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Le spectateur de Belleville
January 14, 2015 7:14 PM
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Jean Nouvel a annoncé qu'il ne serait pas ce mercredi soir à l'inauguration de la Philharmonie de Paris qui "ouvre trop tôt" et a dénoncé un "mépris" pour l'architecture.
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Le spectateur de Belleville
January 14, 2015 6:07 PM
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Publié par Le Monde : Le 14 janvier, la Philharmonie de Paris ouvrira ses portes dans le parc de La Villette. A deux pas du « 9-3 », ce département de Seine-Saint-Denis qui héberge l’une des populations les plus métissées et les plus défavorisées du pays. Derrière son immense façade en alliage d’aluminium, la plus grande salle de concert de la capitale, longtemps attendue, se veut réussir un double pari.
D’une main, convaincre le public des beaux quartiers, celui de la Salle Pleyel et du Théâtre des Champs-Elysées, de frayer son chemin jusqu’au nord-est de la ville pour satisfaire ses plaisirs musicaux. De l’autre, parvenir à fidéliser un nouveau publc, venu de quartiers populaires réputés « difficiles », autour d’une musique qu’il n’a guère l’habitude de goûter.
Car tel est bien le rêve que formule l’équipe de la Philharmonie : décomplexer ceux que l’on dit « éloignés », pour des raisons socioculturelles, de la musique classique. Orchestrer la rencontre entre l’œuvre et le public d’une façon renouvelée, diversifiée, avant et après le spectacle. Y parviendra-t-elle ? Alors que de grands noms du théâtre et du cinéma adressaient, le 10 décembre 2014, une lettre ouverte à Fleur Pellerin, ministre de la culture, pour s’inquiéter de la dégradation actuelle des conditions de travail des artistes et de ses conséquences pour la démocratie, la réussite du projet aura valeur de test.
« Efforts croissants des villes, des régions et des départements » Elle l’aura d’autant plus que la Philharmonie, même si musiques contemporaines et actuelles y auront droit de cité, constitue avant tout un temple de la musique classique. Or, celle-ci, depuis le tournant des années 1990, souffre d’un net déficit d’attractivité. Auprès des jeunes. Et, plus encore, auprès des populations les moins favorisées de la société française.
Autant qu’il y a un demi-siècle, plus peut-être, la fréquentation du concert de musique « savante » reflète une hiérarchie de classes. La fameuse « démocratisation culturelle » à la française, dont André Malraux avait rêvé qu’elle rende accessibles « les œuvres capitales de l’humanité au plus grand nombre », semble avoir partiellement échoué en ce qui concerne Mozart, Beethoven ou Ravel – comme pour les autres formes de spectacle vivant, mais de manière plus marquée encore que pour la danse ou le théâtre.
Partiellement : il faut insister sur ce mot. Comparée aux autres pays d’Europe, la France, en effet, reste un modèle en matière de politique culturelle – si ce n’est d’excellence, du moins d’audace, de qualité et de diversité. Il suffit de consulter l’édition 2014 des Chiffre clés. Statistiques de la culture, publiée par le ministère du même nom, pour prendre la mesure de la richesse foisonnante de l’offre et des pratiques artistiques et culturelles. Pour ne parler que du spectacle vivant, ce sont 1 000 représentations lyriques attirant plus de 1,4 million de spectateurs par saison, 5 théâtres nationaux, 70 scènes nationales, 17 Zénith, 39 centres dramatiques nationaux, plus d’une centaine de scènes conventionnées, plusieurs centaines de lieux privés de diffusion de spectacles… et des milliers de festivals chaque année. Echec très relatif, donc. Et plus encore au regard de ce qui existait au sortir de la seconde guerre mondiale.
Lire aussi : Laurent Bayle : « La Philharmonie se veut un lieu de réappropriation de la musique par le public »
« Imaginez un instant la France “culturelle” en 1950 : un théâtre parisien faisant par-ci par-là de bourgeoises tournées pour ses cousins de province, des opéras ensommeillés, des musées poussiéreux, rappelait en 2010, dans nos colonnes, le metteur en scène et directeur de théâtre Jean-Pierre Vincent. Pensez comment cette politique, originairement d’Etat, souvent retranchée dans les plus grandes villes, a gagné peu à peu les villes moyennes et les campagnes, grâce en particulier aux efforts croissants des villes, des régions et des départements. »
« L’ÉLITAIRE POUR TOUS » CHER À ANTOINE VITEZ, ANCIEN PATRON DU THÉÂTRE NATIONAL DE CHAILLOT, EST RESTÉ LETTRE MORTE C’est exact. Comme il est vrai que les Français, bien qu’équipés comme jamais en appareils audiovisuels, sont aujourd’hui plus nombreux à sortir le soir et à fréquenter les établissements culturels qu’au début des années 1970. Et pourtant, dans les lieux institutionnels où se donne à voir et à entendre le spectacle vivant, les écarts de fréquentation entre milieux sociaux n’ont guère diminué. « L’élitaire pour tous » cher à Antoine Vitez, ancien patron du Théâtre national de Chaillot, est resté lettre morte.
« Depuis 1973, il n’y a pas eu, à proprement parler, de rattrapage des milieux sociaux les moins investis dans la vie culturelle, notamment en matière de fréquentation des établissements. Dans tous les cas, la hiérarchie des catégories socioprofessionnelles reste la même : les cadres supérieurs arrivent en tête devant les cadres moyens, puis les employés, artisans et commerçants dont les résultats sont souvent proches, et enfin les agriculteurs et les ouvriers, toujours en retrait », précise l’économiste Olivier Donnat, qui coordonne au département des études, de la prospective et des statistiques (DEPS) du ministère de la culture une vaste enquête, réalisée à intervalles réguliers depuis 1973 (1981, 1988, 1997 et 2008), sur les « Pratiques culturelles des Français ». Devenue le baromètre de la vie culturelle du pays, celle-ci permet de voir si la proportion de personnes pratiquant telle ou telle activité (télévision, musique, littérature, cinéma, spectacle vivant, musées, etc.) augmente ou diminue au fil des ans. Elle s’attache ensuite à préciser si cette évolution est générale ou propre à certaines catégories de population, définies selon quatre critères : sexe, âge, milieu social et lieu de résidence.
Les écarts entre milieux sociaux persistent Conclusion, avec trente-cinq ans de recul : si les inégalités de sexe se sont réduites de 1973 à 2008 – la plupart des lieux culturels ayant vu leur public se féminiser –, les écarts entre milieux sociaux, eux, ont persisté. Ils sont restés inchangés dans le cas du théâtre : 39 % des cadres supérieurs et professions libérales y étaient allés au cours des douze derniers mois en 1973 contre 6 % des ouvriers – des chiffres évoluant respectivement à 44 % et 10 % en 2008. Ils se sont même aggravés dans le cas des spectacles de danse (14 % et 5 % en 1973, 22 % et 7 % en 2008), des concerts de musique classique (22 % et 5 % en 1973, 20 % et 2 % en 2008), et surtout des concerts de rock ou de jazz (17 % et 6 % en 1973, 34 % et 12 % en 2008).
« Aujourd’hui comme hier, participer à la vie culturelle de manière à la fois régulière et diversifiée demeure une propriété très inégalement répartie dans la société française, car elle exige le cumul d’un maximum d’atouts qui se retrouvent en priorité chez les cadres et professions intellectuelles supérieures : niveaux de diplôme et de revenus élevés, proximité de l’offre culturelle, familiarité précoce avec le monde de l’art, mode de loisir tourné vers l’extérieur du domicile et la sociabilité amicale », énumère Olivier Donnat.
Si un public toujours plus nombreux se presse aux différentes manifestations culturelles, c’est avant tout parce que l’importance relative des milieux favorisés (cadres supérieurs et cadres moyens) a considérablement augmenté : ils représentaient 23 % du total des personnes interrogées en 2008, contre 13 % en 1973. Mais cette déformation vers le haut de la pyramide sociale, en grande partie liée aux effets des progrès de la scolarisation, ne peut pas cacher qu’il reste toujours un public « éloigné », voire « empêché » d’accès aux arts et à la culture.
Que faire alors ? Jeter l’éponge ? A l’heure de la réduction des dépenses publiques et de la marchandisation croissante des activités de loisirs, la lutte pour promouvoir la « culture pour tous » se révèle, il est vrai, plus ardue que jamais. Mais comment renoncer à cette exigence, dans un pays qui, plus que bien d’autres, a érigé en principe démocratique la fonction émancipatrice de la culture ? Beaucoup, en tout cas, n’y renoncent pas. Artistes, chercheurs ou responsables des actions politiques, ils ne cessent de se demander de quelle manière élargir les publics. Et quelle culture il s’agit de défendre. Car si le projet de Malraux, socle de la politique de « démocratisation culturelle » de la Ve République, visait à la diffusion sociale de la culture « légitime » – Molière, Mozart, Van Gogh en étant les trois grandes stars –, la frontière entre cette « haute » culture et la culture « de masse » est devenue de plus en plus floue. Et les habitudes et préférences des Français, plus hétérogènes que jamais. Place, donc, à la diversité. Et à la « démocratie culturelle ».
« Démocratie culturelle » « La démocratisation culturelle, qui fut le domaine dominant jusqu’à ces dernières décennies, consiste à assurer l’offre culturelle : on soutient les artistes dans leur création, et on diffuse leurs œuvres, rappelle Eric Fourreau, fondateur des Editions de l’Attribut et conseiller culturel à la ville de Toulouse. A mesure que la société évoluait et se diversifiait, ce modèle “descendant” a progressivement été remis en cause. Il est désormais concurrencé par la démocratie culturelle, ou modèle “ascendant” : sous l’effet conjugué de nouveaux usagers et de la décentralisation, les élus territoriaux ont été incités à tenir davantage compte de la demande. » Pour le meilleur, ou pour le pire.
Le meilleur, c’est par exemple la politique culturelle de la ville de Lille, dont le soutien à la création – y compris des cultures urbaines, hip-hop (danse, graff, rap) ou slam – et l’ouverture à de nouveaux publics ne se démentent pas depuis dix ans. C’est la mission de coopération culturelle mise en place depuis 2005 par la mairie de Lyon, dont la charte, qui devrait être prochainement étendue aux communes du Grand Lyon, établit la mise en place de groupes de travail entre institutions culturelles et relais de quartier.
C’est encore, à Nantes, le Lieu unique, centre culturel créé en 2000 dans les anciens locaux de la biscuiterie LU, où coexistent, outre des concerts et des expositions, les Rencontres de Sophie consacrées à la philosophie, des résidences d’artistes et l’Université pop’. C’est, toujours, le Festival international de théâtre de rue d’Aurillac (Cantal), créé en 1986, qui offre chaque été à ses visiteurs des centaines despectacles en plein air. « Pendant ces quatre jours de catharsis, les élus nous donnent les clés », se réjouit son actuel directeur, Jean-Marie Songy.
Le pire ? La tentation, pour les élus locaux, de s’ériger en arbitres du goût. D’opter pour une logique clientéliste. De fermer les fenêtres plutôt que de les ouvrir. C’est ce qu’avait fait le Front national dans les quatre municipalités qu’il a dirigées entre 1995 et 2002. A Toulon, Jean-Marie Le Chevallier avait notamment fait pression sur Gérard Paquet, le créateur du Théâtre national de Châteauvallon, pour qu’il change sa programmation, jugée « trop moderne ». En Seine-Saint-Denis, le Forum du Blanc-Mesnil, qui aura été pendant quinze ans un laboratoire de démocratie culturelle, vient de connaître le même sort : le nouveau conseil municipal (UMP) a voté en novembre 2014 la sortie de son conventionnement (Le Monde du 2 décembre 2014).
Rencontres internationales sur « Les métamorphoses de la culture contemporaine » Exit, donc, le partenariat avec l’Etat, le département et la région. Exit les artistes en résidence et les spectacles exigeants créés en lien permanent avec la population locale.« Nous n’allons pas faire payer aux Blanc-Mesnilois des spectacles qu’ils n’iront pas voir », justifie le maire, Thierry Meignen. « L’argent de la municipalité doit-il servir à présenter des artistes que les gens connaissent déjà ? Si on veut avoir une chance que les habitants de Blanc-Mesnil voient les spectacles de Romeo Castellucci ou Maguy Marin, il faut les présenter à Blanc-Mesnil. Pas au cœur de Paris », rétorque Xavier Croci, qui dirige le Forum depuis plus de quinze ans.
