DEFENSE NEWS
7.0M views | +1.5K today
Follow
DEFENSE NEWS
Revue de presse quotidienne des principaux articles concernant le secteur de la Défense, de ses industriels, des armements et technologies.
Curated by Romain
Your new post is loading...
Your new post is loading...
Scooped by Romain
August 31, 2025 1:02 PM
Scoop.it!

Washington autorise la vente de systèmes de défense aérienne Patriot au Danemark pour 8,5 milliards de dollars

Depuis que le président Trump a fait son retour à la Maison Blanche, les autorités danoises dénoncent régulièrement la pression « inacceptable » mise par les États-Unis sur le Groenland, qui bénéficie d’une large autonomie par rapport à Copenhague.

Cette semaine, le chef de la diplomatie danoise, Lars Løkke Rasmussen, a fait convoquer le « chargé d’affaires américain » après que la télévision publique DR a révélé que trois personnalités liées à M. Trump menaient des opérations d’influence au Groenland. « Toute tentative d’ingérence dans les affaires internes du Royaume sera bien sûr inacceptable », a-t-il fait valoir.

Cependant, malgré ces tensions, le Danemark s’est tourné vers les États-Unis pour se procurer quatre drones MALE [moyenne altitude longue endurance] MQ-9B SkyGuardian, par l’intermédiaire de l’Agence Otan de soutien et d’acquisition [NSPA]. Et cela afin, justement, de renforcer les capacités ISR [renseignement, surveillance, reconnaissance] de ses forces armées au Groenland…

Par ailleurs, le mois dernier, le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, a confirmé que dix chasseurs-bombardiers F-35A de plus allaient être « rapidement » commandés auprès de Lockheed Martin.

« J’estime, sur la base des discussions avec le bureau du programme conjoint F-35, qu’il existe une bonne opportunité d’accélérer les livraisons supplémentaires d’avions de combat F-35 si nous prenons une décision rapide », a-t-il en effet expliqué à la chaîne de télévision TV2.

En outre, il avait aussi évoqué des discussions avec le gouvernement américain au sujet de l’achat de dix systèmes de défense aérienne Patriot au profit de l’Ukraine, dans le cadre d’une initiative impliquant d’autres pays européens.

Or, en mars, considérant que le renforcement de sa défense aérienne était une priorité, le ministère danois de la Défense, via la FMI, son agence de l’armement, annonça qu’il ferait un choix entre le Patriot américain et le SAMP/T NG [Sol-Air Moyenne Portée / Terrestre de nouvelle génération] franco-italien.

« La situation actuelle […] exige que nous obtenions une défense aérienne au sol à court et à long terme. […] Le Conseil du matériel et des achats […] va travailler avec les candidats qui, d’un point de vue militaire, offrent les meilleures options pour une défense aérienne terrestre permanente. Il est absolument crucial que nous trouvions la solution qui réponde le mieux à nos besoins et qui soit à la hauteur de nos obligations envers l’Otan », avait alors justifié Troels Lund Poulsen. Et de préciser qu’un contrat pourrait être conclu d’ici la mi-2025.

Un choix a-t-il été fait ? En tout cas, dans un avis publié le 29 août, la Defense Security Cooperation Agency [DSCA], chargée des exportations d’équipements militaires américains via le dispositif FMS [Foreign Military Sales] a approuvé la vente potentielle de deux batteries Patriot au Danemark, avec les missiles intercepteurs associés, pour un montant estimé à 8,5 milliards de dollars.

L’avis porte, entre autres, sur la vente éventuelle de deux radars AN/MPQ-65, de deux stations de contrôle d’engagement [MSE], de six lanceurs M903A2, de 56 missiles, dont 36 Patriot MIM-104E [GEM-T] et 20 Patriot Advanced Capability 3 [PAC-3] MSE.

Cette vente potentielle « soutiendra les objectifs de politique étrangère et de sécurité nationale des États-Unis en améliorant la sécurité d’un allié de l’Otan, moteur de stabilité politique et de progrès économique en Europe », justifie la DSCA. En outre, ajoute-t-elle, elle renforcera la « capacité du Danemark à faire face aux menaces actuelles et futures en augmentant sa capacité de combat. »

Cela étant, la publication de cet avis ne veut pas dire que les jeux sont faits. Mais elle donne sans doute une indication sur les intentions du Danemark qui, pour rappel, a rejoint l’European Sky Shield Initiative [ESSI], un projet lancé par l’Allemagne dans le cadre de l’Otan, en octobre 2022. Ce dernier vise à mutualiser les achats de systèmes de défense aérienne entre les pays participants, dont l’IRIS-T SLM de Diehl Defense, l’Arrow 3 israélien et le Patriot.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 1:01 PM
Scoop.it!

Le drone MALE européen est entré dans sa phase de conception finale

Proposé en 2013 par Airbus Defence & Space, Dassault Aviation et Leonardo, le projet de drone MALE [moyenne altitude longue endurance] européen, encore appelé EuroDrone ou MALE RPAS, a connu bien des vicissitudes avant de faire l’objet d’un accord entre les industriels et les quatre pays clients [France, Italie, Espagne et Allemagne].

Ainsi, ce n’est qu’en 2022 qu’un contrat de développement et de production a pu être notifié par l’Organisation Conjointe de Coopération en Matière d’Armement [OCCAr] à Airbus Defence & Space, désigné maître d’œuvre de ce projet.

Pour rappel, il s’agit de mettre au point un drone d’une masse d’environ 10 tonnes, pour une envergure de 26 à 30 mètres, une longueur de 17 mètres et une hauteur de 5 mètres. Doté de deux turbopropulseurs « Catalyst », fournis par Avio Aero [filiale italienne de l’américain General Electric, ndlr], il devra avoir une autonomie supérieure à 30 heures et pouvoir voler dans l’espace aérien européen à la vitesse maximale de 500 km/h, à 45 000 pieds d’altitude. Le tout en emportant une charge utile de 2,3 tonnes.

L’examen de conception préliminaire [PDR – Preliminary Design Review] de cet EuroDrone s’est achevé en mai 2024… avec quelques mois de retard.

« Le PDR prouve que la conception du drone a constamment mûri, ouvrant ainsi la voie à la conception détaillée. C’est le produit de différentes évaluations techniques menées, comme les tests en soufflerie pour confirmer sa configuration aérodynamique », avait expliqué Airbus, à l’époque. Et d’ajouter que ces travaux avaient aussi permis de valider un « jumeau numérique » de ce futur aéronef.

L’étape du PDR franchie, il restait encore à mener une « revue critique de conception industrielle ». Or, cette dernière vient de se terminer, ce qui ouvre la voie à une « revue critique de conception » [CDR – Critical Design Review].

« Le 31 juillet, Airbus et ses principaux sous-traitants, Leonardo et Dassault Aviation, ont achevé avec succès la revue critique de conception industrielle interne », a en effet annoncé l’OCCAr, via un message diffusé via le réseau social LinkedIn, le 28 août.

Et d’ajouter : « La CDR avec l’OCCAr et les quatre nations a officiellement débuté. L’objectif de cette revue est de vérifier que la conception [du drone] est conforme aux 2 000 exigences définies » par les États clients avant de passer à la phase suivante, à savoir la production de trois prototypes.

L’objectif est que cette CDR soit achevée d’ici la fin de cette année afin de pouvoir effectuer des essais en vol avec ces trois prototypes, tant en France qu’en Espagne et en Italie.

« La production de tous les sous-systèmes de l’EuroDrone est répartie entre les quatre États participants pour converger vers la chaîne d’assemblage final à Manching [Allemagne], où seront produits les soixante appareils commandés », a expliqué l’OCCAr, pour qui ce drone se distinguera de ses concurrents par « ses capteurs de pointe, une architecture de communication ultraperfectionnée et des performances inégalées ».

Cependant, s’il avance « à grands pas », dixit l’OCCAr, l’EuroDrone n’est probablement pas au bout de ses peines. En effet, début juillet, La Tribune a rapporté que la France cherchait à « sortir de ce programme » et qu’elle avait demandé aux trois autres partenaires impliqués « d’étudier de façon conjointe les conséquences industrielles et opérationnelles » que pourrait avoir son retrait.

Un mois plus tôt, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, avait suggéré une telle issue. « L’EuroDrone/EuroMALE est un programme désormais ancien, intéressant, mené en coopération mais sur lequel j’ai demandé à l’armée de l’Air & de l’Espace de bien vouloir me faire remonter son analyse opérationnelle sur l’employabilité de ce drone lorsqu’il sera livré. Évidemment, c’est un objet de discussion avec les partenaires parce que le principe de le faire à plusieurs, c’est de converger sur le diagnostic », avait-il dit, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:59 PM
Scoop.it!

Un F-16 de l'équipe de présentation de la force aérienne polonaise s'est écrasé à Radom

Le 28 août, aux environs de 19 heures, le F-16 de la Tiger Demo Team Poland, piloté par le commandant Maciej « SLAB » Krakowian, a décollé de l’aéroport de Radom pour un vol d’entraînement en vue du « Radom Air Show« , le plus grand événement aéronautique de Pologne.

Malheureusement, à la sortie d’une boucle, le pilote n’a pas pu redresser son avion à temps : son appareil a percuté la piste d’atterrissage dans une boule de feu, sans qu’il ait pu s’éjecter. Il s’agit du premier accident impliquant un F-16 polonais.

Le décès du commandant Krakowian a été confirmé peu après par Władysław Kosiniak-Kamysz, le ministre polonais de la Défense.

« Je suis sur les lieux d’une tragédie. Un pilote de l’armée polonaise est mort dans l’accident d’un F-16. C’était un officier qui a toujours servi son pays avec dévouement et un grand courage. Je rends hommage à sa mémoire. J’adresse mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches. C’est une grande perte pour l’armée de l’air et pour toute l’armée polonaise », a-t-il dit.

Ayant rejoint les rangs de la force aérienne polonaise en 2008 et après sa formation de pilote de chasse, effectuée en partie aux États-Unis, Maciej Krakowian fut affecté à la 31e base aérienne tactique de Poznań-Krzesin, au sein de la 6e Eskadra Lotnicza [6e escadrille de chasse], équipée de F-16 Block 52+ et dont l’emblème est le tigre. Il avait rejoint la F-16 Tiger Demo Team Poland en août 2023, avant d’être promu commandant, en janvier dernier.

Totalisant plus de 1 200 heures de vol sur F-16, le commandant Maciej « SLAB » Krakowian s’était récemment distingué lors du dernier Royal International Air Tattoo [RIAT], en obtenant le prix « As The Crow Flies », qui récompense la meilleure démonstration en vol.

« Le public a décerné ce prix pour ma démonstration solo, mais c’est le fruit du travail de toute l’équipe », avait-il commenté.

La semaine passée, le commandant « SLAB » avait participé au Meeting Aérien International de la Somme ».

Facebook
X
LinkedIn
Google Translate
Email
Copy Link
Partager
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:59 PM
Scoop.it!

Le Royaume-Uni veut développer rapidement un missile tactique balistique d'une portée de 600 km

Dans les années 1980, la France développa le missile semi-balistique Hadès qui, censé remplacer le Pluton, à capacité nucléaire, fut mis en service au sein du 15e Régiment d’Artillerie [RA] au moment de l’implosion de l’Union soviétique et, donc, de la fin de la Guerre froide.

