la crèche AVIP est le facteur déclencheur de la reprise d’emploi pour les bénéficiaires. C’est une vraie réponse pour les demandeurs d’emploi qui n’ont pas les moyens d’accéder à l’offre classique des crèches. Nous travaillons en continu avec les différents acteurs (intervenants et financeurs) pour affiner le dispositif, en terme de public-cible, de modalités de suivi, et les décisions sont prises en commun ». 

A partir du moment où son emploi est stabilisé, le parent va pouvoir se tourner vers les dispositifs classiques proposés par les crèches. A quel moment estime-t-on qu’un emploi est stabilisé ? “C’est une question importante pour nous. Il n’y a pas de règles, chaque situation est différente, et doit être évaluée individuellement. En fait, c’est du sur-mesure ”. 

Il est important de rechercher un équilibre entre le petit nombre de places disponibles et l’objectif recherché, à savoir la stabilisation de la situation. Le qualitatif est privilégie : par exemple, pour une personne qui enchaîne les petits contrats, même si c’est là une amélioration de son employabilité, il reste nécessaire de poursuivre l’accompagnement vers un emploi plus pérenne (contrat long ou CDI). Elle continuera donc à bénéficier du service. 

“Nous espérons vraiment que d’autres crèches vont adhérer à ce dispositif, qui fait ses preuves. Et chaque collaboration locale fera l’objet d’une concertation pour adapter au mieux le dispositif au contexte local » 


- Les financeurs de la crèche AVIP de la Pallice (la Ville de La Rochelle, la CAF, l’Etat, le Conseil Départemental) et le prescripteur, Pôle emploi, se réunissent en comité de pilotage pour analyser la qualité du travail mené, ses pistes d’amélioration, et la pérennisation du dispositif. 

Voir aussi : Aide à la mobilité et Aide à la garde d'enfants (AGEPI) de Pôle emploi https://www.cap-metiers.pro/Fiches-techniques/Aides-financieres-et-insertion/642/Aide-mobilite-Aide-garde-enfants-AGEPI-Pole-emploi/
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Catiopy, les professionnels de l’insertion à la carte

Catiopy, les professionnels de l’insertion à la carte | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
En matière d’insertion professionnelle, les mobilités transfrontalières ajoutent une dimension un peu particulière au travail mené par les structures d’accueil des publics en recherche d’activité. Les partenaires œuvrant des deux côtés de la frontière franco espagnole entretiennent des contacts de longue date, mais certains ont souhaité aller plus loin, et aboutir à terme à la création d’un outil professionnel permettant la mobilité des publics considérés comme fragiles. 

C’est ainsi que le projet Catiopy a vu le jour. Son principe est assez simple : établir une cartographie des acteurs de l’insertion professionnelle dans 3 territoires situés de part et d’autre de la frontière (Pyrénées Atlantiques, Guipuzcoa, Navarre). Pour arriver à ce résultat, l’organisme de formation INSUP a travaillé en lien avec un partenaire français, la scop Atelier Lan Berri (Anglet), et deux partenaires espagnols, Bidasoa activa (Irùn) et Areté-Activa (Pampelune). 

Le projet ne consiste pas juste à identifier les acteurs, mais à effectuer une véritable analyse des points communs, des différences de mode de fonctionnement, des formations dédiées aux professionnels, etc. « Le projet a été mené pendant l’année 2019, avec plusieurs étapes de validation » précise Oihana Reyes, chef de projet INSUP formation. « Nous avons travaillé sur un questionnaire auprès des structures, recueilli des informations pour établir une cartographie qui sera restituée début 2020. En lien avec les partenaires, nous avons effectué une analyse territoriale de l’accompagnement des demandeurs d’emploi, en étudiant les qualifications, les profils des acteurs et les offres de formation aux professionnels qui existent dans ces 3 territoires. » 

Repérer et identifier tous les intervenants du champ de l’insertion et de la formation professionnels sur les 3 territoires n’a pas été simple. Côté français, ils sont presque 200, mais les réponses n’ont pas été aussi nombreuses pour la part espagnole, a priori en raison d’une plus grande méfiance des structures à livrer des données qui concernent leurs publics. « Nous avons inclus dans notre analyse les structures publiques, les structures privées, les types d’employeur... Nous avons aussi voulu comparer les types de formation. » 

Globalement il n’existe pas de différences notables entre structures d’un côté à l’autre de la frontière. Il existe en Espagne des organismes similaires à Pôle emploi, des agences de placement (Agencia de Colocación) qui aident les demandeurs d’emploi dans toutes leurs démarches. Par exemple, en Guipuzcoa, c’est « Lanbide », le Pôle emploi local, qui dirige les bénéficiaires vers des centres de formation ou vers des structures comme la Croix Rouge ou Emmaüs, selon le public, la situation des personnes et la zone d’intervention. « La notion d’accompagnement est très importante chez eux. Elle concerne tous les aspects de la situation des bénéficiaires, la dimension sociale autant que la dimension professionnelle. » 

Le public accueilli est sensiblement le même des deux côtés. La situation économique espagnole est très tendue, et beaucoup de personnes tentent leur chance en France, même si les territoires de départ sont assez riches. Le flux est plus important dans le sens Espagne France, mais il existe également dans l’autre sens. On constate aussi que tous les niveaux d’étude sont concernés, du travailleur agricole à l’ingénieur ou au médecin. Dans leur grande majorité, les personnes viennent chercher un emploi durable, pas seulement un travail saisonnier. 

« La vraie différence réside dans le fait que les formations destinées aux professionnels de l’insertion sont beaucoup plus nombreuses en France. J’ai appris par un de nos partenaires que n’importe qui peut travailler en Espagne dans le domaine de l’insertion professionnelle. Ils valorisent l’expérience pour pouvoir y travailler, mais si la spécialisation en insertion est un plus, elle n’est pas un pré requis. » 

Catiopy aura une suite dès 2020. Il aura permis un état des lieux nécessaire au lancement d’un autre projet baptisé « Translanekin » (du basque « Lan », travail). « Catiopy a été une étape. A partir du début de l’année, Translanekin ouvrira une période de 3 ans pendant laquelle les partenaires vont mener des actions communes, échanger des informations. Son objectif est de créer les conditions favorables à la mobilité professionnelle transfrontalière en agissant sur les leviers de l'emploi et de la formation. Nous voulons faciliter cette mobilité pour les professionnels autant que pour les publics. » 

 Catiopy est financé par la Région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de son Fonds Régional pour l’Innovation dans la Formation (FRIF).


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Premiers Pas vers l’économie sociale et solidaire

Premiers Pas vers l’économie sociale et solidaire | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
En Nouvelle-Aquitaine, les offres d’accompagnement à la création d’activité sont assez nombreuses, et sous diverses formes. Mais certains territoires restent moins dotés que d’autres, notamment lorsqu’il s’agit d’approches particulières comme « l’entrepreneuriat engagé » qui concerne des projets intégrant des dimensions sociales, sociétales et environnementales. 

C’est pour combler ces manques que le programme Premiers pas a été imaginé par l’Association Territoires et Innovation Sociale (ATIS-Bordeaux) et France Active Poitou-Charentes pour expérimenter la mise en place d’un programme de pré-incubation en Charente et Charente-Maritime. Comme l’explique Julien Simonnet, chargé de mission à France Active Poitou-Charentes, « il y a un manque d’offres destinées aux porteurs de projets dans le domaine de l’économie sociale et solidaire (ESS), ou sur des statuts associatifs et coopératifs. Il y a des acteurs qui interviennent, mais sur des phases assez différentes. Pour les coopératives, il y a l’Union Régionale des SCOP. Nous finançons aussi des projets, mais à condition qu’ils soient déjà écrits, que les idées soient déjà validées par une étude de marché, ou la construction des financements. Mais pour la phase en amont, il n’y a peu de solutions d’accompagnement spécifique entrepreneuriat engagé. » 

Ce constat a émergé d’une enquête menée en 2019 sur les 4 départements picto-charentais, pour identifier les acteurs qui s’adressent aux porteurs de projets, ainsi qu’essayer de modéliser une offre d’incubateur. Premiers Pas, « de l’idée au projet », est issu de cette observation. « Ce programme concerne une quinzaine de porteurs sur les deux départements. Ils bénéficient d’un accompagnement sur la phase d’idées de leur projet, s’ils veulent se lancer dans l’aventure entrepreneuriale qui va concerner l’accès à la culture, comporter un volet éducatif ou un volet numérique avec une entrée sociale, des questions d’impact environnemental. Et au moins pour la moitié d’entre eux, pour des projets collectifs. » 

Les candidats à la création sont essentiellement dirigés vers Premiers Pas sur prescription du réseau de la création d’entreprises classique, ou par le biais du réseau associatif des collectivités locales. Et beaucoup de bouche à oreille. L’idée est d’être complémentaire avec des intervenants comme l’ADIE, auxquels France Active apporte sa connaissance de l’entrepreneuriat engagé. La prescription fonctionne dans les deux sens puisqu’à la sortie du programme Premiers Pas, les porteurs de projets peuvent être redirigés vers les incubateurs des agglomérations ou vers les chambres consulaires. « On s’adresse d’abord à des gens qui sont en recherche de modèle pour leur démarrage. Idéalement ils ont déjà une idée qualifiée. Mais on reste sur une phase de projet. Ils n’ont pas forcément la fibre ESS, mais ils veulent en savoir plus, sans que ce soit un prérequis. » 

Dans la pratique, Premiers Pas est très court. Le programme se déroule sur deux mois, comprenant 3 demi-journées de sessions collectives et deux temps d’entretien individuels qui permettent d ‘approfondir certains aspects. Lors des premières sessions collectives sont abordées les questions générales sur l’ESS, les notions d’entrepreneuriat engagé et d’entreprise sociale. Différents outils de travail permettent aux personnes d’évaluer leur système de valeur et l’adéquation de leur projet en matière d’utilité sociale. 

