
Guillaume Bonjour - Wikipédia
Guillaume Bonjour, né le 26 ou 27 février 1670 à Toulouse et mort le ou plus probablement le dans la province du Yunnan en Chine est un religieux augustin français, missionnaire et érudit de la fin du siècle et du début du siècle.
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Sa mère a pour nom de famille Fabri, forme méridionale de Fèvre attestée dans le Rouergue et le Languedoc, tandis que son père a pour nom Bonjour, originaire du Puy-de-Dôme[1],[2] ou d'origine italienne[3]. Il aurait également un lien familial avec Jacques de Clary, un conseiller au parlement de Toulouse puis Paris[4]. Les premières informations à son sujet n'émergent qu'en septembre 1692 lorsqu'Enrico Noris fait état des travaux de deux jeunes membres de l'Ordre de Saint-Augustin issus du monastère augustin de Toulouse[2]. Guillaume Bonjour est l'un d'eux, indiquant qu'il avait déjà rejoint l'Ordre de Saint-Augustin à cette date[5],[6]. Il rejoint le noviciat vers 15 ans en 1685 et entame sa formation en 1687 et ses études en théologie au moins en 1690. Il y suit probablement un cursus semblable aux autres quatre principales écoles augustines de France, incluant l'étude du latin, la rhétorique, la philosophie et la théologie. Les lettres d'Enrico Noris permettent également de déduire qu'il maitrise l'hébreu[7],[6]. En 1692, sa thèse lui permet d'obtenir l'autorisation d'enseigner et il devient professeur de théologie au sein du monastère[8]. Bien que la chronologie soit incertaine, sa nomination à l'enseignement de la théologie dès l'âge de 23 ans démontre le caractère exceptionnellement précoce de son parcours académique[6]. Si de nombreuses inconnues existent quant à l'identité de ses professeurs, un élément distinct des autres écoles augustines se démarque puisque les intérêts et connaissances scientifiques et mathématiques que Guillaume Bonjour développe tendent à indiquer qu'il aurait bénéficié d'un enseignement dédié à ces pratiques[9]. Cependant, cette formation n'a probablement pas dépassé le niveau élémentaire[10]. Durant sa formation, son intérêt pour l'orientalisme émerge déjà et il s'intéresse aux écritures antiques[11]. Parcours en Italie[modifier le code] Déjà en novembre 1694, Enrico Noris tente de faire venir son protégé au Vatican[12]. Les motivations ne sont pas claires mais il semble apprécier les talents et le champs d'étude large que Guillaume Bonjour explore à son âge. Il en fait son assistant et il est probable qu'il voit en lui son potentiel successeur au sein de l'Ordre de Saint-Augustin[13]. Le 15 novembre 1695, il rejoint le Vatican et continue ses études orientales au sein de la bibliothèque apostolique vaticane[5],[13]. En s'intéressant aux premiers textes chrétiens contenus dans la bibliothèque, il se confronte au copte et entame l'étude de cette langue afin de pouvoir en analyser le contenu[14]. Ses correspondances, lors de son séjour à Rome, indiquent qu'il ne se cantonnent pas au cercle augustin et échange régulièrement avec des jésuites comme Honoré Rigord et Jules Bellet, ou avec le dominicain Antoine Massoulié[10]. D'autres intellectuels échangent avec lui tels que Claude Nicaise, Antoine-François de Bertier et Paul-Yves Pezron[15]. Durant ce séjour, il rencontre également Bernard de Montfaucon qui l'assiste dans certaines recherches, notamment quelques tentatives de déchiffrement de hiéroglyphes égyptiens sur base de ses connaissances de l'alphabet copte[16]. À Rome, Guillaume Bonjour gagne effectivement en notoriété et ce pendant 4 ans, avant même de rédiger sa première principale publication. Il connaît et maîtrise les rayonnages de la bibliothèque et agit en tant que guide pour plusieurs