ChatGNB, une IA utilisée pour la traduction par les fonctionnaires du N.-B. | Metaglossia: The Translation World | Scoop.it
Dans la seule province bilingue, l'outil d'intelligence artificielle ChatGNB est notamment utilisé pour la traduction de l’anglais vers le français.

"ChatGNB, une IA utilisée pour la traduction par les fonctionnaires du N.-B.


Le Nouveau-Brunswick a maintenant sa propre plateforme bilingue d'Intelligence artificielle (IA). Créée il y a un an, ChatGNB est réservée aux employés du gouvernement. Dans la seule province bilingue, l'outil est notamment utilisé pour la traduction de l’anglais vers le français.


 La plateforme est actuellement en phase pilote et prend en charge la génération d’idées, les brouillons, les explications et les résumés pour les besoins liés au travail, explique Mir Hyder, agent de communications du ministère des Finances et du Conseil du Trésor du gouvernement du Nouveau-Brunswick.


Cet outil est aussi actuellement utilisé pour traduire des documents de l’anglais vers le français, à l’interne.


La province note que l’outil a été développé pour répondre à la nécessité de satisfaire aux exigences en matière de confidentialité et de sécurité qui n’étaient pas disponibles auparavant dans les services commerciaux.


ChatGNB est sous la responsabilité du bureau du directeur des systèmes d’information de la province et possède un cadre de contrôles stricts en matière de confidentialité, de sécurité et de gouvernance, assure-t-on du côté du gouvernement.


Lorsque Radio-Canada à demandé si ChatGNB pourrait être utilisée pour les communications bilingues officielles de la province ou avoir de possibles répercussions sur les traducteurs contractuels, la province demeure vague.


 L’outil d’IA est utilisé pour traduire des documents de l’anglais vers le français, le gouvernement explorant de nombreuses façons de rendre notre travail plus efficace et de réduire les coûts. À ce jour, l’accent a été mis sur la traduction de documents internes, lorsque cela était approprié, écrit par courriel Mir Hyder, du ministère des Finances et du Conseil du Trésor.


Une mise en garde des traducteurs
Il n’existe pas de syndicat pour les traducteurs au Nouveau-Brunswick.


Le Bureau des traducteurs de la province a dirigé Radio-Canada au ministère des Finances et du Conseil du Trésor...


Traductions approximatives et fautes : le PCNB a du mal avec le français
Dans une déclaration écrite, la Corporation des traducteurs, traductrices, terminologues et interprètes du Nouveau-Brunswick (CTINB) commente que, bien que l’IA soit un outil puissant et innovant, son utilisation soulève d’importantes préoccupations dans le milieu quant à la précision des traductions qu’elle génère.


Particulièrement en ce qui concerne les documents médicaux, légaux ou techniques ou ceux nécessitant des nuances venant du contexte culturel.


Dans le cas précis de ChatGNB, la CTINB souligne que la plateforme semble être un bon exemple d’une façon de réduire le temps et les coûts à l’interne, mais met tout de même une mise en garde quant à une possible utilisation de l’outil pour des communications externes.


 Le consensus de l’industrie est clair : la totalité des contenus traduits par l’IA doivent être considérés comme des brouillons qui nécessitent une révision en profondeur par des experts humains.


Une citation deSergey Petrov, président de la Corporation des traducteurs, traductrices, terminologues et interprètes du Nouveau-Brunswick
Sergey Petrov souligne que l’essor rapide de l’IA dans la société est une réalité qui force les traducteurs dans l’ensemble à s’adapter professionnellement.


Elle n’élimine pas le besoin d’expertise humaine, mais le redéfinit, avance-t-il. Le rôle du traducteur professionnel en tant que rédacteur principal pourrait évoluer comme éditeur, valideur et stratège linguistique.


Une pente très glissante
La professeure agrégée au département de traduction et des langues à l'Université de Moncton, Arianne Des Rochers, craint pour sa part les dérives potentielles liées à l'utilisation de ChatGNB.


Elle s'inquiète des erreurs et biais de cet outil, qui peut être utilisé par tous les fonctionnaires du gouvernement provincial, sans révision de traducteurs formés


C’est une inquiétude parce que ça aurait une incidence sur la qualité des communications gouvernementales, des textes et des services en français, avance la professeure.


Selon elle, cela peut mener à un pas en arrière pour la minorité linguistique francophone.


On aurait des services inégaux parce qu’il y a une langue qui est desservie par l’intelligence artificielle, tandis que l’autre demeure plus sous contrôle humain.


Une citation deArianne Des Rochers, professeure agrégée au département de traduction et des langues à l'Université de Moncton
Elle s'interroge à savoir si l'exigence de bilinguisme dans la fonction publique pourrait ainsi être revue si l'IA devient la solution pour toutes les traductions du gouvernement. Je pense que c’est une pente très glissante et qu’il faut demeurer très très prudent.


La SANB voit d’un bon œil l’usage du IA
La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), vouée à la défense et à la promotion des droits et des intérêts de la communauté acadienne et francophone de la province, se dit en accord avec l’utilisation possible de l’IA pour les traductions de l’anglais vers le français des communications officielles gouvernementales.


 Avec l’IA, il y a de bonnes choses et il ne faut pas mettre ça de côté. Il faut aller de l’avant avec, mais, il ne faut pas écarter le fait que de la traduction par l’IA, il faut que ce soit vérifié par des experts en traduction. Il ne faut pas éliminer ça , affirme la présidente de la SANB, Nicole Arseneau-Sluyter.


 C’est sûr que ça va réduire les coûts des traducteurs, mais il faut quand même qu’il y ait des traducteurs. Je ne suis pas contre l’IA, mais le dernier mot doit être fait par des experts, poursuit-elle.


Nicole Arseneau-Sluyter ajoute qu’il sera important aussi que le projet n’ait pas de répercussion négative sur le fait francophone dans la province.


 Il ne faut pas qu’on perde nos services en français, déjà qu’on les perd assez là. Il ne faut pas qu’on perde du terrain au niveau du français, ajoute Nicole Arseneau-Sluyter.


Pascale Savoie-Brideau (Consulter le profil)"
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2220784/ia-traduction-bilingue-francais-anglais
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