Les Livres de Philosophie
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Actualités des livres et revues philosophiques de langue française
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Jean-Claude Milner : La puissance du détail. Phrases célèbres et fragments en philosophie

Jean-Claude Milner : La puissance du détail. Phrases célèbres et fragments en philosophie | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
« Pour bien voir un tableau et y prendre plaisir, il faut parfois se rendre attentif à un détail. Il en va de même pour les textes philosophiques. Une phrase, un mot manquant, une fracture du sens, et l’intelligence s’arrête, intriguée. Alors commence un travail de dépliage, d’où naît un texte nouveau.
Pour ceux qui aiment lire, un plaisir leur est alors promis : le plaisir de comprendre. Mais aujourd’hui, ce plaisir s’accompagne d’un devoir. Dans un univers que hantent les bouleversements de l’économie et les travestissements de la politique, ce qu’on ne comprend pas peut conduire à la servitude. On ne saurait s’y résigner, spécialement quand il s’agit de philosophes.
Platon, Kafka, Marx, Nietzsche, Lévi-Strauss, Primo Levi et Benny Lévy, Lacan, Foucault, Lénine, tous m’ont convoqué, un jour ou l’autre, au devoir de comprendre. Pour mon plaisir, j’ai donné à mes dépliages la forme de l’enquête. Amateur de fictions policières, j’en ai retrouvé le style. Mais à la fin, il ne s’agit pas de nommer un coupable. Il s’agit plutôt d’empêcher, détail par détail, la perpétuation d’un préjugé. Par ce moyen, la peinture, la philosophie et la politique s’entrecroisent et concourent à la liberté de penser. » J.C. M.
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Collectif : (In)actualité de la logique de l'inconscient

Collectif : (In)actualité de la logique de l'inconscient | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Entre l’inconscient freudien et l’unebévue lacanienne, il y a une continuité fondamentale : l’inconscient est structuré comme un langage et ignore le temps. Avec l’abandon par Freud de l’hypnose et de sa neurotica, le souvenir traumatique n’est plus à retrouver dans un moment historique précis mais s’inscrit dans la logique du discours lui-même, de manière intemporelle, grâce à l’association libre. Pourtant, c’est avec l’argument d’une temporalité démodée que nombre des détracteurs de la psychanalyse tente aujourd’hui de démontrer que ces vieilles lunes freudiennes sont obsolètes au regard d’une modernité qui, forte de ses assises enfin scientifiques, pourrait maintenant se passer de cet embarrassant appareil psychique. L’activation de certaines zones de notre système limbique, révélée par l’imagerie médicale du cerveau, serait-elle la preuve irréfutable et définitive de la vétusté de nos concepts de mots d’esprit, de lapsus ou encore d’actes manqués ? C’est toute la logique de l’inconscient qu’il est aujourd’hui nécessaire de faire entendre dans l’actualité que lui donnent ses détracteurs, tout autant que dans son inactualité structurale puisque, en effet, l’inconscient ignore bien le temps.
Coordination : Catherine DELARUE - Chantal HAGUE
Ont participé à ce numéro : Laurent BALLERY - Claude BREUILLOT - Chantal CAZZADORI - Maria CRUZ ESTADA - Celine DEVALOIS - Laurent EL GHOZI - Michel FERRAZZI - Serge GRANIER DE CASSAGNAC - Brigitte HAMON - Roque HERNANDEZ- Annick HUBERT BARTHELEMY - Anna KONRAD - Robert LEVY - Charles MARCELLESI - Lola MONLEON - Eric MOREAU -Gilbert POLETTI - Serge SABINUS - Radjou SOUNDARAMOURTY - Joelle TOUBIANA-TONDOWSKI - Jean-jacques VALENTIN- Carol WATTERS - Philippe WOLOSZKO 
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Alain Badiou : Le Séminaire - Parménide: L'être 1 - Figure ontologique (1985)

Alain Badiou : Le Séminaire - Parménide: L'être 1 - Figure ontologique (1985) | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
« J’ai, dès 1983, commencé humblement le trajet qui devait aboutir, cinq ans plus tard, à la publication de L’être et l’événement par un examen renouvelé de la grande histoire de la philosophie. La médiocrité intellectuelle du démocratisme ambiant était telle que j’étais sûr de trouver, dans cette grande histoire, de quoi démonter cette moderne machination.
La méthode de ce Séminaire consiste à tenter de démontrer qu’il y a de sérieuses raisons de tenir Parménide pour le fondateur d’une discipline nouvelle, non parce qu’il a vaticiné sur l’être et le non-être, comme le firent de nombreuses mythologies, mais parce qu’il a convoqué dans cette vaticination poétique son contraire, à savoir la rigueur universelle absolue des procédures mathématico-logiques qui, au même moment, trouvaient en Grèce leur forme définitive. 
Il y a dans ce Séminaire un côté réjouissant de suspense, d’enquête policière, de contestation raisonnée des dires de quelques témoins importants, comme Platon ou Heidegger. Sa densité ne doit pas dissimuler l’espèce de science joyeuse qui l’anime. »
A. B.
Depuis 1966, une part importante de l’enseignement du philosophe Alain Badiou, aujourd’hui professeur émérite à l’École normale supérieure, a pris la forme d’un séminaire, lieu de libre parole et laboratoire de pensée. Les éditions Fayard publient l’ensemble de ces Séminaires de 1983 à aujourd’hui, période où la documentation est abondante et continue. Ce volume est le quatrième de la série.
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Alain Gallerand : Husserl et le phénomène de la signification