Comment respecter les préférences culturelles des habitants d’une ville, d’un quartier, sans tomber dans le piège du relativisme ? Comment les motiver à s’ouvrir à une culture à laquelle ils ne sont pas familiers ? « Ce qui se joue aujourd’hui dans l’espace culturel n’est rien d’autre que le reflet d’une demande d’approfondissement des règles du jeu de la démocratie », souligne Jean-Pierre Saez, directeur de l’Observatoire des politiques culturelles (OPC). Créée en 1989 à l’initiative des pouvoirs publics pour analyser l’action des collectivités territoriales, cette structure vient de fêter ses 25 ans. Pour l’occasion, elle a organisé au TNP de Villeurbanne (Rhône), du 2 au 4 décembre 2014, des rencontres internationales sur « Les métamorphoses de la culture contemporaine ». Il y fut beaucoup question de ce qui s’invente aujourd’hui entre acteurs publics et société civile afin de promouvoir, encore et toujours, une approche émancipatrice de la culture.
« LE PUBLIC, CELA N’EXISTE PAS EN SOI : C’EST LA CONSTRUCTION D’UNE RELATION » XAVIER CROCI, DIRECTEUR DU FORUM DU BLANC-MESNIL Pour attirer ces publics « éloignés », certaines stratégies sont connues, et déjà bien rodées : choix des horaires, politique tarifaire, conditions de réservation et d’accueil, actions d’information et de sensibilisation… Des recettes partiellement efficaces, mais impuissantes à surmonter le principal écueil : celui qui, par peur ou par défi, fera dire d’un spectacle jugé trop élitiste « Ce n’est pas pour moi ». C’est là que la médiation, mot-clé des associations culturelles, a son rôle à jouer. « Le public, cela n’existe pas en soi : c’est la construction d’une relation », souligne Xavier Croci. Pour les nouvelles générations d’artistes de la danse ou du théâtre, cette réalité, à l’en croire, est désormais une évidence. « Ils savent que ce travail d’accompagnement est indispensable pour que lespectacle vivant perdure. » Et de citer la metteuse en scène Marie-José Malis, la nouvelle directrice du Théâtre de la Commune d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), dont l’équipe, par diverses actions, appelle les habitants de la ville à réfléchir avec elle à ce que doit être un théâtre.
La médiation, c’est aussi faire vivre différemment les lieux du spectacle, afin d’y rendre le public moins passif, plus participatif. Tel le Centquatre, établissement culturel ouvert en 2008 dans le 19e arrondissement de Paris, dont le directeur, José-Manuel Gonçalvès, a fait un projet social autant qu’artistique : des créateurs en résidence y sont invités à produire des œuvres en ouvrant les portes de leurs ateliers, tandis que les habitants du quartier sont conviés à développer des pratiques amateurs dans des structures proches. Casser les codes, c’est aussi ce que semble vouloir faire Rodrigo Garcia, le nouveau directeur du Centre dramatique national de Montpellier, qu’il a rebaptisé Humain trop humain (HTH). Pas de pièces classiques, pas de priorité entre théâtre, danse, musique et arts visuels, baisse du prix des places, podiums dans le hall pour accueillir groupes et DJ… Un vent de renouveau soufflant vers le plus grand nombre.
La médiation, ce sont encore les nouvelles possibilités qu’offre le numérique, largement sous-exploitées à ce jour. En 2013, pour célébrer le trentième anniversaire de sa création Rosas danst Rosas, la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker a proposé des cours sur Internet dans lesquels elle explique pas à pas, avec une danseuse, les enchaînements de ce spectacle mythique. Les internautes ont la possibilité de poster leur chorégraphie sur le site. Ils ne s’en sont pas privés : quelques mois seulement après avoir lancé cette initiative, la compagnie avait reçu plus de 250 vidéos du monde entier.
« La démocratisation de la culture s’articule avec la politique de l’éducation » Reste une évidence, sur laquelle tout le monde semble aujourd’hui s’accorder. N’en déplaise à Malraux et à sa théorie du « choc électif », le plaisir esthétique ne tombe pas du ciel lors de la rencontre avec le chef-d’œuvre : il s’épanouit – ou non – au gré d’un long processus, commencé dès l’enfance dans son milieu familial ou social. « Admettre cette vision des choses conduit évidemment à voir dans l’éducation artistique et culturelle le seul véritable levier de transformation des conditions de production du désir de culture et à déplorer la place trop modeste que lui accorde en France le système scolaire », souligne Olivier Donnat. « Les pays où les taux de fréquentation des salles sont les plus élevés, renchérit Philippe Coulangeon, sociologue au CNRS, sont aussi ceux où la politique de démocratisation de la culture s’articule le plus avec la politique de l’éducation, comme le montre en particulier le cas des pays d’Europe du Nord. » Le projet figure en bonne place dans l’agenda politique de la France depuis une vingtaine d’années, sans que sa mise en œuvre soit réellement engagée. La Philharmonie contribuera-t-elle, dans ce domaine, à donner le la ?
Catherine Vincent pour Le Monde du 14 janvier
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Le spectateur de Belleville
January 12, 2015 5:57 PM
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Etaient-ils factices les trémolos dans la voix pour chanter la force des engagements républicains ? Etaient-ils opportunistes les appels unitaires à la culture comme contrefeu d’une cohésion sociale et nationale minée par l’horreur économique ? Etaient-ils tout bonnement cyniques les effets de manche sur l’importance du lien social et du « vivre ensemble » ? Demain, vous lirez un communiqué de presse estampillé « Ville de Niort » qui invite le CNAR à faire ses valises dès 2016 parce que « la capacité contributive de la Ville ne permet pas d’accompagner toutes les structures »… Après avoir fait un chèque aux écoles privées de près de 800 000 Euros, à la veille d’acquitter des factures de plusieurs centaines de milliers d’Euros pour la vidéosurveillance, les arts de la rue se voient priver de leurs locaux et de leurs financements (150 000 Euros - enfin de 135 000 Euros après la première gifle budgétaire reçue en décembre dernier-)… Moins d’artistes, moins d’emplois, moins d’expressions créatives, moins d’action culturelle émancipatrice ; c’est donc cela la première réponse politique de la Ville aux évènements tragiques de la semaine passée ? Ainsi, non seulement la Ville de Niort - « seule ville de taille moyenne à financer quatre structures dont les rôles répondent aux missions d’un label national » (je cite ici le communiqué !!!) fait le choix du déclin mais elle saborde en conscience la plus importante de ses missions de service public. Quand les responsables sont à ce point irresponsables, un seul mot : résistance ! Nicolas MARJAULT
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Le spectateur de Belleville
January 12, 2015 3:37 PM
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Libertaire, toujours en mouvement, la septuagénaire a quitté l’Opéra de Paris après vingt ans à sa tête. Peu d’êtres unissent, comme Brigitte Lefèvre, un naturel aussi spontanément galbé à un contrôle de soi aussi efficacement planté. En entretien - et elle en a donné beaucoup depuis son départ à l’automne de l’Opéra de Paris -, ce grand écart prend la forme d’un tourbillon chaud et froid. Plus elle semble bonne copine, plus elle est maîtresse femme. Plus elle semble maîtresse femme, plus elle file à l’anglaise, en septuagénaire buissonnière, dans les couloirs néo soixante-huitards de sa fantaisie. Plus elle vous parle, moins elle en dit. Elle se rappelle d’une phrase de Noureev : «Pas parler… faire !» Elle ne parle que pour prolonger la possibilité de faire. Quand elle s’est vue en 2009 dans le documentaire que Fred Wiseman consacra à l’Opéra, elle a trouvé qu’elle avait l’air d’un singe. Pourquoi ? Parce que ses mains s’agitaient, comme voltigeant de liane en liane pour porter la nouvelle à Tarzan, quel qu’il soit : «J’ai l’impression que si je ne fais que dire, je ne me fais pas comprendre. Je me sens en dehors de ce que je ressens. A l’intérieur, je pense beaucoup, beaucoup… et puis j’y vais. Ensuite, j’aime m’effacer devant des grandes personnalités, comme ça, avec le calme de quelqu’un qui n’est pas un singe.» La danse s’élève où la parole s’éteint ; Brigitte Lefèvre bouge de la tête et des mains comme si la première était sans limite et la seconde, sans effet. C’est un plaisir de la regarder vous étourdir et penser. Mais vous n’apprendrez rien sur ce que signifie, concrètement, exercer l’autorité. Elle a trouvé ridicule Vincent Cassel en chorégraphe maléfique dans Black Swan, «s’il y en avait des comme ça, je ne les ai pas vus». Il y en avait, et des danseuses terribles, comme dans toute armée, mais la générale salue sans distinction la troupe au moment des adieux. Dompteuse. Il n’est pas donné à tout le monde d’avoir dirigé un monument national que, danseuse, on avait choisi de quitter. Elle avait 28 ans lorsqu’elle en sortit, quarante lorsqu’elle rangea ses chaussons, cinquante lorsqu’elle y revint. Elle en a soixante-dix, sa silhouette et son énergie les démentent. Comme tant d’anciennes danseuses, formées à cette discipline de l’âme qu’est le travail du corps dans toutes ses dimensions simultanées, on dirait un vieux faon martial, prêt à trotter dans une forêt de carton-pâte, le cou haut, les pattes au vent, en mobilité perpétuelle dans ses discours et sur le plancher, toujours entre deux ombres et deux âges. C’est une dompteuse à l’aventure : elle a discipliné sa passion par l’institution, l’a déclinée contre elle, à La Rochelle et ailleurs, au travers de la danse moderne, puis a reconverti l’une en rajeunissant l’autre. Comment définir ce monde de l’Opéra avec qui elle fut à tutu plus qu’à toi, sans excès de familiarité, ce monde qu’elle vient de laisser ? «Il y a un côté mallarméen dans la danse française. Pour le tricentenaire, on parlait du "dédain de la virtuosité". Ce qu’on y fait est d’une difficulté sans nom, une somme de travail incroyable sur des arguments assez simplets. Les Russes, pour certains, se perdent davantage dans l’ivresse de la danse.» A Saint-Pétersbourg, il y a longtemps, elle a vu danser un jeune homme qui s’appelait Barychnikov : «Un jour, il est venu dans la classe et il s’est mis à faire des pirouettes. Lui, c’est l’aisance, la curiosité. Il a tout fait différemment, avec plus de souplesse…» A Paris, enfant, elle était à l’école de danse de l’Opéra quand on a dit aux élèves qu’elles pouvaient assister à une répétition : «Et là, on voit… quelque chose d’incroyable. C’était la danse sauvage et savante. C’était Noureev.» Ils se connurent ; ils n’ont jamais été amis. A-t-elle lu Danseur, le roman qu’il a inspiré à Colum McCann ? Elle fait la moue : «Oui… J’ai préféré Blonde, de Joyce Carol Oates, sur Marilyn Monroe. Je suis intéressée par les gens, comme elle, qu’on veut voler. Ce n’était pas du tout le cas de Rudolf.» Plus tard, deux fois, elle a dansé pour Merce Cunningham : «La première fois, il me regarde répéter, puis il ne me regarde plus du tout. Je m’approche ; il fait non de la tête ; j’avais dansé deux secondes de trop, donc ça n’allait pas : je n’étais pas dans le mouvement. Or, danser, c’est être dans un mouvement, pas dans l’expression de soi… enfin, si, c’est aussi être dans l’expression de soi. De tout ce que je vous dis, on peut dire aussi le contraire !» Que lui a apporté l’abstraction sensuelle de Cunningham ? «Il a changé ma vie, parce qu’il a changé mon regard. Quand je vois le paysage devant ma maison, en Bretagne, une vasière, les