Veille UrbaLyon : Planification urbaine - Plan local d'urbanisme
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Reconstruire nos fermes sur nos fermes : pour une sobriété foncière agricole au service de la souveraineté alimentaire | Groupe Caisse des Dépôts

Reconstruire nos fermes sur nos fermes : pour une sobriété foncière agricole au service de la souveraineté alimentaire | Groupe Caisse des Dépôts | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Le bâti agricole représente près d'un tiers de l'artificialisation des sols en France. Pourtant, depuis l'adoption de la loi Climat et Résilience, cette réalité a été soigneusement contournée : les bâtiments agricoles ont été explicitement exclus du décompte des surfaces consommées. Un biais de planification qui, en excluant le bâti agricole des comptes du ZAN, génère une externalité négative : l’érosion des terres productives, incompatible avec les objectifs de souveraineté et résilience alimentaire d’où l’urgence d’une intégration coordonnée de ces enjeux. Un impensé dans la trajectoire ZAN : la consommation foncière agricole Depuis l’adoption de la loi Climat et Résilience, les acteurs de l’aménagement du territoire ont été engagés dans une transition profonde : apprendre à densifier et requalifier l’existant plutôt qu’à étendre les zones artificialisées. Ce sevrage des extensions urbaines, douloureux mais nécessaire, a placé la question foncière au cœur des stratégies d'aménagement. Les documents de planification, ont dû se réinventer pour répondre à ces nouvelles exigences.Mais pendant que ce cadre se mettait en place pour les acteurs urbains, la définition de la consommation d’ENAF en fixait les limites : la loi Climat et Résilience a exclu les bâtiments agricoles du décompte de la consommation d'Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers (ENAF). Construire un nouveau hangar, une stabulation, un silo ou un bâtiment d'élevage ne compte pas dans la trajectoire ZAN. Cette exclusion, justifiée à l'époque par la volonté de ne pas pénaliser un secteur agricole déjà sous tension, a eu une conséquence directe et durable : elle a dispensé l'ensemble des acteurs de se poser la question de la sobriété foncière agricole. Pour autant, le monde agricole et ses représentants institutionnels n'ont pas attendu une obligation réglementaire pour engager des réflexions sur l'usage économe du foncier. Les SRADDET, documents stratégiques régionaux censés fixer les grandes orientations de la trajectoire ZAN, ont à leur tour occulté cette dimension. En l'absence de cadrage régional sur la sobriété du bâti agricole, la majorité des SCoT, PLUi et PLU ont suivi le même chemin : ils n'ont pas saisi la question à bras-le-corps. La consommation foncière induite par l'agriculture est restée un impensé de la planification territoriale ni mesurée, ni anticipée, ni outillée.Pourtant, les chiffres sont là. On estime que le bâti agricole représente près d'un tiers de l'artificialisation des sols à l'échelle nationale. L'agriculture est, paradoxalement, le premier consommateur de terres agricoles et d'espaces naturels : elle artificialise ses propres ressources. Nouveaux bâtiments construits à côté des anciens laissés en friche, en abandonnant des structures qui auraient pu être réhabilitées, en étendant son emprise sans que les outils pour envisager autre chose aient été construits. Ce n'est pas une fatalité.À ce premier angle mort s'en ajoute un second : les Secteurs de Taille et de Capacité d'Accueil Limitées, conçus comme des exceptions encadrées dans les documents d'urbanisme, se sont multipliés au point de devenir une pratique courante. En démultipliant ces dérogations, les territoires ont fragmenté les espaces agricoles, introduit des usages concurrents et fragilisé la lisibilité des zonages. L'exception est devenue la norme, sans que les bilans collectifs de cette dérive aient été tirés. Souveraineté alimentaire et adaptation du bâti : un enjeu stratégique mal traduit La question du bâti agricole ne se réduit pas à une affaire de comptabilité foncière. Elle touche à quelque chose de plus fondamental : la capacité des territoires à produire leur alimentation, à maintenir et développer leurs filières, à accueillir les évolutions inévitables d'une agriculture en pleine transition. C’est bien plus qu’une question de mètres carrés : c’est la souveraineté alimentaire qui est en jeu ; production locale, résilience des filières et adaptation des exploitations.La loi de souveraineté alimentaire, rappelle cette ambition nationale : préserver les capacités productives du territoire, accompagner la modernisation des exploitations, soutenir les filières d'élevage et de grande culture face aux défis sanitaires, climatiques, sociétaux et économiques. Or cette ambition ne peut pas se traduire concrètement si les outils de planification locale ignorent les besoins en bâti des exploitations. Inscrire la souveraineté alimentaire dans un SCoT ou un PLUi, c'est aussi et peut-être d'abord reconnaître que les exploitations ont besoin de construire, de se moderniser, de s'adapter à un contexte en mutation profonde.Car les besoins sont réels. Les bâtiments d'élevage hérités, ne répondent plus aux normes sanitaires ni aux attentes sociétales en matière de bien-être animal ou encore nécessitent de s’adapter aux transitions climatiques. La demande croissante en volailles, en