D’une portée de 480 km, le Hadès était doté d’un système de guidage inertiel [donc résilient au brouillage électronique] , pouvant être programmé pour effectuer des manœuvres évasives à l’approche de sa cible. Un Véhicule lanceur banalisé RVI [devenu Arquus] de 380 ch avait la capacité d’en emporter deux exemplaires.

Le contexte géopolitique, marqué par la réunification allemande et la fin du Pacte de Varsovie, justifia l’abandon de ce missile par l’armée de Terre, en 1996. Les raisons qui motivèrent son retrait sont toujours valables aujourd’hui. Pour autant, le Royaume-Uni a l’intention de doter la British Army d’une capacité similaire, à la différence près que celle-ci sera « conventionnelle » et non nucléaire.

En effet, le 27 août, le ministère britannique de la Défense [MoD] a émis un avis à l’adresse de l’industrie pour développer un missile balistique d’une portée supérieure à 600 km et pouvant être lancé « en toute sécurité depuis une plateforme mobile dans une environnement tactique à haut risque ».

Mis au point dans le cadre du programme « Nightfall », ce missile devra être en mesure d’emporter une charge militaire de 300 kg et de suivre une trajectoire semi-balistique. Le MoD exige qu’il soit manœuvrable en phase terminale afin de garantir une précision de l’ordre de cinq mètres et qu’il soit résilient dans un environnement électromagnétique complexe », notamment quand les signaux GPS sont brouillés.

Enfin, ce missile devra être capable d’atteindre sa cible « dans les dix minutes suivant son lancement ».

« Nous envisageons que tous les effecteurs Nightfall soient tirés depuis le même lanceur dans les 15 minutes suivant son arrêt sur un site de lancement. Après le tir, le véhicule lanceur et son équipage doivent être en mesure de quitter rapidement la zone, idéalement en 5 minutes », précise le MoD.

Autre point : le prix unitaire de ce missile ne devra pas dépasser 500 000 livres sterling [environ 580 000 euros], hors charge militaire, lanceur et coût de développement.

« Nous recherchons des technologies pouvant être mises en production dans un délai de 9 à 12 mois afin de fournir au moins cinq unités pour les essais », avance le MoD. Ce qui est un objectif ambitieux… d’autant plus que la conception du Nightfall doit « idéalement être exempte de restrictions commerciales et d’utilisation imposées par des gouvernements étrangers », tout en étant susceptible d’évoluer ultérieurement [portée supérieure, meilleure précision, etc.].

Le MoD a l’intention de donner plus de détails lors d’une journée d’information, qui se tiendra le 24 septembre, à Londres. Après avoir examiné des propositions qu’il recevra, il compte sélectionner trois projets d’ici la fin de l’année, l’objectif étant d’effectuer des essais « en conditions réelles » en 2026.

À noter que, ayant rejoint le projet européen ELSA [European Long Strike Approach], auquel la France participe, aux côtés de la Pologne, de l’Italie et de la Suède, le Royaume-Uni et l’Allemagne se sont mis d’accord pour développer conjointement « une nouvelle capacité de frappe » reposant sur un missile d’une portée supérieure à 2 000 km.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:56 PM
Scoop.it!

Un avion Atlantique 2 a-t-il été engagé dans la traque de sous-marins nucléaires russes en mer de Norvège ?

Un avion Atlantique 2 a-t-il été engagé dans la traque de sous-marins nucléaires russes en mer de Norvège ? | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Après une escale médiatisée à Marseille, le porte-avions américain USS Gerald R. Ford a mis le cap sur la mer du Nord, où il est arrivé le 17 août, avec son groupe aéronaval [CSG-12], formé par les « destroyers » USS Winston S. Churchill, USS Mahan et USS Bainbridge. Ce déploiement « démontre notre détermination à renforcer la paix, la stabilité et la dissuasion sur le continent européen », a alors fait valoir l’US Navy.

Puis, le CSG-12 a poursuivi sa route vers la mer de Norvège pour prendre part à un exercice planifié avec la Marine royale norvégienne, celle-ci ayant déployé la frégate HNoMS Thor Heyerdahl et le navire ravitailleur HNoMS Maud à cette occasion. Une manœuvre de type PASSEX a ainsi été réalisée le 23 août.

Depuis, une activité inhabituelle a été observée en mer de Norvège, avec plus d’une vingtaine de sorties effectuées par des avions de patrouille maritime P-8A Poseidon de la Royal Air Force, de la force aérienne norvégienne et de l’US Navy.

Grâce aux sites de suivi du trafic aérien, comme Flight Radar, ces vols ont pu être observés à partir des bases de Lossiemouth [Écosse], d’Evenes [Norvège] et de Keflavik [Islande], où l’US Navy a déployé six P-8A Poseidon, et, pour au moins deux d’entre eux, de Sigonella [Sicile, Italie].

Ces P-8A Poseidon ont volé le long des côtes norvégiennes avant de patrouiller à basse altitude, dans le secteur des îles Lofoten. Chacun d’entre eux a été relevé sur cette zone, ce qui a permis d’assurer une couverture continue. Mais ils n’ont pas été, a priori, les seuls appareils sollicités : le 27 août, un avion de patrouille maritime Atlantique 2 de la Marine nationale a été repéré alors qu’il se dirigeait vers la Norvège après avoir décollé de la base aéronavale [BAN] de Lann-Bihoué, laquelle abrite les Flottilles 21F et 23F.

Ce qui ne serait évidemment pas inédit. D’ailleurs, l’an passé, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], l’amiral Nicolas Vaujour, avait expliqué que les Atlantique 2 étaient régulièrement sollicités pour prêter main forte aux P-8A Poseidon britanniques et américains.

« Nous surveillons les missions de sous-marins russes en Atlantique. C’est ce qu’on appelle la lutte anti-sous-marine de théâtre. Nous faisons ça avec nos alliés, américains et britanniques, de façon à les surveiller et à mesurer leur taux d’activité », avait dit le CEMM, lors d’une audition parlementaire, en octobre 2024. « Le dernier Atlantique 2, qui vient d’être qualifié, est parti en pistage d’un sous-marin russe en Atlantique. Il a fait des merveilles. Ça montre que notre préparation est au bon niveau », avait-il précisé, à l’époque.

Cette intense activité de l’Otan, qui ne fait pas partie d’un exercice en lien avec le porte-avions américain, serait motivée par le fait que trois sous-marins nucléaires d’attaque [SNA] russes, de type Iassen, ont récemment quitté la base navale de Nerpitchia, située dans le fjord de Litsa, à environ 60 kilomètres de la frontière russo-norvégienne.

« Les images satellite étudiées montrent qu’au 25 août, les trois sous-marins polyvalents de la classe Iassen et Iassen-M appartenant à la flotte russe du Nord sont en mer », a en effet avancé le Barents Observer, avant de préciser qu’il s’agirait du Severodvinsk [K-573], du Kazan [K-561] et de l’Arkhangelsk [K-564].

Par ailleurs, outre les vols d’avions de patrouille maritime, il est possible que des SNA de pays membres de l’Otan soient aussi de la partie. On sait que le HMS Anson [classe Astute] de la Royal Navy a appareillé de Faslane le 19 août, soit deux jours après l’entrée du CSG 25 en mer du Nord et que l’USS New Mexico [classe Virginia] est arrivé en Écosse le 25 août.

Pour le moment, aucun commentaire n’a été fait par les forces engagées dans cette opération.

« En mer du Nord, l’USS Gerald R. Ford et son groupe aéronaval travaillent aux côtés de notre allié de la Marine royale norvégienne. Mettre en pratique notre interopérabilité dans l’environnement du Grand Nord garantit une région sûre et stable grâce à la défense contre les influences malveillantes dans les voies navigables critiques », a seulement affirmé l’US Navy, après le PASSEX du 23 août.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:55 PM
Scoop.it!

Le Service de santé des armées réorganise ses centres médicaux dans la perspective d'un engagement de haute intensité

Le Service de santé des armées réorganise ses centres médicaux dans la perspective d'un engagement de haute intensité | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Dans le cadre de son nouveau plan stratégique, dévoilé en 2024, le Service de santé des armées a mis en place une nouvelle classification de ses centres hospitaliers, selon une logique de « différenciation » de leurs capacités. Ainsi, il compte désormais quatre « Hôpitaux nationaux d’instruction des armées », avec ceux de Clamart [Percy], de Saint-Mandé [Bégin], de Marseille [Laveran] et de Toulon [Sainte-Anne], deux « Hôpitaux régionaux des armées », à Brest [Clermont-Tonnerre] et à Metz [Legouest] ainsi que deux « Hôpitaux spécialisés des armées », à Lyon [Desgenettes] et à Bordeaux [Robert Picqué].

La conséquence de cette mesure est que les partenariats que certains de ces hôpitaux avaient noués avec le secteur hospitalier civil à la faveur du précédent plan stratégique SSA 2020 ont été annulés. Tel est le cas, par exemple, de l’hôpital spécialisé des armées « Robert Picqué », qui n’aura plus vocation à accueillir des patients civils, son activité devant être exclusivement tournée vers le soin aux militaires blessés. Cette décision a été annoncée en juillet dernier.

« L’hypothèse d’engagement majeur des armées françaises dans un conflit de haute intensité n’est pas une vue de l’esprit. […] Et donc, si [elles] étaient engagées dans le cadre d’une coalition, dont elles pourraient prendre le commandement, bien évidemment, il y aurait des blessés », avait d’ailleurs expliqué le général Stéphane Groën, officier général de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, à France 3, le 16 juillet.

Justement, c’est aussi pour cette raison que le SSA va maintenant revoir l’organisation – et donc l’implantation – de ses seize Centres médicaux des armées [CMA], dont dépendent plusieurs antennes médicales dont la mission est d’apporter un soutien sanitaire au plus près des forces armées. Et cela avec l’objectif d’ « aligner l’organisation du commandement du temps de paix sur celle du temps de guerre ».

Le 26 août, le SSA a annoncé son intention de créer sept « centres médicaux des armées zonaux » pour chaque zone de défense et de sécurité [ouest, sud-ouest, sud, sud-est, est, Île de France et nord].

La mission de ces CMA zonaux consistera à « assurer la prise en compte de la dimension ‘santé’ des opérations sous le contrôle opérationnel de l’officier général de zone de défense et de sécurité [OGZDS] » et à « être l’interlocuteur unique des commandants de base de défense ainsi que des Agences régionales de santé », explique le SSA.

« En temps de crise, le commandant du CMA zonal sera le directeur médical [DIRMED] de la chaîne OTIAD [organisation territoriale interarmées de défense] » et, « en temps de guerre », il fournira « le soutien médical des unités de sa zone, qui ne sont pas projetées », ajoute le SSA.

« Nous renforcerons notre Command and Control médical [C2Med] afin d’améliorer nos synergies avec ces états-majors dans les domaines de la planification, de la préparation et de la conduite opérationnelle. Nous n’oublions pas les régions de gendarmerie et les agences régionales de santé, niveau zonal du ministère de la santé qui travaille avec nous sur la gestion de l’afflux massif de blessés », complète le médecin général inspecteur Jean-Christophe Bel, le directeur central adjoint du SSA.

