Ces dernières années, bien que très anciennes car nouées par François Ier et Soliman le Magnifique en 1536, les relations franco-turques ont été compliquées, si ce n’est inamicales, la Turquie ayant reproché à la France, entre autres, d’avoir pris parti pour la Grèce et la République de Chypre, deux États membres de l’Union européenne avec lesquels elle a des différends territoriaux en Méditerranée orientale.
En novembre 2024, le général Thierry Burkhard, alors chef d’état-major des armées [CEMA] avait classé Ankara parmi les «compétiteurs stratégiques» de Paris, au même titre que Moscou, Pékin et Téhéran.
Cela étant, quelques semaines plus tard, un rapport publié par la Sénat plaida en faveur d’un «renforcement de la relation franco-turque afin d’agir conjointement pour la paix». Et d’estimer que «la confiance entre Paris et Ankara devait aussi «pouvoir s’affermir dans les coopérations militaires bilatérales».
Pour le moment, et même si les forces françaises et turques ont depuis mené quelques activités opérationnelles conjointes [illuminée par le radar de conduite de tir d’un navire turc en 2020, la frégate Courbet a fait une escale à Istanbul il y a quelques mois], le réchauffement prôné par ce rapport va sans doute s’amorcer avec l’annonce faite par Safran Electronics & Defense, le 12 mai.
En effet, l’industriel français a fait savoir qu’il venait de sceller un «partenariat stratégique» avec le groupe turc Baykar afin d’accélérer l’innovation dans les domaines des «armements intelligents et des technologies avancées de navigation».
En clair, Safran fournira des systèmes de différentes sortes [capteurs optroniques, centrales de navigation, etc.] aux drones développés par Baykar.
«Cet accord porte sur le codéveloppement de solutions intégrées combinant capteurs optroniques, systèmes de navigation et capacités d’armement guidé, destinées aussi bien aux plateformes de drones qu’aux opérations air-sol», ont en effet précisé Safran et Baykar dans leur communiqué conjoint.
Dans le cadre de cette coopération, le drone tactique TB2 se verra doté de capteurs optroniques de la gamme Euroflir, ce qui renforcera «significativement» ses «capacités de surveillance, de reconnaissance et de ciblage». Jusqu’à présent, l’appareil de Baykar était équipé du système MX-15, développé par le canadien L3Harris Wescam.
«L’intégration de nos systèmes optroniques Euroflir ainsi que de nos technologies de positionnement, de navigation et de synchronisation de pointe à bord des drones TB2 de Baykar marque une nouvelle étape en matière de performance opérationnelle», a fait valoir Alexandre Ziegler, le directeur de l’activité «Défense» de Safran Electronics & Defense.
Par ailleurs, cet accord a également une dimension commerciale, les deux industriels s’étant engagés à promouvoir conjointement les solutions qu’ils auront développées auprès de leurs clients internationaux.
« Grâce à ce partenariat, nous ambitionnons de proposer des solutions innovantes et d’ouvrir de nouvelles perspectives sur le marché international», a d’ailleurs commenté Haluk Bayraktar, le directeur général de Baykar.
Reste à voir comment ce partenariat sera perçu en Grèce… qui a commandé des drones tactiques Patroller à Safran, par ailleurs membre du Groupement d’intérêt économique [GIE] Rafale.
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Romain
onto DEFENSE NEWS May 14, 3:06 PM
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