En octobre, la Marine nationale fit savoir que le vice-amiral d’escadre Xavier Petit, le commandant de la Force océanique stratégique [ALFOST] venait de présider la cérémonie de prise d’armement pour essais [PAE] du de Grasse, le quatrième sous-marin d’attaque [SNA] appartenant à la classe Suffren [ou Barracuda].
« Cet événement unique dans le cycle de vie d’un sous-marin, a vu l’équipage bleu du De Grasse, commandé par le capitaine de frégate Owen, prendre responsabilité du bâtiment pour conduire les essais à quai, puis à la mer », avait-elle souligné.
Cette PAE suggérait que la mise en route de la chaufferie nucléaire K15 de ce nouveau SNA était imminente… alors que, lors de son transfert vers le dispositif de mise à l’eau [DME], à Cherbourg, Naval Group et TechnicAtome avaient indiqué que son lancement était prévu en 2026.
Quoi qu’il en soit, le 12 décembre, le ministère des Armées a annoncé la mise en route de la chaufferie nucléaire de ce quatrième SNA de type Barracuda, à Cherbourg.
« Le démarrage de la chaufferie nucléaire, appelée ‘divergence’, est un jalon majeur qui consiste à enclencher pour la première fois une réaction nucléaire maîtrisée dans le cœur du réacteur nucléaire de propulsion du navire », a-t-il expliqué.
Plus précisément, effectuée depuis le Poste de conduite de propulsion [PCP] du sous-marin par les équipes de Naval Group et TechnicAtome, avec le soutien de l’équipage d’armement, la « divergence » consiste à déclencher la réaction en chaîne de fission de l’uranium dans le cœur du réacteur. Elle ne peut se faire qu’après un feu vert donné par le Délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les installations intéressant la défense [DSND].
« Le démarrage de la chaufferie nucléaire est une étape essentielle dans la vérification du bon fonctionnement de la propulsion. Elle intervient avant les essais à la mer, prévus au premier semestre 2026 en vue de sa livraison », a précisé le ministère des Armées.
Actuellement, avec le Suffren, le Duguay-Trouin et le Tourville, la Marine nationale met en œuvre trois SNA de type Barracuda. Elle compte deux SNA de type Rubis, à savoir l’Améthyste et la Perle, dont le retrait du service pourrait être décidé plus tôt que prévu, alors que les réparations – inédites – dont elle fit l’objet en 2021 devaient lui permettre de naviguer jusqu’en 2030.
Les deux derniers SNA de type Barracuda, le Rubis et le Casabianca, sont « en construction à des stades d’avancement différents, avec des livraisons prévues d’ici 2030, conformément à la Loi de programmation militaire 2024-2030 », a rappelé le ministère des Armées.
Pour rappel, décrit comme étant une « bête de guerre » par l’amiral Nicolas Vaujour, le chef d’état-major de la Marine nationale, un SNA de type Barracuda affiche un déplacement de 5 300 tonnes en plongée pour une longueur de 99 mètres et un diamètre de 8,8 mètres. Ses capteurs sont dix à quinze fois plus performants que ceux d’un SNA de la classe Rubis. Encore plus discret, il est armé de missiles antinavires Exocet SM39 modernisés, de torpilles lourdes filoguidées F21, des mines et de missiles de croisière navals [MdCN].
« Il est particulièrement adapté à la lutte contre les sous-marins et il embarque un certain nombre de technologies [intelligence artificielle, mât optronique, etc.]. Il est notamment équipé d’une barre en X, qui le rend plus manœuvrable. Le MdCN ajoute une capacité militaire redoutable : il permet au sous-marin de s’approcher d’une côte sans être vu et de porter la frappe souhaitée », avait résumé l’amiral Vaujour, lors d’une audition parlementaire.
Photo : SNA de Grasse, lors de son transfert vers le DME
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Romain
onto DEFENSE NEWS December 13, 2025 7:45 AM
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