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March 26, 2018 8:15 AM
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The asymmetry of the superior temporal sulcus (STS) has been identified as a species-specific feature of the human brain. The so-called superior temporal asymmetrical pit (STAP) area is observed from the last trimester of gestation onwards and is far less pronounced in the chimpanzee brain. This asymmetry is associated with more frequent sulcal interruptions, named plis de passage (PPs), leading to the irregular morphology of the left sulcus. In a paper which appeared recently in Neuroimage, Yann Le Guen and colleagues (UNATI, Neurospin, Institut Joliot, CEA, Université Paris-Saclay, Gif-sur-Yvette) aimed to characterize the variability, asymmetry, and heritability of these interruptions in the STS in comparison with the other main sulci. They developed an automated method to extract PPs across the cortex based on a highly reproducible grid of sulcal pits across individuals, which they applied to a subset of Human Connectome Project (HCP) subjects (N = 820). They report that only a few PPs across the cortex are genetically constrained, namely in the collateral, postcentral and superior temporal sulci and the calcarine fissure. Moreover, some PPs occur more often in one hemisphere than the other, namely in the precentral, postcentral, intraparietal sulci, as well as in both inferior and superior temporal sulci. Most importantly, the authors found that only the interruptions within the STAP region are both asymmetric and genetically constrained. Because this morphological pattern is located in an area of the left hemisphere related to speech, their results suggest structural constraints on the architecture of the linguistic network. Contact : yann.leguen@cea.fr or vincent.frouin@cea.fr
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March 26, 2018 5:24 AM
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Article paru dans Science par l'équipe de Laurence Zitvogel (INSERM/UPSud/Gustave Roussy UMR-S 1015, Villejuif)
The fine line between human health and disease can be driven by the interplay between host and microbial factors. This “metagenome” regulates cancer initiation, progression, and response to therapies. Besides the capacity of distinct microbial species to modulate the pharmacodynamics of chemotherapeutic drugs, symbiosis between epithelial barriers and their microbial ecosystems has a major impact on the local and distant immune system, markedly influencing clinical outcome in cancer patients. Efficacy of cancer immunotherapy with immune checkpoint antibodies can be diminished with administration of antibiotics, and superior efficacy is observed with the presence of specific gut microbes. Future strategies of precision medicine will likely rely on novel diagnostic and therapeutic tools with which to identify and correct defects in the microbiome that compromise therapeutic efficacy.
Contact : laurence.zitvogel@gustaveroussy.fr
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March 20, 2018 7:08 PM
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La leucémie aiguë myéloïde (LAM) est une hémopathie maligne caractérisée par une infiltration de la moelle osseuse et du sang par des cellules hématopoïétiques immatures (appelées « blastes ») dont le traitement est adapté aux anomalies génétiques détectées dans ces cellules. Parmi ces anomalies génétiques, la mutation des gènes IDH1 ou IDH2 est retrouvée chez environ 25-30% des patients et génère la synthèse en excès d’un métabolite, le 2-hydroxyglutarate (2HG), détectable dans le sérum des patients. Les sarcomes myéloïdes sont une sous entité rare de LAM caractérisée par la présence de blastes, non pas dans la moelle osseuse et le sang, mais au sein de n’importe quel organe. Cette caractéristique inhabituelle rend le diagnostic difficile (souvent confondu avec d’autre type de tumeur) et la caractérisation génétique exceptionnelle. Dans une étude multicentrique publiée récemment dans Leukemia et menée à Gustave Roussy (Inserm/UPSud UMR-S 1170, Villejuif), l’équipe du Dr De Botton a pu montré que les cellules de sarcome myéloïde présentent les mêmes anomalies génétiques que les LAM « classiques ». Ce travail montre également que le dosage du 2-hydroxyglutarate dans le sérum des patients permet de détecter la présence d’une mutation IDH1 ou IDH2 au sein des cellules de sarcome myéloïde et pourrait être utilisé dans le suivi des patients en cours de traitement et après traitement. Sachant que des études récentes montrent l’intérêt de l’utilisation d’inhibiteur spécifiques des enzymes IDH1 et IDH2 mutantes chez les patients atteints de LAM, ce test diagnostic simple permettrait potentiellement aux patients atteints de sarcome myéloïde avec mutation IDH1 ou IDH2 de bénéficier de ces nouveaux traitements. Contact: stephane.debotton@gustaveroussy.fr ou christophe.willekens@gustaveroussy.fr
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March 18, 2018 10:19 AM
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Des chercheurs de NeuroSpin (UNICOG) viennent de mettre en évidence comment la région spécifique à la reconnaissance des mots se développe lors de l'apprentissage de la lecture chez des enfants de cours préparatoire. Ce travail, qui a permis de localiser une « boîte aux lettres » dans l'hémisphère gauche, a été publié dans la revue PLOS Biology. Article : http://dx.doi.org/10.1371/journal.pbio.2004103 Contact : ghislaine.dehaene@cea.fr
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March 18, 2018 8:16 AM
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Deux équipes du CEA de Saclay (SIMOPRO et SCBM), en collaboration avec le Texas Biomedical Research Institute et l'Université de Jilin, ont montré que les composés anti-ricine Retro-2, découverts au CEA dans le cadre de la lutte contre le bioterrorisme, inhibent deux familles de virus importants en santé publique (filovirus Ebola et Marburg et entérovirus EV71). Ces résultats, qui viennent d'être publiés dans deux articles de Antiviral Research, élargissent le spectre antiviral des composés de type Retro-2.
La molécule Retro-2 a été découverte en 2010 par les équipes de Daniel Gillet (CEA, SIMOPRO) et de Jean-Christophe Cintrat (CEA, plate-forme de criblage moléculaire, SCBM). Financée par le programme interministériel de R&D contre les risques NRBCE, cette collaboration avait pour objectif de découvrir des inhibiteurs de toxines de plantes (ricine) et de bactéries (Shiga), potentiels agents de la menace biologique. Le mécanisme d'action de Retro-2 a été identifié, en collaboration avec l'équipe de Ludger Johannes (Institut Curie) : ce composé bloque le transport intracellulaire rétrograde des toxines, entre l'endosome précoce et le réseau transgolgien. En 2013 et 2014, les deux équipes du CEA ont décrit un analogue optimisé de Retro-2, Retro-2.1, 500 à 1000 fois plus puissant. Les années suivantes, il a été montré que les composés Retro-2 possèdent un spectre d'activité non restreint aux toxines. En effet, à l'instar de celles-ci, certains parasites, bactéries intracellulaires et virus, utilisant les voies de transport intracellulaire pour entrer dans les cellules et les infecter, sont inhibés par Retro-2.