« Lors de la deuxième session, nous abordons des sujets plus classiques comme l’étude de marché, le parcours utilisateur, comment tester son offre, et les questions de communication. Certains porteurs ont mille idées à la fois, mais ils doivent être synthétiques et insister sur quelques mots et notions clés pour convaincre leurs interlocuteurs. » 

La troisième session est consacrée au modèle socioéconomique. On utilise le « business canvas », l’idée étant de sensibiliser les porteurs à cet outil largement partagé qu’ils seront amenés à utiliser dans la suite de leur parcours. C’est l’occasion d’aborder des questions comme celles de « l’hybridation » des ressources des associations qui vivent souvent à la fois de subventions, de prestation, de dons, de bénévolat. 

Les sessions collectives sont ponctuées de témoignages qui ne cachent rien des difficultés liées à des projets à vocation collective. La gouvernance participative d’une société coopérative ou d’une association ne présente pas les mêmes contraintes qu’une entreprise classique, puisque les fondateurs peuvent se retrouver en minorité dans les instances de décision. « Nous ne sommes pas du tout dans l’angélisme par rapport aux projets collectifs et la manière de faire vivre une intelligence collective. Ce sont des questions assez complexes qu’on aborde. Le fait de traiter ces questions en collectif permet également aux porteurs d’échanger leurs regards respectifs, parfois différents de celui du formateur. » 

« Par la suite, nous allons proposer un parcours d’accompagnement plus long, qui sera plus sur une logique d’incubation. Il durera un an, et consistera en un appui au projet sur le lancement d’activité et la création. Mais cette partie-là n’est pas encore opérationnelle. Elle le sera en 2020. »
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Transformation numérique, l'approche d'Atelier Lan Berri

Transformation numérique, l'approche d'Atelier Lan Berri | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
Le cœur d’activité d’Atelier Lan Berri (ALB - Anglet) est l’accompagnement à la création d’activité, la transmission et la création d’entreprise sur le Sud de la Nouvelle Aquitaine. Depuis 3 ans, la structure a engagé la transformation numérique de ses produits et services. Aujourd’hui, cette SCOP est cheffe de file d’un groupement de structures qui appartiennent toutes à l’Economie Sociale et Solidaire, groupement qui intervient dans le cadre du dispositif régional « Entreprendre, la Région à vos côtés. » 

« L’idée est que les accompagnements des porteur(euse)s de projets que nous avons effectué avec différents dispositifs de formation professionnelle et de modalités de financement, ont évolué avec le temps, » décrit Amandine Lafferrairie, coopératrice. « Ce qui nous parait important, c’est de sécuriser et moderniser notre expérience, nos contenus créés depuis plus de 20 ans. Nous construisons un parcours multimodal qui met en musique des temps de travail en présentiel, à distance, synchrone, asynchrone, en formation et en autoformation, en individuel et en collectif. Toutes ces modalités combinées pour arriver à un parcours pédagogique qui soit pratique et qui évolue avec les outils, les attentes et les disponibilités des bénéficiaires. » 

Le projet de transformation numérique, soutenu par le Fonds Régional pour l’Innovation dans la Formation (FRIF), comportait 3 phases. Il a commencé par une période d’ingénierie pédagogique au cours de laquelle le contenu de formation a été remanié et restructuré en différentes séquences et activités. En ce qui concerne le support technique, le choix s’est porté sur la plateforme Moodle, jugée la plus adaptée pour l’avenir. Elle présente l’intérêt d’être un outil libre et dynamique, fidèle à la philosophie d’ALB. Elle est également très accessible puisque les outils déjà disponibles grâce à la communauté, permettent une utilisation facilitée pour tout type de public, qu’il soit initié ou non au numérique.

Une deuxième phase de développement technique s’est achevée fin septembre, au cours de laquelle un travail a été effectué avec des partenaires et fournisseurs locaux. Enfin, une phase d’expérimentation est engagée en partenariat avec une autre structure, Andere Nahia, un collectif d’accompagnement de femmes entrepreneures. Il s’agit de mettre à disposition un « parcours complet de formation multimodal à distance ». Les bénéficiaires seront « des échantillons » de porteur(euse)s de projet du dispositif « Entreprendre, la Région à vos côtés ». Leurs avis seront recueillis afin de pouvoir modifier et améliorer le service. 

« En termes de volume, le Groupement Territoires et entreprises 64 accueille autour de 300 porteurs de projets par an sur le département. Ils peuvent nous être envoyés par Pôle emploi ou d’autres prescripteurs, ou s’adresser à nous directement. Il n’y a pas de profil type, nous avons des demandeurs d’emploi, des salariés, des retraités, tous les cas de figure. Nous sommes tenus d’accueillir et d’informer toute personne qui se pose la question à moins de 30 km de chez lui sur le territoire. » 

Le projet est exclusivement développé par Atelier Lan Berri dont les formations abordent les questions de création d’entreprise, en particulier les statuts juridiques, la réponse aux marchés publics, la création d’un outil de gestion financière appropriée au TPE/PME qui reprend les notions de seuil de rentabilité, de compte de résultat, la protection des données personnelles, etc… Pour ce qui relève spécifiquement de la création d’entreprise, Atelier Lan Berri ne disposait pas d’une plateforme dédiée, mais avait déjà intégré dans ses pratiques des contenus dématérialisés et des espaces de stockage partagé depuis une dizaine d’années. Beaucoup de ses actions pouvaient déjà être qualifiées de formations à distance.

« Les outils que nous utilisions par le passé étaient déjà satisfaisants, mais il est important d’évoluer en la matière et de proposer l’ensemble de nos prestations au travers d’une plateforme globale et complète. Nous accompagnons tout type de projets, pas exclusivement ceux qui relèvent de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS). Les actions d’accompagnement passées étaient organisées sur des temps de formation beaucoup plus longs (8 à 10 semaines), dans lesquelles des temps en présentiel, en travaux dirigés, hors les murs du lieu de formation, auraient pu être déjà considérés comme étant à distance. 

Il y avait plusieurs avantages à faire évoluer le produit, à commencer par centraliser la diffusion des contenus sur une plateforme compatible RGPD, au lieu de créer un stockage en ligne par groupe avec lequel il est difficile de protéger les données personnelles. Par ailleurs, l’utilisation d’un outil libre pour partager des contenus protégés par des licences de bien commun et les diffuser sur tous les types d’appareils numériques permet au plus grand nombre d’y avoir accès. 

La dimension ESS est toujours présente dans la démarche d’Atelier Lan Berri. Par exemple, la question du partage de responsabilité de l’entrepreneur(euse), l’ancrage de l’activité sur le territoire, la mise en réseau sont des facteurs qui sécurisent la création d’entreprise et permettent d’augmenter les chances de pérenniser l’activité. 

« Rien ne nous obligeait à mener ce projet de numérisation. Il nous parait cependant indispensable aujourd’hui de proposer un catalogue de formation en ligne avec des modalités à distance adaptées au tissu entrepreneurial de notre territoire (96% des entreprises de la communauté d’agglomération Pays Basque ont moins de 10 salarié(e)s). C’est également un moyen très concret de participer au développement du numérique par la mise à disposition d’un outil adapté et facilement appréhendable par nos publics. » 




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Inclusion numérique : regards croisés de formateurs

Inclusion numérique : regards croisés de formateurs | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it

Isabelle Lachèze est formatrice au Greta Nord-Aquitaine. Elle intervient auprès de publics adultes variés (demandeurs d’emploi, salariés, personnes en situation d’illettrisme et en situation de handicap, détenus) notamment dans les domaines des savoirs de base, de l’insertion professionnelle et de la culture générale.


Quelle est votre définition de l’inclusion numérique ? 

"Avec la loi de dématérialisation totale des services administratifs, le numérique s’est immiscé dans tous les actes de la vie quotidienne, notamment administratifs. Nous sommes tous dans l’obligation de connaître et de savoir utiliser les outils numériques pour gérer des situations de la vie très courante. C’est devenu une nécessité pour nombre d’actes de la vie quotidienne et d’actes sociaux. L’inclusion numérique vise à éviter que ceux qui ne maitrisent pas l’outil se retrouvent exclus ou en difficulté."

 Diriez-vous que l’utilisation du numérique est imposée ? 

"C’est effectivement une situation de contrainte, d’obligation d’utilisation du numérique. Même pour des actes très simples. Cela pose la question de l’accès aux droits. Par exemple, les demandeurs d’emploi qui n’utilisent pas leur messagerie Pôle emploi peuvent être radiés parce qu’ils n’ont pas répondu aux messages et fourni les documents demandés." 

Pensez-vous qu’apprendre à utiliser le numérique est la solution à tous les problèmes ? 

"Sur le court terme, nous essayons de donner à un certain nombre de personnes le moyen d’y accéder. La technologie existe, mais il y a une question de fonds qui n’est pas réglée : celle de son utilité sociale. Quelle est sa plus-value sociale ? Que va apporter à la société la dématérialisation des démarches administratives ? Quels avantages pour l’ensemble de la population ? Quand on parle numérique, ce qui revient à chaque fois, c’est ce caractère obligatoire. Mais il n’y a pas de réflexion de fond. Et puis il y a la question de la sécurité des données, qui nous concerne tous, mais qui se pose d’autant plus pour les personnes en difficulté avec la lecture et l’écriture. Il y a un risque de dépossession de leur vie, puisqu’elles doivent passer par un tiers pour leurs démarches. Souvent, ce tiers c’est la famille. Mais quand la famille est en difficulté, c’est un tiers extérieur qui, de fait, détient une foule de données sur la personne. C’est un double handicap." 

 Selon vous, illettrisme et illectronisme sont-ils directement liés ? 

"Non, c’est plus subtil que ça. Il existe beaucoup de profils différents. Oui, un grand nombre de personnes en situation d’illettrisme sont dits « empêchés » numériquement du fait de leur maîtrise partielle de l’écrit. En revanche, on constate aussi qu’un petit nombre d’entre elles savent naviguer sur Internet, utiliser des sites et les réseaux sociaux, etc. L’illectronisme concerne également les personnes qui sont réfractaires aux outils numériques et ce, depuis leur apparition. Certaines générations (les personnes âgées) sont démunies, parce que ce n’est pas leur culture. La complexité des sites administratifs et la peur de se tromper poussent beaucoup de personnes à abandonner leurs démarches et donc à renoncer à leurs droits. Ajoutons tout ce qui relève des escroqueries, qui touchent des personnes qui se font voler leurs données, ou dont la carte bleue est débitée par des sites malveillants." 