Alain Gallerand : Husserl et le phénomène de la signification | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Le présent ouvrage propose une étude historique et critique d’une des questions les plus importantes de la philosophie contemporaine et des sciences humaines : qu’est-ce que signifier veut dire? L’auteur envisage la théorie de la signification dans l’ensemble du corpus husserlien et prend en compte ces différents aspects (discours scientifique et théorique, langage ordinaire). En inscrivant la théorie husserlienne dans son contexte historique (psychologie de Brentano, logique de Bolzano), ce travail s’attache ainsi à éclairer d’un jour nouveau un moment clé de l’histoire de la philosophie. Pour Husserl, la signification n’est ni un acte immanent de la conscience, ni l’objet – réel, fictif ou idéal – auquel il se rapporte, mais une objectité catégoriale. En tant que telle, elle est une espèce d’objet intentionnel : le corrélat de l’activité catégoriale, autrement dit l’objet tel qu’il est pensé, à distinguer soigneusement de l’objet qui est pensé et des vécus psychiques et linguistiques au moyen desquels il est pensé et exprimé. C’est à partir d’une réflexion sur le mode d’être de l’objet intentionnel que la phénoménologie de Husserl a pu dévoiler le statut ontologique de la signification qui avait échappé aux théories psychologiques et référentielles.

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Pierre Macherey : Le sujet des normes

Pierre Macherey : Le sujet des normes | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Selon Pierre Macherey, la question de la manière dont les normes opèrent ne doit pas être traitée dans l'abstrait. Il faut la rapporter aux nouvelles structures de socialisation et d'exercice du pouvoir liées au développement, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, du machinisme et de la révolution industrielle : ce sont ces structures qui définissent encore aujourd'hui la manière dont on devient sujet. Ces structures, ce sont celles dont Marx a analysé la base économique dans Le Capital, et que Foucault, suivant une approche différente mais convergente, du moins sur certains points, a examinées en se servant du concept de "société de normes". Des lectures croisées s'imposent donc. De Marx à Althusser, d'Althusser à Foucault, de Foucault à Fanon, de Fanon à Deligny, et ainsi de suite, Pierre Macherey dresse des ponts entre différents systèmes de pensée et nous invite à une promenade philosophique et politique destinée à mettre au jour les mécanismes idéologiques de cette société de normes.
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Francis Kaplan : Le matérialisme historique et les mécanismes de l'Histoire

Francis Kaplan : Le matérialisme historique et les mécanismes de l'Histoire | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Francis Kaplan est l’auteur des Trois communismes de Marx, « une des plus remarquables synthèses qui ait jamais été donnée de la philosophie de Marx, un vrai Marx » dit François Ewald, dans le Magazine Littéraire. C’est le Marx annonçant et prônant une révolution politique et sociale. Dans Le Matérialisme historique et les mécanismes de l’Histoire il s’agit d’un Marx ici encore révolutionnaire, mais sur le plan des idées, en tant qu’historien, révolutionnant la manière de faire de l’histoire en y introduisant les facteurs économiques ; et les plus grands historiens du XXe siècle, quel que soit leur bord politique, si éloignés fussent-ils de vouloir une révolution communiste, ont été sur ce point ses disciples et ont reconnu leur dette à son égard. Contrairement à ce qu’on pense généralement, pour Marx le facteur économique essentiel n’est pas la lutte des classes, mais l’état des forces matérielles de production, les progrès techniques dont les luttes des classes ne seraient que la conséquence. Mais il y a aussi des facteurs non-économiques, le facteur national, le facteur individuel, le facteur géographique, le facteur idéologique. Pour le matérialisme historique, ils ne sont pas au même niveau ; le facteur économique est le facteur déterminant en dernier instance, dit Engels, mais il le dit sans plus s’expliquer. Francis Kaplan montre qu’en réalité cela ne va pas sans problèmes, mais qu’il est possible de résoudre ces problèmes en précisant dans quel sens il faut prendre l’expression « dernière instance ». Ce qui ne va pas non plus sans problèmes, c’est la conception historico-matérialiste de l’idéologie – problèmes que Francis Kaplan met longuement en évidence.
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Matthieu Renault : L'Amérique de John Locke. Colonialisme et géopolitique de l'entendement