Dans cette étude, les chercheurs montrent que Retro-2 inhibe le filovirus Ebola et son proche cousin le virus de Marburg, responsables de fièvres hémorragiques gravissimes, contre lesquelles il n'existe pas de thérapie efficace. De même, Retro-2 bloque l'entérovirus EV71, responsable de la maladie pied-main-bouche. Ce virus qui sévit en particulier en Asie et en Australie, en général bénin, peut causer des encéphalites graves chez les très jeunes enfants, contre lesquelles il n'existe pas de traitement spécifique.
Les molécules Retro-2 protègent les cellules contre une infection par les virus Ebola et Marburg avec une efficacité plus de 25 fois supérieure à celle du favipiravir, un antiviral testé chez les patients pendant l'épidémie de 2013. Elles protègent aussi les cellules contre une infection par le virus EV71 avec, pour Retro-2.1, une efficacité compatible avec un développement thérapeutique. De plus, Retro-2 est capable de protéger des souriceaux contre une dose mortelle de virus.
De manière surprenante, ces actions passent par un mécanisme différent de celui de l'inhibition des toxines. En effet, les molécules Retro-2 bloquent une étape tardive de l'entrée des filovirus dans le cytoplasme cellulaire, après passage dans les endosomes tardifs, un compartiment non ciblé en principe par ces molécules. Pour le virus EV71, elles semblent bloquer la libération de la progénie virale par les cellules infectées plutôt que l'entrée des virus dans la cellule (Figure), un mécanisme aussi retrouvé récemment dans le cas de l'inhibition par Retro-2 de l'infection par le virus de la vaccine.
En conclusion, ces travaux confirment et étendent le spectre antiviral des molécules de la famille Retro-2. Le mécanisme précis de cette action protectrice reste encore à élucider.
Figure : Blocage de la libération de la progénie du virus EV71 par Retro-2.1. A gauche, cellules de lignée rénale humaine 293S, 16 h après infection par le virus EV71. Après multiplication du virus, les nouvelles particules virales (en rouge) s'accumulent sous la membrane plasmique avant d'être libérées dans le milieu extracellulaire. A droite, en présence de Retro-2.1, les particules virales restent distribuées dans le cytoplasme et leur libération est réduite environ d'un facteur 100. En bleu, le noyau des cellules.
Lien vers articles :
http://dx.doi.org/10.1016/j.antiviral.2017.11.016
http://dx.doi.org/10.1016/j.antiviral.2017.07.001
Contact : daniel.gillet@cea.fr ou jean-christophe.cintrat@cea.fr
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March 17, 2018 6:03 PM
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L’immunothérapie anti-PD1 permet à de nombreux patients cancéreux de bénéficier de réponses prolongées. Elle consiste en l’utilisation d’anticorps monoclonaux qui permettent de réapprendre aux cellules immunitaires à éliminer les cellules tumorales. Les progrès en imagerie médicale permettent désormais de mesurer de façon non invasive la réponse à ces traitement en évaluant l’évolution du volume et du métabolisme tumoral. Dans un article qui vent de paraître dans European Journal of Cancer, des chercheurs de Gustave Roussy (UPSud/Inserm UMR1015, Villejuif), utilisant la TEP au 18-FDG et la TDM, ont trouvé que neuf des 16 patients (56%) atteints d'un lymphome de Hodgkin classique récidivant ou réfractaire répondaient à l’immunothérapie. La TEP au 18-FDG identifia tous les répondeurs au traitement et reclassa la meilleure réponse globale chez cinq individus, comparée à la TDM seulement. Le suivi prolongé (2 ans) de ces patients a montré que cinq patients avaient de nouveaux profils de réponses sous anti-PD1. Les chercheurs ont détecté deux progressions 14 mois et 18 mois après l’initiation des anti-PD1 qui se révélèrent transitoires : ces pseudo-progressions peuvent inquiéter le patient et le clinicien mais ne doivent pas conduire à l’arrêt du traitement. Trois patients ont eu de nouvelles lésions associées à des toxicités liées à une activation du système immunitaire contre les tissus sains (auto-immunité). Les chercheurs ont ensuite évalué la profondeur et la durée de la réponse anti-tumorale maximale aux anti-PD1. La durée médiane du traitement était de 18 mois. Parmi les 56% de répondeurs à trois mois, 19% furent complètes. 22% (2/9) des répondeurs à 3 mois ont rechuté avant un an. La réponse maximale (nadir) a été atteint à 13 mois. La profondeur médiane de la réponse maximale était de -77%. Ces études ont permis de mieux comprendre comment traiter les patients souffrant d’un lymphome de Hodgkin par anti-PD1. Les réponses métaboliques complètes se sont produites dans les 6 mois, une minorité de réponses partielles ont été converties en réponse complète, et la réponse maximale a été observé un an après le début du traitement. Légende de la Figure. La maladie de Hodgkin consomme le glucose de façon beaucoup plus important que le tissu sain. La TEP au glucose (18F-FDG) permet de détecter la maladie résiduelle et de suivre son évolution sous traitement (ici de 11 mois avant le traitement à 6 mois après l’initiation du traitement anti-PD1). Une des lésions (flèche) a été biopsiée et montre la persistance de cellules de Reed-Sternberg viables (flèches) qui sont caractéristiques de la maladie de Hodgkin. Contact : laurent.dercle@gmail.com
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March 16, 2018 5:13 AM
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Une équipe du Centre de nanosciences et de nanotechnologies C2N, CNRS/UPSud) a mis au point une puce microfluidique qui, grâce à des fentes de dimensions nanométriques, permet d’attribuer à une molécule un « code-barre » lisible par lecture optique en fluorescence. Cette nouvelle technique permet d’identifier la molécule en quelques minutes seulement, contre plusieurs heures à plusieurs jours auparavant. Pour concentrer et identifier des molécules en solution très diluées (marqueurs biologiques, polluants, toxines...), les techniques aujourd'hui disponibles demandent des heures, voire des jours de manipulation. La biopuce inventée au C2N devrait permettre de réaliser ces analyses en quelques minutes. Ce dispositif microfluidique, grâce à des fentes de taille nanométrique, concentre les molécules et engendre pour chacune d'elle un « code-barre » spécifique, lisible par simple lecture optique en fluorescence.