 Comment convaincre un public qui refuse ces usages ? 

"Il faut parler du sens, de l’utilité du numérique, de l’objectif. Il faut en quelque sorte dédramatiser l’outil en tant que tel, qui est inerte et ne fait rien seul. On peut faire un parallèle avec une télécommande de télévision : il y a des boutons, des procédures à suivre, c’est très binaire. Tout va mieux une fois qu’on a compris le chemin à prendre, le circuit à suivre avec un code à respecter, comme sur la route." 

 On dit souvent que les jeunes sont nés avec le numérique et qu’ils le maitrisent parfaitement. Qu’en pensez-vous ? 

"Ils sont rapides, ils vont tout de suite trouver une réponse, mais ils vont en rester au premier résultat. Ils ne font pas de distinction entre les blogs, les sites officiels ou « sérieux ». Je constate souvent qu’ils discriminent très mal. Ils peuvent naviguer rapidement sur les réseaux sociaux, mais ils ont du mal à mener une réflexion, à croiser les informations ou choisir des critères de sélection… Pour la recherche d’information, l’usage qu’ils ont est finalement très restreint et pas du tout réflexif. Mais tout cela s’apprend. D’une certaine manière je trouve rassurant que l’apprentissage ait encore un rôle à jouer." 

 Quels sont les véritables enjeux de la dématérialisation ? 

"Je pense qu’ils sont essentiellement économiques. Cela revient beaucoup moins cher de tout numériser que de payer des personnes à accueillir le public. C’est la réduction des coûts qui est recherchée. Le numérique est souvent présenté sous l’angle de la facilité et de la rapidité, mais en fait c’est une illusion. Faire des démarches administratives en ligne est très chronophage. Il faut se concentrer, être au calme, reformuler, recommencer si on se trompe… Et je ne parle pas des économies de papier qui sont reportées sur l’utilisateur, ou encore des coûts énergétiques et écologiques qui n’apparaissent pas." 

"Je suis consciente que l’inclusion numérique est nécessaire pour éviter que des personnes se retrouvent sur le bord de la route. Mais je crois qu’il est important de garder un esprit très critique. Il faut permettre aux gens de comprendre le fonctionnement et les usages, mais aussi mener avec eux une réflexion sur les limites et les dangers. La dématérialisation n’est pas la panacée. Pour les personnes les plus fragiles, l’accompagnement est essentiel. Le lien, la relation directe, sont fondamentaux."


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Jean-Noël Saintrapt est formateur d’adultes au Greta du Limousin, depuis plus de 30 ans, sur des niveaux qui vont de l'illettrisme au BTS, avec des objectifs aussi divers que l'insertion professionnelle, le qualifiant en Tertiaire, Bâtiment, Tapisserie ou l’acquisition de compétences clés (Français – Numérique). Testeur d'usages du Numérique depuis l'aube d'internet, il coordonne des formations labellisées "Grande École du Numérique" ou liée au dispositif "Territoire d'action pour un Numérique inclusif" pour le département de la Creuse. Il partage son regard réflexif sur ces usages sur son portfolio en ligne : http://www.saintrapt.com/


Comment abordez-vous la question de l’illectronisme ? 

 "Si je remonte aux sources de cette notion, l’illectronisme nous concerne tous. J’ai moi-même connu des difficultés avec le numérique. Ma génération s’est trouvée dans l’obligation d’apprendre une nouvelle langue. Je m’y suis mis par intérêt associatif et familial. Car pour s’intéresser au numérique, il faut avoir un moteur, une raison. Aujourd’hui, le principal moteur c’est la pression de l’Etat et de la société. Ça n’est pas de l’inclusion, mais une injonction. En 2020, les gens en difficulté dans cette société du numérique et de la relation numérique resteront des exclus sociaux s’ils ne sont pas accompagnés dans leur montée en compétence." 

"Il existe deux possibilités : la formation, et l’accompagnement pour faire. L’inclusion numérique doit proposer ces deux réponses, car nous savons que certaines personnes ne pourront pas monter en compétences en raison de problèmes cognitifs, matériels, financiers, etc. Le premier impératif c’est que toutes les plateformes Internet simplifient leurs façons de faire. Aujourd’hui même un expert peut se retrouver en difficulté face à des usines à gaz en ligne. On l’a vu pendant le confinement, lorsqu’il a fallu faire des déclarations de chômage partiel par exemple. Nos fondamentaux en France, c’est la paperasse. Mais on pourrait simplifier. Et il faudra simplifier. La démarche de l’Etat est déjà dans cet esprit-là. Nous commençons à nous rendre compte que notre usine à gaz technologique est liée à notre usine à gaz administrative." 

 Dans ce contexte, quel outil faut-il utiliser ? 

"L’outil n’est jamais une réponse à rien. La technologie non plus. C’est l’usage qui est une réponse. Bien entendu, il faut disposer de l’essentiel, un téléphone, une tablette, un ordinateur, une connexion Internet. Aujourd’hui la connexion devrait être un bien commun. Nous payons aujourd’hui pour un équipement que la société nous oblige à avoir. C’est une incohérence. C’est l’Etat qui devrait mettre en place les outils d’inclusion sociale. Derrière l’outil et le moyen de connexion, il faut réfléchir en termes d’usage. Or il en existe de différents niveaux, de différentes sortes, différents aussi en fonction de la personne. Celui d’une personne âgée ne sera pas celui d’un collégien. Il faut adapter l’outil à l’usage de la personne, à son vécu et à son histoire. Mais il faut que les plateformes fassent un effort pour s’adapter aux difficultés des uns et des autres." 

 Et si les plateformes ne le font pas ?

"Si les plateformes ne le font pas, cela veut dire que nous devons former les gens à une sorte de culture numérique globale. Quand on a utilisé un traitement de texte, on est censé savoir utiliser tous les traitements de texte. Mais à l’usage, la transférabilité des compétences n’est pas si évidente. Les compétences transversales, celles qui permettent de résoudre n’importe quel problème et de s’adapter à l’outil, sont les plus complexes à enseigner et à maîtriser. On l’a vu au travers de la crise sanitaire. S’adapter n’a pas été à la portée de tant de monde que ça. Beaucoup d’entreprises et de structures se sont trouvées en réelle difficulté. Je crois que l’inclusion numérique va également augmenter le nombre d’invisibles. Ceux qui vont se cacher de la société, qui vont passer sous les radars sociaux, qui ne vont plus aller à Pôle emploi parce que c’est trop compliqué… On constate qu’il y a un grand nombre de personnes qu’on ne touche plus dans nos formations et qu’il est très complexe d’aller chercher. C’est un constat d’échec." 

Que faire pour arriver à toucher les publics les plus en besoin ?

"Pour toucher un maximum de publics, nous travaillons en réseau, avec l’ensemble des opérateurs qui prescrivent et orientent vers la formation. En premier lieu avec les Unités Territoriales d'Action Sociale (UTAS), Cap emploi, Pôle emploi, les missions locales. Mais aussi avec d’autres structures de terrain qui sont en capacité de recevoir les personnes en difficulté, comme les plateformes de solidarité numérique, les tiers lieux, etc. Le problème est de toucher celles et ceux qui ne font pas connaître leurs difficultés. Nous essayons d’élargir notre réseau pour détecter le moindre appel au secours face au numérique. Mais il subsistera toujours une frange de la population qui s’enfermera et ne s’exprimera pas. Sans compter que l’injonction numérique, l’obligation, crée toujours des résistances. On ne fera pas de l’inclusion complète. Heureusement, la société est faite de différence et cette différence subsistera." 

L’obstacle de l’illectronisme n’est-il pas malgré tout une affaire de technologie ? 

"Aborder cette question par le biais du matériel fait qu’on ne parle pas des gens. Aujourd’hui on aborde trop la question sous l’angle technologique, pas assez sous l’angle humain. Pour fournir le matériel, il suffit de trouver de l’argent. Je sais que ça n’est pas aussi simple que ça, mais la solution existe. La vraie question c’est, est-ce que l’être humain est capable de comprendre cette nouvelle langue ? Illectronisme et illettrisme sont liés, les difficultés sociales sont les mêmes. Pourtant on n’est pas du tout sur les mêmes bases. On peut savoir lire et écrire et ne pas savoir utiliser la langue de la culture numérique. Il faudrait déterminer des "niveaux d’illectronisme" comme pour l’illettrisme, en tenant compte des capacités et des besoins. 

"L’autre enjeu, c’est que les concepteurs mènent une réflexion plus orientée utilisateur, en s’inspirant de démarches qualité comme le FALC (Facile A Lire et à Comprendre). Parce que Internet n’est pas très intuitif. Il faut être capable de voir, écouter, taper sur un clavier, bouger une souris, etc. On prend très peu en compte bon nombre de handicaps. C’est une proportion de la société qui est importante et qu’il ne faudra pas laisser sur le carreau." 

Les opérateurs doivent-ils maitriser tout l’éventail des outils disponibles ? 

"Ils vont devoir beaucoup tester, se familiariser avec les réseaux sociaux, les plateformes, s’approprier les outils, pour avoir la capacité de recevoir une personne et de l’orienter vers telle ou telle solution. Le numérique est mouvant, des nouvelles propositions apparaissent constamment, on ne peut pas imaginer disposer d’un outil durablement stable. Peut-être que le numérique va devoir aussi s’adapter, se mettre à niveau et les bons "bricoleurs" pourront transmettre leurs façons d’avancer. Il ne faut pas hésiter à changer d’outils tout le temps, rester en veille pour repérer ce qui est nouveau, ce qui va venir. 

"L’outil miracle n’existe pas. Ce n’est pas l’illectronisme que l’on essaie de résoudre, mais les difficultés d’une personne. Elles sont différentes d’une personne à l’autre. C’est l’adaptabilité et la diversité des outils qui vont nous permettre de répondre à tous les cas. L’éventail de solutions que le numérique nous présente aujourd’hui, les opérateurs de formation doivent s’en emparer. On est sur une diversité de difficultés, parfois cognitives, parfois liées à un handicap. Le problème de l’illectronisme, ça n’est pas un bloc monolithique que l’on pourrait résoudre avec un seul outil."


