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Scooped by Georges-Edouard DIAS
June 11, 5:46 PM
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IA : en retard, Apple transforme Siri en agent intelligent respectueux de la vie privée avec l'aide de Google

IA : en retard, Apple transforme Siri en agent intelligent respectueux de la vie privée avec l'aide de Google | Big Data in Business | Scoop.it

Il était temps. Apple a vraiment pris le virage de l'intelligence artificielle. Le constructeur de l'iPhone a annoncé ce lundi lors de sa conférence pour les développeurs (la Apple Worldwide Developers Conference, ou WWDC) le lancement d'un nouveau chatbot dopé à l'IA de Google, qui devrait donner un coup de jeune à sa gamme d'équipements électroniques, des ordinateurs aux oreillettes en passant par les montres et les téléphones.
Apple Intelligence, la solution d'intelligence artificielle de la firme à la pomme, est désormais une déclinaison de Gemini, le grand modèle de langage de Google. Ce partenariat entre les deux géants californiens, officialisé en début d'année, a permis de mettre au point une nouvelle version de l'assistant vocal maison, Siri, qui devient Siri AI, et se transforme en véritable agent intelligent capable de répondre à des questions complexes, d'aller chercher des informations disséminées à travers les apps et sur le Web, mais aussi d'exécuter des commandes.
Apple a également indiqué qu'il s'appuierait sur les puces Nvidia pour faire tourner les fonctionnalités les plus puissantes de Siri AI sur les serveurs Google, écornant un peu plus sa traditionnelle stratégie du « fait maison », après avoir beaucoup investi sur ses propres puces ces dernières années.

Une nouvelle app dédiée
Lors de la conférence, les dirigeants de la firme ont donné quelques exemples d'utilisation de Siri AI. On peut l'interroger pour savoir quand tel groupe de musique sera en concert, puis comment se procurer des billets, avant de programmer une alerte pour l'ouverture de la billetterie et d'écouter un tube du groupe en question. Toutes ces commandes sont passées par la voix.
Autre exemple : « Hey Siri, mon ami a déménagé, j'ai oublié sa nouvelle adresse, sais-tu où il habite maintenant ? » Ou bien : « Trouve-moi les photos de mon week-end, puis ajoute-les à l'album familial partagé. »
Le point fort de ce nouvel environnement intelligent, assure l'entreprise, est le respect de la vie privée. En effet, les données de l'utilisateur ne sont stockées que pour répondre aux demandes de ce dernier et ne viennent pas nourrir les bases de données d'Apple ou d'entreprises tierces. Une nouvelle app Siri AI permet au demeurant de conserver la trace des conversations avec le chatbot, pour les consulter ou les approfondir plus tard.
« Aujourd'hui, de nombreux fournisseurs d'IA parlent de confidentialité, mais par défaut, la plupart d'entre eux conservent vos interactions personnelles, vous laissant ainsi le soin de défendre votre vie privée », a commenté Craig Federighi, le responsable de l'activité logiciels chez Apple, qui assure que ce n'est pas le cas avec Siri.

Des innovations repoussées
La nouvelle fonctionnalité IA, attendue pour déploiement à l'automne, ne sera pas immédiatement disponible en Europe ni en Chine, pour des raisons réglementaires, a indiqué la firme à la pomme. D'abord lancée en anglais, elle ne pourra en outre fonctionner que sur les modèles récents d'iPhone, lancés après 2023.
Apple était attendu au tournant avec sa présentation des nouveautés IA, après un vrai retard à l'allumage dans le domaine. Quand ChatGPT est devenu un phénomène mondial en 2022, l'inventeur de l'iPhone s'est trouvé pris au dépourvu. Le géant américain de l'informatique, 4.500 milliards de dollars de capitalisation boursière, n'a pas vu venir la vague. Il a laissé les autres géants de la tech (Google, Meta, Microsoft) accélérer dans l'IA et distancer le groupe qui était autrefois le parangon de l'innovation.
Les innovations en la matière ont été maintes fois repoussées. Pis, le groupe a même dû dédommager des clients après avoir été reconnu coupable par un tribunal de publicité mensongère sur les fonctionnalités d'intelligence artificielle embarquées dans ses smartphones.

L'héritage de Tim Cook dans la balance
Pour le PDG Tim Cook, qui est en train de passer le témoin à John Ternus, l'IA est le test ultime sur lequel sera jugé son héritage. Au début de l'année dernière, il a décidé de reprendre en main Apple Intelligence. L'ex-patron de l'IA, John Giannandrea, qui n'avait pas été à la hauteur, est parti. Il a été remplacé par Craig Federighi, et le patron de Siri, Mike Rockwell, un partisan de longue date de l'IA.

Et pour sortir des développements d'IA fait maison, Apple s'est donc rapproché de Google. Cette association-là a déjà bien marché, quand il s'est agi d'embarquer le moteur de recherche par défaut dans le navigateur Safari, à grand renfort de milliards. La firme à la pomme espère rééditer cette performance avec Siri AI, pour garder ses précieux iPhone toujours plus désirables.


Solveig Godeluck

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June 8, 10:42 AM
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Le groupe MSC pourrait racheter EasyJet

Le groupe MSC pourrait racheter EasyJet | Big Data in Business | Scoop.it

EasyJet pourrait changer de propriétaires. Selon les informations du Corriere della Sera, la compagnie aérienne britannique intéressait le groupe MSC. L’armateur d’origine italienne serait en fait associé au fonds d’investissements américain Castlelake, à la manœuvre, qui confirme, par communiqué, se trouver « aux premières étapes d’examen » d’une possible offre de rachat d’EasyJet. Avec cette déclaration publique, Castlelake active la règlementation britannique sur les offres publiques d’achat (OPA). Le fonds d’investissements basé à Minneapolis doit désormais se positionner d’ici au 26 juin en déposant une offre de rachat ferme ou en officialisant son retrait. Valorisant EasyJet à minimum 403 pence par action, soit environ 3,06 milliards de livres sterling (4,1 milliards de dollars), l’annonce a fait bondir le titre de plus de 12% à la Bourse de Londres.

Une fenêtre très avantageuse pour les investisseurs
Car la compagnie britannique présente un profil très intéressant pour les investisseurs. D’abord, le titre d’EasyJet a perdu près de 30% en un an, affaibli par la guerre en Iran et la hausse du kérosène. Ces facteurs conjoncturels font baisser le prix d’entrée sans pour autant entamer la valeur structurelle de la compagnie. Et cette dernière est bien solide. En plus d’une large flotte opérationnelle (361 avions) et d’une clientèle fidélisée, EasyJet possède en effet des slots qualifiés de stratégiques à Gatwick, Paris-Charles de Gaulle ou encore Genève. Selon plusieurs spécialistes, ces actifs sont « quasiment impossibles » à obtenir autrement que par l’acquisition du transporteur.

Enfin, l’activité de tour-operating (easyJet Holidays), qui représente déjà 38% des bénéfices du groupe, offre à un acquéreur une exposition immédiate au marché des forfaits vacances. Pour les candidats au rachat, l’opération serait donc largement opportuniste : une fois les tensions géopolitiques apaisées, le cours d’EasyJet remontera. Et la fenêtre avantageuse se refermera.
Pour MSC, racheter EasyJet permettrait de coiffer l’ensemble de la chaîne touristique (transport aérien, croisière, potentiellement tour-operating…), un objectif de longue date pour le groupe maritime. Avec des marques identifiées par le grand public, un réseau dense dans le ciel européen et des clientèles loisirs qui peuvent facilement se croiser, la naissance de ce nouveau géant du tourisme serait à suivre de très près. MSC, qui avait démenti être intéressé par le rachat d’EasyJet à l’automne dernier, n’a cette fois-ci pas souhaité commenter les informations venues d’Italie.

Air France-KLM n’est pas impliqué… mais ne ferme pas la porte
Forcément, la nouvelle a circulé dans l’industrie du tourisme ces derniers jours. Interrogé par Bloomberg, le PDG d’Air France-KLM Ben Smith a déclaré qu’il prendrait « absolument » l’appel de Castlelake si le fonds venait à lui soumettre une proposition formelle. Le dirigeant a toutefois pris soin de préciser qu’Air France-KLM n’est « impliqué dans aucune transaction active » concernant EasyJet. Air France-KLM, qui pourrait bientôt changer de nom, n’est donc pas à la table des négociations… sans pour autant fermer la porte. Pour rappel, Air France-KLM et Castlelake ont déjà travaillé ensemble au moment du rachat de la compagnie scandinave SAS par le groupe franco-néerlandais, en 2025.

À la manœuvre, Castlelake est dans l’obligation de nouer des partenariats avec des entreprises européennes. En effet, la législation européenne impose qu’une compagnie aérienne opérant dans l’Union européenne soit majoritairement détenue par des capitaux européens. Seul, le fonds américain ne peut donc pas satisfaire cette condition.

EasyJet aussi a réagi à ces informations. La direction de la compagnie qualifie l’approche de « hautement opportuniste ». Elle reconnaît d’ailleurs que son cours est temporairement déprimé par la guerre et la hausse des prix du kérosène. Le conseil d’administration a néanmoins indiqué qu’il « examinerait toute proposition » reçue, conformément à son devoir envers les actionnaires.

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June 8, 10:38 AM
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ConX 2026: la singularité face à l’IA –

ConX 2026: la singularité face à l’IA – | Big Data in Business | Scoop.it

À Palma de Majorque, Travelgate a rassemblé plus de 1 000 dirigeants et décideurs de plus de 500 entreprises et 50 pays, les 2 et 3 juin 2026. L’édition 2026 de ConX consacre la différenciation comme levier clé face à l’IA.
ConX 2026, la conférence annuelle de Travelgate (groupe Travelsoft), réunit à Palma de Majorque plus de 1 000 dirigeants, fondateurs et décideurs de la distribution touristique, issus de plus de 460 entreprises et plus de 50 pays. Le fil rouge, « Otherness: Where difference becomes strategy & AI makes everyone average », place la différenciation au centre d’un secteur où l’IA banalise rapidement la technologie et peut, potentiellement, homogénéiser les offres.L’édition 2026 tenait à insister sur le concret : l’IA transforme chaque couche de la distribution, mais l’avantage durable repose sur la connaissance client, les partenariats de confiance et la capacité à résoudre des problèmes réels. La journée de conférence s’est ouverte avec Pedro Camara (CEO de Travelgate) et Luisa Camara (Chief Commercial Officer de Travelgate), qui ont invité les dirigeants à se concentrer sur ce qui rend les entreprises irremplaçables, la technologie devenant un prérequis plutôt qu’un différenciateur.
L’évènement a été l’opportunité d’évoquer la distribution hotellière et de décrire une bascule où la connectivité et les outils deviennent le socle. La différenciation se joue désormais sur la qualité des contenus, l’excellence opérationnelle, l’expertise régionale et l’expérience client. Dans des environnements guidés par l’IA, la visibilité émerge comme un défi stratégique à mesure que les modèles de découverte évoluent.

La différence reste humaine
L’interview menée par Leonardo Saroni (TT2 TravelTech) avec Henry Briance (Certares), confirme que l’IA pèse désormais dans presque chaque décision d’allocation. Elle accélère l’innovation comme la consolidation. La différenciation de long terme réside moins dans la seule pile technologique que dans des atouts durables : confiance, relations clients et expertise secteur. Les dirigeants sont invités à arbitrer lucidement entre construire, acheter ou s’allier selon la pertinence pour l’utilisateur final.
Les usages voyageurs évoluent eux aussi. Le panel « Creating Value/Otherness in an AI-Normalized World » souligne le passage de la recherche classique à des interactions conversationnelles et orientées intention. Les entreprises qui performent sont celles qui utilisent l’IA pour amplifier leurs forces existantes, à condition d’adapter leur culture et leurs modèles d’exécution.
Cette journée de conférence s’est clôturée avec la prise de parole de l’entrepreneur Uri Levine, cofondateur de Waze et investisseur dans Moovit. Selon lui, l’innovation utile naît de problèmes clients partagés. La persévérance et la valeur d’usage priment sur l’approche « tech-first », « La clé a été de ne pas abandonner », explique-t-il, « créer de la valeur prend du temps et exige de tenir son cap. » L’édition 2026 acte ainsi un consensus : l’IA devient la nouvelle norme, la différence, elle, reste humaine. ConX s’est tenu au Poble Espanyol de Palma et AfterX a prolongé les échanges le 3 juin à Nikki Beach Mallorca.

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June 8, 10:35 AM
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Nouveau record pour les voitures électriques, qui pèsent maintenant un tiers des ventes chez les particuliers

Nouveau record pour les voitures électriques, qui pèsent maintenant un tiers des ventes chez les particuliers | Big Data in Business | Scoop.it

Le marché automobile français a retrouvé un peu de tonus en mai. Selon les statistiques publiées ce lundi par la PFA, les immatriculations de voitures neuves ont progressé de 3,7 % par rapport à 2025, malgré deux jours ouvrés en moins du fait des nombreux ponts cette année. Et l'engouement pour les modèles électriques continue de prendre de l'ampleur.
Sur les 128.484 voitures particulières mises à la route le mois dernier, 29 % étaient 100 % électriques, nouveau record dans l'Hexagone. De début janvier à fin mai, la proportion de « wattures » dans les ventes atteint 28 %.
Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer cet essor. Avec la flambée des prix du pétrole, l'intérêt économique à rouler en électrique plutôt qu'à l'essence s'est très nettement accru, et les commandes passées à la suite de la crise iranienne par les acheteurs soucieux de ménager leur porte-monnaie commencent à être livrées.

Une offre plus abordable
Si les acheteurs se déportent en plus grand nombre vers les voitures à prise, c'est aussi parce que l'offre s'est démocratisée. Les constructeurs sont tenus par la réglementation de réduire leurs émissions moyennes de CO2, et donc d'augmenter la proportion de modèles 100 % électriques dans leurs ventes. Ils ont donc injecté dans leur gamme depuis près d'un an des modèles moins chers : R5, R4, et désormais Twingo chez Renault, Citroën ë-C3 chez Stellantis, Skoda Elroq pour le groupe Volkswagen…

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June 8, 10:32 AM
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Cumul emploi-retraite : cette réforme passée inapercue qui alarme les entreprises

Cumul emploi-retraite : cette réforme passée inapercue qui alarme les entreprises | Big Data in Business | Scoop.it

Passée relativement inaperçue, cette «réforme dans la réforme» commence à faire des vagues. Des directeurs des ressources humaines (DRH) de grands groupes ont tiré cette semaine la sonnette d'alarme sur la prochaine remise à plat des conditions de cumul entre emploi et retraite, arguant qu'elle va faire des perdants aussi bien du côté des entreprises que de leurs salariés. Ils ne sont pas les seuls à émettre des réserves.
Prévues pour s'appliquer en 2027 aux retraités exerçant une activité payée, les futures règles sont un pari « perdant pour les entreprises, perdant pour le taux d'emploi des seniors, perdant pour l'économie », martèlent les DRH de L'Oréal, Vinci, Schneider Electric, Transdev, Bouygues et Sopra Steria dans un communiqué diffusé lundi. La réforme aboutirait à « une contraction sévère du travail à la retraite », sans pour autant pousser les salariés à jouer les prolongations dans leur entreprise.