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March 13, 2018 5:11 PM
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Des chercheurs du CNRS, de l’Institut Curie, de l’Inserm et de l’Université Paris-Sud ont identifié le rôle de gènes exprimés normalement uniquement dans la rétine dans le médulloblastome. Les chercheurs, dont les travaux sont publiés dans Cancer Cell, ont constaté que ces cancers se caractérisaient par l’expression du « programme photorécepteur », un ensemble de gènes habituellement exprimés uniquement dans la rétine (et pas dans le développement normal du cervelet), où ils permettent de définir l’identité des photorécepteurs. Ils ont découvert que s’exprimait au sein de ce programme, la protéine NRL. Ces résultats permettent d’une part d’ouvrir un champ de recherche fondamentale sur les marques aberrantes dans le processus cancéreux, et d’autre part d’envisager une nouvelle catégorie de cibles thérapeutiques dans le médulloblastome. Voir article : https://doi.org/10.1016/j.ccell.2018.02.006 Contact : celio.pouponnot@curie.fr
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March 11, 2018 2:00 PM
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Dans le domaine de la vectorisation des médicaments, sont apparus ces dernières années des systèmes dits anisotropes, car n’ayant pas des propriétés identiques dans toutes les directions de l’espace. Cette anisotropie peut provenir, par exemple, de la forme des objets dans le cas de particules allongées ou de leur composition dans le cas de particules appelées Janus (Dieu romain des commencements et des fins représenté par deux visages) car constituées de deux domaines possédant des propriétés différentes. Ces morphologies particulières peuvent modifier certaines propriétés des transporteurs de médicament comme leur distribution, leur internalisation ou leur capacité d’encapsulation et de libération de molécules actives. Des chercheurs de l’Institut Galien Paris-Sud s’intéressent à l’utilisation des matériaux lipidiques et amphiphiles pour le développement de tels systèmes innovants d’administration de médicaments et viennent de publier une étude intéressante dans la revue Nanoscale. Les nanoparticules Janus dont il est question ici sont constituées d’un compartiment lipidique sur lequel est « accolé » un compartiment aqueux délimité par une bicouche à base de phospholipides et de tensioactifs non-ioniques. Il résulte de cet assemblage la possibilité de co-encapsuler des molécules aux solubilités opposées. Par rapport à des systèmes isotropes tels que les cubosomes par exemple, la dissymétrie de ces nanoparticules permet en théorie d’augmenter les taux de chargement en actifs ou de faciliter une libération contrôlée et indépendante de chacune des molécules actives. La méthode de préparation de ces systèmes, impliquant uniquement des excipients pharmaceutiques autorisés par les différentes pharmacopées et un procédé d’homogénéisation haute pression largement utilisé au niveau industriel, a été brevetée (US Patent 9,757,337). Un mécanisme de formation de ces nanoparticules a été proposé récemment dans le journal Nanoscale. Des expériences multi-échelles en microscopie et diffraction des rayons X aux petits angles ont ainsi permis de mettre en évidence une séparation de phase, température dépendante, lors de l’étape de refroidissement des nanodispersions produites par homogénéisation haute pression. Les développements en cours autour de ces nanoparticules concernent, entre autres, les potentialités d’incorporation d’entités d’intérêt dans l’un et l’autre des compartiments, depuis des petites molécules thérapeutiques jusqu’à des grains d’oxyde de fer pour des applications d’imagerie, de guidage magnétique ou d’hyperthermie. Contact : vincent.faivre@universite-paris-saclay.fr
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March 6, 2018 6:23 PM
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La réponse intégrée au stress (RIS) est l'une des voies de signalisation les plus importantes impliquées dans l'adaptation cellulaire au stress, présente dans toutes les cellules eucaryotes. Elle se compose de quatre sérine/thréonine kinases, à savoir GCN2 (general control nonderepressible-2), HRI (heme-regulated inhibitor), PERK (PKR-like endoplasmic reticulum kinase) et PKR (protein kinase double-stranded RNA-dependent), qui une fois activées en raison de facteurs de stress extrinsèques ou intrinsèques, phosphorylent la sous-unité α du facteur d'initiation de la traduction eucaryote 2 (eIF2α), conduisant à une reprogrammation immédiate de l'expression génique cellulaire pour surmonter le stress imposé et restaurer la fonction cellulaire normale. La RIS joue un rôle important dans de nombreuses maladies, telles que le cancer et les troubles neurodégénératifs. Cependant, son rôle dans le système cardiovasculaire demeure peu connu. Un travail de revue mené par le Dr Frédéric Perros (INSERM/UPSud UMR-S 999, Le Plessis-Robinson) publié dans le journal Drug Discovery Today rapporte l’état actuel des connaissances sur le rôle physiologique et physiopathologique des kinases d’eIF2α dans le système cardiovasculaire. Les auteurs présentent également les différentes molécules développées pour moduler la RIS, soit en activant ou en inhibant l’activité des kinases d’eIF2α, soit en agissant sur les protéines qui déphosphorylent eIF2α. Ces composés ont un fort potentiel thérapeutique. Contact: frederic.perros@inserm.fr
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March 3, 2018 12:57 PM
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La mise au point de substituts sanguins représente un véritable défi pour la recherche. En effet, l’hémoglobine libre ne peut être utilisée directement car elle se dissocie dans le plasma et induit une toxicité rénale aigue. Les deux approches les plus classiques consistent à encapsuler ou à réticuler l’hémoglobine afin de préserver sa structure tétramérique. Cependant, jusqu’à présent aucun substitut sanguin n’a pu être validé lors des essais cliniques. Une équipe du NIMBE (CNRS-CEA Saclay) a développé, en collaboration avec une équipe INSERM de l’Hôpital Henri-Mondor, une nouvelle approche pour la conception d’un transporteur artificiel d’oxygène en utilisant des nanoparticules de silice. Les chercheurs ont montré que l’adsorption de l’hémoglobine sur les nanoparticules permettait de préserver sa structure tétramérique en conditions physiologiques. De plus, les nanoparticules de silice jouent un rôle d’effecteur modéré en augmentant l’affinité de l’hémoglobine pour l’oxygène. Cette étude, publiée récemment dans Blood Advances, révèle que les nanoparticules de silice permettent de contrôler la structure et l’activité de l’hémoglobine humaine native HbA mais aussi de l’hémoglobine mutée HbS, ouvrant la voie au développement d’une nouvelle classe de transporteurs artificiels d’oxygène. Ces travaux sont particulièrement prometteurs pour le traitement des patients atteints de drépanocytose car la petite taille des nano-objets comparée à celle des globules rouges devrait permettre de contourner l’obstruction des tissus hypoxiques et même de la lever en oxygénant de nouveau les hématies bloquantes. De nouvelles études seront conduites prochainement pour tester leur efficacité in vivo. Contact : serge.pin@cea.fr