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« Tremplin pour l’emploi », mobiliser par la médiation numérique

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L’Espace Numérique Sud Charente (ENSC) est une structure associative charentaise créée il y a environ 10 ans. Sa vocation initiale était de répondre à des enjeux de fracture numérique, particulièrement dans les communes qui ne disposaient pas de connexion Internet. L’association intervenait à l’époque grâce à un camion aménagé en salle de formation numérique. « Avec ce véhicule équipé d’une antenne satellite, nous allions dans le sud Charente pour proposer ce service de connexion, ainsi qu’un apprentissage à l’outil informatique », décrit Bertrand Mercadé, coordinateur de l’ENSC. « Aujourd’hui, c’est notre espace mobile de médiation numérique. » 

Avec son équipe de 7 salariés et 4 jeunes en mission de service civique, l’association déploie diverses actions d’inclusion numérique, comme les chèques APTIC pour lesquels elle est missionnée par le Département de la Charente. Elle s’appuie sur des tiers lieux présents sur chacune des communautés de communes couvertes : Barbezieux-Saint-Hilaire, Montmoreau et une antenne à Villebois. A Montmoreau, « La parenthèse » est un lieu d’échanges et de débat accessible à tous les habitants. C’est également un fablab équipé d’une découpeuse laser et d’une imprimante 3D. « L’idée est d’avoir un maillage sur le Sud Charente. Chaque lieu a un « facilitateur » qui est chargé à la fois de coordonner, accueillir et animer. » 

Le projet « Tremplin pour l’emploi », soutenu par la Région, s’adresse aux demandeurs d’emploi. Il s’agit d’une formation de 35 heures qui vise à leur donner des clés pour les aider dans leur recherche. Ils apprennent à utiliser une plateforme d’inscription, faire un cv et une lettre de motivation, valoriser leurs compétences via les réseaux sociaux, gérer leur « E-réputation ». Les savoir-faire développés leur sont utiles également dans beaucoup d’aspects de la vie quotidienne.  
« A vrai dire, nous sommes plus sur un accompagnement que sur un vrai processus de formation. C’est un tremplin vers d’autres dispositifs. Par exemple, nous sommes partenaires d’une formation de « développeur web », dans laquelle nous intervenons sur la question de la médiation numérique. Nous pouvons réorienter les gens vers ce type de formation, comme notre titre pro de « responsable d’espace de médiation numérique », titre qualifiant de plus de 1 000 heures. » 

« Tremplin pour l’emploi » aborde la question de l’illectronisme par une stratégie de contournement qui consiste à manier des outils créatifs. Ainsi l’utilisation d’une imprimante 3D pour imprimer une pièce simple nécessite de faire une recherche sur Internet, penser son projet, sa finalité. Cela permet de travailler un ensemble de compétences, avec une dimension ludique qui dédramatise la question de l’illectronisme. « C’est de la pédagogie de projet, que l’on a beaucoup expérimenté sur d’autres dispositifs, notamment avec des décrocheurs scolaires que nous avons fait travailler sur la confiance en soi et la valorisation de leurs compétences. » 

Le parcours proposé, pensé pour être suivi sur une semaine complète, a lieu tous les vendredis (crise sanitaire oblige). Les participants, par groupes de 8, sont majoritairement des jeunes mais pas seulement. « Notre accompagnement n’est pas une formation classique. Mais il vise un objectif professionnel, ça n’est pas un atelier loisir ludique. Il y a des horaires à respecter, un cadre, etc. Je pense que c’est important de renvoyer ces codes aux personnes. Notre enjeu c’est de le rendre ludique, que les gens y trouvent un intérêt. Avec certains jeunes c’est un peu compliqué, il faut les remobiliser, trouver un moyen d’accompagnement un peu différent de ce dont ils ont l’habitude. D’où l’utilisation des outils du fablab. Les amener vers du concret, c’est le produit d’appel. » 

Les personnes accompagnées se trouvent souvent en situation d’isolement social. Le seul fait de les réunir en groupe est bénéfique pour elles. Au cours d’un module « numérique et vie quotidienne » transversal, elles apprennent à utiliser un outil numérique sur l’aspect technique, mais pas uniquement. Il s’agit de lier cet apprentissage à l’usage qu’elles en auront dans leur vie quotidienne. Après une phase de bilan, celles qui le désirent peuvent aller plus loin, intégrer d’autres dispositifs ou des formations certifiantes plus longues. 

« Notre idée est de travailler en partenariat avec le tissu local. D’autres structures interviennent dans l’accompagnement, notamment les prescripteurs comme Pôle emploi, Cap emploi, la mission locale. Ou l’AAISC (Association Accueil Information Sud Charente) qui est habilitée à faire passer des badges de compétences dans le cadre d’un module spécifique, que les gens peuvent ensuite valoriser. Je pense que ce qui fait la différence, c’est l’aspect créatif, la pédagogie de projet, la stratégie de contournement. Les personnes sont connectées à du concret, ça n’est pas juste du vocabulaire. »

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La mission locale de Limoges vise l’autonomie par le numérique

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Les jeunes utilisent facilement leur smartphone dans le cadre de leurs loisirs. Mais ils rencontrent des difficultés à utiliser un ordinateur pour faire des recherches et des démarches administratives, s’inscrire sur des sites, formaliser des documents ou trouver un logement. C’est du moins le constat posé par la mission locale de Limoges et ses partenaires avec les publics qu’ils accompagnent dans la plupart des actes de la vie quotidienne. 

Connect’milo* est le projet qui a émergé de cette réflexion et d’une expérience vécue il y a quelques années par la mission locale avec la fondation Orange qui l’avait dotée de mallettes équipées d’ordinateurs portables conçues pour animer des ateliers numériques mobiles. « Faute de moyens, nous n’avons pas pu poursuivre. Mais nous avons fait le choix de conserver un espace numérique, pour que les jeunes se connectent facilement, même s’ils sont plus équipés qu’on ne le croit », décrit Corinne Reberat, directrice. « Cela dit, on s’est aperçus qu’on ne pouvait pas laisser les jeunes en accès libre, que ce soit pour la consultation ou l’inscription en ligne sur les sites de recherche d’emploi ou autres. » 

Le projet Connect’milo répond à la préoccupation de mieux accompagner les jeunes sur une montée en compétences. Il comprend 3 actions essentielles. La première consiste à mettre en place un parcours numérique constitué d’une dizaine d’ateliers animés de façon ludique par un conseiller spécialisé. Il doit permettre aux jeunes de viser une certification Pix. « Les jeunes ont de la facilité à aller sur les réseaux sociaux. Du coup on part un peu vite du principe qu’ils possèdent naturellement des habiletés numériques. Leur fournir des postes en libre accès, ça n’est pas ça qui leur permet de développer de l’autonomie. Notre objectif est de faire en sorte qu’ils ne soient pas dépendants de quelqu’un pour faire un CV, aller sur leur compte Pôle emploi, à la CAF ou sur Améli. » 

La deuxième action est la création, avec un groupe, d’un site web qui recenserait le maximum de stages en Période de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP) effectués par des jeunes, avec un témoignage sur l’entreprise d’accueil. Elle comprend la réalisation de petits reportages vidéo réalisés sur smartphone. Pour la partie la plus technique, la mission locale sera accompagnée par une professionnelle de l’image. Le projet débutera en septembre. 

Troisième axe, celui de la montée en compétence numérique des conseillers de la mission locale. « Nous voulions accompagner les équipes sur une meilleur pratique du numérique, même si ça n’est pas le socle du projet. Elles en ont besoin tout au long de l’année pour en comprendre l’intérêt et mieux en parler aux jeunes. » Le conseiller spécialisé leur présente régulièrement des outils, en leur indiquant des priorités pour éviter l’effet de « zapping » qui consiste à abandonner un outil dès qu’un nouveau apparaît, approfondir son utilisation avant de le remplacer. 

La principale difficulté vient du fait que le numérique évolue très vite. Plus les technologies se développent, plus la fracture numérique est évidente. L’enjeu de Connect’milo est de créer chez les jeunes un état d’esprit, les mettre en condition pour qu’ils se familiarisent à ces outils importants pour eux, par exemple dans leur connaissance du territoire. « Nous ne sommes pas là pour faire de la formation, mais développer des habiletés, faire prendre conscience aux jeunes que la maîtrise du numérique est un savoir de base. » 

Signe des temps, les jeunes doivent aussi être prêts à se présenter pour des entretiens à distance. Ils sont déjà préparés pour le présentiel, avec des ateliers d’entretiens d’embauche avec un réseau de parrains qui les mettent en situation. Mais l’exercice est très différent face à un écran. La prochaine étape, c’est la préparation au « pitch », la présentation de son projet en quelques minutes. « 

Répondre à cet appel à projets a été pour nous l’occasion de mieux structurer notre offre de services et de bouger un peu dans nos pratiques. Mais on ne va pas remplacer l’accompagnement en présentiel par l’accompagnement à distance. Nous avons poursuivi des ateliers en distanciel, mais développer des habiletés dans ces conditions n’est pas l’idéal. » A la rentrée le recours à la visioconférence continuera, notamment pour les visites d’entreprise une fois par mois. C’est le chef d’entreprise qui expose ses métiers et fait visiter ses locaux à l’aide d’un smartphone. Ce n’est pas une présentation statique par un professionnel, qui aurait moins de plus-value. « Nous sommes dans un entre-deux, une présentation un peu statique puis une visite filmée plus active, pour découvrir la logistique, la gestion des stocks, les réserves chez un commerçant par exemple. C’est plus dynamique que de visiter un magasin. » 

« Pour l’instant, il est difficile de tirer un bilan, notamment parce que nous n’avons pas pu aller au bout de la certification Pix. Ce sera pour nous la meilleure façon d’évaluer nos actions sur les jeunes. Nous ne sommes pas des formateurs, nous n’avons pas un déroulé de formation propre. Avec la certification nous disposerons d’un vrai repère. »


* Le projet Connect'milo est financé par la Région nouvelle-Aquitaine dans le cadre de l'appel à projets "illettrisme et illectronisme" 2019.
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GCIF, réinventer la formation aux métiers du commerce

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Le GCIF est un organisme bordelais qui forme depuis 11 ans aux métiers du commerce et de la grande distribution. Depuis sa création, il a constaté une évolution dans la nature des publics et les exigences des entreprises, qui l’ont amené à s’interroger sur sa démarche pédagogique et sur les manières d’attirer un public en rupture scolaire, en insertion ou en reconversion. 