oiseaux, je me dis que c’est un de ses ballets.» «Parfum». Le 31 octobre, elle a donc quitté le bureau de directrice de la Danse au Palais Garnier, qu’elle occupait depuis vingt ans. Ce soir-là, on jouait Rain, un ballet d’Anne Teresa de Keersmaeker, sur une musique de Steve Reich. Après le spectacle, il y a eu une cérémonie. Les techniciens ont applaudi l’implacable et libertaire matronne :«J’ai toujours alterné entre être très près, sur le plateau, et les petites places au fond de la salle. Ce soir-là, il fallait être sur le plateau. Je n’avais pas de nostalgie, mais le plaisir d’être là.» Elle n’y est pas retournée depuis. Quand elle a arrêté de danser, ce fut pareil : jamais plus, dit-elle, elle n’a fait une barre. Pourquoi imposer à son corps un changement aussi brutal ? Elle balaie d’un geste le souvenir, la souffrance, les regrets : «On est à un tel niveau qu’il faut passer à autre chose. Je suis comme ça. J’ai peut-être eu tort. Maintenant, chaque matin, je fais trois quarts d’heure de yoga.» Aujourd’hui, elle est au Théâtre de l’Ouest parisien, à Boulogne-Billancourt, que dirige son mari. Avec Daniel San Pedro, elle monte un spectacle inspiré des Cahiers de Nijinski (1). Le danseur russe les a tenus en 1918, juste avant d’être interné. Mort en 1950, il est enterré au cimetière de Montmartre. Elle parle de sa douceur et elle connaît sa tombe : «Vous avez vu les santiags qu’ils lui ont mises ? Ça ne va pas du tout ! Il n’y a aucun film de lui, mais on connaît les ballets. C’est la grâce même, l’émanation de cet homme devient un esprit, un parfum. Mais c’est peut-être le chorégraphe qui m’intéresse le plus : ça se passe dans le ventre, quelque chose se dépose dans le faune.» Aurait-elle aimé, comme son amant Diaghilev, diriger les Ballets russes ? «Non, ce n’est pas dans mon époque. Mais j’aurais aimé les voir : c’est quand même le triomphe du goût.» Le goût, cette chose pour laquelle les gens sont désormais prêts à tuer si on ne la leur accorde pas, c’est quoi ? «Je vais dire un truc un peu à la con : le goût, c’est le goût des autres, de ne pas s’installer, d’agir, de découvrir, d’associer. Au début, les ballets russes, c’était le faste. Il y a les productions luxueuses, et il y a les productions fastueuses ; c’est différent. Le goût est dans le faste. Et puis les Ballets russes, c’était une bande, des baladins qui venaient de partout. Aujourd’hui, je n’entends parler que d’argent, de mécénat, de luxe. Mais la danse ne peut pas être un produit de luxe.» Elle est à la fois enthousiaste et critique sur l’époque. La baisse des budgets, le rétrécissement mental, la remontée du poujadisme culturel chez les élus locaux, tout cela lui fait tendre le cou et pincer le nez : «Il n’y a pas longtemps, j’en ai rencontré un qui m’a dit : faut que vous sachiez, les gens de la culture, maintenant, c’est fini !» Que lui a-t-elle répondu ? «Que voulez-vous répondre à ça ? J’ai souri et je lui ai dit : merci de ne pas avoir parlé de cultureux !» (1) «Les Cahiers de Nijinski», Théâtre de l’Ouest parisien, Boulogne-Billancourt, jusqu’au 18 janvier. Mise en scène de Daniel San Pedro et Brigitte Lefèvre, avec Clément Hervieu-Léger et Jean-Christophe Guerri. Philippe Lançon
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Le spectateur de Belleville
January 12, 2015 3:10 PM
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(La marionette de la République dans le cortège du 11 janvier 2015, Annabelle Laurent / 20 Minutes) INTERVIEW - La metteuse en scène Ariane Mnouchkine explique à «20 Minutes» pourquoi elle marche… La metteuse en scène Ariane Mnouchkine défile accompagnée d'une marionnette géante, animée par la troupe du théâtre du Soleil, représentant la République.... Pourquoi marcher aujourd'hui? Quelle question. Aujourd'hui c'est une journée où les Français - les Européens et au-delà apparemment - doivent dire ce qu'ils veulent, Et pas seulement ce qu'ils ne veulent pas. Ce qu'on veut, C'est ce pourquoi tant de gens se sont battus depuis trois siècles, c'est la démocratie, la liberté, l'égalité, la fraternité. Ce qu'on a voulu assassiner, c'est la liberté d'expression mais pas seulement, c'est l'égalité entre les hommes et les femmes, c'est la fraternité, c'est l'art, c'est la beauté. La République a encore plein de défauts, mais on veut la défendre. C'est l'art et la culture qui ont été attaqués mercredi? C'est bien plus global que ça. Bien sûr que ça a touché des artistes, mais aussi des policiers, des gens qui allaient faire leur marché... Ça nous touche tous, et ça touche, il ne faut pas l'oublier, énormément de musulmans. Vous redoutez les mois à venir? Ça ne sert à rien de les redouter, on va les vivre! Aujourd'hui, c'est encore une journée simple, où les gens intelligents vont faire taire leurs différends. Et ceux qui sont suffisamment rétrécis sous leur idéologie pour ne pas participer aujourd'hui, sous différents prétextes, je trouve ça très, très bête. Cela prouve leur petitesse. A partir de demain les différences vont s'exprimer, et la bataille qui est à mener, et qu'on a trop tardé à mener, va être très compliquée. C'est très compliqué pour une démocratie de se défendre comme une démocratie en restant une démocratie.
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Le spectateur de Belleville
January 12, 2015 2:11 PM
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Publié par l'Obs (AFP) : - C'est la première pièce d'un tout jeune Tchekhov de 18 ans, et tout est déjà là, la mélancolie d'un monde finissant, les rêves de jeunesse piétinés par la vie, dans ce "Platonov" magnifiquement porté par le collectif "Les Possédés" et la comédienne Emmanuelle Devos.
L'actrice de 50 ans, très demandée au cinéma comme au théâtre ("La porte à côté" à Edouard VII la saison dernière) est tout simplement parfaite dans cette pièce de plus de trois heures où elle incarne la jeune veuve d'un général, à la tête d'un domaine en faillite.
Autour d'elle gravite tout le petit monde de Tchekhov: jeunes femmes romantiques, paysans enrichis, aristocrates oisifs, bourgeois avides ... Au centre de cette micro société, un homme fascine et séduit toutes les femmes, Platonov, "notre petit Platon", pour l'un, "un second Byron" pour l'autre.
Intellectuel velléitaire, Platonov a arrêté ses études, il végète à la campagne dans un emploi de maître d'école, s'ennuie auprès de Sacha, sa "petite paysanne".
Rodolphe Dana est ce Platonov séduisant et veule, généreux et hyper égoïste, "le meilleur exemple de l'incertitude de notre époque".
On ne sait jamais s'il s'amuse avec les femmes pour tromper le temps, ou s'il est le jouet de toutes celles qui sont folles de lui, dépassé par les événements. "Je suis en train de me perdre", dit-il, torturé par ses désirs contradictoires. "Trop de passion et pas assez de force", entend-on dans le texte, servi par une belle traduction moderne d'André Markowicz et Françoise Morvan.
Emmanuelle Devos a la grâce et la complexité des héroïnes tchékhoviennes, dont on découvre la profondeur au fur et à mesure de la pièce. Sa présence irradie le plateau, elle est "la générale", mais aussi une femme amoureuse, avide de brûler sa jeunesse avant de dépérir dans ce trou perdu.
Tout cela est joué au plus près du texte, sans costumes ni tralala, avec une fluidité qui font passer les 3H40 à toute vitesse. C'est tragique, mais c'est aussi souvent très drôle. Et lorsque tout est joué, détruit irrémédiablement, "Que faire? Enterrer les morts et réparer les vivants". (AFP) "Platonov", jusqu'au 11 février au Théâtre de la Colline à Paris, puis en tournée (Colombes, Gap, Marseille, Toulouse, Brest, Dunkerque, Lille, Angers, Tours etc.)
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January 12, 2015 12:22 PM
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Publié par Le Monde : Beckett-Brook : fier tandem Mise en scène de cinq courts textes, en anglais, au Théâtre des Bouffes du Nord.
Samuel Beckett aimait les arbres. Il en avait planté autour de sa maison d'Ussy, dans la Marne, où il s'isolait pour écrire. Selon son biographe, James Knowlson (auteur de Beckett publié chez Solin-Actes Sud), en décembre 1956, Beckett et sa femme Suzanne prenaient beaucoup d'intérêt à voir comment leurs jeunes pousses résistaient au froid. L'ébauche d'une pièce en est née, avec ces répliques : « Comment vont les arbres ? » « Difficile à dire. On est en hiver, vous savez. Ils sont tout noirs et nus, y compris les persistants. »
La pièce, intitulée Le Crépuscule, a été reléguée dans un tiroir par Beckett. Mais la réplique est revenue, dans Fragment de théâtre 1, écrit presque vingt ans plus tard et joué aujourd'hui aux Bouffes du Nord. On y voit deux mendiants, l'un violoniste aveugle, l'autre estropié, qui font connaissance dans la rue. L'aveugle demande : « Que font les arbres ? » « Difficile à dire. C'est l'hiver, vous savez. », répond son compagnon.
Couper, pour aller là où les mots rejoignent l'innommable : c'est l'œuvre d'une vie, la marque indélébile de Beckett, dont Peter Brook présente, sous le titre de Fragments, de courts textes avec ou sans paroles, qu'on a peu l'occasion de voir ou d'entendre, surtout en anglais, comme c'est le cas ici, où les représentations ont lieu en anglais surtitré en semaine, et en français le week-end, avec les mêmes comédiens.
Ce spectacle a été créé à l'automne 2006. Il est repris, face à des salles enthousiastes, et un changement dans la distribution : Kathryn Hunter remplace Geneviève Mnich. Et c'est merveille d'entendre cette comédienne dans Berceuse, que Beckett écrivit en 1980, et en anglais (Rockaby).
Soit une femme seule, avec une robe noire, qui se balance dans un rocking-chair, tandis qu'une voix off dévide le fil de ses pensées. Elle cherche « une âme comme elle », « une âme vivante », dans le défilement des jours ponctué par des « temps qu'elle finisse ».
UNE LUMIÈRE DE TOUTE BEAUTÉ
Peter Brook ne respecte pas à la lettre ce va-et-vient au tempo d'inexorable métronome. Il fait dire par Kathryn Hunter le monologue enregistré. En anglais, les mots, au phrasé musical, semblent rebondir comme de petites balles feutrées. On a l'impression qu'ils s'envolent, effleurent un mur ou la coupole du théâtre, et reviennent, pour repartir ailleurs. Extraordinaire sentiment, et si rare. Pendant ce temps, la frêle silhouette de Kathryn Hunter est sagement assise sur une chaise qu'elle finit par quitter, pour la bercer, d'un geste doux, presque imperceptible, mais dans lequel s'écoule tout le sablier du temps. Jusqu'au moment où elle se rassied, et reste là, tête renversée.
Morte sans doute, mais ce n'est pas la question. La femme de Berceuse emporte avec son départ un sentiment de la vie qui s'imprime en vous, comme s'imprime la lumière rouge (signée Philippe Vialatte) qui introduit et clôt Berceuse. Une lumière de toute beauté, qui elle aussi contient un sentiment de la vie, à l'image du bleu de Klein. A la création de Fragments, à l'automne 2006, Michel Cournot écrivait que les Bouffes du Nord, sous ces murs empourprés, semblaient rougir d'émotion (Le Monde du 16 octobre 2006). C'est cela.
Lire aussi (en archives pour les abonnés) : Beckett, ou un moment magique de théâtre à l'envers
Ils savent aussi faire résonner les rires, ces murs, dans d'autres textes, interprétés par Jos Houben et Marcello Magni, rejoints par Kathryn Hunter dans la dernière pièce, Va et vient. Mais nous n'allons pas tout vous raconter, ce serait rosse. Allez à la Chapelle, vous y verrez comme des comédiens peuvent ressembler à des enfants joueurs, et rendre à Samuel Beckett ce qui lui appartient : le souffle vital, avant la fin.