produits laitiers de qualité... impose de repenser la configuration même des bâtiments. Les machines agricoles ont considérablement évolué en gabarit : un hangar des années 1980 est souvent inadapté. La diversification des exploitations, circuits courts, transformation à la ferme, agroforesterie génère des besoins bâtis inédits mal anticipés par les documents d’urbanisme. Ces besoins sont légitimes, et ils doivent être reconnus comme des enjeux de souveraineté à part entière dans les documents de planification.C'est précisément parce que ces besoins sont réels qu'il est d'autant plus urgent de les penser autrement. Construire neuf à côté de l'ancien laissé en friche ne peut pas rester la réponse par défaut. La réhabilitation, la reconversion, la mutualisation, le changement d'usage partiel doivent devenir des trajectoires aussi légitimes et aussi bien outillées que la construction neuve. Il ne s'agit pas d'opposer modernisation agricole et sobriété foncière : il s'agit de les réconcilier.Mais ce premier enjeu de souveraineté se heurte à un phénomène qui l'aggrave silencieusement : les démarches de sobriété foncière engagées dans le tissu urbain produisent, par un effet de report, un renforcement du mitage des espaces agricoles. L'intensification du tissu bâti existant, l'ouverture aux changements de destination, la création de logements dans des volumes anciens en zone rurale toutes ces dynamiques vertueuses à l'échelle urbaine contribuent à introduire de nouveaux usages résidentiels ou économiques dans les espaces agricoles, à fragmenter les îlots de production, à complexifier les conditions d'exploitation. Les règlements de zone A souvent mal encadré ou contourné ouvre la voie à des occupations étrangères à la vocation agricole. La sobriété des uns se traduit trop souvent par une pression accrue sur les terres des autres. Passer à l'action : construire le projet agricole de territoire Au-delà des constats, la question qui s'impose est celle du passage à l'action. Comment, concrètement, engager et favoriser l'émergence de projets agricoles de territoire permettant d'identifier les marges de manœuvre des exploitations, de préserver les réserves foncières nécessaires à leur développement, et d'inscrire cette démarche dans la durée ?La première condition est d'ordre méthodologique : se doter d'outils de connaissance. Un diagnostic territorial du bâti agricole, identification des exploitations présentes sur le territoire, cartographie des friches, identification des bâtiments sous-utilisés, évaluation des potentiels de réhabilitation ou de reconversion, est le préalable indispensable à tout projet sérieux. On ne peut pas planifier ce que l'on ne connaît pas, sans disposer de données fiables sur l'occupation des espaces agricoles et sur les enjeux de mitage. Ni sans engager un dialogue avec les acteurs agricoles qui restent encore trop peu mobilisé. Mais ce diagnostic ne saurait être une fin en soi. Il doit s'inscrire dans une démarche plus ambitieuse : celle de la formalisation d'un véritable projet agricole de territoire. Trop souvent, la place de l'agriculture dans les documents de planification se résume à des formules convenues "préserver les espaces agricoles", "soutenir les filières locales", "maintenir la vocation agricole des zones A" qui n'engagent à rien et ne se traduisent par aucune décision concrète. Ces déclarations d'intention, aussi bien formulées soient-elles, restent sans prise sur la réalité dès lors qu'elles ne sont adossées ni à une connaissance fine du tissu agricole existant, ni à des objectifs chiffrés, ni à des leviers d'action identifiés.Un projet agricole de territoire digne de ce nom suppose au contraire de répondre à des questions précises : quelles exploitations sont viables à horizon dix ans ? Quels bâtiments peuvent être réhabilités ? Où le mitage progresse-t-il et pour quels usages ? Quels sont les besoins réels en nouvelles emprises bâties ?Mais au-delà de ces questions techniques, un projet agricole de territoire doit aussi affronter une question plus fondamentale, trop souvent esquivée : quelle agriculture veut-on, et pour nourrir qui ? Non pas pour imposer un modèle unique, mais pour que les choix de planification foncière s'articulent à une vision assumée des systèmes de production et des modes d'alimentation du territoire. Vouloir réduire cette question à la promotion des circuits courts serait une erreur : non que les circuits courts soient sans intérêt, mais parce qu'ils ne constituent pas à eux seuls un modèle agricole, et que leur généralisation uniforme se heurte à des réalités économiques, géographiques et structurelles que les documents d'urbanisme ne peuvent ignorer. Ce qui est attendu des planificateurs n'est pas de trancher ce débat à la place des agriculteurs, mais de créer les conditions spatiales et foncières dans lesquelles plusieurs modèles peuvent coexister et évoluer, ce qui suppose précisément de sortir des formules vagues pour entrer dans une réflexion stratégique sur les vocations agricoles du territoire.Ce n'est qu'en posant ces questions, techniques et politiques et en s'obligeant à y répondre, que la planification cesse d'être un exercice rhétorique pour devenir un outil de gouvernance effective du foncier agricole.La deuxième condition est d'ordre opérationnel et relève de la stratégie foncière : il faut réintégrer le bâti