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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:28 PM
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L'Intelligence artificielle (IA) s'est invitée au bal des conférences du global Consumer Goods Forum 2026, qui se tient à Vienne (Autriche) jusqu'à vendredi. EtFabrice Megarbane, le patron de la première activité de L'Oréal - la division Produits grand public - est intervenu, mercredi matin, en ouverture de ce « Davos du retail » sans déroger à la règle. Il a, lui aussi, évoqué l'approche tech des marques de son portefeuille, et souligné que l'usage de l'IA dans son domaine s'intensifie. Pour la division grand public du champion des cosmétiques - qui souffrait jusqu'ici de ne pas avoir de conseiller sur ces points de vente - ces nouveaux outils arrivent à point nommé alors qu'un concurrent de taille, Unilever, se repositionne dans la beauté avec de fortes ambitions.
Un QR code pour tester des colorations La division des produits grand public a notamment fait la démonstration de l'apport du chatbot sur le site et l'application de Maybelline New York (l'une de ses principales marques), déjà en tête des ventes de maquillage dans le monde. Aux Etats-Unis, premier marché de la beauté avec l'Oréal Paris en leader, l'enseigne s'outille depuis cet été de ChatGPT pour tester des propositions de maquillage, l'information étant ensuite reliée à la vente via son site ou d'autres points de ventes (distributeurs à proximité, plateformes…). Le robot conversationnel présente un double atout pour le géant de la beauté qui cumule des années de data : il apporte une réponse personnalisée, et susceptible de générer plus efficacement des ventes. Il est aussi un outil pour engranger de nouvelles données et initier une relation client optimisée. Autre exemple, L'Oréal a dévoilé l'utilisation de QR Codes agrémentés d'IA pour des produits de coloration capillaire dans des packagings similaires à des pots de glace. Le test virtuel est spectaculaire. Le QR Code augmenté d'IA a permis d'atteindre un « point contact » avec le client en hausse de 62 %.
La Gen Z, les hommes et les boomers « Recruter de nouveaux consommateurs » est un enjeu permanent selon le patron de l'entité des produits grand public qui touche déjà dans le monde 1,2 milliard de consommateurs. La division comprend L'Oréal Paris, marque numéro un d'un marché de la beauté évaluée à 280 milliards de dollars de revenus selon McKinsey, et qui devrait atteindre 380 milliards de dollars d'ici à 2030.
Le chat est aussi un bon moyen de mieux maîtriser le parcours client. Fabrice Megarbane, président de la division des produits grand public chez L'Oréal Parmi les cibles privilégiées de la division présente sur le marché des soins de peau, des soins capillaires et du maquillage figurent : la Gen Z, les hommes, et les boomers. Selon l'entité, l'IA renforce son approche centrée sur le consommateur, et son souhait de rendre la beauté toujours accessible. L'Oréal ne se prive pas par ailleurs d'utiliser les images générées par l'IA, pour présenter ses nouveautés, tout en réaffirmant son engagement à ne pas utiliser des images d'humain transformées ; « un engagement pris à l'échelle du groupe ».
Difficile évaluation Ni L'Oréal ni les études de marché n'évaluent publiquement les ventes liées à l'outil IA. A Vienne, la division grand public de L'Oréal ne partage pas davantage la répartition de ses partenaires commerciaux, grande distribution qui intègre aussi l'IA, l'e-commerce, plateformes et DHP sur certains marchés comme le Royaume-Uni avec Boots. La question du retour sur investissement avec IA a été évoquée tout en restant un mystère. L'Oréal a en revanche indiqué que les produits de beauté et de soins sont en tête des ventes de biens de consommation assistées par l'IA. « Le chat est aussi un bon moyen de mieux maîtriser le parcours client », assure Fabrice Megarbane. Grâce tout à la fois, à l'accélérateur IA, sa puissance de frappe auprès de l'ensemble de ses partenaires pour la distribution et son ancrage fort dans les marchés émergents en nette croissance en volume au cours des derniers mois, la première division de L'Oréal vise près de 2 milliards de consommateurs dans le monde.