Car le domaine du commerce s’avère peu attractif et sous-estimé, notamment en raison des contraintes horaires et des évolutions des modes de vie (ouverture des magasins le week-end…) qui ont une influence sur les publics, ainsi que sur les entreprises et les organismes de formation. « Nous avons réfléchi à ce qui pourrait changer la donne sur l’attractivité du commerce, et ce qui donnerait envie de se consacrer à ces métiers », explique Coralie Vidal, directrice du GCIF. « Les nouvelles générations nous les vivons au quotidien. Nous devions redynamiser notre contenu pédagogique. » 

L’action menée par le GCIF, avec le soutien du FRIF, a réuni plusieurs partenaires (Opco, stagiaires, institutions, magasins, etc.) qui se sont répartis sur 4 axes de travail. Le premier chantier a consisté à optimiser et rendre « séducteur » le recrutement. « Nous avons créé un « escape game » dont le but est de démystifier l’approche du recrutement. C’est un outil qui touche aux compétences de tous les titres professionnels du commerce. On part du principe que dans le commerce, peu importe le niveau, il faut connaître les compétences de base. » Cet outil propose aux stagiaires de se confronter à différentes activités chronométrées (tactiles, virtuelles, physiques). Il est centré sur l’évaluation de la performance et des compétences sous un abord ludique. Actuellement expérimenté, il sera installé dans un premier temps dans une salle de formation. Il pourra également être fourni aux entreprises pour qu’elles s’en servent d’outil de recrutement. 

L’axe 2 vise à faire en sorte que le centre de formation ressemble moins à une école et soit plus attractif pour le stagiaire. C’est le mode « phygital » qui a été développé, dont l’idée consiste à aménager différentes salles ouvertes, chacune avec une vocation particulière : salles de cours, salle de tournage, magasins école (épicerie fine, prêt à porter). Elles sont organisées autour d’une pièce centrale baptisée « la vigie ». Le stagiaire évolue dans ces différents espaces de manière autonome. Il construit son parcours en suivant des modules selon un emploi du temps personnel. Il est accompagné dans son projet par un animateur toujours à sa disposition dans la vigie. 

La partie digitale est omniprésente, avec différents outils qui permettent de restituer la compétence, des petits logiciels pour créer des présentations originales, des moocs, des padlets, des teasers, etc. 90 % de la formation se fait en présentiel, d’où la partie « physique ». « Cette plateforme phygitale a été testée sur deux compétences (Maintenir l’état marchand du rayon et Tenir le poste “caisse”), avec des groupes qui se sont montrés très impliqués. On a passé un cap sur l’implication personnelle et le mode projet. On adapte la situation et le stagiaire voit qu’on s’intéresse à lui. En termes d’ingénierie pédagogique, c’était un gros travail. » 

L’axe 3 porte sur le développement de la coopération tripartite, entre apprenant, organisme de formation et entreprise. Coralie Vidal regrette que « l’effort pédagogique ne soit pas toujours relayé dans l’entreprise. » Pour elle, le message est clair : « si vous voulez que des gens viennent travailler chez vous, il faut travailler sur l’accueil stagiaire et accompagner ce temps d’intégration. » Il faut considérer le stagiaire non pas comme de la main d’œuvre gratuite qui arrive brutalement au sein de l’entreprise, mais comme un potentiel futur salarié. C’est pourquoi il faut repenser le modèle existant, sensibiliser les entreprises, accorder le temps nécessaire pour ne plus avoir de problèmes de recrutement. Dans le cadre du projet, le travail a consisté à établir des constats, faire des études et des questionnaires, afin d’aller plus loin au cours d’une prochaine étape. 

Quatrième thème, celui de l’attractivité des métiers. Au premier abord, le commerce n’attire pas. Et les prescripteurs ne peuvent pas y remédier seuls. « Il faut que le centre de formation ne ressemble plus à une école et soit attractif pour le stagiaire. Les magasins doivent eux aussi être plus attractifs. Tout en tenant compte des normes d’hygiène et de sécurité, surtout pour les métiers de bouche, il faut alléger les contraintes, prendre le temps d’expérimenter. » Retravailler le modèle d’attractivité implique de revoir les plannings, les missions, les charges. Et donner du sens au travail. Pour des métiers de répétition, physiquement exigeants, il faudrait rendre les équipes plus polyvalentes, tourner sur les postes. 

« Avec ce projet, on est dans la progressivité et dans l’envie, dans la recherche d’améliorations. Nous avons atteint l’objectif fixé lors du dépôt du dossier. Tous les partenaires ont répondu positivement quand ils ont été sollicités (Ocpo, magasins, prescripteurs, etc.). Ça n’est pas toujours le cas, donc je suis fière du travail fourni. La prochaine phase c’est l’AFEST. Nous allons pouvoir y aller progressivement avec des outils déjà prêts plutôt que de se lancer sans expérience. »

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Projet COOP, un fablab pour l’entrepreneuriat

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CESI est un groupe d’enseignement supérieur et de formation professionnelle qui compte 25 campus en France, dont 4 en Nouvelle Aquitaine (Angoulême, Bordeaux, La Rochelle, Pau). Parmi ses missions, CESI œuvre à la sensibilisation et au développement de l’entrepreneuriat étudiant. C’est pourquoi, depuis environ 5 ans, les campus ont commencé à développer leurs propres fablabs, conçus comme des lieux de vie accessibles aux élèves. Ils sont dédiés à l’acquisition de compétences scientifiques et techniques en mécanique, électronique, informatique, ainsi qu’aux aptitudes de travail en équipe, à la gestion de projets, à la communication. 

Avec quelques années de pratique, le bilan s’avère positif, sauf pour la dimension entrepreneuriat. Le campus de Bordeaux a décidé d’aller plus loin dans ce domaine. Il entretient des liens avec les incubateurs de la région et compte de nombreux anciens élèves qui ont développé leur propre structure. Le projet COOP lui a permis de franchir cette étape. 

« Le fablab est un lieu qui ne suffit pas s’il reste fermé et uniquement accessible aux élèves du CESI, » explique Céline Viazzi, responsable du projet COOP. « Le projet nous a permis en 2019 d’ouvrir l’accès au fablab à des publics variés, collégiens, lycéens, demandeurs d’emploi, salariés en formation, qui n’ont pas du tout dans l’idée de se rendre dans un laboratoire prototypal rapide. » Le mélange de publics fait du fablab un véritable espace de découverte, d’apprentissage, d’échanges et de développement de compétences techniques et professionnelles. 

Une animatrice est chargée de gérer un planning qui tient compte des capacités d’accueil entre les étudiants, les startups ou entreprises qui désirent faire du prototypage. Il a également accueilli des évènements grand public comme la fête de la science en octobre 2019. « Il est important pour nous de toucher les collégiens pour leur expliquer ce qu’on peut faire en sciences et techniques. Et pour inciter les jeunes filles à aller vers des métiers plus techniques, dans l’industrie, mais aussi dans le design, la conception de vêtements, d’accessoires. Ce que l’on cherche à faire c’est donner confiance, expliquer, cela fait partie de notre rôle. » 

En matière de formation, le fablab offre la possibilité d’apprendre l’utilisation d’une imprimante 3D ou d’un outil de découpe laser. Ainsi que de suivre un parcours qui va de la conception de l’idée à la mise en œuvre d’outils adaptés et de prototypage rapide. Céline Viazzi précise que l’esprit est « d’apprendre en faisant : lancez-vous, essayez, vous avez le droit de vous tromper, de faire des tests, d’améliorer. Tous les programmes de formation de notre école d’ingénieurs fonctionnent sur ce format. Au fablab, on bricole, on assemble, on teste, on réessaie, on fonctionne comme ça. Dans le cadre de COOP tout ce qu’on a développé est sur le même modèle. » 

Pour Sylvie Cohu, directrice de l’école d’ingénieurs, cette approche « rejoint ce que les entreprises mettent en place dans le cadre de l’AFEST. CESI a une pédagogie active qui s’appuie sur des projets aussi réels que possible, qui ont une existence par eux-mêmes. Pas du tout sur les cours magistraux et les travaux dirigés habituels. L’étudiant apprend en menant son projet. L’acquisition des compétences se fait au travers de la résolution des problèmes. Le fablab est une des façons d’apprendre. » 

CESI ambitionne aussi de s’adresser aux demandeurs d’emploi, afin de les remobiliser, leur faire découvrir des aspects liés aux outils numériques. « C’est la première fois que l’on fait ce genre d’actions, grâce au soutien de la Région. On en retire un bénéfice et une richesse par les nouvelles personnes que l’on côtoie, des publics dont on n’a pas l’habitude. Pour nous, il peut simplement s’agir de les familiariser au numérique et à l’innovation, dont ils ont parfois une image très inaccessible. Les mettre au contact des outils et les utiliser peut développer leur curiosité et leur appétence. » Les prescripteurs sont invités à inscrire une visite au fablab dans le parcours de leurs publics pour les amener à s’intéresser à des secteurs qui proposent des emplois, et qui pourraient leur convenir. 

En ce qui concerne l’entrepreneuriat, la finalité du projet est d’accueillir plus d’entreprises, de startups, d’indépendants, de créateurs. Pour autant, le fablab n’a pas vocation à devenir incubateur, il se limitera à ses missions de formation et de sensibilisation. Pendant les 18 mois d’existence, COOP s’est fixé comme objectif d’effectuer un accompagnement personnalisé pour 5 porteurs de projets qui veulent tester leur idée avant de se lancer. 