Dans le même temps, six chefferies « santé » seront associées à des brigades de l’armée de Terre [2e BB, 6e BLB, 7e BB, 9e BIMa, 11e BP et 27e BIM]. Leur rôle sera de coordonner les antennes médicales qui soutiennent ces grandes unités et, en temps de guerre, de suivre « le rythme d’alerte et de préparation » de ces dernières.

« Les chefferies de brigade seront ainsi le noyau sur lequel sera construit le soutien médical en opérations de leur brigade. Ce dispositif a pour objectif de renforcer l’intégration, en facilitant la bascule organisationnelle ‘temps de paix – temps de guerre' », résume le médecin général inspecteur Jean-Christophe Bel.

Enfin, les trois chefferies santé « spécialisées » [forces spéciales à Villacoublay, forces sous-marines à Brest et force d’action navale à Toulon] seront maintenues, de même que l’Échelon spécialisé milieu « Air ».

La mise en place de cette nouvelle organisation a déjà commencé, le CMA de Marseille servant de « poisson pilote ». Elle devrait être terminée en 2027.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:54 PM
Scoop.it!

SCAF : Le ministère allemand de la Défense met en garde contre toute concession à l'industrie française

SCAF : Le ministère allemand de la Défense met en garde contre toute concession à l'industrie française | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Depuis des mois, Dassault Aviation ne cesse de réclamer un changement dans la gouvernance du Système de combat aérien du futur [SCAF] afin d’avoir toute la latitude nécessaire pour lui permettre de tenir son rôle de maître d’œuvre, pour lequel il a été désigné pour le pilier n° 1 de ce projet, lequel correspond au développement d’un avion de combat de nouvelle génération [NGF – New Generation System]. Et cela d’autant plus que cet appareil devra, comme le Rafale actuellement, effectuer des missions nucléaires et pouvoir embarquer à bord d’un porte-avions.

Or, les deux autres partenaires du pilier n° 1, c’est-à-dire les filiales allemande et espagnole d’Airbus, s’opposent à toute évolution de la gouvernance allant dans le sens voulu par Dassault Aviation. Ce qui fait que, pour le moment, le projet reste bloqué à la phase 1B et que la suivante [la phase 2], censée aboutir au vol d’un démonstrateur, est hypothétique.

« La question se pose pour l’efficacité du projet qui est à trois pays […] où il n’y a pas un vrai leader mais trois ‘co-co-co’. […] Comment je peux avoir un leadership alors que j’ai en face de moi quelqu’un qui pèse deux fois plus ? Comment peut-on assurer une maîtrise d’œuvre si je n’ai pas le droit de choisir des sous-traitants en France, en Espagne et en Allemagne ? […] Je pense que ce n’est pas la bonne méthode pour faire voler un avion », avait résumé Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, lors de la présentation des résultats semestriels de son groupe, le 22 juillet dernier.

Cependant, Airbus Defence & Space entend rester aux règles de gouvernance telles qu’elles ont été définies au moment du lancement de la phase 1B. « Si les gens veulent que le SCAF existe, nous savons tous comment le faire. Il suffit de revenir à ce qui a été convenu et de s’y tenir. Mais si les gens pensent que nous devons revenir à la case départ et recommencer toute la discussion, ce n’est pas acceptable », s’était ainsi agacé Michael Schoellhorn, son PDG, quelques semaines plus tôt.

En attendant, comme l’a souligné le 19e rapport sur l’armement récemment publié par le ministère allemand de la Défense, la phase 1B du SCAF permet d’assurer la « continuité du développement de l’industrie aéronautique allemande dans le cadre d’une coopération » avec la France et l’Espagne. « Les technologies clés nationales seront également promues dans les domaines des capteurs et des opérations en réseau. La réussite du projet est une condition essentielle à la compétitivité de l’industrie aéronautique militaire allemande et européenne », a-t-il ajouté.

Quoi qu’il en soit, fin juillet, à l’issue d’une rencontre entre le président Macron et le chancelier allemand, Friedrich Merz, à Berlin, il a été dit que les ministres de la défense des deux pays, à savoir Sébastien Lecornu et Boris Pistorius, allaient être chargés « d’évaluer une perspective réaliste de coopération au sein du consortium SCAF et de présenter des propositions pour résoudre les conflits existants ». Et cela, avant la tenue d’un nouveau conseil des ministres franco-allemand, à Toulon, le 29 août. En clair, il leur a été demandé de faire converger deux points de vue inconciliables.

A priori, la partie allemande n’a pas l’intention de céder, à en juger par un document récemment remis à la commission du budget du Bundestag par le ministère de la Défense et auquel l’agence Reuters a eu accès.

Ainsi, selon cette dernière, ce document met en garde « contre de graves conséquences pour les capacités du futur avion de combat et la participation de l’industrie allemande si des concessions étaient accordées à l’industrie française ». Et d’ajouter : « Des options pour une solution seront élaborées d’ici la fin de l’année avant qu’une décision sur les prochaines étapes ne soit prise ».

Le 25 août, lors d’un point presse tenu pour évoquer le prochain Conseil des ministres franco-allemand, l’Élysée a confirmé que le sujet du SCAF serait abordé… mais « tout ne sera pas traité en détail au niveau des leaders ». En tout cas, a poursuivi la présidence française, « les difficultés passagères doivent être traitées » car « il n’y a pas de plan B ». Sauf que ces « difficultés passagères » durent depuis quelque temps déjà…

À noter que, avant de se rendre dans le Var, M. Pistorius recevra Margarita Robles, la ministre espagnole de la Défense, à Berlin. Selon cette dernière, il s’agira notamment de « promouvoir » le projet SCAF, dans lequel « l’Espagne est fermement impliquée ».
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:37 PM
Scoop.it!

Pour ses Eurofighter, l'Allemagne va commander 90 nacelles de ciblage Litening 5 auprès de Rafael

Le 8 août, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a annoncé que Berlin allait ne plus livrer à Israël d’équipements militaires susceptibles d’être utilisés dans la bande de Gaza, dans le cadre de la guerre menée par Tsahal contre le Hamas, à la suite des attaques terroristes du 7 octobre 2023. Cette décision a marqué un coup d’arrêt au soutien inconditionnel de l’Allemagne à l’État hébreu.

Celle-ci a été justifiée par M. Merz par le fait qu’il est « de plus en plus difficile de comprendre » en quoi les actions militaires d’Israël permettrait d’atteindre ses objectifs contre le Hamas. Aussi, a-t-il dit, « dans ces circonstances, le gouvernement allemand n’autorise pas, jusqu’à nouvel ordre, les exportations d’équipements militaires susceptibles d’être utilisés dans la bande de Gaza ».

Cela étant, les contours de cet « embargo » sont flous… Concerne-t-il, par exemple, les pièces mécaniques destinées aux véhicules blindés ? « Chaque cas sera évalué individuellement », a répondu un porte-parole du ministère allemand de la Défense, selon des propos rapportés par Euractiv, le 11 août.

En revanche, les grands programmes d’armement [comme les sous-marins] ne seront pas affectés. Pas plus, d’ailleurs, que les importations allemandes d’équipements militaires israéliens, comme le système de défense aérienne Arrow 3… et les nacelles de ciblage Litening 5 destinées aux avions de combat Eurofighter EF2000 de la Luftwaffe.

En effet, ce 26 août, le groupe israélien Rafael s’est félicité du feu vert récemment donné par la chambre basse du Parlement allemand [Bundestag] à la commande 90 nacelles Litening 5, pour un montant estimé à environ 350 millions d’euros.

« Cette décision reflète la confiance de l’Allemagne dans [nos] systèmes […] et s’inscrit dans la continuité d’un partenariat de défense de plusieurs décennies ainsi que dans une tendance plus large de l’Otan, laquelle met l’accent sur l’intégration de capteurs multi-longueurs d’onde et l’efficacité du ciblage à distance de sécurité dans les espaces aériens contestés », a fait valoir l’industriel israélien.

Fruit d’un partenariat entre Rafael et l’américain Northrop Grumman, la nacelle Litening 5 est une nacelle de ciblage de 5e génération dotés de capteurs IR [infrarouge] à ondes moyennes et courte, d’une imagerie couleur en haute résolution et d’un radar à synthèse d’ouverture [SAR] qui permet des reconstitutions tridimensionnelles d’objets. Elle permet de détecter, d’identifier et de suivre des cibles aériennes ou terrestres sur de longues distances et quelles que soient les conditions météorologiques. En outre, elle dispose d’une liaison de données en temps réel sur les bandes Ku, C et L.

Selon le site spécialisé allemand Hartpunkt, les nacelles Litening 5 pourraient aussi servir de relais de communications pour que les Eurofighter EF2000 de la Luftwaffe puissent mettre en œuvre des drones de combat collaboratifs [CCA], cette fonctionnalité ne devant être disponible qu’avec la version LTE [Long Term Evolution] de ces appareils.

D’après les experts, avance Hartpunkt, cette nacelle disposerait en effet « du potentiel nécessaire pour maintenir la communication avec un CCA, par exemple grâce à l’intégration de la Liaison 16 ».
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:36 PM
Scoop.it!

Avec le POM Auguste Techer, la Marine nationale dispose à nouveau de deux patrouilleurs à La Réunion

Avec le POM Auguste Techer, la Marine nationale dispose à nouveau de deux patrouilleurs à La Réunion | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Construit par un chantier naval norvégien à la fin des années 1990 avant de naviguer sous différents noms donnés par ses armateurs successifs, le palangrier « L’Apache » fut arraisonné par le patrouilleur austral Albatros en 2004, alors qu’il pêchait illégalement dans le secteur des îles Kerguelen. En 2011, devenu « Le Malin » après sa transformation en navire militaire, il a remplacé les patrouilleurs de type P400 « La Boudeuse » et « La Rieuse » [revendue au Kenya] que la Marine nationale exploitait depuis La Réunion.

Même si elles disposent des frégates de surveillance « Nivôse » et « Floréal » ainsi que du Bâtiment multi-missions [BSAOM] « Champlain » [*], les Forces armées de la zone sud de l’océan Indien [FAZSOI] manquent de moyens pour intervenir dans la zone économique exclusive [ZEE] de 2,8 millions de km² qu’elles sont chargées de surveiller. Aussi, l’arrivée de l’Auguste Techer, troisième des six patrouilleurs outre-mer [POM ou classe « Félix Éboué »] destinés à la Marine nationale, était attendue non sans impatience.

Mis à l’eau à Saint-Malo par la Socarenam en décembre 2023, puis transféré à Boulogne-sur-Mer pour armement, ce nouveau patrouilleur a entamé ses essais en mer il y a moins d’un an. Ceux-ci terminés, il a rejoint ensuite la base navale de Brest pour compléter son équipement. Et c’est du Finistère qu’il a appareillé en juin dernier pour rejoindre son nouveau port-base, à savoir celui de Port des Galets, à la Réunion, où il a accosté deux mois plus tard.

C’est en effet ce qu’a annoncé Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, via le réseau social X, ce 26 août.

« Le patrouilleur outre-mer Auguste Techer est arrivé à son port-base de La Réunion. Troisième des six patrouilleurs outre-mer de nouvelle génération prévus en loi de programmation militaire : capacités de surveillance augmentées grâce à un drone embarqué, autonomie renforcée et rayon d’action doublé. Des moyens rénovés pour renforcer l’action de la Marine nationale et de nos armées dans nos outre-mer : lutte contre les trafics, défense de notre souveraineté et de nos intérêts, assistance aux populations en cas de crise… », s’est félicité le ministre.

