JournalDuTchad.com: Linguistique: Que restera-t-il de nos dialectes dans 20 ans? | Metaglossia: The Translation World | Scoop.it

En effet, comment prétendre faire de la prévention contre le SIDA, lutter contre le paludisme ou la tuberculose, si l’on n’est pas correctement compris par les populations que l’on cherche à toucher? Comment enseigner les techniques de production agricole, de gestion de l’eau ou de production d’énergie, si les formateurs s’expriment en anglais, en français, ou même dans une grande langue nationale que la plupart des villageois, souvent pas ou peu scolarisés, ne parlent pas? C’est ainsi que dans son article 2, la convention de l’UNESCO note que, la diversité culturelle est une grande richesse pour les individus et les sociétés. La protection, la promotion et le maintien de la diversité culturelle sont une condition essentielle pour un développement durable au bénéfice des générations présentes et futures. Davidson, linguiste britannique à SIL (au quartier Moursal) remarque que l’idée selon laquelle l’existence d’une seule langue apporterait la paix, quelle que soit la langue, est un mythe absolu et vrai.

La nécessité de protéger nos langues et dialectes
Bien que le français et l’arabe (tchadien) soient les langues officielles du Tchad, il y a plus de 120 langues parlées partout dans le pays. Il y a 30 ans, plusieurs langues étaient utilisées à travers le pays pour le commerce dans les marchés de chaque région. Dans la région du Moyen Chari par exemple, la langue Sara se parle au marché. Plus au nord le long du fleuve Chari, on parle le bagirmi. Mais la plus populaire reste la langue arabe, langue des nomades commerçant s qui voyagent partout dans le pays. Dans les marchés de la région du Ouaddaï , on parle presque uniquement l’arabe (tchadien),comme au Guéra et à N’Djaména. Mais aujourd’hui, même l’arabe tchadien parlé sur ces marchés commence à perdre sa valeur au détriment du français. Car beaucoup ne savent pas parler le pur arabe tchadien ou soient ne connaissent pas compter en arabe tchadien. Mais là où le bat blesse, dans certaines régions, on constate encore plus la dégradation sinon la disparition des dialectes.