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Think Outside The Box

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BestDocInfoBlog.info :

Ben Fletcher at the University of Hertfordshire in the United Kingdom devised a study to get people to break their usual habits. Each day the subjects picked a different option from poles of contrasting behaviors — lively/quiet, introvert/extrovert, reactive/proactive — and behaved according to this assignment. So an introverted person, for example, would act as an extrovert for an entire day. Additionally, twice weekly, they had to stretch to behave in a way outside their usual life pattern – eating or reading something they would never have done.

“The box” is
o The result of programming and conditioning
o Self-created in adulthood

12 Principles of Change You are writing your own story:

1. Assess whether it’s working.

2. It takes the same energy to create any belief in your story.

3. Decide what you want.

4. Do you have specific, measurable goals?

5. Be consistent in your pursuit of your goals.

6. Small changes lead to big changes.

7. Break out of your comfort zone

8. Ask for feedback.

9. Get success insurance.

10. Take a chance.

11. It’s never too late to start.

12. Everything is OK in the end.

Remembrer : If it’s not OK, it’s not the end.

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Les Verts vont mettre nos enfants sous Prozac

Les Verts vont mettre nos enfants sous Prozac | Think outside the Box | Scoop.it

Chirurgien, énarque, entrepreneur, Laurent Alexandre est aujourd'hui business angel.

 

Ressuscitant les peurs des chrétiens de l'an mille, ils font croire à la jeunesse que le monde court à sa perte à brève échéance.

Les prédictions apocalyptiques sont récurrentes : quand j'étais jeune médecin, le discours dominant était que nous allions tous mourir de cancers de la peau, à cause de la disparition de la couche d'ozone. Elle se reconstitue grâce à la technologie, et nous ne sommes pas tous morts de cancers cutanés. Mais la volonté de paniquer la jeunesse, en lui faisant croire que le monde court à sa perte à brève échéance, n'a pas disparu.  

Ressuscitant les peurs des chrétiens de l'an mille, on persuade les jeunes qu'on brûlera bientôt dans l'enfer du réchauffement climatique, sauf s'ils acceptent une réduction massive de leurs libertés. Le site Novethic.fr a publié une liste des mesures à prendre pour "limiter le réchauffement climatique" : interdiction de vendre des véhicules neufs, interdiction de la publicité en ligne, limitation à 1 kilo de vêtements neufs par an et par personne, contingentement du café, du thé et du chocolat, des fruits exotiques, interdiction de tout vol hors d'Europe non justifié, couvre-feu thermique entre 22 heures et 6 heures, interdiction d'avoir un jardin non potager (il faut remplacer nos hortensias par des poireaux), etc.  

 
 
 
 
 
 
 

La transition écologique ne passe pas par la dictature

La jeune et très irritante Greta Thunberg organise une grève de l'école pour exiger que nous divisions au minimum par quatre notre consommation énergétique, ce qui ramènerait la consommation des Français entre celle du Nigeria et celle de l'Égypte. Imposer un tel retour en arrière ne peut passer que par la dictature. Les jeunes qui font la grève de l'école sont manipulés par des officines cherchant à faire avancer leur agenda révolutionnaire ou à servir les intérêts des industriels des énergies prétendument renouvelables. On persuade la jeunesse que la seule solution est d'accepter la dictature et de revenir au moyen âge.  

Il ne s'agit pas de nier l'urgence climatique, mais de développer les technologies permettant de diminuer l'empreinte carbone et de réaliser la transition écologique sans passer par une dictature, fût-elle verte. Certains proposent que nous arrêtions de faire des enfants jusqu'à disparaître de la surface terrestre pour laisser place à une nature vierge. L'AFP a publié une iconographie montrant que la meilleure mesure pour améliorer l'environnement était de ne plus faire de bébés. Des jeunes déclarent sur les réseaux sociaux : "Je ne veux pas faire d'enfant, pour diminuer mon empreinte CO2..." Cela fait mal au coeur, alors que - hors immigration - la population s'effondre en Europe, contrairement à l'Afrique, qui va dépasser 4 milliards d'habitants à la fin du siècle. L'urgence n'est pas de pousser les adolescents européens à se faire stériliser, c'est de les convaincre de faire plus de bébés.  

 

 

 

La vie n'a jamais été aussi magnifique

 

Ne laissons pas traumatiser nos gamins, que les Verts apocalyptiques vont finir par rendre dépressifs, d'autant plus que les antidépresseurs ne marchent pas très bien chez l'enfant ! Nous devenons un peuple de petits vieux attendant la fin du monde, et nous démoralisons notre jeunesse. Jeunes, vous allez vivre une période extraordinaire, et le monde n'a jamais été si doux : 1 milliard d'humains sont sortis de la misère depuis 1995. N'écoutez pas les marchands de peur, les intellectuels apocalyptiques, les ayatollahs verts : la vie n'a jamais été aussi magnifique. Et ne soyez pas les idiots utiles du lobby des industriels des énergies renouvelables : l'économie "verte" est un immense fromage. Les prêcheurs de l'apocalypse qui vous démoralisent cachent que la France est très vertueuse en matière de gaz à effet de serre grâce au nucléaire. Interdisons aux ayatollahs verts de faire peur à nos enfants : laissons-les vivre une jeunesse insouciante et savourer leur chance de vivre en 2019.  

 

Par Laurent Alexandre,

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Le projet de loi énergie-climat nous prend pour des imbéciles

Le projet de loi énergie-climat nous prend pour des imbéciles | Think outside the Box | Scoop.it

Un manifestant réclame la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, le 3 février 2018 à Strasbourg.

 

Cette loi de régression énergétique valide par exemple la durée de vie à 50 ans de nos réacteurs, faisant prendre un risque vital à de nombreux concitoyens.

 

Le projet de loi énergie-climat devrait changer d'intitulé pour être dénommé loi de régression énergétique. En effet, ce texte au demeurant très court n'est destiné qu'à valider plusieurs reculades majeures du gouvernement sur nos objectifs climatiques, reculades au demeurant probablement incompatibles avec nos engagements communautaires.

À titre préliminaire, on soulignera le caractère paradoxal de ce projet de loi qui intervient alors même que la ville de Grande-Synthe et les associations regroupées autour de "l'Affaire du siècle" poursuivent l'État pour une inaction climatique. La démonstration de cette inaction -on pourrait même parler d'action contre-productive- est parfaitement illustrée par ce texte qui prend nos concitoyens pour des imbéciles.

En effet, le gouvernement ayant décidé, en dépit de toute rationalité économique, financière et industrielle, de renforcer la part du nucléaire dans le mix énergétique (alors que celle-ci n'a jamais été aussi faible puisqu'elle est passée de 77 à 68% entre 2005 et 2017), toute la logique de la politique énergétique s'en trouve inversée. La place des énergies renouvelables, malgré les envolées lyriques, reste congrue et la meilleure preuve en est que les investissements R&D sont d'un facteur 1 à 100 entre le renouvelable et le nucléaire (ce qui montre le mensonge flagrant dans les déclarations étatiques sur la volonté de pousser les énergies renouvelables). Et l'accent ne doit surtout pas être mis sur la réduction de la consommation énergétique; en effet, il faut vendre l'électricité nucléaire. D'où la substitution à la règle du facteur 4 –c'est-à-dire de la réduction par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre pour 2050- pourtant fixée dans le droit communautaire, d'une règle de neutralité carbone qui n'a aucune valeur juridique et surtout aucune réalité technologique. Il s'agit en effet de prétendre compenser les émissions de gaz à effet de serre -qui donc théoriquement peuvent continuer à croître- par l'absorption de ces mêmes gaz. Cette prétention est à la fois stupide et tragique. Elle est stupide dans la mesure où malheureusement les puits de carbone que constituent la forêt et les océans jouent de moins en moins leur rôle et que nous ne disposons pas de technologies permettant aujourd'hui de stocker de manière définitive et sûre le carbone. C'est donc un pari lancé par les mêmes ingénieurs, disciples du Docteur Folamour, qui il y a 50 ans affirmaient pouvoir régler la question des déchets nucléaires. C'est tragique dans la mesure où la France fait un choix suicidaire, à l'opposé de celui des autres pays tout en prétendant vouloir servir d'exemple. C'est pathétique!

Ce choix majeur étant fait, il ne reste plus qu'à en tirer les conséquences qui sont celles de la régression.

Cette régression est tout d'abord de reculer la réduction de la part du nucléaire à 50% en 2025 à une date ultérieure -ce qui aurait été parfaitement atteignable puisque nous sommes à 68% et que donc plus d'1/3 du chemin entre 75 et 50 a déjà été fait sans fermeture d'aucun réacteur. Au passage, la loi valide la durée de vie à 50 ans de nos réacteurs, ce qui, quand on sait l'état plus que préoccupant de nos vieux réacteurs -reconnu au passage par l'ASN- consiste à faire prendre, en toute connaissance de cause, un risque vital à nombre de nos concitoyens.

 
Limiter à 2° la température impose et de diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre et de trouver de surcroît des solutions de compensation pour les émissions qui resteront. Le projet français est un très mauvais signal, venant d'un pays qui prétend à l'exemplarité climatique, pour tout le reste du monde.

Ensuite, la régression concerne la diminution de nos ambitions en termes de consommation d'énergie finale par rapport à 2012 (fixé par la conférence environnementale de 2013) puisque l'objectif intermédiaire de 20% en 2030 est ramené à 17%, rendant impossible l'atteinte de l'objectif de 50% en 2050, ce dont nos gouvernants actuels se moquent éperdument puisqu'ils ne seront plus là à cette époque. Quant à la réduction de la consommation d'énergie fossile, elle reste bien théorique puisque si quatre centrales à charbon doivent être fermées, le gouvernement ne cesse de délivrer des permis d'exploration pétrolière à Total, renforçant ainsi à terme la production de pétrole et par voie de conséquence l'augmentation de la consommation d'énergie fossile.

De toute façon, les émissions de gaz à effet de serre sont revues à la hausse puisque l'objectif de plafond de 254 millions de tonnes CO2 initialement prévu pour 2023 est remonté à 277 millions tonnes dans le projet PPE, accessoire de la loi climat énergie.

En définitive, c'est donc bien une régression qui est envisagée et non pas du tout le projet ambitieux présenté par Monsieur de Rugy. Espérons que les organismes concernés, à savoir le CESE et le Conseil d'État auront le courage de rappeler au gouvernement ses engagements et ses devoirs, les uns et les autres étant manifestement ignorés par le projet. En effet, ce texte devra être confronté aux différents textes communautaires qui viennent d'être adoptés (directives du 11 décembre 2018 relative aux énergies renouvelables d'une part et l'efficacité énergétique d'autre part, le règlement sur la gouvernance de l'Union de l'énergie et de l'action pour le climat du 11 décembre 2018). Or, la prémisse de départ c'est-à-dire l'oubli du facteur 4 n'est pas compatible avec les orientations communautaires. En effet, limiter à 2° la température impose et de diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre et de trouver de surcroît des solutions de compensation pour les émissions qui resteront. Le projet français est un très mauvais signal, venant d'un pays qui prétend à l'exemplarité climatique, pour tout le reste du monde. C'est un très mauvais coup porté à tous les jeunes qui s'emparent aujourd'hui de la question climatique.

 

Corinne Lepage

Avocate, Ancienne députée européenne Cap21, ancienne ministre de l'Environnement

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« L’antisémitisme n’est pas le racisme le plus virulent mais le plus manipulé »

« L’antisémitisme n’est pas le racisme le plus virulent mais le plus manipulé » | Think outside the Box | Scoop.it

Le Monde – 19 février 2019

 

Etat d’Exception : une inscription « Juden » sur la vitrine d’une boutique Bagelstein, des tags de croix gammées sur les portraits de Simone Weil, la dégradation du lieu de mémoire d’Ilan Halimi… Quelle est ta lecture des actes antisémites des derniers jours ?

Michèle Sibony : ces actes sont bien sûr insupportables et toute la difficulté est de les voir pour ce qu’ils sont, indépendamment de la manipulation outrancière dont ils font l’objet. Ces actes réveillent une anxiété liée à la diffusion et à la normalisation de l’antisémitisme au sein de la société. Que l’on puisse aujourd’hui écrire « Juden » sur une vitrine a quelque chose d’effrayant.