Virginie Jacoberger-Lavoué
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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:25 PM
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La proposition de loi visant à freiner l'essor de l'ultra fast-fashion franchit une étape décisive. Les sept députés et les sept sénateurs réunis ce mercredi en commission mixte paritaire (CMP) ont trouvé un accord sur la proposition de loi destinée à enrayer l'essor de la « fast fashion »,dont Sheinest devenue le symbole, ouvrant la voie à son adoption définitive, a appris l'AFP de plusieurs élus. Les parlementaires se sont entendus sur une version du texte de la députée Horizons Anne-Cécile Violland, déposé il y a plus de deux ans. « Cette loi distingue enfin dans notre droit les entreprises qui font le choix de la transition, de celles qui détruisent nos emplois, notre environnement et notre santé », s'est félicitée auprès de l'AFP l'élue, qui a déposé le texte il y a plus de deux ans.
Plus d'un an de discussions Si l'ambition initiale du texte, adopté en mars 2024 par l'Assemblée, était de réduire l'impact environnemental de l'industrie textile, et donc de couvrir l'ensemble de la fast-fashion, l'accord trouvé est plus proche de la version adoptée au Sénat en juin 2025. La nouvelle mouture ne vise plus que les grandes plateformes asiatiques comme Shein et Temu, et épargne les entreprises européennes et françaises (comme Zara ou Kiabi) via une définition juridique de « l'ultra fast-fashion » conditionnée par deux critères cumulatifs. A savoir, la largeur de gamme, c'est-à-dire des volumes de vêtements mis sur le marché, et l'incitation à réparer - un coefficient entre le prix du produit rapporté à ce que coûterait sa réparation. Cette rédaction a été trouvée après plus de plus d'un an de discussions, notamment avec la Commission européenne, en vue de rendre le texte compatible avec la réglementation européenne. Le texte instaure un malus financier, qui pourra représenter jusqu'à 50 % du prix hors taxe du produit, sans excéder 10 euros par produit. Le détail des pénalités sera fixé par décret. Par ailleurs la version adoptée en CMP interdit aussi toute forme de publicité pour les acteurs de la mode ultra-éphémère, y compris par des influenceurs, comme le souhaitait l'Assemblée. Le Sénat, lui, n'y était pas favorable. Le député LR Antoine Vermorel-Marques, qui a présidé la CMP, a salué «l'aboutissement d'un travail législatif de longue haleine contre les grandes plateformes asiatiques qui nous inondent de produits non conformes et qui font preuve de concurrence déloyale». Le vote final sur le texte est prévu le 29 juin au Sénat, après un vote à l'Assemblée nationale le 24.
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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:22 PM
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Lors du WIT Phocuswright Middle East 2026, Mehdi Hemici, directeur général fidélité et e-commerce d’Accor, a détaillé comment le groupe s’appuie sur l’intelligence artificielle pour renforcer la visibilité de son programme ALL. Entre expériences exclusives réservées aux membres et partenariat renouvelé avec le Paris Saint-Germain, Accor mise sur des contenus à forte résonance émotionnelle pour rester découvrable à l’heure des moteurs IA. C’est lors du WIT Phocuswright Middle East 2026, dont l’édition s’est tenue à Barcelone, que Mehdi Hemici, directeur général fidélité et e-commerce d’Accor, a livré sa lecture des nouvelles règles du jeu. Alors que les voyageurs délaissent progressivement les canaux traditionnels de recherche et d’inspiration au profit de l’intelligence artificielle, les marques hôtelières doivent repenser leur façon de se rendre visibles et désirables. « Lorsque les membres parlent de leurs expériences, cela est capté par l’IA et renforce notre capacité à engager les clients », explique M. Hemici. « Les actifs propriétaires créent de la différenciation et de la résonance. Avant, la différenciation était portée par les réseaux sociaux. Aujourd’hui, c’est la recherche IA qui mène. » Pour illustrer ce que le responsable nomme la « faim émotionnelle » de l’IA, son appétence pour des contenus authentiques et différenciants, il cite le partenariat de longue date d’Accor avec le Paris