intellectuels en visite comme Olof Celsius, Frederik Rostgaard (da), Joannes Kool ou encore Henry St John. Ce dernier note à son propos qu'il est un « moine extrêmement célèbre [...] qui s'intéresse à de nombreuses choses, mais en priorité à la grammaire égyptienne »[17]. Par l'intermédiaire de son protecteur Enrico Noris, il est mis en relation avec Antonio Magliabechi[15] qui diffuse ses travaux à de nombreux intellectuels : Gisbert Cuper, Hiob Ludolf, Coenraad Janninck, Ludovico Antonio Muratori, Benedetto Bacchini. Enfin, à Rome, il travaille régulièrement avec Francesco Bianchini, Giusto Fontanini, Giacomo Maria Airoli (en) et Ivan Paštrić (en)[12]. Au tournant du XVIIIe siècle, ses travaux s'éloignent de l'étude linguistique copte et égyptienne pour revenir à la chronologie[18]. C'est dans ce contexte que le pape Clément XI lui confie plusieurs missions. En 1701, il lui demande de travailler sur la réforme du calendrier grégorien au sein d'une congrégation aux côtés d'Enrico Noris, celle-ci est présidée par Francesco Bianchini[18],[14]. Guillaume Bonjour est affecté à la réalisation des épactes devant simplifier le calcul de la date de Pâques, principal motif de la réforme. Il invente une méthode de calcul sur une base quadriennale qui s'étend jusqu'en 1932[19]. Insatisfait par l'avancement de la réforme, le pape réduit la commission à cinq personnes en 1703. Malgré cela, la Commission ne parvient pas à aboutir à une réforme. Guillaume Bonjour ne parvient pas à associer les éléments du calendrier grégorien aux données astronomiques observées[14]. En 1703, le séminaire de Montefiascone est transformé et doté d'une importante bibliothèque ainsi que d'une presse à imprimer et Francesco Bianchini propose à Guillaume la chaire des Saintes Écritures[20],[5]. Depuis ce séminaire, dirigé par le cardinal Marcantonio Barbarigo, il publie un traité à l'usage de l'institution[19]. Il devient également membre de l'Acad(emia) Incur(iosorum)[21]. En février 1704, Enrico Noris meurt et les chances de Guillaume Bonjour de lui succéder en tant que prieur au sein de l'Orde de Saint-Augustin s'envolent. Après la mort de Barbarigo, le 26 mai 1706, le séminaire de Montefiascone est rapidement en difficulté et le nouveau prieur, Adiodato Nuzzi, rappelle Guillaume Bonjour à Rome[21],[22]. Jusqu'en 1708, les données manquent mais c'est durant cette période qu'il projette de participer à une mission en Chine[22]. Projet de mission et voyage vers la Chine[modifier le code] À la fin du XVIIe siècle, de nombreux ordres ainsi que la Congrégation pour l'évangélisation des peuples envoient des émissaires vers la Chine afin de contrôler l'influence des Jésuites qui y développent une situation de quasi monopole. Ces événements se déroulent également dans le contexte de la querelle des rites qui opposent les différents ordres dans des débats. L'ensemble fait dès lors des missions chrétiennes en Chine un enjeu de contrôle important[23]. Sous le pape Clément XI, les tensions à l'égard des Jésuites augmentent particulièrement. Celui-ci envoie Charles Thomas Maillard de Tournon afin d'établir un lien direct avec l'empereur Kangxi sans passer par l'intermédiaire jésuite[24]. Les tentatives du prélat échouent si bien qu'il est expulsé et doit se réfugier à Macao. Ce dernier recommande à Rome de prévoir une nouvelle mission dotées de connaissances scientifiques et techniques importantes, car celles-ci permettraient de supplanter le monopole jésuite au sein de la cour impériale. Favorable à la demande, la Congrégation reçoit l'accord du pape et tente de réunir des spécialistes non-jésuites. Ces derniers sont cependant très loin de détenir un niveau de connaissance