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March 3, 2018 12:10 PM
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Les nanomédecines rassemblent un ensemble d’applications médicales des nanosciences et nanotechnologies. Pour une utilisation clinique, la conformité des lots sur le plan de l’activité biologique et la sécurité du médicament doit être apportée par un processus de caractérisation rigoureux et conforme aux exigences de l’application envisagée. L’article de revue publié par des chercheurs de l’Institut Galien Paris-Sud (UMR UPSud/CNRS 8612, Faculté de Pharmacie, Châtenay-Malabry) dans le Journal of Controlled Release rapporte l’état actuel de la caractérisation des nanomédecines en contexte clinique et le mettent en perspective avec le degré d’exigence rencontré dans les processus biologiques contrôlant l’activité et la sécurité de ces dernières. Les résultats de cette analyse sont discutés sur la base des caractérisations recommandées par les différentes agences en charge de la sécurité des médicaments et des possibilités méthodologiques réellement disponibles. La réflexion menée a fait ressortir l’existence de limites dans le processus de caractérisation des nanomédecines actuel et identifie des verrous méthodologiques à lever en vue d’obtenir une caractérisation plus précise des nanomédecines. De nouveaux horizons sont proposés pour lever ces limites. Les nouvelles méthodes mentionnées ouvrent la voie vers une caractérisation des nanomédecines en adéquation avec la précision mise en jeu dans les processus biologiques contrôlant l’activité et la sécurité de ces dernières. Cette revue rend compte de l’effort sur le volet de la caractérisation et d’une vision tournée vers les interactions avec les milieux biologiques à prendre en compte pour une translation en clinique plus aisée des nanomédecines. Contact : christine.vauthier@u-psud.fr
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February 25, 2018 3:33 PM
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Petite, moyenne ou grande, la taille des bovins varie. Dans le cadre du consortium international « 1000 génomes bovins », des chercheurs de l’Inra (UMR Génétique animale et biologie intégrative, Inra, AgroParisTech, Jouy-en-Josas) et de l'Union des coopératives agricoles de sélection et reproduction animales Allice et leurs collègues étrangers ont exploré le déterminisme génétique de la stature des animaux, mettant en évidence sa complexité. En effet, au moins 163 régions génomiques sont impliquées dans le contrôle génétique de la taille des bovins, mais elles n’expliquent que 14 % de la variabilité de ce caractère. Ces résultats sont publiés dans la revue Nature Genetics le 19 février 2018. Depuis 10 000 ans, les bovins accompagnent l’homme. De l’auroch sauvage, auquel Jules César prête « une taille un peu moindre que celle des éléphants », à la vache Dexter, tout juste 1 m au garrot, la stature des bovins a évolué sous l’effet de la génétique et de l’environnement. Dans le cadre du consortium international « 1000 génomes bovins » dont l’Inra est membre fondateur, des chercheurs de l’Inra et de l'Union des coopératives agricoles de sélection et reproduction animales Allice, en collaboration avec leurs collègues étrangers, ont exploré le déterminisme génétique de la taille des bovins. Grâce aux techniques les plus récentes de la génétique et de la génomique, ils ont analysé pas moins de 25 millions de variants génétiques, c’est-à-dire de mutations naturelles apparues au fil des générations, présents dans les génomes de 58 000 taureaux (Bos taurus) issus de 17 populations représentant sept races bovines. Les chercheurs ont ainsi mis en évidence 163 régions du génome bovin impliquées dans la variabilité de la stature des animaux et ont identifié dans chaque région, la plupart des gènes en cause. Au sein de ces régions, la majorité des mutations responsables de la variabilité de la taille sont localisées dans les parties non codantes des gènes et ont un rôle régulateur de l’expression des gènes. Une voie métabolique semble particulièrement concernée, celle de l’hormone de croissance, IGF2 (en anglais, insulin growth factor 2) et ce, même si ce gène ne porte pas lui-même de mutations qui affectent la taille. Une fraction significative des gènes impliqués dans la variabilité de la stature des bovins le sont également chez d’autres mammifères tels que l’homme ou encore le cheval. Parmi ces gènes, plusieurs, comme PLAG1 (en anglais, Pleomorphic adenoma gene 1) ou LCOR (en anglais, ligand corepressor gene) ainsi que les régions génomiques qui les entourent, ne présentent plus de variabilité dans certaines races, ce qui témoigne de l’importante pression de sélection qui s’est exercée au fil du temps à leur égard et donc sur la taille des animaux. Ces régions génomiques contribuent à expliquer la taille réduite d’animaux miniatures de races Angus, Hereford et Belted Galloway. Par contre, elles expliquent à peine 14 % de la variabilité observée de la taille de sept populations bovines de races Simmental, Limousine, Hereford, Charolaise, Angus et Brune Suisse. Cette étude de grande ampleur, forte de la mise en commun des ressources scientifiques des partenaires du consortium international « 1000 génomes bovins », révèle pour la première fois la complexité du déterminisme génétique de la stature des bovins. Cette complexité s’apparente à celle qui a été observée chez l’homme - les gènes mis en évidence n’expliquent que 10 à 20 % de la variabilité, à l’inverse du chien, chez lequel une dizaine de gènes expliquent la majorité de la variabilité, en particulier entre races. Bouwman AC et al. Meta-analysis of genome-wide association studies for cattle stature identifies common genes that regulate body size in mammals. Nature Genetics (2018). DOI:10.1038/s41588-018-0056-5 Contact : didier.boichard@inra.fr
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March 26, 2018 5:32 AM
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Article paru dans Science par l'équipe de Stanislas Dehaene (Neurospin CEA/INSERM, Gif-sur-Yvette)
Why are some visual stimuli consciously detected, while others remain subliminal? We investigated the fate of weak visual stimuli in the visual and frontal cortex of awake monkeys trained to report stimulus presence. Reported stimuli were associated with strong sustained activity in frontal cortex and frontal activity was weaker and quickly decayed for unreported stimuli. Information about weak stimuli could be lost at successive stages en route from visual to frontal cortex and these propagation failures were confirmed by microstimulation of area V1. Fluctuations in response bias and sensitivity during perception of identical stimuli were traced back to pre-stimulus brain-state markers. A model in which stimuli become consciously reportable when they elicit a non-linear ignition process in higher cortical areas explained our results.