Saint-Germain, double champion d’Europe en titre. Parmi les expériences exclusives aux membres, l’All Accor Dream Tournament illustre concrètement cette stratégie : les adhérents du programme sont invités à vivre une journée dans la peau d’un joueur du PSG au Parc des Princes. Un format émotionnellement fort, pensé pour générer des récits que l’IA sera encline à reprendre et à amplifier. Accor a annoncé en mai 2026 le renouvellement de son partenariat avec le club parisien jusqu’en 2030. Lancé en octobre 2025, ALL Accor+ constitue l’autre pilier de la stratégie. Ce programme à abonnement payant, décliné en plusieurs formules mondiales (Explorer, Voyager, Signature…), marque une évolution significative du modèle de fidélité traditionnel. M. Hemici assume pleinement ce choix : « Je répète sans cesse à mon équipe : vous rendez-vous compte que nous sommes dans un environnement où nous demandons aux clients de payer pour leur fidélité ? Nous devons donc être à la hauteur et offrir des avantages qui leur parlent vraiment. »
Les résultats seraient probants, notamment en Asie-Pacifique. Selon des données présentées oralement lors de la conférence, 40 % du chiffre d’affaires fidélité de la région serait généré par ces membres payants, avec un taux d’utilisation atteignant 80 %. Des chiffres déclarés par M. Hemici lors de sa prise de parole, sans publication officielle à ce stade.
IA et humain : une équation gagnante selon Accor L’entretien a également abordé la place de l’humain dans un secteur de plus en plus digitalisé. Pour M. Hemici, l’alliance des deux dimensions projette Accor dans ce qu’il appelle la « sphère du mémorable ». « Nous sommes une industrie portée par l’humain, et nous le serons toujours, car c’est notre différenciation. Mais lorsque vous utilisez la data pour personnaliser le séjour, anticiper la prochaine meilleure action et faire en sorte que les clients sentent que vous les connaissez et que vous voulez leur offrir une expérience mémorable, c’est ainsi que vous êtes retenus dans les mémoires », souligne-t-il. « C’est propulsé par l’IA, mais activé par l’humain. »
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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:18 PM
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Et si l'intelligence artificielle (IA) pouvait vous rendre plus belle (ou plus beau) et donner l'impression que vous êtes plus jeune ? Vous avez peut-être déjà demandé à ChatGPT de vous conseiller une crème ou un masque pour les cheveux. L'Oréal veut miser sur ces nouveaux usages de l'IA pour les recommandations d'achat. A l'occasion du salon VivaTech, la firme française a annoncé un partenariat avec OpenAI. Les clients en quête de produits de beauté pourront tester crèmes et fards à paupières en direct sur ChatGPT. Il leur suffira de téléverser une photo ou une vidéo de leur visage et les produits seront virtuellement appliqués sur la peau. Cette nouvelle fonctionnalité devrait être disponible à la fin de l'été aux Etats-Unis avant d'être déployée dans le reste du monde en fonction des résultats.
Trouver de nouveaux principes actifs L'Oréal utilise aussi des solutions à destination des professionnels, comme des diagnostics de peau et de cheveux, qui permettent de mieux conseiller les clients et donc d'augmenter les ventes, selon le groupe. Enfin, l'IA permet d'accélérer la recherche pour la création de nouveaux soins. Elle aide notamment les chercheurs de L'Oréal à trouver de nouvelles molécules.
Clara Grouzis
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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:15 PM
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« Souveraineté ». C'était le mot de la semaine au grand Salon VivaTech. Dirigeants d'entreprise, experts ou personnalités politiques n'ont cessé de mettre en avant le made in Europe et la nécessité d'avoir des solutions de repli, dans le cas où les Etats-Unis décideraient de couper le robinet technologique. La décision de l'administration Trump, il y a quelques jours, de réserver l'accès aux modèles les plus performants d'Anthropic aux seuls Américains a fait l'effet d'une douche froide. La croyance selon laquelle la technologie était par nature mondiale a volé en éclats, rappelant qu'il s'agit bel et bien d'une arme géopolitique.