élevé. C'est dans ce cadre que Guillaume Bonjour propose de rejoindre la mission. Les motifs restent incertains, mais pour Ugo Baldini, l'étude de la chronologie chinoise constitue un défi intellectuel puisque leurs généalogies impériales remontent au delà du Déluge. Il est possible qu'une autre motivation était l'intérêt linguistique puisqu'il est envisagé au XVIIe siècle que les caractères chinois et les hiéroglyphes égyptiens aient une origine commune[25]. Le 26 août 1707, Guillaume Bonjour est informé par le Pape de la mission, celle-ci incluant la promotion de Charles Thomas Maillard de Tournon à la fonction de cardinal[26]. Les objectifs de la mission sont également de gagner les faveurs de l'empereur chinois par l'envoi de missionnaire savant lui servant d'outil de pouvoir[27]. La mission comporte cinq autres ecclésiastes dont on connait les détails grâce aux mémoires de Matteo Ripa[27]. Le 8 octobre 1707, le pape lui confie des ouvrages mathématiques, cependant ceux-ci sont perdus durant le trajet à destination de Londres[26]. En effet, l'hostilité portugaise à l'égard des missions effectuées en asie par la Congrégation force celle-ci à embarquer à bord de navire britanniques[28]. Le groupe de missionnaire quitte Rome le 13 octobre pour rejoindre Londres en janvier 1708. Ils doivent dissimuler leur fonction de prêtre et embarquent à bord du Donegal, un navire de la Compagnie britannique des Indes orientales, qui quitte finalement la ville le 4 juin[28]. Après avoir atteint le Cap de Bonne-Espérance le 6 septembre, il atteint Sumatra le 9 décembre puis les Îles Nicobar le 26 janvier. De là, le groupe embarque sur un autre navire en direction de Manille. Là, ils rencontrent Teodorico Pedrini qui tente également de rejoindre la Chine sous couverture. Leur bateau ne parvient à quitter Manille que le 30 novembre afin d'atteindre Macao en janvier 1710[29]. Parcours en Chine[modifier le code] Une fois à Macao, les fonctionnaires chinois chargés de contrôler les flux de navires sont inquiétés par ce navire sans marchandise dont l'arrivée n'a pas été annoncée. Un nom chinois est assigné aux différents missionnaires, Guillaume Bonjour est ainsi renommé Chan yao tchen ou Shan Yaozhan. Ce nom deviendra son nom officiel à la cour impériale[30],[31]. Cependant, la situation est particulièrement tendue puisque Charles Thomas de Tournon, expulsé de Chine, est actuellement détenu prisonnier par les Jésuites. La mission, visant à en faire un cardinal, est compromise[30]. Les missionnaires sont dès lors emprisonnés[32]. L'empereur Kangxi est informé de cette arrivée et, en parallèle, Tournon lui fait parvenir une missive indiquant les spécialités de chaque membre de la mission, faisant de Guillaume Bonjour un expert en calculs astronomiques. Tournon meurt peu de temps après. La défiance de l'empereur à son égard n'ayant plus de raison, ce dernier invite les missionnaires à se rendre à Pékin. Ceux-ci arrivent le 6 février 1711[33]. Guillaume Bonjour est emmené avec les autres membres de la mission au sein de la Cité interdite. Lorsque l'empereur l'interroge, Guillaume Bonjour se décrit comme un mathématicien. Après cette audience, il est nommé professeur de mathématique et l'envoie auprès de la mission française jésuite afin de les assister dans la cartographie des régions de l'Empire[34],[31]. En mai 1711, lors d'une nouvelle audience avec Kangxi, il ne parvient pas à résoudre le problème mathématique qui lui est confié et il est envoyé en Tartarie (actuelle Mongolie-Intérieure et Mongolie-Extérieure) afin de participer à la cartographie. Cet éloignement de la capitale est perçu par les autres missionnaires comme la démonstration de son