Le 8 avril, lors d’une audition à l’Assemblée nationale pour évoquer le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30, Catherine Vautrin, la ministre des Armées, a confirmé qu’une étude sur une capacité de char de combat intérimaire allait être financée afin de «faire la jonction» entre le retrait du Leclerc et l’arrivée du Système principal de combat terrestre [MGCS – Main Ground Combat System], dont le développement est en train de prendre une «dizaine d’années» de retard en raison de la décision allemande de lancer le programme Leopard 3.
«L’enjeu de cette capacité intermédiaire est qu’elle soit la première brique du MGCS. Elle sera non pas le dernier char d’ancienne génération mais le premier char de nouvelle génération. Nous en sommes aux prémices», a expliqué Mme Vautrin après avoir évoqué l’intégration d’une «tourelle française» sur une plateforme de KNDS France ou de KNDS Deutschland.
Mais ce choix n’était pas encore arrêté lors d’une audition du Délégué général pour l’armement [DGA], Patrick Pailloux, par la commission sénatoriale des Affaires étrangères, le 23 février dernier.
À ce moment-là, selon Hélène Conway-Mouret, rapporteure pour avis sur le programme 146 «Équipement des forces», trois options étaient alors sur la table pour trouver un successeur au Leclerc dans l’attente de la mise en service du MGCS, à savoir «une tourelle française sur un châssis allemand, une construction franco-française ou un achat à l’Allemagne sur étagère», avec le «risque de nous faire perdre toutes les compétences sur ce segment».
Le DGA a confirmé les informations de Mme Conway-Mouret. «Pour la capacité ‘char intermédiaire’ dans la perspective du MGCS, les trois scénarios que vous avez mentionnés sont bien envisagés, pour une cible intermédiaire à 200 chars. L’arbitrage n’a pas encore eu lieu. Toutefois, le choix d’une tourelle française sur un châssis allemand est sans doute le plus rationnel et le plus rapide», a-t-il dit.
Depuis, et comme l’a indiqué Mme Vautrin devant les députés, un arbitrage a donc été fait en faveur de l’intégration d’une tourelle française [très probablement dotée du système ASCALON de KNDS France] sur un châssis allemand.
«Sur ce point, j’ai discuté avec le général Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, de l’avenir du combat terrestre. Aujourd’hui, les chars sont devenus des plateformes d’artillerie, comme nous le voyons en Ukraine», a ajouté M. Pailloux.
Cela étant, il n’est pas certain que cette orientation satisfasse le CEMAT, dont la priorité est de ne pas rater le virage de la robotisation.
«Actuellement, j’ai 200 chars. Demain, il faudra à peu près 200 MGCS ou équivalents. Comment faire la transition ? Nous l’avons engagée en modernisant les Leclerc. À un moment donné, j’aurai les 200 engins du système futur. Entre les deux, comment faire ? L’option idéale, que j’appelle de mes vœux, est que ce char futur robotisé cloud arrive suffisamment tôt pour prendre la suite des Leclerc rénovés. Mais si cela n’est pas possible, il faudra une solution intermédiaire. Et cette solution, je vous le dis clairement, ne peut pas consister en l’achat de 200 chars de transition» car leur «coût empêcherait d’emblée de prendre la marche de la robotisation», avait expliqué le général Schill aux sénateurs, en novembre dernier.
Une position qu’il a peu ou prou réaffirmée devant les députés, le 9 avril. «Nous confortons un certain nombre d’études et de démarches de façon non pas à acheter un char intermédiaire […] mais à acheter des premières briques de cette capacité de char future, qui sera franco-française si, d’ici-là, on n’a pas réussi à converger avec les Allemands», a-t-il en effet expliqué, en soulignant l’accélération des évolutions technologiques, en particulier dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la robotique.
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Romain
onto DEFENSE NEWS April 12, 3:54 PM
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