agricole dans les documents de planification, comme une opportunité pour concilier modernisation des exploitations et préservation des sols. Une démarche gagnant-gagnant, qui permet aux territoires d’anticiper les besoins tout en sécurisant leur autonomie alimentaire. Cela suppose notamment de s'inspirer des pratiques existantes en matière d'économie productive et d'envisager la création de zones d'activité agricole, sur le modèle des zones d'activité économique, dédiées à l'accueil et au renouvellement du bâti d'exploitation. Ces espaces planifiés, identifiés à l'avance dans les documents d'urbanisme, permettraient de concentrer les besoins de construction neuve dans des secteurs définis, de mutualiser les infrastructures, de préserver en contrepartie les terres agricoles environnantes d'un étalement diffus et non maîtrisé. L'outil existe dans le monde économique : il reste à l'inventer pour le monde agricole.Dans cette perspective, la question des Secteurs de Taille et de Capacité Limitées, mérite d'être revisitée en profondeur. Conçus à l'origine comme un outil d'exception permettant, dans les zones agricoles et naturelles des PLU, d'admettre des constructions ou installations qui n'auraient pas vocation à s'y trouver. Les STECAL ont trop souvent été mobilisés de manière opportuniste et désarticulée : un hangar accordé ici, une stabulation tolérée là, sans que ces décisions s'inscrivent dans une vision d'ensemble de l'évolution du tissu agricole communal. La loi elle-même, en encadrant leur usage par un principe de taille et de capacité limitées, invite à en faire un usage mesuré et justifié, mais elle n'impose pas la réflexion stratégique préalable qui seule donnerait du sens à leur localisation.C'est précisément ce manque qu'il faut combler. Plutôt que de traiter chaque demande de STECAL comme un cas isolé soumis à l'appréciation circonstancielle des élus et des services instructeurs, il conviendrait de les inscrire dans une cartographie prospective des besoins agricoles du territoire, élaborée en amont dans les documents de planification. Un STECAL ne devrait plus être le résultat d'une négociation au cas par cas, mais la traduction spatiale d'un choix collectif assumé : celui d'accompagner telle filière, de sécuriser telle exploitation stratégique, de permettre telle reconversion. La troisième condition est d'adapter à l'agriculture la séquence Éviter-Réduire-Compenser, outil central de la politique ZAN pour les acteurs urbains, mais encore très peu mobilisé pour les projets agricoles à l’échelle de la planification. Appliquée aux exploitations, cette séquence prendrait tout son sens : éviter la consommation de terres nouvelles en privilégiant systématiquement la réhabilitation de l'existant ; réduire l'empreinte foncière des constructions neuves inévitables par une conception plus sobre et des implantations raisonnées ; compenser enfin, par des démarches de renaturation qui doivent être explicitement profitables à l'agriculture. Cette dimension est trop souvent négligée : les obligations de renaturation ne devraient pas se traduire par une simple mise sous cloche d'espaces naturels, mais par la restitution effective de terres à vocation agricole.Le projet agricole de territoire, pour être crédible, doit également ouvrir des débats que les acteurs locaux ont jusqu'ici trop souvent esquivés. Parmi eux, la question des projets agrivoltaïques, cristallise des positions souvent clivantes. Ces projets méritent un débat de fond au sein des territoires, dans le cadre des documents de planification, et non une réponse au cas par cas dictée par les seules logiques économiques ou réglementaires. Le projet de territoire est précisément l'espace où ces arbitrages peuvent être construits collectivement, avec l'ensemble des parties prenantes.Ces questions ne peuvent être tranchées ni par les seuls acteurs agricoles, ni sans eux. Les urbanistes, collectivités et aménageurs doivent s'emparer du sujet agricole, non pour dicter des solutions, mais pour créer les conditions d'un débat nécessaire. L'agriculture n'est pas une variable d'ajustement de la planification territoriale : elle en est une composante fondamentale, à la fois productive, paysagère et de sécurité alimentaire. Ce projet se construit ensemble.L'échéance de 2031, qui marquera l'entrée du bâti agricole dans la trajectoire ZAN, est à la fois proche et encore suffisamment lointaine pour que les territoires puissent s'y préparer sérieusement. Mais cette fenêtre se referme. Les territoires qui s'en empareront dès aujourd'hui en lançant des diagnostics, en construisant des outils, en engageant le dialogue entre monde agricole et acteurs de l'aménagement.Reconstruire nos fermes sur nos fermes : c'est un défi technique, économique et culturel. C'est surtout un projet de territoire, au service d'une alimentation souveraine et d'un foncier préservé. Il reste à inventer et le moment d'y travailler, c'est maintenant.
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Décryptages, retours d’expérience et cadres réglementaires : tout ce qu’il faut savoir pour penser, piloter les documents d’urbanisme dans les territoires.
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October 5, 7:04 AM
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ZAN : la sobriété foncière n’est pas un long fleuve tranquille (et ne risque pas de le devenir de sitôt)

