Eric Guilbert et Cyril d’Haese, entomologistes au Muséum d’Histoire Naturelle sont nos invités pour tenter de répondre à la question ...
Rediffusion de l'émission du 24 octobre 2012.
Après avoir parcouru les forêts tempérées de la Patagonie Chilienne en décembre 2011, les entomologistes du programme CAFOTROP (CAnopée des FOrêts TROPicales) continuent leur périple à la recherche des insectes dans les forêts tempérées de l’hémisphère sud dans le cadre de leur projet « Les Rescapés du Gondwana ».
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Pour nous en dire plus sur ce projet, nous recevons Cyrille D'Haese, chercheur, entomologiste, spécialiste des collemboles au Museum d’Histoire Naturelle et Eric Guilbert, chercheur, entomologiste, spécialiste des hétéroptères au Museum d’Histoire Naturelle.
De par leur incroyable système de vie en société et le rôle indispensable qu'elles jouent dans la nature, les fourmis, si familières, et pourtant pleines de mystère, nous passionnent toujours. Nous accueillons le myrmécologue Christian Peeters ainsi que Nathalie Puzenat, commissaire de l'exposition "Mille milliards de fourmis" au Palais de la Découverte."
L'exposition Mille milliards de fourmis vient d'ouvrir ses portes au Palais de la découverte à Paris.
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Les chercheurs ont réalisé une très jolie expérience sur des fourmis appartenant à l'espèce Cataglyphis cursor. Ils ont laissé des fourmis aller jusqu'à une zone de nourriture mais avant de les laisser rentrer chez elles ils ont équipé une partie d'entre elles de petites échasses pour leur allonger les pates. Les fourmis montées sur échasse se sont mises à faire de plus grands pas et en voulant renter, elles ont dépassé l'entrée de leur nid. Alors que les fourmis sans échasse n'ont eu aucun problème pour rentrer.
Et si l'on fait faire à ces fourmis le trajet aller et retour sur échasse là il n'y a plus aucun problème. Autrement dit les fourmis de cette espèce mémorisent le nombre de pas à l'aller pour en faire le même nombre au retour.
Cinq fossiles d'insectes datant de 310 millions d'années retrouvés sur un terril du Pas-de-Calais invitent à revoir les échelles de temps de l’histoire évolutive des holométaboles,...
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Les cinq espèces retrouvées dans le terril d'Avion sont Avioxyela gallica (une espèce volante partageant des caractères avec les hyménoptères), Stephanastus polinae (apparentée aux coléoptères), Metabolarva bella (une larve difficile à rapprocher d’un ordre existant), Aviorrhynchidae magnifica (un membre ancien de l’ordre des hémiptères), et Westphalopsocus pumilio (un psocoptère). La taille de ces insectes est incertaine, puisqu'on a retrouvé seulement des ailes ou des larves fossilisées, mais il semble évident qu'elle se comptait en dizaines de millimètres, et non en dizaines de centimètres, comme c'était le cas de nombreux insectes du Carbonifère, telle la célèbre libellule géante Meganeura monyi, dont l'envergure atteignait 70 centimètres.
C’est la rentrée, le gris de l’asphalte et des nuages a remplacé le bleu de la mer et du ciel ensoleillé. Pour éviter un sevrage trop rapide, je vous propose un petit jeu : identifiez les bestioles qui arborent ces jolis bleus.
[...] L’année dernière, nous avions organisé une fresque pour représenter l’arbre du vivant, avec un aspect ludique: les festivaliers devaient placer sur l’arbre du vivant les dessins d’espèces réalisés en live par les dessinateurs.
On voulait donc garder cet aspect ludique de notre heure de dédicace au Festiblog et du coup on a décidé de réaliser un quizz sciento-video-ludique. [...]
Les coléoptères sont un groupe d’insectes qui possèdent des élytres et présentent la plus grande diversité en termes de nombre d’espèces (300 000 tout de même). On retiendra à leur sujet la célèbre citation du biologiste britannique John Haldane (fondateur de la génétique des populations): "le Créateur, s'il existe, a une passion démesurée pour les coléoptères ! " Evidemment le rôle écologique des coléoptères est important mais avant cet été je n’aurai pu imaginer qu’un coléoptère contribue physiquement à une œuvre artistique !