Des détails qui manquent
Or les entreprises ont besoin de gérer en douceur le départ de la génération des baby-boomers « qui a bâti, souvent de bout en bout, les grandes infrastructures, les réacteurs nucléaires, les systèmes d'armes, les avions civils, les maisons de luxe, les plateformes bancaires et les laboratoires de recherche qui font aujourd'hui notre rayonnement », plaident les DRH, un brin lyriques. Pas sûr que leurs jeunes salariés valideront ce portrait très flatteur de leurs aînés...
La mise en musique de la réforme votée dans le dernier budget n'a pas encore été complètement détaillée. Ses grands principes en sont cependant connus. Il s'agit d'en finir avec des règles vues comme encourageant des départs en retraite précoces.
Passé l'âge de 67 ans, les travailleurs pourront cumuler à l'envi les revenus tirés de leur travail avec leur pension. En revanche, l'objectif est de les dissuader de recourir au cumul avant l'âge légal (62 ans et neuf mois à ce stade), et de limiter clairement l'intérêt du système pour les travailleurs ayant atteint cet âge mais n'ayant pas encore soufflé 67 bougies, l'âge de la retraite sans décote.

Manque de cohérence et effets d'aubaine
C'est la Cour des comptes qui avait proposé de rebattre les cartes en 2025. Celle-ci faisait remarquer qu'il était difficile de dénombrer le nombre de « cumulards », estimé à plus de 700.000 retraités en 2020 mais pointait du doigt les « effets d'aubaine » du dispositif et son manque de cohérence avec le reste du système et d'autres mécanismes (surcote, retraite progressive).
Les magistrats soulignaient que le cumul bénéficie notamment à des personnes s'étant vu accorder une retraite anticipée au titre de leur « carrière longue » ou leur inaptitude, et profite aussi à des cadres avec des pensions plutôt généreuses qui auraient pu prolonger leur activité.
La réforme est trop désincitative pour l'emploi des seniors. Les gens risquent d'arrêter de faire du cumul emploi-retraite entre l'âge légal de départ et 67 ans.

Le Medef
Pas de quoi convaincre les DRH, qui considèrent que les salariés tournent la page de la vie active dès que possible. Et plaident pour limiter la casse en desserrant la vis sur le cumul entre l'âge légal et 67 ans. Avec la réforme, un seuil dit d'écrêtement est prévu à 7.000 euros : au-delà de ce seuil de revenus annuels, la pension de retraite est nettement diminuée (de l'équivalent de 50% du dépassement). Les entreprises préconisent de remonter ce seuil, par exemple à 50.000 euros de revenus annuels. Les experts en ressources humaines veulent rouvrir le dossier lors des prochains débats budgétaires.Pourraient-ils être entendus alors que le sujet du cumul mobilise régulièrement à droite ? Ils ne sont en tout cas pas les seuls à voir le chantier en cours d'un mauvais oeil. « La réforme est trop désincitative pour l'emploi des seniors. Les gens risquent d'arrêter de faire du cumul emploi-retraite entre l'âge légal de départ et 67 ans », avance-t-on du côté du Medef. L'organisation compte « engager un travail » sur ce sujet avec ses fédérations.
« [Les DRH] ont raison. Pour atteindre les objectifs de taux d'emploi des seniors, il faut transformer radicalement la fin de carrière dans l'économie française, le cumul emploi-retraite en fait partie », avance Eric Chevée à la CPME, reconnaissant que les représentants des employeurs auraient dû se mobiliser au moment où la réforme a été discutée.

Les indépendants préoccupés
La réforme, qui promet d'être très surveillée par les médecins (censés bénéficier d'exceptions pour éviter les pénuries de soignants) préoccupe aussi dans le camp des indépendants. « Le cumul emploi-retraite avait un intérêt pour les indépendants avec des perspectives de retraites faibles », plaide Daniel Couillaud, le président du Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants, l'instance qui pilote la retraite complémentaire des artisans et commerçants. Avec les nouvelles règles du jeu, « il y a un risque de renoncement », estime celui-ci.

La réforme n'est pourtant pas une surprise pour le patronat. Elle avait déjà été discutée dans le cadre du « conclave sur les retraites » à la table duquel siégeaient non seulement le Medef et la CPME mais aussi des organisations syndicales. Elle était alors apparue comme une option relativement consensuelle pour renflouer les comptes du système de retraite partis pour plonger toujours plus dans le rouge vif.

Le projet de budget tablait sur un gain de près de 2 milliards d'euros pour les régimes de retraite (de base et complémentaires) d'ici à 2030. Pas sûr que rouvrir le dossier du cumul soit jugé prioritaire à l'heure où le déficit de la Sécurité sociale est parti pour s'aggraver sur fond de guerre au Moyen-Orient.

Solenn Poullennec

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June 8, 10:30 AM
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« Une vidéo TikTok d'un micro-influenceur peut provoquer une rupture mondiale de stock »

« Une vidéo TikTok d'un micro-influenceur peut provoquer une rupture mondiale de stock » | Big Data in Business | Scoop.it

Les hommes et femmes d'influence ont joué un rôle essentiel dans l'histoire. Conseillers des princes, banquiers, entraîneurs, enseignants, ils n'avaient de pouvoir que par les mots qu'ils pouvaient prononcer et par leur force de persuasion. Et ces pouvoirs furent parfois immenses. Depuis peu, ce pouvoir s'est déplacé vers de nouveaux acteurs économiques : les influenceurs. Et ce n'est pas fini.
Pendant quelque temps, sous ce nom, on a vu se pavaner des jeunes gens, garçons et filles, aux physiques avantageux, profitant de l'explosion des réseaux sociaux pour faire commerce de leur bagou, et plus.
Aujourd'hui, subtilement, voici que l'influence vient pénétrer l'économie dans ce qu'elle a de plus sérieux.

Une nouvelle ère d'influence
Cela a commencé par la mode, qui s'est mise à choisir ses mannequins non plus seulement pour une image mais pour une audience.
Avant, les campagnes de Calvin Klein avec Kate Moss photographiée par les grands Herb Ritts, Steven Meisel, ou celles de Gucci sous le styliste Tom Ford ne cherchaient pas la viralité, elles cherchaient à définir une époque et à créer une esthétique forte capable de marquer durablement l'imaginaire collectif.
Puis Instagram et TikTok commencèrent à remplacer les magazines comme moteur du désir dans la mode. Le corps ne suffisait plus ; il fallait une communauté capable de transformer une photo en vente, une tenue en tendance, une opinion en mouvement collectif. Sont apparus des « influenceurs », utilisant des techniques de plus en plus sophistiquées, permettant de manipuler des audiences sur les réseaux sociaux.
Le Dior Lip Oil devint ainsi un phénomène mondial sur TikTok grâce à des influenceuses telles Alix Earle ou Mikayla Nogueira, qui ont produit des milliers de vidéos générant des centaines de millions de vues et des milliards de ventes.

Nouvelle technique de marketing
Puis est venu le temps des « micro-influenceurs » : la marque suédoise de montres, Daniel Wellington, qui ne disposait ni de l'histoire des grands horlogers, ni de leurs budgets publicitaires, offrit ainsi à des milliers de micro-influenceurs des montres, accompagnées d'éléments de langage promotionnels personnalisés, en exigeant d'eux une esthétique d'une cohérence absolue. Et mission d'en parler sur Instagram. Résultat : plus de 6 millions de montres vendues en un an, mieux qu'avec une campagne de mannequins célèbres : la proximité crée davantage de confiance que la notoriété.
Aujourd'hui, une vidéo TikTok d'un micro-influenceur peut provoquer une rupture mondiale de stock d'un produit d'une marque inconnue en quarante-huit heures sans campagne publicitaire classique. Le désir contemporain naît moins du prestige institutionnel que de la répétition quotidienne et massive dans les flux numériques : un consommateur qui voit 20 fois un produit utilisé par des micro-influenceurs finit par le percevoir comme culturellement incontournable.

Les mannequins et les stars sont désormais sommées de produire, elles aussi, du contenu en permanence, d'entretenir leur personnage, de raconter leur quotidien, de nourrir les algorithmes. Elles doivent être simultanément visage, média et entreprise, car elles deviennent des marques.
Kylie Jenner, par exemple, a su s'imposer comme une référence en matière de beauté et de mode grâce à sa maîtrise des réseaux sociaux, avant de lancer avec succès Kylie Cosmetics, transformant sa visibilité en empire cosmétique. L'actrice Zendaya conjugue succès cinématographique et partenariats avec des maisons de luxe comme Bulgari et Louis Vuitton. Taylor Swift a généré plus de 2 milliards de dollars avec son Eras Tour.
Sont arrivés ensuite les spécialistes, dont l'influence est d'autant plus grande qu'ils sont compétents, au service de marques inconnues. CeraVe en est le cas d'école : pendant longtemps, cette marque dermatologique appartenait à la catégorie des produits crédibles médicalement, mais ne créant aucun désir culturel.
TikTok a tout transformé, non grâce à des mannequins ou des micro-influenceurs ou à des stars hollywoodiennes, mais grâce à de très nombreux experts de proximité, dont des dermatologues, capables d'expliquer pourquoi ce produit fonctionnait réellement. En quelques mois, les ventes ont progressé d'environ 25 %.

L'incarnation d'un produit
Même logique dans le sport, la nutrition, la finance ou bien d'autres secteurs : des experts capables de transformer un savoir complexe en contenu accessible deviennent des agents d'influence majeurs. La compétence est désormais la condition nécessaire de l'influence. Et plus encore si l'influenceur est aussi empathique.
L'exemple iconique est celui du Suisse Bertrand Piccard : explorateur, psychiatre et environnementaliste, il a été le premier à réaliser un tour du monde en ballon sans escale, avec Brian Jones, à bord du Breitling Orbiter 3 ; puis le premier à piloter autour du monde un avion solaire. Devenu ambassadeur des Nations Unies pour l'Environnement et conseiller spécial de la Commission européenne, avec un discours jamais culpabilisant, orienté vers les solutions, il est désormais l'un des dix plus influents membres du réseau LinkedIn et considéré comme un des hommes les plus empathiques qui soit. En le choisissant comme ambassadeur, Breitling a porté au pinacle une marque dont l'immense succès ne s'est plus démenti.
Piccard n'est pas un cas isolé. Andrew Huberman, neuroscientifique à Stanford et créateur du Huberman Lab, illustre aussi cette nouvelle influence des experts empathiques : des millions d'Américains suivent ses recommandations sur le sommeil, la dopamine ou la performance, non parce qu'il est célèbre, mais parce qu'il est compétent et empathique.

On devine déjà ce qui va venir après : à mesure que l'Intelligence Artificielle générera des contenus toujours plus nombreux et crédibles, l'influence se déplacera de la capacité de conviction logique à l'authenticité, de la compétence à l'expérience vécue. Les influenceurs les plus puissants ne seront plus forcément des influenceurs professionnels, ni des stars, ni des experts, mais des personnalités compétentes et authentiques, qui utiliseront leur capacité empathique pour faire vendre des produits.

Jusqu'à ce que l'IA multiplie les experts virtuels, imaginaires, empathiques, dont on se méfiera vite, faute de réalité. Et un influenceur n'est rien sans confiance, qui peut se perdre avec un seul post. Les mannequins resteront alors, avec les vrais experts, les meilleurs symboles de la résistance du vivant.

Marion Delorme

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June 8, 10:26 AM
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Séphora leader mondial de la beauté déploie son programme de fidélisation inédit

Séphora leader mondial de la beauté déploie son programme de fidélisation inédit | Big Data in Business | Scoop.it

Sephora, distributeur spécialisé de cosmétiques, filiale du géant du luxe LVMH, déploie son programme de fidélisation inédit My Sephora qui récompense l’engagement de ses clientes au-delà des achats. C’est ce que présente Marion Bouchut, à la direction de la communication monde de Sephora.

Récompenser l’engagement au-delà de l’achat

« Nous avions à cœur lorsque nous avons réimaginé ce programme de fidélisation, c’est d’aller au-delà de la transaction. Pour nous, c’était vraiment récompenser l’engagement, parce que l’engagement, c’est un des piliers, on parle de la communauté comme un de ses piliers » souligne-t-elle. « Nous avions vraiment à cœur de mettre cela en avant. Donc, au-delà, bien évidemment, des achats, on voulait féliciter, les engagements que pouvaient avoir nos consommateurs avec la marque » insiste Marion Bouchut. Elle a pris la parole lors de l’événement organisé par Stratégies et Dekuple le 3 juin, sur le thème de l’IA et du retail.
« C’est pour cela que nous avons imaginé tout un dispositif de récompenses de toutes ces formes de l’engagement, que ça soit des commentaires, des participations à des quiz ou à des événements, des choses comme cela. Donc c’est bien au-delà de la transaction, c’est vraiment la relation avec la marque qu’on cherche à récompenser » tranche-t-elle.

Lancement en septembre 2025 en France et au Royaume Uni
Ce programme de fidélisation a commencé en septembre en 2025 en France et au Royaume-Uni. Il va va être disponible aussi en Belgique. Sephora va ouvrir son premier magasin en Belgique à la fin du mois de juin. « Nous allons avoir ensuite un déploiement en 2027 dans l’Europe du Sud. On a également le Middle East qui a commencé et puis le reste de l’Europe devra suivre l’année prochaine » dit-elle.
La clientèle apprécie ce nouveau programme de fidélisation. « Nous avons eu un accueil qui était absolument formidable. On a recruté beaucoup plus que ce qu’on imaginait. Dans les premières semaines, on a eu une croissance de 30% du recrutement dans notre programme de fidélité. Et aujourd’hui, ça continue » se réjouit-elle.

Des retours sont extrêmement positifs. « Beaucoup de clients nous disent que c’est beaucoup plus clair aussi que le programme précédent. Et puis surtout, et ce qui nous fait très plaisir, c’est de voir toutes les conversations qu’il y a autour de ce programme de fidélité. On voit énormément de commentaires très positifs sur les réseaux sociaux, dans les commentaires aussi qu’on peut avoir sur le site. Ça continue et on a hâte de voir comment il est accueilli dans les autres marchés » termine-t-elle.

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June 8, 10:24 AM
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Rachat de SFR : ce qui va changer pour les clients de l'opérateur

Rachat de SFR : ce qui va changer pour les clients de l'opérateur | Big Data in Business | Scoop.it

Alors que le rachat de SFR par ses trois concurrents, Bouygues Telecom, Free et Orange, prend forme avec l'entrée en « négociations exclusives » des quatre opérateurs vendredi, une question agite les clients de SFR : que vont-ils devenir ? Rien ne va changer, affirme SFR, détenu jusqu'à maintenant par le groupe Altice, piloté par Patrick Drahi.

«On parle de changement de contrôle, donc rien ne change pour les clients, ils conservent leur contrat, leurs services, leurs interlocuteurs », assure l'opérateur. Ce sera effectivement le cas dans un premier temps.
Rien que le processus de rachat devrait durer des mois : l'offre doit d'abord être finalisée, les opérateurs devront consulter leurs instances représentatives du personnel pour avis, puis l'Autorité de la concurrence se penchera longuement sur le sujet, avant, enfin, la clôture de l'opération.

