Cette nuit, les forces spéciales américaines ont capturé le président Maduro à Caracas. Pour ce faire, les forces spéciales pouvaient compter sur de nombreux soutiens : avions de guerre électronique, avions furtifs, hélicoptères de combat,... De premières images confirment déjà des destructions dans la capitale du Venezuela.
Capture du président vénézuélien
Dans la nuit du 2 au 3 janvier, Caracas, la capitale du Venezuela, était secouée par de multiples explosions. Pour l'instant, il n'est pas possible de lister avec exactitude les frappes mais plusieurs informations laissent à penser qu'une partie des explosions avaient eu lieu sur des sites militaires et un centre de communication. Ces explosions ne sont absolument pas accidentelles : elles avaient pour but de couvrir un raid de forces spéciales américaines. Donald Trump, président des États-Unis, a annoncé sur le réseau social Truth que le raid en question avait permis la capture de Nicolas Maduro, président du Venezuela, et de son épouse.
Des avions en tout genre
Reuters a publié à 12h10 une image très intéressante de la base aérienne de Roosevelt Roads. Pour rappel, celle-ci est une ancienne base américaine sur l'île de Porto Rico. Depuis la montée des tensions entre les États-Unis et le Venezuela, l'ancienne base accueille à nouveau des appareils américains de façon temporaire, avec des radars mobiles et autres systèmes pour créer une base aérienne temporaire.
L'image de Reuters montre un avion de combat furtif F-35A Lightning II en train d'atterrir, très certainement après une mission au-dessus du Venezuela. Mais l'image ne montre pas uniquement un F-35A : en arrière-plan, un œil avisé aura aperçu que deux avions de guerre électronique EA-18G Growler ont leurs feux allumés. Ces appareils sont également indispensables pour des frappes aériennes en territoire ennemi. Grâce à leurs pods de brouillage électronique, ils peuvent brouiller à distance les différents radars vénézuéliens. Et si une destruction est nécessaire, ils peuvent aussi emporter des missiles antiradars AGM-88 HARM.
Fin de raid sur Caracas pour ce F-35A Lightning II et deux EA-18G Growler à Roosevelt Roads (3 janvier 2026).
Fin de raid sur Caracas pour ce F-35A Lightning II et deux EA-18G Growler à Roosevelt Roads (3 janvier 2026). © Reuters
Une image publiée à 13h46 permet aussi d’apercevoir des avions de chasse furtifs F-22A Raptor. Ceux-ci sont tous armés de missiles air-air courte portée AIM-9X Sidewinder au niveau de leurs soutes supérieure. Il faut s’attendre que la soute inférieure de ceux-ci emporte également des missiles air-air AIM-120 AMRAAM à bien plus longue portée. Ces avions ont permis d’assurer la protection aérienne du ciel au-dessus de la région de la capitale vénézuélienne afin de contrer toute menace d’éventuels avions de combat F-16A/B Fighting Falcon ou Su-30MKV Flanker vénézuéliens.
Des images montrent aussi l’atterrissage de plusieurs C-130J Super Hercules, en ce compris au moins un HC-130J. En plus de pouvoir ravitailler en vol des avions, hélicoptères et tiltrotors, cet appareil est spécialement modifié pour récupérer des personnels en territoire ennemi ou soutenir une telle opération. Pour ce faire, il dispose d’une suite d’autoprotection avancée, différents systèmes de navigations pour un vol en territoire ennemi en très basse altitude et ce, par n’importe quel temps, de jour comme de nuit.
Six avions de chasse furtifs F-22A Raptor américains armés à minima d'AIM-9X Sidewinder à Roosevelt Roads (3 janvier 2026).
Six avions de chasse furtifs F-22A Raptor américains armés à minima d'AIM-9X Sidewinder à Roosevelt Roads (3 janvier 2026). © Reuters
Il en manque deux !
Si aucune image ne confirme qu’ils ont été de la partie, deux avions importants avaient été filmés précédemment sur cette même base de Porto Rico. Il s’agit d’au moins un avion de guerre électronique EC-130H Compass Call et d’un avion de relais de communication E-11A. Ce dernier est surnommé le « Wifi du ciel » : il vole à haute altitude et collecte les différentes communications, images, vidéos,… émises afin de les traduire en données compatibles par d’autres systèmes. Ce véritable relais de communication permet ainsi d’améliorer grandement l’interopérabilité dans le cadre d’une opération complexe… comme ce fut certainement le cas cette nuit.
Au niveau du Compass Call, ce dernier se base sur un avion de transport tactique C-130H Hercules. Toutefois, il a été modifié en profondeur pour assurer différentes missions de guerre électroniques. Tout comme les EA-18G, il peut brouiller les radars des défenses aériennes. Il peut aussi brouiller les diminuer l’efficacité des systèmes de commandement en brouillant leurs communications à longue distance. Même s’il s’agit d’un appareil en fin de service, les détails des systèmes intégrés sont classifiés. Il s’agit peut-être de leur dernière mission sur le terrain, avec l’arrivée de leur remplaçant : l’EA-37B Compass Call.