Fragments, de Samuel Beckett. Mise en scène : Peter Brook et Marie-Hélène Estienne. Avec Jos Houben, Kathryn Hunter et Marcello Magni. Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis, bld de la Chapelle, Paris 10e. Mo La Chapelle. Tél. : 01-46-07-34-50. Jusqu'au 24 janvier. Du mardi au samedi à 20 h 30, les samedis 17 et 24 janvier à 15 h 30. Spectacle en anglais, surtitré en français. De 14 € à 30 €. www.bouffesdunord.com
Brigitte Salino Journaliste au Monde
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Le spectateur de Belleville
January 11, 2015 8:50 PM
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Publié dans La Croix :
Mise en scène avec sensibilité par Olivier Desbordes, la comédie musicale qui inspira le célèbre film de Bob Fosse révèle une vraie comédienne, Nicole Croisille
Tiré de la nouvelle de Christopher Isherwood, Goodbye to Berlin (1939), qui se fonde sur l’expérience de l’auteur, Cabaret est une leçon d’histoire à la fois grave et ludique. Rejetant l’élite conservatrice britannique qui n’admettait pas son homosexualité, Isherwood s’était réfugié en 1929 à Berlin. Il en sera chassé par les nazis en 1933. DE BROADWAY AU CINÉMA Ce texte est adapté en 1951 pour le théâtre par John Van Druten et repris à Broadway en 1966 en comédie musicale par John Kander (né en 1927) pour la musique et Fred Ebb (1933-2004) pour les paroles. Cabaret sera popularisé par le film de Bob Fosse en 1972 avec Liza Minnelli dans le rôle de Sally Bowles, chanteuse américaine vedette du Kit Kat Klub dont s’éprend le héros, l’écrivain Clifford Bradshaw, mais qui refusera de le suivre en Angleterre. L’on se souvient peut-être des productions de Jérôme Savary ou de Sam Mendes de ce fascinant Cabaret. Contrairement à ses prédécesseurs qui avaient donné l’œuvre en français, Olivier Desbordes propose un « mixte », les numéros chantés en américain, les dialogues en français. On retrouve l’esprit de Bertolt Brecht, Kurt Weill et Hanns Eisler. Jérôme Savary avait fait appel à Dee Dee Bridgewater pour incarner Sally ; Olivier Desbordes a choisi, lui, la fille de la chanteuse de jazz, China Moses. ACTEURS DE TALENT ET DÉCOR UNIQUE Le maître de cérémonie est joué par un éblouissant Éric Perez, Clifford par l’acteur Samuel Theis remarqué à Cannes pour son film Party Girl. Créé par Lotte Lenya, veuve de Kurt Weill et créatrice de l’Opéra de Quat’Sous, le rôle de la logeuse Frau Schneider revient à une saisissante et magnifique Nicole Croisille. Elle fait de son personnage le centre d’une action polymorphe. Face à elle, le bouleversant Herr Schultz de Patrick Zimmermann, qu’elle éconduit lorsqu’elle mesure les risques qu’elle courrait si elle épousait un commerçant juif. Tout ce petit monde est animé avec sensibilité et réalisme par Olivier Desbordes qui plonge sa mise en scène dans l’histoire la plus noire, avec un décor unique aux multiples facettes signé Patrice Gouron. Dirigé avec allant par Manuel Peskine, l’ensemble de six instrumentistes élève la partition au niveau de Weill, empreinte à la fois de jazz, de cabaret et de cette musique savante « dégénérée » honnie par les nazis. Bruno SERROU pour La Croix Tournée en France jusqu’au 5 mai : Perpignan (Théâtre de l’Archipel, 10 au 11 janvier), Albi (Scène nationale, 14 janvier), Mérignac (le Pin galant, 16 au 17 janvier), Issy-les-Moulineaux (Palais des Congrès, 31 janvier). Puis Massy-Palaiseau, Biarritz, Cahors.
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Le spectateur de Belleville
January 11, 2015 12:42 PM
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Publié par Théâtre du blog : Oblomov d’Ivan Alexandrovitch Gontcharov, traduction d’André Markowicz, adaptation et mise en scène de Volodia Serre, avec Guillaume Gallienne dans le rôle-titre Oblomov, propriétaire terrien installé à Saint-Pétersbourg, passe ses journées, avachi sur son canapé, en robe de chambre, habité par un goût prononcé pour l’oisiveté. Quand son valet Zakhar le regarde, ou son meilleur ami Stolz, c’est l’ironie, avec un sourire mi-figue, mi-raisin, qui l’emporte. Le rêveur passe le plus clair de son temps, reclus dans un appartement d’où il va être bientôt délogé par le propriétaire qui souhaite le récupérer. La vie miniaturisée et réduite de cet anti-héros poétique se tourne entièrement vers son passé bienheureux à Oblomovka, la demeure aristocratique du village de son enfance, dans une pièce poussiéreuse au papier peint usé et déchiré. Ce refuge n’en reste pas moins comme la demeure baudelairienne du Spleen de Paris, « Une chambre qui ressemble à une rêverie (…) L’âme y prend un bain de paresse, aromatisé par le regret et le désir. » Oblomov, que son ami éclairé Stolz secoue avec force pour essayer de le libérer de ses entraves, ressemble étrangement au Jean Santeuilde Marcel Proust : « Chaque jour, il promettait à sa mère de travailler, à partir du lendemain, et le lendemain, la paresse, plus insolente que la veille de la nouvelle journée qui lui avait été laissée en pâture, avait vite fermé ses livres ou ôté la plume de ses doigts. » Méditatif et cultivé, en quête d’un dialogue constant avec les autres, Oblomov n’est plus désormais que l’ombre de lui-même, déserté par la moindre passion, si ce n’est celle d’un paradis imaginaire et perdu. A la différence des insectes attirés par la lumière, cafards et autre vermine, qui courent sur les murs de sa chambre et qui peuplent ses cauchemars, le convalescent de l’existence ne semble tiré par rien, mais déserté par la gamme des émotions, peines et des joies humaines. Guillaume Gallienne est tout bonnement excellent, nuancé et sincère dans la révélation de ses choix de vie à l’intérieur d’un joli fil de méditation bien tendu. Sébastien Pouderoux,est Stolz, l’homme loyal et l’ami précieux, sûr et fier de lui, qui représente l’image même du succès,et l’écho masculin d’Olga, la belle musicienne (Raphaèle Bouchard). Alain Lenglet, (Zakhar, le serviteur fidèle) donne la répartie d’un ton bougon, celui d’un paysan qui sent les changements à venir. Nicolas Lormeau joue un proche de l’anti-héros, serviable mais étroit de pensée. Cette mise en scène facétieuse et vive de Volodia Serre s’inscrit dans l’appréciation critique de nos temps bousculés, avec un regard incisif. Véronique Hotte CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE Théâtre du Vieux-Colombier – Comédie-Française, du 9 au 25 janvier 2015.
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Le spectateur de Belleville
January 10, 2015 11:38 AM
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Publié dans Le Figaro : Mobilisation générale : les théâtres de France se fédèrent pour acheter 100.000 exemplaires du journal satirique, certains cinémas lui reversent les recettes et le Festival d'Angoulême crée un prix de la liberté d'expression. L'attentat survenu mercredi 7 janvier dans les locaux du journal satirique Charlie Hebdo a laissé le monde de la culture en deuil. Du côté du ministère, Fleur Pellerin compte débloquer 1 million d'euros «afin d'assurer la pérennité» de l'hebdomadaire. Alors qu'une soirée d'hommage caritative se profile dimanche soir à la Maison de la radio, en partenariat avec France Télévisions, où artistes, humoristes et intellectuels sont attendus, d'autres personnalités du monde culturel se mobilisent.
Touché tout particulièrement par ces funestes événements: le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, qui se tiendra du 29 janvier au 1er février. Wolinski était Grand Prix 2005. Les responsables de la manifestation souhaitent mettre en place une exposition des dessins de Charlie Hebdo et créer une nouvelle récompense, un prix de la liberté d'expression, centré autour du dessin de presse. «Nous voulons que le festival soit un temps de débat permanent et rassemble au-delà de la bande dessinée: des journalistes, des patrons de presse et des représentants de la République», affirme ainsi Franck Bondoux, délégué général du festival. Certaines institutions culturelles ont décidé de leur côté de bouleverser leur programmation pour permettre à leurs équipes et au public de se rendre à la marche républicaine de dimanche. Une décision encouragée par le Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles), qui appelle ses adhérents à participer aux rassemblements spontanés. Le Théâtre de la ville de Paris a décidé, en raison du plan Vigipirate qui ne permet pas aux enfants et aux adolescents de se déplacer hors de leurs établissements scolaires, de délocaliser certaines de ses représentations au sein mêmes des établissements. «Aux avant-postes» À l'initiative du Monfort (Paris XVe), de nombreuses salles de spectacle tels que Le Point Éphémère, Nanterre-Amandiers, le Théâtre du Soleil… ont décidé d'acheter 100.000 exemplaires du prochain numéro de Charlie Hebdo pour les offrir à leur public. D'autres reverseront leurs recettes au journal, comme le théâtre privé La Pépinière Théâtre (Paris IIe) pour son spectacle Voyages avec ma tante. Le Carnaval de Nice n'oublie pas le dessinateur Tignous, grand habitué de la manifestation. Il lui dédiera sa prochaine édition, du 13 février au 1er mars. La forme de cet hommage est encore en cours de discussion. Dans les musées français, les initiatives fleurissent. La bibliothèque Kandinsky, au Centre Pompidou, consacre une exposition aux débuts de l'hebdomadaire satirique. La Bibliothèque nationale de France a décidé d'honorer Georges Wolinski en projetant son autoportrait intitulé Adieu. Au Palais de Tokyo, les artistes sont invités à créer ensemble pour exprimer leur solidarité. En province aussi, la mobilisation est forte, comme au musée Tomi Ungerer-Centre international de l'illustration, à Strasbourg. Plusieurs cinémas projetteront quant à eux le documentaire Caricaturistes, Fantassins de la démocratie de Stéphanie Valloatto: l'Émeraude à Dinard et Dinan, l'Eden à Montmorency et Le Vauban à Saint-Malo. Leurs recettes seront reversées au profit de Charlie. Le Forum des images à Paris fera de même: une séance gratuite aura lieu dimanche, à 18 h 30, en compagnie du producteur de ce documentaire, Radu Mihaileanu. «La culture doit être aux avant-postes pour reconstruite la société», déclare Laurence Herszberg, directrice de l'établissement. La Philharmonie, qui sera inaugurée le 14 janvier, dédiera sa soirée d'ouverture aux victimes. Une initiative qui fait écho à une mobilisation générale du monde de la musique. Plusieurs artistes donnent de leur voix: les Françoises (composées de Jeanne Cherhal, Camille, La Grande Sophie et Emily Loizeau) et le chanteur amateur Jean-Baptiste Bullet, qui fait le tour des réseaux sociaux avec son titre #JeSuisCharlie (7 millions de vues sur Facebook à l'heure où nous écrivons ces lignes). De son côté, Radio FG, consacrée aux musiques électroniques, lance un appel aux clubs, festivals et DJ afin qu'ils reversent les recettes de ce week-end à Charlie Hebdo. (Avec le service culture.)