Migration progressive
« Les choses ne vont pas changer jusqu'à fin 2026 au moins. On l'a vu dans des cas de rachats précédents, quand Bouygues Telecom a racheté La Poste Mobile par exemple. Les clients sont d'abord restés affiliés à La Poste Mobile et la migration s'est faite petit à petit », explique Sylvain Chevallier, spécialiste en télécoms et associé du cabinet de conseil BearingPoint.
Comme avec La Poste Mobile, il y aura d'abord une période transitoire, où les clients de SFR seront repris par le consortium composé des trois opérateurs. Puis les 25 millions de clients de SFR (mobile et fixe confondus) commenceront à migrer vers Bouygues Telecom, Orange ou Free. « Faire changer un seul client d'opérateur, ce n'est pas compliqué, on le fait tous les jours. Mais là, il faut le faire avec des gros volumes donc ça va prendre beaucoup de temps », pointe Sylvain Chevallier.
Autre difficulté qui va encore ralentir le processus : « Vous ne pouvez pas obliger un client à changer d'offre donc, à moins que l'opérateur développe la même offre que celle de SFR, ce qui est probablement impossible, le client pourra refuser et résilier son abonnement », précise le spécialiste des télécoms.
Dans ce cas, faut-il s'attendre à voir les trois membres du consortium se livrer bataille pour convaincre le plus d'abonnés de l'ex-SFR de signer chez eux ? « Evidemment, ils vont avoir envie d'avoir le plus de clients possible mais il ne faut pas non plus qu'ils deviennent dominants, sinon ce n'est pas acceptable au regard du droit de la concurrence. Il va donc falloir trouver un équilibre subtil », analyse le spécialiste des télécoms.

Impact limité sur les prix
Même si l'un des acteurs du secteur est avalé par ses trois concurrents, le marché des télécoms restera concurrentiel - l'Autorité de la concurrence sera d'ailleurs là pour y veiller -, si bien que l'impact sur les prix devrait rester limité, estime Sylvain Chevallier.
« On peut imaginer qu'avec la consolidation du marché, il y aura moins de pression sur les prix et donc peut-être moins de promos complètement folles comme on a pu en connaître par le passé », prédit l'analyste, en citant l'exemple de promotions offrant 100 gigas d'Internet pour 5 euros. « Ce sont des offres que j'estimais de toute façon pas très rationnelles », juge-t-il.
Sur les prix des forfaits en tant que tels, le consultant n'attend pas beaucoup de changement. « Est-ce qu'on imagine Free passer son offre de 19,99 à 25 euros du jour au lendemain ? J'y crois peu, on est quand même sur des opérateurs qui ont chacun leurs ADN et leurs politiques commerciales », estime-t-il.

Enfin, sur la qualité du réseau, les abonnés de SFR n'ont pas d'inquiétude à avoir, assure Sylvain Chevallier. « Les choses devraient être faites intelligemment parce que si un opérateur reprend beaucoup de clients, il pourrait se retrouver saturé. Ils vont se répartir les fréquences, les équipements et les infrastructures de réseau de SFR pour éviter ça », prévoit le spécialiste des télécoms.

Sarah Dumeau

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June 8, 10:22 AM
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Peut-on encore désarmer l'IA ?

Peut-on encore désarmer l'IA ? | Big Data in Business | Scoop.it

Pas plus que le concile de Latran de 1139 ne parvint à interdire les carreaux d'arbalète, l'encyclique de Léon XIV « Magnifica humanitas » ne désarmera l'IA.

L'intelligence artificielle est d'ores et déjà devenue le cortex de la guerre. Elle intervient à tous les niveaux : du renseignement stratégique à la planification opérationnelle, en passant par le pilotage autonome des armes, le ciblage et la délivrance autogérée des tirs. Elle contribue à réduire les délais de décision, à accroître la précision des frappes et à optimiser l'emploi des moyens. Grâce à l'IA, de l'Ukraine à l'Iran, la robotisation du champ de bataille est à l'oeuvre partout.

Il faut s'en faire raison, se désoler aussi.
L'histoire du désarmement, c'est l'histoire de la guerre avec un train de retard, après la catastrophe, quand le remords s'en mêle. L'interdiction des armes chimiques intervient en 1925, sept ans après la fin du premier conflit mondial. Le traité de non-prolifération est signé en 1968, 23 ans après Hiroshima. La convention prohibant l'emploi du napalm est adoptée 5 ans après la fin de la guerre du Vietnam…
Le droit du désarmement qui se contente souvent d'interdire ce qui est technologiquement dépassé voit en outre ses prescriptions régulièrement mises en cause, même par les Etats les plus scrupuleux. Ainsi devant la menace russe, la Finlande, emboîtant le pas à la Lettonie, l'Estonie, la Lituanie et la Pologne a annoncé en 2025 son intention se retirer de la Convention d'Ottawa de 1997 prohibant l'emploi des mines antipersonnel, cause de tant de ravages.
Aujourd'hui, force est de constater, non seulement la mise à l'arrêt de toutes les négociations sur le désarmement conventionnel ou nucléaire mais que le droit n'investit pas les nouveaux territoires de confrontation que dégage la technologie : l'espace en voie d'arsenalisation, le cyberespace où s'intensifie les menées agressives et l'IA qui facilite et potentialise le passage à l'acte.
Misérable humanité qui militarise toute invention et s'emploie à importer ses querelles dans toutes les dimensions physiques et immatérielles.

Est-ce dire que le droit du désarmement est totalement vain et impuissant ? Non, dans la mesure où des restrictions concrètes à l'utilisation de quelques armes cruelles ou particulièrement meurtrières ont bien été obtenues et maintenues comme celles interdisant les armes laser aveuglantes ou, par un accord tacite des grandes puissances, le renoncement à développer des bombes à neutrons. Plus fondamentalement, les négociations sur le désarmement contribuent à établir un état de conscience de la communauté internationale face au danger. Sans pouvoir être toujours prescriptives, ces négociations, à l'instar des conférences sur le climat, poussent au moins à une évaluation collective des risques.

Neutraliser l'IA
Léon XIV a raison d'appeler à un sursaut de conscience sur l'IA. Le défi que posent à l'humanité ses usages militaires est incommensurable. De même que l'arme atomique, à partir de 1945, est venue oblitérer de sa menace le destin de l'humanité, l'IA fait planer sur l'homme le spectre d'un effacement de son libre arbitre et de sa responsabilité jusque dans la conduite de la guerre.
Si les démocraties, à commencer par la France, suivant l'interpellation du pape, s'engageaient dans la voie d'une régulation normative des usages militaires de l'IA - ce que pourrait initier une conférence internationale sur le sujet - encore faudrait-il que leur savoir-faire soit à niveau. Discuter avec les Américains et les Chinois, même de façon exploratoire, suppose d'être soi-même qualifié et reconnu comme tel. Cette condition est nécessaire mais pas suffisante. Il convient aussi d'être en mesure d'exercer une pression dissuasive, celle que représente la mise au point de chevaux de Troie capables de piéger voire d'empoisonner une IA hostile. Pour empêcher « la technologie de dominer l'humain » comme l'adjure le pape, il faut être capable de la neutraliser.

Louis Gautier est politiste, directeur de la chaire Grands Enjeux Stratégiques Contemporains à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ancien Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale.
Louis Gautier

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June 4, 3:49 AM
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La voiture électrique d'occasion, cet angle mort du verdissement de l'automobile

Vrai décollage ou flambée sans lendemain ? Depuis quelques semaines, le marché de la voiture électrique d'occasion connaît une forte poussée d'activité, au grand soulagement des concessionnaires. Mais cette tendance doit absolument se confirmer sur la durée, faute de quoi c'est toute la mécanique de verdissement du parc qui risque de se gripper.

our l'heure, les parkings où sont stockées les « wattures » de seconde main commencent enfin à se désencombrer. La flambée des prix à la pompe a amplifié les économies réalisées lorsqu'on échange les passages réguliers en station-service contre une recharge en électrons à domicile, et les automobilistes en passe de changer de véhicule se sont mis à considérer les modèles à batterie avec une bienveillance accrue.
Les ventes de voitures électriques d'occasion ont, en conséquence, bondi sur un an de 48 % en mars, et de 65 % en avril, selon les statistiques de Dataneo. Chez Aramisauto, l'un des plus gros acteurs du marché de l'occasion, la proportion des modèles électriques dans les ventes a grimpé en deux mois de 5 % à 14 %.

Une hausse des ventes, enfin
Chez les distributeurs, on croise les doigts pour que ce regain d'intérêt ne soit pas sans lendemain. Ecouler les voitures électriques de seconde main dans de bonnes conditions est, en effet, devenu leur principal problème, et pourrait même se transformer en menace existentielle.
Pour lutter contre le réchauffement climatique, l'Union européenne comme la France poussent à l'achat de voitures électriques neuves. Bruxelles a fixé à chaque constructeur des objectifs de réduction d'émissions de CO2, sous peine de fortes amendes. Les industriels se démènent donc pour augmenter la part des modèles à batterie dans leurs immatriculations, ce qui constitue le levier le plus efficace pour atteindre la cible.
L'Etat, de son côté, encourage l'achat d'une voiture électrique avec un bonus écologique qui peut aller jusqu'à 5.700 euros. Dans le cadre du leasing social, 50.000 foyers modestes ont droit chaque année à une aide supplémentaire. Et, depuis l'an dernier, la réforme de la fiscalité sur les voitures de fonction ne laisse pas beaucoup d'autres choix aux entreprises que de basculer vers l'électrique.
Les résultats sont là : selon une récente étude du cabinet Deloitte, 10 % des Français souhaitent que leur future voiture soit électrique, mais grâce aux efforts conjugués des constructeurs et de l'Etat, la proportion des voitures carburant au lithium-ion parmi les immatriculations de voitures neuves était deux fois plus élevée en 2025. Elle a atteint 27 % depuis le début de l'année, et va encore grimper dans les mois à venir avec l'afflux de commandes provoqué par la crise iranienne.

Le problème, c'est que ces véhicules sont programmés pour revenir dans les concessions au bout de trois ou quatre ans, l'immense majorité des clients optant pour une formule en location longue durée. Or, sur le marché de la seconde main, la demande pour les « wattures » est nettement moins forte, d'autant qu'elle n'est soutenue par aucun dispositif public.

Faute de bonus, le sujet du prix, qui reste en moyenne plus élevé que pour un modèle thermique équivalent, ressurgit et freine les ventes. Il pèse d'autant plus que les constructeurs, pour augmenter les immatriculations dans le neuf, ont tendance à surestimer la valeur des voitures au terme du leasing afin de réduire les mensualités. Cette astuce revient en boomerang à la fin du contrat.

Un déséquilibre qui risque d'empirer
Les concessionnaires se retrouvent donc coincés avec un flot grandissant de voitures électriques d'occasion, bien plus nombreuses que les candidats à l'achat, et à des prix que ces derniers ne sont pas prêts à payer. Cela se traduit par des véhicules qui restent en stock de trop longs mois, rongent la trésorerie des distributeurs et finissent par être vendus à perte.
Ce déséquilibre entre l'offre et la demande de voitures électriques d'occasion menace d'aller crescendo. La demande naturelle augmente peu à peu, mais ne suit pas le bond qu'ont fait les immatriculations dans le neuf ces derniers mois. La perspective des 50.000 voitures issues de la « saison 1 » du leasing social qui débouleront en rangs serrés sur le marché l'an prochain donne déjà des angoisses aux distributeurs.

Dans ce contexte, l'augmentation des ventes à la suite du blocage du détroit d'Hormuz fait figure de bouffée d'oxygène, mais son impact reste encore limité : selon AAA Data, le délai moyen pour vendre une voiture électrique a baissé de 10 jours au premier trimestre 2026, mais il reste tout de même de 151 jours. Les stocks restent élevés et les prix n'ont pas augmenté, relève Indicata, l'une des principales sources de données sur le marché d'occasion.
Le risque est de voir les ventes fléchir lorsque le prix de l'essence s'assagira. Ce scénario s'est déjà produit en 2022, lorsque le déclenchement de la guerre en Ukraine avait provoqué un emballement temporaire des prix à la pompe.
Le marché reviendrait alors rapidement à une situation de thrombose, engorgé par un surplus de « VO » (véhicules d'occasion) électriques à écouler. Cette situation menace le verdissement du parc : les concessionnaires renâclent de plus en plus à vendre des voitures électriques neuves parce qu'ils ne veulent pas les voir revenir en occasion trois ans plus tard. « Si le marché du véhicule d'occasion n'est pas liquide, cela va scléroser celui du neuf », résumait, il y a quelques semaines, Christophe Michaeli, directeur du marché automobile chez BNP Paribas Personal Finance.

Pour éviter le blocage, le VO électrique ne doit plus être l'angle mort de la politique environnementale et bénéficier, lui aussi, d'un soutien public. Mobilians, l'association qui regroupe les concessionnaires, soutenue par une grande partie du secteur et par le ministère de la Transition énergétique, réclame depuis plus d'un an que le leasing social soit élargi aux voitures d'occasion. Mais Bercy, à ce stade, fait la sourde oreille.
Lionel Steinmann

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June 4, 3:47 AM
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« A 80 ans, il voulait se marier avec sa professeure de chinois de 30 ans de moins » : face au vieillissement de sa clientèle, Edmond de Rothschild lance un « parcours vulnérabilité »

Voici un sujet majeur qui reste souvent un angle mort de la gestion du patrimoine. Avec le vieillissement de la population, le nombre de personnes qui perdront leur autonomie et ne seront plus aptes à prendre, seules, des décisions réfléchies pour le suivi de leurs investissements va progresser. Ce phénomène, occidental, devrait s'intensifier en France dans les prochaines années. Au 1er janvier 2025, les plus de 65 ans représentent plus de 22 % de la population, contre moins de 17 % il y a 15 ans, selon l'Insee.
« Si toutes les personnes vieillissantes ne deviennent pas vulnérables, il apparaît évident que la recrudescence des maladies neurodégénératives nécessite une vigilance, un accompagnement particulier et une sensibilisation très en amont des conséquences sur le patrimoine de nos clients », souligne Yvan Vaillant, responsable ingénierie patrimoniale groupe d'Edmond de Rothschild.
En effet, le danger est que l'investisseur et ses proches, une fois la vulnérabilité médicalement constatée, soient dans l'incapacité de prendre les décisions de gestion qui s'imposent. Sans anticipation, ce blocage risque de perdurer plusieurs mois, le temps que le juge des tutelles statue sur la protection juridique nécessaire (sauvegarde de justice, curatelle ou tutelle). « A notre niveau, nous allons devoir faire face à ce risque grandissant. Nos clients vieillissent. Sur l'ensemble de nos clients, un tiers d'entre eux environ sont âgés de plus de 68 ans », confie Véronique Moureaux, ingénieure patrimoniale au sein de l'équipe parisienne d'Edmond de Rothschild.