Le problème face à de tels actes, c’est le double écran que constitue leur instrumentalisation ; un écran qui aveugle aussi bien ceux qui voient dans ces actes la résurgence du nazisme, que ceux qui ne voient que leur instrumentalisation. Notre capacité de regarder et d’analyser ces faits pour ce qu’ils sont est mise à mal par ce double écran.

Ces actes surviennent dans un contexte social très particulier et son utilisés politiquement pour discréditer les « gilets jaunes » et dire à la population que c’est à cause des juifs qu’on va brimer ce mouvement. Des actes tout aussi racistes visent de manière régulière des lieux de culte musulmans, par exemple, sans bénéficier du même écho médiatique.

 

Dans ce contexte de fortes contestations populaires justement, l’instrumentalisation politique de l’antisémitisme vise-t-elle à discréditer les contestataires ?

Nous sommes aujourd’hui face à un pouvoir et des organisations politiques extrêmement cyniques, qui utilisent les juifs sans aucun scrupule au service de leur agenda politique. Pareille manipulation renforce bien entendu l’antisémitisme, qui viendra à son tour renforcer cette logique perverse et donnera de nouveau l’occasion à la classe politique de manipuler l’antisémitisme. C’est infernal.

Ce cynisme je le qualifie pour ma part d’antisémite, car cette amplification énorme des actes antisémites joue contre les juifs. Je pense que tout le monde voit cela et le comprend. La manipulation politique à laquelle nous assistons montre l’absence totale de réflexion stratégique sur cette question.

 

Un appel à manifester a été signé par toutes les formations politiques parlementaires (à l’exception du RN). Que révèle selon toi cette unanimité politique contre l’antisémitisme ?

Il y a certainement plusieurs éléments de réponse. D’un côté, il y a ceux qui ont intérêt à opérer une manipulation politique des derniers actes antisémites. Il y a aussi ceux qui ont peur de ne pas en être par crainte d’être à leur tour traités d’antisémites. Et il y a tous ceux qui en ont marre des « gilets jaunes » et qui acceptent cette manipulation comme diversion.

Les personnes qui acceptent d’entrer dans cette combine et de mettre les juifs au cœur des enjeux sociaux du moment sont soit racistes, ou bien se font les complices de ce racisme. Comme nous l’avons écrit dans un communiqué de l’UJFP : « Placer les juifs au cœur de la division sociale, c’est le rôle historique de l’extrême droite qu’assument aujourd’hui sans complexe les soutiens de Macron. Tous ceux qui reprennent cet agenda à leur compte font rigoureusement preuve d’antisémitisme. »

Mettre ainsi les juifs au cœur des enjeux sociaux en dit long sur l’inconscient français sur les juifs et sur l’inconscient politique sur les juifs. C’est terrible.

 

Ce n’est que tardivement que la FI a été intégrée dans la liste des organisations signataires. Pourquoi avoir voulu mettre (momentanément) la FI à l’écart ?

A mon avis, on reproche à la FI de ne pas être assez pro-sionistes. Le problème c’est que la FI accepte les termes de la manipulation et participe au rassemblement. Les Insoumis auraient pu tout aussi bien initier un autre appel et marquer leur désapprobation de la manipulation politique en cours. Un tel suivisme me laisse perplexe.

 

En 2018, une même unanimité s’était manifestée après le meurtre de Mireille Knoll. Toute la classe politique avait répondu à l’appel lancé par le Crif. Cette fois l’initiative vient de la classe politique et non du Crif, pourquoi ?

J’aimerais déjà rappeler que presque un an après le meurtre abject de cette octogénaire, le mobile antisémite n’a pas été prouvé. Avec le recul, on mesure tout l’emballement médiatique qui avait entouré cette mort. Aujourd’hui, c’est effectivement la classe politique et non plus le Crif, qui est à l’initiative. La réaction politique a été immédiate et c’est peut-être la raison qui explique que le Crif n’ait pas eu besoin d’en faire plus.

 

Dans un communiqué collectif qui rassemble plusieurs signataires, dont l’UJFP, il est écrit que « L’antisémitisme est une affaire bien trop grave pour la laisser à celles et ceux qui, jour après jour, s’emploient à stigmatiser et à réprimer les minorités ». Pourrais-tu développer cette idée ?

Nous nous plaçons en contrepoint de toutes les forces qui saturent l’espace avec l’antisémitisme. La disproportion qu’il y a avec les autres manifestations de racisme est effrayante. Par exemple, il n’y a qu’à voir la couverture médiatique accordée à l’altercation dont a été l’objet Alain Finkielkraut et la comparer avec celle quasi inexistante accordée à des actes de violence raciste pourtant fréquents.

C’est la raison pour laquelle il nous parait nécessaire, à nous les forces de l’antiracisme politique, de poser sur la table toutes les manifestations de racisme et de ne pas trier en fonction des victimes ou des auteurs. Les crimes policiers et l’impunité judiciaire dont ils bénéficient, une femme en hijab attaquée au cutter dans le métro, ce sont des manifestations de racisme tout aussi graves que des agressions antisémites. Notre volonté et de nous battre tous ensemble et de la même manière contre tous ces phénomènes.

Une vue d’ensemble nous montre ainsi que l’antisémitisme n’est pas le racisme le plus virulent mais celui qui est de loin le plus manipulé. Cette position que l’on peut qualifier de « judéophile » de la classe politique est constitutive du racisme institutionnel. Cela soulage les institutions de l’Etat et leur permet de se poser en arbitres, en défenseurs du droit.

 

C’est la raison pour laquelle vous organisez de votre côté votre propre rassemblement à Paris ?

Se décaler de l’initiative des 14 formations politiques dont on a parlé, c’est à la fois un acte politique et social. C’est marquer notre refus de parler des actes antisémites de la manière dont elles veulent en parler. Ceux qui sont en capacité de faire ce décalage, ceux qui en ont besoin, ce sont lespopulations racisées. D’abord parce qu’on leur fait porter le chapeau en permanence. Ensuite parce qu’elles sont victimes de choses que l’on passe le plus souvent sous silence.

Nous appelons à manifester pour dire que les vrais antiracistes, c’est nous. C’est nous qui luttons contre toutes les manifestations de racisme, y compris dans ses dimensions structurelles. La manifestation des 14 partis n’est pas une manifestation contre l’antisémitisme. Ils ne font qu’instrumentaliser et renforcer cette forme spécifique de racisme.

En prenant nos distances avec l’initiative des 14 partis, nous souhaitons leur montrer aussi que leur politique sociale est racialisée. En utilisant les juifs et l’antisémitisme, ils mettent la question raciale au service de leur agenda politique. Du coup, les divisions qu’ils provoquent ne se font pas seulement sur le terrain social, mais sur des bases raciales. C’est en cela que leur logique est dangereuse.

 

Propos recueillis par Rafik Chekkat.

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MACRON OU L'ORGIE DES ULTRA-RICHES - MONIQUE PINÇON-CHARLOT

Ajoutée le 21 janv. 2019

L’enquête des Pinçon-Charlot, « Le Président des riches », paru en 2010 est sans doute un des coups symboliques les plus rudes qui aient été porté à la présidence de Nicolas Sarkozy.

Aujourd’hui le célèbre couple de sociologues publie « Le Président des ultra-riches », un livre qui ne contribuera pas à réconcilier les Français avec Emmanuel Macron, en pleine crise des Gilets jaunes.

« Chronique du mépris de classe sans la politique d’Emmanuel Macron », est-il sous-titré. Ils y détaillent le parcours du « leader des marchés libres » comme l’avait surnommé le magazine Forbes, et les renvois d’ascenseurs constants en direction des plus nantis de ce Président choisi par la caste pour servir la caste.

La démonstration est féroce, implacable.

Bonjour Monique Pinçon-Charlot, et merci d’être avec nous au Média aujourd’hui.
Par Aude Lancelin

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Fusion des aides sociales : 3,5 millions de ménages vont subir une baisse de revenus

Fusion des aides sociales : 3,5 millions de ménages vont subir une baisse de revenus | Think outside the Box | Scoop.it

Alors qu’Emmanuel Macron avait déclenché la polémique, avec son mépris de classe habituel, en estimant que les minimas sociaux coûtent « un pognon de dingue », il semble que l’on puisse avoir un aperçu de la concrétisation concrète de la « punchline ».

En effet, selon un rapport interne que c’est procuré le journal Le Monde, remis en juin, la fameuse fusion des aides sociales, labélisé ASU (allocation sociale unique) devrait faire des dégâts, et toucher de plein fouet les ménages les plus modestes. Les hypothèses formulées convergeant sur le fait que l’ASU devrait remplacer le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation de solidarité spécifique (ASS), la prime d’activité, les aides au logement (AL), l’allocation adulte handicapé (AHH), l’allocation de solidarité pour les personnes âgées (ASPA) et l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI).

 

Ainsi, ce sont 3,55 millions de ménages qui vont subir une baisse de revenus avec la mise en place de cette ASU. Pire, 1,5 million d’entre eux, seront privés de toute aide. Mais lorsque l’on se penche plus précisément dans le détail, on voit dans un premier temps que ce sont les plus précaires qui payent le prix fort. Ainsi, ce nouveau système ferait deux fois plus de perdants que de gagnants chez les chômeurs longue durée, idem pour les bénéficiaires des aides au logement. A l’inverse, Macron semble vouloir privilégier une partie de sa base sociale qu’il avait ulcéré avec la hausse de la CSG. En effet, il y aurait 3,3 fois plus de gagnants que de perdants chez les bénéficiaires de l’ASPA. De plus, les fluctuations sont sensibles selon la configuration familiale, notamment en ce qui concerne le taux de pauvreté. Ainsi, si les familles monoparentales et les couples avec un ou deux enfants verraient leur situation légérement s’améliorer, les personnes isolées, elles, seraient particulièrement impactées, avec une hausse de 1,6% du taux de pauvreté.

 

Si, du côté du gouvernement, on affirme que rien n’est encore tranché, ce rapport interne en dit long sur la politique qu’entendent mener Macron et ses ministres. D’une part, chercher à reconquérir une partie de sa base sociale avec un soit disant « tournant social » tout en piochant directement dans les poches des plus précaires, donc celles et ceux qui ont précisément le plus besoin des diverses aides sociales. Il faut dire qu’en terme de casse des acquis sociaux, le gouvernement s’est fixé un objectif ambitieux à l’échelle du quinquennat : 60 milliards d’économies d’ici à 2022.

Jacques Le Bris's insight:

Ou comment mettre le feu aux poudres...

 

Après, il n'y a qu'à fermer les yeux et se boucher les oreilles.

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La découverte de bactéries dans notre cerveau révolutionne nos connaissances de la biologie humaine

La découverte de bactéries dans notre cerveau révolutionne nos connaissances de la biologie humaine | Think outside the Box | Scoop.it

Les scientifiques ont longtemps pensé que notre cerveau était naturellement protégé contre la présence de bactéries et de virus. Cependant, des chercheurs ont découvert plusieurs de ces micro-organismes profondément cachés dans des cerveaux humains et dans ceux de souris de laboratoires. Il s’agirait des mêmes microbiotes que ceux présents dans nos intestins, dont le rôle sur notre santé et notre humeur ne sont plus à démontrer ! Cette information, très importante pour la communauté scientifique, permettrait de mieux comprendre le fonctionnement de notre cerveau et peut-être même d’envisager de nouveaux traitements.

 

 

IL Y AURAIT DES BACTÉRIES INTESTINALES DANS NOTRE CERVEAU

Des chercheurs de l’université de Birmingham, en Alabama, ont présenté des résultats troublants lors du dernier congrès de la Society for Neuroscience, début novembre. Selon eux, et contrairement à ce qui était admis jusqu’alors, des cerveaux humains en bonne santé contiennent des bactéries, et pas des moindres : celles de nos intestins ! Cependant, un cerveau « sain » devrait être protégé des micro-organismes que sont les bactéries et les virus, grâce à sa barrière hémato-encéphalique, un filtre extrêmement sélectif qui garde à distance les agents pathogènes, les toxines et les hormones.