ZAN : la sobriété foncière n’est pas un long fleuve tranquille (et ne risque pas de le devenir de sitôt) | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Cinq ans après le vote de la loi « Climat et Résilience » intégrant le Zéro artificialisation nette, le constat d’une raréfaction du foncier ne fait plus de doute. Les sols constituent une ressource à préserver, et pas qu’un actif sur lequel construire, au choix, data-centers ou lotissements. Un bilan d’étape effectué le 30 septembre, à l’occasion des Rencontres nationales de la sobriété foncière, a néanmoins permis de nuancer ce déclic. Et de s’accorder, à l'aube du nouveau mandat municipal, sur les principaux obstacles restant à lever, côté Etat mais aussi collectivités pour tendre véritablement vers un aménagement plus raisonné du territoire. Chronique du difficile accouchement d’une réforme mal engagée dès le départ.
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October 1, 10:45 AM
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En multipliant routes, entrepôts et lotissements, la France fait littéralement disparaître chaque année une surface presque aussi grande que l'une de ses plus grandes villes

En multipliant routes, entrepôts et lotissements, la France fait littéralement disparaître chaque année une surface presque aussi grande que l'une de ses plus grandes villes | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Chaque année, la France efface une ville de la taille de Marseille sous le béton. Pas une image, un chiffre officiel : environ 20 000 hectares artificialisés annuellement selon le Cerema, soit presque l’intégralité de la surface communale marseillaise, qui s’étend sur 24 000 hectares.
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September 25, 3:59 AM
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Sobriété foncière logement social : remembrement typologique tours Rennes Espacil Habitat

Sobriété foncière logement social : remembrement typologique tours Rennes Espacil Habitat | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
La restructuration typologique est l'une des façons de faire du « recyclage immobilier », c'est-à-dire de créer une offre supplémentaire de logements, sans consommer de nouveau foncier. Exemple dans deux tours de logements sociaux à Rennes.
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September 25, 3:58 AM
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PLUi · Leçon 4 : consommation d'espaces et ZAN, le droit en vigueur

Comment mesurer la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers, et quelle trajectoire ZAN un PLUi doit-il intégrer ? Quatrième leçon du cours en 10 vidéos sur le plan local d'urbanisme intercommunal, vu par un géomaticien.

Au programme : le socle de la loi Climat et résilience, la cascade SRADDET, SCoT, PLUi et ses délais, la garantie communale, ce que le PLUi doit contenir, la mesure avec les données du Cerema, un exemple chiffré sur la CC du Grand Pontarlier, le rapport triennal et un droit toujours en mouvement.

Chapitres
0:00 Introduction
0:16 Le socle : la loi Climat et résilience
0:57 La cascade et les délais
1:44 La garantie communale
2:16 Ce que le PLUi doit contenir
2:56 Mesurer la consommation
3:31 Exemple : le Grand Pontarlier
4:12 Le rapport triennal
4:50 Un droit en mouvement
5:27 Récapitulatif

Textes cités : loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (art. 194), loi n° 2023-630 du 20 juillet 2023, Code de l'urbanisme L101-2-1, L151-4, L151-5, Code général des collectivités territoriales L2231-1, SRADDET Bourgogne-Franche-Comté modifié (approuvé le 18 décembre 2024), décision du Conseil constitutionnel n° 2026-903 DC du 21 mai 2026. La proposition de loi TRACE n'est pas promulguée au 13 septembre 2026.

État du droit vérifié le 13 septembre 2026. Le ZAN évolue vite : revérifiez les textes avant tout usage professionnel. L'exemple du Grand Pontarlier est un ordre de grandeur avant déclinaison par le SRADDET et le SCoT.

Leçons précédentes dans la playlist ci-dessus.

Données : Cerema, consommation d'espaces NAF 2011-2025 (juillet 2026, Licence Ouverte 2.0) ; Admin Express © IGN (2026).
Voix de synthèse : Kyutai TTS (CC-BY 4.0), voix issue du corpus CML-TTS (CC-BY 4.0).

Diallo Geo, géomatique et cartographie : https://diallogeo.fr

#PLUi #ZAN #urbanisme
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September 25, 3:56 AM
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Reconversion des zones commerciales périurbaines et loi ZAN

Reconversion des zones commerciales périurbaines et loi ZAN | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Retail parks en déclin, foncier sous pression : comment les villes françaises transforment leurs zones commerciales périurbaines en quartiers mixtes durables.
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September 25, 3:55 AM
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Un Commun accord : comment Jean-Marc Jancovici réinvente la Convention citoyenne pour le climat

Un Commun accord : comment Jean-Marc Jancovici réinvente la Convention citoyenne pour le climat | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
L’assemblée citoyenne « Un Commun accord » lancée par Jean-Marc Jancovici se réunira pour la première fois à Paris les 19 et 20 septembre. Des ONG et anciens membres de la Convention citoyenne pour le climat livrent à Reporterre leur analyse sur cette initiative.
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September 25, 3:53 AM
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La "bétonisation" d’espaces agricoles, naturels et forestiers au plus bas depuis 2011