Il est bien connu que les adolescents qui grandissent ont la voix qui mue. Le terme muer vient du latin « mutare » qui signifie changement. Au final tous les organismes changent, personne ne me contredira. Le terme « mue » est aussi employé pour les animaux tétrapodes (à quatre pattes que l’ont connaît bien) lorsqu’ils changent de fourrure, de plumage ou de peau. Peut-être avez vous déjà croisé au détour d’un chemin une mue de serpent (oui, le serpent est un tétrapode, ses ancêtres avaient quatre pattes) ? Et lorsque le canard colvert change de plumage ? Il arrive aussi probablement à votre chat de perdre ses poils au printemps. Oui mais tout ça ce sont des mues d’amateurs… Il existe un groupe taxonomique dans la nature qui pousse cet art à son paroxysme…
Lorsque vous discutez avec une personne lors d’une soirée où plusieurs personnes parlent en même temps, vous arrivez à vous concentrer sur la voix de votre interlocuteur et à ignorer les sons parasites. Cette tâche paraît facile et est souvent réalisée inconsciemment par votre cerveau. Cependant elle résulte de mécanismes supposés complexes et pour l’instant inconnus. On appelle « attention » le phénomène qui permet à notre cerveau de filtrer les informations provenant de notre environnement et d’en choisir une qui arrivera à notre conscience.
Lorsque l’on contemple une chenille, on peut remarquer que son corps se divise en trois grandes parties : la tête, le thorax et l’abdomen (voir cette image).
Les deux grands lobes qui forment la tête de la chenille ne sont pas, comme certains pourraient le croire, des yeux. Les yeux sont, en fait, beaucoup plus petits. Ils sont au nombre de six de chaque côté de la tête et forment approximativement un demi-cercle.
Ces curieuses structures de l'Acherontia atropos mâle sont des androconies, autrement dit des poils odorifères émettant des phéromones sexuelles de nature à favoriser ... les rapprochements ! Leur morphologie est particulièrement originale, et même totalement hors normes ... comme l'est ce sphinx !
"Savez-vous pourquoi les chimpanzés ont, proportionnellement à leur corps, des testicules plus gros que ceux des gorilles ? Parce que chez les premiers, une femelle peut s’accoupler avec plusieurs mâles, alors que chez les seconds, les femelles se reproduisent le plus souvent avec un seul mâle. C’est un exemple d’adaptation morphologique liée à la compétition spermatique. L’idée est que la rivalité entre mâles pour assurer la transmission de ses gènes à la descendance existe avant l’accouplement, pendant l’acte, mais également après, à l’intérieur même de la femelle ! Les chimpanzés ont de gros testicules pour produire une grande quantité de sperme afin de diluer celui des rivaux.
Cette guerre post-accouplement a conduit à la sélection de nombreuses stratégies dont certaines sont très… ingénieuses, voire perverses.
Quelques exemples avant d’en arriver à la bestiole du jour."
Par Loïc Mangin. Best of bestioles, 05.08.2013
"Chez les agrions, des insectes proches des libellules et connus sous le nom de demoiselles, le pénis est une sorte de goupillon qui « nettoie » les voies génitales des femelles et ôte le sperme des précédents mâles.
Autre stratégie, plutôt efficace : faire durer l’accouplement, afin de laisser le temps aux spermatozoïdes de féconder les ovules de la femelle. C’est ce que font certains phasmes, tel Necroscia sparaxes, qui peut rester dans la femelle près de… 80 jours.
La mouche Drosophila bifurca a choisi une autre option : les mâles produisent des spermatozoïdes de six centimètres de longueur, soit 30 fois la longueur de l’individu ! La cellule empêcherait ainsi le passage à d’autres spermatozoïdes.