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Le spectateur de Belleville
January 9, 2015 6:32 PM
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Publié dans Télérama (8 janvier) : Inscription dans la loi du régime spécial, dégel des réserves, mesures d'urgence. Le Premier ministre a multiplié les gestes d'apaisement à l'égard du monde la culture. Mercredi 7 janvier, à 11h00, le premier ministre Manuel Valls recevait officiellement à l'hôtel Matignon le rapport issu de la concertation sur le régime d'assurance chômage des intermittents. Il l'avait lui même lancée en juin dernier au plus fort de la crise afin de sauver les festivals de l'été. Entouré de la ministre de la Culture Fleur Pellerin, du ministre du Travail, François Rebsamen, et des trois rapporteurs qu'il avait désignés (le député PS Jean-Patrick Gille, Jean-Denis Combrexelle, ex-directeur général du Travail, et l'ex-co-directrice du Festival d'Avignon, Hortense Archambault), il a délivré un long discours, laudateur à l'égard de la culture et de l'art. Il a souligné à maintes reprises leur rôle dans le rayonnement de la France (« Si la France est une grande nation, elle le doit à l'audace de sa création artistique »), dans « l'épanouissement de l'individu », dans la construction du lien social « dans une société en pertes de repères »... avant de les identifier aussi comme des secteurs d'avenir de notre économie (3,2% de la richesse produite en France et 680 000 emplois directs). Comme pour convaincre davantage le monde de la culture, inquiet et fragilisé, ses mots furent accompagnés de nombreuses annonces. La plus spectaculaire, peut-être, de son discours fut le dégel dès janvier des 8% de réserve parlementaire qui sert d'habitude à gérer les comptes publics. Sur les lignes budgétaires de la création et de la transmission des savoirs exclusivement (on espère que l'éducation artistique s'en trouvera dopée). Du jamais vu à cette période de l'année. Autre annonce tout aussi inattendue en ces temps de disette : l'augmentation de ces mêmes titres budgétaires en 2016, et au-delà.... Manuel Valls envoie là un message politique fort aux collectivités territoriales qui font aujourd'hui de la culture leur première variable d'ajustement, au risque de commettre des dégâts irréparables dans ce qui a été patiemment construit pendant des années de décentralisation culturelle. L'inscription dans la loi des annexes 8 et 10 Sur l'intermittence, le Premier ministre reprend l'esprit et la lettre du rapport dont le but, annoncé dans le titre est de bâtir « un cadre stabilisé et sécurisé pour les intermittents du spectacle ». Il définit les grandes lignes d'un calendrier : Dans un premier temps, une mesure phare et symbolique, dès le premier semestre 2015 : l'inscription des annexes 8 et 10 du régime d'assurances chômage réservée aux artistes et aux techniciens du spectacle vivant et enregistré dans l'acier de la loi. Désormais les gestionnaires de l'Unedic devront toujours faire avec. Puis, pour parer à l'urgence de la situation d'intermittents en danger : continuer le paiement du différé d'indemnisation induit par les accords contestés du 22 mars dernier,trouver une solution pour ceux qui sont pris au piège des nouveaux droits rechargeables du régime général sans pouvoir retourner dans celui des annexes 8 et 10,faciliter le droit aux congés maternité des « matermittentes ». Dans un second temps, pour la réforme pérenne du système, Manuel Valls compte toujours – a priori – sur un accord dans le cadre du paritarisme. Cela nous mènera sans doute jusqu'en 2016, date de la renégociation globale de l'assurance-chômage. Nouveauté de taille : la création d'une « sous-instance » invitant les employeurs de la profession (jusqu'à aujourd'hui non membres de l'Unedic) comme les associations de salariés. Leurs avis et solutions (à condition qu'ils soient une synthèse unanime) seront obligatoirement entendus par les négociateurs de l'Unedic qui leur auront préalablement quand même fixé un cadre financier. Par ailleurs, les recommandations les plus flagrantes du rapport des sages (même si ceux-ci se défendent de trop « préconiser » pour laisser toute la place au dialogue paritaire) sont citées : celles du retour à la date anniversaire pour le calcul des 507 heures donnant droit à l'indemnisation, et du plafonnement du cumul des salaires et des indemnités. Mais, attention, faute d'accord des professionnels du spectacle vivant et enregistré, les règles seront à nouveau fixées par les signataires du régime général... Autre problème sur lequel la profession devra elle-même statuer dans le cadre des conventions collectives de ses branches (audiovisuel, spectacle subventionné...) : la liste des métiers éligibles au CDDU (le contrat à durée déterminée d'usage réservé aux intermittents). Et le premier ministre de rappeler que le CDDU ne doit pas être « détourné de son usage... dans une sorte de collusion employeurs/employés ». A bon entendeur, car les contrôles seront renforcés dans l'audiovisuel... Là aussi, faute de synthèse dans un délai d'un an, c'est la voix réglementaire qui primera. Enfin, pour agir en profondeur sur l'emploi culturel, et pas seulement sur l'indemnisation du chômage, Manuel Valls annonce la création d'un fond pour le développement de l'emploi permanent. Il sera abondé par l'argent débloqué par l'Etat pour le paiement du différé, une fois que la réforme rendra cela inutile. Une conférence pour l'emploi réunira toute la profession, dès le mois de septembre 2015, pour mettre en place de nouvelles solutions... “Au milieu du gué” En reconnaissant l'apport de ces six mois de concertation, le chef du gouvernement donne des fondations solides pour bâtir un système pérenne d'assurance chômage pour les intermittents, avec de sérieux garde-fous. Mais le dernier étage reste à la charge des partenaires sociaux de l'Unedic. Puissent tous ces gens intelligents s'entendre dans l'année qui vient. Medef et CFDT versus la CGT en particulier... Le Syndéac, principal syndicat d'employeurs du spectacle vivant subventionné, note, après le discours de Manuel Valls, que « chacun est aujourd’hui à sa juste place : l’Etat dans son rôle d’encadrement légal et de régulateur économique, respectueux du dialogue social ; les organisations interprofessionnelles dans leur gestion indépendante de l’Unédic ; les organisations du secteur enfin reconnues dans leur responsabilité, les artistes et techniciens intermittents dans la légitimité de leurs spécificités professionnelles » Le Syndéac précise qu'il est prêt à se mettre au travail. Denis Gravouil, secrétaire de la CGT-Spectacles, déclarait de son côté à l'AFP : « On est au milieu du gué, mais il faut que le gouvernement mette en œuvre ce qu'il annonce. » Samuel Churin, porte-parole de la Coordination des Intermittents du spectacle, est, lui, beaucoup plus sceptique : « C'est une grosse opération de communication, l'inscription dans la loi ne change rien. Nous, nous voulions une réouverture immédiate des négociations, or elle se tiendra comme convenu en 2016. » A moins qu'un avenant spécifique aux annexes 8 et 10 ne sorte des tuyaux... A suivre, donc. Emmanuelle Bouchez pour Télérama
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January 9, 2015 12:13 PM
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Comme à l'Odéon, le Théâtre de Gennevilliers, T2G, a décidé de permettre aux spectateurs de se rendre à la manifestation de dimanche.
Les représentations de Répétition de Pascal Rambert, dans une mise en scène de l'auteur, avec Audrey Bonnet, Emmanuelle Béart, Stanislas Nordey, Denis Podalydès, ont repris après quelques jours de relâche.
La représentation de dimanche à 15h n'aura pas lieu, mais le samedi suivant, une représentation supplémentaire sera donnée à 15h en plus de celle de 20h30.
Tous renseignements au théâtre : 01 41 32 26 26..
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Le spectateur de Belleville
January 7, 2015 6:19 AM
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Publié par Le Monde : Les 507 heures en douze mois, slogan de la Coordination des intermittents et précaires (CIP) depuis le conflit de 2003, c’est économiquement possible ! Mais reste à savoir si ce modèle alternatif d’assurance-chômage des artistes et des techniciens du spectacle sera, dans les faits, politiquement faisable. On ne saurait mieux résumer la situation alors que les « trois sages » ont remis leur rapport au premier ministre, mercredi 8 janvier, à 10 heures du matin. Le 24 juin 2014, Manuel Valls confiait une mission de concertation au député Jean-Patrick Gille, à l’ancienne codirectrice du Festival d’Avignon, Hortense Archambault, et à l’ancien directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle. Alors que le monde de la culture ne décolérait pas contre l’accord du 22 mars 2014 sur l’assurance-chômage, il s’agissait de sortir des crises à répétition et de trouver un cadre pérenne aux annexes 8 (techniciens) et 10 (artistes) de l’Unedic.
Dans sa hotte de Noël, le trio formule trois propositions que Manuel Valls va retenir et préciser lors de sa conférence de presse à Matignon, mercredi matin : la première consiste à inscrire dans la loi le principe d’un régime spécifique pour les artistes et les techniciens du spectacle. « Les annexes 8 et 10 demeurent dans la solidarité interprofessionnelle, et on ne crée pas de caisse autonome. En revanche, on inscrit le principe du régime spécifique dans la loi pour écarter toute menace sur sa disparition », indique Jean-Patrick Gille. Deuxièmement, les auteurs préconisent une nouvelle gouvernance : les partenaires sociaux détermineraient « l’enveloppe financière » des annexes 8 et 10 – en clair, le montant d’économies à réaliser –, mais laisseraient le soin aux professionnels du spectacle de fixer les règles. Enfin, ils plaident pour la création d’un fond pour l’emploi, lequel serait abondé par l’Etat, afin de structurer le secteur, favoriser la diffusion. Contacté par Le Monde, l’entourage du premier ministre ajoute qu’il sera demandé aux partenaires sociaux de préciser, dans chaque secteur, la liste des métiers éligibles aux contrats d’intermittence, d’ici à la fin de l’année 2015. « Faute de quoi, une liste sera arrêtée par décret », prévient-on à Matignon.
« Guerre » des chiffres Quelle doit être la philosophie d’un régime d’indemnisation pour des professionnels qui alternent des périodes de travail (préparation d’un spectacle, tournage d’un film, concert…) et de chômage, auprès de différents employeurs ? Le régime spécifique, loin d’être un privilège, vise à compenser la précarité de leur activité. Le trio d’experts, dans son rapport intitulé « Bâtir un cadre stabilisé et sécurisé pour les intermittents du spectacle », souligne que le retour aux 507 heures en douze mois « n’est plus un tabou » – alors que, depuis onze ans, le régime a été durci sans générer d’économies (à l’heure actuelle, les artistes doivent réaliser 507 heures en 10,5 mois, et les techniciens 507 heures en dix mois, pour pouvoir bénéficier d’une indemnisation). « L’hypothèse d’un retour à un système de date anniversaire, associé à une période de référence de douze mois, doit pouvoir faire l’objet d’un examen dépassionné dans le cadre des futures négociations de l’assurance-chômage. C’est une revendication essentielle sur laquelle une large partie des interlocuteurs s’accordent au niveau professionnel, qui va dans le sens d’un cadre plus stable et plus sécurisant pour les salariés intermittents », écrivent les auteurs du rapport.
Les travaux menés depuis six mois auront permis de mettre autour de la table des acteurs qui ne s’adressaient plus la parole, sauf pour mener la « guerre » des chiffres. Depuis la réforme contestée du 26 juin 2003, la Coordination – ainsi que la CGTspectacle, avec des nuances – clamait qu’un autre modèle était possible. En réponse, l’Unedic, alternativement présidée par le Medef et la CFDT, publiait des estimations démontant cet argumentaire. Or, la même Unedic a été mise à contribution dans le cadre de la mission de concertation, afin d’évaluer toutes les pistes de réforme, de manière inédite, c’est-à-dire en puisant dans sa formidable base de données. Pour rassurer les sceptiques ont été associés à ces travaux deux experts indépendants, Jean-Paul Guillot, économiste et auteur de deux rapports sur l’intermittence, et Mathieu Grégoire, maître de conférences en sociologie à l’université d’Amiens. Il en ressort, entre autres nombreux résultats, qu’un retour aux 507 heures en douze mois, « toutes choses égales par ailleurs », entraînerait un surcoût évalué entre 35 et 40 millions d’euros – loin des 170 millions d’euros avancés par l’Unedic en juin 2014.
D’autres modèles ont été évalués, à la demande de la Coordination, de la CGTspectacle ou du syndicat d’employeurs, le Syndeac. Et il apparaît que la proposition de la Coordination est la plus économe : « Lors de la synthèse des travaux, en décembre 2014, au Conseil économique et social, à Paris, on a pu sentir la surprise des participants : le modèle de la Coordination génère les économies escomptées par les partenaires sociaux, à savoir une centaine de millions d’euros. Et son savant calcul de l’indemnisation journalière est vertueux, car il évite les effets de seuil », constate Jean-Patrick Gille. Mais l’heure n’est pas à fanfaronner : « On n’est pas dans un esprit de revanche », confirme Samuel Churin, porte-parole de la Coordination. Aux cinquante-deux pages du rapport s’ajoute un passionnant volume d’annexes (450 pages !), rempli de tableaux. Une belle tentative d’évaluation démocratique, qui témoigne par ailleurs de la complexité du dossier. Car il suffit de toucher à un paramètre pour ébranler l’édifice.
Les opposants peuvent s’engouffrer dans la brèche. Ainsi, la numéro deux de la CFDT, Véronique Descacq, récuse l’estimation des 507 heures en douze mois : « Ces chiffres sont des mensonges qui ne tiennent pas compte des effets comportementaux », déclare-t-elle au Monde. Autrement dit, une réforme entraînerait, selon elle, des changements de comportements qui ne manqueraient pas d’alourdir les comptes de l’Unedic. La perspective que les partenaires sociaux renégocient sans tarder les annexes 8 et 10 n’est pas gagnée. Sachant que l’accord sera de toute façon renégocié en 2016. « On ne négociera pas avant 2016 », ajoute Véronique Descacq. En aparté, les auteurs du rapport estiment que le climat n’est pas mûr : il y aurait encore trop de divisions.
Clarisse Fabre
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January 14, 2015 6:34 PM
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Publié dans Libération : François Rancillac modernise «la Place Royale», œuvre de jeunesse de l’auteur classique aux allures de comédie de mœurs. L’air embarrassé de celui qu’on aurait poussé là à son corps défendant, sitôt entré en scène, Cléandre file derechef en coulisses. Pas bien loin - les loges, figurées par une rangée de coiffeuses, sont situées à vue de chaque côté du plateau. Ces passages récurrents de l’ombre à la lumière constituent un élément de jeu important de la Place Royale, pièce écrite par Corneille à l’âge de 28 ans, que présente en ce moment François Rancillac. La scène comme la vie - puisque «le monde est un théâtre» - est le lieu du paraître, et donc aussi celui des faux-semblants. Sur ce grand théâtre du monde, une jeunesse dorée fait ses premiers pas. Ainsi chacun se compose un visage avant de pénétrer sur le plateau. Cela explique pourquoi Cléandre, interprété dans un registre comique par Assane Timbo, enfin réapparu, se cherche une contenance. Alidor, son fidèle ami (joué par Christophe Laparra), lui a fait une proposition déconcertante. Alidor aime passionnément Angélique, laquelle (jouée par Hélène Viviès) le lui rend bien. Pourtant, il veut absolument la jeter dans les bras de Cléandre. De deux choses l’une : soit il envisage un ménage à trois, soit il a derrière la tête une idée autrement tortueuse.
Vanité. La Place Royale, texte qui obsède François Rancillac depuis des années, présente la particularité d’être une comédie mélancolique, même si enjouée. Gravité et légèreté y font jeu égal. La scénographie souligne cet aspect sous la forme d’un tapis de cendres, signe de la vanité de toute chose. Lequel tapis cède bientôt la place à un parquet rutilant ; seul demeure un étroit carré de cendres où gît un crâne humain. Le stratagème conçu par Alidor vise à anéantir son amour pour Angélique. Cette passion violente l’enlève à lui-même. Or, il veut contrôler ses sentiments - ce qu’il appelle sa «liberté». Il y a là une forme de naïveté pimentée d’un brin de perversion. Mais aussi un héroïsme paradoxal dont l’envers serait une peur panique de la sujétion amoureuse.