Rendez-vous « vulnérabilité » obligatoire
De fait, la banque privée a créé un parcours d'accompagnement spécifique, dont elle dévoile les contours aux « Echos ». « Notre parcours « vulnérabilité » est une offre groupe. Nous ambitionnons de proposer un service complet dans nos 7 pays d'implantation d'ici à la fin de l'année », révèle Yvan Vaillant.
Dans l'Hexagone, la mise en place de parcours est déjà bien avancée avec la création d'un rendez-vous pivot. Il s'agit d'une réunion obligatoire de prévention à partir de 68 ans, afin de provoquer la discussion avec les clients n'ayant jusqu'alors pris aucune disposition. « Il est possible d'entrer dans le parcours dès 40, 50 ans, voire bien avant. Mais l'objectif est que l'ensemble de nos clients aient été sensibilisés sur la vulnérabilité, ses conséquences et sur les outils pour l'accompagner afin de mettre en oeuvre les protections juridiques adéquates », explique le responsable de l'ingénierie patrimoniale.
Ce rendez-vous sert notamment à présenter le mandat de protection future. Près de 20 ans après sa création, cet instrument reste méconnu. Selon le ministère de la Justice, cité dans un rapport parlementaire du 6 mai dernier, seuls 2.100 mandats de protection future ont été activés en 2025. Ce nombre est à comparer aux 93.000 demandes de mesures de protection pour des personnes majeures déposées devant les juges des tutelles en 2024.
Prenant le plus souvent la forme d'un acte notarié (l'acte sous seing privé est très marginal), le mandat de protection future permet au mandant de désigner un ou plusieurs mandataires chargés de veiller au respect de ses intérêts - patrimoniaux, professionnels voire personnels - le jour où il se trouve dans l'incapacité de le faire par lui-même, selon un cahier des charges défini au préalable. La signature d'un tel document ne peut se faire que si le mandant est capable, donc avant la survenue de l'événement l'invalidant.

Travail sur la structuration du patrimoine
La préparation de ce mandat permet également d'anticiper et de définir les mesures parallèles nécessaires à sa pleine mise en oeuvre le moment venu. « Il faut pouvoir structurer le patrimoine pour qu'il s'adapte aux souhaits de la personne devenue vulnérable. Par exemple, si elle veut rester le plus possible à son domicile - ce qui peut engendrer de lourds frais - il n'apparaît pas judicieux d'encoquiller complètement le patrimoine dans une société holding qui complexifie les sources de revenus », illustre Véronique Moureaux.
La mise en place d'un mandat de protection future, et sa bonne exécution, passe généralement par l'aval tacite de la famille. « Sans quoi il y a un vrai risque qu'il soit dénoncé devant les tribunaux et qu'une tutelle prenne le relais », met en garde Yvan Vaillant. Pour limiter ce risque, « le mandant doit prendre le temps de communiquer clairement à sa famille proche le contenu et les raisons de la mise en place du mandat de protection future », insiste Véronique Moureaux.

Désignation d'un tiers de confiance
Afin d'associer les proches des clients vieillissants à la prévention de la vulnérabilité, Edmond de Rothschild travaille également à la désignation d'une personne de confiance dans l'entourage à qui le banquier pourrait signaler des comportements ou demandes atypiques, comme des rachats massifs sur des assurances-vie. « Ce tiers de confiance sera la dernière étape de la mise au point de notre accompagnement global. Il y a encore des verrous juridiques notamment en lien avec le secret bancaire, mais ils seront bientôt levés », détaille Yvan Vaillant.
L'efficacité du canal de communication entre ce référent et le banquier implique que les ingénieurs patrimoniaux soient eux-mêmes sensibilisés sur les signaux évocateurs des maladies neurodégénératives. « Nous avons identifié l'importance de la sensibilisation médicale de nos banquiers et nous y travaillons », indique Yvan Vaillant.
Ces signes avant-coureurs ne sont pas toujours simples à identifier. « Le plus souvent, les troubles attentionnels et les pertes de mémoire à court terme sont les premières manifestations de la maladie d'Alzheimer, explique Caroline Papeix, cheffe de service neurologie générale de l'Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild. Mais le défi du repérage des maladies neurodégénératives par l'entourage est la fluctuation des symptômes. Le patient peut sembler aller bien un jour donné, et le lendemain se retrouver dans une confusion totale. D'où l'importance des rencontres régulières », insiste la neurologue.
Les maladies neurodégénératives peuvent également favoriser les situations d'abus de faiblesse. « Une personne devenant influençable, développant des difficultés d'appréciation des quantités et des troubles du calcul notamment en lien avec l'argent, peut être le signe d'une maladie neurodégénérative », prévient Caroline Papeix.

Création d'un comité référent de 7 personnes
Confrontés à des attitudes déroutantes de leurs clients, les conseillers peuvent saisir le comité référent vulnérabilité récemment mis en place. Composé de deux juristes internes à Edmond de Rothschild, de deux ingénieurs patrimoniaux et de deux membres de la conformité, sous la présidence du directeur de la conformité, ce comité est chargé d'épauler le conseiller doutant de la pleine capacité d'un client. Pleinement opérationnel depuis l'an dernier, ce comité en France a été saisi une douzaine de fois en 2025, et 6 fois durant les quatre premiers mois de 2026.
« Dernièrement, nous avons été confrontés à un monsieur de 80 ans, veuf depuis 15 ans, tombé amoureux de sa professeure de chinois de 30 ans de moins. Il voulait l'épouser. Elle s'immisçait dans ses décisions patrimoniales. Elle voulait l'accompagner à ses rendez-vous à la banque. Nous avons fini par provoquer un rendez-vous avec le client et ses enfants afin de lui transmettre les coordonnées d'un avocat spécialisé. Au final, le mariage n'a pas eu lieu et notre intervention a permis d'éclairer notre client et sa famille sur la prudence nécessaire à avoir vis-à-vis de son entourage », illustre Véronique Moureaux.

Preuve que le principe de « non-immixtion » dans les affaires des clients n'empêche pas totalement les établissements bancaires d'agir face à des attitudes suspectes et des mouvements de fonds inhabituels.

MARIE-EVE FRENAY

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June 3, 6:10 AM
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La meilleure partie du voyage, c'est la préparation (et elle ne doit pas disparaitre) –

La meilleure partie du voyage, c'est la préparation (et elle ne doit pas disparaitre) – | Big Data in Business | Scoop.it

Les acteurs du voyage semblent avoir renoncé à l’idée que les agents IA prendront en main l’intégralité de la préparation d’un séjour. Ces opérateurs développent des solutions donnant encore plus de possibilité à l’utilisateur et monétisent même cette phase cruciale du voyage.

L’avènement de l’IA générative s’accompagne d’une promesse dans le tourisme : demain, un agent intelligent pourra organiser un voyage de bout en bout. Il suffira de lui dire « je veux partir une semaine au soleil avec deux enfants, un budget raisonnable et pas trop d’escales », puis de le laisser choisir la destination, réserver les vols, sélectionner l’hôtel, planifier les activités et même effectuer les réservations. Sur le papier, l’idée est séduisante, la préparation du voyage est souvent longue et stressante. Il faut comparer des prix, lire des avis, vérifier des horaires, jongler entre des dizaines d’onglets et prendre des décisions sous contrainte.

L’IA va donc logiquement supprimer une grande partie de cette lourdeur. Mais tout indique qu’elle ne fera pas disparaitre la préparation elle-même. Car préparer un voyage n’est pas seulement un mal nécessaire, c’est déjà une partie du voyage.

Les grands acteurs du secteur semblent l’avoir compris. Expedia, qui avait expérimenté des outils conversationnels capables d’accompagner l’utilisateur dans la planification, a réorienté son approche. « On m’a demandé pourquoi Romie, que nous avons lancé il y a deux ans, n’était plus disponible », note Ariane Gorin. « C’est parce que nous testons de nouvelles choses. Nous cherchons à comprendre comment les voyageurs souhaitent interagir. Il ne s’agit pas d’une expérience IA de bout en bout. » La CEO d’Expedia estime que les voyageurs ne veulent pas nécessairement d’un chatbot qui décide tout pour eux : ils veulent de l’aide, pas une dépossession. La plateforme privilégie donc des agents spécialisés, capables d’éclairer une décision précise : comparer des hôtels selon leur emplacement, leur ambiance ou leurs services, évaluer la compétitivité d’un package, faire ressortir les compromis.

La même logique guide l’injection d ‘IA chez Booking ou Airbnb. Les outils conversationnels et les modèles de langage permettent de mieux comprendre des demandes floues, émotionnelles ou contextuelles, mais ils ne remplacent pas le moment où l’on regarde, où l’on hésite, où l’on se projette dans un lieu. Le voyageur reste celui qui tranche.

« Les gens sont parfois plus heureux de planifier leur voyage que de le faire »
Si l’agent a encore besoin de nous, c’est d’abord parce que l’automatisation intégrale n’est pas encore assez efficace. Le voyage est un produit complexe. Il combine des contraintes de prix, de dates, de transport, de disponibilité, de météo, mais aussi de goûts personnels, de fatigue, d’enfants, d’envies parfois contradictoires. Un agent peut proposer un itinéraire cohérent, mais il lui manque souvent la finesse des arbitrages humains. Un hôtel peut être objectivement bien noté et pourtant ne pas correspondre à l’idée que l’on se fait de ses vacances. Une activité peut être « optimale » sur le papier et ne pas convenir à l’humeur du moment. L’IA peut aider à ordonner, alerter, suggérer. Mais la construction du bon équilibre reste profondément personnelle.

Autre facteur peut-être plus important encore : préparer un voyage, c’est satisfaisant. « Les gens sont parfois plus heureux de planifier leur voyage que de le faire », lançait Ariane Gorin au cours d’un échange avec Dara Khosrowshahi, l’un de ses prédécesseurs et actuel CEO d’Uber sur la scène d’Explore 26. « Il y a parfois des voyages d’affaires où je me rends au même endroit toutes les deux semaines, et là, je préfère que quelqu’un s’en charge à ma place. Mais souvent, quand on planifie un voyage, on part avec quelqu’un d’autre. On collabore avec cette personne ». On ne tire donc pas seulement du plaisir du séjour lui-même, mais aussi des semaines qui le précèdent : regarder des photos, lire des carnets de voyage, comparer des quartiers, imaginer une terrasse, une plage, une randonnée ou un dîner. Cette projection procure un sentiment de contrôle, nourrit l’excitation et fait déjà partie de l’expérience touristique.

Une attention monétisable
Par conséquent, les meilleurs produits IA ne cherchent pas à abolir cette phase, mais à la rendre plus fluide. Google, bien qu’étant un mastodonte de l’IA, illustre bien cette évolution avec des fonctionnalités comme Travel Canvas. L’idée n’est pas de faire disparaître l’utilisateur derrière une décision algorithmique, mais de lui offrir un espace de travail intelligent : regrouper des idées, organiser des options, comparer des lieux, structurer un itinéraire. L’IA laisse au voyageur le plaisir de composer et de penser son voyage comme un projet sur lequel il garde complètement la main, avec les meilleurs outils.
Cette persistance de la préparation a une autre conséquence : elle crée une économie de l’attention très puissante. Avant de réserver, les voyageurs consultent de nombreux sites, comparent les prix, lisent des contenus, regardent des vidéos, passent par des moteurs de recherche, des agences en ligne, des blogs et des réseaux sociaux. Beaucoup commencent même sans destination arrêtée. Selon Piero Sierra, Chief AI Officer de Skyscanner, 53% des visiteurs se rendent sur le comparateur sans destination précise, en quête d’inspiration. Ces visiteurs sont dans une phase d’intention, ouverte, influençable, riche en signaux.

C’est précisément ce qui nourrit l’essor des Travel Media Networks. Les plateformes de voyage disposent de données très précieuses : elles savent qui envisage de partir, quand, avec quel budget, vers quel type de destination et dans quel contexte. Cette intention intéresse évidemment les hôtels, compagnies aériennes ou loueurs de voitures. Mais elle attire aussi des marques de mode, de beauté, de luxe, de services financiers ou d’électronique. Un voyage déclenche souvent des achats périphériques : vêtements, bagages, accessoires, assurances, produits de soin, équipements, Expedia Group Advertising a estimé ce volume de dépenses en marge du séjour à 500$ pour un budget voyage de 2000$. Ainsi, plus l’IA rend la recherche agréable, personnalisée et interactive, plus elle augmente la valeur publicitaire de cette phase. Les plateformes n’ont donc pas forcément intérêt à réduire la préparation à une transaction instantanée. Elles ont intérêt à l’enrichir, à la rendre plus utile, plus inspirante et plus monétisable.

Le futur du voyage ne sera donc probablement pas celui d’un robot qui décide à notre place. Il sera celui d’un atelier augmenté, où l’IA absorbe les tâches fastidieuses, clarifie les choix et accélère les comparaisons, tandis que l’humain conserve ce qui fait le sel du départ : rêver, hésiter, se projeter, choisir. L’IA supprimera beaucoup de préparation inutile, elle ne supprimera pas le plaisir de préparer.

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June 3, 6:02 AM
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« Nous avons associé les médecins au pilotage, tout en augmentant leur redevance » : l'hôpital américain de Neuilly, cet ovni dans le paysage médical français

« Nous avons associé les médecins au pilotage, tout en augmentant leur redevance » : l'hôpital américain de Neuilly, cet ovni dans le paysage médical français | Big Data in Business | Scoop.it

Mi-avril, dans un grand restaurant parisien à deux pas de l'Elysée. Autour de la table du déjeuner, une vingtaine de personnes sont réunies pour une rencontre aux allures de road show. Au menu, quelques spécialités maison et surtout une séance de questions-réponses à bâtons rompus sur un sujet unique : l'Hôpital américain.
Les invités ont été choisis parmi le millier de personnes qui versent chaque année une quinzaine de millions d'euros au total à cet établissement de santé, niché depuis 1906 dans un quartier résidentiel de Neuilly-sur-Seine, à quelques encablures du fleuve. A ce titre, les donateurs sont régulièrement informés de l'avancement des projets de cet ovni qui n'appartient à aucune des trois grandes familles du système de santé français : public, mutualiste ou privé. Cerise sur le gâteau, s'ils sont suffisamment généreux, ils bénéficient d'un traitement privilégié lors de leurs visites à l'hôpital. « C'est grâce à nos donateurs que nous pouvons moderniser régulièrement nos infrastructures et investir dans des appareils qui sont à la pointe de l'innovation médicale », souligne Stéphane Roussel, président du conseil des gouverneurs, composé de 31 membres dont 16 Américains, l'organe qui supervise l'établissement.

10.000 mètres carrés en plus
Cette année, l'actualité est riche. Recrutement de nouvelles pointures dans l'équipe médicale, mise en service d'un scanner dernier cri à 3 millions d'euros qui facilite le diagnostic en cardiologie et en oncologie et, surtout, agrandissement du site avec l'ouverture le 11 juin d'un bâtiment en verre de 10.000 mètres carrés. Nouvelle porte d'entrée de l'établissement aux allures de réception de palace international avec son desk d'accueil et ses salons privatifs, cet espace abritera entre autres douze blocs opératoires high-tech éclairés par la lumière du jour, le nouveau check-up center, l'une des spécialités de la maison (voir encadré), et un centre pour sportifs de haut niveau. Un investissement de 100 millions d'euros financé par une levée de fonds spécifique réalisée auprès de quelque 300 généreux donateurs, parmi lesquelles les plus grandes fortunes françaises.
Alors que le secteur hospitalier souffre comme jamais, faute de personnel et de moyens, cette extension indispensable, pour un établissement aux dimensions somme toute modestes, à peine 144 chambres, a des allures de pied de nez. Un signe extérieur de richesse dans un environnement sanitaire en cours de paupérisation. De quoi relancer le débat autour d'une adresse qui suscite, depuis des années, curiosité et, parfois, sarcasmes. Beaucoup de suspicion aussi, sur fond de procès en élitisme, dans un pays où l'accès aux soins est un droit fondamental.
Pendant longtemps, cette réputation n'a pas été usurpée. « Dans les années 2010, l'image d'hôpital dans lequel les riches, souvent étrangers, venaient mourir lui collait à la peau », remarque un bon connaisseur de la maison. La qualité des soins dispensés pouvait être hétérogène et le prix de certaines consultations très élevé. Quelques praticiens en avaient même fait une cash machine. « Les médecins, tous libéraux, avaient pris le pouvoir », résume cet initié. Une dérive qui a bien failli emporter une institution caricaturée alors en hôpital d'opérette pour vedettes.

