Pour expliquer les difficultés du Système de combat aérien du futur [SCAF], projet mené par la France, l’Allemagne et l’Espagne, certains commentaires, notamment faits outre-Rhin, accusent Dassault Aviation de ne pas avoir l’habitude de coopérer avec d’autres industriels. C’est lui faire un mauvais procès, comme il l’a démontré en dirigeant le développement du démonstrateur de drone de combat nEUROn avec cinq autres entreprises européennes. Et il le démontre encore avec son avion spatial VORTEX [Véhicule Orbital Réutilisable de Transport et d’EXploration].
Pour rappel, le projet VORTEX a officiellement été lancé lors de l’édition 2025 du salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, via la signature d’une convention de soutien par la Direction générale de l’armement [DGA] et le Centre national des études spatiales. Une enveloppe de 30 millions d’euros a été débloquée à cet effet.
Pour le mener à bien, Dassault Aviation entend suivre un «processus d’innovation incrémental» comptant quatre étapes : VORTEX D [démonstrateur à l’échelle 1/3], VORTEX S [« Smart Free Flyer » à l’échelle 2/3], VORTEX C [cargo] et VORTEX M [vol habité].
«Nous y allons par étapes, avec un démonstrateur que nous testerons en suborbital, puis en orbital, puis avec un équipage. Nous aurons besoin d’un petit lanceur très flexible pour le lancer», avait en effet expliqué Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, avant d’évoquer d’éventuelles coopérations avec des partenaires européens, dans les pages du Figaro, en juin dernier.
La phase VORTEX D doit permettre de lever les risques «liés à la configuration de l’avion spatial dans les phases critiques d’une rentrée hypersonique» et de valider les systèmes de contrôle de vol ainsi que de nouvelles technologies clefs.
Depuis le salon du Bourget, Dassault Aviation s’est attaché à trouver des partenaires. En novembre, il s’est ainsi associé à OHB, le constructeur allemand de satellites devant apporter ses connaissances du milieu exoatmosphérique. Mais cette coopération en annonce d’autres.
En effet, le 21 avril, l’entreprise espagnole Arkadia Space a fait savoir qu’elle venait d’être retenue par Dassault Aviation pour «développer et fournir un système de propulsion complet» pour le VORTEX-D.
«Ce contrat s’inscrit dans le cadre de la première phase du programme, VORTEX-D, un démonstrateur technologique conçu pour valider les capacités critiques du véhicule final. Le système de propulsion d’Arkadia, qui comprend des réservoirs, de l’électronique et des propulseurs monergols ARIEL, fera office de système de contrôle de réaction [RCS] du véhicule et tiendra un rôle essentiel lors des phases en haute altitude de la mission, où la précision et la fiabilité sont primordiales», a expliqué l’entreprise espagnole.
À ce jour, Dassault Aviation n’a fait aucun commentaire sur ce contrat.
Le vol inaugural du VORTEX-D est prévu en 2028. «Il s’agit de montrer ce que nous savons faire – envoyer un engin d’une certaine taille, capable d’aller dans l’espace et d’en revenir, avec une certaine capacité d’emport. Cette démonstration générera ensuite une réflexion stratégique et militaire pour l’usage de ce véhicule», avait dit M. Trappier, lors d’une audition au Sénat.
Et d’ajouter : «L’avantage de pouvoir revenir, c’est que le reconditionnement est plus rapide, vous pouvez repartir avec des petites fusées. Cela offre des avantages pour des missions autonomes, par exemple pour faire des médicaments dans l’espace, en tirant avantage du vide. Il y a des possibilités dans le domaine militaire, avec un peu d’imagination – et beaucoup de gens en ont.»
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Romain
onto DEFENSE NEWS Today, 2:46 PM
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