Matthieu Renault : L'Amérique de John Locke. Colonialisme et géopolitique de l'entendement | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Farouche adversaire de l’absolutisme, défenseur de la tolérance religieuse, père fondateur du libéralisme, John Locke (1632-1704) est une figure canonique de l’histoire de la pensée politique européenne. Il a forgé son œuvre au cœur même des batailles politiques qui agitaient l’Angleterre de la fin du XVIIe siècle et qui menèrent à la Glorieuse Révolution de 1688.
Ce que l’on sait moins, c’est que Locke a également eu une très riche carrière coloniale au service de l’expansion anglaise en Amérique. Sa philosophie constitue le moment inaugural d’une histoire au cours de laquelle allaient être inextricablement noués libéralisme et colonialisme, construction étatique et formation impériale. Elle révèle également les relations intimes qui ont uni épistémologie et politique depuis la découverte du Nouveau Monde. L’Amérique de John Locke entend mettre en évidence l’émergence d’une géopolitique de la connaissance avec laquelle nous sommes encore loin d’avoir fini.
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Collectif : Théorie critique de la crise

Collectif : Théorie critique de la crise | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Le second volume consacré par la revue ILLUSIO à l'actualisation de la Théorie critique porte essentiellement sur la thématique de la culture dans son sens le plus large, de l'actualisation de la notion de production industrielle des biens culturels aux catastrophes technoscientifiques contemporaines et en devenir, en passant par l'épuisement de la pensée et de l'éducation comme moments fondateurs de toute résistance à la massification de la société. L'analyse de la crise sociétale généralisée (déclinée sous ses multiples dimensions), entreprise dans le premier volume, Ecole de Francfort, controverses et interprétations (n° 10/11, septembre 2013, épuisé), est ainsi approfondie en même temps que sont discutées et altérées les notions centrales de la théorie critique issue de l'Ecole de Francfort.
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Lucien Sève : Penser avec Marx aujourd'hui, Tome 3. La philosophie ?

Lucien Sève : Penser avec Marx aujourd'hui, Tome 3. La philosophie ? | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
« Les philosophes n'ont fait qu'interpréter diversement le monde, ce qui importe est de le transformer. » Ce livre montre comment Marx a bouleversé la pensée philosophique et ainsi inauguré une nouvelle intelligence critique du monde pour sa possible transformation révolutionnaire. 
Ce troisième tome de Penser avec Marx aujourd'hui après Marx et nous et «L'homme» ?, expose pour la première fois en son ensemble et de façon approfondie le réseau de catégories -d'essence à subjectivité, de matière à conscience, de possibilité à liberté -, cette «logique du Capital» qui constitue l'essentiel apport philosophique marxien pour penser et pour agir. Puis deux longs chapitres examinent de façon très innovante ce que veut dire à cette lumière penser en matérialiste et penser de façon dialectique.
Lucien Sève, philosophe, auteur d'une vaste oeuvre centrée sur la pensée-Marx en sa visée communiste, dessine ici un portrait foncièrement renouvelé de Marx philosophe et explique en quel sens précis, alors que «la philosophie» est terminée, un travail philosophique est plus que jamais exigible pour mener à bien toute grande tâche scientifique ou politique. 
A l'heure où l'oeuvre de Marx entre enfin au programme de l'agrégation de philosophie, ce livre rend accessible à tout lecteur motivé une magistrale et systématique introduction à sa lecture.
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Fabienne Brugère : Qui a peur des philosophes ?

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Entretien avec Elodie Maurot 


En mars dernier, la philosophe Fabienne Brugère devait intervenir lors de la journée nationale de formation des délégués diocésains à la pastorale familiale. Elle devait prendre la parole sur le thème du care, "Prendre soin de l'autre, un appel lancé à tous", une façon de faire retomber les passions internes à l'Eglise catholique après les débats tendus sur le mariage pour tous. La pression de sites traditionalistes dénonçant l'invitation d'une femme "connue pour être adepte de l'idéologie de Judith Butler" et de la théorie du genre, a finalement contraint Mgr Brunin, président du conseil famille et société de la Conférence des évêques de France, a annulé sa venue, reconnaissant que les conditions d'un dialogue serein de l'Eglise avec la société n'était pas réunies. Cette décision a été critiquée par une partie de l'épiscopat, qui y voit une reculade sous la pression d'une minorité érigée en police de la pensée. Comme le soulignait Dominique Greiner dans La Croix, l'église ratait là une belle occasion de montrer qu'elle est avant tout conversation et que le dialogue avec les représentants de la pensée contemporaine fait partie de sa mission. Dans un entretien avec la journaliste Elodie Maurot, Fabienne Brugère revient, en philosophe, sur la violence des attaques qu'elle a alors subies. Au-delà du conflit classique entre foi et raison, ce qui est devenu "l'affaire Brugère" pose de nombreuses questions sur l'état de notre démocratie et du débat d'idées en France aujourd'hui. Et sur la peur que la philosophie inspire toujours aux extrémistes de tous genres.