Un tournant dans les années 2020
Au milieu des années 2010, l'établissement sera ainsi à deux doigts de perdre l'accréditation de l'une de ses deux tutelles, l'autorité sanitaire américaine, l'autre étant l'ARS d'Ile-de-France. Une catastrophe pour un hôpital créé pour soigner les Américains présents dans l'Hexagone. Pour les officiels et les stars américaines de passage à Paris, c'est l'endroit où se rendre en cas de pépin de santé. Ce qui donne lieu à des scènes cocasses, comme lorsqu'un rappeur mondialement connu, au look particulièrement trash et à la démarche mal assurée, a failli se faire refouler aux urgences. Récemment, la première visite du nouvel ambassadeur de l'oncle Sam, président d'honneur ès qualités de l'établissement, a été préparée avec le plus grand soin. Quel regard le représentant de l'administration Trump, père de Jared Kushner, gendre du président de surcroît, allait-il porter sur une institution sans équivalent dans le monde ? Plutôt positif, apparemment. Conquis, Charles Kushner a fait un don significatif.

Le tournant se produit dans les années 2020. A l'époque, les dons détournés de leur objet suffisent à peine à éponger les pertes opérationnelles. L'American Hospital of Paris, son véritable nom, a beau être une fondation, elle est censée s'autofinancer, les dons ayant vocation à assurer ses investissements seulement. Une reprise en main s'impose. Deux hommes vont s'en charger. Le directeur général, Robert Sigal, ancien directeur médical de l'Institut Gustave-Roussy, bientôt rejoint par Stéphane Roussel, ex-dirigeant de Vivendi.
Le tandem va opérer un grand ménage, qui prend d'abord la forme d'une réforme de la gouvernance. « Avec Robert, nous avons cherché le meilleur équilibre, détaille ce dernier. Nous avons proposé aux médecins de les associer au pilotage, tout en augmentant la redevance qu'ils nous versaient. » Ils imposent aussi un ensemble de bonnes pratiques médicales, comportementales et financières. « L'objectif était de leur demander le juste prix pour l'utilisation de la marque, des installations et l'accès à notre patientèle particulière dans le respect de règles communes », précise Stéphane Roussel. Un traitement de choc qui ne fait pas l'unanimité, certains, au sein du conseil, craignant des départs en masse. Finalement, seule une trentaine de médecins sur 400 choisira de quitter le navire. « Pas les meilleurs », si l'on en croit un ancien.
Dans la foulée, un « medical board » est mis sur pied. C'est ce conseil élu par les praticiens qui fixe le montant de la redevance, en indexant son taux sur le niveau de revenus de chaque spécialité. Selon nos informations, le tarif serait de 2.000 euros par mois, pour un spécialiste se contentant d'une consultation hebdomadaire d'une demi-journée par exemple. Ce board est également chargé de l'accréditation des nouveaux médecins et du renouvellement de ce viatique tous les deux ans. Résultat : chaque année, trois ou quatre praticiens plient bagage…

Retour à l'équilibre
Fort de ces nouvelles règles, « l'Américain » renoue avec l'équilibre financier. La rentabilité du fameux check-up center qui voit passer 10.000 patients chaque année y contribue. Les revenus liés aux frais d'hospitalisation aussi, de manière encore plus significative. Une nuit dans une chambre à Neuilly coûte entre 350 et 550 euros, un tarif d'hôtel quatre étoiles. Il faut bien financer un niveau de confort et un ratio d'une infirmière pour sept lits, sans comparaison avec ceux du public, explique-t-on en interne. Quant aux repas, dont les menus sont élaborés par un chef étoilé (Yannick Alléno, ces jours-ci), ils sont facturés 18 euros. Des prix bien supérieurs à ceux d'une clinique privée. Ils ne dissuadent pourtant pas une patientèle dont la composante étrangère, bien qu'en baisse ces dernières années, représente encore 20 à 25 % du total et pèse bien plus lourd dans les 150 millions de revenus annuels. Il faut dire que cette population, à laquelle s'ajoutent quelques people en vue, est prête à débourser jusqu'à 2.500 euros par jour pour séjourner dans la plus belle des neuf suites de l'établissement, celle offrant une vue sur la tour Eiffel. Des tarifs prohibitifs, dont l'application subit quelques entorses. Un grand intellectuel français en fin de vie serait ainsi hébergé gratuitement en ce moment à l'Américain.
Remise sur pied, la vieille dame, qui emploie 855 personnes, affiche ses ambitions médicales. « Nous souhaitons constituer un pôle d'excellence, non pas susceptible de faire tout bien, mais de proposer le meilleur pour ce que nous avons choisi de faire », indique le nouveau directeur général, le professeur de radiologie Benoît Gallix aux commandes depuis l'été dernier. Pour atteindre cet objectif, trois leviers sont actionnés. Technologique, d'abord. L'hôpital se vante de posséder des machines de pointe, en matière de diagnostic notamment. Un second scanner à comptage photonique devrait ainsi bientôt rejoindre le premier et l'achat d'un robot ultra-perfectionné pour les blocs opératoires est à l'étude. L'amélioration du parcours patient est le deuxième. Le nouveau bâtiment devrait y concourir de manière décisive. Tout comme le recrutement d'une spécialiste de l'hospitalité, en provenance du groupe Accor.

400 médecins et 38 spécialités
Mais le fer de lance de cette stratégie est le « recrutement » de pointures susceptibles de renforcer encore l'expertise d'un hôpital, qui assure entretenir un dialogue constant avec de prestigieux homologues outre-Atlantique. Une chasse dans laquelle le carnet d'adresses des uns et des autres est clé. La cooptation y tient en effet une place importante. Trop, selon certains.
« Il existe des réseaux puissants au sein de l'établissement », regrette un praticien, qui n'en fait manifestement pas partie. Récemment, le professeur Pierre Jaïs, spécialiste de l'arythmie cardiaque, a rejoint le casting, tout comme avant lui, Philippe Collin, virtuose de la chirurgie de l'épaule. Des recrues dont la principale motivation n'est pas financière. « Ce qui m'a séduit, c'est de retrouver du temps pour mes activités de recherche et de pouvoir évoluer dans un environnement dans lequel les contraintes administratives ne sont plus handicapantes », explique Pierre Jaïs, qui partage son temps entre son activité à Neuilly et sa recherche à Bordeaux.
Aujourd'hui, l'établissement aux 400 médecins dispense 38 spécialités, dont une quinzaine sur lesquelles il couvre tout le champ thérapeutique, depuis le diagnostic jusqu'à la chirurgie. Pour les autres, il se positionne en tiers de confiance, capable de poser un diagnostic fiable et rapide grâce à la qualité de son matériel et de ses équipes, puis d'orienter les patients qui en auraient besoin vers des confrères référents.
En pouvant choisir ses combats, l'Américain dispose d'un luxe que les grands hôpitaux, contraints de répondre à une mission de service public, n'ont pas. Pour autant, Benoît Gallix, passé par l'hôpital de Strasbourg et le CHU canadien de McGill, réfute l'idée que les choix de l'institution seraient dictés par des considérations mercantiles. La preuve, à ses yeux : la création prochaine d'une unité d'hospitalisation pédiatrique, stratégique pour une maison qui a une activité obstétrique importante (900 accouchements par an). Cette initiative, à la rentabilité incertaine, a été rendue possible par un don de 10 millions d'euros consenti par une grande fortune française. De quoi constituer une équipe et financer la montée en charge.
Pas question non plus de laisser dire que l'Américain pousserait à la consommation pour amortir ses coûteuses installations. « Le plus important pour nous est d'offrir à nos patients une sécurité médicale et aussi émotionnelle qu'ils trouvent de moins en moins ailleurs, plaide Benoît Gallix. Je rappelle d'ailleurs que nos consultations et nos examens externes, comme l'imagerie par exemple, sont facturés au barème de la Sécurité sociale. Et quand une intervention est nécessaire, nous essayons de plus en plus de la pratiquer en ambulatoire. » Quant aux éventuels dépassements d'honoraires, ils entreraient dans l'enveloppe de nombreuses mutuelles.
Une chose est sûre, la recette fonctionne, si l'on en juge par les 100 millions de trésorerie de l'établissement et, surtout, par le nombre croissant de patients venant de province notamment. Dans un système de santé à la peine, l'Hôpital américain, dont le temps d'attente aux urgences se limiterait à moins d'une heure, ressemble de plus en plus à un îlot préservé. Fort de son succès, il se rêve désormais en marque. Des partenariats sont en cours de négociation pour décliner l'expertise du check-up center. A l'étroit sur son site historique de Neuilly, l'établissement envisage sérieusement d'ouvrir un centre de diagnostic dans Paris et pourquoi pas, un jour, de proposer des services d'assistance aux personnes âgées.

Une vitrine bien valorisée
Le check-up center sera l'un des grands gagnants de l'agrandissement de l'hôpital. Son installation dans le nouveau bâtiment permettra de tripler sa surface et, à terme, de doubler le nombre de ses visiteurs. Aujourd'hui, ce sont 10.000 personnes qui viennent chaque année se soumettre à une batterie d'examens pendant une demi-journée. Des cadres, pour l'essentiel incités par leur entreprise à faire un point sur leur santé. Une visite médicale XXL qui débouche tout de même dans 5 % des cas sur une hospitalisation. Face à une concurrence de plus en plus vive, de plus en plus tech aussi, « l'Américain » se refuse d'entrer dans une course à l'armement. Pas question notamment d'intégrer à l'offre du check-up des IRM corps entier par exemple, au motif qu'ils pourraient générer de faux positifs. La piste des jumeaux numériques, ouverte par l'IA, est en revanche explorée, afin d'améliorer la prévention.

chiffres clés
Revenus : 150 millions d'euros par an (dont 35 % en hospitalisation complète et 15 % en ambulatoire)
Dons annuels : 15 millions d'euros environ
Effectif : 855 salariés
Corps médical : 390 médecins accrédités
Nombre de lits : 144 chambres avant travaux, 160 après.

François Vidal

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June 11, 5:44 PM
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Grandes écoles : la part des jeunes diplômés en recherche d'emploi au plus haut depuis vingt ans

Grandes écoles : la part des jeunes diplômés en recherche d'emploi au plus haut depuis vingt ans | Big Data in Business | Scoop.it

C'est un niveau jamais atteint depuis 2005. La part des jeunes diplômés d'une grande école en 2025 qui sont à la recherche d'un emploi a atteint 20,5 %. C'est une augmentation de 3,6 points sur un an et c'est le point « le plus haut depuis 2005 », souligne la Conférence des grandes écoles (CGE) dans son enquête annuelle sur l'insertion.
Publiée ce jeudi, elle a été réalisée auprès de 210 écoles qui ont interrogé les promotions de diplômés sortis en 2025 moins de six mois après l'obtention de leur diplôme, entre décembre et mars dernier, dans « une période assez intense au plan international et économique », souligne la CGE. L'étude analyse aussi la situation des diplômés de 2024 et 2023.

Recul important pour les écoles d'ingénieurs
L'enquête évoque le contexte d'emploi qui s'est « inversé » depuis 2024, devenant « de moins en moins favorable aux jeunes diplômés ». « Les diplômés des grandes écoles subissent ce contexte mais on n'est pas dans les niveaux de baisse soulignés par l'Apec », relativise Thomas Jeanjean, vice-président de la CGE en charge de la formation et des carrières, en citant l'Apec et la baisse des intentions de recrutement de jeunes cadres, de 7 % pour 2025 et de 12 % pour 2026.
Les autres indicateurs d'insertion sont aussi en recul pour les diplômés de 2025. L'indicateur phare de l'étude, le taux net d'emploi - ce ratio qui exclut les poursuites d'études - est en recul de 4,2 points sur un an : il est de 76 % pour l'ensemble des diplômés. Il est donc plus bas encore que le précédent record de 2021 (79,1 %). On est bien loin des 90,5 % de 2023, lorsque les conditions d'emploi étaient au beau fixe.

Le taux net d'emploi diminue pour tous les types d'écoles. Les plus touchées sont les écoles d'ingénieurs avec un recul de 4,9 points, malgré un taux d'emploi qui reste le plus élevé (à 77,5 %). La baisse est de 3,8 points pour les étudiants issus d'écoles de management (75,5 %).

L'effet de l'IA
Au-delà des effets de la conjoncture, la CGE s'interroge sur l'intelligence artificielle (IA). « L'effet de l'IA peut être important sur certains secteurs d'activité », estime Thomas Jeanjean en citant les écoles d'ingénieurs et l'activité de conseil, qui est l'un de leurs gros débouchés, notamment pour « les sociétés de services en ingénierie informatique où les dépenses informatiques font partie des variables d'ajustement et où il peut y avoir des gains de productivité espérés grâce à l'IA ».
Globalement, « le recrutement est moins rapide mais les conditions restent bonnes », rassure la CGE. Le délai de recrutement s'allonge pour les diplômés qui sont sortis de leur école en 2025, mais ils sont 80 % à trouver un emploi en moins de deux mois après l'obtention de leur diplôme et 62 % décrochent cet emploi avant même leur diplôme. Ils sont aussi 84 % à se dire satisfaits ou très satisfaits de leur emploi.
La part des diplômés en contrat à durée indéterminée (CDI) baisse de 2,6 points sur un an, mais elle concerne toujours 80,9 % des étudiants. Le salaire brut moyen annuel hors primes est stable (+0,2 %) mais il atteint 39.679 euros.

Les femmes défavorisées
Les conditions d'emploi restent « en défaveur des femmes », pointe l'étude, comme chaque année. Elles sont moins souvent en CDI et moins souvent cadres. Aucune amélioration n'apparaît sur le front des salaires. Le salaire moyen hors primes des hommes est supérieur de 5,8 % à celui des femmes (40.580 euros dans un cas et 38.358 euros d'autres). Cet écart était déjà de 5,7 % l'an dernier.
Au-delà de la photographie instantanée prise à la sortie des grandes écoles pour les diplômés de 2025, la situation s'améliore 12 à 18 mois après l'obtention du diplôme, avec plus de neuf diplômés sur dix en situation d'emploi.

Les diplômés trouvent un emploi mais ils mettent un peu plus de temps. Les grandes écoles restent quand même le passeport pour l'emploi avec des taux d'insertion plus élevés que sur la moyenne des jeunes diplômés.
Delphine manceau, présidente de la CGE


Leurs salaires (bruts annuels) sont toutefois en recul par rapport à l'enquête de l'an dernier, ce qui « met fin à la tendance à la hausse depuis plusieurs années », selon la CGE - les salaires reculent de 0,6 % hors primes et de 1,1 % avec primes. Les jeunes sortis d'une école de management conservent les salaires les plus élevés par rapport à ceux qui ont fait une école d'ingénieurs ou d'une autre spécialité : ils perçoivent en moyenne 2.400 euros de plus hors primes et jusqu'à 4.900 euros de plus quand on prend en compte les primes.