échec[35]. Guillaume Bonjour et ses collègues traversent le territoire et rejoignent Ulan Erghi, puis continuent le long des rivières Egiin Gol et Selenga avant de rejoindre le centre et Bayanhongor[36]. Après avoir contourné la chaîne de l'Altaï par le sud, ils rejoignent le Xinjiang et atteignent Hami. À partir de là, ils retournent à Pékin par Gansu, Shaanxi et Shanxi. Ils achèvent ce voyage en l'espace de huit mois et établissent une cartographie avec une faible marge d'erreur[37]. De retour en janvier 1712, l'empereur Kangxi envisage d'envoyer Guillaume Bonjour au sein d'une mission diplomatique à destination de Rome, mais le projet est abandonné en mars[38]. Il est alors renvoyé par deux fois dans de nouveaux voyages de prospection cartographiques et semble renforcer sa relation avec l'empereur en démontrant ses aptitudes dans les autres domaines[39]. Décès et oubli[modifier le code] Lors du dernier voyage, il se rend au Sichuan avec pour mission de cartographier Yunnan, Guizhou et Hunan. La tâche est plus délicate car le Yunnan est secoué par des conflits avec les royaumes birmans du sud[40]. Quelques jours avant Noël, il tombe malade à Menglian. Son état de santé se détériore très rapidement et il meurt le 25 décembre 1714[41]. L'annonce de son décès ne parvient à Pékin qu'en mars 1715 et celui-ci provoque des dissensions politico-religieuses. En effet, les missionnaires jésuites refusent qu'il reçoive les rites et qu'il soit enterré au cimetière Zhalan, considérant que le lieu est réservé aux jésuites[42]. Dans les deux cas, l'empereur Kangxi refuse les objections et ordonne une cérémonie le 17 juin[43] et le fait inhumer dans le cimetière à l'emplacement n°24, y plaçant une stèle avec des inscriptions latines et chinoises[31]. Une autre polémique ne tarde pas à voir le jour puisque les possessions de Guillaume Bonjour, précisément listées, sont rappatriées à Pékin. Les fonctionnaires chinois les remettent aux Jésuites, provoquant la colère des missionnaires de la congrégation. Pour finir, ses biens sont transférés aux missionnaires de l'ordre de Saint-Augustin[44]. Cet épisode a deux conséquences : tout d'abord, il diminue l'image de pureté spirituelle des missionnaires auprès des chinois ; ensuite, il joue un rôle dans l'occultation de la vie de Guillaume Bonjour car les ordres lésés n'avaient aucune raison d'écrire à son sujet, de même que les Augustins qui n'avaient aucun missionnaire actif en Chine[45]. Travaux[modifier le code] Étude du copte[modifier le code] Ses principaux travaux portent sur l'étude des Coptes et de leur langue[5]. Montfaucon indique dans sa Bibliothèque choisie que « Bonjour s'est appliqué [...] à l'étude de la langue coptique, à dessein d'en rendre la connaissance plus commune, il a feuilleté avec soin les manuscrits de la bibliothèque Vaticane. »[46]. Son étude du copte repose sur le Prodromus Coptus sive Aegyptiacus d'Athanasius Kircher encore très incomplet. Il entame dès lors la construction, depuis le texte, d'une première étude grammaticale : Elementa linguae copticae[14],[47]. L'ouvrage est plébiscitée par Bernard de Montfaucon et Eusèbe Renaudot et considérée au XIXe siècle comme plus méthodique que celle d'Athanasius Kircher[48]. Ce document complété en 1698 n'est toutefois pas publié jusqu'en 2005[14],[47]. Sa grammaire expose la morphologie et la syntaxe du copte[47]. Dissertatio de nomine Patriarchae Josephi a Pharaone impositio, en 1696, est commenté par Louis Ellies Dupin dans sa Nouvelle bibliothèque des acteurs ecclésiastiques qui critique une démarche visant à rapprocher les étymologies hébraïques et égyptiennes[48]. Pourtant, cette démarche s'inscrit dans celle tracée par Claude Saumaise et