Lors d’un audition à l’Assemblée nationale, le 9 avril, le chef d’état-major de la Marine [CEMM], l’amiral Nicolas Vaujour, a souligné le très bon taux de disponibilité des dix sous-marins mis en œuvre par la Force océanique stratégique [FOST], celui-ci s’étant élevé à 70 % en 2025. «C’est exceptionnel. Sur nos cinq sous-marins nucléaires d’attaque, on en avait quatre à la mer», a-t-il dit. Nul doute que l’US Navy aimerait pouvoir en dire autant.
En 2023, le Government Accountability Office [GAO, l’équivalent de la Cour des comptes outre-Atlantique] avait pointé les difficultés de l’industrie navale américaine à assurer le maintien en condition opérationnelle [MCO] des navires de l’US Navy, et plus particulièrement celui des sous-marins. «Cela soulève des questions en cas de conflit», avait dit l’une de ses responsables, auprès de l’agence Bloomberg.
Ainsi, le GAO avait calculé que les sous-marins de l’US Navy avait passé 9 563 jours [soit 26 ans] de plus que prévu en maintenance sur la période 2014-2020. En outre, à l’époque, il avait souligné que dix-huit SNA sur les quarante-neuf alors en service étaient indisponibles, soit parce qu’ils avaient été mis en cale sèche, soit parce qu’ils étaient sur le point d’entamer un arrêt technique majeur [ATM]. L’USS Boise en faisait partie.
Admis au service en 1992, ce SNA de type Los Angeles n’a plus navigué depuis 2015, année où il devait être mis en cale sèche pour subir une lourde opération de maintenance. Seulement, celle-ci a sans cesse été reportée. Deux ans plus tard, l’USS Boise a ainsi perdu sa certification opérationnelle complète ainsi que sa capacité à plonger.
Remorqué vers le chantier naval de Newport News [Virginie] en 2020, la refonte de ce sous-marin a pu commencer quatre ans après, à la suite de la notification d’un contrat de 1,2 milliard de dollars à Huntington Ingalls Industries. Seulement, à force d’être immobilisé, l’état de l’USS Boise s’est peu à peu dégradé… et ses réparations ne devaient pas être achevées avant 2029. D’où la décision de l’US Navy de le désarmer plus tôt que prévu, d’autant plus que les coûts pour le remettre en état ont explosé.
«Après une analyse rigoureuse, nous avons pris la décision difficile, mais nécessaire, de désarmer l’USS Boise. Cette décision stratégique nous permet de redéployer une main d’œuvre hautement qualifiée vers nos priorités absolues : la livraison de nouveaux sous-marins de la classe Virginia et l’amélioration de la disponibilité de la flotte actuelle», a expliqué l’amiral Daryl Caudle, le chef d’état-major de l’US Navy.
Lors d’un entretien accordé à Fox News, le secrétaire américain à la marine, John Phelan, a indiqué que l’USS Boise avait déjà «englouti 800 millions de dollars» et qu’il faudrait encore 1,9 milliard de plus pour qu’il redevienne à nouveau opérationnel. Un coût beaucoup trop élevé au regard du potentiel qui lui reste.
«L’USS Boise est à quai depuis 2015. Sa refonte nous a déjà coûté près de 800 millions de dollars et elle n’est achevée qu’à 22 %. Le calcul est vraiment impossible», a fait valoir M. Phelan. «Il représente 65 % du coût d’un nouveau sous-marin de la classe Virginia mais il ne couvre que 20 % de sa durée de vie restante», a-t-il insisté.
Le Gouvernement du Canada annonce avoir entamé des négociations pour l’acquisition d’avions Saab GlobalEye, basés sur le Bombardier Global 6500. Cette décision du gouvernement Carney signale qu’il n’y aura pas d’appel d’offres dans le cadre du contrat visant à doter l’Aviation royale canadienne d’un système aéroporté de détection lointaine, dont elle est actuellement dépourvue. Doté d’une enveloppe supérieure à 5 milliards de dollars, l’éventuel contrat prévoit l’achat d’au moins six aéronefs GlobalEye.