Pourtant, les auteurs de l’étude ont montré des images de microscopie prouvant la présence de bactéries dans des cerveaux humains. La moitié des 34 cerveaux étudiés post-mortem et présentés à l’assemblée provenaient de personnes schizophrènes, l’autre moitié de personnes en bonne santé, mais aucun ne présentait de signes d’inflammation. Un détail important, puisque des bactéries peuvent y apparaître après la mort, par contamination du cerveau.

Les chercheurs ont donc voulu vérifier ce point spécifique en étudiant également des cerveaux de souris. Ainsi, les cerveaux de dix spécimens ont été analysés immédiatement après leur mort. Celles qui ne disposaient pas de microbiote intestinal ne présentaient aucune bactérie dans le cerveau, tandis que les autres en avaient dans les mêmes zones que chez l’Homme. L’hypothèse de la contamination semble donc éliminée.

Pixabay

 

NOTRE MICROBIOME INTESTINAL AGIT SUR NOTRE CERVEAU

Les scientifiques savent que les bactéries intestinales jouent un grand rôle sur l’humeur, puisque ce microbiote peut influencer le fonctionnement et le comportement du cerveau. Cependant, ils ignorent toujours comment cela se produit. Cette étude pourrait donc se présenter comme un élément de réponse. En effet, le séquençage des bactéries trouvées dans les cerveaux des humains et des souris analysés a démontré qu’elles étaient de la même famille que celles de l’intestin ! Les chercheurs de l’université de Birmingham supposent alors que les bactéries intestinales pénètrent dans le cerveau directement à travers la barrière hémato-encéphalique, qui les laisse passer.

Une autre voie possible est celle des nerfs qui innervent nos intestins, puisque le cerveau et l’intestin communiquent via un réseau neuronal spécifique. La voie d’entrée des bactéries dans le cerveau n’est donc toujours pas claire, mais leur présence remarquée dans les axones (fibres nerveuses) et au niveau de la barrière hémato-encéphalique semble appuyer ces hypothèses. Bien sûr, cette découverte va faire l’objet de nouvelles études à l’avenir. Plus tard, elle pourrait même ouvrir de nouvelles voies pour la recherche, notamment sur les maladies comme la dépression nerveuse ou la schizophrénie.

 

Par Christelle Perret, le 26 novembre 2018

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L'affaire des malformations dans l'Ain révèle la mauvaise protection des lanceurs d'alerte

L'affaire des malformations dans l'Ain révèle la mauvaise protection des lanceurs d'alerte | Think outside the Box | Scoop.it

La France a voté plusieurs lois sur la protection des lanceurs d'alerte. Le licenciement des membres du Registre des malformations en Rhône-Alpes révèle sur le terrain que cette protection est loin d'être effective.

 

Les pouvoirs publics souhaitent-ils étouffer la voix du Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera) qui a révélé en 2016 un surnombre de malformations dans le département de l'Ain ? La question se pose, ainsi que celle plus large de la protection des lanceurs d'alerte, alors que les Hospices civils de Lyon viennent de notifier aux six membres de l'association leur licenciement au 31 décembre 2018.

Le Registre rhônalpin est chargé avec cinq autres registres de surveiller les anomalies congénitales sur un territoire représentant 19% des naissances françaises. Son statut associatif lui donne une indépendance dont ne peuvent pas forcément se prévaloir ses homologues et qui donne lieu à des tensions avec l'établissement Santé Public France qui le cofinance.

 

Des hypothèses environnementales qui restent en suspens

En juillet dernier, le Registre publiait les résultats d'une étude révélant sept cas d'enfants nés avec une malformation des membres supérieurs entre 2009 et 2014 dans un petit périmètre du département de l'Ain. "Des hypothèses environnementales (produit de l'agriculture ? vétérinaire ?) semblent se dessiner mais elles sont à l'état d'ébauche et les données de la littérature ne contribuent pas à les affiner. Le registre devrait donc s'appuyer sur des ressources externes en toxicologie et épidémiologie environnementales pour mettre en place une étude dont le design reste à définir", concluaient les auteurs du rapport. Dans le même temps, il apparaissait que deux autres territoires ruraux, en Loire-Atlantique et dans le Morbihan, étaient touchés par des maux identiques.

Mais plutôt que l'appui réclamé pour poursuivre les investigations, l'association a reçu une fin de non-recevoir des pouvoirs publics.

Dans trois rapports d'investigation publiés le 4 octobre après la médiatisation de ces affaires, Santé Publique France (SPF) ne reconnaît pas d'excès de cas par rapport à la moyenne nationale dans l'Ain, contrairement aux deux autres départements. Dans les trois zones, elle indique ne pas avoir identifié de cause commune entre les différents cas de malformations constatés et refuse par conséquent les investigations complémentaires. Interrogés par Le Monde, trois biostatisticiens ont formellement contesté la méthodologie utilisée par l'étude de SPF pour conclure à l'absence d'excès de cas dans l'Ain. "Santé Publique France doit dire qu'il a commis une erreur", tonne l'eurodéputée écologiste Michèle Rivasi.

 

"Où est la faute ?"

Non seulement, les préconisations du Remera ne sont pas suivies d'effet mais son existence même est remise en cause avec le licenciement de ses six salariés. La structure devrait mettre la clé sous la porte d'ici la fin de l'année, ayant perdu ses deux principales sources de financement, à savoir les subventions de l'Inserm et de la Région Rhône-Alpes. "Le scandale des bébés nés sans bras éclate. Remera doit fermer (…). S'il n'y a pas de lien, qu'on nous le prouve !", tweetait rageusement Emmanuelle Amar, sa directrice générale, le 13 octobre.

"L'alerte est constitutive de la mission du Registre. L'affaire a été rendue publique en 2016 car elle n'a pas été entendue en interne. Les salariés du Remera se retrouvent dans une situation couverte par la loi de 2016 protégeant les lanceurs d'alerte", estime Delphine Batho. L'ancienne ministre de l'Environnement auditionnera Mme Amar le 23 octobre dans le cadre du groupe d'études Santé environnementale de l'Assemblée qu'elle co-préside. Il semble en effet que la loi Sapin II, qui a été précédé par six autres lois traitant du droit d'alerte selon un rapport du Conseil d'Etat de 2016, ne semble toujours pas protéger efficacement leurs auteurs.

Le président de la Région, Laurent Wauquiez, a annoncé le 12 octobre qu'il pourrait finalement débloquer une subvention pour le Remera si l'Etat ne remplissait pas ses obligations. Cette volte-face tendrait à prouver que c'est plus l'équipe que la structure elle-même qui serait visée. "Si on continue à financer, il ne s'agit alors plus d'un licenciement économique mais d'un licenciement pour faute", pointe Corinne Lepage. "Mais où est la faute ?", interroge l'ancienne ministre de l'Environnement, avocate de formation.

 

Laurent Radisson

Journaliste : Rédacteur en Chef délégué aux marchés HSE

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Nucléaire français : la fuite en avant ou l'effondrement 

Nucléaire français : la fuite en avant ou l'effondrement  | Think outside the Box | Scoop.it

Ce texte est écrit à partir d’un document gardé secret tant le contenu dérange mais que l’ACRO, qui se bat pour qu’il soit rendu public, a pu consulter dans l’objectif de faire progresser la transparence.

 

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) publiée au Journal Officiel du 18 août 2015, vise à préparer l’après pétrole et à instaurer un modèle énergétique robuste et durable. En ce qui concerne le nucléaire, elle s’est fixé comme objectif de réduire sa part dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025. La part du nucléaire étant de l’ordre de 75% actuellement, c’est donc environ un tiers du parc qui doit être arrêté pour atteindre cet objectif, soit environ 19 réacteurs sur 58. A priori les plus anciens.

 

Or, le combustible MOx, qui permet de recycler le plutonium extrait à l’usine de retraitement d’Orano à La Hague, est utilisé dans les réacteurs les plus anciens du parc. Leur arrêt à l’horizon 2025 aura donc un impact énorme sur l’activité de cette usine et de celle de Melox qui fabrique le combustible. Cela mérite que l’on s’y attarde, surtout quand un débat national sur le plan de gestion des matières et déchets radioactifs est en préparation.

 

Dès 1997, le directeur de la sûreté des installations nucléaires a indiqué à EDF qu’il souhaitait disposer d’une approche globale de la sûreté du combustible nucléaire. Depuis, EDF a transmis plusieurs dossiers, tous secrets. La dernière mise à jour était demandée pour le 30 juin 2016 par l’ASN qui précisait également les scénarios devant être étudiés afin de tenir compte de l’objectif fixé par la loi pour la transition écologique et pour la croissance verte. EDF a rendu sa copie le 29 juin 2016, dans un dossier intitulé « Impact cycle 2016 » qui n’est pas plus public que ses prédécesseurs. L’ASN a aussi demandé une expertise sur ce dossier à l’IRSN. Le rapport n’est pas public, mais l’ACRO a pu l’examiner.

 

Selon l’IRSN, le scénario qui conduit donc à l’arrêt de 19 tranches de puissance unitaire 900 MWe et à une production électrique d’origine nucléaire abaissée de 420 TWh à 305 TWh en 2025, conduit à la saturation des piscines de la Hague et des réacteurs nucléaires en moins de 5 ans après la première fermeture. Tout le parc nucléaire devra donc s’arrêter pour cause d’occlusion intestinale après la mise à l’arrêt de moins de 9 tanches utilisant du MOX ! Les résultats de la simulation de l’IRSN confirment la conclusion d’EDF.

 

EDF a un projet de piscine centralisée bunkérisée pour augmenter ses capacités d’entreposage des combustibles usés. Le rapport IRSN mentionne une ouverture en 2030. Ainsi, toujours selon l’IRSN, le report à 2035 de la limitation à 50 % de la production d’électricité d’origine nucléaire, décale de 10 ans les dates de saturation des piscines, ce qui est compatible avec le calendrier prévisionnel de mise en service de la piscine d’entreposage centralisé, prévue à l’horizon 2030. Et, comme par hasard, le premier ministre a profité de la vacance au ministère de la transition écologique pour annoncer le report de 10 ans de la limitation à 50 % de la production d’électricité d’origine nucléaire…

Rien ne dit qu’EDF terminera sa piscine en 2030. Et, en attendant on ne pourrait pas arrêter le retraitement et le MOx. Pour M. Jean-Bernard Lévy, président-directeur général d’EDF, « si je devais utiliser une image pour décrire notre situation, ce serait celle d’un cycliste qui, pour ne pas tomber, ne doit pas s’arrêter de pédaler. » Il tentait de justifier la construction de nouveaux EPR lors de son audition, le 7 juin 2018, par la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires. Cela s’applique aussi aux usines de retraitement de la Hague et Melox qui doivent pédaler sans relâche pour éviter l’arrêt complet du parc nucléaire.

 

Le retraitement consiste à séparer l’uranium, le plutonium des combustibles usés qui sortent des réacteurs. L’uranium, qui représente encore 95% de la masse des combustibles usés, est officiellement recyclable, mais n’est pas recyclé. Comme il ne nécessite pas de stockage en piscine, il est envoyé à Pierrelatte dans la Drôme. Les éléments les plus radioactifs sont concentrés, vitrifiés et entreposés à La Hague en attendant un stockage définitif. Reste le plutonium, moins de 1% de ce qui sort des réacteurs, qui ne peut pas être accumulé pour des raisons de prolifération. Il sert à faire du combustible MOx qui est utilisé dans 22 réacteurs (ceux du palier CPY à Dampierre, Gravelines, Le Blayais, Tricastin, Chinon et Saint Laurent). Le MOx n’est pas retraité ensuite.

 

C’est ce petit pourcent qui peut bloquer toute la machine. Toute l’industrie nucléaire est donc dans une situation très fragile, car on peut imaginer des aléas qui entraîneraient un arrêt prolongé d’une des mailles de cette chaîne du plutonium. Et le maillon faible, ce sont les évaporateurs de l’usine de retraitement de La Hague qui assurent la concentration des produits de fission. Ces équipements, conçus pour une durée de fonctionnement de trente ans, se corrodent plus rapidement que prévu lors de leur conception. Selon l’ASN, cette corrosion est de nature à remettre en cause à moyen terme la sûreté de l’installation. En effet, la tenue de ces équipements à la pression de leurs circuits de chauffe ou au séisme pourrait être remise en cause dans les prochaines années et potentiellement dès 2018 pour l’évaporateur le plus dégradé. Des fuites sont déjà apparues.