La "bétonisation" d’espaces agricoles, naturels et forestiers au plus bas depuis 2011 | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Localtis : La consommation d'espaces agricoles, naturels et forestiers a atteint son plus bas niveau depuis 2011, date à laquelle elle a commencé à être mesurée avec précision, selon une étude du Cerema publiée le 1er juillet. Mais cette baisse semble davantage liée à la baisse conjoncturelle des mises en chantier de logements observée depuis 2020, qu'aux premiers effets de la règlementation sur le ZAN.
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September 25, 3:52 AM
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Le jardin pavillonnaire, nouvel objet foncier de la ville dense

Le jardin pavillonnaire, nouvel objet foncier de la ville dense | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Cet article est adapté du mémoire de master 2 en urbanisme et aménagement intitulé Les jardins pavillonnaires à l’heure de la ville dense : quelles lectures depuis les acteurs et les outils de la planification ?, soutenu par Etienne Baudouin à l’Ecole d’urbanisme de Paris en 2025, sous la direction de Claire Aragau. Ce mémoire a reçu […]
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September 18, 6:08 AM
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Élaborer des stratégies territoriales en faveur de l'objectif zéro artificialisation nette : le guide de l'ADEME

L'ADEME a produit un guide synthétique proposant 9 recommandations pour élaborer des stratégies d'aménagement en faveur de l'objectif ZAN.
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September 18, 6:06 AM
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Lutte contre l’artificialisation des sols : la liste des projets d’envergure nationale ou européenne bientôt révisée

Lutte contre l’artificialisation des sols : la liste des projets d’envergure nationale ou européenne bientôt révisée | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Localtis : Le gouvernement envisage de réviser la liste des projets d’envergure nationale ou européenne (Pene) retranchés de la consommation d’espace imputable aux collectivités pour la période 2021-2031.
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September 18, 5:51 AM
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Loi Climat et résilience : décryptage des principaux textes d’application

Loi Climat et résilience : décryptage des principaux textes d’application | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
CCO via pxhere Retrouvez ici l’ensemble des décryptages des principaux textes d’application de la loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite « Climat et Résilience » du 22 août 2021 :...
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September 18, 5:51 AM
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Réhabiliter l’existant pour répondre à la crise du logement | Journées de l'architecture

Réhabiliter l’existant pour répondre à la crise du logement | Journées de l'architecture | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Recyclage urbain, limitation de la transformation des espaces naturels, reconversion d’anciens bâtiments : il existe de nombreuses solutions de réhabilitation pour répondre à la pénurie de logements. Focus sur certaines d’entre elles.
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September 18, 5:50 AM
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Etat des friches en France selon le rapport du Cerema

Etat des friches en France selon le rapport du Cerema | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Plus de 20 000 friches représentant quelque 61 000 hectares sont désormais recensées en France, selon l'inventaire partiel publié jeudi par ...
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October 1, 10:45 AM
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🟨 61 000 hectares de friches et une crise du logement : les promoteurs ont-ils peur de retrousser leurs manches ? La loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN) est sans doute lune des idées les plu...

🟨 61 000 hectares de friches et une crise du logement : les promoteurs ont-ils peur de retrousser leurs manches ? La loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN) est sans doute lune des idées les plu... | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
🟨 61 000 hectares de friches et une crise du logement : les promoteurs ont-ils peur de retrousser leurs manches ?

La loi Zéro Artificialisation Nette (ZAN) est sans doute lune des idées les plus vertueuses de la décennie.

Son principe ?
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October 1, 10:45 AM
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Refaire de la planification, un outil d’anticipation. Plus qu’un devoir, une urgence !

Refaire de la planification, un outil d’anticipation. Plus qu’un devoir, une urgence ! | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Il faut bien le dire, nous sortons groggy de cet été 2026 hors norme, ayant fait tomber des tristes records les uns après les autres : records de température et de nombre de canicules, record du nombre d’hectares brûlés, record de sécheresse… Un été hors normes certes au regard du siècle passé, mais...
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September 25, 3:58 AM
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À l’échelle ELLO, où en est-on de l’artificialisation des sols ?

À l’échelle ELLO, où en est-on de l’artificialisation des sols ? | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
À l’échelle ELLO, où en est-on de l’artificialisation des sols ?. L’agence d’urbanisme de la région de Saint-Nazaire accompagne les acteurs publics et privés dans la définition et la mise en œuvre de leurs projets d’aménagement et de développement urbains et territoriaux.
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September 25, 3:56 AM
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[WEBINAIRE] Du ZAN à la sobriété foncière : le projet en point de mire

[WEBINAIRE] Du ZAN à la sobriété foncière : le projet en point de mire | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
22 OCTOBRE 2026 Visioconférence Le Zéro Artificialisation Nette reste trop souvent perçu comme une contrainte réglementaire et une affaire...
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September 25, 3:56 AM
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Ville régénérative : biodiversité, ZAN, énergie bas carbone en pratique

Ville régénérative : biodiversité, ZAN, énergie bas carbone en pratique | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Au-delà de la ville durable, la ville régénérative ambitionne notamment de restaurer activement les écosystèmes, de valoriser le bâti existant et les ressources locales pour contribuer positivement au vivant.
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September 25, 3:54 AM
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ZFE, Zan : les Sages censurent plusieurs articles de la dernière loi de simplification