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Richard Pedot : Ah, Bartleby ! Ah, philosophie ! Une rencontre critique

Richard Pedot : Ah, Bartleby ! Ah, philosophie ! Une rencontre critique | Les Livres de Philosophie | Scoop.it

Le point de départ de cet essai est les lectures qu’ont proposées trois philosophes contemporains (Deleuze, Agamben, Derrida) d’un texte important des lettres américaines, la nouvelle d’Herman Melville, Bartleby the Scrivener, dont l’énigme continue de défier l’interprétation. La fascination exercée sur les philosophes par la figure de Bartleby, le scribe qui «préférerait ne pas», n’est plus à démontrer mais reste à interroger. Elle témoigne d’un seuil critique entre deux champs conjoints et séparés par l’activité d’interprétation : le littéraire et le philosophique. Entre les deux, comme la fascination le laisse deviner, existe un partage secret, partage d’un secret qui n’est autre que ce partage. La fascination, en effet, n’est pas censée définir l’approche philosophique de la littérature, qui se devrait plutôt d’observer une distance maîtrisée face à son objet. Ce travail par conséquent se propose de mener conjointement deux lectures (littéraire et philosophique) sans se réduire à aucune des deux. La démarche adoptée ne consiste pas à lire tour à tour les commentaires philosophiques avec ou face à Bartleby ni à les confronter entre eux systématiquement. Elle part de questions ou de catégories qui appartiennent plutôt au champ de la critique littéraire mais qui sont immédiatement remises en jeu par leurs croisements avec les interrogations de la philosophie et renégociées dans la confrontation au texte de fiction.


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Didier Dumarque : Philosophie de la Shoah

Didier Dumarque : Philosophie de la Shoah | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Penser une philosophie de la Shoah consiste à donner à voir la Shoah dans ses structures. Structures de la modernité qui désintègrent et obligent à un réexamen de la question de la modernité, de l’homme, de l’existence, du langage et même de l’Être.

Une philosophie de la Shoah est développée par certains des rescapés des camps et par les morts qui ont pu laisser un témoignage. « Elle constitue leur grandeur tragique, leur part d’immortalité, la part d’immortalité de tous les morts qu’on ne pourra jamais enlever, ni avec des fusils, du gaz d’échappement ou du zyklon B ; ni en les enterrant, en les mettant dans des fours crématoires ou en les transformant en engrais. »

Ainsi s’édifie une nouvelle civilisation, un nouveau Sinaï, dont on n’a pas pris la mesure, la démesure qui désintègre le monde au profit de l’immonde. Optique qui donne à voir, non système dogmatique. Cette optique opère la synthèse des grands textes philosophiques (Adorno, Heidegger, Arendt), littéraires (Levi, Pahor, Rousset, Hilsenrath, Borowski, Kertész), sociologiques (Bauman), historiques (Hilberg) et des œuvres autour de la Shoah (Lanzmann, Olère).

Si le devoir de mémoire cache les structures de la Shoah, c’est parce que la modernité y voit son propre reflet. La Shoah, comme événement historique, renverse la figure classique de la civilisation occidentale, c’est-à-dire grecque et hébraïque, par l’entremise de l’essence de la technique qui trouve son paroxysme dans la chambre à gaz.

Prendre la mesure du problème de la Shoah : une philosophie de la Shoah.

Didier Durmarque est professeur de philosophie à Louviers dans l’Eure (France). Il a déjà publié Féerie pour un rien (2002), Moins que rien (2006) et La Liseuse (2012). 
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Alexandre Soljenitsyne : Le Déclin du courage

Alexandre Soljenitsyne : Le Déclin du courage | Les Livres de Philosophie | Scoop.it

En bref: Dans un discours resté mémorable, le prix Nobel de littérature (1970) condamne les deux systèmes économiques – le communisme et le capitalisme, et dénonce surtout la chute spirituelle de la civilisation.

Prononcé devant les étudiants de Harvard le 8 juin 1978, Alexandre Soljenitsyne, expulsé 4 années plus tôt de l'Union Soviétique, à la suite de la publication de son livre L'Archipel du goulag où il dénonce les abus du système concentrationnaire soviétique, va prononcer un discours resté mémorable dans les murs de la prestigieuse université américaine d'Harvard, haut lieu de la formation des élites du monde entier. Dénonçant les deux régimes alors dominants, communisme et capitalisme, ce discours aux accents prophétiques n'a rien perdu de son actualité et de sa profondeur.