La négociation en cours avec la suédoise Saab va bien au-delà du simple achat d’appareils. Elle vise un partenariat afin d’établir au Canada une capacité de production du GlobalEye destinée non seulement aux besoins domestiques, mais aussi à l’exportation vers d’autres pays. Bombardier estime qu’environ 375 radars aéroportés pourraient être commandés à travers le monde d’ici 2032. Afin de répondre à cette demande, Saab envisage une collaboration canado-suédoise impliquant le transfert de technologie, ainsi qu’un programme conjoint de recherche et développement misant notamment sur l’expertise canadienne en matière d’intelligence artificielle.
Après avoir rejeté le Boeing E-7 Wedgetail comme bien d’autres pays, le Canada semble maintenant écarter définitivement l’autre proposition américaine, soit le L3Harris Aeris X, également basé sur la plateforme Global 6500. Rappelons que Saab vise aussi à établir un autre partenariat similaire, en ce qui a trait à la fabrication d’avions de combat Gripen sur le sol canadien.
Le Canada a sélectionné le GlobalEye de Saab/Bombardier en tant qu’avion d’alerte lointaine, un choix pas uniquement politique, mais surtout technique.
Le GlobalEye @ Saab
L’objectif
L’Aviation royale du Canada (ARC) va moderniser ses capacités de détection et de contrôle aéroportées suite à la sélection de la plateforme GlobalEye de Saab pour un contrat de plus de 5 milliards de dollars canadiens. Annoncé au Congrès canadien de la sécurité nationale (CANSEC) par le premier ministre Mark Carney, cet achat stratégique lance les négociations officielles pour 6 aéronefs. L’avionneur suédois Saab a été sélectionné face au Boeing E-7 « Wedgetail » et au L3Harris Aeris X. Le contrat de défense prévoit un important partage des travaux avec l’industrie, avec l’utilisation de cellules d’avions d’affaires Bombardier Global 6500 fabriquées au Canada. Les accords de production garantissent qu’un tiers des opérations d’assemblage seront effectuées au Canada, préservant ainsi des milliers d’emplois dans le secteur aérospatial canadien.
Ce système d'alerte avancée aéroporté multidomaine comble directement des lacunes critiques dans l'infrastructure de défense continentale des secteurs opérationnels du NORAD du Nord. Le Canada ne possède actuellement aucune flotte souveraine de commandement et de contrôle aéroporté, ce qui le contraint à dépendre fortement des réseaux radar terrestres fixes et des moyens de surveillance américains. Le radar intégré Saab Erieye offre des performances de suivi complètes contre les missiles de croisière à basse altitude, les drones et les menaces à signature radar réduite. Opérant à haute altitude, ce système basé sur un moteur Bombardier étend l'horizon opérationnel du radar sur les vastes approches maritimes de l'Arctique. La plateforme combine le renseignement électromagnétique avancé, le radar et le traitement des données par intelligence artificielle pour exécuter des missions de reconnaissance tactique complexes. Cette acquisition va permettre trois améliorations : une couverture radar arctique permanente, une capacité de commandement et de contrôle aéroportée souveraine et une surveillance maritime à longue portée dans les approches nordiques et atlantiques.
Le choix
La décision canadienne d’opter pour la solution suédoise du GlobalEye est perçue par certains observateurs comme une réponse politique aux agressions répétées de l’administration Trump. Certes, ce n’est pas entièrement faux, mais la réalité de la décision est plus technique et profonde qu’il n’y parait. Il faut se rappeler que le Canada a opté pour ses patrouilles maritimes du Boeing P-8A « Poseidon » tandis que la solution nationale portée par l'avionneur Bombardier a été durement rejetée. En cause un projet qui n’existait qu’à l’état d’étude préliminaire. À la suite du choix de l’avion américain, le gouvernement avait promis de rendre la pareille à Bombardier.
De fait, le Boeing E-7 partait avec un désavantage dans la course dès le départ. Durant l’évaluation, les équipes canadiennes ont dû faire face à plusieurs informations contradictoires avec une réévaluation technique du E-7 pour l’US Air Force, puis l’annonce du département d’État de l’abandon du projet créant une incertitude quant aux coûts de maintien en condition opérationnelle à long terme, les économies d'échelle attendues liées aux achats américains ayant disparu. L'OTAN a de son côté rouvert l'examen des alternatives pour le programme de surveillance et de contrôle futurs de l'Alliance, après avoir initialement sélectionné l'E-7 en 2023. Finalement le retour en grâce du E-7 à Washington a relancé le projet, mais bien trop tard. Tous ces éléments n’avaient rien de très rassurant. À contrario le système GlobalEye a avancé en maturité et les exemplaires en service donnent pleine satisfaction.
