L’an passé, la perspective de voir la Belgique rejoindre la France, l’Allemagne et l’Espagne au sein du projet de Système de combat aérien du futur [SCAF] avait donné matière à polémique, Dassault Aviation n’ayant pas caché ses réticences tandis que d’autres industriels impliqués, comme Safran, exprimèrent leur approbation.
À l’époque, la phase 1B du projet, censée ouvrir la voie à un démonstrateur, venait à peine d’être lancée avec un investissement de 3 milliards d’euros, après de longs mois de discussions pour aplanir de sérieux désaccords entre les filiales allemande et espagnole d’Airbus Defence & Space et Dassault Aviation, maître d’œuvre pour l’avion de combat de nouvelle génération [NGF, New Generation Fighter], sur lequel reposera un « système de systèmes ».
« Je pense qu’il faut nous en tenir à ce sur quoi nous nous sommes engagés, ce qui n’est déjà pas facile. Nous devons réaliser la phase 1B à trois. J’espère que nous poursuivrons avec la phase 2, qui permettra de faire voler le futur avion, toujours à trois. Si on veut élargir la coopération, les discussions seront plus longues. Je rappelle que nous, Français, nous ne représentons plus qu’un tiers de ce projet. Je crains qu’aller plus loin ne se traduise par une perte de compétences utile », avait ainsi fait valoir Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, en ironisant sur la création d’un « club F-35 au sein du projet SCAF », la Belgique et l’Allemagne ayant opté pour le chasseur-bombardier américain.
« Sur le fond, il est totalement logique que la Belgique souhaite se joindre à un des grands programmes européens d’avions de combat du futur. Et évidemment, mon souhait, c’est que la Belgique se joigne plutôt au Scaf qu’au Tempest », avait rétorqué Olivier Andriès, le PDG du groupe Safran.
Finalement, lors de l’édition 2023 du salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, ceux qui étaient favorables à une participation de la Belgique au projet SCAF eurent gain de cause. Mais encore fallait-il en déterminer les modalités. « C’est une évolution majeure. Cet élargissement permettra d’ancrer encore davantage en Europe ce projet au cœur de la défense aérienne de demain », s’était félicité le président Macron.
Finalement, le 26 avril dernier, la ministre belge de la Défense, Ludivine Dedonder, fit savoir qu’elle avait été autorisée à signer l’accord « relatif au statut d’observateur de la Belgique » dans le projet SCAF. Cela « nous permettra de suivre de près le développement de ce programme crucial pour l’avenir de la Défense belge, mais surtout européenne, et de prendre une décision éclairée sur notre éventuelle participation aux phases de développement ultérieures », avait-elle expliqué.
Restait à voir quand cet accord allait être officialisé. Il aura fallu attendre le salon de l’aéronautique de Berlin, organisé la semaine passée, pour qu’il le soit… presque en catimini.
« Au salon aéronautique ILA à Berlin, signature de l’accord donnant à la Belgique le statut d’observateur au sein du programme SCAF.
Bienvenue à la Belgique au sein de ce programme emblématique pour la coopération européenne ! », a en effet annoncé l’ingénieur général de classe exceptionnelle de l’armement Thierry Carlier, le numéro deux de la Direction générale de l’armement [DGA], via X [anciennement Twitter].
Pour rappel, la Belgique a l’intention de lancer un programme « spécifique » de recherche et développement [R&D] qui, doté de 60 millions d’euros, vise à « positionner de manière optimale la base industrielle et technologique belge en matière de possibilités de coopération dans le cadre du programme » SCAF.
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Romain
onto DEFENSE NEWS June 11, 2024 1:53 AM
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