Pour rappel, affichant un déplacement de 1300 tonnes pour une longueur de près de 80 mètres, une largeur de 12 mètres et un tirant d’eau inférieur à 3,5 mètres, le POM Auguste Techer est doté du système de gestion de combat Lyncea, d’un radar de surveillance Kelvin Hugues Mk11 SharpEye en bande X et d’une capacité de communication par satellite. Mis en œuvre par une trentaine de marins, il armé d’un canon téléopéré de 20 mm et de quatre mitrailleuses [soit deux de plus que le Malin, ndlr]. Il peut accueillir un drone aérien de type VTOL et trois embarcations [deux rapides et une autre dite de « servitude »].

Le quatrième POM, le Jean Tranape, devrait rejoindre l’Auguste Bénébig [le premier] en Nouvelle Calédonie dans le courant de l’année prochaine. Suivront ensuite le Philippe Bernardino [qui sera mis en ְœuvre avec le Teriieroo a Teriierooiterai en Polynésie française] et le Félix Éboué, qui remplacera Le Malin en 2027.

[*] On peut ajouter le navire logistique polaire « Astrolabe », propriété des Terres australes et antarctiques françaises.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:35 PM
Scoop.it!

Polémique sur le F-35 : La Suisse exclut de prolonger à nouveau la durée de vie de ses F/A-18 Hornet

Polémique sur le F-35 : La Suisse exclut de prolonger à nouveau la durée de vie de ses F/A-18 Hornet | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Maintenant qu’il sait que les 36 chasseurs-bombardiers F-35A qu’il a commandés auprès du gouvernement américain lui coûteront bien plus cher que les six milliards de francs suisses [CHF] prévus [la note pourrait s’alourdir de 1,3 milliard, ndlr], le département suisse de la défense, de la protection de la population et des sports [DDPS] a récemment demandé au futur commandant de sa force aérienne, le divisionnaire [équivalent de général] Christian Oppliger, de « réévaluer l’équipement cible de la défense aérienne, en tenant compte de la situation financière et de politique de sécurité ». Ce qui ouvre la voie à une possible réduction du nombre d’avions devant être acquis.

Quoi qu’il en soit, le DDPS n’a pas beaucoup de marge de manœuvre… Et cette affaire, que certains qualifient « d’État », donne lieu à des règlements de compte politiques, le Conseil fédéral étant accusé de ne pas vouloir chercher une alternative au F-35A. Et pour cause : selon lui, annuler la commande serait juridiquement compliqué et il est de toute façon trop tard pour relancer un appel d’offres, les actuels F/A-18 Hornet de la force aérienne suisse devant arriver au bout de leur potentiel à l’horizon 2032.

Ce qui, selon des confidences faites par des membres de la Commission de la politique de sécurité du Conseil national [CPS-N] au quotidien Blick, la semaine passée, ne serait pas exact.

Ces derniers « s’appuient notamment sur des déclarations du chef des Forces aériennes, Peter Merz. Lors d’une séance extraordinaire de la CPS-N, le 2 juillet, celui-ci aurait admis que la durée d’utilisation des F/A-18 pourrait être prolongée ‘sans problème’ de quelques années » étant donné que « d’autres États le font déjà », a écrit le journal, le 22 août.

Cette prolongation, selon les mêmes sources, permettrait d’ajouter 1 000 heures de vol de plus au potentiel des F/A-18, pour un coût compris en 800 millions et 1 milliard CHF. « La flotte actuelle suisse pourrait donc être maintenue jusqu’en 2035, voire 2037 » et « on aurait ainsi du temps pour examiner une alternative européenne », a dit un membre de la CPS-N.

Ces affirmations sont étonnantes pour trois raisons. La première est que le divisionnaire Merz avait défendu bec et ongles l’achat de F-35 en mars dernier, estimant que renoncer à ces avions « serait fatal pour la sécurité de la Suisse ». Aurait-il changé d’avis depuis ?

Quant à la seconde raison, elle tient au fait que la Suisse a déjà mis en ҄œuvre un programme pour prolonger la durée de vie de ses F/A-18 Hornet afin de garantir leur fonctionnement jusqu’en 2030. Or, d’un montant de 450 millions CHF, cette opération s’annonçait lourde. « La structure des appareils présente de plus en plus souvent des fissures », avait relevé le DDPS, au moment de son lancement.

Enfin, à l’issue de la « séance extraordinaire » évoquée par Blick, les membres de la CPS-N ont rejeté une « proposition de motion qui demandait la suspension de tout paiement en relation avec l’acquisition du F-35A » [17 voix contre 8] ainsi qu’une « proposition de postulat qui chargeait le Conseil fédéral d’analyser les alternatives européennes au F-35A » [16 voix contre 8].

Aussi, le divisionnaire Merz a-t-il tenu les propos qui lui ont été prêtés ? Ou s’est-il mal fait comprendre ? Toujours est-il que le DDPS les a démentis.

« Une prolongation de la durée de service jusqu’en 2035 a été examinée. Les coûts financiers seraient disproportionnés. Les investissements nécessaires pour les rénovations indispensables dans les domaines de la structure, des moteurs, des sous-systèmes et de l’avionique s’élèveraient à environ 1,75 milliard de francs [suisses] », a expliqué le DDPS. Et d’ajouter : « On sait par expérience que le risque de dommages structurels augmenterait en outre de manière constante avec le vieillissement des avions ».

Un autre point qui a convaincu le DDPS d’abandonner une telle option est que la Suisse aurait été l’un des derniers pays [si ce n’est le dernier] à exploiter des F/A-18A/D à l’horizon 2030. « Notre pays serait tenu d’assumer de manière exclusive l’intégralité des risques liés au développement, la gestion complète des stocks de pièces détachées, ainsi que la réalisation de toutes les évolutions techniques requises et les prolongations de la durée d’utilisation. Cela comporterait des risques financiers, techniques et militaires élevés », a-t-il conclu.

Photo : DDPS
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:34 PM
Scoop.it!

La Thaïlande relance l'achat d'un sous-marin S-26T auprès de la Chine

La Thaïlande relance l'achat d'un sous-marin S-26T auprès de la Chine | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Alliée du Japon lors de la Seconde Guerre Mondiale, la Thaïlande possédait quatre sous-marins de type Matchanu, acquis auprès du constructeur naval japonais Mitsubishi à la fin des années 1930. Tenus à l’écart du conflit, ces navires furent ensuite retirés du service pour deux raisons : il s’agissait de punir la marine thaïlandaise pour son manque de loyauté à l’égard du pouvoir, un groupe d’officiers de marine ayant fomenté un coup d’État en 1951, et le démantèlement de l’industrie nippone de l’armement rendait impossible tout approvisionnement en pièces de rechange pour assurer leur entretien.

Puis, dans les années 1990, ne voulant pas être en reste par rapport à certains de ses voisins, avec lesquels elle a des différends territoriaux [Vietnam, Malaisie et Cambodge], la Thaïlande chercha à se procurer des sous-marins. Des contacts furent établis avec l’allemand ThyssenKrupp Marine Systems [TKMS] ainsi que le suédois Kockums. Mais les difficultés financières empêchèrent tout accord.

Finalement, en 2015, Bangkok fit connaître son intention de commander trois sous-marins S-26T [version export du Yuan 039A] auprès de la Chine, pour 900 millions d’euros. La China State Shipbuilding Corporation [CSOC] lança la construction de la première unité en septembre 2019, pour une livraison prévue en 2024, au plus tard. Cependant, la levée de l’option pour les deux autres exemplaires souleva un tollé dans le pays… Et le gouvernement thaïlandais dut y renoncer.

Reste que la marine thaïlandaise n’a toujours pas pris possession de son sous-marin S-26T. Et pour cause : elle souhaitait le doter de moteurs diesel MTU 396 de conception allemande. Seulement, Berlin refusa d’accorder la licence d’exportation, en invoquant l’embargo européen sur les armes imposé à la Chine après le massacre de la place Tian’anmen, en juin 1989.

L’industriel proposa alors d’installer des moteurs CGD620 de facture chinoise à bord du futur sous-marin thaïlandais. Mais Bangkok exprima des doutes sur la qualité, la fiabilité et la longévité de cette solution par rapport aux MTU 396.

Finalement, CSOC a été en mesure de démontrer que les moteurs CGD620 étaient tout aussi fiables que leurs homologues allemands. « Ils présentent une qualité comparable », a récemment admis la marine royale thaïlandaise. D’où la décision de Bangkok de relancer ce programme, lequel va bénéficier d’une aide de 25 millions de dollars accordée par Pékin en guise de compensation.

Maintenant que le feu vert a été donné, la construction de ce sous-marin de type S-26T, achevé aux deux tiers, va pouvoir reprendre. Il devrait être livré à la marine royale thaïlandaise en 2028.

Même si elle fait partie de la liste des « alliés majeurs non membre de l’Otan » établie par les États-Unis, la Thaïlande cultive une certaine proximité avec la Chine, notamment dans le domaine militaire, ce qui fait que, par exemple, ses forces armées sont dotées de chars Type 69-II et des blindés de Type 85 fournis par le constructeur chinois Norinco.

Pour rappel, affichant un déplacement de 3 600 tonnes pour 77 mètres de long, le sous-marin S-26T / Yuan 039A est équipé de 6 tubes lance-torpilles de 533 mm et de missiles antinavires CM-708UNB. Il a été également acquis par le Pakistan [classe Hangor].
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:30 PM
Scoop.it!

Modernisés, les hélicoptères UH-60 Black Hawk de l'US Army auront la capacité de mettre en œuvre des drones

En février 2024, l’US Army fit connaître son intention de mettre un terme au programme FARA [Future Attack Reconnaissance Aircraft], alors censé lui permettre de remplacer ses hélicoptères d’attaque et de reconnaissance AH-64D Apache et les OH-58D Kiowa Warrior, ces derniers ayant été déjà retirés du service.

« En examinant le programme FARA à la lumière des nouveaux développements technologiques, de l’évolution du champ de bataille et des projections budgétaires actuelles, il a été estimé que les capacités accrues qu’il offrait pourraient être obtenues de manière plus abordable et plus efficace en s’appuyant sur une combinaison » de différents moyens, comme les drones et les capteurs spatiaux, avait-elle justifié.

Le FARA était l’un des deux piliers d’un programme plus vaste, appelé « Future Vertical Lift », le second étant le Future Long Range Assault Aircraft [FLRAA], basé sur l’hélicoptère de transport de nouvelle génération V-280 Valor, développé par Bell Helicopter.

Aussi, l’arrêt du FARA allait permettre à l’US Army de trouver des marges de manœuvre budgétaires pour financer le développement et le déploiement du V-280 mais aussi pour poursuivre la modernisation de ses hélicoptères de transport CH-47F Chinook Block II et UH-60 Black Hawk.

D’où le contrat d’une valeur de 43 millions de dollars que vient d’obtenir Sikorsky [filiale de Lockheed Martin] pour mener des travaux d’ingénierie visant à moderniser le Black Hawk. Ce projet porte sur l’amélioration de la cellule ainsi que sur l’intégration d’une architecture numérique visant à doter cet hélicoptère de la capacité à mettre en œuvre des drones aériens.

