Un bilan annuel amène souvent son lot de surprises. Celui portant sur le budget 2025 des armées françaises ne déroge pas à la règle et met en lumière un coup d’accélérateur consenti en faveur de la défense surface-air basse couche (DSABC).
Plus de 1 Md€ en autorisations d’engagement a finalement été alloué au programme DSABC en 2025 au lieu des 251 M€ inscrits à l’origine. La raison avancée ? Le besoin « d’accélérer les réalisations du fait du contexte international ». Drones, missiles et munitions téléopérées prolifèrent et évoluent en effet toujours plus rapidement, la dynamique ne faisant que renforcer l’urgence capacitaire à laquelle les armées font aujourd’hui face.
DSABC bénéficie donc « à la fois d’une réorientation des priorités et d’une mesure de réarmement qui sera mise en œuvre à compter de 2026 ». De quoi lancer un nouvel incrément qui permettra de progresser sur plusieurs axes. Du côté des aviateurs, premièrement, l’investissement aura permis d’acquérir quatre lanceurs VL MICA qui viendront compléter les huit commandés un an plus tôt et les deux systèmes livrés en un temps record en 2024.
S’y ajouteront 10 moyens de transport et de chargement des munitions, un complément de développement pour la mise en oeuvre de missiles MICA de nouvelle génération, l’évolution des Tactical Operating Centers (TOC), ainsi que des lots de missiles à des fins de recomplètement. L’incrément annonce également le lancement de travaux de compatibilité avec un système moyenne portée SAMP/T NG désormais dans les mains de l’armée de l’Air et de l’Espace. Les huit modules d’engagement dont celle-ci dispose aujourd’hui seront rétrofittés pour déboucher sur un système multi-couche combinant les missiles Aster et MICA.
Mais la véritable surprise est ailleurs. Selon le document, une primo capacité de canons de 40 mm terrestre est officiellement sur les rails. Deux premiers systèmes RapidFire terrestre sont en effet inscrits au calendrier pour une commande intervenant au plus tôt cette année et théoriquement au profit de l’AAE. Cette solution, KNDS France et Thales la poussent depuis un moment. Bien qu’orienté vers un besoin terrestre à l’origine, le RapidFire aura d’abord fait ses armes dans la Marine nationale avant de revenir à terre pour être décliné en plusieurs variantes mobiles et semi-mobiles. Plus simple à développer, cette dernière pourrait être livrée dès fin 2027 aux forces si celles-ci actent l’investissement.
Enfin, DSABC s’élargit à un autre acquisition pressentie de longue date, celle portant sur des radars de surveillance Giraffe 1X produits par le groupe suédois Saab. L’enveloppe supplémentaire amène de quoi acquérir 16 exemplaires, dont la moitié en 2025. Destinés à l’armée de Terre, ces radars 3D viendront renforcer une capacité notamment construite autour des systèmes PROTEUS Std 2 et plateaux PAMELA. Tous deux bénéficient progressivement d’un nouveau porteur fourni par Scania, châssis sur lequel le radar G1X sera a priori à son tour intégré.
Seule ombre au tableau, le renforcement du stock de missiles MISTRAL 3 subit quelques aléas. Attendue en 2024, une livraison partielle est maintenant décalée à 2026 « suite à des retards industriels ». De même, la commande de munitions initialement prévue l’an dernier « a été annulée », indique le document sans davantage de détails.
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Romain
onto DEFENSE NEWS Today, 2:33 PM
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