« L’action COOP permet à nos étudiants de côtoyer tous ces gens qui sont dans l’innovation, la création d’entreprises et de startups. C’est très riche pour eux. » Sylvie Cohu espère que « plus tard, nous serons identifiés comme acteur capable de s’adresser à des personnes éloignées de l’innovation, peut être sous forme d’événements. On est sur une rampe de lancement. Avec le projet COOP, nous avons construit et semé. Ensuite nous devrions pouvoir récolter. » 



Le projet COOP a été financé par le Fonds Régional d’Innovation pour la Formation de la Région Nouvelle-Aquitaine.
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Resto’Fabrik couve les apprentis restaurateurs

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Ouvrir un restaurant ne nécessite aucun diplôme ou niveau de formation particuliers. C’est une des seules activités qui le permettent. Le point positif est que tout porteur de projet peut envisager d’ouvrir son établissement ou monter un gîte. Mais beaucoup se lancent sans avoir les prérequis. Point négatif, les taux d’échecs sont très importants, puisque 2 restaurants sur 3 ferment dans les 3 ans après leur création. 

Dans ces conditions, comment permettre la création d’activité dans le domaine de l’hôtellerie-restauration tout en la sécurisant ? « Par manque de connaissances, beaucoup de personnes prennent le risque de se mettre en grande difficulté » décrit Jean-Baptiste Maurin, directeur développement de la fondation INFA à Bordeaux. « C’est un constat partagé d’acteurs qui travaillent sur les mêmes sujets à différents stades, et qui sont confrontés au même problème. La fondation INFA forme des cuisiniers et des serveurs depuis plus de 30 ans, ainsi que des formations comme le permis d’exploitation. Il faut savoir que la majorité des stagiaires ont la volonté à moyen ou long terme d’ouvrir une activité. Mais on observe un réel manque de connaissances sur des éléments comme le bail commercial, les rations, les fonds de commerce, etc. » 

C’est pour pallier l’absence d’outil destiné à accompagner les porteurs de projets en restauration, que la fondation INFA a imaginé un parcours de formation baptisé « Resto’Fabrik ». Du fait de son caractère expérimental, il a fallu communiquer et faire la promotion du concept auprès de toute une série de prescripteurs et d’acteurs de la formation professionnelle, mais aussi de la création d’entreprises. « Nous avons une expérience et une légitimité dans la formation, mais la création d’entreprise n’est pas notre cœur de métier. Cette action nous a permis d’élargir nos connaissances dans ce domaine. » 

Avec la fondation INFA, les partenaires associés au sein de Resto’Fabrik sont la couveuse bordelaise Anabase et l’association la Peña rive droite, qui animent conjointement Resto Starter, la première couveuse spécialisée en restauration en France. Les professionnels sont représentés par l’UMIH nouvelle aquitaine et la Région apporte son soutien par son Fonds Régional pour l’Innovation dans la Formation (FRIF). Enfin, Otellia, une auberge de jeunesse, qui met à disposition son outil de production, et la commune de Blanquefort, ville où sont installées toutes les infrastructures. 

Le public visé, ce sont les porteurs de projets, qui doivent avoir un minimum d’expérience ou une formation en cuisine (CAP), et connaître l’hygiène en restauration. « Nous prenons en considération l’ensemble d’un profil, même si les prérequis ne sont pas tous remplis. On peut avoir des personnes qui ont travaillé en tant que manager dans toutes sortes de restaurants, qui ne sont pas cuisiniers à la base, mais qui ont une connaissance du secteur, ou une expérience associative. » Dans ces métiers, il faut aussi vérifier les compétences de base : savoir lire, écrire, compter. Enfin, les candidats doivent présenter leur projet, prouver qu’ils ne viennent pas juste chercher une formation en restauration. 

Pour trouver les candidats, la fondation INFA organise des informations collectives et individuelles. Une fois que les personnes sont informées et continuent à exprimer leur intérêt, elles passent un entretien de motivation. Grâce à l’effet d‘annonce, les premières sessions ont été vite remplies. Par la suite, il a fallu déployer un gros effort de communication et de promotion pour se faire connaître sur un segment où il n’y avait jusque-là aucune possibilité d’accompagnement. 

Les sessions de formation, depuis leur lancement en novembre 2018, ont une durée de 3 mois. La première semaine consiste à travailler sur les formations obligatoires pour ouvrir son restaurant (permis d’exploitation pour les débits de boisson, hygiène en restauration commerciale (normes HACCP)). Les 2 semaines suivantes sont consacrées à la partie restauration, un peu de théorie avec les coûts matière, les bons de commande, les fournisseurs, l’organisation du travail, et des temps de pratique en cuisine : cuissons de base, gestuelles, associations primaires, etc. La partie création d’entreprises est abordée ensuite, à nouveau pendant 2 semaines, sur des thèmes comme « de l’idée au projet », le plan de financement, le budget prévisionnel sur 3 ans, la communication, le marketing, la gestion. 

Pendant les 8 dernières semaines, les stagiaires encadrés par des formateurs en restauration sont chargés de piloter le restaurant de l’auberge de jeunesse Otellia. L’objectif est de les former en situation de travail, de réaliser les différentes prestations pour gagner en dextérité, en rapidité et en rythme, ainsi qu’en qualité de service et en régularité. 

« Pour la partie restauration, on s’est appuyé sur le CQP commis de cuisine, l’objectif étant de disposer d’un référentiel, et d’un étalonnage de la compétence acquise par rapport à un diplôme existant. En ce qui concerne la création, le référentiel ce sont des formations délivrées dans toute structure proposant de la création d’entreprise. Quant à la formation en situation de travail, des gestes techniques sont mis en lien avec un apport théorique et un moment réflexif sur la situation. » 

Le maître mot de Resto’Fabrik est la sécurisation. Qu’elle se fasse par la création d’activité, par la réorientation vers un autre secteur ou la requalification. De fait, les suites de parcours peuvent prendre des formes très diverses, du reclassement sur une autre formation en restauration, à une réorientation complète lorsque le stagiaire prend conscience qu’il n’est pas fait pour ce métier, en passant par une création directe avec un accompagnement de la couveuse généraliste ou la couveuse Resto starter afin d’y tester son concept pendant 6 mois. 

Le caractère innovant du projet réside dans la collaboration d’acteurs venant de mondes différents et dans sa logique de transférabilité vers d’autres intervenants et territoires. « En parallèle, nous créons un diplôme en lien avec la branche, un « CQP d’entrepreneur de la restauration TPE », puisque les PME et TPE représentent 90% du parc de restaurants en France. Il devrait sortir en septembre, et couvrira les besoins en termes de diplôme. » 


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Le CIBC Sud Aquitaine poursuit ses activités... à distance

Le CIBC Sud Aquitaine poursuit ses activités... à distance | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
Entretien avec François BANIZETTE, Directeur du CIBC Sud Aquitaine 

En ces temps de confinement, vous avez opté pour une solution à distance. Quelle est-elle ?

Nous avons mis en place ce système dès que nous avons compris que nous allions devoir fermer nos accueils. L’idée était d’assurer la continuité de l’activité, comme toutes les entreprises qui sont soumises aux plans de continuité. On nous avait déjà demandé de faire ça en prévention, à l’époque de la grippe H1N1. Nous avons commencé par annuler tout ce qui était collectif puisque, clairement, il y avait une consigne d’ordre sanitaire, que l’on a évidemment respectée. Pour tous les rendez-vous individuels positionnés, nous avons contacté chaque personne. Nous leur avons proposé de maintenir le rendez-vous par téléphone lorsque c’était possible, ou de le reporter si cette solution n’était pas adaptée. Ou encore pour tous ceux qui voulaient absolument passer par le biais d’une rencontre physique. 

Quel résultat avez-vous eu ? 

Nous avons reçu un accueil très favorable des gens, qui ont bien compris les contraintes et les ont acceptées en grande majorité. Petit à petit, nous avons mis en place des solutions plus élaborées, par visioconférence. Très concrètement la plupart des personnes peuvent utiliser ces solutions techniques, ce qui nous a permis de poursuivre notre travail. Nous avons également fait savoir par le site Internet et les réseaux sociaux, que l’activité continuait et que nous pouvions continuer à prendre des rendez-vous. De fait, nous sommes sollicités par de nouvelles personnes, même si ça n’est pas au rythme habituel. Nous répondons à ces nouvelles sollicitations, après avoir initialement donné priorité à toutes les personnes qui devaient venir nous voir sur nos 2 PRC (Landes et Pyrénées atlantiques). 

Comment faites-vous en pratique ? 

Les rendez-vous se tiennent à distance au lieu d’être physiques. La seule chose que nous n’avons pas pour le moment, ce sont les temps d’information collective. Ils sont plus difficiles à organiser, puisque que ça nécessite que plusieurs personnes se connectent en même temps. C’est faisable, les outils existent, mais c’est un peu plus compliqué. Nous avons privilégié l’individuel. Mais on n’est qu’au début de la deuxième semaine de confinement, et je pense que l’on pourra très vite organiser des séances collectives à distance. On se heurte encore à quelques difficultés matérielles, ou de qualité de liaison. Il y a des limites à l’exercice. 

D’un point de vue professionnel, comment vivez-vous la situation ?

Il y a un temps d’adaptation parce que travailler à distance ne fait pas partie de nos habitudes professionnelles. Que ce soit pour la VAE ou pour nos activités de bilan de compétences, la pratique c’est de se voir et de se parler. D’ailleurs c’est souvent la raison pour laquelle les gens nous choisissent. C’est la relation directe qu’ils privilégient. Même s’il nous est arrivé de faire du conseil et de l’accompagnement à distance avec des salariés expatriés, ce n’est pas la clé de voute de notre métier. Donc ça change un peu les habitudes, mais les conseillers et conseillères sont très adaptables. 

Qu’est-il impossible de faire à distance ?

En réalité, rien. Tout est faisable, il faut juste savoir manier l’outil, savoir partager des écrans, remplir des documents à distance. La limite n’est pas technique, mais humaine. 

Pensez-vous que cette expérience aura des incidences sur votre pratique habituelle ? 

