En juillet 2025, les États-Unis ont prévenu la Suisse que la livraison des cinq systèmes de défense aérienne Patriot qu’elle avait commandés trois ans plus tôt allait prendre du retard, la priorité allant au renforcement des capacités ukrainiennes. Or, l’objectif était de les mettre en service en 2030, au plus tard.
Puis, en mars dernier, après avoir attendu des précisions sur le nouvel échéancier de ce contrat pendant des mois et bloqué les paiements, le département suisse de la Défense, de la Protection de la population et des Sports [DDPS] a fait savoir que la première batterie Patriot ne lui serait finalement pas remise avant quatre ou cinq ans… et qu’il aurait à s’acquitter de «coûts supplémentaires significatifs». Et le chef de l’office fédéral de l’armement [Armasuisse], Urs Loher, d’évoquer une hausse «maximale» de la facture d’environ 50 %.
Pour couronner le tout, le 1er avril, le DDPS a confirmé que l’administration américaine puisait dans les fonds destinés à l’achat de ses futurs chasseurs-bombardiers F-35A pour alimenter le compte dédié à la commande des systèmes Patriot.
Mais, visiblement, le DDPS n’est pas encore arrivé au bout de ses peines. Selon un communiqué qu’il a publié ce 13 mai, il faudrait désormais «compter sur un retard de cinq à sept ans» ainsi que sur des coûts supplémentaires «considérables». Il n’est plus question d’une hausse de 50 %… mais de 100 %.
«Selon plusieurs sources, le DDPS […] table désormais sur une facture pouvant atteindre 4,6 milliards de francs suisses, soit le double du prix initial de 2,3 milliards», a en effet révélé le quotidien Tages-Anzeiger. Un montant qu’Armasuisse n’a pas souhaité commenter.
«Nous ne nous exprimons pas sur les chiffres. Mais il est clair que plus les systèmes tardent à être livrés, plus leur prix augmente. Il faut donc compter avec des surcoûts supérieurs à 50 %», a seulement déclaré Gunnar Siervert, le porte-parole de l’office suisse de l’armement, auprès du portail Watson.
Si les paiements pour ces cinq systèmes Patriot sont actuellement bloqués, Berne a déjà versé 650 millions de francs suisses à titre d’acompte. Ce qui, outre les aspects juridiques, ne peut que compliquer une éventuelle annulation du contrat. Annulation qui a par ailleurs été évoquée par le conseiller fédéral Martin Pfister, le chef du DDPS, en avril.
Quoi qu’il en soit, afin de pallier le déficit capacitaire dû au retard des Patriot et de «permettre, à terme, une meilleure couverture territoriale», le DDPS a dit envisager l’achat d’un «système de défense aérienne à longue portée supplémentaire», de préférence «produit en Europe». Dans son communiqué, il a précisé qu’Armasuisse allait recevoir, d’ici la fin de ce mois, les réponses des cinq fournisseurs qu’il a sollicités à cette fin en France [pour le système sol-air moyenne portée / terrestre de nouvelle génération], en Allemagne, en Israël et en Corée du Sud.
«Sur la base de ces informations et d’autres vérifications en lien avec les options pour le système Patriot, le Conseil fédéral pourra décider de la suite à donner probablement en été 2026», a-t-il précisé.
En attendant, s’agissant des Patriot, les paiements resteront bloqués jusqu’à nouvel ordre. « Pour pouvoir décider de leur reprise, la Suisse doit obtenir des informations précises concernant les conséquences sur les coûts et les délais », a conclu le DDPS.
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Romain
onto DEFENSE NEWS May 14, 3:04 PM
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