« Electrochoc » « Pour tous ceux qui sous-estimaient ce risque, cela a été un véritable électrochoc. On ne peut plus faire comme si ce n'était pas une réalité. Il faut l'affronter », témoigne Aidan Gomez, cofondateur et dirigeant de l'entreprise canadienne Cohere. « La souveraineté est devenue le premier sujet de tous nos clients en Europe », appuie Cormac Watters, à la tête de la branche Emea d'Oracle. Dans la sphère politique aussi, les mots n'ont pas manqué. La France et l'Allemagne, pays invité de l'édition 2026, ont publié une position commune affirmant « leur vision partagée pour renforcer la souveraineté numérique de l'Europe ». Dans son allocution mardi, diffusée sur le réseau social X - américain d'ailleurs -, pour présenter la modernisation des services publics grâce à l'IA, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a utilisé presque une dizaine de fois le mot « souveraineté » ou ses dérivés (« autonomie », « dépendance »), dans un discours de huit minutes. Symbole fort : il a annoncé sa décision de substituer les services du français Chapsvision à ceux de l'américain Palantir auprès de la Direction générale de la sécurité intérieure. La notion semble aussi faire consensus parmi les candidats à la présidentielle 2027 qui ont foulé les couloirs de l'événement. Le chercheur Yann LeCun en a remis une couche jeudi devant un parterre d'entrepreneurs. « J'ai eu des échanges avec plusieurs gouvernements à travers le monde. Ils veulent tous assurer leur souveraineté en matière d'IA, et je pense qu'ils ont raison », a-t-il lancé sur la scène principale du Salon. « C'est très important car, d'ici peu, l'ensemble de notre consommation d'informations passera par des assistants IA », a poursuivi l'ancien directeur scientifique de l'IA chez le géant américain Meta, aujourd'hui à la tête de sa propre start-up, lancée à Paris.
« Le 'kill switch' existe » L'enjeu est de taille : les usages numériques français et européens restent paradoxalement made in USA. Ainsi, les géants Amazon, Microsoft et Google détiennent près de 80 % du marché du cloud. Selon une étude à paraître de l'organisation GPAI Policy Lab, la France abrite seulement 1 % de la puissance de calcul mondiale, contre 85 % pour les Etats-Unis. Les ordres de grandeur sont en effet sans commune mesure entre les deux rives de l'Atlantique : quand Mistral vise 20 milliards d'euros de valorisation, OpenAI et Anthropic affichent des valorisations cumulées de 1.800 milliards de dollars. Quand l'Europe dégaine 200 milliards d'euros (230 milliards de dollars) dans un grand projet pour la souveraineté numérique, Alphabet, Meta, Amazon et Microsoft, eux, mettent sur la table 700 milliards de dollars. Pour autant, l'écosystème ne compte pas rester les bras croisés en attendant les prochaines déclarations du « boss » Trump - comme il s'est défini lui-même au G7. « Le 'kill switch' existe, et appuyer dessus n'est pas un scénario de science-fiction. Il y a un réveil européen, on le voit. Il faut l'accélérer », réagit Damien Lucas, patron de Scaleway (groupe Illiad). De fait, nombre d'entreprises du Vieux Continent comptent profiter de cette atmosphère d'inquiétude pour pousser leurs propres solutions. « La suspension des modèles d'Anthorpic a fait l'effet d'une bombe. Plein de prospects nous ont recontactés depuis », raconte Inès Besbes, fondatrice de Seedext, outil de prise de notes et de transcription made in France. Tandis que Mistral pousse ses pions, OVHCloud veut accélérer sur les modèles.