Je pense que ce type d’outils, cette façon de faire, va venir enrichir l’arsenal de nos propositions. Ils ne remplaceront pas le face à face et les rencontres puisque, encore une fois, les personnes y sont attachées. Nous avons présenté cette solution comme un plus. D’autant que l’exercice n’est pas virtuel, on se voit, on se salue, on s’amuse même à partager un café ou un thé, comme pour de vrai dans un bureau. 

La situation nous oblige à en passer par là, elle a précipité la généralisation du recours à ces outils. Puisque nous avons la possibilité de télétravailler… faisons-le. Et puis la période est propice à s’occuper de son avenir professionnel. Des entreprises veulent en profiter pour encourager les salariés à faire une VAE. Ce n’est pas surprenant, c’est peut-être le moment de penser évolution ou certification professionnelles, et d’une certaine façon de préparer le jour d‘après. C’est une des raisons qui nous ont poussé à chercher une solution pour continuer le service.
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A Tulle, l'apprentissage se met en scène

A Tulle, l'apprentissage se met en scène | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
Former au plus près du territoire et valoriser les entreprises en tant qu’entreprises apprenantes fait partie de la logique qui sous-tend les actions de formation en situation de travail (AFEST). En 2018, le CFA Les 13 vents de Tulle a pris la décision de s’appuyer sur la formation en situation de travail pour développer, dans le cadre d’un projet soutenu par le fonds régional pour l’innovation dans la formation, des pratiques pédagogiques nouvelles destinées aux apprentis et aux stagiaires de la formation professionnelle. L’innovation, c’est le recours à la vidéo. 

Le projet « AFEST vidéo » s’est appuyé sur une expérience précédente. « Nous avions depuis un certain temps des « parcours territorialisés », qui s’adressaient à des apprentis éloignés du centre » précise Isabella Ernst, directrice adjointe du CFA, « particulièrement dans des métiers pour lesquels nous avions peu de demandes, et qui ne justifiaient pas une ouverture de section. Dans certains cas, nous avons délégué aux entreprises, par convention, une partie des enseignements que ces apprentis auraient dû suivre au CFA. Avec toujours l’apport d’un œil expert pour valider ce qui a été appris en entreprise. » 

Ce principe de délégation a été repris, et l’utilisation de la vidéo instaurée comme preuve de l’action de formation en situation de travail. Outre le fait d’éviter aux jeunes les plus éloignés de se déplacer, le dispositif présente plusieurs avantages, comme celui de permettre une montée en compétences et une valorisation des tuteurs en entreprise. Par ailleurs, il autorise une meilleure visibilité sur ce qui se fait dans l’entreprise entre deux passages au CFA. « Cette visibilité nous faisait défaut avant. Le principe de complémentarité entre l’entreprise et le centre ressemblait trop souvent à deux formations juxtaposées, sans qu’il y ait forcément d’interaction. » 

Les jeunes se rendent au CFA toutes les 3 semaines. C’est entre deux sessions au centre qu’ils doivent réaliser une ou plusieurs vidéos dans leur entreprise, en fonction du temps de délégation qui a été conventionné avec cette dernière. Une vidéo, c’est une scène d’une durée maximum de 4 minutes, filmée par le tuteur qui s’est formé à l’utilisation de l’outil, durant laquelle l’apprenti va réaliser un geste professionnel tout en l’expliquant, ou décrire un processus de fabrication. On se concentre à chaque fois sur un aspect technique particulier en rapport avec le référentiel. La dimension d’individualisation du parcours réside dans le fait que chaque jeune suit un programme correspondant aux activités de son entreprise. 

« Notre public est plus à l’aise avec cet outil qu’à l’écrit, il y est plus habitué. L’application permettant les vidéos est implantée sur leur téléphone, c’est très simple à utiliser. Mais on ne fera pas du 100 %, certains jeunes refusent le principe. Pour d’autres, c’est trop compliqué, puisque l’on attend d’eux de montrer un geste, mais aussi de mener une analyse réflexive. C’est-à-dire d’expliquer ce qu’ils font, pourquoi ils le font, et comment. Ce sont des choses qu’on a parfois du mal à obtenir dans le cadre de l’apprentissage traditionnel. Mais il n’y a pas de FEST sans analyse réflexive.» 

Le déploiement du dispositif s’est avéré assez long, ne serait-ce qu’en raison du changement radical d’approche pour les formateurs, les tuteurs et les jeunes. Après un travail d’identification de tous les gestes professionnels nécessaires à maîtriser pour un niveau CAP (pour l’instant le seul diplôme préparé selon cette modalité), les formateurs se sont rendus dans les entreprises volontaires (150 depuis le lancement) afin d’étudier le référentiel avec elles, puis élaborer une sorte de livret des compétences indispensables. Une convention encadre tous ces engagements, notamment le nombre d’heures de délégation, c’est à dire le temps pendant lequel l’apprenti est en formation en situation de travail. Les documents technologiques lui sont fournis pour qu’il puisse préparer ses interventions. 

« Nous n’avons pas encore atteint le rythme de croisière. Nous avons progressivement constaté qu’il était nécessaire d’établir des conventions qui fixaient bien les termes. Nous n’avions pas pensé initialement au livret d’activités, mais il est apparu comme incontournable pour guider les tuteurs. Et dès lors que l’on utilise la vidéo, se pose la question du droit à l’image. Donc au fur et à mesure, nous avons ajouté tel ou tel élément. » Les contenus filmés appartiennent aux jeunes et aux entreprises. Ils sont conservés sur une plate-forme numérique jusqu’à un an après la fin de la formation. Les vidéos sont ensuite données aux jeunes puis effacées de la plate-forme. 

La pratique, déjà en genèse avec les parcours territorialisés, a montré qu’elle pouvait convenir à tous les apprenants, qu’ils aient ou non des problèmes de mobilité. Au point que le CFA Les 13 vents envisage d’en faire une de ses modalités pédagogiques régulières, voire centrale dans son organisation. « Nous allons essayer d’étendre le dispositif à plus de parcours, et pas seulement sur des métiers de niche. Son développement pourrait notamment se faire dans le cadre du pacte régional d’investissement dans les compétences. »
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Un territoire à l’heure de la transition numérique

Un territoire à l’heure de la transition numérique | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
La transition (ou révolution) numérique est dans tous les esprits, et implique désormais tous les secteurs de la société. Mais que l’on soit une entreprise, une association ou un particulier, on ne dispose pas nécessairement des compétences pour en maîtriser les usages. Il existe donc un véritable enjeu dont s’est récemment emparé la structure girondine GPV Rive Droite (Grand Projet des Villes : Bassens, Lormont, Cenon, Floirac) dans le cadre de son projet « territoire numérique pour tous ». 

« Nous sommes un outil de coopération, notre rôle est de mobiliser les acteurs locaux : les entreprises, les associations, les professionnels de l’emploi et de l’accompagnement, les villes, élus et techniciens » explique Florence Cossou, directrice. « Au départ, notre thématique principale était le renouvellement urbain, mais nous avons très vite développé d’autres sujets comme la culture, l’environnement, l’économie, etc. L’approche de notre équipe est de privilégier une vision transversale des projets, de créer des échanges et des coopérations entre acteurs ». 

C’est dans cet esprit que les partenaires institutionnels ont engagé la mise en œuvre d’un plan de développement des emplois et des compétences dont l’un des volets a pour objectif de créer les conditions de la montée en compétences des habitants (notamment dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville), ainsi que d’appuyer les entreprises dans leur transition numérique. 

« Notre sujet n’est pas la filière numérique, ses métiers et ses emplois. Nous abordons le numérique comme outil incontournable, que le public sur notre territoire est obligé d’utiliser aujourd’hui pour faire valoir ses droits. Nous aurions pu partir sur l’idée de lancer une action d’assistanat, avec un compte numérique par exemple. Mais l’idée est de penser le projet comme un parcours d’apprentissage qui vise l’autonomie des personnes, sans en faire des développeurs informatiques, plutôt des utilisateurs avertis. Nous ne sommes pas en contact direct avec les habitants en difficulté, mais nous travaillons avec les professionnels qui les rencontrent et qui nous font remonter les besoins. » 

En 2019, cette action s’est déployée en deux phases principales. La première a consisté à établir un diagnostic de terrain dit de « solidarité numérique ». « Nous avons élaboré un recueil qui avait pour but de recenser tous les intervenants de l’inclusion numérique, ainsi que les ressources, services et compétences numériques existantes, afin de les rendre plus visibles. A partir de cet état des lieux, des acteurs plutôt sociaux, nous travaillons avec les organismes de formation pour monter une action innovante destinée au grand public. » 

La deuxième phase, actuellement en cours, concerne les entreprises de petite taille présentes sur le territoire. Il s’agit de recenser leurs besoins dans la perspective de leur transformation numérique, que ce soit sur le plan des outils, du recrutement ou celui de la formation. Par la suite, l’ambition est de mobiliser les acteurs de la formation et les réseaux économiques pour créer des synergies en réponse au marché de l’emploi local. 

En ce qui concerne la dimension formation, il s’agit de créer des outils bien adaptés aux besoins des acteurs de terrain, et que les organismes de formation entendent ces besoins afin d’ajuster leurs dispositifs existants ou en créer de nouveaux. « Pour aboutir à ce résultat, les organismes ne peuvent pas travailler seuls. Il faut qu’ils puissent échanger avec les acteurs sociaux et les partenaires de l’insertion. Notre rôle dans ce projet est de faciliter ces liens. Nous sommes très peu nombreux sur le territoire à mener cette sorte d’ingénierie locale. C’est atypique. » 

« Nous voulons faire converger tous les aspects du dossier, privilégier une approche globale puisque tout le monde cherche à toucher les mêmes publics. C’est aussi une manière de ne pas aboutir qu’à des lieux d’accès inclusion ou de formation. L’idée était donc de monter un projet hybride incluant ces deux volets. » 


 * Le projet « territoire numérique pour tous » est financé par le Fonds régional pour l'innovation dans la formation (FRIF) et la direction politique de la ville de la Région Nouvelle-Aquitaine, par le FSE, La DIRECCTE (UD Gironde), la CPME Gironde. 