 

Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne est né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk (Russie). Mobilisé en 1941 dans les rangs de l'Armée rouge, il est arrêté à la veille de la victoire pour avoir prétendument insulté Staline dans une lettre à un ami, et purge huit ans de détention et trois de relégation. Libéré en 1956, et réhabilité, il enseigne les mathématiques et la physique dans des écoles de campagne, et surtout veut témoigner. En 1962, la parution d'Une journée d'Ivan Denissovitch, peinture véridique de l'univers du Goulag jusque-là tabou, révèle un écrivain au monde entier. Le Premier Cercle puis Le Pavillon des cancéreux assureront la gloire de Soljenitsyne. Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 1970. Il l'accepte, déchaînant une tempête d'injures dans la presse soviétique, et se remet au travail, commençant à écrire l'épopée qu'il intitulera plus tard La Roue rouge, histoire romancée de la Révolution russe. En décembre 1973, paraît à Paris (en version russe) L'Archipel du Goulag, terrible condamnation de la répression exercée en Union soviétique sur des millions de citoyens et des peuples entiers. Le scandale est énorme: en février 1974, Soljenitsyne est déchu de sa citoyenneté et expulsé de son pays. Il se fixe d'abord en Suisse, puis aux Etats-Unis, dans le Vermont, où il poursuivra l'écriture de La Roue rouge. A la chute de l'URSS, sa nationalité lui est restituée et il rentre en Russie, près de Moscou, où il vivra jusqu'à sa mort, survenue le 3 août 2008.

 

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Dominic McIver Lopes : Comprendre les images. Une théorie de la représentation iconique

Dominic McIver Lopes : Comprendre les images. Une théorie de la représentation iconique | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Un collage cubiste, une figure amérindienne de style dédoublé, une image en perspective à deux points de fuite sont des images qui attirent chacune l'attention sur des caractéristiques différentes de ce qu'elles représentent : il y a une infinité de façons de représenter le monde. Dans Comprendre les images, Lopes prend acte de cette diversité pour construire une théorie de la représentation iconique qui se situe au croisement d'une approche symbolique (comme celle de Nelson Goodman) et d'une approche perceptuelle (comme celle de Richard Wollheim), offrant ainsi une nouvelle explication de la phénoménologie de l'expérience iconique. L’ouvrage traduit est un«classique» de la réflexion contemporaine sur la représentation picturale. Classique, ou presque, il l’est immédiatement devenu lors de sa parution en 1996, en donnant lieu, dans le monde anglophone, à d’abondants commentaires et discussions. L’introduction à l’édition française proposée par Dominic McIver Lopes, présente son livre de 1996 dans la perspective de ses travaux ultérieurs et même de ceux qui vont paraître prochainement. On voit ainsi qu’on a affaire, avec le livre traduit, au premier élément d’une oeuvre philosophique de tout premier plan au sujet de la perception esthétique et de la nature de l’art.
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Carole Talon-Hugon : Histoire philosophique des arts - Moyen Age et Renaissance

Carole Talon-Hugon : Histoire philosophique des arts - Moyen Age et Renaissance | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Au Moyen Âge, les arts se déploient dans un univers mental très différent du nôtre, et selon des catégories (celles d'« arts mécaniques » et d'« arts libéraux », par exemple) et des formes (pensons aux genres théâtraux des « mystères » et des « miracles », ou bien au genre littéraire de l'hagiographie) qui pour nous sont insolites. La production picturale et sa réception sont marquées par les écrits de Plotin puis par la synthèse du néo-platonisme et de la pensée des Pères de l'Église. La querelle des images qui agite le monde byzantin au VIIIe siècle montre l'incidence des réflexions théologiques sur la production picturale et permet de comprendre les contraintes stylistiques de la peinture d'icônes. La Renaissance est non seulement marquée par des nouveautés stylistiques remarquables, mais aussi par des changements considérables dans la manière de penser ces pratiques (qui cessent d'être vues comme des arts mécaniques), leur enseignement (création des Académies), leurs acteurs (invention du mot « artiste »), et la production artistique de l'Antiquité (apparition des premières collections et débuts de l'histoire de l'art).
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Thierry Hoquet (éd.) : Samuel Butler : Darwin parmi les machines. Et autres textes néo-zélandais

Thierry Hoquet (éd.) : Samuel Butler : Darwin parmi les machines. Et autres textes néo-zélandais | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Écrit dans un style alerte, par un écrivain de talent, Darwin parmi les machines adresse aux machines une déclaration de guerre. À première vue, les machines sont nos esclaves et sont un instrument au service de notre domination : elles favorisent l’extension de la vie, la conquête et la maîtrise de la nature brute. Mais elles deviennent bientôt nos rivales dans la lutte pour la suprématie sur terre. Si les machines ne peuvent pas encore se passer de nous pour leur survie et leur reproduction, déjà les humains ne peuvent plus se passer d’elles pour quantité d’opérations — voire pour leur propre reproduction. Aussi la question est-elle celle de la co-dépendance ou co-évolution entre humains et machines. Pour bénéficier de l’assistance des machines, n’avons-nous pas abdiqué une grande part de notre autonomie ? Que sont ces machines à qui nous avons confié les clefs de notre survie ? Les machines que nous connaissons aujourd'hui ne sont que la préfiguration grossière de ce que seront les machines de demain. Les machines, prédit Butler, vont évoluer, et bien plus rapidement que les humains : si bien qu’elles finiront par nous dépasser et feront de nous leur bétail.