Ces travaux seront réalisés selon une approche dite MBSE [ingénierie système basée sur les modèles], laquelle repose sur la modélisation et la simulation numériques durant l’ensemble du cycle de vie de l’appareil, c’est-à-dire de sa conception à sa mise hors service.

« La structure numérique du Black Hawk, qui s’appuie sur une approche modulaire ouverte [MOSA], impliquera le développement de systèmes et de logiciels avancés pour soutenir sa modernisation. Cette structure numérique facilitera l’intégration rapide des capacités afin de répondre dans les plus brefs délais aux besoins futurs des missions confiées à cette plateforme », explique l’industriel.

Ces travaux préliminaires ouvriront la voie à d’autres améliorations. « Grâce à une motorisation plus puissante [basée sur le General Electric GE T901, ndlr], […] l’hélicoptère emportera une charge utile plus importante et aura un rayon d’action étendu. Ses futures commandes de vol incluront des fonctionnalités qui, grâce à l’intelligence artificielle [IA], assisteront les pilotes dans les conditions difficiles, améliorant ainsi la sécurité et l’efficacité des missions », promet en effet Sikorsky, pour qui le Black Hawk ainsi modernisé donnera à l’US Army un « avantage accru dans des zones comme l’Indo-Pacifique ».

L’armée américaine n’est pas la seule à vouloir des hélicoptères de manœuvre capables de lancer des drones aériens. En France, l’Aviation légère de l’armée de Terre [ALAT] mène des expérimentations à cette fin, dans le cadre de son concept ELA [engins lancés par aéronef]. Même chose au Royaume-Uni, où la Royal Air Force a évalué la capacité du CH-47D Chinook à déployer des drones FPV. Enfin, la filiale espagnole d’Airbus Helicopters a récemment signé un accord avec l’entreprise technologique Arquimea pour permettre à l’hélicoptère NH-90 de mettre en œuvre des munitions rôdeuses Q-SLAM 40.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:26 PM
Scoop.it!

La Direction générale de l'armement évalue le brouilleur de radar suédois ASTOR IV

N’ayant pas suffisamment investi en matière de guerre électronique au cours de ces dernières années, le ministère des Armées ne dispose actuellement pas de capacités aéroportées performantes pour mettre à l’épreuve les radars de ses aéronefs et de ses navires, que ce soit dans le cadre de la préparation opérationnelle des forces ou pour mettre au point de nouveaux systèmes de détection.

D’où le programme ASTOR IV, porté par le pôle d’innovation de défense NovAero, qui réunit DGA Essais en Vol [DGA EV], l’État-major des armées [EMA] et l’École de l’air & de l’Espace. Labellisé par l’Agence de l’innovation de défense [AID], il fait appel à l’Entreprise de Services de Sécurité et de Défense [ESSD] SDTS, dont les huit avions Aermacchi MB339 C sont basés sur l’aéroport de Nîmes-Garons, ainsi qu’à l’entreprise suédoise Oscilion, filiale du groupe ASTOR.

Cette dernière a mis au point le système « modulaire » ASTOR IV [d’où le nom du projet], capable de brouiller les fréquences de 2 à 18 GHz, grâce à la technologie DRFM [Digital Radio Frequency Memory – mémoire radiofréquence numérique], dont le principe consiste à enregistrer les signaux radioélectriques pour ensuite les réémettre après les avoir modifiés afin de fausser les données reçues par un radar.

Selon Oscilion, ASTOR IV a été conçu pour la « formation des opérateurs » ainsi que pour « tester et évaluer les systèmes radar dans des environnements de guerre électronique difficiles. Il se compose de deux nacelles montées de chaque côté d’un avion et d’une tablette installée dans le cockpit.

À la faveur d’un partenariat scellé avec l’entreprise suédoise, SDTS a installé le système ASTOR IV sur l’un de ses Aermacchi MB339 C. Il ne restait alors plus qu’à le mettre à l’épreuve, d’abord en le confrontant à la station radio sol ICARE de DGA EV à Istres, puis à la station sol de Guerre Électronique BIGARE de DGA EV à Cazaux, le but étant, selon NovAero, « d’apporter le maximum d’enseignements sur le fonctionnement du système de brouillage, en préparation de futurs vols d’évaluations face à des moyens sol et aériens réels menés par le Centre d’expertise aérienne militaire [CEAM] et le Centre d’expérimentations pratiques et de réception de l’aéronautique navale [CEPA/10S] ».

A priori, ces essais ont tenu leurs promesses. Du moins, c’est ce qu’a suggéré l’Agence de l’innovation de défense dans le bilan d’activités 2024 qu’elle a publié au début de ce mois.

« La France ne dispose pas de moyens d’entraînement à la guerre électronique performants. Le pod [nacelle] ASTOR IV semble offrir des performances inégalées », a-t-elle en effet indiqué.

« Ce projet a donc pour objectif de démontrer ses capacités en les évaluant en vol face aux systèmes embarqués des forces [avions de combat et bâtiments de surface]. Pour cela, deux pods ASTOR IV ont été intégrés sur un avion Aermacchi MB-339 afin de réaliser les essais », a-t-elle ensuite expliqué, sans livrer plus de détails.

Selon NovAero, si le système ASTOR IV a « pour vocation d’être embarqué en vol et confronté aux moyens sol, aéronefs et navires du ministère des Armées dans un but d’entraîner des forces à contrer des raids aériens faisant usage de brouillage offensif », il pourrait également servir « à des fins d’évaluation d’équipements en cours de développement dans le domaine des essais en vol ».
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 1:02 PM
Scoop.it!

L'administration américaine approuve la vente à l'Ukraine de 3 350 missiles ERAM à longue portée

Pendant des mois, l’Ukraine a tenté d’obtenir des missiles de croisière air-sol à longue portée KEPD-350 « Taurus » auprès de l’Allemagne. Seulement, le chancelier Olaf Scholz s’y est constamment opposé, au motif qu’il voulait éviter une « escalade » avec la Russie. Même chose pour son successeur, Friedrich Merz, qui s’était pourtant prononcé en faveur de la livraison de telles armes à Kiev avant de prendre la tête du gouvernement allemand.

Aussi, la force aérienne ukrainienne ne peut compter que sur les missiles SCALP / Storm Shadow livrés par la France et le Royaume-Uni. Du moins est-ce le cas actuellement… Car, d’ici quelques semaines, elle devrait recevoir des missiles de type ERAM [Extended Range Attack Munition] de conception américaine.

En effet, dans un avis publié le 28 août, la Defense Security Cooperation Agency [DSCA] a autorisé l’Ukraine à se procurer pas moins de 3 350 ERAM pour un montant estimé à 825 millions de dollars.

Cette vente potentielle « soutiendra les objectifs de politique étrangère et de sécurité nationale des États-Unis » et « améliorera la capacité de l’Ukraine à faire face aux menaces actuelles et futures » grâce à des munitions qui lui permettront de « mener des missions d’autodéfense », a fait valoir la DSCA dans son avis.

L’Ukraine fera l’acquisition de ces missiles grâce à un appui financier fourni par le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège. Elle bénéficiera également d’un « financement militaire étranger » de la part des États-Unis.

« L’ERAM est un exemple de collaboration avec nos alliés de l’Otan pour développer un système performant et évolutif, pouvant être livré rapidement », a précisé la DSCA.

Visant à développer un missile subsonique à longue portée de « plusieurs centaines de kilomètres », peu coûteux et résistant au brouillage électronique, le programme ERAM a été lancé en janvier 2024 par l’US Air Force, via une demande d’informations émise auprès de l’industrie. Celle-ci a été suivie par un appel à propositions, auquel seize entreprises ont répondu. Parmi ces dernières, deux ont été sélectionnées, à savoir CoAspire, avec le Rapidly Adaptable Affordable Cruise Missile [RAACM], et Zone 5, avec le Rusty Dagger.

Ces deux modèles seront livrés à la force aérienne ukrainienne étant donné que la DSCA a indiqué que les principaux contractants seront « Zone 5 Technologies et CoAspire ». Il restera à voir si elle aura toute la latitude qu’elle souhaite pour utiliser les missiles ERAM sans restriction.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 1:00 PM
Scoop.it!

L'Allemagne appelle à mettre les intérêts nationaux de côté pour relancer le Système de combat aérien du futur

Désigné maître d’œuvre du pilier n° 1 du projet de Système de combat aérien du futur [SCAF], lequel correspond au développement d’un avion de combat de nouvelle génération [NGF – New Generation Fighter], Dassault Aviation ne cesse d’expliquer à qui veut l’entendre qu’il n’a pas toute la latitude nécessaire pour tenir son rôle face aux filiales allemande et espagnole d’Airbus Defence & Space. « On n’est pas capable de répartir le travail en fonction de ce que nous pensons. Il faut composer, négocier en permanence », avait résumé Éric Trappier, son PDG, en avril dernier.

Aussi, avant d’aller plus loin, l’industriel français réclame un changement dans la gouvernance mise en place pour la phase 1B du SCAF. Ce qui, à ses yeux, est d’autant plus crucial que le NGF devra être en mesure d’effectuer des missions relevant de la dissuasion nucléaire et d’être mis en œuvre depuis un porte-avions. Or, pour son PDG, ce n’est pas avec le modèle de coopération défendu par Airbus qu’il sera possible d’y arriver.

« Nous, on n’est pas dans la méthode ‘Eurofighter’. On est soit dans la méthode Rafale, c’est-à-dire qu’on fait tout seul et quand je dis tout seul, il y a 500 entreprises autour de nous, il y a Thales et Safran. Soit on est dans la méthode [du drone de combat] nEUROn, pour faire un démonstrateur à six pays mais avec des tâches et un leadership bien identifiés », avait insisté M. Trappier, lors de la présentation des résultats semestriels de Dassault Aviation, le 22 juillet.

Seulement, et alors qu’elle a déjà été désignée maître d’œuvre pour les piliers n° 3 [drones] et n° 4 [cloud de combat] du SCAF, la filiale allemande d’Airbus Defence & Space campe sur ses positions, avec le soutien, visiblement, de Berlin… mais aussi celui de Madrid.

En effet, le 28 août, à l’issue d’un entretien avec son homologue allemand, Boris Pistorius, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a fait valoir que le SCAF était un « projet essentiel et fondamental » et qu’il fallait le « rendre aussi dynamique que possible ». Aussi, « l’engagement de l’Espagne est total », a-t-elle poursuivi, tout en estimant que « tout le monde devait travailler ensemble ».

De son côté, le ministre allemand a appelé « à mettre les intérêts nationaux au second plan »… ce qui, compte tenu des spécificités françaises relatives à la dissuasion nucléaire et aux opérations aéronavales, est un vœu pieux.

Quoi qu’il en soit, pour M. Pistorius, « il est clair que les contrats déjà conclus constituent la base de la coopération entre les industriels concernés » et « s’il y a une volonté de changement, cela ne peut se faire qu’après de nouvelles négociations entre les partenaires ». Et d’insister : « Une chose est claire : ce processus ne doit pas traîner indéfiniment… Nous devons maintenant accélérer car ce projet ne supportera plus de nouveaux retards ».

Par ailleurs, le ministre allemand a fait part de son intention d’organiser une réunion trilatérale à Berlin, cet automne, « afin d’examiner en détail les questions en suspens concernant le SCAF ».