Trouver des leviers de négociation « Il faut se rendre à l'évidence, on ne pourra pas construire des géants comme le fait la Silicon Valley, résume Tom David, directeur du GPAI Policy Lab. En revanche, il y a de la place pour investir sur des points clés nécessaires à la chaîne d'approvisionnement de l'IA ou des modèles spécialisés. On ne pourra pas sortir de la dépendance aux entreprises américaines, mais l'objectif est d'avoir suffisamment d'arguments économiques pour taper du poing sur la table si besoin. » Et Nicolas Gaudemet, directeur de l'IA chez Onepoint, d'ajouter : « L'autonomie absolue est irréalisable. On dépend de la Chine sur les métaux rares, des Etats-Unis et de Taïwan sur les puces. Mais il faut trouver des leviers de négociation. » Les entreprises l'ont bien compris et commencent à s'adapter. « La vraie souveraineté, c'est la possibilité de changer de solution en cas de besoin : plusieurs de nos clients demandent que leur architecture technique puisse évoluer, pour s'adapter si les prix d'un fournisseur augmentent par exemple », ajoute Nicolas Gaudemet. S'il y a un réveil de part et d'autre, il faut encore passer des mots aux actes. A l'événement European Tech Sovereignty, organisé la veille de VivaTech, les participants n'étaient pas si optimistes. « C'est la même chose que l'année dernière sauf qu'il y a plus d'Allemands et d'Italiens. On en a un peu marre des discours d'intention », grince un entrepreneur, qui avoue être venu seulement assister au cocktail.
Marina Alcaraz, Joséphine Boone, Charlie Perreau
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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:12 PM
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La taxe Zucman avait enflammé les débats au Parlement l'automne dernier, elle pourrait bien à nouveau animer ceux du prochain budget puis surtout la campagne présidentielle. Ce projet d'impôt annuel de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros (dans sa version française) est en tout cas toujours présent à l'esprit de ses promoteurs comme de ses détracteurs. La gauche en fait un marqueur incontournable. Jean-Luc Mélenchon mise notamment sur les 20 milliards d'euros de recettes qu'elle est supposée rapporter pour financer en partie son programme massif de dépenses : investissements verts, « grande Sécurité sociale », retour de la retraite à 60 ans… Et la contribution des plus fortunés continue de faire phosphorer : l'économiste Thomas Piketty a récemment surenchéri, dans une tribune au « Monde », en proposant un « impôt de solidarité nationale » sur les plus riches à hauteur de… 800 milliards d'euros, soit 30 % du PIB !
Pertes fiscales nettes Face à ces nouveaux assauts en perspective, les opposants fourbissent leurs armes. Parmi les plus résolus figure le collectif patronal « Trop c'est trop » - formé précisément à l'automne dernier par quelque 2.000 chefs d'entreprise (dont le président du Medef, Patrick Martin et deux de ses prédécesseurs) pour dénoncer la « spirale fiscale » tricolore. Mardi, le collectif a publié une étude sur le rendement à attendre de la taxe Zucman, pour montrer qu'elle coûterait en réalité très cher à l'économie française. Ce travail a été confié à un doctorant, Pierre Andrews, qui a bénéficié de l'aide scientifique de quatre économistes : Nathalie Janson (professeure associée à Neoma Business School et présidente de Génération Libre), Erwann Tison de l'Institut de l'entreprise, Olivier Redoulès de Rexecode et Antoine Levy (Université de Californie, Berkeley). Selon leurs calculs, les recettes d'une taxe Zucman sont non seulement largement surestimées par son concepteur, mais nuiraient à l'économie française dans des proportions bien plus importantes - faisant perdre entre 10 et 20 milliards d'euros de recettes fiscales nettes.