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Pierre Bertrand : La liberté du regard

Pierre Bertrand : La liberté du regard | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Tant de choses nous échappent, non par accident, mais ontologiquement, à savoir compte tenu de leur nature et de la nôtre. Il y a des choses dont nous ne pouvons pas être conscients. Nous avons beau vouloir ouvrir notre esprit, il y a des limites à cette ouverture. C'est l'un des traits de notre finitude. La philosophie entretient une prétention à l'universalité. Elle tente de s'ouvrir le plus largement possible à la réalité telle qu'elle est. Ce faisant, elle doit être consciente de ses limites. Si elle s'ouvre, c'est aussi en se fermant. Si elle voit certaines choses, elle est aveugle à d'autres. Ces limites se font sentir avec force quand il s'agit de mettre en parole la vision. Celle-ci doit entrer dans la forme de celle-là, avec un sujet ou un substantif, un verbe ou une action, un prédicat ou un attribut. Une telle mise en forme élimine forcément un chaos, une indétermination ou un flou constitutifs de la réalité. Le défi est alors d'exprimer par la parole ce qui pourtant lui résiste, de manière à ce que continue de poindre et d'insister ce qui résiste.
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Richard Mèmeteau : Pop culture. Réflexion sur les industries du rêve et l'invention des identités

Richard Mèmeteau : Pop culture. Réflexion sur les industries du rêve et l'invention des identités | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
De Star Wars à Lady Gaga, du Seigneur des anneaux à Game of Thrones, tubes, blockbusters et best-sellers forment aujourd'hui les facettes d'une culture de masse omniprésente. Un philosophe analyse le phénomène : qu'est-ce que la " pop culture " ? Quels en sont les ressorts, mais aussi les implications existentielles ? Avant d'être un truc jeune et sexy, un graphisme quadrichromique simplifié à l'extrême ou un genre musical qui présente en quantité anormalement élevée des sons de synthétiseur, la pop est une stratégie, un calcul industriel alimenté par une seule obsession : savoir ce que veulent les masses. La pop culture est un ogre qui ingère tout ce qu'il trouve. Mais cette logique de réappropriation l'ouvre paradoxalement aux déclassés, aux freaks et aux minorités en tout genre. Pour l'auteur, ce qui s'y joue est d'abord l'invention de nouvelles identités. Il conduit sa réflexion à partir d'analyses fines de chansons, de films, de comics, de romans et de séries, multipliant les digressions érudites en réponse à des questions aussi essentielles que : jusqu'à quel point peut-on détester un ancien groupe indé devenu commercial ? Comment Harry Potter peut-il survivre à l'Avada Kedavra de Voldemort dans la Forêt interdite ? La catégorie de mythe fonctionne-t-elle pour la pop culture ? Par ailleurs, si Obi-Wan Kenobi est si malin, pourquoi laisse-t-il Luke Skywalker faire tout le boulot ?
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Fosca Mariani Zini : La pensée de Ficin. Itinéraires néoplatoniciens

Fosca Mariani Zini : La pensée de Ficin. Itinéraires néoplatoniciens | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Marsile Ficin ne fut pas seulement le traducteur et le commentateur de Platon et des néoplatoniciens, comme Plotin et Proclus. Ce fut un philosophe à part entière, qui puisa de manière créative aux ressources de la tradition platonicienne pour résoudre les questions agitées dans la Florence de son temps ou héritées de discussions universitaires médiévales. Il élabora sa pensée à partir des possibilités conceptuelles inédites offertes par la philosophie de l’Un pour repenser l’ontologie.
Cette monographie analyse l’originalité et la cohérence de sa philosophie aussi bien sur le plan métaphysique qu’anthropologique, répondant ainsi à l’exigence d’une étude systématique qui fait défaut depuis longtemps. On y examine autant la spécificité du projet ficinien de renouvellement philosophique et religieux que les aspects qui dévoilent sa profonde incompatibilité avec le christianisme.