 

En cas d’arrêt des évaporateurs de l’un des ateliers, l’usine correspondante devrait également être arrêtée. Ainsi, le dossier d’EDF postule un aléa d’exploitation de 6 mois d’arrêt survenant uniquement sur l’une des deux usines de La Hague. Dans ce cas, l’autre usine seule devrait assurer le traitement des combustibles usés. Mais l’IRSN considère qu’un aléa peut survenir sur les deux usines simultanément et qu’un évènement sur un équipement dont le caractère générique nécessiterait l’arrêt d’équipements similaires, ne peut pas être écarté. La situation correspondant à l’arrêt temporaire des deux usines, même pour quelques mois, n’est cependant pas étudiée par Orano Cycle. En tout état de cause, une diminution des capacités de traitement de ces usines pourrait conduire à terme à la saturation des entreposages des combustibles usés.

 

Ainsi, au regard de la situation actuelle des évaporateurs, l’IRSN relève que l’aléa forfaitaire de six mois retenu ne peut pas être considéré comme enveloppe. Un arrêt des deux usines pour une durée supérieure aux six mois pourrait conduire à une saturation des piscines d’entreposage. L’IRSN demande donc à Orano cycle et EDF de revoir leur copie sur ce sujet et de préciser la durée d’indisponibilité qui conduirait à la saturation des piscines. La réponse est facile à estimer puisque la place disponible à La Hague ne serait plus que de 7,4% : la saturation interviendrait au bout d’une année environ.

 

L’industrie nucléaire française a donc mis en place un système que l’on ne peut pas stopper sur décision politique, sans risque d’un effet falaise qui arrêterait tout le parc en peu de temps. Mais ce système est extrêmement fragile et le piège pourrait se refermer sur ces concepteurs, à la suite de pannes. Pourtant, François de Rugy, alors président de l’Assemblée nationale, a affirmé : « Ce n’est plus EDF qui fait la politique de l’énergie en France » (AFP, 12/07/2018). Vraiment ?

 

L’utilisation de MOx dans les réacteurs les plus récents de 1 300 MWe en remplacement des réacteurs les plus anciens n’est pas simple à mettre en œuvre. Cela demande des études complètes sur le fonctionnement des cœurs des réacteurs et des travaux conséquents à instruire et valider. Il faudrait aussi revoir la fabrication des combustibles et leur transport car ils n’ont pas la même longueur dans les réacteurs anciens et les plus récents.

Reste donc l’option d’arrêter les réacteurs les plus récents en premier pour pouvoir continuer à utiliser le combustible MOx ! En effet, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte ne stipule pas les réacteurs qui doivent être fermés avant 2025. Ou encore d’arrêter des réacteurs anciens et récents pour satisfaire à la loi sans entraîner l’arrêt complet du parc en 5 ans par effet falaise. L’IRSN montre que c’est possible avec l’arrêt d’autant de réacteurs anciens de 900 MWe que de réacteurs récents de 1 300 MWe. Avec une telle option, les activités des usines de retraitement de fabrication de MOx seraient réduites de moitié.

 

Quoi qu’il en soit, EDF devrait aussi augmenter rapidement ses capacités d’entreposage de combustibles usés.

 

Tous ces éléments auraient dû être rendus publics en amont du débat national qui a eu lieu sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie. Ils doivent l’être avant le nouveau débat sur le Plan de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs.

 

ACRO

Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l'Ouest

 

 

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Réduire l'activité des déchets nucléaires d'un million d'années à 30 minutes, le prix Nobel de physique y croit

Réduire l'activité des déchets nucléaires d'un million d'années à 30 minutes, le prix Nobel de physique y croit | Think outside the Box | Scoop.it

Gérard Mourou, professeur émérite à l’École polytechnique et récompensé du prix Nobel de physique 2018 pour ses travaux sur les lasers.

 

Le 2 octobre, le physicien français Gérard Mourou a reçu le prix Nobel de physique pour ses travaux sur les lasers. Dans un article publié sur The Conversation, le chercheur explique l'une des applications possibles de sa technique : réduire considérablement la durée de vie des déchets nucléaires. Annonçant une collaboration avec le CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives), Gérard Mourou donne rendez-vous dans dix ans...

 

Et si nous parvenions à réduire la durée de vie des déchets nucléaires d’un million d’années à... 30 minutes ? C’est la promesse incroyable formulée par Gérard Mourou, professeur émérite à l’École polytechnique. Le mardi 2 octobre, il a reçu le prix Nobel de physique 2018 pour ses travaux sur les lasers avec le physicien américain Arthur Ashkin et la chercheuse canadienne Donna Strickland.

Le coup de sabre laser dans la poubelle radioactive serait bienvenu. La gestion des déchets nucléaires est un sujet explosif. Cet automne, en France, un débat public doit ouvrir sur le plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR). En parallèle, le projet Cigéo (Centre industriel de stockage géologique) situé à Bure (Meuse) suscite des débats houleux.

 

Dans un article édité par Benoît Tonson et publié sur The Conversation (reproduit ci-dessous), Gérard Mourou explique le fonctionnement de la technique qui lui a valu le prestigieux prix Nobel. Le scientifique confie aussi qu’il va travailler avec le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) pour proposer quelque chose d’ici dix à quinze ans. Ses recherches pourraient également servir dans la chirurgie de l’oeil.

Conversation avec Gérard Mourou, prix Nobel de physique 2018 :

Gérard Mourou, professeur émérite de l’École polytechnique a été récompensé par le prix Nobel de physique 2018. Il partage cette récompense avec la Canadienne Donna Strickland pour avoir conjointement élaboré une méthode de génération d’impulsions optiques ultra-courtes de haute intensité, ainsi qu’avec Arthur Ashkin pour l’invention des pinces optiques et de leurs applications médicales. The Conversation l’a rencontré à l’École polytechnique, le jour de l’annonce du prix.

 

La technique qui m’a valu le Nobel

 

J’ai obtenu le Nobel pour l’invention d’une technique laser appelée chirped pulse amplification (CPA) : une méthode de génération d’impulsions optiques ultra-courtes de haute intensité. Elle permet d’obtenir des puissances considérables, d’aller dans des domaines de la physique qu’on ne pouvait pas atteindre. Les puissances de laser atteintes aujourd’hui sont de l’ordre de 1021 W/cm2. Elles permettent d’obtenir des pressions, températures et champs électriques extrêmement élevés en laboratoire.

Avant le développement de cette technique, on était gêné car on arrivait à un certain seuil de puissance où on ne pouvait plus amplifier. Le champ électrique laser était tellement élevé que l’on endommageait le matériel optique lui-même.

C’est en 1983, avec mon étudiante Donna Strickland avec qui je partage ce Nobel que nous avons imaginé la CPA.

Notre idée était d’étaler dans le temps les composantes de fréquence et allonger les pulsations de quelques femtosecondes (10-15 secondes) à quelques nanosecondes (10-9). Cela diminue leur intensité et permet de les amplifier sans saturation. Un second système de réseaux recomprime ensuite les pulsations amplifiées. Un énorme gain en intensité est réalisé. C’est comme au karaté : on délivre une puissance très importante dans un temps très, très bref.

Lorsque j’ai soumis cette idée à Donna, en lui demandant de la mettre en œuvre, elle m’a répondu que c’était "facile" et que ça "ne constituait même pas un sujet de thèse". Je peux lui dire aujourd’hui, qu’elle avait raison ce n’était pas un sujet de thèse, c’était un sujet de prix Nobel !

 

 

 

Un laser surpuissant pour la chirurgie de l'oeil

 

La plus connue des applications, c’est la chirurgie de l’œil : c’est notre invention !

Ce que l’on appelle la chirurgie femtoseconde réfractive de l’œil et de la cornée. L’impulsion est tellement courte que l’on peut faire une ablation alors que la matière n’a pas le temps de suivre, donc rien n’est détruit autour. Le risque d’effet délétère pour le patient est ainsi minimisé et notre technique a permis de corriger la vue de millions de personnes.

Tout est parti d’un accident : au début de l’utilisation de ce laser, un étudiant était en train de monter son expérience, d’aligner le laser. D’un coup "pof", il prend un coup de laser dans l’œil ! On l’amène à l’hôpital et quand l’interne l’a examiné, il s’est exclamé : "incroyable ! Qu’est ce que c’est comme laser ?" L’œil était endommagé, mais là, la blessure était "parfaite". C’est-à-dire qu’il y avait une tâche, nette, sans débris autour, alors qu’habituellement une lésion provoquée par un laser ressemble à un volcan. On a pensé qu’il y avait là, matière à essayer cette technologie dans le domaine de l’ophtalmologie. Deux ou trois jours après, le médecin m’a téléphoné en me demandant de faire partie de notre équipe, et nous avons travaillé ensemble à l’élaboration de cette technique.

 

Une idée pour les déchets nucléaires

 

Celle qui me tient particulièrement à cœur est le traitement des déchets radioactifs avec nos techniques lasers. Je m’explique : prenez un noyau atomique : il est composé de protons et de neutrons, si on met un neutron en plus ou si on enlève un, ça change absolument tout. Ce n’est plus le même atome, ses propriétés vont alors totalement changer. La durée de vie de ces déchets est changée fondamentalement : on peut la réduire d’un million d’années à 30 minutes !

On est déjà capable d’irradier avec un laser à grand flux beaucoup de matière d’un seul coup, la technique est donc parfaitement applicable et théoriquement rien ne s’oppose à une utilisation à échelle industrielle. C’est le projet que je suis en train de lancer en collaboration avec le CEA. Nous pensons que d’ici 10 ou 15 ans nous pourrons vous montrer quelque chose.

C’est vraiment ce qui continue à me faire rêver : toutes les applications futures de notre invention. Lorsqu’on travaille, c’est la passion qui nous anime, pas les espoirs de Prix Nobel. C’est notre curiosité qu’il nous faut assouvir. Après mon prix, je vais continuer !

 

Benoît Tonson, Éditeur Science + Technologie, The Conversation

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

 

 

 

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Levothyrox : au moins trois éléments chimiques impurs dans la nouvelle formule

Levothyrox : au moins trois éléments chimiques impurs dans la nouvelle formule | Think outside the Box | Scoop.it

Ce n'est pas un mais trois éléments chimiques impurs, potentiellement toxiques, que Jean-Christophe Garrigues, chercheur au CNRS, a découvert dans la nouvelle formule du Levothyrox. Ils pourraient expliquer les effets indésirables subis par des milliers de patients.

 

La nouvelle formule du Levothyrox, ce médicament destiné à lutter contre les troubles de la thyroïde, contient au moins trois éléments chimiques impurs suspectés de provoquer des effets indésirables. C’est la grande découverte de Jean-Christophe Garrigues, chimiste au CNRS à l’Université Paul Sabatier de Toulouse et missionné par l’association française des malades de la thyroïde (AFMT). Mediacités avait déjà révélé ce jeudi 4 octobre que le chromatogramme (méthode d’analyse qui permet de séparer les constituants d’un mélange) de la note de synthèse de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), datée de juillet 2018, laissait apparaître un pic d’impureté notable concernant la nouvelle formule par rapport à l’ancienne.

Merck aurait modifié son médicament en catimini suite au scandale

Les autres chromatogrammes, réalisés cette fois par le chimiste lui-même, dévoilent la présence de deux autres éléments impurs susceptibles de déclencher des effets indésirables. Ces éléments chimiques potentiellement toxiques sont absents ou présents en infime quantité dans l’ancienne formule. Chacun d'entre eux, ils le sont à plus forte dose dans les médicaments nouvelle formule, délivrés en 2017, et aussi par rapport à ceux de la « nouvelle, nouvelle formule », que l'on trouvait en pharmacie cet été.

 

Ces résultats laissent supposer que le laboratoire fabricant, Merck, aurait modifié en catimini, même légèrement, la composition de son médicament (...)