Lorsque l'on regarde la situation des diplômés 24 à 30 mois après l'obtention du diplôme, le taux d'emploi grimpe encore, pour atteindre 91,9 à 95,2 % selon les secteurs.

Marie-Christine Corbier

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June 8, 10:39 AM
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Chez Renault, la R5 sourit et la nouvelle Clio grimace

Chez Renault, la R5 sourit et la nouvelle Clio grimace | Big Data in Business | Scoop.it

Le carton de la R5 électrique fait-il de l'ombre à la nouvelle Clio de Renault ? Alors que le succès de la citadine à batterie prend de l'ampleur, les ventes générées depuis quelques semaines par sa cousine thermique, best-seller traditionnel de la marque, sont un peu moins resplendissantes qu'en 2025. Dans le détail, les statistiques dépeignent un modèle qui plaît toujours autant, mais qui pâtit de la mutation du marché français.
Les attentes générées par la sixième génération de la Clio, arrivée dans les concessions françaises fin 2025, sont élevées. Depuis la première version apparue il y a trente-six ans, la citadine polyvalente s'est imposée comme la locomotive des ventes de la marque, qui en a écoulé 17 millions d'exemplaires au total.
Ces deux dernières années, la Clio V a surfé de surcroît sur un lifting de mi-vie très réussi, qui lui a assuré la première place des ventes non seulement en France (avec 100.000 exemplaires vendus et 6,1 % de part de marché), mais aussi en Europe. La barre est donc haute pour celle qui suit.

Décélération
Les premiers mois ont répondu aux attentes, même si la lecture des chiffres est compliquée par la vente des derniers exemplaires de la Clio V. Sur les cinq premiers mois de l'année, la nouvelle génération du modèle totalise 3,2 % de part de marché en France, et l'ancienne 2,4 %, soit 5,6 % au total.
Avec 37.000 exemplaires écoulés, les immatriculations des deux modèles sont toutefois en retrait par rapport aux 42.000 livraisons de la Clio V sur la même période l'an dernier. Surtout, la nouvelle venue semble marquer le pas : sa part de marché n'est que de 2,8 % en mai contre 3,7 % en avril et 4 % en mars, pointe le site Best Selling Cars.

Dans le même temps, la R5 continue de faire des étincelles. Sur les cinq premiers mois de l'année, elle décroche la cinquième place des ventes toutes motorisations confondues juste derrière la Clio VI, avec 2,5 % de part de marché. Les deux voitures étant sur le même segment, l'hypothèse d'une cannibalisation de l'une par l'autre est tentante.

Mais elle ne résiste pas à l'examen des chiffres, en tout cas sur le segment des clients particuliers. Sur ce canal de vente, « Clio est à + 25 % depuis le début de l'année », pointe Renault. La nouvelle venue a réussi à attirer de nouveaux clients, sans souffrir de la concurrence de la R5, et vice versa. « Avec seulement deux modèles, Renault arrive à s'adjuger 10 % du marché des particuliers », salue Clément Dupont-Roc, consultant chez C-Ways.

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June 8, 10:37 AM
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Face aux chocs à répétition avec les animaux, une voie spéciale pour nettoyer et réparer les trains normands

Face aux chocs à répétition avec les animaux, une voie spéciale pour nettoyer et réparer les trains normands | Big Data in Business | Scoop.it

La SNCF a inauguré, jeudi 4 juin 2026, une voie disponibilisante au technicentre de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime). Cet atelier - le premier en France - est spécialisé dans le nettoyage et la réparation des trains endommagés après des collisions avec les animaux.
À distance de l'atelier principal, la voie n°7 a accueilli ses premiers trains. Depuis fin janvier 2026, ce tunnel flambant neuf permet aux employés du technicentre SNCF de Sotteville-lès-Rouen de nettoyer et réparer les rames accidentées dans des conditions optimales. Mais pas n'importe quelles rames, celles qui ont subi des dégâts, après avoir heurté des animaux sauvages.

400 accidents en 2025
En Normandie, le problème n'est pas nouveau, mais il s'est accentué ces dernières années. En 2023, on recensait quelque 200 collisions entre des trains Nomad et des animaux (sangliers, chevreuils, mais aussi chiens, vaches, moutons). En 2025, plus de 400 accidents du même type sont survenus sur l'ensemble des lignes régionales.
"Il faut savoir que lorsqu'un train heurte du gibier, il y a du sang et de la chair, projetés partout sous la rame", détaille Raynald Outtier, responsable des sites de maintenance SNCF de Sotteville-lès-Rouen et du Havre. Ce nouvel outil de la SNCF est une première en France. Appelé voie disponibilisante ou voie "chocs", il est équipé d'une fosse, d'arrivées d'eau pour brancher un nettoyeur haute pression et dispose d'une meilleure ventilation.
Cet équipement permet aux employés de mieux nettoyer en dessous de la rame, à hauteur d'homme, sans avoir à se baisser. Cette voie choc permet aussi de ne pas incommoder les collègues du reste de l'atelier, car les odeurs sont pestilentielles.
Raynald Outtier, responsable des sites de maintenance SNCF de Sotteville-lès-Rouen et du Havre
10 millions d'euros investis par la Région
Face à la multiplication des incidents liés au changement climatique (intrusion de faune, végétations, tempêtes) et des heurts d'animaux, la Région Normandie et SNCF Voyageurs ont souhaité doter le territoire d'un outil industriel efficace et réactif.

"Jusqu'à présent, nous disposions d'un atelier dimensionné pour effectuer des réparations classiques sur les trains. Sauf qu'à cause des nuisances, nous étions obligés d'immobiliser quasiment tout l'atelier, le temps de nettoyer les rames, détaille Philippe Mouly, directeur SNCF Voyageurs des lignes normandes. Ce qui nous posait un problème en termes de production."
“On a un équipement qui nous permet désormais de récupérer la disponibilité du matériel et donc, d'éviter des annulations de trains, faute de rames", abonde Jean-Baptiste Gastinne, vice-président en charge des Transports. Pour ce nouvel atelier du technicentre de Sotteville-lès-Rouen, la Région a déboursé 10,3 millions d'euros. "L'objectif reste pour nous d'offrir la meilleure qualité de service aux voyageurs normands”, conclut-il.

À cela, s'ajoute un renfort du grillage à proximité des voies et l'installation d'échappatoires, des grilles qui permettent aux sangliers et aux plus gros gibiers de passer sans forcer le grillage.

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June 8, 10:35 AM
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Chaînons manquants et maillons faibles : pourquoi l'Europe des batteries se construit si lentement

Chaînons manquants et maillons faibles : pourquoi l'Europe des batteries se construit si lentement | Big Data in Business | Scoop.it

Verkor, ACC, ProLogium… Les projets de gigafactories de batteries sont depuis quelques années au centre de toutes les attentions. Ce vendredi, c'est un maillon de la chaîne crucial qui entre en scène, avec la pose de la première pierre de l'usine d'Orano et du chinois XTC, à Dunkerque. Le symbole d'une chaîne de valeur complexe, qui fait appel à des compétences pointues de chimiste industriel et à des investissements souvent massifs.
La logique industrielle européenne est simple : remonter, maillon après maillon, la chaîne de valeur en partant de la fabrication des modules de batteries qui seront intégrées dans les voitures électriques. Une longue course de côte, à la traîne des Chinois qui dominent le secteur, et qui se court de l'aval vers l'amont. Décryptage en trois étapes.

· A la recherche de la bonne « CAM », au bon prix
Les premières gigafactories ayant entamé - tant bien que mal - leur montée en cadence, le premier maillon en amont de la chaîne concerne le « CAM », pour matériau actif pour cathode. Il vient remplir le pôle « plus » de la pile. Plusieurs projets ont été lancés en Europe, dont, en France, celui d'Orano et du chinois XTC, à Dunkerque, ou celui d'Axens, allié au chinois Hunan Changyuan Lico. Certains tournent déjà, comme le coréen EcoPro en Hongrie ou l'allemand Umicore.
Le développement des usines de CAM en Europe est tiré par la réglementation européenne. Déjà en place, les règles d'origine, conditionnant l'exonération de taxes à l'import-export avec les pays partenaires comme le Royaume-Uni, obligent les constructeurs automobiles à équiper leurs voitures électriques de batteries contenant une cathode made in Europe.
« Il s'agit, via la réglementation, de maîtriser cette chaîne de valeur, explique Jean-Philippe Hermine, directeur de l'Institut Mobilité en transition. L'Europe se le paie via un cadre réglementaire et des subventions à l'investissement (et demain peut-être à la production). C'est en effet un chemin difficile, mais indispensable pour maîtriser la technologie et l'industrialisation de ce secteur. »
Les nouveaux acteurs européens s'allient aux maîtres chinois. Le prix de la souveraineté industrielle. Sans compter que les investissements en matière d'usine de CAM sont colossaux, de l'ordre du demi-milliard d'euros par usine. Maîtriser la production à l'échelle ne va pas non plus de soi. Orano a ainsi dérisqué son projet en s'alliant avec le chinois XTC.

·L'électrolyte, l'étape la plus simple
C'est l'étape qui pose le moins de problèmes. L'usine ne coûte que 50 à 100 millions d'euros de capex, le procédé est peu complexe à maîtriser et dégage peu de pollution industrielle. La propriété de ce produit, qui transporte les ions du pôle positif (la cathode) au pôle négatif, oblige les fabricants à produire près de la gigafactory de batterie.
L'électrolyte « est majoritairement produite localement, détaille Fabrice Renard, consultant chez Avicenne Energy. Sa durée de vie hors de la batterie est en effet relativement faible, entre trois et six mois. Importer de gros volumes en provenance d'Asie est donc risqué, le produit menaçant de se dégrader en cas de pépin durant le voyage. » Le numéro un mondial, le chinois Tinci, a pour sa part choisi le Maroc pour desservir l'Europe.

· PCAM, le maillon manquant mais stratégique
Le PCAM (précurseur de matériaux actifs de cathode) conjugue toutes les difficultés à lui seul. C'est un maillon pourtant crucial : il pèse près des trois quarts du coût de fabrication d'un kilowattheure de batterie de type « nickel manganèse cobalt » (NMC), selon Fabrice Renard. Pour le fabriquer, il faut développer une chimie très pointue, qu'il est ardu de maîtriser à l'échelle industrielle. De plus, cette production dégage de grandes quantités de sulfate de sodium, un polluant très difficile à valoriser.
Ce marché est dominé par deux géants chinois, CNGR et Huayou Cobalt. Il existe bien un site de production en Europe, celui d'Umicore en Finlande. Mais celui-ci bat de l'aile. BASF a également une usine en projet, en Finlande également, mais il rencontre des difficultés à obtenir tous les permis nécessaires au lancement du projet.
La Chine a évidemment bien conscience de la dépendance étrangère à son égard. Elle a instauré une taxe à l'exportation de 13 % sur ce produit, qu'elle a suspendue mais peut remettre en place à tout moment. Pourtant, aucune réglementation européenne, ni la règle d'origine, ni le made in Europe en préparation, ne prévoient d'obligation de fabrication du PCAM en Europe.
Pourtant, difficile d'imaginer des projets européens sans règles contraignantes et subventions. « La différence de prix actuelle entre le Vieux Continent et l'empire du Milieu n'est pas acceptable pour le client final, c'est-à-dire le constructeur », pointe Fabrice Renard.

Maîtriser cette étape permettrait aussi de fermer la boucle du recyclage des batteries. L'élément recyclé, appelé « black mass », est réintégré lors de cette étape de fabrication des PCAM. Faute d'usine de précurseurs en Europe, il faut expédier cette matière… en Chine.

Guillaume Guichard

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June 8, 10:31 AM
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Le rapport choc qui repousse les limites de Paris au-delà du périphérique

Et si Paris ne faisait plus qu'une avec les communes alentour pour former une seule et même ville de près de 7 millions d'habitants dont les limites seraient repoussées bien au-delà du boulevard périphérique ? C'est la proposition choc mise sur la table par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan.
« Alors que le Grand Paris concret se développe, sur le plan institutionnel, la capitale reste prisonnière de ses frontières du XIXe siècle », écrit l'institution dans une note présentée ce jeudi. L'organisation administrative de l'agglomération parisienne, « unique en Europe, ne coïncide plus avec les réalités des territoires englobés », estiment les auteurs. D'autant plus avec la perspective du Grand Paris Express, le « supermétro » automatique qui doit révolutionner les déplacements en banlieue.

Quarante « districts »
Cette étude pointe du doigt « le besoin d'une simplification institutionnelle » alors que « le millefeuille francilien est complexe », comme l'a souligné Clément Beaune, haut-commissaire à la stratégie et au plan, lors d'une conférence de presse. Il compte « entre 5 et 6 échelons », entre les arrondissements parisiens, les communes, les intercommunalités, la Métropole du Grand Paris (MGP, qui englobe 130 communes, dont Paris et 122 villes dans la petite couronne), les départements et la région.
Pour donner corps à cette nouvelle « ville du Grand Paris », c'est un véritable big bang territorial qui est dessiné. Sa création passerait par la suppression des départements (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) et des communes de la petite couronne, mais aussi de la MGP, née en janvier 2016 et « qui a fait l'objet de critiques appuyées ces dernières années », glisse ce rapport.
Cette nouvelle collectivité à statut particulier serait elle-même découpée en 40 districts d'environ 170.000 habitants chacun en moyenne. Présentés comme autant d'« unités de proximité », ils « seraient calqués sur les frontières communales actuelles, et formés par la réunion de plusieurs communes existantes ».
Dans le schéma envisagé, ces districts - qui auraient chacun leur maire - se verraient attribuer des « compétences locales », comme la gestion des écoles maternelles et primaires, l'état civil ou la police municipale.

Suffrage universel métropolitain
La ville du Grand Paris serait, pour sa part, notamment chargée des collèges, du social, de l'urbanisme métropolitain, des grands équipements, des déchets ou de l'eau, récupérant ainsi les compétences des départements et des intercommunalités. Son maire serait élu au suffrage universel métropolitain. Quant à la région Ile-de-France, elle garderait la main sur « les grands leviers régionaux » : transports publics, lycées, développement économique, etc.
« En renforçant aussi l'échelon de proximité (district), ce changement ne serait pas une réforme centralisatrice, mais combinerait simplification (des couches administratives), unification (de Paris et sa banlieue) et clarification (dans la répartition des compétences) », affirme cette étude.

On ne peut pas rester dans le statu quo.
Clément Beaune, haut-commissaire à la stratégie et au plan
Autre objectif de la réforme, selon ses promoteurs, elle favoriserait « des transferts de solidarité entre territoires plus puissants et directs ». « La création d'une collectivité unique à l'échelle de la petite couronne permettrait de mettre en place de manière structurelle une péréquation des ressources budgétaires à l'échelle de ce territoire », expliquent-ils.
Après les élections municipales et à l'abord de l'élection présidentielle, le moment serait favorable, selon Clément Beaune, pour ouvrir le débat. « Un tel changement nécessite un choix national, une forte implication de l'Etat, car il concerne toute la France », insiste le rapport.

Reste à faire accepter cette idée auprès des élus franciliens concernés. Ce n'est « pas une proposition agressive ou péremptoire. Elle ouvre la discussion », affirme Clément Beaune, qui estime qu'« on ne peut pas rester dans le statu quo ». L'avenir du Grand Paris revient régulièrement sur le tapis. En février, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait annoncé un texte spécifique sur « la simplification administrative » de la MGP.

