En mars, le numéro deux de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE], le général Dominique Tardif, avait indiqué que la Direction générale de l’armement [DGA] allait solliciter l’industrie en vue de préparer un appel d’offres pour acquérir des drones de combat collaboratif [CCA pour Combat Collaborative Aircraft], l’objectif étant de développer une «force de frappe massive pour saturer les défense et pénétrer les lignes ennemies».
Plus tard, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le chef d’état-major de l’AAE, le général Jérôme Bellanger, expliqua que l’enjeu était de disposer de «plateformes collaboratives» devant avoir un «certain niveau de furtivité, de l’armement» et «être surtout réutilisables, sans pour autant coûter le prix d’un avion de chasse». D’où le projet HypAIRion, mené par le Centre d’expertise aérienne militaire [CEAM] de Mont-de-Marsan, avec l’appui de l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense [AMIAD], «au profit de l’aviation de combat et du combat collaboratif.»
L’objectif de ce projet est de développer et de tester des algorithmes d’intelligence artificielle pour en doter les CCA mais aussi pour réduire la charge cognitive des équipages de l’aviation de chasse face aux flux massifs de données. Deux Mirage 2000D RMV seront mobilisés à cette fin, les expérimentations en vol devant débuter en 2028, au plus tard.
Quant à la procédure évoquée par le général Tardif, elle vient de se concrétiser par une demande d’informations [DI] émise par la DGA à l’intention des industriels.
«Les forces armées françaises expriment leur intérêt pour les drones de combat collaboratifs, et souhaiteraient approfondir la connaissance de ces objets sur trois volets : technique, opérationnel et commercial», indique la DGA.
Plus précisément, poursuite-elle, «l’intérêt se porte sur des plateformes capables d’être supervisées depuis un chasseur habité et/ou depuis le sol, dotées d’un haut niveau d’autonomie et qui, par leur coût maîtrisé, peuvent apporter un supplément de masse nécessaire aux conflits de haute intensité.»
Dans sa demande d’informations, la DGA insiste sur le fait que ces CCA devront être conçus très rapidement [de l’ordre de dix-huit mois avant le premier vol], selon une «architecture ouverte, agnostique à la plateforme», afin de pouvoir leur intégrer de nouvelles capacités en «boucle courte». Ils auront des interfaces et des pièces «standardisées». En outre, pour les industriels, il s’agit d’être en mesure d’en produire en «grande quantité».
Ces drones de combat collaboratif seront utilisés pour des missions air-air, air-sol et air-surface ainsi que pour des opérations de reconnaissance/ciblage, de guerre électronique et de destruction des défenses aériennes ennemies [SEAD]. Leur navalisation est «optionnelle», même s’ils seront susceptibles d’être mis en œuvre depuis un porte-avions ou un porte-hélicoptères amphibie [PHA] de la Marine nationale [la DI de la DGA parle de «porte-avions» ET de «porte-aéronefs»].
S’agissant des caractéristiques que devront présenter ces CCA, la DGA évoque un rayon d’action supérieur à 540 nautiques [soit 1 000 km], une vitesse de l’ordre de Mach 0,8 à 35 000 pieds [environ 10 000 mètres] et la capacité à emporter une charge utile de 500 kg [capteurs et/ou armement]. Évidemment, compte tenu de l’éventail des missions envisagées, leur conception sera modulaire. En outre, il est question qu’ils puissent être contrôlés depuis un «chasseur monoplace ou une station sol/surface à l’aide d’ordres de haut niveau, transmis par l’intermédiaire de connexions existantes [liaison tactique L16 ou autres].
Les industriels intéressés par cette procédure ont jusqu’au 21 août prochain pour envoyer leurs réponses à la DGA.
«Cette demande d’information ne constitue ni un acte d’achat, ni une consultation liée à un marché public, ni même une information sur un marché public à venir. Elle ne saurait constituer un quelconque engagement de l’administration à lancer ultérieurement une consultation sur le même objet. Réciproquement, les réponses à la DI ne constitueront pas des engagements contractuels ou précontractuels de la part de leurs auteurs», a-t-elle pris soin de préciser.
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Romain
onto DEFENSE NEWS June 14, 2:19 PM
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