 

Rozenn Le Saint

 
 
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"Un plausible scandale sanitaire" : des cas de malformations inexpliquées à la naissance dans trois communes de France

"Un plausible scandale sanitaire" : des cas de malformations inexpliquées à la naissance dans trois communes de France | Think outside the Box | Scoop.it

Depuis une décennie, trois communes françaises ont vu naître des enfants présentant des malformations. Un rapport de Santé publique France doit être rendu jeudi 4 octobre sur ce phénomène inexpliqué. Franceinfo a mené l'enquête.

 

L'agence Santé publique France a rendu jeudi 4 octobre un rapport sur un phénomène inexpliqué et inquiétant relevé dans trois zones, en Loire-Atlantique, en Bretagne et dans l'Ain. Depuis dix ans y sont recensés des cas d'enfants, nés avec des anomalies des membres supérieurs. Simple hasard ou conséquence d’une exposition aux pesticides ? Dans son rapport, Santé publique France a établi des "excès de cas" en Loire-Atlantique et en Bretagne, mais pas dans l'Ain. Certains scientifiques alertent pourtant sur un possible scandale sanitaire. 

 

Sept cas autour d'une même commune dans l'Ain

Les premiers cas sont recensés en 2011 dans le département de l'Ain, comme le pointait une enquête de "L'Œil du 20 heures". Le Remera, le Registre des malformations en Rhône-Alpes, signale à l'époque sept cas d'"agénésies transverses des membres supérieurs", autrement dit des bébés nés sans mains, parfois sans une partie de l’avant-bras.

Le signalement a été réalisé car les parents de ces sept enfants, nés entre 2009 et 2014, résident tous dans un même périmètre, une zone d'un rayon de 17 km en territoire rural. Ici, le nombre de cas de malformations, rapporté au nombre de naissances, est 50 fois plus élevé que la normale. C’est ce qu’on appelle, en termes scientifiques, un "cluster", une accumulation de cas inhabituels, qui attire l’attention des autorités sanitaires. 

 

Situation similaire en Loire-Atlantique et Bretagne

Trois ans plus tard, d’autres cas sont signalés, cette fois, en Loire-Atlantique. En avril 2014, une note confidentielle de l’Institut de veille sanitaire, aujourd’hui regroupé au sein de Santé Publique France, reconnaît l’existence d’un deuxième cluster, avec trois enfants nés en 2007 et 2008, sans main ou sans avant-bras autour de Mouzeil, une commune de 2 000 habitants située à une quarantaine de kilomètres de Nantes.

En 2015, une nouvelle zone est identifiée, cette fois à Guidel près de Lorient, en Bretagne. Là aussi, trois enfants sont nés entre 2011 et 2013, avec des agénésies transverses. Isabelle Grassin, la mère de l’un d’eux, alerte alors les autorités sanitaires. Cette femme, médecin elle-même, s'inquiète du nombre de cas sur une zone si réduite.

Par rapport aux chiffres attendus, c'était vraiment bien plus élevé, donc ça m'a perturbée.Isabelle Grassinà franceinfo

Isabelle Grassin décide donc de contacter sa gynécologue de l'époque. "Elle travaillait depuis très longtemps sur la région, elle était aussi interrogée. À ce moment-là je me suis orientée vers le registre breton. Je les ai contactés pour leur signifier cette situation", explique Isabelle Grassin. 

 

Une enquête est ouverte à Guidel

A la suite de ces signalements, les autorités réagissent, conformément à la procédure. Une enquête est diligentée auprès des trois familles de Guidel touchées par ce phénomène. Mélinda Mostini, la maman de Léo, 7 ans, atteint de malformation, se souvient que l'hypothèse d'un problème environnemental a rapidement été évoquée. 

On a eu la visite d'un médecin qui nous a posé une multitude de questions sur nos habitudes alimentaires, sur notre façon de consommer les médicaments ou encore les produits d'entretien et il n'y a eu aucun facteur commun à ces trois famillesMélinda Mostinià franceinfo

Melinda Mostini explique qu'après la visite du médecin "on se pose la question de savoir si ça peut-être environnemental". Elle évoque "les engrais, les pesticides" et se dit "il y a peut-être quelque chose qui s'est passé à cette période sur la commune".  

 

L'origine de ces malformations toujours inconnue

Depuis ces enquêtes, il n’y a eu qu’une seule réunion nationale entre tous les services concernés. Elle a eu lieu en 2016, et d’après le compte-rendu que franceinfo a pu se procurer, c’était une réunion très agitée. Les participants n’étaient pas d’accord entre eux. 

D’un côté, Santé Publique France estime que la multiplication de ces enfants nés avec une anomalie est sans doute le fruit du hasard. De l’autre, le Registre des malformations de Rhône-Alpes et sa directrice, l’épidémiologiste Emmanuelle Amar, contestent cette affirmation. "Exactement la même malformation, ça ne s'est jamais passé dans l'histoire des malformations", affirme-t-elle. 

La probabilité que ça soit lié au hasard est plus qu'infinitésimale. On est face à un plausible scandale sanitaire.Emmanuelle Amarà franceinfo

Selon Emmanuelle Amar, "il faut réunir des spécialistes pour définir de quel type d'études nous avons besoin pour ce type de signalements. Or, la réponse jusqu'à présent est de dire : 'on ne veut pas savoir quel type d'études car on ne veut pas faire d'études'. Et ça, c'est irresponsable", conclut-elle. 

 

Les pesticides responsables des malformations ? 

Pour Emmanuelle Amar, il y a de fortes chances que ces malformations soient causées par l’exposition des mères à des produits phytosanitaires, peut-être des pesticides, pendant leur grossesse.

Pour l’instant, cette piste n’a pas été explorée confirme Anne Galley, directrice des maladies non transmissibles et des traumatismes à Santé Publique France. Elle promet toutefois la publication d’un rapport. "Nous, on n'investigue pas sur l'utilisation des pesticides parce que ce n'est pas notre métier, ni notre mission, explique-t-elle. Par contre, ce qu'on fait, c'est qu'on s'interroge sur l'impact possible sur les animaux puisqu'on sait que c'est un modèle de départ." Selon Anne Galley,"si on apprend qu'il y a un certain nombre de malformations dans le monde animal, à ce moment-là, effectivement, ça peut ouvrir des questionnements, mais ce n'est pas le cas, là."

Pourtant, selon nos informations, il y a bien eu des cas de malformations recensés sur des animaux dans l’Ain, sur des veaux plus précisément et dans la même zone. Là encore sans que les autorités soient allées plus loin en termes d’investigations. Il faudrait des moyens supplémentaires, mais ils manquent. Au point de stopper les subventions du Registre des malformations en Rhône-Alpes, pourtant à l’origine de l’alerte. Déjà privé du soutien financier de la région depuis la rentrée, le Registre a appris qu’il risquait de perdre celui de Santé publique France, et pourrait fermer ses portes d’ici la fin de l’année.

 

Édité par Thomas Pontillon

Matthieu Mondoloni

Radio France

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« Passeurs », les nouveaux esclavagistes

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Des migrants soudanais, sur une route, quittent un camp à Vintimille pour essayer de passer en France. 

 

Les filières de passeurs utilisent des « procédés mafieux » et sont « en progression constante », selon les termes d’un rapport de la police nationale que « La Croix » dévoile. Ces « organisations criminelles » sont un vecteur majeur de l’immigration irrégulière et irriguent de nombreuses autres criminalités. Les témoignages recueillis par des ONG montrent aussi combien « le trafic et l’exploitation de migrants » relèvent de l’« esclavage moderne ».

 

« Allez, c’est parti pour la V. D. » Entendez par là : « vérification de domicile ». Le brigadier-chef Stéphane S., accompagné du brigadier Mélanie M., tous deux officiers de police judiciaire (OPJ), se faufile, ce mercredi après-midi, dans le trafic automobile très dense de Paris. Direction : « les beaux quartiers » et, plus précisément, « le triangle d’or » du 8e arrondissement. Ils ont quitté rapidement leur bureau, à Lognes (Seine-et-Marne), au siège de l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et de l’emploi d’étrangers sans titre (Ocriest).

La cible : un Malien, ou un Ivoirien, soupçonné d’être l’organisateur éventuel d’un trafic de faux papiers et de migrants clandestins. Le travail policier se fait, pour l’instant, dans le cadre judiciaire d’une enquête préalable. « De toute façon, nous savons déjà que le personnage est au moins impliqué dans un trafic de grande ampleur. » Est-il « l’organisateur » de passages massifs de migrants africains jusqu’en France, doublé d’« un faussaire » qui fournit des pièces d’identité, ou seulement « le relais » d’un réseau de passeurs, « chargé d’accueillir les clandestins à Paris » ? Bientôt, grâce, entre autres, à des vidéos enregistrées dans l’agence d’un transporteur international, l’investigation des policiers permettra de préciser le rôle exact de leur « objectif ».

De retour vers Lognes, les fonctionnaires partagent leurs sentiments sur la traque judiciaire des « passeurs ». Tous deux constatent que l’activité de ceux-ci est passée de « l’artisanat » à une criminalité « structurée et internationale ». En Seine-Saint-Denis, où elle a travaillé plusieurs années, Mélanie M. a ainsi compris que « le trafic de l’immigration clandestine est géré en bande organisée ». « Vivre en situation irrégulière, en France, aujourd’hui, sans passer par une organisation, c’est compliqué… », dit-elle. « Le recours des migrants à des “filières” est même systématique », selon les deux officiers. Qui ponctuent : « Quelqu’un d’extérieur à la police ne voit pas tout ça ! »

« Tout ça… » Stéphane S. et Mélanie M. entendent par là les activités frauduleuses et criminelles connexes à l’organisation de l’immigration clandestine : faux documents, stupéfiants, jeux clandestins, vols et cambriolages… « Au mieux, nous faisons la chasse à des opportunistes cyniques, au pire, à de vrais durs. Tous considèrent les migrants comme de la marchandise et les traitent comme du bétail », témoignent-ils.

 

Ces paroles font écho à celles de leur « patronne », la commandante Cécile L., rencontrée à Lognes, un peu plus tôt : « Derrière cette criminalité, il y a des gens qui sont des victimes, ces milliers de migrants qui vivent dans des conditions indignes. Ce sont les “passeurs” que nous poursuivons. Malheureusement, nous sommes certains, à l’Ocriest, que le trafic de l’immigration illégale, qui vend le passage et l’installation en France de façon crapuleuse, va beaucoup se développer dans les années qui viennent. »

L’inquiétude de la commandante Cécile L. s’appuie sur le constat qu’elle fait, quotidiennement, de la cruauté et du cynisme des « filières » de passeurs. Les criminels africains font venir « des filles » d’Afrique subsaharienne pour les prostituer dans des hôtels. Les « financiers » chinois sont des spécialistes de compensation bancaire pour « faire circuler l’argent issu des trafics de drogue et de la prostitution en salons de massage, entre l’Asie et l’Europe, dans un sens et dans l’autre ».

Les « passeurs irako-kurdes » travaillent, depuis peu, « avec des camionneurs polonais, pour faire passer des Vietnamiens en Angleterre ». Les faussaires font fabriquer et transiter « des quantités impressionnantes de documents d’identité fictive ou d’emprunt » entre la France, la Grèce, la Turquie et l’Italie… Tous sont « de plus en plus mobiles » et savent « ne pas garder sur eux un même téléphone portable ou une carte SIM plus de trois jours ».

 

Antoine Peillon                   

 

Jacques Le Bris's insight:

La mission stratégique de l’Ocriest


L’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et de l’emploi d’étrangers sans titre (Ocriest), dirigé par le commissaire général Julien Gentile, est un service de la Direction centrale de la police aux frontières (DCPAF).
Créé en août 1996, l’Ocriest a pour mission la lutte contre les réseaux (ou « filières ») favorisant l’immigration irrégulière, l’emploi d’étrangers dépourvus d’autorisation de travail ou de séjour ainsi que la fraude documentaire qui en découle.
Les missions de l’office sont transversales et stratégiques, car il est chargé d’animer les luttes contre :
– les filières d’immigration irrégulière opérant sur le territoire national ;
– les réseaux structurés d’emploi d’étrangers sans autorisation de travail ou de séjour ;
– les réseaux de fraude documentaire favorisant l’immigration irrégulière et le travail illégal.