Cela étant, malgré les déclarations de M. Pistorius, le gouvernement allemand serait prêt à aller jusqu’à rompre avec Paris sur ce projet. Du moins, c’est ce qu’avance le quotidien Bild. Des sources gouvernementales affirment qu’elles ne veulent plus se laisser mener par le bout du nez sur le dossier du SCAF. Soit la France accepte une répartition équitable des parts de développement, soit il faut trouver une autre solution », a-t-il en effet rapporté, le 28 août.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:59 PM
Scoop.it!

Un drone de surface russe a coulé le navire collecteur de renseignement ukrainien Simferopol

Ce 28 août, la Russie a dit qu’elle restait « intéressée » par les négociations de paix avec Kiev… mais qu’elle continuerait ses frappes, comme elle l’a fait quelques heures plus tôt, en lançant 598 drones et 31 missiles balistiques et de croisière lors d’une nouvelle attaque massive contre l’Ukraine.

Selon un dernier bilan, ces frappes ont fait au moins dix-neuf tués et une trentaine de blessés. Mais elles ont aussi consisté à faire passer un message étant donné que le bâtiment abritant la mission de l’Union européenne à Kiev a été touché, de même que le bureau du British Council.

« Ces terribles attaques menacent la paix que le président des Etats-Unis cherche à obtenir », a réagi Keith Kellogg, l’émissaire américain pour l’Ukraine et la Russie. « Voici l’idée de paix de la Russie. Terreur et barbarie », a commenté le président Macron, avant de recevoir le chancelier allemand, Friedrich Merz, à Brégançon [Var]. Pour ce dernier, le fait que la représentation de l’UE ait été visée démontre que le « régime russe a de moins en moins de scrupules » et qu’il a « de nouveau montré son vrai visage ».

Quoi qu’il en soit, au bilan de cette nouvelle attaque russe est venu s’ajouter le naufrage du navire collecteur de renseignement ukrainien Simferopol [classe Lahouna], alors qu’il se trouvait à l’embouchure du Danube. Selon Moscou, ce bâtiment de 1 200 tonnes a été touché par un drone de surface, ce qui est un mode opératoire plutôt rare pour la flotte russe de la mer Noire. Et cela a été confirmé par Dmytro Pletentchouk, le porte-parole de la marine ukrainienne.

« Nous confirmons la frappe sur le navire » Simferopol, qui a fait « au moins un mort et plusieurs blessés », a-t-il dit, auprès de l’agence de presse Ukrinform. « La plupart des membres de l’équipage sont en sécurité. Les recherches [pour retrouver] plusieurs marins militaires se poursuivent », a-t-il ajouté, ce qui laisse présager un bilan beaucoup plus lourd.

Déjà affectée par des années de négligence, la marine ukrainienne avait perdu les deux tiers de ses navires lors de l’annexion de la Crimée, en mars 2014. Et, au début de la guerre, elle ne pouvait aligner qu’une seule frégate et une vingtaine de navires plus légers, dont le Simferopol, admis au service actif en 2021. Pour autant, cela ne l’a pas empêché d’infliger des pertes significatives à la flotte russe de la mer Noire, comme lors du naufrage du croiseur Moskva, en avril 2022.

Quant au Simferopol, mis en œuvre par 31 marins, il était notamment équipé de la « station de reconnaissance radio Melchior » et d’un canon rotatif à 6 tubes AK-306 de calibre 30 mm.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:57 PM
Scoop.it!

Mer Noire : Les forces aériennes russes ont intercepté un P-8A Poseidon américain doté d'un capteur "secret"

Mer Noire : Les forces aériennes russes ont intercepté un P-8A Poseidon américain doté d'un capteur "secret" | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Le 27 août, pendant que des avions de patrouille maritime appartenant à des pays membres de l’Otan [États-Unis, Norvège, Royaume-Uni et France] se relayaient pour, a priori, traquer des sous-marins nucléaires d’attaque [SNA] russes en mer de Norvège, où s’est déployé un groupe aéronaval formé autour du porte-avions USS Gerald R. Ford, l’US Navy a envoyé un P-8A Poseidon au-dessus de la mer Noire, depuis la base aérienne de Sigonella [Sicile, Italie].

Une mission de ce genre n’a rien d’exceptionnel, surtout depuis le début de la guerre en Ukraine. Parfois, il est arrivé que les interceptions d’avions de renseignement, notamment américains et britanniques, par des chasseurs russes [Su-27, Su-30 voire Su-35S] aient donné lieu à des incidents ou à des manœuvres d’intimidation.

Cela a été par exemple le cas en octobre 2022, quand un Su-27 russe a tiré un missile air-air à proximité d’un RC-135 Rivet Joint de la Royal Air Force [RAF]. Mais rien de tel n’est arrivé à ce P-8A Poseidon américain durant son vol, au cours duquel il a traversé la mer Noire depuis Varna [Bulgarie] jusqu’à un point situé à 50 nautiques de Sotchi [Russie], en passant au large de la Crimée.

Certes, l’avion de patrouille maritime de l’US Navy a été intercepté par au moins un chasseur russe [probablement un Su-30 d’une unité de l’aviation navale russe, basée en Crimée]. Mais le caractère singulier de cette mission a trait aux capteurs que cet appareil a mis en œuvre durant sa mission.

En effet, selon les images de son interception, diffusées par la chaîne Telegram « @bomber_fighter », liée à la force aérospatiale russe [VKS], ce P-8A Poseidon était doté d’une nacelle AN/APS-154 AAS [pour Advanced Airborne Sensor] fixée sous la partie avant de son fuselage. C’est probablement la première fois que cette dernière a pu être observée lors d’un vol au-dessus de la mer Noire.

Plus précisément, cette nacelle AAS est montée sous le P-8A Poseidon grâce à un mécanisme à commande hydraulique appelé SMPDM [pour Special Mission Pod Deployment Mechanism].

Développé par Raytheon à partir de 2009 afin de remplacer le système radar de surveillance littorale [LSRS] AN/APS-149 des anciens P-3C Orion, l’AN/APS-154 AAS comprend un radar à balayage électronique à antenne active [AESA], un radar à synthèse d’ouverture [SAR], un indicateur de cibles terrestres mobiles [GMTI] et maritimes [MMTI]. Il n’est pas impossible qu’il soit doté d’une capacité de guerre électronique.

Les performances de l’AN/APS-154 AAS sont confidentielles. On sait seulement qu’il permet d’assurer une couverture de 360 degrés sur plusieurs centaines de kilomètres et qu’il est en mesure de cartographier le sol avec une extrême précision grâce à son radar SAR. Selon le profil de sa mission, il est probable que ce P-8A Poseidon ait non seulement cherché à identifier les navires alors en mer mais aussi à obtenir des renseignements sur la flotte russe de la mer Noire, repliée à Novorossiysk après que la base de Sébastopol a été régulièrement prise pour cible par les forces ukrainiennes.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:55 PM
Scoop.it!

Le gouvernement allemand ne s'interdit pas de rétablir un service militaire obligatoire si la situation l'exige

Le gouvernement allemand ne s'interdit pas de rétablir un service militaire obligatoire si la situation l'exige | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Ce 27 août, le ministère allemand de la Défense a été l’hôte d’un Conseil des ministres, présidé par le chancelier Friedrich Merz. Or, signe des temps, cela n’était plus arrivé depuis le 19 février 1992, c’est-à-dire après la fin de la Guerre froide. « Le gouvernement envoie un signal fort et souligne son engagement envers la Bundeswehr », a-t-on fait valoir à Berlin.

Cette « réunion du Cabinet » de M. Merz a surtout été l’occasion d’adopter plusieurs projets de loi concernant la politique militaire allemande. Ainsi, la création d’un Conseil national de sécurité a été approuvée et il a été décidé de renforcer la « sécurité militaire », les prérogatives du service de contre-espionnage de la Bundeswehr [MAD – Militärische Abschirmdienst] devant être étendues, de même que celles de la police militaire.

Mais le plus gros morceau aura été le projet de service militaire volontaire, que le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, porte depuis maintenant plusieurs mois. Déjà adopté en novembre dernier, ce texte n’avait pas pu être soumis au Bundestag en raison de la situation politique, le chancelier d’alors, Olaf Scholz, ayant été poussé vers la sortie.

Quoi qu’il en soit, M. Pistorius a donc réussi à faire passer une première étape à son projet de service militaire volontaire, celui-ci ayant été approuvé lors de cette réunion du Cabinet. Une telle mesure est nécessaire car la Bundeswehr peine à recruter, alors qu’elle doit compter au moins 260 000 soldats à l’horizon 2030 [voire 460 000 en comptant les réservistes].

Certes, selon les derniers chiffres du ministère allemand de la Défense, le recrutement de la Bundeswehr a connu une embellie entre le 1er janvier et le 21 juillet, avec 28 % de recrues en plus par rapport à la même période de l’année précédente. Pour autant, en tenant compte des départs [fin de contrat, démission, etc.], les forces allemandes n’ont « gagné » que 2 000 soldats supplémentaires.

Dans le détail, dès 2026, un questionnaire sera adressé, sous forme de QR Code, à tous les jeunes allemands, âgés de 18 à 25 ans. Les hommes devront obligatoirement le renseigner et préciser s’ils sont volontaires pour effectuer un service militaire pendant au moins six mois. Des mesures incitatives sont prévues, notamment au niveau financier [il est question d’une solde de… 2 300 euros net, selon la presse d’outre-Rhin].

Pour des raisons juridiques, répondre à ce questionnaire sera facultatif pour les femmes.

Puis, à partir du 1er juillet 2027, tous les hommes nés en 2008 devront passer une visite médicale obligatoire, même s’ils ne sont pas volontaire pour rejoindre la Bundeswehr, l’objectif étant d’établir un « état des lieux » sanitaire d’une classe d’âge pouvant être appelée sous les drapeaux.

Cela étant, au regard des incitations prévues, M. Pistorius s’est dit « très confiant » sur le fait que ce service militaire volontaire atteindra ses objectifs, 20 000 recrutements étant attendus l’an prochain, d’après les documents budgétaires de son ministère.

Toutefois, le projet de loi prévoit des mesures supplémentaires, dans le cas où le succès ne serait pas au rendez-vous, afin de rendre ce service militaire obligatoire.

« Si la situation en matière de politique de défense exige une expansion à court terme des forces armées, le gouvernement fédéral devrait pouvoir promulguer une ordonnance, avec l’approbation du Bundestag, pour restaurer un service militaire de base », a en effet indiqué le ministère allemand de la Défense, via un communiqué.

Ce projet de loi doit maintenant être examiné par le Bundestag. Il n’est pas exclu qu’il fasse l’objet de plusieurs amendements, les députés chrétiens-démocrates de la CDU/CSU ayant défendu l’idée de rétablir automatiquement la conscription dans le cas où la Bundeswehr n’atteindrait pas ses objectifs en termes d’effectifs.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:55 PM
Scoop.it!

Washington ouvre la voie à un contrat de 1,85 milliard de dollars pour le soutien des futurs F-35A polonais

Washington ouvre la voie à un contrat de 1,85 milliard de dollars pour le soutien des futurs F-35A polonais | DEFENSE NEWS | Scoop.it
En septembre 2019, l’agence chargée des exportations d’équipements militaires américains [DSCA] recommanda au Congrès d’accepter la vente de trente-deux chasseurs-bombardiers F-35A à la Pologne pour un montant estimé à 6,5 milliards de dollars, cette somme comprenant également la livraison de 33 moteurs F-135, un accès au système d’information logistique autonome ALIS/ODIN ainsi que la formation des aviateurs polonais.