Laurent Thévenin

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June 8, 10:27 AM
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Clarins, spécialiste de la beauté, accélère le déploiement des miroirs intelligents en boutique

Clarins, spécialiste de la beauté, accélère le déploiement des miroirs intelligents en boutique | Big Data in Business | Scoop.it

Clarins, spécialiste de la beauté, veut déployer 50 miroirs intelligents d’analyse cutanée en points de vente d’ici la fin 2026. C’est ce qu’annonce Catalina Gonzalez Decker, directrice communication France de Clarins.

Analyse de 22 paramètres cutanés en point de vente

Ce miroir analyse jusqu’à 22 paramètres cutanés au service du conseil en boutique. Ce programme progresse rapidement puisque le miroir connecté a été lancé, il y a moins de six mois sur 20 points de vente emblématiques en France et dans le monde. Aujourd’hui, l’objectif, c’est de finir l’année 2026 sur 50 points de vente.
« Ce miroir a été conçu comme un hub d’innovation. Il va être enrichi en fonctionnalités de manière assez constante. Donc, il sera encore enrichi en septembre 2026 avec des nouvelles fonctionnalités » présente Catalina Gonzalez Decker. Elle a pris la parole lors de l’événement organisé par Stratégies et Dekuple le 3 juin, sur le thème de l’IA et du retail.

Outil adopté par les conseillères beauté de Clarins

« Ce miroir a déjà été adopté par nos beauty coachs en point de vente, mais aussi par nos consommateurs qui sont de plus en plus nombreux pour venir le découvrir, pour revenir, pour évaluer la qualité de leur peau. C’est un excellent outil, que ce soit de fidélisation, mais aussi de création de trafic en boutique » se félicite-t-elle.
Ce miroir augmente la relation client. « Les clientes sont assez surprises de découvrir des éléments de leur peau qu’elles ne voyaient pas à l’œil nu. Elles sont assez conquises aussi par finalement ce diagnostic qui vient ensuite être augmenté par une conversation avec nos beauty coachs. C’est-à-dire que l’effet waouh de la technologie a duré quelques minutes et après, c’est vraiment la conversation qui va prendre le dessus. Donc c’est un outil, un support pour l’expertise et pour le diagnostic » établit-elle.

La conseillère beauté reste la clé de la relation

Ce miroir ne change par le rôle des beauty coachs mais il vient augmenter leur expertise. « Le skin observer pour sa part va apporter de la data, des insights, mais c’est toujours le beauty coach qui va analyser, qui va écouter la cliente. C’est une dimension qui est extrêmement importante chez Clarins, et qui va ensuite faire le diagnostic, la recommandation skin care adaptée et également les méthodes d’application qui sont aussi extrêmement importantes » poursuit la responsable.
« L’IA est partout, chez Clarins, nous avons choisi de ne pas l’utiliser pour remplacer l’humain, mais pour venir finalement l’augmenter » résume Catalina Gonzalez Decker. « Notre vision de la beauté tech est d’allier le meilleur de l’innovation technologique, pour augmenter ce qui, à nos yeux, reste irremplaçable, qui est le contact, l’expertise humaine » termine-t-elle.
En janvier 2026, Clarins a lancé l’AI Skin Observer, un miroir intelligent pour le diagnostic de la peau en point de vente. La solution allie le conseil expert avec le meilleur de l’IA et de la Beauty Tech. Ce nouveau dispositif a d’abord été déployé dans 20 magasins dans le monde, en particulier John Lewis Oxford Street à Londres, Printemps Haussmann à Paris, à Dubaï Hills, La Rinascente à Milan, la boutique & spa à Shanghai Jin An Kerry Center, et Macy’s Herald Square à New York.
Une version web simplifiée est disponible en ligne sur le site internet de Clarins dans plusieurs pays, dont les États-Unis (http://www.clarinsusa.com), le Royaume-Uni (https://www.clarins.co.uk) et la France (https://www.clarins.fr).

Des capteurs biophysiques et des photos du visage
Ce miroir utilise des capteurs biophysiques et des photos du visage sous plusieurs modes d’éclairage.  L’AI Skin Observer analyse jusqu’à 22 paramètres cutanés, procurant des informations inédites sur la peau venant enrichir et préciser l’expertise du conseil proposé en magasin. Ce miroir est intégré au rituel de vente en magasin. Il prend place sur les tables de consultation qui sont au centre des points de vente. L’AI Skin Observer a été développé avec un écosystème de startups.

« L’AI Skin Observer est conçu pour s’intégrer parfaitement dans nos espaces de vente » présente Katalin Berenyi, DG de la marque Clarins. « Grâce à sa facilité d’utilisation, il permet à nos conseillères beauté de rester concentrées sur l’écoute de la cliente et de ses besoins. Il augmente leur expertise en révélant des dimensions invisibles à l’œil nu, grâce à des algorithmes qui s’appuient sur des années de recherche clinique conduites par nos laboratoires » explique-t-elle.

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June 8, 10:25 AM
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La Data en action pour la SNCF à Vivatech : inspection des voies par ballon dirigeable

La Data en action pour la SNCF à Vivatech : inspection des voies par ballon dirigeable | Big Data in Business | Scoop.it

La SNCF sera fidèlement présente lors du salon VivaTech 2026 du 17 au 20 juin prochain. Les présentations qui seront mises en œuvre concernent la place centrale de la Data dans l’activité de la société ferroviaire nationale.

 

Des dirigeables de nouvelle génération chez HyLight

Cette année, SNCF mettra en valeur sa coopération avec HyLight qui délivre des dirigeables de nouvelle génération afin de collecter des données en aérien sur de grandes portions du réseau ferroviaire. Pour exploiter les données aériennes, SNCF fait appel à Altamétris, pour une solution d’inspection ferroviaire à bas carbone qui combine le ballon dirigeable et le jumeau numérique.
Le dirigeable de Hylight a aussi été testé par Enedis afin de surveiller ses lignes électriques
Le stand du groupe SNCF mettra aussi en lumière 33 startups partenaires, dont en particulier Electra, Numalis ou Pigment, au sein d’un espace dédié sur son Lab.
Electra développe et exploite un réseau européen de bornes de recharge ultra-rapides pour véhicules électriques. L’entreprise vise à lever les principaux freins à l’adoption de la voiture électrique grâce à des stations délivrant jusqu’à 400 kW de puissance, permettant de récupérer plusieurs centaines de kilomètres d’autonomie en une vingtaine de minutes.

Validation des systèmes d’intelligence artificielle
Numalis est une société française spécialisée dans la validation, la fiabilité et la certification des systèmes d’intelligence artificielle. Ses logiciels permettent aux industriels de vérifier la robustesse, l’explicabilité et la sûreté d’algorithmes d’IA utilisés dans des secteurs critiques comme les transports, l’aéronautique, la défense ou la santé.

·  Pigment édite une plateforme SaaS de planification d’entreprise qui aide les directions financières, commerciales, RH et opérationnelles à élaborer des budgets, des prévisions et des scénarios de pilotage. La société, fondée à Paris en 2019, intègre l’intelligence artificielle pour analyser les données et accélérer la prise de décision dans les grandes organisations.

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June 8, 10:23 AM
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« Le champ de bataille est en train de se robotiser massivement » : Helsing lance le premier robot militaire quadrupède d'Europe

Elle est l'une des pépites les plus en vue d'Europe. Et pour cause, à cheval entre les secteurs très porteurs de l'intelligence artificielle et de la défense, le pari est dans l'air du temps. Helsing, jeune pousse allemande lancée en 2021 et valorisée près de 5 milliards de dollars, présente lundi son premier robot quadrupède pour le champ de bataille.
Cet appareil à quatre pattes, encore au stade de prototype, a été conçu par les équipes d'Area 9, la division de recherche de Helsing. Hardware, logiciels et modèles d'IA sont développés par une cinquantaine d'ingénieurs basés à Paris pour donner naissance à un engin « made in Europe ». Seuls les processeurs Nvidia ne sont pas fabriqués sur le Vieux Continent, précise la start-up.

RX-1 - c'est son nom - est le premier robot développé par Helsing. La société fondée par Torsten Reil, Gundbert Scherf et Niklas Köhler à Munich produit notamment des drones de combat, vendus aux armées allemande et ukrainienne, ainsi que des logiciels d'IA pour l'analyse de données sur le champ de bataille et l'équipement d'engins militaires. Elle travaille par exemple avec Saab et Airbus.

Equiper l'Europe de robots
Ce nouveau projet s'inscrit dans un moment où « le champ de bataille est en train de se robotiser massivement. C'est ce que l'on voit sur le terrain en Ukraine, explique Antoine Bordes, directeur scientifique chez Helsing. Il faut absolument équiper l'Europe sur ce sujet et investir en amont, car le développement de telles technologies prend du temps ».A l'échelle mondiale, une poignée d'acteurs travaille sur le développement de robots quadrupèdes, ou robots chiens. Notamment Boston Dynamics aux Etats-Unis et Unitree côté chinois. « Aujourd'hui, les robots sur lesquels les universitaires européens mènent leurs recherches sont Chinois. Il faut proposer une alternative européenne », affirme Antoine Bordes.
Pour accélérer le processus de recherche et développement, Helsing s'associe à l'Inria, à Paris et à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich pour accueillir des ingénieurs en thèse sur la robotique.

Secteur bouillonnant
Car il reste du chemin avant de lancer une production massive de robots pour le champ de bataille, avec plusieurs verrous technologiques majeurs. Notamment l'autonomie en extérieur (pentes, qualité du sol), la capacité à se repérer dans un environnement inconnu et changeant, et des capacités hardware suffisantes pour affronter des conditions complexes (eau, boue, chaleur). « Personne n'a encore résolu ces problèmes-là, fait valoir le chercheur. Nous avons besoin de cerveaux pour y arriver. »
D'après les informations du « Financial Times », Helsing - qui ne communique pas sur ses revenus - est actuellement en train de lever 1,2 milliard de dollars auprès de Dragoneer Investment et LightSpeed, pour une valorisation de 18 milliards de dollars.

Si la société est déjà bien installée outre-Rhin, le développement semble plus mesuré côté français, dans un univers où les relations entre start-up et grands industriels demeurent complexes. Elle bénéficie cependant de l'appétit des investisseurs pour le secteur de la défense, porté par les promesses d'investissements croissants des puissances européennes.

Joséphine Boone

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June 4, 3:51 AM
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Agentic AI is changing how brands show up, but marketers can’t lose focus on what happens next

Agentic AI is changing how brands show up, but marketers can’t lose focus on what happens next | Big Data in Business | Scoop.it

If, as Woody Allen observed, “80% of success is showing up”, then at some point the focus must switch to what constitutes the remaining 20%. Because there is a principle at work here, and it is a brutal one. Once you have shown up, you are competing only with others who have also shown up. Doing more of what got you to that point is not going to help you prevail to becoming the final choice.
An actor who makes it to audition or a graduate who gets through to a job interview, through some combination of guile, grit or determination, has already beaten the ones who didn’t. But there now needs to be a mental and emotional shift to outperform the present rivals in what is a very different kind of contest to secure the role.
The principle has always been at work for brands. Where they needed to show up is in the memory structures of consumers – to be the ones that were effortlessly recalled whenever the category was triggered. In the early days of branding, those that advertised, that shouted their presence from bus sides, posters, newspapers and then TV outmuscled those that didn’t.
But it was at this point that the real competition began – between them and the others in the sector that had also arrived at this same true starting line. When those alongside you are every bit as famous as you are, just throwing more money at media is not what will earn you long-term customer affection, trust and success.
Not that there weren’t brands that tried – lavishing funds on mental presence even as the product reality was flawed. High street banks were at it for a while, with their nightly commercials drilling into a nation’s consciousness how they were ‘The listening bank’, or ‘The bank that likes to say yes’– while their drab branches, insouciant staff and sluggish queues told the real story. They overinvested in showing up – then wondered why new customers didn’t.
The internet changed the mechanics but kept the principle intact. It overlayed search onto prior saliency, and made it advantageous to show up high in the rankings. No marketer could ignore the new paradigm, but some took it too far. Certainly, you could get the sense, after staying at a resort, say, that the management were just too keen to get you to fill in social media reviews in their quest to keep their organic search position aloft – and perhaps not keen enough to give you the personalised, sensitive service that would keep you coming back.

Showing up in agentic AI
Right now, marketers are back in that uncomfortable position of the ‘80%’ part of the Woody Allen equation, as they face into the challenges and opportunities of agentic AI. Their first task is to make sure the brand shows up to the AI agents consumers are increasingly using to search, select and even negotiate for products and services on their behalf.
In the short term at least, marketers are right to put the focus there. Because brands that don’t show will be at a serious disadvantage against those that do – although that applies more in some categories (say, insurance) than others (say, cola).
And out there is some informed advice to help – not much, admittedly, from academia, but plenty from the giants of consulting, who are itching to get their clients across the threshold of this new commercial paradigm.

Agentic AI is the latest in a long list of technological breakthroughs that changes everything and nothing.

The big themes relate to the verbal greed of the engines, trained to scour and evaluate what gets captured in language rather than what gets visualised or felt. In a recent report from Bain & Company, the counsel is to chunk evidence-based claims into simple nuggets the machines can easily read and summarise, and to invest more in community engagement, since agents significantly upweight third-party content.
Meanwhile McKinsey, in a dense and detailed 2025 report on making offerings ‘agent discoverable’, encourages earlier brand involvement in the consumption process by dovetailing with the agents’ ability to infer need from consumer inputs such as diary entries.
Showing up to the scavenging eye of the agents isn’t a one-and-done event, any more than it was for SEO or advertising presence; it’s a continuum, especially as the technology evolves.
But neither can mere showing up dominate the marketer’s focus for too long, because the principle will kick in again: you will have beaten the ones who didn’t, but must now differentiate from the rivals who did. Which means the gaze must shift from the logic-driven decision making of the agents, back to that much messier, more complex entity known as people.

The vital 20%
A point from which to start is the difference between securing that first transaction, important though that is, and the longer-haul task of ensuring the kind of delight that keeps customers coming back.
If the agents are the latest way of helping to achieve the former, it is down to marketer prowess, judgement and imagination to achieve the latter. That means escaping the strictly verbal framing that drives agent consideration and wholeheartedly embracing the very qualities the agents cannot perceive: beautiful visualisation, elegant design, rich experiential moments embracing multisensory and emotional reward. It is in this softer, fuzzier milieu that lasting liaisons are made.
And of course, it is down to marketers to work back from their understanding of consumer needs, desires, quirks and contradictions to innovate the new products and services without which there would be no ‘offering’ for the agents to scour in the first place.

In the end, agentic AI is the latest in a long list of technological breakthroughs that changes everything and nothing. No marketer can afford to downplay a new form of commerce that, according to McKinsey, will be worth upwards of $3trn globally by 2030. On the other hand, the fundamentals will still apply, as they always have. The brand must still be the crystallisation of difference, consistency, quality and trust, and the final arbiters will be people.

So put the work in to ensure agent recognition. Do the long days and hard miles. Your brand deserves it. But then make sure it has what it takes to edge it over the rivals alongside. It is at this point that the marketer in you needs to show up.

