En décembre, le président Donald Trump fit savoir qu’une nouvelle classe de navires de 30 000 à 40 000 tonnes – la « classe Trump » allait être lancée par l’US Navy, remettant ainsi le concept de cuirassé au goût du jour, trente ans après le retrait de la classe Iowa. Jugeant ce programme trop coûteux et inutile, bon nombre d’observateurs ne cachèrent pas leur scepticisme… alors qu’il ne s’agissait que de renouer avec les thèses de l’amiral Alfred Mahan, pour qui une victoire navale ne pouvait passer que par le recours à des bâtiments aussi puissants et nombreux que possible.
Mais si ce projet avait été dévoilé par un autre président que M. Trump, sans doute que les appréciations des uns ou des autres auraient été différentes… En effet, l’idée de doter l’US Navy de tels navires est, a priori, assez ancienne. «Nous travaillons depuis de nombreuses années à la conception d’un bâtiment de combat de surface plus imposant», a expliqué le contre-amiral Ben Reynolds, le secrétaire adjoint de la Marine chargé du budget, en avril dernier. Et d’ajouter : «Ce navire sera capable de faire beaucoup de choses que nos destroyers lance-missiles ne peuvent pas faire».
Selon l’US Navy, ces futurs cuirassés pourront assurer la défense antiaérienne et antimissile d’un groupe aéronaval, coordonner les opérations d’une flotte «en tant que nœud de commandement et de contrôle», prendre la direction d’un groupe d’action navale pour la guerre de surface et la lutte anti-sous-marine ou bien encore «effectuer des tirs stratégiques hypersoniques à longue portée».
Cela étant, la question de leur mode de propulsion était jusqu’à présent entière. En janvier, le chef d’état-major de l’US Navy, l’amiral Daryl Caudle, avait laissé entendre que le recours à des chaufferies nucléaires serait exclu afin de pouvoir mettre à l’eau la première unité – l’USS Defiant – le plus tôt possible. Finalement, ce ne sera pas le cas.
En effet, dans son dernier plan de construction navale sur trente ans, qu’elle vient de dévoiler, la marine américaine a indiqué que les cuirassés de la classe Trump – ou BBG[X] – seraient à propulsion nucléaire. Et que quinze unités allaient être construites d’ici 2056. Soit dix de moins par rapport à ce qu’avait annoncé M. Trump il y a six mois.
«Le cuirassé à propulsion nucléaire est conçu pour doter la flotte d’une puissance de combat considérablement accrue grâce à une autonomie prolongée, une vitesse supérieure et l’intégration de systèmes d’armes avancés, indispensables à la guerre moderne», a-t-elle fait valoir. Et d’insister : «Offrant des capacités optimales, le cuirassé a pour rôle principal de fournir une puissance de feu offensive importante à longue portée et de servir de plateforme de commandement et de contrôle avancée robuste et résiliente. Il ne remplace pas un destroyer».
Le 12 mai, lors d’une audition au Congrès, l’amiral Caudle a donné plus de détails. Ainsi, il a précisé que le BBG[X] partagera certaines caractéristiques avec les porte-avions de la classe Ford, notamment le réacteur nucléaire A1B.
«Toute la technologie intégrée à la conception du cuirassé nucléaire, du point de vue de la propulsion, provient de la classe Ford, tout comme la plupart des systèmes de combat, le système radar et le système de missiles», a-t-il détaillé.
«Le fait qu’il sera à propulsion nucléaire lui assurera l’autonomie nécessaire. Dans le Pacifique – un océan trois fois plus vaste que l’Atlantique – j’ai besoin de cette autonomie et de cette endurance pour disposer d’un navire doté d’une telle puissance de feu», a ajouté l’amiral Caudle.
Selon les éléments disponibles, le BBG[X] sera équipé d’un radar SPY-6 à panneaux fixes, de 128 cellules de lancement vertical Mk41 pour tirer des missiles surface-air, des missiles de croisière Tomahawk et les futurs missiles nucléaires SLCM-N. Il emportera également des missiles hypersoniques CPS et mettra en œuvre un canon électromagnétique et des armes laser. Ses deux tourelles de 127 mm passeraient presque pour anecdotiques.
Selon ses projections budgétaires, l’US Navy compte investir 17 milliards de dollars pour la construction de la tête de série à partir de 2028. Puis 13 milliards de dollars seront débloqués pour le second navire en 2030. Le coût de la troisième unité devrait s’élever à 11,5 milliards de dollars.
Pour rappel, porte-avions exceptés, la marine américaine a déjà exploité neuf navires de surface à propulsion nucléaire durant la Guerre froide, comme le croiseur USS Long Beach, le destroyer USS Truxtun ou encore la frégate USS Bainbridge.
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Romain
onto DEFENSE NEWS May 14, 3:02 PM
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