La procédure ne traîna pas puisque, quatre mois plus tard, le ministère polonais de la Défense confirma l’achat de trente-deux F-35A pour 4,6 milliards de dollars. L’écart, significatif, entre le devis et le montant de la facture s’expliquait notamment par le fait que la Pologne avait renoncé à toute exigence en matière de compensations industrielles [offset]… et donc à la possibilité de s’approprier des savoir-faire aéronautiques de pointe, et donc d’assurer le maintien en condition opérationnelle [MCO] des appareils commandés.

D’où le nouvel avis publié par la DSCA au sujet des F-35A polonais. En effet, le 26 août, l’agence américaine a autorisé la Pologne à acquérir des « équipements et des services » pour le maintenance, la logistique et le soutien de ses futurs chasseurs-bombardiers, y compris dans le cadre du « Component Improvement Program » [CIP] relatif au moteur F135. « Le coût total estimé est de 1,85 milliard de dollars », a-t-elle précisé.

Cette vente potentielle « améliorera la capacité de la Pologne à faire face aux menaces actuelles et futures en augmentant la fiabilité de sa flotte de F-35 », a aussi fait valoir la DSCA, avant d’indiquer que les prestations seraient fournies sous la maîtrise d’œuvre de General Electric Aerospace et que Varsovie n’avait, à se stade, demandé aucun « offset ». « Tout accord de compensation sera défini lors de négociations entre l’acheteur et le sous-traitant », a-t-elle ajouté.

Pour rappel, le premier F-35A « Husarz » [désigné AZ-01] a officiellement été présenté aux autorités polonaises le 28 août 2024, sur le site de Lockheed Martin à Fort Worth [Texas]. Cet appareil a débuté ses essais en vol en février dernier, l’objectif étant qu’un premier escadron puisse entamer sa transformation sur ce type d’appareil en 2026, sur la base aérienne de Łask.

Cet avis de la DSCA a été publié deux semaines après celui concernant la modernisation des quarante-huit F-16 Block 52+ polonais, ces derniers devant être portés au standard Block 70/72 « Viper » par WZL 2 [Wojskowe Zakłady Lotnicze Nr 2 / Usine d’aviation n° 2], à Bydgoszcz. D’une valeur de 3,25 milliards d’euros, cette opération débutera en 2028 pour s’achever dix ans plus tard.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:38 PM
Scoop.it!

Aux États-Unis, le département de la Défense pourrait redevenir celui de la Guerre

« Si vis pacem, para bellum » [« Si tu veux la paix, prépare la guerre »]. C’est probablement pour cette raison que, en France, le ministère des Armées a longtemps été celui de la Guerre, avant d’avoir été celui de la Défense entre 1948 et 1958, entre 1969 et 1973 puis entre 1974 et 2017.

Plus précisément, il avait été décidé, à l’époque, de regrouper les ministères de la Guerre, de la Marine et de l’Air sous une même autorité. Ce qui ne se fit pas sans mal, chacun étant à cheval sur ses prérogatives tout en cherchant à les étendre, ce qui était une source de conflits et de gaspillages budgétaires.

Le même processus eut lieu outre-Atlantique, où le département de la Guerre, créé en 1789, fut renommé « Établissement militaire national » [NME] et placé sous la direction de James V. Forrestal, nommé « secrétaire à la Défense », à la faveur de la Loi sur la sécurité nationale de 1947 qui, adoptée après de longs débats au Congrès, prévoyait également la création de l’US Air Force, de la CIA et de la NSA [National Security Agency].

Plus tard, comme son appellation se prononçait « ennemi », le NME fut baptisé « département de la Défense » [DoD] par la suite. Et, comme en France, il prit sous sa coupe le département de la Marine, autonome depuis 1798.

Sans remettre en cause le modèle mis en place il y a près de quatre-vingts ans, le DoD pourrait retrouver son appellation d’origine. C’est en effet ce qu’a indiqué le président américain, Donald Trump, le 25 août.

« Je suis sûr que le Congrès nous soutiendra si nous en avons besoin. […] Vous savez, c’était le nom que nous utilisions lorsque nous avons gagné la Première Guerre mondiale. Nous avons gagné la Seconde Guerre mondiale. Nous avons tout gagné. Et, à mon avis, cela me semble bien plus approprié », a affirmé M. Trump. Et d’ajouter que le terme « défense » était trop restrictif. « Nous voulons nous défendre mais nous voulons aussi être offensifs s’il le faut. Donc, le nom du département de la Guerre me semble plus approprié », a-t-il fait valoir.

La semaine passée, le chef de la Maison Blanche a employé une métaphore sportive qui en dit sans doute plus sur cette volonté de rebaptiser le DoD. « Il est très difficile, voire impossible, de gagner une guerre sans attaquer le pays de l’envahisseur. C’est comme une grande équipe sportive qui possède une défense fantastique, mais qui n’a pas le droit de jouer en attaque. Elle n’a aucune chance de gagner ! », a-t-il écrit, dans un message posté sur Truth Social.

Photo : vue du Pentagone – Air Force Staff Sgt. John Wright DOD – CC BY 4.0
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:36 PM
Scoop.it!

Le Canada écarte le français Naval Group pour la construction de ses douze futurs sous-marins

Le Canada écarte le français Naval Group pour la construction de ses douze futurs sous-marins | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Quand, en septembre 2024, le Canada confirma son intention de se procurer douze nouveaux sous-marins dans le cadre d’un programme d’une valeur de 60 milliards de dollars canadiens [CAD], Naval Group se montra prudent.

Alors qu’il venait d’être déclaré vainqueur d’un appel d’offres émis par les Pays-Bas avec le BlackSword Barracuda [ou classe Orka], l’industriel français avait estimé qu’un projet stratégique d’une telle ampleur devait être « étudié rigoureusement » avant de prendre toute décision. Finalement, Naval Group fit savoir qu’il prendrait part au processus de sélection mis en place pour le « Projet de sous-marins de patrouille canadiens ».

Puis, l’une des exigences de la Marine royale canadienne [MRC] étant de disposer de sous-marins capables de naviguer sous la glace et d’assurer des missions de longue durée, Naval Group a pu compter opportunément sur le soutien de la Marine nationale, avec une escale du sous-marin nucléaire d’attaque [SNA] Tourville à Halifax. « Opportunément » car cette mission était prévue depuis longtemps.

« Ce bâtiment de la Marine nationale vient d’effectuer sa première traversée transatlantique. C’est une excellente occasion pour partager une expertise opérationnelle, humaine et industrielle. À l’heure où le Canada annonce vouloir relancer sa capacité sous-marine, la France peut indéniablement apporter un savoir-faire unique », n’avait d’ailleurs pas manqué de souligner le colonel Bruno Heluin, l’attaché de défense près l’ambassade de France au Canada.

Mais la prudence de Naval Group l’a-t-elle desservi ? Toujours est-il que les autres industriels, à commencer par l’allemand TKMS et le sud-coréen Hanwha Ocean, se mirent rapidement en ordre de marche pour tenter de remporter ce marché, notamment en scellant des partenariats avec des entreprises canadiennes.

Résultat : ce 26 août, le gouvernement canadien a annoncé que TKMS et Hanwha Ocean étaient qualifiés pour participer à la seconde phase du Projet de sous-marins de patrouille canadiens [PSCP], Naval Group, Saab [associé à Damen] et Navantia étant éliminés.

« Cette décision a été fondée sur une évaluation approfondie des besoins du Canada dans le cadre du PSCP, y compris les échéanciers de construction et de livraison de la nouvelle flotte de sous-marins. Le Canada a également collaboré avec d’autres gouvernements et forces armées pour échanger des leçons apprises et en apprendre davantage sur leurs programmes respectifs d’acquisition, d’infrastructure et de maintien en puissance des sous-marins », a fait valoir le ministère canadien de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement, chargé de ce dossier.

Si le communiqué ne précise pas les modèles de sous-marins proposés par TKMS et Hanwha Ocean, le choix devrait se faire entre le U212CD allemand et le KSS-III Batch 2 sud-coréen.

« Dans le contexte mondial actuel qui continue d’évoluer, le PSCP offre l’occasion de diversifier les partenariats du Canada en matière de défense et de collaborer avec les alliés et les partenaires, tout en créant des opportunités à long terme pour les industries maritime et de défense du Canada », a également souligné le ministère.

Sur ce point, et sans présager de la suite, l’offre de TKMS a sans doute un avantage sur celle de son concurrent sud-coréen dans la mesure où, en mai 2014, l’Allemagne et la Norvège ont proposé un partenariat « stratégique » au Canada pour protéger les voies maritimes de l’Arctique et de l’Atlantique Nord. Ce qui est crucial pour Ottawa. Or, la marine royale norvégienne et la marine allemande seront dotées prochainement de sous-marins U212CD…

« Le Canada franchit une nouvelle étape dans l’acquisition de sous-marins de nouvelle génération pour la Marine royale canadienne. Notre objectif consiste à défendre notre souveraineté, à protéger les Canadiens […] et à veiller à ce que nos Forces armées disposent des outils dont elles ont besoin. Le Programme de sous-marins canadiens de patrouille nous permet de renforcer nos alliances, de diversifier nos partenariats de défense et de créer des possibilités pour l’industrie canadienne », a par ailleurs commenté David J. McGuinty, le ministre canadien de la Défense.

Quoi qu’il en soit, c’est la seconde fois que la France échoue à vendre des sous-marins au Canada. Dans les années 1980, Ottawa était sur le point d’acquérir jusqu’à 12 SNA de type Rubis dans le cadre du programme CASAP [Canadian Submarine Acquisition Program]. Mais ce projet fut « torpillé » pour des raisons politiques.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:36 PM
Scoop.it!

L'allemand FFG développe un char dédié à la lutte antiaérienne et à l'appui-feu à partir du Leopard 1

L'allemand FFG développe un char dédié à la lutte antiaérienne et à l'appui-feu à partir du Leopard 1 | DEFENSE NEWS | Scoop.it
Les combats en Ukraine, caractérisés par la transparence du champ de bataille et l’omniprésence des drones, préfigurent-ils la guerre de demain ? Sans doute… En tout cas, le chef d’état-major de la défense britannique, l’amiral Tony Radakin, est plutôt réservé sur cette question.

En effet, lors d’une récente conférence donnée devant le Center for strategic & international studies [CSIC], il a appelé ceux qui croient que « le combat futur ne sera qu’une affaire de drones » à la prudence. « Les drones seuls ne suffiront pas à assurer la victoire dans les conflits futurs, mais ils offrent l’opportunité d’ajuster la manière dont nous avons traditionnellement combattu jusqu’à présent », a-t-il dit, avant d’affirmer que les capacités « classiques » comptent toujours.

En attendant, les concepts visant à accroître les capacités de lutte antidrone [et, plus généralement, de lutte antiaérienne] se multiplient. Le dernier en date sera dévoilé par le groupe allemand Flensburger Fahrzeugbau Gesellschaft [FFG], lors du prochain salon de l’armement DSEI, qui se tiendra à Londres en septembre.