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Des scientifiques découvrent un méta-matériau qui isole 94% du bruit

Des scientifiques découvrent un méta-matériau qui isole 94% du bruit | Think outside the Box | Scoop.it

À la vue de cet anneau, votre première impression pourrait être la suivante : c’est juste à un rouleau de scotch en fait ? Pourtant non, les chercheurs de l’Université de Boston viennent de dévoiler un méta-matériau, capable de bloquer la quasi totalité des sons émis. Ce méta-matériau a été imprimé en 3D et conçu mathématiquement. Pour faire simple : il renvoie les sons entrants d’où ils proviennent. Cette découverte va certainement faire rêver les personnes qui n’en peuvent plus du bruit de leurs voisins. Ce méta-matériau pourrait aussi être utilisé pour séparer des bureaux dans une entreprise. Le bruit est la première source de perte de concentration au travail, mais des solutions se développent, l’apparition de cabines connectées pourrait changer la donne.

 

Le test pour vérifier l’efficacité de la formule mathématique consistait à enfoncer un haut-parleur dans l’extrémité d’un tuyau en PVC et d’écouter le son émis. Les chercheurs ont tenté de mettre le haut-parleur à fond, pourtant, ils n’ont rien entendu. C’est grâce à une petite bague imprimée en 3D que le son a pu être totalement isolé. L’anneau a permis de couper 94% du son provenant du haut-parleur, c’est suffisant pour le rendre inaudible à l’oreille humaine.

L’arrivée de ce méta-matériau pourrait s’apparenter à une petite révolution dans le monde de l’acoustique. On peut imaginer que des blocs soient empilés pour bâtir des murs insonorisés et transparents pour laisser passer la lumière. Les chercheurs pensent pouvoir aller encore plus loin avec cette découverte. Ils imaginent équiper les drones de silencieux grâce à leur méta-matériau, pour éviter de devenir sourd à cause du bruit ahurissant des turbines. Il n’y a pas de limites, les scientifiques peuvent faire à peu près tout ce qu’ils veulent. C’est la magie de l’impression 3D. Xin Zhang, professeur à l’Université de Boston, précise cela : « l’idée est que nous pouvons maintenant concevoir mathématiquement un objet qui peut bloquer les sons de n’importe quoi ».

 

ParValentin Cimino

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Jean-Marc Jancovici et Philippe Bihouix : Croissance et Effondrement

Interview de Jean-Marc Jancovici et Philippe Bihouix, en direct le 12/02/2019 à 21h

SOURCEZ, VERIFIEZ LES FAITS EN DIRECT : ✅ https://captainfact.io/videos

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Synthèse du grand débat (granddebat.fr) organisé par le président Emmanuel Macron et son gouvernement dirigé par Édouard Philippe. Quand les citoyens participent à la conception d’un nouveau modèle...

Synthèse du grand débat (granddebat.fr) organisé par le président Emmanuel Macron et son gouvernement dirigé par Édouard Philippe. Quand les citoyens participent à la conception d’un nouveau modèle... | Think outside the Box | Scoop.it

Conclusion d'étape datée du 13 février 2019

 

Résumé: L’objectif de cette recherche est de réaliser la synthèse du débat national qui a commencé en France le 15 Janvier 2019. Selon le Président de la France, l’objectif est de faire émerger un nouveau contrat social indépendamment des sensibilités politiques. En ayant recours à la netnographie, (Kozinets, 2002, 2010), cet article propose une synthèse des centaines de milliers de contributions déposées par les citoyens sur le site granddebat.fr. Les résultats mettent en lumière une forte volonté de changement pour aller vers une société qui donne plus de place aux citoyens. Les résultats soulignent le désir d’une société française plus respectueuse de l’environnement et orientée vers la proximité tant sur le plan de la consommation que des impôts et services de l’état.

Introduction

Suite à une crise sans précédent dans sa forme et face à une impasse politique, le Président de la France Emanuel Macron a proposé aux français un grand débat sur : « un nouveau contrat pour la Nation » qui permettra selon ses mots de « structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international». Cette ouverture de l’exécutif à des millions de citoyens est à priori inédite dans l’Histoire du monde.  Du côté des citoyens, ce débat arrive à un moment propice. En effet, les études ont mis en exergue que le développement d’internet et des réseaux sociaux poussent les individus à participer et à être de plus en plus engagés dans leur citoyenneté (Kotler et al., 2017; Trespeuch, 2017). Ainsi, ce débat répond aux besoins d’expression de la population et permet à tout à chacun de s’exprimer et de partager ses idées.

Cependant, comment faire en sorte de synthétiser les milliers de contributions ? La difficulté réside dans leur synthèse. En effet de nombreuses études ont montré que le non-respect de la volonté des individus pouvait être la source de réactions affectives négatives comme la colère, la frustration et le dégout. Associées à ces réactions négatives des comportements tels que des campagnes de boycott, un bouche à oreille négatif et différentes actions allant à l’encontre de la source de la frustration peuvent alors apparaitre (Damasio, 1994, 2003; Füller et al., 2009; Kähr et al., 2016). Pour limiter ces externalités négatives, cette étude propose une analyse transparente des 147 048 contributions issues du site granddebat.fr afin de faire émerger des consensus au sein des différentes contributions. Pour cela une analyse quantitative et sémantique, en partie inspirée des travaux de Kozinets (2002, 2010) sur la netnographie a été retenue. Cette synthèse permet de faire ressortir les mots les plus saillant au sein des diverses contributions.

Vis-à-vis de la présentation, les quatre thèmes proposés : (1) la transition écologique, (2) la fiscalité et les dépenses publiques, (3) la démocratie et la citoyenneté puis (4) l’organisation de l’état et des services publics seront analysés et discutés un à un dans l’ordre de présentation du site internet. Les principaux résultats de cette étude mettent en lumière un fort désir des citoyens de s’investir dans la vie politique et de modifier en profondeur la société Française. Les centaines de milliers de citoyens qui ont participé à ce débat en ligne aspirent à plus de proximité géographique avec les services de l’état, avec l’impôt et avec l’environnement au travers d’une consommation plus locale.

Étude 1 : Transition écologique

L’étude 1 porte sur la transition écologique. Selon la lettre aux Français du Président Emmanuel Macron, personne ne conteste l’importance de la transition écologique. Il y a, toujours selon ses mots, une « Nécessité d’agir vite… Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses».

Sur ce thème, les contributeurs étaient invités à répondre aux questions concernant le financement de la transition, l’accessibilité de la transition à tous, le logement et les déplacements et enfin comment faire en sorte que le débat existe à l’échelle Européenne.

En lien avec ces questions, le site internet a enregistré 46 436 contributions de 39 949 participants au 20 Janvier 2019.

Résultats et Synthèse de l’étude transition écologique

 

 

Avec 46 436 contributions, l’écologie, présentée comme le premier sujet sur le site internet granddebat.fr, est le deuxième thème à recueillir le plus de participations de la part des citoyens.

De nombreuses études soulignent que désormais les individus sont de plus en plus sensibles à la protection de la planète et aux démarches environnementales (Han et al., 2017). D’années en années, le jour où l’empreinte écologique de l’humanité dépasse la « biocapacité » de la planète ne cesse d’avancer et les actions de communication n’ont cessé de se multiplier afin d’eveiller les conscience sur ce sujet. La prise en compte de l’environnement est désormais un enjeu de société majeur (Etude Ethicity – GreenFlex, 2016). Aussi, selon le rapport « Modes de vie et pratiques environnementales des Français » il semble que les ménages français soient de plus en plus préoccupés par la protection de l’environnement (statistiques.developpement-durable.gouv.fr). Les résultats de la présente étude mettent en avant cette prise de conscience. La sémantique « transition », « écologie », « environnement », « planète », « urgence »  abonde en ce sens.

Par exemple Cece64 dit : « Pour une planète verte, pour que les autres états partagent nos choix, il faudrait avoir une politique d’écologie et d’environnement plus forte! La France pourrait ne plus acheter de produits étrangers ne respectant pas une certaine charte éco-responsable…» et Croc « Il faut arrêter de vivre au-dessus des moyens de la planète. Commençons par la respecter. »

Au regard de la littérature académique, un individu préoccupé par l’environnement se définit comme ayant une préoccupation pour l’environnement élevée. Il agit selon l’idée d’un bien-être sociétal ou environnemental (Steg et Vlek, 2009).  Ainsi, un individu préoccupé par l’environnement tend à minimiser son impact négatif sur l’environnement dans sa consommation, de l’acquisition à l’élimination des produits en passant par leurs utilisations (Kreziak, 1998). Ces individus, au travers de leurs actes, dépassent leurs besoins primaires de satisfaction pour se réaliser dans leur consommation. Ce sont des individus acteurs qui agissent dans le but de refléter un certain style de vie:  par exemple celui d’un individu informé, intelligent et responsable. Le comportement permet alors de renforcer son identité et son positionnement dans la société (Petkus, 1992; Solomon, 1983).  On retrouve cet aspect avec des thèmes comme « consommer mieux » « faire en sorte que les choses changent en faveur d’un environnement protégé » qui mettent en lumière des citoyens désireux de modifier leurs habitudes.

Comme Marionvvdb « Il ne faut pas commencer par chercher des solutions qui permettent de consommer toujours plus, mais consommer moins et mieux. »

De nombreuses interventions portent sur une baisse de la consommation et une consommation plus locale et responsable. Selon (Ozcaglar-Toulouse, 2009), ce consommateur adopte des comportements qui s’inscrivent à la fois “dans” et “contre le marché”.

Enfin, par rapport à ces différents comportements, la question des « transports » et de la « voiture » occupe une place prépondérante. De nombreux citoyens proposent des mesures pour intensifier le développement et l’utilisation des transports en commun, limiter les déplacements, favoriser les voitures à l’hydrogène ou les voitures électriques (à l’inverse, certains citoyens argumentent contre les voitures électriques en lien avec la problématique des batteries). Cette polarisation des débats autour de la voiture se justifie en partie par la part de celle-ci dans les émissions de CO2 au niveau national.

 

(https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/)

Pour synthétiser, de nombreux français aspirent à une transition écologique afin que la société Française soit plus respectueuse de l’environnement. Enfin, les thèmes de la consommation locale et des transports se retrouvent également de ce débat sur la transition écologique.

Etude 2 : Fiscalité et dépenses publiques

Ce sujet est introduit par le président de la France, Emmanuel Macron, de la manière suivante : « L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. […]. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures. C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps. Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. » Sur le site granddebat.fr 63 491 contributions de 50503 participants ont été déposées sur cette thématique.

Résultats et Synthèse de l’étude Fiscalité et dépenses publiques

 

Présenté comme la deuxième thématique par le site internet le granddebat.fr, la question de la fiscalité et des dépenses publiques est la section du site qui a recueilli le plus de contributions de la part des citoyens français. Cette synthèse met en lumière une quantité similaire de contributions pour le sujet de la fiscalité et l’impôt par rapport au sujet des dépenses publiques.

La fiscalité et l’impôt

Le débat sur ce sujet fait émerger deux souhaits des contributeurs : Un désir d’équité avec une plus forte contribution des plus riches et la fin des niches fiscale.

Falgayras : « Faire payer les riches, les ultra riches, les grandes entreprises. »,

Parallèlement à cela, les contributeurs de ce grand débat aspirent à plus d’égalité avec des contribution comme Portelli : « Impots sur le revenu dès le 1er € ». Le propos de Livache tend à résumer et synthétiser ce double besoin d’égalité et d’équité « En France soit on est pauvre et on a droit à un peu d aide et on galère, soit on est riche (et on profite de niches fiscales ou de conseils avisés pour en être exonéré) ».

Enfin, il est possible d’identifier un besoin de simplification de la fiscalité, certains plaidant pour une hausse de la TVA (1ier impôt de France) avec une suppression des différents impôts sur les revenus. Soulard comme d’autres « Supprimer les taxes de toutes sortes… Ne garder que la TVA ». Le terme « suppression » associé aux différentes taxes et régime spéciaux est particulièrement redondant. Ce besoin de simplification s’exprime aussi dans le domaine des aides avec une contribution comme celle de CG : « L’IMPOT C’EST LA CITOYENTE, pas l’assistanat […] regrouper toutes les aides (apl, familiale, réduc transport, cantine…), en une seule fixe, par exemple 700e par foyer fiscal quelqu’en soit la situation familiale. ». Autrement dit, ces contributeurs proposent plus de simplicité et par conséquent moins d’opacité. Actuellement selon budget.gouv.fr les recettes générées par la TVA représentent 54% des recettes totales de l’état. Une refonte des impôts autour d’une hausse de la TVA et des impôts locaux pourraient être envisagés.

