Une nouvelle traduction pour "La Mort à Venise" de Thomas Mann : épisode du podcast Livres cultes | Metaglossia: The Translation World | Scoop.it

"Une nouvelle traduction pour "La Mort à Venise" de Thomas Mann


Plus d’un siècle après la première publication de "La Mort à Venise", une nouvelle traduction française restitue la force et la complexité d’un texte majeur, dont le trouble, dans une Venise gagnée par le choléra, demeure intact.


Avec
Claire de Oliveira, traductrice, maîtresse de conférence à l'Université Paris-Sorbonne.
Thomas Mann est né en juin 1875, il y a un peu plus de 150 ans, ce chiffre rond a occasionné plusieurs manifestations, lectures et relectures en 2025 partout dans le monde. En 2026, son œuvre entre dans le domaine public dans de nombreux pays et vient alors relancer les lectures et les adaptations de ses textes. Dans ce sens, une nouvelle traduction de « La Mort à Venise », texte publiée en 1912, paraît en 2026 avec d'autres nouvelles aux éditions Christian Bourgois. Nous y lisons la ville italienne, plusieurs mystérieuses apparitions masculines, le désir homosexuel, le vieillissement, la création et la mort. Venise y est, tour à tour somptueuse, malsaine et soumise à une épidémie de choléra.


La langue de Thomas Mann
Claire de Oliveira trouve la langue de Thomas Mann "somptueuse, très originale et en lutte contre une peur de l'inachèvement et du silence. Pour Thomas Mann , l'un des moyens d'échapper au mutisme est ce qu'il appelle l'imposture. L'incipit de « La mort à Venise » est une parodie du style d'Achenbach qui est lui-même le personnage principal de cette nouvelle."


Le grand sujet de « La mort à Venise »  pour Claire de Oliveira est "la passion interdite de l'homosexualité. À mot couvert, Thomas Mann nous parle dans ce texte de l'homosexualité pénaliséeet réprimée. L'engouement pour cet adolescent du même sexe est exprimé par des métaphores qui le subliment, qui se situent au-delà du délabrement pour s'élever vers la contemplation platonicienne de la beauté" dans laquelle Thomas Mann "élabore une conception inédite de l'esthétique."


Prendre soin du lecteur dans la traduction
Claire de Oliveira prend soin du lectorat contemporain de Thomas Mann grâce à un appareil critique comprenant "des notes explicatives" pour que "certaines allusions culturelles" puissent "être décelées par les lecteurs contemporains francophones." Claire de Oliveira a également été, dans sa traduction, attentive aux "'intertextes au sens large, car Thomas Mann est un très grand lecteur et ne cesse de faire des allusions à des auteurs qu'il adore." Il y a notamment des "références extrêmement cryptées à Gustave Flaubert."


La question de l'auditrice Yulia @yulia_morel à l'attention de Claire de Oliveira : "En tant que traductrice, comment garder quelque chose de l'esprit ou de l'identité allemande propre à Thomas Mann en français ? Faut-il forcément chercher à le préserver ou accepter que la traduction transforme notre lecture ?""
Jeudi 22 janvier 2026
Provenant du podcast
Le Book Club
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-book-club/une-nouvelle-traduction-pour-la-mort-a-venise-de-thomas-mann-2557648
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