A ce stade, plusieurs questions se posent. D’abord, la femelle participe-t-elle à cette compétition spermatique ? La réponse est oui. Chez les insectes, les femelles contrôleraient l’ouverture et la fermeture des spermathèques (les réceptacles à la semence mâle) afin de privilégier tel ou tel mâle. Autre interrogation, l’espèce humaine est-elle au-dessus de ces contingences ? Non, le gland, dont la taille est « surdimensionnée » par rapport à celle de la verge remplirait le même rôle que le goupillon chez les agrions ! »
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[Image] Un mâle Drosophilia bifurca et son spermatozoïde géant enroulé autour de l’insecte. Crédit : S. Pitnick
De par leur incroyable système de vie en société, leurs rôles indispensables qu'elles jouent dans la nature, les fourmis, si familières et pourtant pleines de mystères, nous passionnent toujours.
Nous accueillons le myrmécologue Christian Peeters et Nathalie Puzenat, commissaire de l'exposition "Mille milliards de fourmis" au Palais de la découverte.
e Big Data s'invite dans les recherches en génétique et en généalogie (par Axel Villard) et les souris sauterelles sont protégées contre les scorpions (par Cécile Bonneau)...
La reconstitution de l’arbre évolutif d’une sous-famille d’abeilles suggère que ces insectes se sont massivement éteints au même moment que les dinosaures.
[Rehan SM, Leys R, Schwarz MP (2013) First Evidence for a Massive Extinction Event Affecting Bees Close to the K-T Boundary. PLoS ONE 8(10): e76683. doi:10.1371/journal.pone.0076683]
Parakontikia ventrolineata - par Jean-Lou Justine, MNHN, Paris
Dans cette page, j’ai souvent parlé de la deuxième espèce sous le nom Kontikia ventrolineata.
Ce n’est pas tout à fait exact. Les noms des animaux doivent suivre les règles de la Nomenclature zoologique, qui est régie par un code. Après avoir tout considéré, l’espèce doit s’appeler Parakontikia ventrolineata.
Et même, pour être tout à fait complet, l’espèce s’appelle :
Si vous êtes amateur de films de science fiction, vous avez sûrement vu la trilogie du Seigneur des anneaux. Vous rappelez-vous quand Frodon lutte contre une immense araignée et que cette dernière le pique à l’aide d’un appendice venimeux situé à l’extrémité de son abdomen, le paralysant? Peut-être était-ce voulu pour mousser l’action, mais il y a une erreur dans ce portrait : les araignées ne piquent pas, elles mordent!
Les araignées possèdent des crocs
Dépendamment du type d’invertébré concerné, celui-ci aura le potentiel de piquer ou de mordre – bien que certains soient tout simplement inoffensifs! Dans la présente chronique, je vais tenter de vous démystifier les différents types de morsures et de piqûres, question également de vous aider à savoir comment manipuler les invertébrés sans vous faire pincer!
France Inter, émission de Mathieu Vidard, la tête au carré
Du pelage rayé du zèbre aux ailes colorées des papillons en passant par les bandes rouges du poisson-clown, les animaux sont décorés de motifs pigmentaires très diversifiés, essentiels à leur survie et leur reproduction.
Mais comment ces motifs colorés apparaissent-ils et se modifient-ils au cours de l'évolution ?
Protection, camouflage, à quoi servent-ils réellement? Quels sont les mécanismes génétiques qui expliquent ces changements de motifs ?
Avec :
Benjamin Prudhomme, Généticien du développement
Responsable d’équipe à l’Institut de biologie du développement de Marseille Luminy (IBDML)
SUR VARIÉTÉS ENTOMOLOGIQUES : → L'origine des mammifères et la fonction des couleurs chez les animaux (rediffusion) / France Inter http://sco.lt/4wty8v
Rien ne devient jamais réel tant qu’on ne l’a pas ressenti.
John Keats.Letters.
Articles scientifiques :
Clarke D, Whitney H, Sutton G, et coll. Detection and learning of floral electric fields by bumblebees. Science 2013, 340:66-9.
Tan K, Hu, Z, Chen W, et coll. Fearful foragers: honey bees tune colony and individual foraging to multi-predator presence and food quality. PLOS One 2013, 8:e75841:pp1-9.