Bal. C’est bel et bien ce trouble causé par l’éros que Rancillac explore dans ce spectacle joué dans des costumes contemporains. Devant Angélique, Alidor, glacial, prétend en aimer une autre. Plus tard, il lui propose de l’enlever lors d’un bal qui doit être donné prochainement. La scène très réussie est un des temps forts d’un spectacle qui, par ailleurs, manque parfois d’allant, comme si les acteurs, encombrés d’eux-mêmes à l’instar de leurs personnages, avaient du mal à trouver le bon rythme. Car à ce moment-là, ce sont leurs corps qui parlent et les deux amants n’ont jamais été aussi proches. Cependant, Alidor poursuit son double jeu. Cléandre doit le remplacer lors de l’enlèvement. Las, sa stratégie tourne court. Cléandre s’esquive avec une autre. Angélique, abandonnée, disparaît bientôt sous une pluie de cendres. Façon de dire qu’elle renonce au monde pour s’enfermer dans un couvent. Alidor comprend enfin que toutes ses manœuvres n’ont servi à rien, sinon à faire son malheur. Hélas pour lui, il est déjà est trop tard.
Hugues Le Tanneur pour Libération
La Place Royale de Corneille ms François Rancillac. Théâtre de l’Aquarium, route du Champ de Manœuvre, 75012. Rens. : 01 43 74 99 61 ouwww.theatredelaquarium.net
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January 13, 2015 12:14 PM
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Publié dans La nouvelle République : Arguant de raisons budgétaires, la Ville engage avec ses partenaires une réflexion sur l’avenir du Cnar, qui pose la question de sa future implantation. La « Fabrique à spectacles » des usines Boinot pourrait n'être bientôt qu'un souvenir. Passées cette année 2015 et la fin de la convention qui lie la collectivité avec l'État et la Région à son sujet, le Cnar – Centre national des arts de la rue – risque fort d'être prié d'aller voir ailleurs. Hier par un simple communiqué, la Ville a en effet posé les jalons d'un départ programmé de l'équipement : « Niort est la seule ville de taille moyenne à financer quatre structures dont les rôles répondent aux missions d'un label – NDLR. Le Moulin du Roc, Le Camji, le Centre d'art contemporain photographique (Villa Pérochon) et donc le Cnar. Aujourd'hui le seul Centre national des arts de la rue implanté dans la future " grande région ", est situé à Niort.La question de sa nouvelle implantation est donc posée. » Clairement, l'avenir du Cnar niortais se jouera en Aquitaine ou en Limousin, au mieux quelque part ailleurs en Poitou-Charentes. B. de Beaufort : " L'impression que la décision est déjà prise " La situation économique « très contrainte de la Ville, dans un contexte national également très difficile pour les collectivités territoriales », est avancée par la municipalité, pour justifier ce départ annoncé du Cnar, ou tout au moins une réflexion sur son avenir. Et cette réflexion sera lancéedès jeudi : Christelle Chassagne, adjointe à la culture, Bruno de Beaufort, directeur du Cnar, et des représentants des fédérations régionale et nationale des arts de la rue ont rendez-vous, « pour travailler ensemble dans une perspective d'accompagnement du Cnar prenant en compte la nouvelle carte régionale […], pour réfléchir sur les moyens d'accroître sa capacité d'action », précise encore le communiqué. Mais selon Bruno de Beaufort, « la décision est déjà prise ». Et il ne fait aucun doute qu'il la regrette. « Je prends acte que la Ville pose le problème sur une base strictement budgétaire. Mais je regrette que l'on n'ait pas pris le temps de réfléchir à l'intérêt que le Cnar reste à Niort, quel que soit son coût. Je rappelle que le Cnar a accueilli une cinquantaine de compagnies en trois ans, que l'essentiel des 450.000 € de son budget sont réinjectés dans l'économie locale, par les salaires, les prestations extérieures, par les résidences des artistes… », ajoute-t-il en se bornant à évoquer uniquement les aspects financiers de ce « passage » de quatre ans et demi (il a ouvert le 1er septembre 2011) du Cnar par Niort. La Ville souligne qu'elle respectera la convention d'objectifs pour 2015, en versant une subvention de 135.000 €, ainsi qu'en mettant à disposition les locaux.
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January 12, 2015 4:22 PM
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Publié par Emmanuelle Bouchez pour Télérama: Le rapport de la concertation sur le régime d'assurance chômage des intermittents a été rendu. Hortense Archambault et Jean-Patrick Gille, deux des auteurs, nous en disent plus. Après six mois de concertation avec une cinquantaine de personnes issues des coordinations d'intermittents, des métiers du spectacle et de l'audiovisuel, de l'Unedic, des syndicats de salariés (CGT, CFDT, FO…) ou d'employeurs (Medef, Syndeac…) comme des ministères de la Culture ou du Travail, les trois sages missionnés en juin dernier par le premier ministre Manuel Valls, ont rendu officiellement leur rapport, le 7 janvier 2015. Deux d'entre eux, Hortense Archambault, ex-codirectrice du Festival d'Avignon, et Jean-Patrick Gille, député PS spécialiste du dialogue social et fin connaisseur du régime de l'intermittence, ont accepté de répondre à nos questions. (1) Le dialogue a-t-il vraiment eu lieu pendant cette mission de concertation ? JPG : Oui, mais il a fallu faire accepter l'idée, alors qu'on était en plein conflit, de mettre tout le monde à la même table. Rappelons qu'au départ, tous ne se parlaient plus que par communiqués enflammés. Un des apports de notre mission est d'avoir réussi à garder ce cadre de travail effectif car l'enjeu n'était pas de faire une énième concertation mais d'avancer. J'insiste sur cela car après la remise du rapport, vous pouviez avoir le sentiment que l'on renvoyait à une négociation ultérieure alors que, dans les faits, elle est déjà largement engagée… Notre rapport le formalise et fait le point pour mieux dire aux partenaires sociaux de continuer et d'aboutir. Le point important c'est qu'il n'y aura plus de chantage à la suppression des annexes 8 et 10, elles seront inscrites dans la loi. Les partenaires sociaux de l'Unedic ne pourront plus décider tout seuls, en majesté. Ils fixeront le cadre financier, mais le secteur professionnel de la culture, syndicats, coordinations… définira lui-même les paramètres de leur assurance chômage, dont ils sont les meilleurs connaisseurs. Responsabiliser tout le monde Les professionnels ne négocieront pas directement avec l'Unedic, ils ne feront que des recommandations dans le cadre d'une réunion préalable. Peuvent-ils peser sur les débats ? JPG : L'idée majeure est de responsabiliser tout le monde… Et dans la loi, on pourra préciser que la négociation doit comprendre en amont une concertation avec les professionnels du secteur. Cela existe déjà dans d'autres domaines. Aux gens du métier de se mettre d'accord, ils ont désormais tous les outils pour le faire, des simulations chiffrée reconnues par tous grâce aux bases de données de l'Unedic. On est arrivé à cette conclusion parce que l'on a senti, dix ans après la crise de 2003, que tout le monde était mûr pour cela. Mais s'il n'y arrivent pas les gestionnaires du régime général décideront pour eux Comment contenir le recours abusif au CDDU (le contrat à durée déterminé d'usage que signent les intermittents) ? HA : Le recours au CDDU se fait selon des listes de métiers qui existent branche par branche mais pas dans toutes les branches. Il faudra aussi préciser à partir de combien d'heures un salarié en CCDU doit voir son contrat transformé en CDI (et résoudre ainsi les fameux problèmes de « permittence » qui n'existent pas que dans l'audiovisuel). Utiliser le CDDU ne doit pas être une chose qui permette de faire n'importe quoi… Tout cela est à redéfinir et c'est à l'intérieur des branches que ces choses-là peuvent être négociées. On fait confiance aux négociateurs des conventions collectives pour trouver des solutions innovantes qui fonctionneront dans l'économie de leur branche respective. Le Premier ministre a repris votre proposition de créer un fond de soutien à l'emploi culturel… HA : Avec les difficultés de financement actuels du secteur, on voit bien que la création de postes permanents ne se fera pas sans financements complémentaires… Des détails qui n’en sont pas Que pensez-vous du retour à la date anniversaire supprimée en 2003, réclamé par les intermittents : que les 507 heures donnant droit aux indemnités soient réalisées sur douze mois ? HA : Cela permettrait surtout aux artistes et techniciens de mieux s'y retrouver dans leur vie. Finalement, on s'est aperçu pendant cette concertation qu'il y a énormément de choses qui ont l'air d'être des détails mais qui n'en sont pas pour le quotidien des ayants droit. C'est très compliqué pour eux depuis cette suppression de se projeter dans l'avenir au-delà de quelques mois. Le mouvement des « matermittentes » nous a prouvé aussi que c'est difficile d'être intermittente et de faire un enfant… Ce retour est possible ou pas ? JPG : Ce retour à la date anniversaire n'a pas un coût énorme (35 à 40 millions d'euros) mais un coût quand même. Et comme l'on veut rester dans le cadre financier reconnu par tous les partenaires sociaux, cela veut dire qu'il faut trouver des économies ailleurs (plafonnement du cumul indemnités-salaires par exemple). Dans les annexes chiffrées, on a simulé tous les paramètres car tout se tient comme dans un jeu de taquets… Donc, on sait que c'est possible, mais à aucun moment, on précise quelle formule il faut privilégier. Les intermittents se plaignaient que leurs propositions n'avaient jamais été étudiées, or, là, tout a été étudié et rendu public. Vous allez y découvrir des choses étonnantes… Les propositions de la Coordination des intermittents du spectacle, par exemple, sont finalement les moins coûteuses (100 millions d'économies) et rentrent dans le cadre financier de la réforme 2014. Ils ont voulu montrer que leurs préconisations pour réformer l'accord de 2003 étaient viables. Ce sont ceux qui ont le plus combattu le système qui le maîtrisent le mieux techniquement. Comme c'est souvent le cas. Artistes au forfait, techniciens à l’heure La CGT-spectacles souhaite fondre les annexes 8 des techniciens et 10 des artistes. Vous êtes contre. Pourquoi ? HA : Parce que l'on voit bien qu'il y a des différences de précarité. Ce sont les artistes qui sont les plus fragiles, qui ont le moins de revenus et qui ont le plus de difficultés à atteindre les fameuses 507 heures. Les rythmes de travail sont différents d'une annexe à l'autre. Et les manières de rétribuer aussi : les artistes sont plutôt au forfait et les techniciens, payés à l'heure. Garder deux annexes permet aussi d'avoir un moyen de discussion supplémentaire. La renégociation officielle du régime de l'assurance-chômage doit se tenir en mars 2016. Que va-t-il se passer avant ? HA : Le Premier ministe a esquissé un calendrier ce matin, une nouveauté pour nous. La loi qui sanctuarise les annexes 8 et 10 sera votée dans le premier semestre 2015. JPG : Mars 2016, c'est la date butoir, mais ils peuvent convenir avant d'un avenant aux annexes 8 et 10 : juridiquement, c'est possible, même si pour le moment, la CFDT et le Medef ne le veulent pas. Pourtant, rien ne les empêche de le faire. Oui, on peut signer un avenant sans remettre en cause l'ensemble de la négociation de l'assurance-chômage car ce ne sont que des annexes. Et moi, je le leur conseillerais… On peut imaginer un scénario idéal, où, dans l'enthousiasme de ce qu'on vient d'annoncer, de la concertation qu'on a lancée, tout le monde dans le métier serait d'accord. On n'aurait plus alors qu'à se tourner vers le Medef, la CFDT, FO… Aujourd'hui, des intermittents qui ont eu recours à d'autres emplois se retrouvent pris au piège du régime général. La réforme de 2014 leur impose d'épuiser leurs droits rechargeables avant de pouvoir prétendre à un retour au régime de l'intermittence. Comment en sortir ? JPG : C'est un problème urgent qui dépend du régime général. On le souligne fortement dans le rapport et tout le monde à l'Unedic est conscient qu'il faut régler la question au plus vite. Encore des solutions à explorer Sur ce point comme sur d'autres, n'êtes vous pas trop prudents dans vos conclusions ? HA : On s'est prononcés sur certaines pistes importantes : les 507 heures, la date anniversaire, le maintien de deux annexes , le plafonnement… Mais si l'on ne s'avance pas plus, c'est parce qu'il y a encore plein de solutions à explorer (on n'a pas pu tout faire malgré le temps passé et tous les chiffrages réalisés). Il y a une chose assez claire cependant : les propositions de la CIP ou des syndicats, Syndéac et CGT-spectacles, ne sont pas fantaisistes. Il existe désormais une vraie expertise sur ce sujet : l'horizon de la renégociation n'est donc pas si éloigné. Les solutions proposées par la profession doivent être entendues car elles tiennent la route. On voit aussi que la logique (partagée) de créer un système vertueux et simple, avec le moins d'effets de seuils ou de comportements pervers optimisant le système, est possible. Une chose m'a frappée : l'interdépendance des paramètres. Tout ce qui viserait à dire : c'est simple, il suffit de faire ça… ne fonctionne pas. Cela nécessite donc de penser la chose dans sa globalité. Pensez-vous être pour quelque chose dans la suspension du gel de 8% des crédits de la Culture (sur les missions de la Création et de la Transmission des savoirs) ? JPG et HA : On a découvert ce matin ces décisions du Premier ministre. Elles sont complémentaires de notre démarche. Il reconnaît dans la culture une vraie économie, très vivante, qu'il faut soutenir. Il pense aussi que l'art et la culture, c'est beaucoup plus que ça : un vrai projet de société… qui mérite bien « de sécuriser et de stabiliser » un système de travail et d'emploi si particulier, envié dans le monde entier, comme le nôtre. A condition, d'expliquer au grand public que ce système est contenu, qu'il n'est pas en train de dériver… Emmanuelle Bouchez pour Télérama du 12 janvier 2015 CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUT LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE
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January 12, 2015 3:15 PM
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Publié par Danielle Dumas sur son blog : Ascanio Celestini est un auteur engagé, une sorte de fils spirituel de Dario Fo. David Murgia est un acteur-auteur de la même génération qu’Ascanio. Il s’est emparé deDiscours à la Nation pour en faire un spectacle d’une actualité stupéfiante. Qui parle ? Un jeune loup souriant, aimable, décomplexé comme on dit aujourd’hui. Il est calme, pas méchant pour deux sous, et il assène de terrifiantes vérités au « troupeau de cibles », les spectateurs qui sont devant lui, et qui ont « abandonné la lutte ». Il prétend être des nôtres « Quelle déception, camarades ! », et nous traite de « bâtards »… Il parle comme Gramsci en opposant le « pessimisme de la raison » à « l’optimisme de la volonté ». Il ironise comme Jonathan Swift en proposant de manger les immigrés et les chômeurs. Mais en l’entendant affirmer qu’il n’a « aucun préjugé politique », la « distanciation brechtienne » se réveille… Dans une scénographie de Chloé Kegelart et des lumières de Danilo Facco, il empile des cageots, édifie des tribunes, impose sa parole d’aspirant dictateur qui « choisit » son peuple et le manipule. David Mugia compose à merveille un personnage cynique et charmant, Il n’est pas seul sur la scène, un guitariste, Carmelo Prestigiacomo l’accompagne. Quelques notes, un couplet en contrepoint, et la machine à recerveler entre en action. Cuisante est la leçon ! Nous avons vu le spectacle le 7 janvier. Il a débuté par des mots fraternels envers les victimes de l’obscurantisme, nos amis de Charlie Hebdo. Ensuite, tout ce que David Murgia nous balance fait mouche. C’est notre mollesse, notre résignation qui nous rendent responsables des renoncements et des trahisons. On sort de là glacés, mais fouettés, résolus. Camarades ! Ne nous laissons pas berner par les apparences ! et comme on disait il y a encore peu : « Continuons le combat ! » Discours à la nation d’Ascanio Celestini Jusqu’au 1er février Ensuite tournée en France et en Belgique de février à avril 2015 Théâtre du Rond-Point 01 44 95 98 21
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January 12, 2015 2:55 PM
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les Parisiens sont invités à une grande soirée consacrée à Patrick Modiano, le 19 janvier. Lors de cette soirée conçue par France Culture, Catherine Deneuve et Sami Frey prêteront leurs voix pour des lectures commentées de Dora Bruder (1997), Dans le café de la jeunesse perdue (2007) et Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier (2014), publiés aux éditions Gallimard. Cette soirée est proposée par Sandrine Treiner et réalisée par Blandine Masson. Seront présents - Patrick Modiano, écrivain, Prix Nobel de littérature 2014 - Anne Hidalgo, Maire de Paris - Bruno Julliard, premier adjoint à la Maire de Paris - Olivier Poivre d’Arvor, directeur de France Culture - Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville - Catherine Deneuve, comédienne - Sami Frey, comédien
THÉÂTRE DE LA VILLE 2 PLACE DU CHÂTELET 75004 PARIS Le lundi 19 janvier 2015 de 20h00 à 22h00 Cliquer ici pour assister à la séance, gratuite sur réservationhttp://www.forumsirius.fr/orion/theavil.phtml?spec=1958&lg=fr
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January 12, 2015 1:59 PM
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Publié dans le blog de Jean-Pierre Thibaudat : C’est avec une pièce de Labiche, « L’affaire de la rue de Lourcine » que le metteur en scène Christoph Marthaler avait rencontré en 1991 la scénographe Anna Viebrock. Ils sont depuis inséparables. Vingt-trois ans après, ils retrouvent Labiche dans une adaptation très libre d’une de ses onze pièces en deux actes « La poudre aux yeux » (1862), sous le titre bilingue « Das Weisse vom Ei (Une île flottante) ». Plaisir des retrouvailles avec cet auteur dont les spectateurs, après les acteurs, sont les heureux bénéficiaires.
Une île flottante soit, mais pourquoi ?
S’il est question de mets choisis (on aime manger dans le théâtre de Labiche) et même d’un dessert aux truffes dans « La poudre aux yeux », il n’y est nullement fait mention d’île flottante, pas plus que dans le spectacle de Marthaler où le metteur en scène troque bien des choses comme une harpe en lieu et place du piano dont parle Labiche. L’un des personnages, madame Malingear, demande à sa fille Emmeline de faire des « roulades » sur son piano. La harpe qui s’y connaît en roulades, y pourvoira.
Si on veut jouer au cuistre on peut se dire que le titre choisi par Marthaler, évoquant un dessert dont le sucre est le pivot (il en faut pour la crème anglaise sur laquelle flotte du blanc d’œuf monté en neige avec du sucre glace, le tout veiné des filaments craquants d’un caramel) est un hommage au père de Labiche qui veillait à la bonne marche de sa fabrique de « sirop et glucose de fécule ». D’ailleurs, dans la pièce, monsieur Ratinois est un ex sucrier -pas l’objet, l’entreprise, mieux vaut préciser car dans le spectacle, les vases à fleurs tiennent lieu de flûtes à champagne.
Enfin, un frais diplômé en dramaturgie prouverait, Deleuze et Guattari à l’appui, que « L’ile flottante » n’est rien d’autre que la métaphore ontologique du vecteur premier de la dramaturgie marthalerienne admirablement traduite et mise en abîme par le combat titanesque que mène la petite cuillère pour extirper un bloc de blanc d’œuf monté en neige.
Or, chacun a pu en faire l’expérience, quand on veut l’entamer, cet iceberg sucré, léger mais volage, n’en finit pas de dériver, tel un continent, vers le bord de la coupe, on le voit même parfois piquer du nez comme une balise maritime, quand il ne se retourne avec la rapidité d’un kayak, et ainsi de suite.
On aura reconnu là le modèle d’un de ces combats domestiques infinitésimaux et néanmoins homériques dont chaque spectacle de Marthaler se délecte. Avis aux afficionados de l’énergumène, dont je suis, dans « Das Weisse vom Ei (Une île flottante) », on est servis. De chaises percées en lèvres ensanglantées, la coupe est pleine, bien pleine et le regard à la fois tendre et impitoyable comme toujours. Jean-Pierre Thibaudat pour son blog "Théâtre et Balagan" CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOOT POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE "Das Weisse vom Ei (Une île flottante)" d'après Eugène Labichepar Christoph Marthaler, Anna Viebrock, Malte Ubenauf et les acteursThéâtre national de Toulouse, du 6 au 9 janvScène nationale Le Parvis, Tarbes, les 14 et 15 janvComédie de Reims, du 21 au 24 janvDe singel, Anvers, du 4 au 6 févCentre culturel Onassis, Athènes, du 13 au 15 févScène nationale de Bonlieu, Annecy, du 25 au 27 févOdéon, théâtre de l'Europe, Paris, du 11 au 29 mars
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January 12, 2015 3:38 AM
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Publié dans Le Monde : Le comédien a défilé dans les rues de Paris, dimanche 11 janvier, en hommage aux victimes des attentats. Le comédien et metteur en scène Denis Podalydès a défilé, comme plus d'un million d'autres personnes, dans les rues de Paris, dimanche 11 janvier, en hommage aux victimes des attentats de ces derniers jours en région parisienne. Voici les quelques mots qu'il a confiés à l'une de nos reporters. « La phrase concerne moins aujourd'hui que les jours précédents : "Au chagrin de ce jour nous devons obéir, dire ce que nous sentons et non ce que nous devrions dire."
Je pense à l'écrivain qui dira un jour ce que nous sentions dans une langue exacte. Aujourd'hui, j'ai tout simplement besoin de dire et de redire ce qui se dit autour de moi, ce que je lis sur les panneaux, les banderoles, je suis Charlie, je suis juif, je suis musulman, je suis policier, je suis Mahmoud Abbas, je suis même Nétanyahou (je n'aurais jamais pensé dire ça), je disparais dans la foule, je suis la foule ou la foule passe à travers moi, je marche lentement, je m'arrête, je lis une banderole, l'une me fait rire, l'autre moins, mais je comprends, j'avance, je fatigue, je me sens un peu mieux qu'il y a trois jours, les autres qui sont là et avancent en savent plus long que moi. La nuit est tombée, ça brille de partout, il y a un grand mannequin blanc, une Marianne aux longs bras, je marche à côté de mon frère, il y a du sens qui revient, je m'arrête, je vais rentrer chez moi, regarder un peu tout cela à la télévision, voir d'en haut, la foule où je suis encore, je suis un million cinq cent mille personnes, ça fait du bien. » En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/11/denis-podalydes-je-suis-un-million-cinq-cent-mille-personnes-ca-fait-du-bien_4553848_3224.html#EFHjSzwpuRkmjADd.99
Denis Podalydès
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January 11, 2015 8:17 PM
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Publié par Culturebox : Le monde du théâtre s'est mobilisé pour participer dimanche à la grande marche contre le terrorisme. Aux côtés du président français, des dirigeants étrangers, des familles de victimes, des personnalités... plus d'un million de personnes ont défilé à Paris pour un rassemblement historique. Ariane Mnouchkine a appelé tous ceux qui le souhaitent à rejoindre le Théâtre du Soleil pour défiler à ses côtés, et leur avait donné rendez-vous au Bataclan. Stéphane Lissner, le directeur de l'Opéra, a signé un texte commun avec Laurent Bayle, président de la nouvelle Phiharmonie de Paris, Luc Bondy (Odéon), Didier Deschamps (Théâtre National de Chaillot), Jérôme Deschamps (Opéra Comique) et Eric Ruf (Comédie-Française). La Philharmonie va dédier ses premiers concerts, le 14 janvier, aux victimes des attentats. Participeront également à la marche Pierre Lescure, président du Festival de Cannes et Emmanuel Demarcy-Mota directeur du Théâtre de la Ville.
Des représentations annulées pour participer à la marche
De très nombreux théâtres ont soit annulé, soit décalé leurs représentations pour permettre à leurs équipes et à leur public de participer à la manifestation. C'est le cas du Théâtre de l'Odéon, des Métallos, des Amandiers de Nanterre, du Théâtre de la Colline, de la Commune à Aubervilliers, du Théâtre de Genevilliers (T2G). Au T2G, la pièce "Répétition" ne sera pas donnée, et ses acteurs, dont Denis Podalydès de la Comédie-Française, défileront avec l'équipe du théâtre. Eric Ruf, l'administrateur du Français, sera à la manifestation avec les comédiens qui ne jouent pas dimanche. La Comédie-Française a choisi de maintenir ses représentations du "Chapeau de paille d'Italie" et d'"Oblomov" pour ne pas pénaliser les spectateurs venant de province.
Le directeur du Théâtre de la Ville, Emmanuel Demarcy-Mota, a appelé "l'ensemble des personnels des théâtres à participer à la marche républicaine", et multiplie depuis plusieurs jours les coups de fils à l'étranger pour rallier les artistes invités réguliers du festival d'Automne qu'il dirige.
