La Défense nationale nie avoir retiré le statut «bilingue» à certaines unités


Il s’agit d’une question «d’uniformisation», dit le directeur des langues officielles du ministère de la Défense.


 


« Il n’y a personne à qui on interdit de parler le français. » Changer la désignation linguistique d’une centaine d’unités et organisations de la Défense au Canada a servi à « rectifier le tir d’un système désuet », affirme en entrevue le capitaine de vaisseau Vincent Pellerin, directeur des langues officielles du ministère de la Défense nationale.


 


Le Devoir révélait au début de la semaine dernière qu’une centaine de bureaux de la Défense nationale avait changé de désignation linguistique en raison d’une « nouvelle approche en matière de langue de travail ». Résultat ? Des employés ont perdu le droit de travailler en français dans leurs unités depuis janvier 2025.


 


La décision a été prise « pour augmenter la cohérence et la standardisation », affirme en entrevue M. Pellerin. C’est le ministère de la Défense qui a contacté Le Devoir après la publication de l’article, pour expliquer son raisonnement.


 


« On avait des unités dans la même région géographique, même dans la même base, qui avaient des langues différentes. Puis on avait beaucoup d’unités, en fait, qui n’avaient aucune désignation linguistique. Donc, on avait besoin de rectifier le tir sur ce système-là. On a adopté le système du gouvernement fédéral qui existe depuis 1977. »


 


Autrement dit, le ministère de la Défense s’est appuyé sur une disposition de la Loi sur les langues officielles lui permettant de désigner la langue de travail selon la région dans laquelle l’unité se trouve.


 


Vincent Pellerin


« Ce qui est important à souligner, c’est que ça n’impacte aucunement les services qui sont offerts aux Canadiens, aux Canadiennes, les services personnels des membres militaires et de leur famille. » Effectivement, la directive s’applique à l’interne, pour les employés du ministère.


 


Retirer la désignation « bilingue » de certains bureaux est-il une perte pour ces employés ? « Non. C’est que l’anglais est le minimum, pas que le français est interdit », affirme-t-il sans détour.


 


« On a pris l’approche que le gouvernement fédéral en entier utilise à travers le pays et on encourage l’utilisation des deux langues officielles, peu importe la désignation de langue de travail, parce qu’on reconnaît que le bilinguisme est une force et une richesse au sein du ministère de la Défense nationale. »


 


Même que, ajoute-t-il, « le bilinguisme est la clé pour être promu. Quand on regarde nos officiers aux grades supérieurs dans la Défense nationale, [on voit que] les francophones sont très, très bien représentés, parce qu’ils ont tendance à être plus bilingues ».


 


Vives réactions


Le syndicat de la majorité des employés de la Défense nationale s’est dit cette semaine « préoccupé » par la nouvelle, affirmant qu’il observera de près les effets de la directive sur ses membres.


 


Différents membres de la sphère politique ont aussi vivement réagi à la nouvelle. Le Parti québécois a publié ceci sur sa page Instagram : « Le Canada ne se donne même plus la peine de faire semblant d’être un pays officiellement bilingue. On s’en doutait, mais c’est maintenant officiel. Il y a maintenant deux réalités linguistiques au Canada. Le Canada anglais, où l’anglais est la seule langue officielle, puis le Québec et l’Acadie, où l’on a… l’anglais et la traduction officielle. »


 


Le député du Bloc québécois Mario Beaulieu a quant à lui affirmé sur sa page Facebook que le gouvernement enlève « les désignations bilingues pour que les plaintes qui augmentent ne soient plus considérées comme justifiées par la commissaire aux langues officielles »."


10 août


Mathilde Beaulieu-Lépine


https://www.ledevoir.com/politique/canada/1000802/defense-nationale-nie-avoir-retire-statut-bilingue-certaines-unites


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