Rittschof C, Robinson G. Manipulation of colony environment modulates honey bee aggression and brain gene expression. Genes, Brain and Behavior 2013, doi:10.1111/gbb.12087, September 2013:1-10.
Zayed A, Robinson G. Understanding the relationship between brain gene expression and social behavior: lessons from the honey bee. Annual Review of Genetics 2012, 46:591-615.
Leonard A, Dornhaus A, Rapaj D. Flowers help bees cope with uncertainty: signal detection and the function of floral complexity. The Journal of Experimental Biology 2011, 214:113-21.
Zanette L, White A, Allen M, et coll. Perceived predation risk reduces the number of offspring songbirds produce per year. Science 2011, 334:1398-401.
Martin T. Ecology. The cost of fear. Science 2011, 334:1353-4.
Preisser EL, Bolnick DI. The many faces of fear : Comparing the pathways and impacts of nonconsumptive predator effects on prey populations. PLOS ONE 2008, 3:e2465:pp1-8.
Volterra V. Fluctuations in the abundance of a species considered mathematically. Nature 1926, 118:558-60.
Cher lecteur, si on considère ton quartier comme un écosystème, on peut le séparer en 2 parties : d’un côté tout ce qui est inerte, donc pas vivant (abiotique : les trottoirs, les maisons, les voitures, l’air pur de la ville) et de l’autre le vivant (le biotique : toi, la voisine et son yorkshire fraîchement toiletté, la boulangère qui vend des petits pains au chocolayayayayay… ).
Dans un écosystème, les différentes espèces peuvent échanger ou non des choses, s’aimer plus ou moins. Ces interactions peuvent être de différents types selon l’effet d’une espèce sur l’autre. Tu as hâte de passer en revue ces interactions, alors n’attendons plus !
[...]
Une de mes interactions préférées. Les deux espèces vont tirer profit de leur association, mais elles peuvent tout de même survivre l’une sans l’autre. Exemple : le mutualisme entre fourmis et cochenilles. Les cochenilles vont se nourrir en plantant une sorte de paille à l’intérieur-même du tronc des arbres pour y puiser directement la sève. Mais petit problème : cette sève est riche en eau et en sucres, et pauvre en acides aminés. Or, elles ont besoin de beaucoup d’acides aminés. Elles vont donc boire beaucoup de sève et excréter toute l’eau et le sucre qui leur est inutile, afin de concentrer les acides aminés. Les fourmis qui, elles, adorent le sucre, vont se précipiter sur ce festin qui leur est offert. En échange, elles vont jouer les gardes du corps des cochenilles : si ces dernières sont attaquées par des envahisseurs, les fourmis iront les défendre. Ces cochenilles sont élevées comme des vaches à lait par les fourmis ; lesquelles peuvent aussi devenir vaches à viande quand elles deviennent trop nombreuses.
Au moment où la question alimentaire tient tant de place dans nos préoccupations, il est au moins curieux d'étudier certains régimes qui paraissent fort étranges, - voire même exécrables - aux Européens d'aujourd'hui.
Nous répugnons en particulier à l'idée que des peuples anciens et modernes aient fait et fassent encore des insectes leur nourriture habituelle et même leur plat de prédilection. Mais ils sont nombreux sur la terre ceux qui ne partagent pas notre dégoût et font d'excellents repas de Sauterelles, de Chenilles ou de Vers palmistes.
Figure 1. Brochettes de sauterelles portées à la table royale. bas-relief assyrien du palais de Senachérib à Koyoundjik (d'après Layard, Ruines de Ninive et de Babylone
[...]
J. D’Aguilar La Nature 1941 : Soixante-neuvième année. n° 3065-3076, 1941-1942, pp. 114-117
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SUR VARIÉTÉS ENTOMOLOGIQUES, d'autres émissions de RFI, Autour de la question :
→ Pourquoi les insectes ?
→ Sommes-nous tous des naturalistes ?
→ 5 insectes au comportement "vicieux"