Contact : stanislas.dehaene@cea.fr
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March 25, 2018 5:50 PM
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Au cours de la méiose, les échanges de matériel génétique entre chromosomes (ou crossing-over) sont nécessaires mais limités en nombre et la diversité génétique qui peut être générée au sein des espèces s’en trouve donc réduite. Des chercheurs de l’Inra (Institut Jean-Pierre Bourgin, Inra, AgroParisTech, ERL CNRS, Versailles) ont mis en évidence que le rôle anti-crossing-over de la protéine FANCM est conservé chez le colza et la navette et que son inactivation augmente le nombre de crossing-over chez ces deux espèces de la famille des Brassicacées.
Lien vers article dans Front Plant Sci : https://doi.org/10.3389/fpls.2018.00368
Contact : eric.jencziewski@inra.fr
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March 19, 2018 2:19 PM
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Le virus de la stomatite vésiculaire (VSV) est un virus enveloppé. Sa membrane contient une unique glycoprotéine (G) qui joue un rôle majeur lors des premières étapes de l’infection. Tout d’abord elle reconnait les récepteurs à la surface de la cellule hôte puis, après endocytose du virus, elle catalyse la fusion des membranes virale et endosomale, ce qui permet la libération de la nucléocapside virale dans le cytosol pour les étapes ultérieures de l’infection. Il avait été montré que le récepteur du LDL (LDL-R) et d’autres récepteurs de la même famille étaient des récepteurs du VSV. Dans un article paru dans Nature Communications, des chercheurs du Département de Virologie de l’I2BC et du synchrotron SOLEIL viennent d’obtenir les structures de G en complexe avec deux domaines CR (pour Cystein rich) du LDL-R qui en contient sept. Les deux domaines occupent le même site de liaison. Deux résidus de G, essentiels pour la liaison des domaines CR, ont été identifiés : leur mutation abolit la capacité de G à lier son récepteur sans toutefois abolir ses propriétés de fusion virale. De façon remarquable, des virus pseudotypés avec de tels mutants de G ne sont plus infectieux. Ce travail montre que G a évolué de façon à reconnaitre de façon spécifique les domaines CR présents dans les récepteurs de la famille du LDL-R et que les seuls récepteurs viraux appartiennent à celle-ci. Sachant que VSV est un virus oncolytique et que G est la glycoprotéine la plus utilisée à des fins de vectorisation, ce travail ouvre de nombreuses perspectives en biotechnologie médicale. En effet, la possibilité de découpler la reconnaissance du récepteur et les propriétés de fusion virale permettent d’envisager la construction de glycoprotéines, ciblant d’autres récepteurs, qui pourront être par exemple utilisées pour pseudotyper des rétrovirus ou pour construire des VSV ayant un tropisme modifié. -> Contact : aurelie.albertini@i2bc.paris-saclay.fr / yves.gaudin@i2bc.paris-saclay.fr
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March 18, 2018 8:24 AM
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Des chercheurs de NeuroSpin (CEA/Inserm, Saclay), en collaboration avec deux équipes allemandes et dans le cadre du Human Brain Project (HBP), proposent une cartographie de l'hippocampe à une résolution inégalée, grâce à l'IRM très haut champ, révélant non seulement ses sous-structures, mais également ses connexions neuronales internes et sa composition cellulaire. L'hippocampe est une structure nichée au cœur du cerveau, connue pour son rôle de premier plan dans les mécanismes de mémoire et d'apprentissage. C'est la première zone dégradée dans la maladie d'Alzheimer. Si plusieurs études ont permis d'établir des atlas de l'hippocampe humain, peu exploitant l'IRM ont été menées jusqu'à présent, pour en caractériser l'organisation à l'échelle mésoscopique (une centaine de micromètres de résolution). Dans le cadre du projet HBP, des chercheurs de NeuroSpin, en collaboration avec le centre de recherche de Jülich, ont obtenu des images d'un hippocampe humain post-mortem avec une résolution inégalée, grâce à l'IRM préclinique 11,7T de NeuroSpin combiné à des gradients très élevés (780 mT/m). En combinant l'IRM anatomique d'une résolution de 150 µm et la microscopie par IRM de diffusion d'une résolution de 300 µm, les chercheurs ont obtenu des images 30 fois plus précises que celles réalisées sur les imageurs utilisés dans les hôpitaux. Ces clichés permettent d'obtenir une segmentation très précise des sous-structures de l'hippocampe, de mesurer avec une grande fiabilité les connexions neuronales qui les relient, et de caractériser la composition cellulaire de ces régions, telles que la densité en neurones ou en dendrites (Figure). Cette étude effectuée sur une pièce anatomique post-mortem montre tout le potentiel du futur IRM clinique à 11,7T qui est en cours d'installation à NeuroSpin. Visualiser en haute définition l'hippocampe, première zone du cerveau affectée chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer, permettra sans doute de grandes avancées pour le diagnostic et le développement de traitements. Cette étude se poursuit en Allemagne, où les chercheurs de Jülich utilisent l'imagerie optique polarisée pour cartographier les connexions de l'hippocampe avec une résolution atteignant 1,3 µm dans le plan. Les images obtenues seront comparées à celles obtenues à NeuroSpin, ce qui constituera un travail de Titan. D'autre part, une collaboration avec le Pr Christophe Destrieux de l'Université de Tours est d'ores et déjà en cours pour scanner, grâce à l'IRM 11,7T préclinique de NeuroSpin, un cerveau entier à une résolution de 100 µm pour l'anatomie et 200 µm pour l'IRM de diffusion. Ceci nécessitera près d'un an d'acquisition. Ces données seront uniques au monde et permettront sans doute de faire de nouvelles découvertes sur l'organisation du cerveau humain à l'échelle cellulaire. Figure : Cartographies anatomique (à gauche) et microstructurelle (à droite) montrant l'apport de la microscopie par IRM de diffusion pour l'identification des couches de l'hippocampe. En vert, les frontières peu précises des 3 couches I, II, III segmentées à partir des données anatomiques. En orange et en blanc, les frontières réelles des mêmes couches révélées par la cartographie de la densité dendritique obtenue par microscopie IRM de diffusion. Lien vers article : http://dx.doi.org/10.1007/s00429-018-1617-1 Contact : justine.beaujoin@cea.fr