ZFE, Zan : les Sages censurent plusieurs articles de la dernière loi de simplification | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
ENVIRONNEMENT. Au total, le Conseil constitutionnel a retoqué 25 articles de la loi de simplification de la vie économique, adoptée en avril 2026. #BatiActu
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September 25, 3:53 AM
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Loi de simplification de la vie économique : ce que les collectivités doivent retenir du texte

Loi de simplification de la vie économique : ce que les collectivités doivent retenir du texte | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Localtis : La loi de de simplification de la vie économique a été publiée ce 27 mai au Journal officiel, après la censure partielle du Conseil constitutionnel. Malgré la purge des 25 articles de "cavaliers législatifs" - dont celui supprimant les ZFE ou celui allégeant le ZAN - soit près d’un tiers des 84 articles répartis en douze titres, le texte, qui a triplé de volume au fil des deux ans de navette parlementaire, reste touffu et hétéroclite. Y figurent un important volet en matière de commande publique et de très nombreuses dispositions en matière d’urbanisme, notamment commercial, ou visant à faciliter l'essor de projets industriels et d’infrastructures.
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September 18, 6:11 AM
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Lu / Marseille, « ville – nature ». Sociologie d’une requalification environnementale et urbaine en tension, par Carole Barthélémy : Urbanités