Choisir le GlobalEye permet de satisfaire l’avionneur Bombardier et de pérenniser des emplois au Canada tout en s’assurant d’obtenir un système offrant un excellent rapport coût. La cellule plus compacte du Global 6500 permet de réduire les besoins en piste, les coûts d'exploitation, la taille de l'équipage et la consommation de carburant avec une autonomie de 11 à 13 heures et un rayon d'action supérieur à 11 000 km. En prime, le gouvernement Carney peut jouer une carte politique face à l’administration Trump.
Saab GlobalEye
Basé sur la famille d'avions Global 6000/6500 de Bombardier, le GlobalEye combine le radar Erieye Extended Range de Saab avec une combinaison avancée de capteurs et un système de commande et de contrôle (C2) multi-domaines.
Le radar Erieye Extended Range (ER) du GlobalEye est un radar de surveillance aéroporté à longue portée de nouvelle génération, assurant une surveillance simultanée de l'air, de la mer et de la terre. C'est le résultat du développement continu par Saab du concept Erieye, augmentant la portée de détection de 70 % contre des cibles aériennes « furtives » peu observables. Détecter des cibles aériennes peu observables à longue distance n'est pas facile. Cela nécessite un gros radar, une grosse antenne à haute puissance. L’Erieye ER est basé sur la technologie GaN pour permettre la haute puissance nécessaire. Le radar Erieye ER est construit sur des capteurs AESA multicanaux où la direction de balayage est dirigée électroniquement et permet également une puissance de sortie plus élevée pour augmenter les performances de portée. La surveillance aérienne à longue portée possède de manière unique la vitesse, la portée et la flexibilité nécessaires pour fournir ces informations dans les airs, sur mer et sur terre.
L'énorme quantité de données gérées par le GlobalEye doit être traitée rapidement et efficacement pour permettre une identification instantanée des modèles et des déviations susceptibles d'affecter le cours des événements. La fonctionnalité d'intelligence artificielle (IA) et l'apprentissage automatique permettent une analyse puissante des données en temps réel et constituent un complément solide à l'intelligence intégrée au système de commande et de contrôle.
Adapté sur le jet d'affaires à très long rayon d'action Global 6000/6500, le système GlobalEye permet une autonomie jusqu’à 11 heures de vol avec une portée de plus de 550 km.
L’Ukraine va enfin profiter du Gripen. Ce jeudi à l’occasion d’une visite officielle du président ukrainien Volodymyr Zelensky, le gouvernement suédois a annoncé une future commande de 20 chasseurs Gripen E. La Suède va aussi donner aux Ukrainiens 16 Gripen C/D.
La Thaïlande a passé deux commandes séparées de 2 avions de transport C295 chacune, auprès d’Airbus les 22 et 27 mai. Les avions seront livrés à la Marine royale et à l’armée de l’air.
Deutsche Aircraft présente le D328MR, un nouvel avion multirôle européen destiné aux missions ISR et gouvernementales. Plus léger et moins coûteux que les plateformes établies, il vise un marché civil et parapublic en forte croissance.
Piloté par le trentenaire Michal Strnad, Czechoslovak Group a changé de dimension en quelques années, avant son entrée en Bourse en janvier. Son objectif désormais : marcher sur les plates-bandes de Rheinmetall.
Le char Valois de la libération d’Alençon, situé sur la commune du Bouillon (Orne), a été tagué en rose dans la nuit du 24 au 25 mai 2026. Ce vendredi 29 mai, le nettoyage par cryogénisation était testé pour rendre son aspect au char.
L'armée de l'Air et de l'Espace expérimente les lunettes à réalité augmentée HoloLens, de Microsoft, pour la maintenance de l'A330 MRTT Phénix, sur la base aérienne 125 d'Istres. Une innovation signée Airbus.
La France vient de commander 100 M€ de munitions pour le Leclerc. Un blindé techniquement supérieur à l'Abrams et au Leopard 2, mais dont la moitié du parc est hors service. État des lieux sans concession.
Capable d’atteindre 105 km/h et d’effectuer des tirs à plus de 11 kilomètres, le B1 Centauro italien est devenu un atout précieux pour l’armée ukrainienne. Dans des images rares, la 78e brigade d’assaut aérien dévoile ce blindé utilisé comme une véritable artillerie mobile face à la menace permanente des drones.