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March 18, 2018 8:05 AM
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Rares, accidentelles ou provoquées, les mutations sont un moteur de l'évolution et ont un impact important sur la santé humaine. Des chercheurs de l'Inra (Micalis Institute, INRA/AgroParisTech, Jouy-en-Josas), de l’Université Pierre et Marie Curie, de l’Inserm et de l’Université d'Évry-Val-d'Essonne (Institute of Systems and Synthetic Biology, UMR 8030, CNRS/CEA/Genopole/UEVE, Evry) ont développé une approche innovante qui, en temps réel et à l'échelle des cellules individuelles, permet de caractériser la dynamique d’apparition des mutations spontanées et d’en quantifier les effets. Ces résultats sont publiés le 16 mars 2018 dans la revue Science. Lien vers article : http://science.sciencemag.org/content/359/6381/1283 Contact : lydia.robert@polytechnique.org ou marina.elez3@gmail.com
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March 17, 2018 5:49 PM
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Les plaquettes, cellules anucléées du sang, participent directement, dans des conditions physiologiques, à l’arrêt du saignement par la formation du clou hémostatique et, dans des conditions pathologiques, au développement de la thrombose. Etudier les mécanismes qui gouvernent l’activation plaquettaire (adhérence, agrégation, sécrétion) en conditions physiologiques et pathologiques conduisant à la thrombose est essentiel, sachant que la thrombose artérielle joue un rôle majeur en pathologie cardiovasculaire. Par ailleurs, outre leur rôle central en hémostase et en thrombose, les plaquettes jouent également un rôle notable dans différents processus physio(patho)logiques tels que l’inflammation, l’angiogenèse, l’athérosclérose, la dissémination de cellules cancéreuses ou encore la réparation tissulaire. Parmi les mécanismes essentiels aux fonctions plaquettaires, la sécrétion régulée des granules plaquettaires a un rôle central. Classiquement, trois grands types de granules sont décrits dans les plaquettes : les granules α, les granules denses et les lysosomes. Les granules α contiennent principalement des molécules adhésives (tels que le fibrinogène ou le facteur von Willebrand), des facteurs de la coagulation, des facteurs de croissances et des médiateurs inflammatoires. Les granules denses contiennent de l’ADP, de l’ATP, du calcium et de la sérotonine, et les lysosomes contiennent notamment des hydrolases acides et des cathepsines. Actuellement, les mécanismes moléculaires exacts impliqués dans la sécrétion plaquettaire sont encore très mal connus. Ils mettent en jeu des mécanismes de fusion des granules avec la membrane plasmique, des mécanismes de régulation et des mécanismes de transport des granules. Dans une étude qui vient de paraitre dans Arteriosclerosis, Thrombosis, and Vascular Biology (ATVB), Frédéric Adam et ses collaborateurs de l’U1176 Inserm/UPSud du Kremlin-Bicêtre se sont intéressés au rôle d’un moteur moléculaire, la kinésine-1. En effet, cette protéine motrice qui est décrite dans les cellules nucléées comme étant capable de transporter les granules le long des microtubules n’avait jamais été étudiée dans la fonction plaquettaire. En utilisant un modèle murin dont la chaine lourde de la kinésine-1 (Kif5b) a été spécifiquement invalidée dans les cellules hématopoïétiques et endothéliales (cKOKif5b), ils ont tout d’abord pu montrer que ces souris présentaient des dysfonctions plaquettaires. En effet, l’analyse in vivo des fonctions hémostatiques dans un test de temps de saignement a montré que les souris cKOKif5b présentaient une tendance à ressaigner plus facilement après arrêt du saignement. Par ailleurs, dans un modèle de thrombose in vivo, les thrombi formés chez les souris cKOKif5b apparaissaient moins compacts et plus susceptibles de se détacher. Cette instabilité a été confirmée in vitro en chambre de flux dans des conditions hémodynamiques. Enfin par des tests d’agrégation plaquettaire in vitro, des défauts majeurs d’agrégation des plaquettes cKOKif5b après stimulation par la thrombine ou le collagène ont été observés. L’ensemble de ces résultats ont permis de montrer l’implication de la kinésine-1 dans les fonctions plaquettaires et dans les mécanismes de stabilité du thrombus. Pour mieux comprendre l’implication de la kinésine-1 dans la fonction plaquettaire, ils se sont ensuite intéressés à son rôle dans la sécrétion plaquettaire. Ils ont alors pu démontrer que la kinésine-1 régulait la sécrétion des granules α et denses. En effet le dosage de la sécrétion d’ATP (marqueur des granules denses) et la quantification par cytométrie de l’expression de P-sélectine (marqueur des granules α) après activation des plaquettes par la thrombine montraient une diminution importante (75%) de la sécrétion d’ATP et un retard d’expression de la P-sélectine par les plaquettes cKOKif5b. Enfin, ils ont identifié les partenaires moléculaires de la kinésine-1 impliqués dans la machinerie de sécrétion. Ainsi par co-immunoprécipitation, ils ont montré que la kinésine-1 était fortement associée à Slp4 et Rab27. Par ailleurs, par immunofluorescence, ils ont confirmé l’interaction de la kinésine-1 et Slp4 avec les granules α et denses. En conclusion, cette étude montre pour la première fois que la kinésine-1 est un nouvel acteur impliqué dans les mécanismes de sécrétion plaquettaire en faisant le lien entre les microtubules et les granules α et denses via l’implication d’une machinerie moléculaire impliquant notamment Slp4 et Rab27. Plus généralement, ces résultats pourraient contribuer à mieux comprendre l’implication de la machinerie de sécrétion dans de nombreux syndromes hémorragiques d’origine inconnue et regroupés, actuellement, sous le terme générique de « désordres de trafic granulaire ou vésiculaire ». Contact: frederic.adam@inserm.fr