Lu / Marseille, « ville – nature ». Sociologie d’une requalification environnementale et urbaine en tension, par Carole Barthélémy : Urbanités | Veille UrbaLyon : Planification urbaine -  Plan local d'urbanisme | Scoop.it
Lu / Marseille, « ville – nature ». Sociologie d’une requalification environnementale et urbaine en tension, par Carole Barthélémy Posted by urbanites on mercredi, septembre 2, 2026 · Leave a Comment Claire Fonticelli PDF du Lu / Citer ce Lu L’ouvrage Marseille « ville-nature ». Sociologie d’une requalification environnementale et urbaine en tension, issu de l’habilitation à diriger des recherches de Carole Barthélémy, sociologue de l’environnement au Laboratoire Population Environnement Développement (LPED), interroge les relations entre environnement, urbanisation et pratiques habitantes à Marseille. L’ouvrage part d’un paradoxe : Marseille est fréquemment représentée comme une ville méditerranéenne proche de la nature, marquée par la présence de la mer, des calanques et des massifs, alors même qu’elle demeure traversée par de fortes inégalités socio-spatiales et environnementales, et des difficultés d’accès à la nature. La représentation de Marseille « ville-nature » fait aujourd’hui pourtant l’objet d’une forte réappropriation institutionnelle, à travers des projets de valorisation environnementale et métropolitaine. Comme le pointe l’autrice, toute une communication institutionnelle s’est emparée de cette idée pour en faire « une Silicon Valley de l’écologie » au travers de grands projets comme « Odysseo ». Marseille n’est pas en cela un cas unique, et l’autrice souligne le mouvement plus large d’intérêt de la nature en ville, qu’elle lie à une néolibéralisation de la nature en ville tant dans les pratiques de production ou de maintien de cette nature que dans leur gestion (Erwein, 2019). Mais ce n’est pas tellement cet angle que l’autrice a souhaité investiguer dans l’ouvrage : à partir d’une approche mêlant histoire urbaine, ethnographie et analyse des mobilisations, Carole Barthélémy montre que la nature urbaine constitue moins un décor consensuel qu’un espace de tensions, de pratiques et de conflits. L’autrice s’intéresse particulièrement à l’analyse des rapports à la nature dans les quartiers périphériques de Marseille, avec des terrains identifiés, permettant d’interroger le contour de cette « ville-nature ». Outre les balades urbaines à l’échelle de la ville, l’autrice mobilise deux terrains principaux : la création d’un jardin partagé dans les quartiers nord et le littoral sud marseillais, proche des calanques, dans un quartier à l’origine ouvrier en cours d’embourgeoisement. Elle veut partir des représentations « par le bas » des habitant.e.s pour venir comprendre les relations spécifiques à la nature tissées et comment elles participent à une politisation des habitant.e.s. L’ouvrage s’organise en trois parties. La première retrace l’histoire socio-environnementale de Marseille, depuis les bastides agricoles jusqu’aux recompositions urbaines contemporaines marquées par la privatisation des espaces résidentiels et les inégalités d’accès à la nature. La deuxième partie analyse l’émergence d’une « movida environnementale » portée par des artistes, marcheurs.euses et acteurs.rices culturels, notamment autour du GR2013 et des dispositifs de balade urbaine, s’appuyant sur de l’observation participante et des entretiens. Enfin, la troisième partie repose sur plusieurs enquêtes ethnographiques menées dans les quartiers nord et sur le littoral sud marseillais à partir de 2010, autour de jardins partagés, de pratiques habitantes de la nature et de conflits environnementaux liés à des projets urbains ou à des friches industrielles polluées. – Entre calanques, quartiers populaires : quel accès à la nature ? L’un des principaux apports de l’ouvrage réside dans sa capacité à articuler les questions environnementales aux inégalités socio-spatiales, et à questionner des certitudes. Carole Barthélémy montre notamment que les rapports à la nature dans les quartiers populaires ne se limitent pas à un déficit d’accès aux aménités environnementales, mais reposent également sur des pratiques ordinaires : jardinage, pêche, cueillette, promenade… souvent invisibilisées par les politiques environnementales urbaines. L’analyse des quartiers périphériques marseillais permet ainsi de nuancer certaines approches classiques des inégalités environnementales uniquement centrées sur la répartition des espaces verts ou des nuisances. L’ouvrage insiste au contraire sur la coexistence de situations ambivalentes, où des populations populaires peuvent bénéficier d’une proximité avec certains espaces naturels tout en restant exposées à de fortes pollutions industrielles – comme c’est le cas dans les Calanques – ou à des formes de relégation urbaine – comme dans certains quartiers nord. L’ouvrage met également en évidence les ambiguïtés des politiques contemporaines de valorisation environnementale. Les analyses consacrées aux résidences fermées (Dorier et al., 2008), aux projets immobiliers du littoral sud ou encore aux conflits autour des Calanques montrent combien les enjeux environnementaux peuvent s’articuler à des tensions sociales, résidentielles et mémorielles. Loin d’une vision consensuelle de la nature en ville, Carole Barthélémy insiste au contraire sur les conflits d’usage, les attachements différenciés aux lieux et les contradictions produites par l’environnementalisation urbaine. L’autrice mobilise les travaux d’Anna Tsing autour de la « troisième nature » pour penser Marseille comme un milieu profondément transformé par les activités humaines, mais où persistent malgré tout des formes de vie, d’usages et d’attachements. Elle définit cette troisième nature comme une « altération profonde des milieux naturels, qui résistent, fonctionnent et produisent d’autres assemblages de la viabilité multi-espèces du milieu de la perturbation » (Ting, 2022 : 44). Cette approche permet à Carole Barthélémy de dépasser une opposition classique entre nature et artificialisation, en montrant combien les espaces marseillais étudiés relèvent de formes hybrides mêlant héritages industriels, pollutions, pratiques habitantes et biodiversité ordinaire. Ces figures reviennent tout au long de l’ouvrage, notamment avec la convocation des terrains dans les Calanques, marqués par une pollution lourde, qui ne remettent pourtant pas en question les pratiques de nature développées par les habitant.e.s. – La « movida environnementale » : artistes-marcheur.euse.s et nouvelles médiations à la nature L’analyse de la « movida environnementale » constitue également un apport original du livre, éclairant un aspect connu de Marseille d’une manière originale. Carole Barthélémy désigne par cette expression l’émergence, à Marseille, d’un ensemble d’initiatives artistiques, culturelles et habitantes qui mobilisent la marche, les paysages ordinaires et les expériences sensibles pour renouveler les représentations de la ville et les rapports à la nature, dans un contexte de recomposition métropolitaine et d’environnementalisation urbaine. La notion fait explicitement écho à la « movida marseillaise » des années 1990-2000, associée au renouvellement de l’image culturelle et artistique de la ville, dont elle constituerait un prolongement ou un déplacement vers les enjeux environnementaux. Carole Barthélémy montre comment des