Ancienne colonie britannique en Amérique du Sud, le Guyana connaît une expansion économique foudroyante, avec un PIB par habitant passé de 1 000 à 20 700 dollars en moins de vingt ans et un taux de croissance de plus de 30 % en 2023. Ces résultats sont largement dus aux récentes découvertes de pétrole, qui lui ont permis de se hisser au troisième rang des pays producteurs d’hydrocarbures du continent, derrière le Venezuela et le Brésil. Cette tendance n’est pas près de s’inverser, ses réserves étant estimées à au moins 9 milliards de barils.
La richesse du Guyana provient essentiellement du territoire de l’Essequibo, lequel est bien pourvu en ressources minières [or, diamants, uranium, manganèse et bauxite]. Aussi, cette région de 160 000 km² est-elle convoitée par le Venezuela voisin, dont la santé économique a pâti des effets de la « révolution bolivarienne », censée préfigurer le « socialisme du XXIe siècle ».
Cela étant, sur le papier, les forces de défense du Guyana [GDF] auraient du mal à contrer une éventuelle invasion de l’Essequibo. Ne comptant que 3 400 militaires d’active [selon des données de 2023], elles disposent d’équipements souvent obsolètes, à l’image, par exemple, du pistolet-mitrailleur Sten de la Seconde Guerre Mondiale. Et leur aviation se limite à quelques hélicoptères et au moins six avions de transport.
Quoi qu’il en soit, ce n’est pas le plan d’investissement qui, annoncé en février 2024 avec une dotation de 200 millions de dollars qui permettra aux forces du Guyana de rivaliser avec celles du Venezuela. En tout cas, cette enveloppe leur a permis de commander un patrouilleur OPV 190 auprès du chantier naval français Ocea. Ce que Caracas n’avait pas manqué de critiquer au moment de la signature du contrat, en avril 2024.
À cette époque, évoquant le curieux concept de « réarmement diplomatique », le Quai d’Orsay avait annoncé l’ouverture prochaine d’une ambassade à Georgetown. C’est « une première pour un pays membre de l’Union européenne », avait-il alors souligné.
Pour l’instant, cette emprise diplomatique n’a pas encore été inaugurée. C’est en effet l’ambassade de France au Suriname qui, le 8 mai, a annoncé le don de quarante jumelles de vision nocturne [JVN] Sophie DIPT19B, avec leurs batteries et chargeurs, aux forces armées de Guyana. Et cela au titre du programme « SOL-STRAT » [pour « SOLidarité STRATégique].
Organisée le 28 avril à l’aéroport Correia-Oggle de Georgetown, la « cérémonie officielle a eu lieu en présence du chargé d’affaires français au Guyana, Jean-Jacques Forte et de l’attaché de défense pour le Suriname et non résidant pour le Guyana, le lieutenant-colonel Jean-Marc Moulin ainsi que l’ensemble des officiers de l’état-major des GDF », a indiqué l’ambassade.
Ces JVN ont été acheminées au Guyana par un Casa CN-235 des Forces armées en Guyane [FAG]. Une « instruction technique » a été « réalisée auprès des militaires guyaniens par deux experts optronique du 9e Régiment d’Infanterie de Marine [RIMa] », a précisé la même source, avant de souligner que ce don « illustrait le soutien de la France aux forces de défense du Guyana pour accroître les capacités de surveillance de leur territoire ».
Selon le « plan d’action des cessions » publié par le ministère des Armées en septembre 2024, 135 JVN « Sophie » doivent être retirés du service entre 2025 et 2026 pour être ensuite éventuellement cédées à « titre gracieux » à des forces armées partenaires.
Photo : Ambassade de France au Suriname
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Romain
onto DEFENSE NEWS May 11, 2025 10:07 PM
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