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Sandrine Alexandre : Évaluation et contre-pouvoir. Portée éthique et politique du jugement de valeur dans le stoïcisme romain

Sandrine Alexandre : Évaluation et contre-pouvoir. Portée éthique et politique du jugement de valeur dans le stoïcisme romain | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Comment ne pas être affecté par le cours des choses qui peut toujours léser notre corps, nos proches, un éventuel patrimoine et contrarier nos projets? Telle est la question, devenue antienne, à laquelle les stoïciens répondent de manière inédite et brutale en leur temps, en élaborant un véritable «dispositif d’évaluation». Il s’agit d’apprécier les choses à la juste valeur que détermine une axiologie tout aussi radicale que contre intuitive, puisqu’elle exclut de considérer comme des biens ou comme des maux, tout ce que généralement on dénomme et considère ainsi: la santé et la maladie, la vie et la mort, la richesse et la pauvreté, le plaisir et la peine.
Vieille lune des études stoïciennes dira-t-on? Pourtant, comment comprendre que le seul jugement de valeur, en l’occurrence une appréciation stoïcienne du monde qui semble frôler le jeu de langage, puisse être le ressort d’une «vie heureuse»? Est-il d’autre part possible – et comment – de penser contre l’opinion commune et, dans une certaine mesure, contre soi? Le désarroi généralisé et les dissensions perpétuelles que dénoncent épictète et Marc Aurèle permettent d’en douter. Et quand bien même parviendrait-on à penser autrement, n’est-il pas politiquement contestable ou du moins discutable, de prôner, au nom d’une indépendance individuelle radicale, un conservatisme non moins radical?
À travers le traitement de ces questions on se propose en outre de contribuer à réévaluer la portée politique de la pensée stoïcienne, et de jeter, peut-être, l’ombre d’un soupçon sur le statut et la pertinence des nombreuses réappropriations contemporaines dont font l’objet les stoïciens romains.
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Marcel Conche : Sur Épicure

Marcel Conche : Sur Épicure | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Dans mon ouvrage Lucrèce et l'expérience (éd. Seghers, 1967, rééd. PUF, 2011), j’ai exposé le système d’Épicure. Ce travail a été complété en 1977 par l’édition des Lettres et maximes d’Épicure (éd. de Mégare, puis PUF en 1987). J’ai éprouvé le besoin de préciser certains points concernant le plaisir selon Épicure, en particulier le droit fondamental à une mort naturelle. S’y sont ajoutés, cette même année, le texte sur « Nietzsche et Épicure », et un texte moins historique que proprement philosophique (et personnel) « Avec et sans Épicure », où est indiqué ce que serait une société naturelle selon Épicure. Les textes « Pascal et Lucrèce [Épicure] » et « Être Épicuriens aujourd’hui » viennent en complément.
M.C.
Marcel Conche vient de republier récemment Le sens de la philosophie chez Encre marine.
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Laurent Fourquet : Le moment M4. Comment l'économie devint une divinité mystérieuse

Laurent Fourquet : Le moment M4. Comment l'économie devint une divinité mystérieuse | Les Livres de Philosophie | Scoop.it
Comment en sommes-nous venus à croire que les choses valent véritablement leur prix et que leur valeur varie effectivement avec leur prix ? L'auteur nous invite à parcourir l'histoire de la notion de valeur dans la science économique, depuis Aristote jusqu'aux interprétations les plus récentes des bulles spéculatives.
Au terme de cette exploration magistrale, il décrit notre moment théorique de la valeur, et son modèle, qui depuis quelques décennies ont pris possession de l'économie réelle : le Moment M4 où, désamarrée de toute référence à la physique des choses, l'économie se prévaut de sa capacité magique à donner de la valeur au rien et à dévaloriser ce qui, hier, valait tout.
Derrière le mirage de la plasticité infinie de l'économie, un autre paysage, bien plus sombre, se laisse toutefois entrevoir celui d'un monde gouverné par l'arbitraire de l'argent, et, à travers l'argent, par le souci obsessionnel de la consommation du monde au profit d'une classe nouvelle, l'hyperbourgeoisie.

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Angélique Gaillon Jacquel : Cueillir l'instant avec les Epicuriens

Angélique Gaillon Jacquel : Cueillir l'instant avec les Epicuriens | Les Livres de Philosophie | Scoop.it

La philosophie d'Épicure et de ses successeurs est avant tout une philosophie qui vise un but éthique : rendre heureux celui qui la pratique. Cependant, elle fait l'objet d'un vaste malentendu. Chacun pense la connaître, la réduisant au célèbre « carpe diem ». Mais Epicure est un penseur de l'austérité et de la pauvreté volontaire. « Cueillir le jour », certes, mais à condition que ce « jour » soit réduit à ce qui peut le moins manquer, au strict nécessaire. La pensée d'Epicure, trop « connue » et très méconnue, donne lieu à de nombreux contresens. Nous vivons, selon Epicure, sous l'emprise de la peur, de notre désir insatiable et de notre imagination. Comment leur imposer des limites sans entamer notre liberté ? En quoi la mort n'est-elle « rien pour nous » ? Pourquoi l'éthique épicurienne repose-t-elle sur la notion de plaisir ? Qu'est-ce que le calcul des plaisirs et comment le pratiquer ? En quoi l'amitié donne-t-elle sens à l'existence ? Les réponses d'Epicure à ces questions, entre autres, nous permettent de mener notre vie vers un bonheur accessible.