 Les partenaires du GPV Rive Droite sont INSUP formation, la Coopérative des Tiers-Lieux et la WAB (Bergerac).
Clélie ALBERT's curator insight, May 5, 8:29 AM
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Contrat de pro d’un nouveau genre pour la métallurgie

Contrat de pro d’un nouveau genre pour la métallurgie | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
Pour Sophie Reynaud, conseillère formation à l’ADEFIM Aquitaine (en qualité de mandataire de l’OPCO2I), le contrat de pro expérimental « est un peu le mouton à 5 pattes de l’insertion en entreprise. Il est très souple et répond à un besoin bien particulier. » C’est la récente loi sur la formation professionnelle qui a ouvert la possibilité aux branches professionnelles de recourir à ce dispositif. La métallurgie a, dès son lancement en 2019, décidé de s’en emparer. 

Le contrat de professionnalisation expérimental se distingue du contrat de professionnalisation classique en cela qu’il ne vise pas forcément une qualification. Il peut se faire sur la base d’un parcours sur mesure en formation externe, en formation interne, ou en AFEST (Action de Formation en Situation de Travail), en fonction du besoin exprimé par l’entreprise et de sa capacité d’accueil. Il permet aux personnes les plus éloignées de l’emploi d’être embauchées en CDI ou CDD avec la garantie d’être formées à un métier, tout en sécurisant leur parcours. Elles ne reçoivent pas nécessairement de certification, mais une attestation de fin de formation qui garantit l’acquisition des compétences ou de blocs de compétences. 

Pour en faire la promotion, l’ADEFIM Aquitaine utilise plusieurs leviers. « Nous faisons chaque année des réunions pour nos entreprises, pendant lesquelles nous les informons sur les nouveaux dispositifs. Nous éditons également une plaquette disponible sur notre site national. Par ailleurs, nos conseillers vont au quotidien au contact des entreprises de la métallurgie pour recueillir leurs besoins et étudier leurs problématiques de recrutement. » 

En pratique, le contrat de professionnalisation expérimental répond à des besoins ponctuels et très ciblés. « Nous suivons plusieurs étapes pour sa mise en place. Nous commençons par une analyse de la situation de travail, une définition des objectifs d’acquisition des compétences, avant de partir sur un référentiel et positionner l’apprenant pour définir un parcours d’au moins 150 heures. » En cas de besoin, un organisme de formation peut aider à la co-construction qui peut durer quelques heures ou en quelques jours en fonction de la maturité de l’entreprise. 

Car il s’agit bien d’une co-construction entre l’ADEFIM Aquitaine et chaque entreprise, qui profite ainsi d’une réponse sur mesure. Son contenu peut être à 100% original. Il est également possible de se baser sur certains référentiels et blocs de compétences. « Nous partons vraiment d’une feuille blanche, et nous personnalisons la formation autant que nécessaire selon les besoins exprimés. Nous pouvons déboucher sur des choses assez innovantes. C’est le principe de l’expérimentation. » 

« Quel que soit la forme qu’il prend, nous sommes garants du bon déroulement du contrat, notamment sur le plan juridique. Nous surveillons son avancée par le biais de questionnaires. Nous sommes garants du contrôle de l’acquisition des compétences. » Le conseiller reste en lien direct avec l’entreprise. 

L’expérimentation est, pour l’instant, volontairement ouverte à tous les métiers, tertiaires comme techniques. Puisque sa spécificité est la création de parcours sur mesure, la volonté initiale de la branche était de n’exclure aucun métier. La Nouvelle-Aquitaine a été une des premières régions à utiliser ce dispositif, le plus souvent pour des PME. L’ADEFIM Aquitaine ne s’est pas fixée d’objectifs quantitatifs précis. Elle ambitionne de le développer tout en sachant qu’il restera marginal. « On ne tient pas à forcer un dispositif, pour ne pas le dénaturer. Nous ne voulons pas faire concurrence au contrat de professionnalisation classique. Ce sont deux dispositifs qui répondent à des situations différentes. » 

La problématique d’un nouveau dispositif, c’est qu’il est le plus souvent long à mettre en place. « Au bout d’un an, nous ne sommes qu’au début. Pour tirer un bilan, il faudra 3 ans. Avant cela, il faut en faire la promotion auprès de nos entreprises. Mais nous sommes persuadés de l’intérêt du contrat de professionnalisation expérimental, qui est particulièrement adapté à des compétences pour lesquelles n’existe pas de formation disponible en région. » 

« En plus, notre rôle évolue dans le cadre de la mise en place des OPCO nous ne sommes plus des simples financeurs mais des acteurs de la co-construction de parcours. Le dispositif de contrat de professionnalisation expérimental est une véritable opportunité de faire progresser l’entreprise sur la question du développement des compétences.»


Pour en savoir plus :

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« Bienvenue ici » ou la formation à distance des professionnels du tourisme

« Bienvenue ici » ou la formation à distance des professionnels du tourisme | Initiatives locales et paroles d'acteurs | Scoop.it
« Bienvenue ici » est une solution ludique de micro formation en ligne », résume Jean-Baptiste Soubaigné, chargé de projets à la Mission des Offices de Tourisme Nouvelle-Aquitaine (MONA). « Elle offre des petites séquences pédagogiques de 3 à 5 minutes qui s’adressent aux salariés permanents et aux saisonniers des entreprises touristiques (hébergement, restauration, activités de loisirs, commerces). Nous la mettons à disposition des offices de tourisme, pour qu’ils la proposent sur leur territoire comme un nouveau service. »
Cet outil est une réponse apportée par la MONA, à la suite d’une enquête menée en 2018 auprès de ses adhérents, qui révélait que pour 85% d’entre eux, la professionnalisation de leurs prestataires était un enjeu majeur dans le futur. Car au-delà de leur rôle d’accueil et d’information du public, et de promotion de leur territoire, les offices de tourisme ont aussi pour mission d’animer leur réseau local de partenaires, les entreprises touristiques de toutes natures. Ils le font notamment en proposant aux professionnels des ateliers de coaching, des conférences, de l’accompagnement de projet. 

« Nous avons imaginé pour eux une solution innovante qu’ils pourront ajouter à leur offre de services. On ne touche pas directement l’entreprise touristique, puisque notre client c’est l’office de tourisme. C’est lui qui déploiera la solution auprès de son réseau. Avec « Bienvenue Ici », nous lui apportons le levier du « e-learning » dont il ne disposait pas. » Les sujets abordés dans les contenus pédagogiques concernent surtout la relation client et l’accueil, ainsi que la connaissance des territoires puisque les salariés des entreprises touristiques sont les premiers prescripteurs des lieux d’intérêt pour les visiteurs. En 2020, viendront s’ajouter les questions relatives aux éco-gestes et au tourisme durable. 

Le caractère innovant de « Bienvenue ici » ne réside pas tant dans ses contenus que dans les modalités d’accès du service. Il s’agit de créer, dans chaque territoire couvert par un ou plusieurs offices, une communauté d’apprenants autour d’un réseau social dédié, accessible sur une période définie. Pendant 3 semaines, les inscrits sont sollicités tous les jours pour visionner une vidéo, répondre à un quizz, lire un article, participer à des challenges pour gagner des points et des lots. Tous les membres d’une communauté apprennent en même temps, selon une animation pédagogique rythmée par l’équipe projet Bienvenue ici. Elle assure le community management de la plateforme comme un coach pédagogique : horaires, envoi des contenus, réponses aux commentaires. A la fin de la période de formation, la plateforme est simplement fermée. 

« Grâce à la dimension collective, Les salariés permanents ou saisonniers peuvent échanger avec les autres participants, rassembler des informations, acquérir des compétences, etc. L’employeur y trouve aussi son compte puisqu’il n’a pas forcément le temps de former son personnel à une mieux connaître le territoire. Nous pouvons établir des communautés pour ne diffuser que des contenus génériques (relation client, comptabilité) mais nous apportons une plus-value pour les offices de tourisme et les territoires avec ces contenus connaissance du territoire élaborés avec les partenaires locaux ». 

Pour sa part, l’office de tourisme dispose d’un nouveau moyen de valoriser les informations touristiques auprès des professionnels, en tant que tiers de confiance de proximité. Et ses salariés peuvent participer de plein droit à la communauté et ainsi se former eux aussi en ligne. « Cette année, trois territoires nous ont aidés à prototyper et tester le projet (Vallée de la Dordogne, Ile d’Oléron et Landes Atlantique Sud). En tout nous avons eu environ 140 participants d’une trentaine de structures diverses. » Les évaluations indiquent que 80 % des utilisateurs sont repartis avec de nouvelles compétences. Plus de 75% ont plébiscité la mixité des formats (vidéos, challenges, quizz, fiches mémos, escape game virtuel avec l’université, etc.). Et 86% sont repartis pour une nouvelle saison. Certains points doivent être améliorés, surtout techniques, mais l’interaction, le rythme d’envoi des contenus, l’animation de la plateforme ont été fortement appréciés. 

« Autre élément important, nous incitons les têtes de réseau à trouver un « influenceur » local, capable de stimuler le reste de la communauté, dynamiser les interactions. Les participants se forment ensemble pendant 3 semaines, puis nous fermons la plateforme puisque nous voulons rester dans une logique de formation, avec un début et une fin. Nous réfléchissons actuellement à la possibilité d’ouvrir les plateformes plusieurs fois dans l’année, en fonction des besoins d’animation des réseaux. » 

L’offre de services est désormais stabilisée. A terme, la MONA restera partie prenante de la solution et cette dernière peut permettre de créer des emplois et prendra la forme d’une entreprise indépendante qui aura plus de capacité d’investissement afin de développer le service et le faire évoluer. 

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La MONA 

 La Mission des Offices de Tourisme Nouvelle-Aquitaine (MONA) résulte de la fusion des fédérations des 3 anciennes régions. Son cœur de métier est la professionnalisation des offices de tourisme, dont le réseau compte 160 structures et plus de 1 400 emplois en équivalent temps plein. Elle est également organisme de formation. Elle intervient auprès des collectivités, et représente le réseau au sein de différentes instances de défense de ses intérêts. Le projet « 

Bienvenue ici » est financé la Banque des territoires et par la Région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de son Fonds Régional pour l’Innovation dans la Formation (FRIF).


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