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March 15, 2018 12:44 PM
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Légende de la Figure : les cadres noirs représentent la bactérie, les traits noir et bleu l’ADN matrice et les traits verts et rouge les brins d’ADN synthétisés par réplication, qui sont pour chaque fourche l’un continu et l’autre discontinu. La flèche représente l’extrémité 3’ du brin continu. Les origines de réplication déjà dupliquées (ori1 et ori2) et la séquence opposée sur le chromosome circulaire (ter) sont également indiquées. Il est bien établi que, dans tous les organismes étudiés, perturber la duplication (réplication) de l’ADN peut causer des cassures responsables de réarrangements des génomes. Cependant, l’origine des cassures spontanées de l’ADN dans des organismes en croissance restait inconnue. Les bactéries possèdent un chromosome unique circulaire qui se réplique de façon bidirectionnelle à partir d’une origine et dont les deux fourches de réplication se rejoignent au terminus. Nous avons montré que lors de la multiplication de la bactérie modèle Escherichia coli, à chaque génération, dans 18% des cellules, une des deux fourches de réplication est accidentellement cassée (A). Ces cassures sont normalement réparées de façon fidèle grâce à l’utilisation de l’autre copie du chromosome, ce qui permet la reprise de la réplication. Cependant, lorsqu’elles ne sont pas réparées, elles résultent en la formation d’un chromosome de forme « σ », dont un terminus est sur le passage du septum (B). La fermeture du septum lors de la division cellulaire entraine la cassure de l’ADN piégé et la formation de deux bactéries filles, une non-viable car elle contient un chromosome linéaire, et une viable qui contient le chromosome de forme « σ » dont la partie linéaire a été raccourcie (C). La réplication de ce chromosome « σ » rallonge la partie linéaire, et le phénomène de cassures dans le terminus du chromosome lors de la division cellulaire se reproduit ensuite à chaque génération (D). Les travaux de Bénédicte Michel et de son équipe à l'I2BC (Bacterial DNA stability, Genome biology department, CEA, CNRS, UPSud, UPSaclay, Gif-sur-Yvette) ont permis de déterminer pour la première fois la fréquence (18%) et l’origine (réplicative) des cassures spontanées de l’ADN dans des bactéries sauvages en croissance. De plus, leurs résultats indiquent que les cassures spontanées aux fourches de réplication surviennent très probablement lorsque celles-ci rencontrent une interruption préexistante de l’un des deux brins d’ADN matrice. Enfin, l'équipe a établi que la faible viabilité des bactéries qui ne réparent pas leurs cassures de l’ADN est due à la génération de cassures secondaires dans le terminus du chromosome, conséquences de leur défaut de réparation. Ces travaux viennent de paraître dans PLoS Genetics. Contact : benedicte.michel@i2bc.paris-saclay.fr
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March 11, 2018 2:10 PM
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Légende de la figure : Survie sans progression (SSP) selon le type d'inhibiteurs de la famille HER et selon la topographie des altérations sur la protéine HER3/ERBB3. HER, récepteur épidermique humain.
Plusieurs traitements ciblés sur la protéine HER3/ERBB3 ont été développés récemment en clinique avec un succès très limité. Les difficultés sont la grande variété des types tumoraux pouvant présenter, à faible fréquence, des altérations génomiques de ERBB3 (<5% pour la plupart des cancers) dont l’effet est souvent mal connu, et l’absence d’utilisation de biomarqueurs de sélection dans ces essais.
Un étude publiée dans le European Journal of Cancer par l'équipe de Chritophe Massard (Gustave Roussy, Faculté de Medicine Paris-Sud, Kremlin-Bicêtre) a renversé le problème : il s’agissait d’identifier d’abord les patients avec un cancer altéré pour ERBB3 pour ensuite leur proposer un traitement ciblé. Comme l’activité d’HER3/ERBB3 est très liée à celle de HER2/ERBB2 ou d’EGFR, et réciproquement, il a été proposé des traitements accessibles en cliniques par inhibiteurs de tyrosine kinase pan HER ou par anticorps monoclonaux ciblant HER2/ERRB2.
Sur les 844 patients présentant un portrait moléculaire de leur tumeur dans l’essai MOSCATO-01 à Gustave Roussy, 31 (3,7 %) présentaient une mutation somatique d’ERBB3, dont 24 une mutation de pathogénicité inconnue au moment de l’analyse. Neuf d’entre eux ont reçu du trastuzumab et/ou du lapatinib ou de l’afatinib. La présence d'une mutation dans le domaine tyrosine kinase de la protéine HER3/ERBB3 détectée dans les tumeurs de quatre patients était significativement liée à une meilleur survie sans progression (rapport de risque RR = 0,18, p = 0,022) et à une meilleur survie globale (RR = 0,19, p = 0,03) en analyse univariée. Le traitement de ces quatre patients comprenait au moins un inhibiteur de tyrosine kinase lapatinib ou afatinib.
D’autres cohortes de patients ont été traitées de la même manière : trois patients avec une mutation extracellulaire de HER3/ERBB3 ont été traités plusieurs mois par afatinib pour des carcinomes urothelilaux (Choudhury et al. JCO, 2017), et 16 patients avec nératinib sans réponse objective observée (Hyman et al, Nature, 2018). L’hétérogénéité des expériences actuelles ne permet pas de tirer des conclusions définitives et l’évaluation de cette approche mérite d’être poursuivie soit dans des essais académiques, soit pour le développement de thérapies ciblées sur ces mécanismes.