Atterrissage à Davis-Monthan d'un avion de guerre électronique EC-130H Compass Call de l'USAF (31 août 2021).
Atterrissage à Davis-Monthan d'un avion de guerre électronique EC-130H Compass Call de l'USAF (31 août 2021). © USAF
Un soutien naval ?
En mer, des navires ont également pu ouvrir la voie en frappant différents sites menaçants pour les avions de combat américains à l'aide de missiles de croisière longue portée Tomahawk. Au 29 décembre 2025, l'USNI identifiait plusieurs navires de guerre américains en mer des Caraïbes. Parmi ceux-ci, quatre peuvent justement emporter et tirer les précieux Tomahawk :
les destroyers lance-missiles USS Stockdale (DDG-106, classe Arleigh Burke IIA) et USS Thomas Hudner (DDG-116, classe Arleigh Burke IIA).
les croiseurs lance-missiles USS Lake Erie (CG-70, classe Ticonderoga) and USS Gettysburg (CG-64, classe Ticonderoga).
Il est pour l'instant trop tôt pour confirmer leur implication directe ou leur appui indirect à l'opération. Il n'empêche, la présence des deux croiseurs Ticonderoga interroge. L'US Navy retire progressivement cette classe de croiseur. Ils sont principalement utilisés pour escorter les porte-avions américains et assurer leur défense antiaérienne et antimissile. Or, avec moins d'une dizaine de navires encore en service, en enlevant les navires en entretien et les navires dont l'équipage s'entraine en vue d'un déploiement, avoir deux croiseurs Ticonderoga sur une même zone d'opération est une occasion très rare... et bien souvent pas un hasard ! D'ailleurs, comme démontré dans la vidéo ci-dessous, le Gettysburg participait également aux frappes de Tomahawk sur les rebelles houthis au Yémen en mars 2025.
L'Aéronavale est aussi de la partie
En mer des Caraïbes, le Carrier Strike Group 12 (CSG 12) était déployé. Cette escadre est centrée autour du porte-avions USS Gerald R. Ford (CVN-78, classe Gerald R. Ford) et de son important groupe aéronaval embarqué. Au niveau avions de combat, celui-ci comprend trois escadrons de F-18E Super Hornet, un escadron de F-18F et un escadron d'avions de guerre électronique EA-18G. Il dispose aussi d'un escadron d'avions de guet aérien avancé et de commandement aéronaval E-2D Adanced Hawkeye. Il est presque certain qu'au moins un E-2D assurait la surveillance aérienne longue portée de l'opération. Trois destroyers lance-missiles assurent la protection du porte-avions : les USS Mahan (DDG-72, classe Arleigh Burke II), USS Winston S. Churchill (DDG-81, classe Arleigh Burke IIA) et USS Bainbridge (DDG-96, classe Arleigh Burke IIA). Il n'est pas possible de savoir s'ils étaient impliqués dans l'opération.
En revanche, il est sûr et certain que le groupe aérien amphibie présent également dans les Caraïbes a été impliqué. Ce dernier est composé des navires de soutien aux opérations de débarquement USS San Antonio (LPD-17, classe Antonio I) et USS Fort Lauderdale (LPD-28, classe Antonio I), centrés autour du USS Iwo Jima (LHD-7, classe Wasp). Ces navires transportent un contingent de marines avec tout leur équipement : navires de débarquement, blindés, logistique, artillerie,... mais aussi des avions de combat AV-8B Harrier et hélicoptères de combat AH-1Z Viper. Cependant, les images récentes du USS Iwo Jima, de même que les images de Roosevelt Roads et de l’aéroport de Mercedita montrent que la totalité du groupe aérien a été débarqué sur ces deux aéroports.
Le navire et très certainement les deux autres LPD étaient donc concentrés sur une seule mission : le transport et la mise en préparation des différents hélicoptères du 160th SOAR. Des images de frappes confirment l’utilisation d’hélicoptères armés de canons ou de mitrailleuses ainsi que de pods roquettes. Il pourrait s’agir d’hélicoptères de combat AH-1Z Viper des Marines. Toutefois, cette unité de l’US Army dispose de Black Hawk et de Little Bird profondément modifiés. Certaines versions gardent leur capacité de transport de troupes… mais d’autres la perde au profit d’un armement très varié. L’objectif est justement d’utiliser les même Black Hawk spéciaux mais armés jusqu’aux dents pour pouvoir garder des capacités de vols similaires aux hélicoptères de transport tout en offrant une capacité d’appui feu (pods roquettes, mitrailleuse et/ou canon), antichar (missile antichar), défense aérienne (MANPADS),… Il est fort probable que les images décrites d’hélicoptères de combat « Viper » ou même d’ « Apache » américains sur Caracas soient en réalité ces mêmes Little Bird ou Black Hawk en configuration d’attaque au sol.