Pour rappel, ces derniers mois, FFG a été sollicité pour remettre en état les chars Leopard 1A5 qui avaient été promis à l’Ukraine. De là est né le concept « Condor », basé sur le châssis du Leopard 1, dont la conception remonte à la fin des années 1950.

Selon le site spécialisé allemand Hartpunkt, le Condor est un nouvel engin blindé pouvant aussi bien faire de l’appui-feu direct que de la lutte antiaérienne, grâce à une tourelle téléopérée Turra 30 – SA, qui, produite par le slovaque EVPÚ, est dotée d’un canon automatique de 30 mm pouvant tirer des obus à explosion programmable, d’une mitrailleuse coaxiale et des missiles antichars Spike ou Konkurs. Cet armement est complété par un radar multimissions et une suite de capteurs optroniques.

Le Condor peut changer de mission en seulement quelques secondes : il suffit que son équipage sélectionne l’obus approprié parmi les deux types disponibles à bord.

Quant au groupe motopropulseur, FFG a choisi le moteur diesel V8 Power Systems 8V199TE23 de Rolls Royce pour mouvoir les 40 tonnes du Condor. Développant une puissance de 1 080 chevaux et associé à une transmission automatique ZF modifiée et à un système de refroidissement à deux temps, il affiche 300 kg de moins que le moteur d’origine du Leopard 1.

« Avec le Condor, nous avons développé un système de défense aérienne puissant et efficace basé sur la plateforme éprouvée Leopard 1. Notre objectif était de créer un système rapidement disponible pour étendre rapidement les capacités de défense aérienne. L’utilisation du système de tourelle EVPÚ offre également des moyens d’action supplémentaires, permettant au Condor d’apporter un appui-feu aux troupes d’infanterie », a ainsi résumé Jörg Kamper, le PDG de FFG.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:34 PM
Scoop.it!

La Chine a dévoilé un hélicoptère similaire au S-97 Raider de l'américain Sikorsky

La Chine a dévoilé un hélicoptère similaire au S-97 Raider de l'américain Sikorsky | DEFENSE NEWS | Scoop.it
En février 2024, l’US Army a mis un terme au programme FARA [Future Attack Reconnaissance Aircraft], lancé six ans plus tôt afin de remplacer ses hélicoptères de reconnaissance et d’attaque AH-64D Apache et OH-58D Kiowa. Et cela en raison des retours d’expérience [RETEX] de la guerre en Ukraine, marqués par l’omniprésence des drones sur le champ de bataille.

Au moment de l’arrêt du programme FARA, deux appareils, de conception radicalement différente, étaient encore en lice, à savoir le Raider X de Sikorsky [filiale de Lockheed Martin] et le Bell 360 Invictus.

Dans les grandes lignes, l’hélicoptère proposé par Bell devait reprendre les technologies développées pour le Bell 525 Relentless. Doté de commandes de vol électrique et d’une avionique fournie par Collins Aerospace, il était censé voler à une vitesse supérieure à 185 nœuds et avoir un rayon d’action de 135 nautiques, avec la capacité de rester sur zone pendant 90 minutes. Au-delà de son aspect futuriste, sa conception était assez classique.

Quant au Raider X, son concept capitalisait sur les avancées faites par Sikorsky avec le S-97 Raider et le X2, avec un rotor contrarotatif et une hélice propulsive. Grâce à un moteur YT706 de 2 600 chevaux fourni par GE Aviation, il devait voler à une vitesse de l’ordre de 200 nœuds.

Visiblement, la conception du Raider X a retenu l’attention de la Chine… qui, selon des photographies diffusées via les réseaux sociaux, a fait voler un prototype quasiment similaire à l’appareil américain [ou, du moins, au S-97 Raider dont il était supposé s’inspirer]. La ressemblance est tellement frappante qu’on aurait du mal à faire un jeu des sept erreurs en prenant les images de deux appareils.

A priori, les photographies du prototype chinois auraient circulé depuis le mois d’avril sur le réseau social Weibo, avant “d’atterrir” sur X.com. Leur diffusion a d’ailleurs coïncidé avec d’autres annonces concernant de nouvelles armes que l’Armée populaire de libération [APL] a l’intention de dévoiler lors d’une parade militaire qui se tiendra le 3 septembre à Pékin.

« Toutes les armes et tous les équipements participant au défilé ont été sélectionnés parmi les principaux systèmes de combat actuellement en service actif et produits dans le pays, avec une grande proportion de nouveaux équipements qui seront dévoilés pour la première fois », a en effet déclaré le général Wu Zeke, du Département d’état-major interarmées de la Commission militaire centrale, la semaine passée. « Des armements stratégiques, des bombardiers, des chasseurs, des systèmes hypersoniques, ainsi que des équipements de lutte anti drones », a-t-il ajouté, sans livrer plus de détails.

En tout cas, a assuré le général Wu, ce défilé sera l’occasion de « montrer pleinement la puissante capacité de l’APL à remporter une guerre moderne » et à « sauvegarder la paix mondiale ».

Cela étant, ce n’est pas la première fois que l’industrie chinoise copie un hélicoptère de conception occidentale. Tel a été le cas du Z-8, largement inspiré du Super Frelon français et plus récemment, de celui du Harbin Z-20, lequel présente beaucoup de similitudes avec le UH-60 Black Hawk de… Sikorsky.

Après, reprendre un concept d’aéronef à son compte est une chose… encore faut-il que les performances suivent, ce qui suppose de faire aussi un effort de développement pour l’avionique, la motorisation ou encore les commandes de vol.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:31 PM
Scoop.it!

La British Army va convertir une partie de ses véhicules de combat d'infanterie Warrior en drones terrestres

En service depuis 1987 au sein de la British Army, le véhicule de combat d’infanterie [VCI] MCV-80 Warrior doit être remplacé par les blindés Boxer [à roues] ainsi que par l’Ajax [chenillé] dans les années à venir. En mai 2024, 632 exemplaires étaient encore opérationnels tandis qu’au moins 80 autres étaient sur le point d’être déclassés.

D’une masse au combat de 25,4 tonnes, le MCV-80 Warrior est doté d’un moteur Perkins / Rolls-Royce CV8 TCA V-8 diesel développant une puissance de 550 ch. Armé d’un canon de 30 mm et d’une mitrailleuse de calibre 7,62 × 51 mm Otan, il est mis en œuvre par un équipage de 3 hommes [pilote, tireur et chef d’engin]. Il peut transporter jusqu’à 7 fantassins.

Le mois dernier, le ministère britannique de la Défense [MoD] a de nouveau affirmé qu’il n’envisageait pas de céder les MCV-80 Warrior retirés du service à l’armée ukrainienne afin de ne pas alourdir la « charge logistique » de cette dernière. Et d’ajouter que la valeur opérationnelle de ces blindés était désormais « limitée ».

Mais sans doute qu’une autre raison explique cette réticence du MoD à se séparer de ses anciens MCV-80 Warrior.

En avril dernier, le Laboratoire des sciences et des technologies de la défense [Dstl] du MoD a dévoilé le Weevil, c’est-à-dire le prototype d’un engin robotisé capable d’ouvrir une brèche dans un champ de mines développé à partir du châssis d’un MCV-80 Warrior. Et d’expliquer qu’il pouvait être manœuvré par un seul sapeur, situé à « plusieurs kilomètres de distance », grâce à des caméras et à des capteurs, associés à une tablette « durcie ».

Dans le droit fil de ce projet, le MoD a émis un avis de marché au titre du programme ATILLA, le 21 août.

Ce dernier vise à « réduire les risques et à accélérer l’acquisition future d’un drone terrestre [UGV – Unmanned Ground Vehicle] modulaire, autonome et à charge utile lourde en exploitant les véhicules actuellement en service », est-il expliqué dans cet avis.

Plus précisément, il s’agira d’abord de développer un système pour ouvrir des brèches dans des champs de mines » en deux temps.

La première phase doit permettre d’acquérir jusqu’à six systèmes, avec « équipage optionnel », basé sur le MCV-80 Warrior. Puis, la seconde prévoit de passer à une mise en œuvre à distance à un « fonctionnement autonome », l’objectif étant « d’affiner les exigences pour les futurs achats d’UGV ».

Pour le site spécialisé britannique UK Defence Journal [UKDJ], « les enseignements tirés de la conversion des Warrior pourraient alors façonner une nouvelle génération d’UGV modulaires et lourds, conçus de A à Z ». Et cela pourrait être le début d’un processus plus large. « Ce qui commence par une solution provisoire pourrait être le point de départ d’une transformation à plus long terme de la façon dont la British Army aborde […] les missions à haut risque sur le champ de bataille », conclut-il.
No comment yet.
Scooped by Romain
August 31, 2025 12:30 PM
Scoop.it!

L'armée de Terre va investir 950 millions d'euros pour le soutien des équipements du combattant

Même si les « petits équipements » n’ont pas la même visibilité que les grands programmes d’armement, ils n’en restent pas moins essentiels pour la cohérence opérationnelle, cette dernière étant le fil rouge de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30. D’où l’avis de mise en concurrence que vient d’émettre l’armée de Terre, via la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres [SIMMT].

Dotée de près de 950 millions d’euros [hors taxes], au total, sur sept ans et appelée ACHILE, cette opération vise en effet à soutenir « des parcs du domaine de l’équipement du combattant avec l’acquisition de rechanges, de matériels complets et de prestations de soutien ». Elle se compose de huit lots.

D’une valeur estimée à 120 millions d’euros, le premier porte sur une « prestation de logistique de type 3 PL » [Third Party Logistics], comprenant notamment « l’entreposage, la gestion des stocks, la préparation de commande, le suivi, la distribution, la gestion des retours et le transport de marchandises ».

En clair, il s’agit d’externaliser la logistique. « Même s’il n’est qu’un intermédiaire, un prestataire 3PL est concrètement responsable de la chaîne logistique de l’entreprise qui le mandate, et ce, jusqu’à la livraison des commandes au client final », explique le site spécialisé SupplyChain Info.

Le lot n° 2 concerne les « services de réparation du domaine équipement du combattant [armement petit calibre, optique, NRBC] sur les sites du ministère des Armées », pour « seulement » 20 millions d’euros.

Les six lots suivants visent à acquérir des pièces de rechange « au profit » de l’armement de petit calibre pour 200 millions d’euros, des « parcs Optique et Optronique » pour 300 millions d’euros, des matériels de détection, de protection et de décontamination NRBC [nucléaire, radiologique, biologique et chimique] pour 100 millions d’euros, des « parcs Électronique du combattant » pour 100 millions d’euros, des « parcs de matériels au profit des troupes aéroportées » pour 80 millions d’euros et des « parcs antichar » [AC] pour 30 millions d’euros.

Dans l’avis de mise en concurrence, la SIMMT précise que, pour les lots 1 et 2, les « prestations seront établies par marchés subséquents à bons de commande sur des durées longues, allant de leur date de notification jusqu’à l’échéance de l’accord cadre ». Et quant aux six autres, ajoute-t-elle, « l’acquisition de pièces de rechanges et de matériels complets sur référence ou équivalent sera établie selon le besoin par marchés subséquents à quantité fixe [ordinaire] avec un point unique de livraison à chaque commande ».

Les entreprises intéressées ont jusqu’au 7 octobre pour se manifester. La procédure se déroulera en deux phases : une première pour sélectionner les candidats et une seconde pour faire un choix parmi les offres que ces derniers auront remises.
No comment yet.