Des manifestations à Paris, en Province et à l'étranger Paris s'est mué en capitale du monde contre le terrorisme en accueillant une immense et internationale manifestation d'hommage aux 17 victimes tuées cette semaine par trois jihadistes français. Dirigeants du monde entier, partis, syndicats, groupes religieux juifs, chrétiens, musulmans, associations, personnalités accompagnent une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes. Dans le même temps, des rassemblements se tenaient en régions et à l'étranger, de Londres à Berlin en passant par Washington et Montréal.
Un comptage des manifestants impossible à Paris
La marche de la République à Nation a pris une ampleur "sans précédent" qui rend "impossible un comptage" des manifestants, a déclaré à l'AFP le ministère de l'Intérieur. "Les manifestants sont dispersés sur un périmètre beaucoup plus large que les trajets initialement prévus", a affirmé la place Beauvau. Un peu plus tôt, le socialiste François Lamy, un organisateur du défilé, a évoqué le chiffre de 1,3 à 1,5 million de manifestants dans la capitale. A 17h, plus d'un million de personnes défilaient en province, selon un décompte provisoire établi par l'AFP, au lendemain d'une journée qui avait vu 700.000 manifestants marcher dans toute la France. Entre 300.000 personnes à Lyon, 140.000 à Bordeaux, 115.000 à Rennes, 60.000 à Marseille, Saint-Etienne, 50.000 à Clermond-Ferrand, 45. 000 à Angers, 40.000 à Perpignan.... Plaidoyer pour la liberté des 28 ministres de la Culture de l'UE
Les ministres chargés de la Culture des 28 pays de l'UE ont fait front commun dimanche pour s'engager à défendre la liberté d'expression et de création, en condamnant la "barbarie" qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo. Cet attentat "innommable" visait "à restreindre la liberté de penser, s'exprimer et créer", qui sont "des valeurs fondamentales de la démocratie européenne", ont dénoncé les ministres, dans un communiqué commun rendu public par la présidence lettone de l'UE. "Nous n'acceptons pas les tentatives des terroristes d'imposer leur propres normes. Depuis des temps immémoriaux les arts ont inspiré la réflexion, faisant surgir de nouvelles idées et luttant contre l'intolérance et l'ignorance", poursuit la déclaration. "Nous restons solidaires pour défendre la liberté d'expression et nous engageons à protéger le droit des artistes à créer librement", ajoutent ces ministres.
Par Culturebox (avec AFP)
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January 10, 2015 7:59 PM
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Publié sur le blog de Jean-Pierre Thibaudat : C’était jeudi soir au Théâtre de la Colline. Un soir de première. « Platonov » de Tchekhov par le collectif Les Possédés.
En descendant les marches, on croise des connaissances. Comment tu vas ? Ça va. Non, ça ne va pas. Mais il faut vivre, il faut travailler comme aime à dire Tchekhov. Faire avec. Ne pas se terrer, s’isoler.
Ne pas venir pour nous, spectateurs, ne pas jouer pour eux, les acteurs, ne pas faire « bonne figure » autant que faire se peut, que l’on soit dans la salle, sur la scène ou dans les coulisses, aurait donné raison à ceux qui ont voulu tuer Charlie Hebdo.
Charlie vivra. Le théâtre est un art vivant. Alors on était tous là.
Une longue minute de silence
A 20 heures piles, la troupe et les techniciens vinrent au devant de la scène. Au nom de tous, un acteur prit la parole et pour finir demanda une minute de silence. Les acteurs étaient debout, le public se leva. Une minute. C’est long, une minute.
Je revis en accéléré le film de la veille. Le flash d’un « urgent » sur mon portable annonçant « fusillade à Charlie Hebdo », puis la nouvelle de l’hécatombe, la stupeur, l’hébétement, l’effroi, la gorge en émoi et, comme instinctivement, le corps qui se dirige à la nuit tombante vers la place de la République. La recherche d’un visage ami, le silence, la houle des applaudissements, les bougies disposées en cercle, les crayons, les stylos jetés, le discours du Président, les images de l’attentat jusque tard dans la nuit, l’attente de nouvelles des rares survivants... Une longue minute puis le noir se fit sur le plateau. Et le spectacle commença.
Commença ? Je n’étais pas là. Je ne suis pas sûr que tous les acteurs étaient vraiment, pleinement là. Ni Tchekhov d’ailleurs. C’est sa première pièce, une pièce de « jeunesse » qu’il avait triturée dans tous les sens, que l’on avait cru perdue et qui avait été en fait conservée et oubliée dans le coffre d’une banque avant qu’elle ne réapparaisse, dépourvue de la page de son titre, si bien qu’elle porta longtemps le titre de « Pièce sans titre » avant de prendre le nom de son anti-héros, Platonov, sorte d’ange solaire de Pasolini trempé dans l’alcool fort et plongé dans la boue russe si glissante, si casse-gueule qui, au moment du dégel, envahit tout. Jean-Pierre Thibaudat sur son blog Théâtre et Balagan CLIQUER SUR LE TITRE OU LA PHOTO POUR LIRE L'ARTICLE ENTIER DANS SON SITE D'ORIGINE INFOS PRATIQUES"Platonov" de Anton TchekhovCollectif Les PossédésThéâtre de la Colline, mar 19h30, du mer au sam 20h, dim 15h jusqu »au 11 février.Colombes le 13 fév.Gap (Passerelle) 16 et 17 fév. Marseille (Criée) du 19 au 21 fév.Toulouse (Garonne) du 25 au 28 fév.Antony (Piscine) du 4 au 8 mars.Brest (Quartz) les 12 et 13 mars.Rungis le 17 mars.Dunkerque (bateau feu) les 20 et 21 mars.Lille (Théâtre du Nord) du 25 au 29 mars .Angers (CDN) du 7 au 9 avril.Tours (CDN) du 14 au 18 avril.
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Le spectateur de Belleville
January 10, 2015 8:38 AM
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Publié dans Le Monde du 10/01: Le débat sur le maintien ou non des spectacles ne se pose pas, pour les représentations réservées aux publics scolaires. C’est Vigipirate qui décide, et en l’occurrence le plan placé à son niveau maximum interdit théoriquement, jusqu’à nouvel ordre, toute sortie des enfants des établissements. Dès jeudi 8 janvier, certains théâtres ont reçu de nombreux avis d’annulation de la part de directeurs d’établissement. Des élèves en classe « à horaires aménagés musique », dites « Cham », n’ont pu se rendre dans les conservatoires.
C’est la désolation supplémentaire, après l’effroi qui a saisi le monde de la culture, au lendemain de la tuerie dans les locaux de Charlie Hebdo, le 7 janvier. En ce qui concerne les spectacles, l’enjeu n’est pas tant sur les recettes de billetterie – les tarifs étant très bas pour le jeune public – que sur l’éducation artistique : la démocratisation culturelle, par l’école et l’adaptation des rythmes éducatifs, est mise en danger.
Est-il possible de sauver les meubles ? « Si les enfants ne peuvent plus se rendre dans les théâtres pour des raisons de sécurité, il faut que les artistes se déplacent dans les écoles », propose Emmanuel Demarcy-Mota. Le metteur en scène et patron du Théâtre de la Ville, à Paris, a mis en place le parcours enfance-jeunesse dans divers lieux de la capitale (Théâtre Montfort, Théâtre Paris-Villette…). Jusqu’au 10 janvier, Paris-Villette programme ainsi L’Enfance de Mammame, une chorégraphie de Jean-Claude Gallotta.
Représentation sous le préau Un coup de fil à Gallotta, et Demarcy-Mota s’est assuré qu’il était prêt à jouer le jeu, et à adapter sa pièce : vendredi 9 janvier, vers 15 heures, ses dix danseurs devaient donc se produire sous le préau d’une école, située dans le 19e arrondissement de Paris. Un soulagement pour Valérie Dassonville, codirectrice du Paris-Villette : « Mercredi 7 janvier, quelques heures après l’attentat, on a eu du public – 80 personnes – même s’il y a eu des annulations. Jeudi 8 janvier, les deux représentations scolaires ont été annulées, ainsi que celle du vendredi 9 au matin. Reste le spectacle de l’après-midi à l’école, et celles du week-end. »
De même, des collégiens et lycéens étaient attendus au Théâtre de la Ville pour découvrir Six personnages en quête d’auteur, mis en scène par Demarcy-Mota (jusqu’au 31 janvier). « Si ces adolescents ne peuvent pas venir, alors c’est qui nous qui irons les voir », promet le metteur en scène. Mais seuls des extraits de la pièce pourront être montrés, la mise en scène nécessitant un grand plateau.
Clarisse Fabre Reporter culture et cinéma
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Le spectateur de Belleville
January 9, 2015 12:14 PM
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Aux Ateliers Berthier du Théâtre national de l'Odéon, la représentation du dimanche 11 janvier du spectacle de Joël Pommerat, La Réunification des deux Corées se donnera exceptionnellement dimanche à 18h au lieu de 15h, afin de permettre aux spectateurs de suivre, s'ils le souhaitent, la manifestation appelée après les tragiques événements de cette semaine.
Les spectateurs qui seraient dans l'impossibilité de suivre la représentation à 18h, peuvent être remboursés ou voir leurs réservations transférées à une autre date : téléphoner au 01 44 85 40 40.
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Le spectateur de Belleville
January 9, 2015 12:12 PM
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A l'initiative de Laurence de Magalhaes et de Stéphane Ricordel, les directeurs du théâtre Le Monfort, à Paris, une vaste opération de solidarité lancée hier, en fin d'après-midi prend une ampleur remarquable.
Il suffisait d'avoir l'idée et la volonté. Au-delà du deuil, du chagrin, des hommages, des paroles, il faut maintenant que Charlie Hebdo vive.
Au travail dans les locaux de notre confrère Libération, les journalistes, d'écriture et de dessin, sont au travail pour un numéro qui paraîtra mercredi prochain. Il fera 8 pages au lieu des 16 habituelles et on sait que les citoyens l'achèteront. Hier, à l'initiative de Laurence de Magalhaès et de Stéphane Ricordel, les directeurs du Monfort à Paris, des milliers d'exemplaires de ce numéro du 14 janvier 2015.
Chaque institution qui a rejoint le cercle s'engage à acheter mille exemplaires -pour les grandes salles, style Théâtre de la Ville ou Odéon- et à les remettre aux spectateurs.
Si la circulaire demande à chaque lieu d'acheter 1000 exemplaires, on peut penser que les plus petites institutions en prendront moins en charge car le geste n'a de sens que si les exemplaires de Charlie Hebdo sont distribués aux spectateurs....
Dans le cercle, notons dans le désordre -et sans que la liste soit fermée : La Grande Halle de la Villette, Théâtre de Chaillot, le Rond-Point, les Bouffes du Nord, le Carreau du Temple, le Nouveau Théâtre de Montreuil, le Forum des Images, le Théâtre du Soleil, la Colline, l’Odéon, les 3 baudets, le 104, la Maison des métallos, le Théâtre de la Ville, le Théâtre de la Cité Internationale, Nanterre-Amandiers, la Maison de la Poésie, MPPA, le Théâtre de Paris-Villette, 2R2C, la Loge, le Théâtre Paul-Eluard de Choisy, le Théâtre de Sartrouville, le Théâtre 13, le Théâtre de la Bastille, l'Etoile du Nord, le Point Ephémère, le Tarmac, l'Onde à Vélizy.
Notons qu'un théâtre privé, La Pépinière théâtre, vient d'annoncer que la recette de la représentation du vendredi 16 janvier de Voyage avec ma tante, sera donnée à Charlie Hebdo
Voici le texte envoyé aux différentes institutions hier en fin d'après-midi
"Bonjour à tous Nous sommes tous ébranlés par cet acte barbare et dangereux, chacun de nous trouvera sa façon de communiquer selon les personnalités de nos lieux, mais nous pensons qu’une action commune est nécessaire pour montrer notre détermination notre force et surtout notre soutien. Aujourd’hui c’est un journal demain ce seront nos lieux, qui ont déjà connu pour certains des actes de violences. … Nous vous proposons une action commune pour tous les acteurs culturels de la Ville de Paris et au-delà : acheter chacun 1000 exemplaires pour la prochaine sortie de Charlie Hebdo, et les offrir à nos publics … Concernant la logistique nous avons déjà pris contact avec le distributeur. Les exemplaires pourraient être mis à disposition à la Direction des Affaires Culturelles qui est centrale pour nous tous. Merci de nous répondre rapidement sur cette initiative commune avant demain 14h et à diffuser largement cette information, nous nous occupons du reste… Tous les théâtres parisiens unis et solidaires pour la liberté de la parole. Lisons Charlie Hebdo, encore et encore, soutenons ceux qui rient, osent, se moquent de tout et surtout des extrémismes de tout poil ! Merci à tous ! A très vite
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