Les dépenses publiques

Concernant les dépenses publiques, les contributions font émerger un consensus autour de la baisse des dépenses publiques avec un nécessaire retour à l’équilibre budgétaire et plus de transparence. Amu : « Communiquer annuellement à tous les citoyens, comment sont utilisés les impôts des français » Banloux :« Publier une info claire sur les subventions des associations, l’utilisation de l’argent public par les hauts fonctionnaires et députés. Un site unique avec en face du nom ,les dépenses ».

Par contre, cette étude observe qu’il n’y a aucun consensus quant aux  solutions pour limiter les dépenses publiques. Des solutions très variées comme réduire l’assistanat, réduire les budgets des collectivités locales, réduire le nombre de fleurs dans les villes ou réduire les frais des politiciens sont proposées… Sur ce dernier point et malgré la faible part du budget alloué à la gestion et fonctionnement de l’état (sur 282 milliards, 13,8 des dépenses vont au fonctionnement de l’état quand 78,7 vont à l’éducation, budget dépassant, 66 à la défense et sécurité, 46,1 à l’écologie, 41,2 à la dette et 25,7 à la santé et solidarité selon le projet de loi finance 2018), plusieurs contributeurs demandent une réduction du budget alloué au politique. Michel : « Réduire le train de vie de l’état => nombre de parlementaires (sénateurs et surtout députés), pas de carrière en politique. Si élection, enchainement de 2 mandats au maximum ». Aubignat : « Il faut réduire drastiquement les dépenses publiques en commençant par le haut de la pyramide (anciens présidents, ministres, sénateurs… emplois publics scandaleusement rémunérés pour faire accepter celles qui rapportent vraiment, allocations chômage, santé »

Réduire le nombre de parlementaires (sénateurs et députés), limiter le salaire à la durée du mandat, limiter les parlementaires à deux mandats. Autrement dit, ces citoyens qui ont contribué au débat en ligne ne veulent plus autant financer le système politique français.

Etude 3 : Démocratie

Le mot « démocratie » est un des termes les plus redondant au sein des diverses contributions. En effet, les citoyens sont de plus en plus engagés dans leur citoyenneté et souhaitent participer à la vie politique de leur pays. Le président de la France introduit cette partie de la manière suivante : « Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections ». La laicité et l’immigration font également parties de cette section du débat. Cette partie avait généré 37 818 contributions de 31 032 participants au 21 Janvier 2019.

Résultats et Synthèse de l’étude Démocratie.

 

Le modèle de l’incidence

Comme décrit en introduction, les citoyens des années 2000 expriment un fort désir de participation aux décisions qui peuvent influencer leur quotidien. Ainsi sur cette thématique, plusieurs contributeurs souhaitent plus de démocratie, de votes, de participations, de referendums (différentes formes suggérées), de proportionnelle, de contributions, de droits et de proximité. Jérémy : « Les élus qui sont au plus proche de nous, comme à la mairie par exemple […] Grâce à internet surtout, car c’est ce qui demande le moins d’efforts aux citoyens et c’est pratique pour faire des statistiques lors de l’analyse des réponses. Mais également de manière très locale en créant des réunions de rassemblement dans les mairies par exemple, ce qui permettrait à tout le monde, même les personnes agées de participer. »

En parallèle, un certain nombre de contributions demande la comptabilisation du vote blanc. Que nous n’oublions pas la voix des citoyens qui se déplacent aux urnes et expriment un désaccord avec l’offre. Lebonsens : « Vote blanc, OUI bien sûr, nous devons pouvoir exprimer qu’aucune solution proposée ne nous plait ».
Sur la question de l’immigration, les français semblent à priori plus divisés, certains demandant plus d’immigrations tandis que d’autres, plus de contrôle et de fermeté. Il en va de même sur la laïcité, certains contributeurs basent leur réflexion sur l’apprentissage du français et l’éducation tandis que d’autres demandent la nomination des représentants religieux par l’état.

Pour synthétiser, le consensus issu de cette partie est le souhait des citoyens de reprendre le contrôle sur les décisions politiques.

 

Étude 4 : Organisation de l’état

L’objectif de cette partie du grand débat est selon le président de la France de réformer l’organisation de l’état. Il insiste sur le coût des services publics vitaux et indispensables à la cohésion sociale. Sur cette question, quelles seraient les solutions pour être plus efficient ? Au 21 Janvier, cette partie du grand débat national avait suscité 39 303 contributions de 31 876 participants.

Résultats et Synthèse de l’étude Organisation de l’état

 

 

Enfin pour ce dernier thème, (selon l’ordre de présentation du site internet) qui a tout de même récolté 39 303 contributions, une certaine diversité d’informations est observée.

Tout d’abord, un grand nombre de contributeurs appellent à une refonte des services de l’état. Le champ lexical suivant : « décentraliser », « supprimer », « simplification », « réorganisation », « millefeuille » atteste de ce besoin. Par exemple, citoyen engagé propose « Un Guichet unique, polyvalence pour pouvoir répondre sur plusieurs sujets. ». Les bureaux de postes pourraient par exemple assurer un certain nombre de services standards. Dans le même sens Ana dit : « Les organismes publiques (impôts, caf, pole emploi, assurance maladie, retraite,…) devraient être tous regroupés sous une seule et même entité. Cela permettrait de: – offrir la possibilité aux citoyens de retrouver tous les services publics dans un même lieu – restreindre le temps de traitement des dossiers – restreindre les coûts de fonctionnement (1 seule entité = moins de personnel pour la gérer) – éviter les fraudes aux aides sociales (les services étant regroupés, les fichiers sont mutualisés) – les fichiers étant mutualisés, les aides sociales pourront être automatiquement attribuées sans que le citoyen ait besoin de déposer la demande, et calculées sur les revenus de l’année en cours. ». Toujours sur ce thème de l’accessibilité, plusieurs contributions portent sur le thème d’un meilleur accès aux services publics en ligne.

L’analyse de ces contributions fait également ressortir une réelle opposition à la nouvelle régulation de la vitesse. Ainsi « 80 » est le 21ème terme le plus cité dans cette partie sur l’organisation de l’état. Les citoyens se sentent bridés dans leurs déplacements. Au cours de l’histoire, l’homme se déplace de plus en plus vite. Ce retour en arrière est perçu comme une atteinte aux libertés individuelles. Régis : « Il faut revenir sur l’abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h sur le réseau secondaire. Cette mesure a été imposée sans concertation, après une expérimentation biaisée aux résultats peu probants, contre l’avis des Français. »

 

Enfin sur le nombre de fonctionnaires, cette analyse conclue à une absence de consensus. Certains en demandent plus quand d’autres en demandent moins.

Étude 5 : Le grand débat sur les réseaux sociaux, acteurs et sujets.

Pour cette synthèse, 25 964 tweets contenant #GrandDebat ont étés téléchargés avec un crawler. L’objectif est d’analyser la perception des français vis-à-vis du grand débat dans un espace ouvert, celui des réseaux sociaux. En effet sur ces derniers les français répondent à aucune question ou directive. Cette analyse amène une validité externe à cette recherche et permet également d’identifier les principaux acteurs du grand débat !

 Résultats de l’étude 5

1 Les acteurs du #GrandDebat sur Twitter

Tout d’abord l’analyse de la modularité selon les recommandations de Blondel et al., (2008) a permis de mettre en lumière 7 communautés ou sous-groupes (vert ; bleu; bleu-vert; violet ; Noir ; Orange ; Rose).   Concernant les acteurs, le premier graphique met en lumière les personnes qui participent le plus à la vie du sous-groupe par leur tweets et interpellation des autres membres (out-degree) et le deuxième graphique met en lumière les membres du sous-groupe qui se font le plus interpellés.

Analyse Tweeter Grand Débat

 

Vert : Un grand nombre d’individus interconnecté qui parlent principalement d’@emmanuelmacron et dans une moindre mesure de manonaubryfr.

Bleu : @ensemblemacron; @costeslioneler; @nordsud6213 sont les membres les plus actifs de ce sous-groupe. Ils parlent de @stanguerini @bgriveaux @ephilippepm @emmwargon

Bleu-Vert : @brunellecb75011 @damocles1bis et @rose18937173 sont les principaux animateurs de ce sous-groupe qui parle principalement de @marleneschiappa, @cyrilhanouna et @duboschristelle

Violet : Le sous-groupe violet est constitué d’un ensemble d’individus avec un poids égal qui citent tous dans leur tweet : @brevesdepresse

Noir : Le sous-groupe noir se rallie à @bbr4369, @dupontaignan et @fredsochard.

Orange : Dans le sous-groupe orange, on note la participation active de @92enmarche, @Ren22389991 et @modem17. Ce sous-groupe interpelle le compte @gouvernementfr

Rose : Enfin le sous-groupe rose dont les contributions des membres sont relativement bien reparties parlent surtout de @laelia_ve.

Pour synthétiser, les principaux contributeurs du #GrandDebat, ceux qui citent le plus les autres, (Outdegree) et ceux qui sont le plus souvent cités (In degree) sont liés au gouvernement : @COSTESLionelEr; @brunellecb75011; @nordsud6213.

A noter que certains comptes comme @DuPouvoirDachat sont à priori connecté à aucun sous-groupe mais interpelle un grand nombre de personnes.

2. La synthèse du #GrandDebat sur Twitter :

Sur le plan du contenu voici ci-dessous les 12 tweets les plus populaires autour du grand débat.

tweet Retweet À quoi ça sert ? Qui peut y participer ? Où et comment ?
Le #GrandDebat national commence aujourd’hui et se termine le 15 mars.
Toutes les réponses à vos questions ci-dessous
https://t.co/NdlQmpqTO5 https://t.co/SalvpbQ8Wn 2498 A #Souillac, @BrigitteBareges (#LR) huée par des maires pour avoir dénoncé les aides sociales plus généreuses pour des étrangers que pour des citoyens. »Le politiquement correct a fait trop de ravage; je ne peux plus me taire. Il n’y a pas d’ONG pour les #GiletsJaunes »#GrandDebat 2194 CITATION – « Au final, c’est un peu comme une pièce de théâtre. C’est déjà tout prévu à l’avance. Le PR connaît déjà nos questions et quand on va les poser. Tout est millimétré… » Clément H., le jeune chaudronnier avant son intervention au #GrandDebat. (C Pol. – France 5) https://t.co/teCq9P801S 1888 Le gouvernement continue ses concessions aux #GiletsJaunes. Tenez, 10 milliards! Tenez, une réforme de la taxe d’habitation! Mais le peuple ne veut pas qu’on lui donne quoi que ce soit. Le peuple veut décider! Voilà ce qu’aurait dû être le #GrandDebat. Voilà le sens du #RIC. https://t.co/ahwjOItXL2 1580 120 000 postes de fonctionnaires seront supprimés d’ici 2022.
Mais rassurez-vous le #GrandDebat va permettre de discuter de si on veut moins de profs, moins de personnels dans les hôpitaux et/ou moins de personnels chargés de traquer la fraude fiscale.
https://t.co/Xq9rAOvPnd 1323 Sondage
Après 3 mois de mobilisation des #GiletsJaunes, soutenez-vous encore le mouvement ?
Veuillez prendre le temps de retweeter pour obtenir un échantillon large Merci à tous.
#ActeXIII #Acte13 #YellowVests #9Fevrier #9fevrier2019 #BFMTV #ONPC #LCI #CNews #GrandDebat 1002 Ce que représentent 1000 € de dépenses publiques pour les Français #GrandDebat #LaGrandeExplication https://t.co/5NHLwA5Y2d 917 Je me suis finalement résolu à regarder le #GrandDebat avec « les jeunes ».
En fait ce n’est pas un grand débat, c’est juste Macron sur une scène qui répond à des questions préparées en classe.
Pas à un moment les jeunes peuvent répondre.
Une démocratie directe sans démocratie. 916 Pensez-vous que le gouvernement va tenir compte des propositions, des échanges, des idées lors du #GrandDébat et de revoir certaines choses, de se remettre en question ? #sondage #politique 840 Je viens d’avoir la mauvaise idée de vouloir regarder à quoi ressemble le #GrandDébat entre Emmanuel Macron et la jeunesse. C’est absolument scandaleux : des questions totalement téléguidées, une propagande décomplexée, un hors-sol complet. Mascarade. 769

Plutôt que de faire semblant d’écouter les français avec son #GrandDebat et de nous demander quelles dépenses publiques on veut baisser, Macron devrait aller chercher les 118 milliards d’euros que coûte chaque année l’#EvasionFiscale à l’Etat !