établissent les bases des recherches philologiques de ce domaine[48]. On peut également trouver à la Bibliothèque Angelica deux de ses travaux : Histoire des dynasties d'Égyptes (ou De Epochis Aegyptiacis) et un Psautier copto-arabe[46]. Une autre de ses publications est Monumenta Coptica[49]. Étude des hiéroglyphes égyptiens[modifier le code] Ses travaux s'étendent également sur le déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens à partir de documents de la bibliothèque vaticane. Dans un essai, il décrit les gravures d'un abrasax comportant des caractères grecs et des hiéroglyphes égyptiens. Cette Explication de la légende d'une pierre gravée égyptienne, publié à titre posthume par Agostino Antonio Giorgi, en fait des transcriptions[46]. Dans la première, il énonce le principe de l'isochronie de certaines voyelles plus de deux siècles avant son explicitation par Alexander Böhlig (de), parvenant à retranscrire « Horus gardien »[50]. Dans la seconde, Guillaume Bonjour traduit par sa méthode une pseudo-formule : « Ô Horus, ô Horus ! (se) lier. Germer. Séparer. Fermer. Lier. Le soleil. Gardien. Éternellement ! »[51]. La dernière transcription porte sur OYMAEMI retranscrit comme « (lieu ou don) de connaissance »[52]. Les connaissances actuelles permettent de déterminer que ces inscrpitions sur l'intaille alexandrine sont une formule magique grecque[52]. La majeure partie de la traduction proposée est erronnée, mais présente une méthode reposant sur les connaissances coptes qui offrent de nouveaux résultats[52]. Il pourrait également avoir étudié la Tabula Begoniana, une stèle de hiéroglyphes apportée par Michel Bégon, mais plus probablement un texte funéraire en caractère cursifs issu d'une bandelette de momie apportée par le consul de France Benoît de Maillet[53]. Les travaux de Guillaume Bonjour sont par la suite commentés par Jean-Pierre Rigord en 1704[53]. Étude de la chronologie biblique et de l'astronomie[modifier le code] En 1692, il défend une thèse intitulée Mercurius Aegyptiorum josephus Patriarcha dans laquelle il aborde les cycles luni-solaire, la chronologie biblique et ce en abordant Joseph. Cette thèse lui permet d'obtenir l'autorisation d'enseigner mais constitue également son premier travail dans le domaine de la chronologie biblique[8]. Dans cette thèse, il crée des connections et incorpore des éléments mythologiques antiques égyptiens et grecs à la chronologie patriarcale[54]. En 1696, il reprend une partie de sa thèse dans sa Dissertatio de nomine Patriarchae josephi a Pharaone impositio, travail dans lequel il intègre les premiers éléments d'études coptes et hiéroglyphiques[55]. Durant son séjour au Vatican, Guillaume Bonjour produit aussi plusieurs essais et dissertations scientifiques. Dans Selectae dissertationes et Calendarium Romanum chronologorum causa constructum, ainsi que dans un essai rédigé à la demande du Pape en vu de réformer le calendrier grégorien, il présente des études reposant sur des données astronomiques et le cycle métonique[9]. Il publie également des travaux exégète tels que Tractatus de computo ecclesiastico (1702), Selectae in Sacram Scripturam dissertationes (1704) et Dissertatio in historiam sacram primae mundi aetatis (1704)[13]. Ses travaux relatifs à la chronologie préservent quant à eux une attitude conservatrice de part son enseignement catholique, se confrontant par la suite à des incompréhensions chronologiques dans le milieu académique chinois. Il propose également des changements chronologiques permettant de corréler des événements astronomiques majeurs de la mythologie chinoise. Cependant sa mort prématurée ne lui permettra pas de conclure ces travaux[56]. Réception et