En 2021, l’Administration suédoise du matériel de défense [Försvarets materielverk – FMV] attribua à Kockums [filiale de Saab] un contrat pour mener des études dans le cadre du programme «nouvelle génération de bâtiment de surface» [ou classe Luleå], lequel prévoyait la construction de cinq corvettes pour remplacer celles de la classe Visby. Et cela avec le concours du britannique Babcock.
Puis, en raison de l’évolution du contexte sécuritaire dans la région de la Baltique, la FMV décida d’abandonner le développement de nouvelles corvettes et d’acquérir, à la place, quatre frégates dotées de capacités surface-air et de lutte anti-sous-marine renforcées. Trois industriels furent donc sollicités à cette fin.
En février, Saab a annoncé avoir trouvé un accord avec Babcock pour soumettre la candidature de l’Arrowhead 120.
Affichant un déplacement de 4 650 tonnes pour une longueur de 124 mètres, ce navire doit être équipé du Système de gestion de combat Saab 9LV, d’un radar de surveillance Sea Giraffe 4A, d’un sonar de coque, d’un sonar remorqué, de drones et d’un hélicoptère NH90 NFH ou MH60 SeaHawk. Son armement reposera sur des missiles antinavires RBS-15, des missiles surface-air Sea Ceptor/Aster, des torpilles légères et un canon Bofors de 57 mm.
«L’Arrowhead 120 est une frégate adaptée à la défense aérienne et à la chasse aux sous-marins en mer Baltique, en mer du Nord et dans l’Arctique. Elle a l’autonomie nécessaire pour effectuer de longues missions», a alors affirmé Lars Brännström, le directeur adjoint de Saab Kockums.
Plus récemment, Navantia a confirmé la candidature de sa frégate ALFA 4000, dont les caractéristiques sont assez proches de celles de l’Arrowhead 120. C’est «l’option qui présente le moins de risques et qui correspond le mieux aux exigences de la marine suédoise», a fait valoir l’industriel espagnol, en avril. Et de garantir qu’il serait en mesure de livrer les deux premières unités en 2030 et les deux autres en 2031.
Mais à en croire l’hebdomadaire économique Affärsvärlden, qui cite des «sources bien informées», le chef d’état-major de la marine suédoise, l’amiral Johan Norlén privilégierait la troisième solution proposée dans le cadre de cet appel d’offres, à savoir la Frégate de défense et d’intervention [FDI / classe Amiral Ronarc’h] du français Naval Group. Et pour une raison simple : à la différence des deux autres, ce navire est déjà opérationnel.
Selon Affärsvärlden, le fait que la France puisse proposer un «navire existant, entièrement équipé de systèmes de défense aérienne et de missiles, en vendant un navire de sa propre flotte» serait un élément déterminant. «Cela donnerait à la Suède la possibilité de commencer à former ses équipages et à acquérir de l’expérience plusieurs années plus tôt que les autres solutions envisagées», écrit-il.
Il est peu probable que la FDI «Amiral Ronarc’h» soit concernée puisqu’elle effectue actuellement son déploiement de longue durée [DLD] en vue de son admission prochaine au service actif. En revanche, devant être livrée à la Marine nationale en 2028, il n’est pas impossible que la FDI Amiral Louzeau prenne finalement la direction de la Suède… alors que la Direction générale de l’armement [DGA] a récemment mis en avant le concept de «coque blanche».
«Sur la question des financements innovants, par exemple, on anticipe des commandes, on finance des coques blanches de frégates de premier rang, ce qui permet d’optimiser le planning de production, de réduire les prix et de rendre le matériel immédiatement disponible pour un [client] export», avait en effet expliqué Emmanuel Chiva, alors Délégué général pour l’armement, lors d’une audition parlementaire, en octobre dernier.
Et d’ajouter : «On a commandé des frégates de défense et d’intervention, on analyse les ‘prospects’ exports. Cette approche ‘coque blanche’ nous permet d’ajuster le fait de dire que cette frégate sera pour la France ou pour l’export. […] Certains pays vont lancer des compétitions. Si la France [les] remporte, on saura répondre dans les délais».
Pour rappel, affichant un déplacement de 4500 tonnes pour une longueur de 122 mètres, la FDI est dotée d’un sonar de coque KingKlip Mk2, d’un sonar remorqué CAPTAS-4, de la suite de guerre électronique «SENTINEL», du système de communications navales intégré «Aquilon», de lanceurs verticaux Sylver A50 pour des missiles Aster 15 et Aster 30, d’une tourelle de 76 mm, de canons de 20 mm téléopérés, de torpilles MU-90 et de missiles antinavires Exocet. Enfin, elle peut mettre en œuvre un hélicoptère NH90 et des drones aériens.
Cela étant, l’expérience de ces dernières années invite à une certaine prudence, les préférences exprimées par les responsables militaires n’étant toujours pas confirmées au niveau politique. A priori, avance l’hebdomadaire suédois, l’option de l’ALFA 4000 est considérée comme étant «la moins probable».
Le programme Luleå devrait donc se jouer entre Naval Group et le tandem Saab/Babcock, sachant que, a noté le journal Dagens Industri, la mise à l’écart de ce dernier aurait «des répercussions industrielles majeures sur l’industrie de la défense suédoise». Le nom du vainqueur devrait en principe être annoncé d’ici la fin de ce semestre.
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Romain
onto DEFENSE NEWS May 14, 2:45 PM
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