#ActeXIII #Acte13 #GiletsJaunes https://t.co/mxDRZkJZ1l

760 @Chantal_Jouanno sur le #GrandDébat :
« On n’est pas dans un #GrandDebat, on est dans une consultation… Quand vous procédez uniquement par un questionnaire, en réalité, la réponse est déjà faite, le débat est faussé »
#LaMatinaleLCI @PascaledeLaTour https://t.co/GZD8RDLuYY 755

Comme dans les précédentes études, les citoyens demandent plus de pouvoir décisionnel. Ils souhaitent être de réelle partie prenante dans les décisions politiques. Un deuxième courant de tweets populaires concerne des critiques à l’égard du grand débat et de la transparence de ce dernier. De nombreux internautes se demandent à quel point ce #GrandDebat va changer les choses. Cet aspect n’était pas ressorti comme un point central des contributions en ligne. Dans un deuxième temps l’ensemble des 25 964 tweets ont permis de réaliser l’analyse textuelle sémantique suivante.

Synthese du Grand Débat Twitter

Certains thèmes étaient présents dans les études précédentes comme transition écologique : « Au programme Transition écologique » ; « actes #concrets pour une nouvelle transition écologique »; de même les messages en liens avec les « députés », « l’assemblée », les « dépenses publiques » font échos à certaines contributions du site granddebat.fr. Tandis que d’autres termes émergent de cette analyse : « #giletsjaunes », « Mères », « campagne » et mettent en lumière des préoccupations et critiques différentes de celles déposées sur le site officiel : « le #granddebat spécial mères isolées » ;  «  C’est déjà tout prévu à l’avance »; « il s’apparente davantage à une campagne déguisée pour les #Européennes2019 ». Pour synthétiser cette étude conforte certaines contributions que l’on retrouve sur le site internet granddebat.fr tandis que d’autres préoccupations notamment à l’égard des suites que le gouvernement va donner au grand débat sont davantage présentes sur les réseaux sociaux.

Discussion générale

Cette analyse des 187 048 contributions déposées sur le site granddebat.fr a plusieurs vertus : Tout d’abord elle a permis de faire ressortir les aspects les plus saillant du corpus de propositions. Les résultats de cette synthèse sont relativement différents de ceux présentés par les maires ruraux de France qui avaient mis en lumière les sujets suivants : Justice sociale = 17,2 % ; Justice fiscale= 14,3 % ; Organisation politique et territoriale= 14,0 % ; Aménagement, transports et mobilités= 9,4 % ; Vie démocratique= 8,7 % ; Transition écologique et énergétique= 8,4 % ; Emploi et économie= 8,3 % ; Sujets internationaux= 5,4 % ; Services de proximité= 5,1 % ; Rôle de l’État dans les territoires= 5,1 % ; Autres= 4,1 %. Deux déterminants opposés peuvent expliquer ces différences. Tout d’abord la liberté de parole derrière un écran est plus libre et plus grande. Il y a ainsi moins de désirabilité sociale (se présenter sous son meilleur jour, agir et répondre en fonction des attentes de l’interlocuteur). A l’inverse, les contraintes du site internet en termes de canevas ont probablement influencé les contributions.

Un deuxième apport de cette synthèse est d’être parvenu à montrer qu’il existe plusieurs consensus parmi les contributions : importance de la transition écologique, de la réduction des dépenses pour un budget à l’équilibre, de la réorganisation des services publiques et de l’annulation de la limitation de vitesse à 80km/h.

Enfin dans un dernier temps, l’analyse des propositions plus en détail a permis de faire émerger certaines solutions qui nécessitent une totale réorganisation mais méritent réflexion : La TVA et les impôts locaux comme seuls impôts, les bureaux de postes intégrant un plus grand nombre de services de l’état, réduire le nombre de parlementaires et frais associés… Pour ces différentes raisons, cette synthèse ou point d’étape devrait à priori permettre de faire avancer le débat.

Aussi, comme tout travail de synthèse, cette recherche n’est pas exempte de limites. Tout d’abord sur le plan méthodologique, certaines idées aussi brillantes soient elles, ont pu être omises de ce travail de synthèse lorsqu’elles n’étaient pas reprises par une majorité de contributeurs. Sur le fond, des motivations égocentriques ont pu amener des contributions dont les retombées sur la société dans son ensemble sont limitées. Critiques qui avaient précédemment étaient adressées à la théorie d’Adam Smith qui dit que l’ensemble des actions individuelles des acteurs économiques, guidées (par définition) uniquement par l’intérêt personnel de chacun, contribuent à la richesse et au bien commun. De plus , le fait de se limiter aux contributions en ligne peut représenter un biais d’échantillonnage, car, en effet certaines tranches de la population vont préférer s’exprimer lors de débats organisés dans la vie réelle. De même les citoyens qui ne prennent pas la parole ne sont par conséquent pas représentés dans cette synthèse.

Conclusion

Pour conclure, ces différentes contributions permettent d’entrevoir une nouvelle forme de société qui serait plus respectueuse de l’environnement et davantage tournée vers le local, tant sur le plan de la consommation, des impôts, que des services de l’état. Dans cette nouvelle configuration simplifiée et moins opaque, le citoyen est repositionné au cœur de l’échiquier politique.

 

Auteur: Leo Trespeuch (EGUQTR) et Elisabeth Robinot (ESGUQAM)

  

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La comptabilité au service de la transition environnementale et sociale

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Tenir compte de tous les aspects immatériels que sont le capital humain, l'environnement ou simplement le vivant n'est pas prévu par les normes comptables que nous connaissons. Et ce constat s'applique quel que soit le pays du monde ou le normalisateur comptable concerné : ladestruction des ressources n'apparaît pas dans la comptabilité des entreprises qui les détruisent.

Or, comme l'indique Corinne Lepage, « toutes les entreprises ont un intérêt majeur à prendre en compte les données extra-comptables pour leur valeur patrimoniale et la pérennité de leur marché ».

Mais si une forme de normalisation semble souhaitée par les entreprises confrontées à ces enjeux, il «serait souhaitable d'aller dans le sens de la simplification pour les entreprises et de travailler à un transfert de fiscalité et non à la création d'une fiscalité nouvelle » estime Mohamed Laqhila, député et expert-comptable.

Pour lui, « le rôle de l'expert-comptable est majeur pour la responsabilité sociétale dans les petites entreprises ».

Retour sur le colloque qui s'est tenu le 7 février 2019, à l'Assemblée Nationale et qui a été organisé par Hervé GBEGO, expert-comptable et président de la commission innovation et RSE de l'OEC Paris.

 

« Les dégradations de toutes natures auxquelles nous assistons sont invisibles en comptabilité »

La comptabilité privée ou publique « est borgne au sens où elle ne tient compte que des flux etnon des stocks ». Cette réalité, rappelée par Corinne Lepage, l'empêche de tenir compte de sujets tels que « les dégradations de toutes natures auxquelles nous assistons, que ce soit la question climatique, biodiversité, pollution chimique ». Or, la théorie des externalités « n'est pas nouvelle ».

Selon un Rapport de la commission de l'économie et du climat des nations unies, « l'exposition d'une entreprise à des risques comme la perte de capitaux liés aux conditions climatiques est 12 fois supérieure aux risques liés aux subprimes qui donneront naissance à la crise de 2008 ».

Le fait de changer la manière de compter au sein des entreprises permettrait « d'engager nos concitoyens dans une autre vision de l'avenir et donc de rendre possible des transformations qui autrement ne peuvent pas l'être ».

 

« La comptabilité devrait rendre compte de la gestion des capitaux non monétaires »

La responsabilité sociétale et environnementale fait son chemin dans les entreprises malgré l'absence de normalisation et le nombre croissant d'indicateurs qui peuvent être utilisés. Ce nombre d'indicateurs rend toujours plus complexe, la comparabilité entre les entreprises.

C'est pour cette raison que Muriel Duguay, responsable de projets RSE chez Onet, souhaite une simplification « pour avoir un référentiel unique qui donne plus de visibilité aux entreprises, pour permettre aux responsables RSE d'aller sur le terrain, de convaincre, de fédérer et d'animer le changement ».

De son côté, Daphnée Dalmazzo, directeur financier chez Pernod & Ricard, utilise la méthode CARE et Sylvie Bénard, directrice de l'environnement chez LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton, a choisi « unnombre limité d'indicateurs pour avoir une vision rapide et comparative de l'état d'une entreprise en matière de RSE ».

Mais pour Corinne Baudoin, malgré ces quelques exemples, « il n'y aura de vrai changement que lorsque les états comptables et financiers rendront réellement compte des aspects environnementaux et sociétaux ». Car « lorsque leur prise en compte est obligatoire » comme dans le cas du démantèlement des centrales nucléaires, « cela devient un sujet pour les analystes financiers ».

C'est ainsi qu'il serait possible de revenir au but initial de la comptabilité, celui de laconservation du capital. Pour Ciprian Ionescu, chargé du programme capital naturel chez WWF-France, « la comptabilité générale devrait intégrer les résultats financiers mais rendre compte de la gestion des capitaux naturels, humains et financiers »

 

« Les normalisateurs comptables ne sont pas nécessairement investis de l'obligation de travailler sur les normes extra-financières »

La comptabilité ne permet de compter que les unités monétaires et « ne tient compte des externalités que lorsqu'elles sont consacrées juridiquement ». C'est le cas des flux monétaires futurs (provisions de remise en état de sites par exemple) qui permettent alors une « une transition de l'extra-financier vers le financier » estime Patrick de Cambourg, président de l'ANC.

Pourtant, « la demande d'informations financières monte en puissance très fortement » et « l'écart entre valeur monétaire et non monétaire ne fait que s'accroître ».

Mais « l'économie de l'immatériel est difficile à mesurer de manière rigoureuse et raisonnablement prudente » et le faire « d'avoir bonne vision des facteurs et de l'interaction des facteurs » est essentiel pour pouvoir intégrer les aspects extra-financiers.

Enfin, si la comptabilité évolue sans cesse, « les normalisateurs comptables, qu'ils soient français ou étrangers, n'ont pas pour mission de travailler sur les normes extra-financières ».

Delphine Lalu, membre du CESE, estime quant à elle qu'il ne faut « pas forcément réformer la comptabilité mais la consolider en intégrant les données extra-financières ». C'est un peu l'objet de la méthode CARE, bien connue de ceux qui s'intéressent à la comptabilité environnementale.

 

« À l'heure actuelle, il n'y a ni capital humain ni capital naturel au passif du bilan »

La comptabilité permet de conserver le capital financier, sans tenir compte, à l'heure actuelle, du capital humain et du capital naturel. Or, pour Jacques Richard, expert comptable et créateur de la méthode CARE, tout chef d'entreprise sait que l'argent seul ne suffit pas, il faut aussi des moyens humains.

La méthode CARE consiste à conserver les trois capitaux, financiers, humains et naturels pour éviter ce que Jacques Richard qualifie de « situation immorale, inique et anti-économique ».

Elle permet d'inscrire « un budget de coût pour la conservation des capitaux humains et naturels au passif et à l'actif, un coût d'usage de ces capitaux ». C'est une sorte de coût complet écologique et humain.

 

Sandra Schmidt
Rédactrice sur Compta Online

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P.JOVANOVIC "La FRANCE rit JAUNE"! Revue de Presse Nov.2018 (Hd 1080) Mon Remix

Ajoutée le 23 nov. 2018
 
 
 
 
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Le gouvernement ment... Dixit le syndicat France-Police https://france-police.org/2018/11/24/...
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