La production française fortement affectée Pour parvenir à ce résultat, l'étude de « Trop c'est trop » s'appuie notamment sur un argument, déjà développé par Antoine Levy, selon lequel les « bénéfices non distribués » (dont l'accumulation sans limite de durée dans des holdings patrimoniales explique le faible taux d'imposition relatif des ménages les plus aisés) ont en réalité déjà été taxés au titre de l'impôt sur les sociétés. Il faudrait donc, selon ce raisonnement, défalquer l'impôt sur les sociétés préalablement acquitté d'une éventuelle taxe Zucman, ce qui ramènerait son rendement à 5 milliards d'euros, très loin des 20 escomptés. Deuxièmement, la mise en place d'une telle ponction sur les très hauts patrimoines affecterait fortement la production française, car la fuite des entrepreneurs à l'étranger provoquerait une perte de productivité et des délocalisations. Selon l'étude, l'effet serait massif : entre 1,3 % et 1,8 % du PIB évaporé - soit 36 à 50 milliards d'euros de richesse non créée et 17 à 24 milliards d'euros de pertes fiscales (puisqu'une petite moitié est prélevée par l'Etat).
10 familles très fortunées Bref, la taxe Zucman serait une très mauvaise affaire, prévient le collectif patronal. Et cela sans même prendre en compte l'érosion potentiellement rapide de la base taxable. L'étude relève en effet que 70 % des recettes attendues de la taxe Zucman reposent uniquement sur 10 familles très fortunées, et même 45 % sur le seul trio de tête.
« Si ces trois familles choisissaient de réduire leur exposition à l'impôt, par expatriation, restructuration patrimoniale ou toute autre stratégie de réduction légale, les recettes chuteraient instantanément de moitié », souligne l'étude. Comme un avertissement aux candidats en lice pour 2027.
Sébastien Dumoulin
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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:10 PM
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C'est un coup de semonce retentissant envoyé depuis Bruxelles en direction de Seattle et Redmond. La Commission européenne a annoncé jeudi avoir officiellement notifié Amazon et Microsoft de sa position préliminaire selon laquelle leurs services de cloud computing respectifs, Amazon Web Services (AWS) et Microsoft Azure, devraient être désignés comme « contrôleurs d'accès » au titre de la loi sur les marchés numériques (DMA). Une qualification qui, si elle est confirmée, placerait les deux géants américains sous un régime de surveillance et d'obligations inédit pour ce secteur. Ce qui rend cette décision remarquable, c'est sa nature juridique. Ni AWS ni Azure n'atteignent formellement les seuils quantitatifs habituellement requis pour une telle désignation : nombre d'utilisateurs, chiffre d'affaires, capitalisation boursière. Bruxelles a choisi la voie qualitative, prévue par le DMA pour les plateformes, dont l'influence sur le marché interne est jugée déterminante malgré tout. Ses arguments : AWS et Azure sont les deux premiers fournisseurs cloud de l'UE, leurs investissements « semblent avoir significativement dépassé ceux de leurs concurrents », et leurs clients sont souvent captifs, avec des coûts de migration prohibitifs.
L'IA au coeur du dossier L'intelligence artificielle donne à cette affaire toute sa dimension stratégique. La Commission pointe le fait que l'offre d'IA des deux groupes est devenue « un facteur décisif dans les décisions d'achat de services cloud ». Or, à mesure que l'IA gonfle la demande de puissance de calcul, AWS et Azure captent une part disproportionnée de cette croissance au sein de leurs écosystèmes. Un cercle vertueux pour eux, mais potentiellement étouffant pour la concurrence. Cette annonce intervient dans un contexte tendu. Le DMA a déjà suscité la colère de Donald Trump, qui y voit du protectionnisme anti-américain, compliquant les très sensibles négociations commerciales transatlantiques. Apple et Meta ont d'ores et déjà essuyé les premières amendes au titre du DMA, respectivement 500 millions et 200 millions d'euros, pour violation de la loi. Des incidents récents ont également pesé dans la balance : une panne d'AWS de 15 heures a paralysé des centaines d'entreprises, d'Apple à McDonald's ; Azure a, quant à lui, bloqué l'enregistrement de passagers d'Alaska Airlines et des votes au Parlement écossais. Autant d'épisodes qui ont incité la Commission européenne à ouvrir, dès novembre 2025, des enquêtes formelles sur les deux groupes.