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Martin Heidegger : Phénoménologie de l'intuition et de l'expression. Théorie de la formation des concepts philosophiques

Martin Heidegger : Phénoménologie de l'intuition et de l'expression. Théorie de la formation des concepts philosophiques | Les Livres de Philosophie | Scoop.it

Traduction de Guillaume Fagniez


Prononcé au semestre d'été 1920, ce cours témoigne de la façon dont Heidegger s'approprie la phénoménologie dans les débuts de son enseignement à Fribourg. C'est au nom de la vie qu'il la fait sienne, scellant ainsi d'entrée de jeu une divergence fondamentale avec le projet transcendantal de son fondateur Edmund Husserl. Tout converge dans cette phénoménologie de l'intuition et de l'expression vers l'unique " phénomène originaire " de la vie, et en premier lieu la méthode inventée pour s'en saisir : la " Destruktion phénoménologique ", qui s'y trouve exposée pour la première fois. Elle est aussitôt mise en oeuvre par le jeune Heidegger à l'égard des deux grands cadres d'interrogation qui occultent à ses yeux le phénomène de la vie, le problème de l'a priori et celui du " vécu ". L'examen critique du premier est l'occasion d'un démantèlement minutieux de la signification théorique et épistémologique du concept d'histoire au profit de son sens comme dimension immanente et constitutive de la vie même. Le second est le théâtre d'une confrontation inédite avec deux grandes psychologies philosophiques contemporaines, celles de Paul Natorp et de Wilhelm Dilthey. L'enjeu en est, indissociablement, l'appréhension non objectivante du soi et la détermination du sens de la philosophie elle-même. Le cours de 1920 apparaît ainsi tout à la fois comme une pièce maîtresse de la phénoménologie de la vie des premières années fribourgeoises de Heidegger et comme un jalon majeur sur le chemin de la future " analytique existentiale ".

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David Lapoujade : Deleuze, les mouvements aberrants

David Lapoujade : Deleuze, les mouvements aberrants | Les Livres de Philosophie | Scoop.it

Pourquoi intituler cette étude : Deleuze, les mouvements aberrants ? C'est que, au premier abord, sa philosophie - et celle construite avec Félix Guattari - se présentent comme une sorte d'encyclopédie de mouvements aberrants. C'est ce qu'il a cherché dans le cinéma, dans la peinture, la littérature, les sciences, dans l'histoire des sociétés, dans la philosophie, et partout. Ainsi par exemple, les déformations des figures de Francis Bacon, les non-sens de Lewis Carroll, les lignes destructrices et créatrices des populations nomades à travers l'histoire, la démence du système capitaliste, les processus schizophréniques qui forment l'inconscient, toutes les forces qui traversent la vie et la pensée. Voilà ce qu'il faut d'abord expliquer : la présence de ces mouvements aberrants Mais on ne peut pas s'en tenir là. La philosophie ne peut pas se contenter de les décrire ou d'en dresser la carte, elle doit rendre raison de ces mouvements. D'où un deuxième aspect, tout aussi important : il faut produire les logiques irrationnelles de ces mouvements aberrants. C'est l'une des grandes nouveautés de l'oeuvre de Deleuze et Guattari : créer de nouvelles logiques, loin des modèles rationnels classiques, mais aussi loin de modèles contemporains, comme le marxisme ou le structuralisme orthodoxes des années 1960-1980. Mais ces logiques n'ont rien d'abstrait, au contraire : ce que veulent faire Deleuze et Guattari, c'est dégager les logiques de tous les modes de peuplements de la terre. Par peuplement, il ne faut pas seulement entendre les populations humaines, mais les populations géologiques, animales, cosmiques ou encore les populations mathématiques, esthétiques, philosophiques qui peuplent la pensée des hommes. Quelle est la logique de tous ces peuplements ? Poser une telle question, ce n'est pas seulement demander des explications, mais exiger des justifications. Par exemple, pour le capitalisme : de quel droit se déploie-t-il sur la terre ? De quel droit s'approprie-t-il nos cerveaux pour le peupler d'images et de sons ? De quel droit asservit-il les corps ? Aux logiques que le capitalisme met en oeuvre, ne faut-il pas opposer d'autres logiques, celles justement des mouvements aberrants ? Dès lors, la philosophie devient inséparable de combats contre toutes les formes d'organisation - politique, sociale, philosophique, esthétique, scientifique - qui tentent de nier, de conjurer, d'écraser l'existence de ces mouvements aberrants. Ce sont ces questions que cette étude examine, en proposant une traversée de toute la philosophie de Deleuze.  

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