postérité[modifier le code] Les travaux de Guillaume Bonjour sont vraisemblablement connus et appréciés de ses contemporains tels que Mathurin Veyssière de La Croze et Bernard de Montfaucon[46]. Il est rapidement reconnu comme un expert de l'exégèse biblique ainsi que de la chronologie biblique avant d'être reconnu pour ses autres travaux[57]. Toutefois, pour Gottfried Wilhelm Leibniz, Guillaume Bonjour est trop enthousiaste et confiant; il partage les doutes de Hiob Ludolf relatifs à la chronologie des Patriarches défendu dans Dissertatio de nomine Patriarchae Josephi[57]. Au XIXe siècle, seulement six publications sont citées dans une notice biographique, mais de nombreux autres travaux sont dépuis identifiés[13]. Ainsi, les nombreux travaux sur la chronologie biblique tombent dans l'oubli face à l'émergence du scepticisme historique. Ce point, ainsi que le contexte de sa disparition, contribue à ce que l'ensemble des publications, ainsi que la vie de Guillaume Bonjour, tombent progressivement dans l'oubli[58]. Ses travaux pour les langues coptes, bien que restreint à quelques intellectuels, marquent toutefois ceux-ci. Eusèbe Renaudot mentionne notamment dans son Liturgiarum orientalium collectio en 1715 que la grammaire rédigée par Guillaume Bonjour est « exacte et bien meilleure que les autres produites en Latin et en Arabe »[59]. David Wilkins est plus critique et plusieurs intellectuels estiment que son jugement est superficiel. Jean-Jacques Barthélemy rédige une courte notice biographique qui se concentre également sur les travaux linguistiques[60]. L'impact de ses travaux sur l'Égyptologie émergente semble également notable. Raphael Tuki (it) est chargé de modifier et publier la grammaire rédigée par Guillaume Bonjour mais décide plutôt de composer sa propre après l'avoir consultée, laissant planer le doute sur la proportion d'emprunts à Bonjour non crédités[61],[48]. Plus tard, ses travaux seront également étudiés par Jean-François Champollion et Étienne Marc Quatremère[60]. Guillaume Bonjour et ses travaux ne sont redécouverts que depuis la parution, en 1995, de la troisième édition du Who Was Who in Egyptology (de) de Warren Royal Dawson (en) et Eric Uphill. Une courte notice biographique le concernant s'y trouve, en lien avec les travaux réalisés par les missionnaires de l'Ordre de Saint-Augustin qui ont servi de précurseurs aux recherches de Jean-François Champollion[5]. Sydney Hervé Aufrère et Nathalie Bosson, deux égyptologues, rédigent une enquête biographique et mettent en lumière Guillaume Bonjour et ses contributions. En 2005, la publication de sa Grammaire Copte met en lumière son travail le plus notable[62]. Pour Ugo Baldini, chacun des travaux de Guillaume Bonjour mérite d'être analysé[56]. Pour Sydney Aufrère, sur base du travail de graimmairien du copte, il estime que c'est un « génie des langues [...] doté d'une mémoire eidétique »[47]. Jusqu'alors les publications relatives aux activités des missionnaires sous la Chine des Qing ne mentionnent Guillaume Bonjour que de façon succincte alors que plusieurs faits importants sont à relier directement à sa biographie. Seul non-jésuite investi d'une mission scientifique en Chine avant le milieu du XVIIIe siècle, il n'est pas envoyé par un ordre distinct mais directement par la Congrégation pour l'évangélisation des peuples. N'étant pas issu du milieu académique, il est l'un des rares missionnaires dont les travaux sont valorisés avant son départ pour la Chine et, fait d'autant plus surprenant, ceux-ci ne concernaient pas les mathématiques ou les sciences alors que c'est ce à quoi le destine sa mission en 1710[63].
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