Six mois pour se conformer Amazon et Microsoft peuvent encore répondre par écrit aux conclusions préliminaires. Une étape cruciale qui pourrait encore faire évoluer l'issue attendue fin 2026. Les conclusions préliminaires « ne préjugent pas de l'issue de l'enquête », rappelle prudemment Bruxelles. Un porte-parole d'AWS a déclaré que les « conclusions préliminaires ignorent l'étendue des services cloud disponibles pour les clients européens et risquent de décourager les investissements et l'innovation en Europe ». Microsoft, de son côté, a critiqué la Commission pour ne pas avoir ciblé l'activité cloud d'Alphabet Inc., soulignant que la société est « préoccupée par le fait qu'ignorer la puissance croissante de Google Cloud et Gemini faussera le marché de manière préjudiciable ». Si ces conclusions sont confirmées, les deux entreprises auront six mois pour mettre leurs services cloud en conformité avec les obligations du DMA. Celles-ci sont lourdes : exigences d'interopérabilité, interdiction de l'autopréférence, limitation des pratiques de verrouillage des clients. Un chantier colossal pour deux groupes qui ont bâti leur domination précisément sur l'intégration profonde de leurs écosystèmes.
Au fond, c'est une vision politique que Bruxelles affirme : l'Europe ne veut pas laisser les clés de son infrastructure numérique, et demain, de son infrastructure d'IA, entre les seules mains de deux entreprises américaines. Qu'Amazon et Microsoft le veuillent ou non, Bruxelles entend bien s'inviter dans leur modèle d'affaires.
Fabienne Schmitt (Bureau de Bruxelles)
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Georges-Edouard DIAS
June 28, 1:04 PM
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Près de soixante-dix ans après l'avènement de la révolution castriste en 1959 et la mise en place d'un système d'économie socialiste, Cuba a adopté jeudi un vaste programme de réformes libérales sans précédent, touchant de nombreux secteurs. Les 176 mesures adoptées visent à mettre fin à la grave crise que traverse le pays, alors que l'île se trouve sous pression maximale des Etats-Unis, soumise depuis près de cinq mois à un blocus pétrolier. Les réformes ont été adoptées à l'unanimité par un vote à main levée des députés de l'Assemblée nationale du pouvoir populaire. Les mesures concernent notamment l'organisation des entreprises privées et d'Etat, les banques, le tourisme, l'agriculture, les investissements étrangers, les impôts, les salaires et le marché des changes. Des « changements radicaux » critiqués par Washington Le programme de réformes est inédit sur l'île de 9,6 millions d'habitants et remet en cause les bases de son économie socialiste. « Il s'agit de changements drastiques, on ne parle pas de retouches cosmétiques. Les annonces présentent des changements radicaux : par exemple, il n'y aura plus seulement des petites et moyennes entreprises, il sera possible de constituer une grande entreprise privée à Cuba », explique l'économiste cubain, basé à Londres, Daniel Torralbas. Depuis la révolution menée par Fidel Castro en 1959, l'économie cubaine a été régie par un système planifié et centralisé dont les entreprises d'Etat constituaient la clé de voûte. Ces entreprises, financées par l'Etat, représentaient encore 80 % de l'économie il y a encore quelques années. Au fil du temps, les ouvertures au secteur privé ont été timides et contrôlées, servant de soupape au gouvernement pour faire face aux crises. Très limitée, la propriété privée va être profondément réformée. Jusque-là les Cubains pouvaient seulement posséder leur maison, leur commerce ou une petite parcelle de terre.