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June 4, 3:48 AM
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« Je n'ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de cryptofasciste, désolé » : Canal+ va blacklister les signataires de la tribune anti-Bolloré qui a circulé dans le cinéma

« Je n'ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de cryptofasciste, désolé » : Canal+ va blacklister les signataires de la tribune anti-Bolloré qui a circulé dans le cinéma | Big Data in Business | Scoop.it

Une « injustice » qu'il n'entend pas laisser lettre morte. Depuis le Festival de Cannes, Maxime Saada a annoncé, dimanche, qu'il ne souhaitait pas que le groupe qu'il dirige, Canal+, continue de collaborer avec les 600 signataires du monde du cinéma qui ont ratifié une tribune anti-Bolloré.
« J'ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s'attachent à défendre l'indépendance de Canal+, et dans toute la diversité de ses choix. Et, en conséquence, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition », a martelé le patron du premier financeur du cinéma, dont Vincent Bolloré est l'actionnaire de référence.
Lors d'un brunch avec les producteurs de cinéma, Maxime Saada a assuré que cette tribune revenait à qualifier les équipes de Canal+ de « cryptofascistes ». « Eh bien moi je n'ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de cryptofasciste, je suis désolé, la limite, pour moi, elle est là. »

Grand argentier
Publiée lundi à l'approche du Festival de Cannes, la pétition signée notamment par les comédiens Juliette Binoche et Swann Arlaud dénonce « l'emprise grandissante de l'extrême droite » dans le cinéma par l'intermédiaire de Vincent Bolloré.
« En laissant le cinéma français aux mains d'un patron d'extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l'imaginaire collectif », écrivaient les signataires producteurs, exploitants de cinéma, cinéastes, techniciens et comédiens. Parmi eux, on recense également Raymond Depardon, Adèle Haenel, Nina Meurisse, Anna Mouglalis, Jean-Pascal Zadi, Anne Consigny, Dominik Moll, Bruno Solo ou encore Yolande Moreau.
Le texte dénonçait également la volonté du groupe Canal+ de s'emparer de la totalité du capital d'UGC, le réseau de salles de cinéma dont il a acquis 34 % en septembre. Une opération soutenue par le Centre national du cinéma.

Selon l'accord conclu en 2025 avec les organisations professionnelles représentatives du cinéma, Canal+ s'est engagé à injecter 480 millions d'euros dans le septième art français d'ici à 2027, soit 150 millions en 2025, 160 en 2026 et 170 en 2027.

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June 4, 3:46 AM
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Electricité : plus, mais pas tout

Un bon slogan ne fait pas forcément une bonne politique. Surtout en matière de problématique énergétique. Passer du « En France on n'a pas de pétrole mais on a des idées » des années 1970 au « En France on a pas de pétrole mais on a de l'électricité » aujourd'hui ne doit pas masquer une réalité : ce n'est pas parce que nous produisons « trop » d'électricité et que nous pouvons nous permettre d'en exporter massivement que nous devons céder à l'illusion selon laquelle on pourrait d'ici peu se passer totalement des hydrocarbures qui grèvent notre balance commerciale pour ne plus consommer que des électrons.
D'abord parce que si notre production d'électricité sur l'ensemble de l'année fait que l'offre dépasse la demande sur douze mois, il ne faut pas perdre de vue qu'au coeur de l'hiver, quand il fait froid et sombre (et qu'en outre le photovoltaïque tourne au ralenti), le courant ne couvre qu'une partie de nos besoins. Le jour de pic de la consommation énergétique, le gaz répond à 60 % des besoins et l'électricité 40 %. Pour remplacer le méthane et le propane par des hertz, il faudrait surinvestir des dizaines et des dizaines de milliards d'euros pour rajouter des EPR que nous avons tant de mal à construire et qui ne serviraient qu'au moment du pic de la demande. On finirait surtout par produire encore plus d'électricité dont nous n'aurions pas besoin le reste du temps.

Oups, un problème
Ensuite, comme l'a cruellement rappelé l'épisode de la « corrosion sous contrainte » au premier hiver de la guerre en Ukraine, mettre tous ses oeufs dans le même panier est très risqué. Une grande partie de notre parc nucléaire était alors incapable de produire, et la France s'est retrouvée grandement fragilisée. Si demain l'atome et quelques méga champs d'éoliennes en mer représentaient la quasi-totalité de notre alimentation énergétique et qu'une avarie ou une question de sécurité bloquait leur production, nous serions sans solution alternative. 

Enfin, même s'il faut continuer de décarboner notre économie pour réduire nos émissions de CO2, il ne faut pas ignorer des compléments énergétiques relativement vertueux, comme le biogaz issu de la méthanisation des déchets agricoles. Il s'agit d'une source d'énergie locale qui peut être produite dans des conditions économiques acceptables.

Le gouvernement a raison de pousser l'électrification des usages dans les transports, les nouveaux bâtiments et l'industrie quand cela est possible. Mais consommer plus d'électricité ne doit pas vouloir dire ne plus faire que de l'électricité. Le mix énergétique est un cocktail qui doit composer plusieurs ingrédients.

David Barroux

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June 3, 6:09 AM
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CDG Express : à quoi va ressembler le train qui va changer la façon de rejoindre Roissy

CDG Express : à quoi va ressembler le train qui va changer la façon de rejoindre Roissy | Big Data in Business | Scoop.it

Dans un atelier de maintenance du nord-est de Paris, les rames du futur train reliant Paris à son aéroport du nord ont été dévoilées. Le CDG Express n'est plus un projet, il devient un service. Rendez-vous à bord le 28 mars 2027.
Cela fait des décennies qu'on en parle. Des décennies que le voyageur aérien, valise à la main et stress en bandoulière, tente de résoudre l'équation impossible : relier Paris à Roissy vite, simplement, sans surprises. Le RER B, saturé, squatté par les bagages, n'a jamais vraiment joué ce rôle. Les taxis et VTC, eux, ont longtemps prospéré sur cette lacune, le temps d’une course à la durée par nature aléatoire.
Ce vide, le CDG Express a été conçu pour le combler. Non pas un luxe, ni même un avantage concurrentiel, mais, comme le disait en substance, il y a quelque trois semaines lors du congrès des EDV, Justine Coutard, directrice générale déléguée du groupe ADP (Aéroports de Paris), une remise à niveau par rapport à la plupart des hubs européens.
"C'est un moment important pour le CDG Express parce qu'on ne parle plus seulement d'un projet, d'un chantier ou d'une infrastructure en cours de réalisation, mais bien d'un service en préparation et de la révélation de la livrée d'un train. C'est le passage du temps de la construction au temps de l'exploitation", a déclaré Baptiste Maurand, président du GI (gestionnaire d'infrastructures) CDG Express, en ouvrant cette matinée du 27 mai. 

C'est un train, pas un RER
Révélation de la livrée, donc… Les deux teintes dominantes, directement empruntées à l'univers aérien, ont été choisies pour déclencher chez le voyageur qui va rejoindre son avion, ce sentiment instinctif qu'il est au bon endroit. «Tout l'agencement intérieur de la rame a été imaginé avec ces touches de bleu marine, sobres et élégantes, ponctué de vermillon et avec un peu de lumière, comme celle que vous trouvez quand vous prenez l'avion», explique Myriam Taghzouti, directrice Marketing, Services et Communication de Hello Paris.
À bord, tout a été conçu pour le voyageur chargé, pressé, parfois déboussolé. L'accès se fait de plain-pied, sans marche. Des comble-lacunes s'intègrent aux portes pour les fauteuils roulants et les poussettes. Les espaces bagages sont généreux, nombreux, stratégiquement placés. Et surtout, il n'y aura jamais personne debout. Jamais : c'est une promesse de service, et c'est aussi un engagement contractuel.
Indéniablement, en dépit de la vocation du CDG Express à relier Paris à la banlieue, son espace intérieur n'est pas du tout celui d'un RER, mais bel et bien celui d'un train. Avec le marqueur ultime : des sièges munis d'accoudoirs.
Le matériel roulant, un Coradia d'Alstom, produit en Alsace, est un modèle robuste, éprouvé, mais décliné dans une version sur-mesure pour ce service. Au total, 13 rames ont été achetées par Hello Paris - des trains à 4 et 6 caisses, combinables en compositions de 4, 6, 8 ou 10 caisses selon l'affluence du jour. La capacité maximale atteint 420 places assises.
La 13ème rame ? Elle ne roule pas. Elle attend. «On pourrait très bien fonctionner avec 12 trains. Nous avons choisi d'en avoir un 13ème pour avoir à tout instant en gare de l'Est un train de réserve avec son conducteur, prêt à partir à tout moment pour faire face à un problème ou à une défaillance», révèle Marc Sorrentino, directeur général de Hello Paris. Une rame fantôme, silencieuse, dont les voyageurs ignoreront tout - et, le cas échéant, profiteront sans le savoir.

Ce que vivra le voyageur
L'offre tient en quelques chiffres, c'est voulu. 20 minutes de trajet depuis la station Gare de l‘Est. Toutes les 15 minutes. De 5h à minuit. 7 jours sur 7. 365 jours par an. Pas de pic tarifaire, pas de surprise selon l'heure : le même tarif, la même fréquence, la même qualité de service en janvier comme en août, un mardi matin comme un vendredi soir : “Un service prévisible et sécurisant. CDG Express se veut une parenthèse apaisée entre la capitale et l'aéroport”, résume Soledad Valencia-Rissetto, présidente de Hello Paris.
A CDG, les quais sont implantés dans le Terminal 2, dans le même puits que celui actuellement dédié au TGV et au RER B, avec une mezzanine commerciale en approche. Et il y a un détail qui change tout : un train sera toujours à quai. Pas d'attente valise aux pieds à surveiller un tableau d'affichage. Le train est là. On monte. On y patiente assis (ou on y travaille ou s'y distrait, wifi à bord aidant). On part.
À Paris, le voyageur embarque ou débarque à la gare de l'Est, à cinq minutes à pied de la station Gare du Nord-Magenta grâce à un nouveau tunnel piéton souterrain qui ouvrira simultanément au service, en mars 2027. De quoi offrir aux voyageurs l'un des hubs d'interconnexion les plus puissants d'Europe : TGV, Eurostar, RER (B, E), métro (lignes 4, 5, 7), le tout depuis un seul pôle.

28 € aller-retour pour un Francilien
«Notre grille tarifaire est d'abord construite à partir du profil de nos voyageurs : une clientèle aux deux tiers internationale, qui voyage souvent en famille, et dans tous les cas des voyageurs qui prennent majoritairement le même transport à l'aller et au retour», pose Soledad Valencia-Rissetto. Dès lors, l'offre commerciale (à valider) se déclinera comme suit :

 

Aller simple : environ 25 €
Aller-retour : réduction de 15 %, soit environ 42,50 €
Enfants de 16 ans et moins accompagnés d'un adulte : gratuit
Détenteurs du pass Navigo : environ 16,50 € l'aller simple (soit -30 %), réduction aller-retour de 15% également applicable, donc environ 28 €
Famille avec Navigo (2 adultes + 2 enfants) : environ 33 €
Un billet combiné intégrant les correspondances métro et RER est en cours de construction avec IDFM


Les tarifs peuvent paraître élevés, surtout en comparaison avec un billet de RER B (14 € ou gratuit pour les détenteurs de la carte Navigo) jusqu’à CDG. Beaucoup moins si l’on compare avec des services européens comparables : à Londres, l'Heathrow Express tourne autour de 30 €; à Stockholm, l'Arlanda Express les dépasse. Le CDG Express se positionne donc en dessous de ses homologues européens, en deçà du plafond légal fixé par l’Etat (la Direction générale des Infrastructures, des Transports et des Mobilités (DGITM)), dont les arbitrages définitifs pour 2027 sont attendus avant fin 2026, et seront renouvelés chaque année.
Pour se procurer le sésame : site internet en 11 langues, application mobile dédiée, distributeurs automatiques, open payment (la carte bancaire posée sur le portique fait office de titre, comme dans le métro londonien, par exemple), kiosques d'accueil avec agents en mobilité - et bientôt, peut-être, directement sur les sites des compagnies aériennes ou dans les outils des agences de voyages via les GDS - des discussions sont en cours.

Un game changer pour les voyageurs d'affaires
Ils représentent 22 % de la clientèle attendue. Pas la majorité, mais une cible stratégique à qui adresser ses arguments spécifiques. Pour eux, en effet, Hello Paris a conçu une classe premium, l'Express Lounge : 12 sièges individuels en quinconce par rame, soit 24 en couplage, sur 420 places assises. Des sièges pensés pour travailler en toute confidentialité, à l'abri des regards, c'est ce qu'on sait, pour l'heure. Tarifs et services associés seront dévoilés à l'automne.
Mais l'argument le plus fort n'est peut-être pas dans la rame elle-même. Il est géographique. “Pour La Défense-Roissy, vous atteignez une vitesse de trajet et une fiabilité que vous n'aurez pas avec un taxi ou un autre mode», affirme Myriam Taghzouti. Le RER E couplé au tunnel piéton entre Magenta (Gare du Nord) et la Gare de l’Est change radicalement la donne. “Ce qu'on ressent vraiment, c'est un vrai game changer pour cette clientèle au centre d'affaires de La Défense”, insiste-t-elle. Le temps de trajet exact de ce fameux La Défense-Roissy est encore en cours de calcul, mais en attendant, la direction est sûre de ses arguments : fiabilité, rapidité, confidentialité à bord. Ce que ni le taxi ni le VTC ne peuvent offrir simultanément.

2,6 milliards d’infrastructure, plus de 6 millions de voyageurs
Le CDG Express repose sur deux entités distinctes, complémentaires, chacune avec ses missions et son modèle économique propre. D'un côté, le GI CDG Express - société détenue par SNCF Réseau, le groupe ADP et la Caisse des dépôts - qui a financé, piloté et réalisé toute l'infrastructure ferroviaire : 2,6 milliards d'euros engagés pour 8 km de voies nouvelles, des aménagements sur les lignes existantes (dont 500 millions qui bénéficieront directement aux trains du quotidien), un tunnel sous les pistes de Roissy, notamment. Un retour sur investissement pensé sur 50 ans.

De l'autre, Hello Paris, opérateur commercial et technique, qui a engagé entre 250 et 280 millions d’euros, notamment pour l'achat des 13 rames et qui vise un retour sur investissement à 15 ans. Son business plan a une ligne directrice claire, que détaille Soledad Valencia-Rissetto : “Le CDG Express ne sollicite pas de subventions publiques. C'est un modèle entièrement financé par les recettes des voyageurs.” L'objectif : 6 à 8 millions de voyageurs par an en régime de croisière, après 2 à 3 ans de montée en puissance. Soit 10 à 15 % des passagers de CDG hors correspondance : une fourchette délibérément prudente.

Les tenues du personnel, les kiosques d'accueil, l'identité sonore, les canaux de distribution ou encore les tarifs définitifs, ceux de l'Express Lounge et ses services afférents restent à découvrir ou à connaître avec précision. A l'automne prochain, donc. Mais en cette fin de printemps, l’infrastructure est là, les trains roulent et la conclusion de Soledad Valencia-Rissetto résonne comme un rendez-vous : “Ce que les voyageurs vivront en mars 2027 se construit en ce moment. Nous tiendrons tous la date de mise en service du 28 mars 2027". Autrement dit : dans 303 jours, la liaison entre Paris et son principal aéroport international entrera enfin dans le 21ème siècle.

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