Un navire spécial
En dehors des capacités de combat, le 160th SOAR était aussi déployé avec certains hélicoptères de transport lourd également modifiés au profit des Forces spéciales. Une vidéo tournée durant le raid montre d’ailleurs de nombreux Black Hawk et quelques Chinook voler en formation.
D'ailleurs, de précédentes images confirment la présence dans la zone de cette unité unique. En effet, des hélicoptères légers MH-6M Little Bird et un hélicoptère moyen MH-60M Black Hawk de cette même unité avaient été photographiés en octobre 2025. Ceux-ci étaient probablement basés sur le très secret navire M/V Ocean Trader. Celui-ci est spécialisé dans le soutien aux opérations de forces spéciales et dispose de hangar et d'un large pont pouvant accueillir les hélicoptères des forces spéciales.
Une défense existante…
Si l'Armée vénézuélienne n'est clairement pas une force militaire de premier rang, elle dispose toutefois d'une défense antiaérienne variée. Des images publiées par le Venezuela avaient d'ailleurs montré le déploiement de systèmes antiaériens mobiles courte à moyenne portée S-125 Pechora-2M (SA-26). Pour rappel, le S-125 date des années 1960 mais il s'agit là d'une version améliorée dans les années 2000 : portée allongée, charge destructive améliorée, modification des systèmes électroniques,… Le SIPRI annonce que 11 systèmes ont été acquis en seconde main à la Russie en 2008 mais différentes annoncent estiment que l’Armée vénézuélienne en détiendrait jusqu’à une quarantaine.
En revanche, l’année suivante, toujours d’après le SIPRI, le Venezuela a commandé à la Russie de plus récent systèmes antiaériens courte portée Buk-M2E (SA-17) et longue portée S-300VM (SA-23 Giant/Gladiator). Ils auraient été livrés en 2013, avec des estimations tournant autour d’une petite dizaine de Buk et une douzaine de S-300. Des MANPADS, soit des systèmes antiaériens très courte portée tirés depuis l’épaule, équipent aussi les Forces armées vénézuéliennes. La Russie aurait récemment transféré des Buk supplémentaires ainsi que des systèmes antiaériens très courte à courte portée Pantsir (SA-22 Greyhound) mais il n’est pas possible de confirmer avec certitude cette information.
… et une maitrise américaine
Il n’empêche, malgré des déploiements de certains systèmes antiaériens dans la région de Caracas, le raid américain ne semble pas avoir subi de perte. Il est probable que la menace antiaérienne avait été brouillée par les Growler américains, voire rendue totalement aveugle par la destruction des radars d’acquisition des différentes batteries.
Ce raid fait écho au raid héliporté russe sur l’aérodrome d’Hostomel. Pour rappel, aux premières lueurs du jour, des hélicoptères de transport moyen et de combat russes avaient déposé des militaires russes sur l’aéroport d’Hostomel, non loin de Kiev. Cependant, l’utilisation de MANPADS et l’organisation de contre-attaques rapides par les Forces armées ukrainiennes avaient fait échouer le raid. Cette nuit, les Forces armées américaines avaient cumulé de nombreux moyens pour soutenir leurs forces spéciales, comme expliqué plus haut. D’ailleurs, la maîtrise de l’espace aérien semblait totale pour les hélicoptères américains. Toutefois, ces deux opérations recherchaient des buts bien différents : les Russes cherchaient à conquérir et garder le terrain pour utiliser l’aéroport comme tête de pont avancée. Les Américains ont uniquement opéré quelques heures en territoire hostile avec l’objectif de saisir un asset spécifique.
Alors certes, la surprise a très certainement joué un effet négatif sur l'efficacité des forces militaires et paramilitaires vénézuéliennes au début de l’action. Il faut toutefois nuancer leurs capacités réelles : à quel point étaient-ils formés sur les systèmes antiaériens ? Est-ce que le président Maduro avait un soutien complet de ses Forces armées ?... Inversement, en face, le Pentagone a monté une opération combinée, utilisant à la fois des unités spéciales, des navires, des avions spécialisés,… des différentes branches et même un très secret drone furtif RQ-170 !
Enfin, les dires du Président américain laissent penser à une opération conjointe avec des forces de police américaine. Au vu de la description fournie dans cet article, il est clair et net qu'il s'agit d'une pure opération militaire au niveau des actions principales.
Article modifié le 4 janvier à 11h56 (LHD vidé au profit du 160th SOAR).
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Romain
onto DEFENSE NEWS January 4, 9:25 AM
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