En avril 2024, le ministère britannique de la Défense [MoD] fit savoir qu’il avait retenu l’obusier automoteur RCH 155 de KNDS Deutschland dans le cadre du programme MFP [Mobile Fires Platform]. Et cela alors que la British Army venait de prendre possession de quatorze canons à roues Archer, livrés par BAE Systems Bofors AB, afin de compenser la cession à l’Ukraine d’une partie de ses systèmes AS90. Pour autant, aucune commande ne fut notifiée à l’industriel allemand.
Cette affaire resta en l’état jusqu’à l’annonce, le 29 décembre dernier, de la signature d’un accord sur «l’artillerie de pointe» avec l’Allemagne.
«L’acquisition d’un système d’artillerie capable de tirer en mouvement et d’atteindre des cibles situées à 70 km a été réalisée dans le cadre d’un important contrat de 52 millions de livres sterling [60 millions d’euros] entre le Royaume-Uni et l’Allemagne. […] Cet accord signifie que le Royaume-Uni recevra un démonstrateur du RCH 155, deux autres étant envoyés en Allemagne pour des essais conjoints», expliqua alors le MoD. Et il n’était toujours pas question de passer une commande, l’objectif étant «d’accélérer les délais d’acquisition et de réduire les coûts grâce au partage des données et des installations d’essais» entre les deux pays.
Il aura finalement fallu attendre près de six mois pour qu’une commande soit notifiée au consortium ARTEC GmbH, formé par KNDS Deutschland et Rheinmetall, par l’entremise de l’Organisation pour la coopération conjointe en matière d’armement [OCCAr]. C’est en effet ce qu’a annoncé le MoD, via un communiqué diffusé le 13 mai.
D’une valeur d’environ 1 milliard de livres sterling [soit 1,15 milliard d’euros], ce contrat porte sur la livraison de 72 RCH 155 à partir de 2028, l’objectif étant de permettre à la British Army de prononcer une capacité opérationnelle initiale avant la fin de cette décennie.
Pour rappel, le système RCH 155 est installé sur un véhicule blindé de combat d’infanterie Boxer, produit par Artec GmbH. En fonction des obus de 155 mm utilisés, il peut atteindre une cible située à des distances comprises entre 40 et 70 km. Hautement automatisé, sa cadence est de neuf tirs par minute. Enfin, grâce à sa capacité de tirer en mouvement, il est censé être moins vulnérable aux tirs de contre-batterie ennemis.
«En nous procurant de l’artillerie de nouvelle génération auprès de l’Allemagne, nous renforçons non seulement l’Otan face à l’agression russe croissante, mais nous créons également des emplois hautement qualifiés en Grande-Bretagne», a fait valoir John Healey, le secrétaire britannique à la Défense.
Effectivement, les RCH 155 commandés par le MoD seront en grande partie produits au Royaume-Uni. «Ce programme devrait […] contribuer à la création de 100 nouveaux emplois qualifiés sur le site de Rheinmetall à Telford, au maintien de 100 emplois chez KNDS à Stockport et à la préservation de 300 emplois au sein de la chaîne d’approvisionnement britannique», a-t-il précisé.
«La Grande-Bretagne a aidé l’Ukraine en lui fournissant des systèmes d’artillerie dès le début du conflit [avec la Russie]. Nous étions conscients du risque que cela engendrerait : une lacune dans nos capacités de combat. La réussite du contrat relatif au RCH 155, destiné à répondre à nos besoins en artillerie d’appui rapproché de 155 mm, en collaboration avec l’Allemagne, constitue une première étape importante dans le rétablissement de ces capacités», a commenté le général Simon Hamilton, le numéro deux de la British Army.
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Romain
onto DEFENSE NEWS May 14, 2:42 PM
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