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Le centre de commandement conjoint germano-néerlandais «assumera un rôle de commandement sur le flanc est de l’OTAN, plus précisément dans la région de l’Estonie et de la Lettonie» dès l’été 2027.
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La Royal Australian Air Force (RAAF) a pris livraison de son 14ᵉ et dernier P-8A Poseidon, marquant ainsi l'achèvement d'un important programme de modernisation visant à renforcer les capacités australiennes de patrouille maritime, de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et de lutte anti-sous-marine.
Arrivée du 14e et dernier P8A @ RAAF
L’aboutissement
L'arrivée de ce dernier appareil marque ainsi l'aboutissement d'un programme lancé il y a près de dix ans pour remplacer la flotte vieillissante de Lockheed AP-3C « Orion » et doter les forces de défense australiennes d'une plateforme plus performante pour la surveillance et la protection des vastes zones maritimes du pays.
L'acquisition du P-8A « Poseidon » par l'Australie était prévue dans le Livre blanc de la défense de 2016, qui engageait le gouvernement à se procurer une flotte de 15 appareils pour appuyer les missions de surveillance maritime et de lutte anti-sous-marine. Le premier Poseidon est entré en service en Australie en novembre 2016, alors que le plan d'acquisition initial prévoyait la livraison de 12 appareils d'ici mars 2020.
Les appareils nouvellement livrés seront basés à la base aérienne d'Édimbourg, en Australie-Méridionale, qui abrite le Centre de guerre aérienne et la 92ᵉ Escadre, l'unité responsable de l'exploitation de la flotte australienne de P-8A « Poseidon ». L'escadre supervise les activités des 11ᵉ, 12ᵉ et 292ᵉ Escadrons, ce dernier étant chargé de la formation des opérateurs de capteurs et des spécialistes de mission.
Le 14e P-8a @ RAAF
Les P-8A les plus modernes
La RAAF dispose de la version la plus moderne de l’avion avec l’incrémentation 3 Block 2 (I3B2). L'incrément 3 Block 2 apporte une amélioration significative à la cellule et aux systèmes avioniques du P-8A et comprend de nouveaux supports de cellule, des radômes, des antennes, des capteurs et un câblage renouvelé. La modification intègre une nouvelle suite de systèmes de combat avec une capacité de traitement informatique améliorée et une architecture de sécurité renforcée, un système de communication par satellite à large bande, une capacité de renseignement d'origine électromagnétique (SIGINT) pour la lutte anti-sous-marine, un système de gestion des pistes et des systèmes de communication et acoustiques supplémentaires pour améliorer les capacités de recherche, de détection et de ciblage. TX BBN modernise les systèmes ASW du P-8A grâce à de nouvelles améliorations MAC (Multistatic Active Coherent) et aux capacités MIMO (Multiple Input Multiple Output) des nouvelles bouées acoustiques AN/SSQ-101C et AN/SSQ-125B. Parmi les autres systèmes gérés par l'entreprise figurent les modifications du réseau de bouées acoustiques réceptrices Undersea Advantage (USA), le traitement du signal des bouées acoustiques actives et passives MAC-E de nouvelle génération, de nouvelles interfaces opérateur-machine et des capacités de cycle de service élevé.
S'appuyant surl'expérience acquise grâce aux mises à niveau de l'I3B2, les futuresmodifications du P-8A seront réalisées par une série d'efforts d'intégrationrapide de capacités. Ces améliorations auront un effet de l'étalité et de survivabilité dans l'environnement mondial actuel en constante évolution. Les modifications apportées au P-8A garantiront qu'il demeurel'avion de patrouille et de reconnaissance maritime longue portée le plus sophistiqué et le plus performant au monde.
L'incrément 3 Block 2 apporte les capacités pour lesquelles le P-8A a été conçu. Ces modifications permettent aux équipages de rechercher, localiser et suivre les sous-marins les plus avancés au monde, permettant ainsi à la flotte de faire face à la menace avec les capacités et les moyens nécessaires pour remporter le combat.
Retrouvez l’émission Air & Défense du 29 mai 2026 animée par BFM Business en partenariat avec La Tribune et Air & Cosmos, avec en invité le patron de Delair Bastien Mancini.
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