Contact : loic.verlingues@gustaveroussy.fr ou christophe.massard@gustaveroussy.fr
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March 11, 2018 12:21 PM
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Lequotidiendumedecin.fr rend compte de la Conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) 2018 qui s’est tenue du 4 au 7 mars à Boston. Ainsi, « Olivier Delelis (ENS Paris-Saclay, CNRS UMR8113) et Isabelle Malet (Sorbonne Université/UPMC, Inserm UMR1136) ont bousculé le dogme à l’occasion d’une présentation » faite au cours de cette conférence annuelle : « ils ont montré qu’un virus résistant au dolutégravir gardait la capacité de se répliquer en présence d’inhibiteur d’intégrase sans que son ADN ne soit intégré à celui de la cellule hôte », explique le site. Pour en savoir plus : https://academic.oup.com/jac/advance-article-abstract/doi/10.1093/jac/dkx529/4823613 Contact : delelis@lbpa.ens-cachan.fr
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March 6, 2018 2:39 AM
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L’infection des voies respiratoires par virus respiratoire syncytial (VRS ou RSV en anglais) est la principale cause de bronchiolite chez les nouveau-nés et de pneumonie chez les adultes et surtout les personnes âgées. Ce virus a un nombre de gènes réduit (une dizaine comparé à une cellule qui en possède des milliers) et doit exploiter la cellule pour se répliquer et se répandre dans les voies respiratoires. En effet la petite taille de son génome ne lui permet pas de coder pour toutes les enzymes nécessaires à son cycle viral. Ce détournement des fonctions cellulaires par les virus est toujours étonnant et surprenant par son ingéniosité mais souvent difficile à démasquer. Un exemple vient d’être publié dans la revue Plos Pathogens issu d’une collaboration entre trois équipes de l’UPSacaly : une de l’INRA (dirigée par Jean-François Eléouët), une du CNRS (dirigée par Christina Sizun) et une de l’UVSQ (dirigée par Marie-Anne Rameix-Welti). Dans ce travail les chercheurs ont montré que le RSV détournait une des protéines les plus importantes dans la régulation des phosphorylations cellulaires, la PP1 (pour protein phosphatase 1). La phosphorylation des protéines est un des mécanismes majeurs dans la régulation des interactions et communications entre protéines ou entre protéines et acides nucléiques. En effet l’ajout d’un groupement phosphate chargé négativement modifie de façon drastique la charge électrique locale d’une protéine et ses interactions électrostatiques avec ses partenaires. Les chercheurs ont pu montrer qu’une des protéines du virus (la P) recrutait la PP1 dans les lieux de synthèse d’ARNs viraux (appelés corps d’inclusion cytoplasmiques) afin de réguler la phosphorylation d’une deuxième protéine virale, M2-1, facteur de transcription essentiel au cycle viral. Ce facteur M2-1 a en effet besoin d’être phosphorylé et déphosphorylé de façon cyclique afin d’interagir avec les ARN messagers viraux puis les libérer. Une simple mutation empêchant la protéine P d’interagir avec la PP1 réduit à zéro la transcription virale. Ces résultats pourraient aboutir au développement de composés bloquant spécifiquement cette interaction P-PP1 et donc potentiellement antivirales, sachant qu’il n’existe à l’heure actuelle ni vaccin ni traitement thérapeutique spécifique contre ce virus. Contact : jean-francois.eleouet@inra.fr
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March 3, 2018 12:24 PM
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L’apoptose ou mort cellulaire programmée est un processus physiologique fondamental lors du développement embryonnaire puis pour le maintien de l’homéostasie tissulaire. Son inhibition est impliquée dans le développement de divers types de cancers ainsi que dans la résistance des cellules tumorales aux traitements. Une famille de protéines qui ont en commun de un à quatre domaines d’homologie (BH1 à 4) et qui agissent majoritairement au niveau de la mitochondrie régule finement l’apoptose. Il s’agit de la famille BCL-2 qui est divisée en trois sous-groupes : les membres anti-apoptotiques tels que BCL-2, BCL-XL et MCL-1, les pro-apoptotiques dits « effecteurs » tels que BAX et BAK et ceux dits « BH3-only » tels que BID, BIM, PUMA et NOXA. Comprendre les interactions et les rôles respectifs de ces différentes protéines dans le processus d’apoptose est donc d’un intérêt capital, notamment pour la recherche en cancérologie. Après avoir montré dans un modèle de cellules de lymphome de Burkitt, que la fixation d’une toxine bactérienne, la vérotoxine-1 (VT-1) sur son récepteur, le glycolipide Gb3/CD77, induisait un processus apoptotique classique dépendant des caspases (une famille de protéases spécifiques de l’apoptose) et de la mitochondrie, l’équipe de Joëlle Wiels (UMR 8126, CNRS/Université Paris-Saclay/Institut Gustave Roussy) a maintenant mis en évidence que la forme entière et la forme tronquée de la protéine BH3-only BID sont également parties prenantes de cette voie de signalisation. Si le rôle de t-BID – le produit du clivage de BID par la caspase-8 – est déjà bien avéré dans les voies de signalisations apoptotiques, la participation de la protéine entière FL-BID (full-length-BID) reste, en revanche, encore largement méconnue. L’équipe a montré que ces deux protéines contrôlent de manière concertée la sortie des facteurs apoptogéniques Cytochrome C et SMAC/DIABLO de l’espace intermembranaire mitochondrial vers le cytosol où ils participent tous deux à l’activation des caspases. En effet, FL-BID contrôle l’activation des protéines BAK et BAX ainsi que leur homo-oligomérisation ce qui permet la formation de pores dans la membrane de la mitochondrie et la sortie initiale du Cytochrome C et de SMAC/DIABLO. En revanche, t-BID est nécessaire à l’hétéro-oligomérisation de BAK et BAX qui permettrait une amplification de ce processus. Cette étude vient de paraître dans la revue Oncogene. Contacts : joëlle.wiels@gustaveroussy.fr et aude.robert@gustaveroussy.fr
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March 2, 2018 5:02 AM
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Un nouveau mode d’action pour le facteur de croissance FGF1 responsable de la résistance à la chimiothérapie ?
Le facteur de croissance FGF1 appartient à la grande famille des facteurs de croissance Fibroblast Growth Factor. Il régule des fonctions cellulaires variées (prolifération, survie, différenciation, angiogenèse…). Sa surexpression est observée dans différents cancers incluant certains cancers ovariens. Elle est corrélée à un mauvais pronostic pour les patients. Les travaux de thèse de Mme Sevasti Manousakidi (ED SDSV, co-direction Flore Renaud et Nathalie Le Floch-Leleu, au LGBC UVSQ/EPHE EA4589 dirigé par Pr Bernard Mignotte) permettent de proposer un nouveau mode d’action pour le FGF1. Des travaux antérieurs de l’équipe avaient montré que le FGF1 favorise la survie cellulaire en inhibant l’oncosuppresseur p53, notamment en diminuant sa stabilité et ses activités transcriptionnelles, dans des modèles cellulaires neuronaux. Les nouveaux résultats de l’équipe montrent que le FGF1 agit également au niveau de la mitochondrie. En effet, le FGF1 diminue la localisation mitochondriale de p53 et inhibe ainsi les activités pro-apoptotiques de p53 à la mitochondrie lors d’un traitement de cellules cancéreuses ovariennes avec un agent de chimiothérapie. Ces résultats ont été publiés dans le journal Oncogenesis. Au-delà d’une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires impliqués dans les activités anti-apoptotiques du FGF1, ce travail ouvre des perspectives intéressantes sur le rôle du FGF1 dans la résistance des cancers à la chimiothérapie. Outre ses activités mitogènes et anti-apoptotiques, le FGF1 peut également réguler le métabolisme glucidique. A l’heure où des traitements du diabète de type 2 basés sur l’injection de FGF1 sont envisagés, une meilleure compréhension des activités de ce facteur de croissance est donc indispensable.
Contact Nathalie Leleu Laboratoire de Génétique et Biologie Cellulaire 2 avenue de la source de la Bièvre 78180 Montigny-Le-Bretonneux nathalie.leleu@uvsq.fr
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