artistes-marcheurs, des collectifs culturels et des dispositifs comme le GR2013 participent à renouveler les représentations de Marseille et à faire émerger de nouveaux récits territoriaux fondés sur l’expérience sensible des paysages ordinaires. La balade urbaine apparaît ici comme un outil de médiation et de fabrication métropolitaine, permettant de relier des espaces fragmentés et de sensibiliser différents publics aux enjeux territoriaux. L’autrice souligne la spécificité marseillaise de cette dynamique, davantage portée par les milieux culturels que par les institutions classiques de l’aménagement, même si leurs liens sont forts. Toutefois, la portée politique de cette « movida environnementale » demeure parfois difficile à évaluer. Si l’ouvrage montre bien la capacité de ces dispositifs à produire des expériences collectives, des formes ponctuelles de sensibilisation ou des récits alternatifs sur la ville, il interroge leurs effets durables sur les rapports de domination ou les inégalités socio-spatiales restent plus incertains. Cette limite apparaît d’ailleurs dans plusieurs passages consacrés aux actions artistiques, dont les effets semblent souvent localisés, temporaires et dépendants de logiques de projet, l’auteure allant jusqu’à parler « d’éphémère entre-soi ». De ce point de vue, l’ouvrage questionne la capacité transformatrice de ces dispositifs culturels. – Jardiner, pêcher, contester : rapports habitants à la nature La troisième partie, centrée sur les enquêtes ethnographiques menées dans les quartiers nord et sur le littoral sud, constitue pour moi la plus forte de l’ouvrage. Les matériaux mobilisés : carnets de terrain, observations participantes, récits de pratiques habitantes … donnent une réelle épaisseur empirique à l’analyse. On suit combien le terrain est connu et reconnu pour l’autrice. Les descriptions des pratiques de jardinage, de pêche, de cueillette ou de cuisine permettent de saisir concrètement et avec finesse la manière dont les relations à la nature s’inscrivent dans des trajectoires sociales, migratoires et résidentielles. Cette attention portée aux pratiques ordinaires de l’environnement constitue l’une des grandes qualités du livre. L’analyse des conflits environnementaux apparaît particulièrement intéressante, car elle éclaire dans la finesse une diversité de postures, avec des motifs environnementaux plus ou moins affichés. L’autrice évoque ainsi le cas du projet « Jardin possible » dans le quartier du Grand Saint-Barthélémy qui montre bien comment des projets culturels et écologiques peuvent être perçus comme des formes d’imposition symbolique lorsqu’ils ne prennent pas suffisamment en compte les attentes habitantes, loin d’une posture où la culture et l’agriculture urbaine seraient a-conflictuelle. Dans un contexte déjà conflictuel de rénovation urbaine, l’arrivée d’artistes et de paysagistes pour porter un projet voulu par la maitrise d’ouvrage et imaginé comme consensuel, a suscité des réactions habitantes et des associations en place remettant en question le projet. L’autrice met en évidence et questionne les tensions entre participation affichée, rapports de classe et enjeux de reconnaissance locale. De la même manière, les développements consacrés aux friches industrielles du littoral sud et aux conflits autour des projets immobiliers permettent de montrer comment les questions environnementales s’articulent à des enjeux sanitaires notamment, et de questionner les relations des habitants vis-à-vis du parc national des Calanques et des interdits qu’il génère. L’ouvrage accorde une place importante aux enquêtes de terrain, qu’on devine menées au long cours. Les extraits de carnets de terrain, les descriptions des balades urbaines ou encore les récits liés aux pratiques de jardinage, de pêche ou de cueillette donnent une forte épaisseur empirique à l’analyse. Cette attention portée aux expériences vécues permet à Carole Barthélémy de restituer la complexité des rapports à la nature dans les espaces urbains populaires, sans les réduire à une simple question d’accès aux aménités environnementales. Le recours aux carnets de terrain et aux descriptions situées contribue également à produire une écriture incarnée, où l’autrice rend visible sa propre position d’enquêtrice et les relations tissées au fil des terrains. L’autrice n’hésite pas à situer sa posture, on devine des proximités, des attachements construits au fil des terrains. Cette dimension réflexive renforce la qualité de l’ouvrage, le plaisir pris à le lire, sans nuire à sa rigueur analytique. Marseille « ville-nature » constitue ainsi une contribution aux recherches sur les relations entre ville, nature et inégalités environnementales. En articulant histoire urbaine, ethnographie et analyse des conflits, Carole Barthélémy propose une lecture sensible et incarnée de Marseille, attentive aux pratiques habitantes comme aux tensions produites par la montée en puissances des politiques environnementales. Le lecteur y retrouvera des spécificités connues de Marseille, notamment autour des artistes marcheur.euse.s, mais découvrira aussi d’autres aspects de cette ville, liés à son environnement particulier. L’ouvrage intéressera aussi bien les chercheurs en études urbaines et environnementales que les acteurs de l’aménagement confrontés aux enjeux de justice environnementale et aux contradictions des politiques de valorisation de la nature en ville. Particulièrement agréable à lire, il éclaire une autre vision des pratiques ordinaires marseillaises, en s’attachant à parler de la construction de la ville, des pratiques, et des rapports à l’environnement. CLAIRE FONTICELLI – Claire Fonticelli est maîtresse de conférences en urbanisme et aménagement à Aix-Marseille Université, au sein du laboratoire LIEU. Ses travaux portent sur les friches urbaines et agricoles, les conflits d’aménagement, les politiques de sobriété foncière et les recompositions territoriales liées au Zéro Artificialisation Nette (ZAN), principalement dans le sud de la France. Elle s’intéresse particulièrement aux tensions entre transition écologique, développement territorial et préservation des espaces ouverts. claire.fonticelli@univ-amu.fr – Bibliographie Elisabeth Dorier, Gwenaelle Audren, Jérémy Garniaux, Aurélie Stoupy et Rozbabil Oz, 2008, « Ensembles résidentiels fermés et recompositions urbaines à Marseille », Pouvoirs Locaux : les cahiers de la décentralisation, n° 78 III, 92-98. Ernwein Marion, 2019, Les natures de la ville néolibérale : une écologie politique du végétal urbain, Grenoble, UGA Éditions, 240 p. Tsing Anna Lowenhaupt, Schaffner Marin et Stengers Isabelle, 2022, Proliférations, Marseille, Wildproject, 120 p. – Référence de l’ouvrage : Barthélémy Carole, 2026, Marseille, « ville-nature ». Sociologie d’une requalification environnementale et urbaine en tension, Grenoble, UGA Editions, 182 p. – Couverture : La porosité entre la cour d’un logement social et le massif des Calanques, Quartier La Cayole, 9ème arrondissement, Marseille (C. Barthélémy, 2013) – Pour citer cet article : Fonticelli Claire, 2026, « Marseille, « ville – nature ». Sociologie d’une requalification environnementale et urbaine en tension, par Carole Barthélémy », Urbanités, Lu, septembre 2026, en ligne. – Tweet Category: Actualités, Lu · Tags: Marseille, nature, requalification, ségrégation
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