Ouverture à l'investissement privé Parmi les réformes approuvées jeudi figurent notamment la transformation des entreprises d'Etat en sociétés commerciales « par actions ou à participation », l'autorisation d'entreprises privées de plus de 100 salariés, la participation de capitaux étrangers dans le secteur privé, l'ouverture de comptes en devises pour les particuliers. L'agriculture, le tourisme, le secteur bancaire, le marché des changes seront désormais ouverts à l'investissement privé, national ou étranger. Ce dernier était jusque-là canalisé en faveur des entreprises d'Etat. Les terres agricoles resteront entre les mains de l'Etat, mais pourront être exploitées par des entreprises privées pour la sylviculture, l'agritourisme et la production de tabac. Les Cubains vont pouvoir aussi posséder plus d'une entreprise privée et des participations dans d'autres sociétés. Les négociations salariales au sein des entreprises seront permises.
Sur le plan énergétique, l'approvisionnement en carburant a toujours été un problème à Cuba, même bien avant que le président Donald Trump n'impose un blocus pétrolier à l'île. Pour accroître les approvisionnements, les investissements privés et étrangers vont pouvoir opérer dans l'achat et la vente de carburant. Des allègements fiscaux seront mis en place pour les investissements dans les énergies renouvelables, comme les panneaux solaires.
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Georges-Edouard DIAS
June 28, 12:52 PM
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Pierre & Vacances-Center Parcs s'apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Le conseil d'administration du groupe de résidences de tourisme a annoncé, lundi, avoir reçu une offre de rachat « ferme et intégralement financée » de Mubadala Capital, qu'il a accueillie favorablement à l'unanimité vendredi. Celle-ci a pour l'heure reçu le soutien des trois principaux actionnaires détenant 58,6 % du capital (Fidera Limited, Benefit Street Partners et Pastel Holding). Le fonds propose 1,90 euro par action auxquels pourrait s'ajouter un complément de 0,10 euro par titre si le fonds émirati (filiale du fonds souverain d'Abu Dhabi) parvient à retirer Pierre & Vacances de la cote à l'issue de l'opération. Sollicité par l'AFP, le groupe a indiqué que cette offre pourrait aboutir à une valorisation de Pierre et Vacances-Center Parcs d'environ 1 milliard d'euros. La réussite de l'opération dépendra toutefois de l'issue des discussions en cours avec les autres actionnaires de la société : il faudra obtenir d'ici au 17 juillet des engagements d'apport à l'offre publique de la part d'investisseurs représentant au moins 80 % de son capital (la « condition 80 % »). « Rien ne garantit qu'une opération se concrétisera tant que cette condition ne sera pas satisfaite », précise le groupe. Le dépôt formel de l'offre est prévu pour le premier trimestre 2027, sous réserve du feu vert des autorités réglementaires. Cette annonce intervient après plusieurs mois de discussions avec différents investisseurs, dans le cadre de la revue stratégique lancée par le groupe en juin 2025. Mise à mal par la crise du Covid, l'entreprise avait frôlé la faillite en 2022. Pierre & Vacances-Center Parcs avait alors conclu un accord avec les investisseurs britanniques Alcentra et Fidera, ainsi que le gérant français d'actifs immobiliers Atream et ses principaux créanciers pour assainir sa situation financière. Son fondateur Gérard Brémond avait à cette occasion cédé le contrôle du groupe à l'actuel trio d'actionnaires de référence. Cette nouvelle étape doit permettre au groupe de poursuivre ses ambitions de développement en disposant d'une « capacité d'investissement durable ». « A l'issue d'un processus exigeant et compétitif, [cette offre] reconnaît la valeur de notre groupe, la pertinence de notre modèle de tourisme de proximité et le fort potentiel de développement de nos marques. […] Cet adossement viendrait conforter notre stratégie et renforcerait nos marges de manoeuvre dans l'exécution de notre plan Beyond Reinvention », se félicite Georges Sampeur, président du conseil d'administration de Pierre et Vacances, dans un communiqué.
« Partenaire de long terme » La firme avait indiqué l'an dernier vouloir notamment accroître ses investissements dans la modernisation et la montée en gamme de ses sites. Pierre & Vacances - Center Parcs a affiché en 2025 un résultat net de 40,6 millions d'euros, enregistrant ainsi une deuxième année de bénéfices consécutive après une décennie de déficits. Malgré une perte nette de 101,4 millions d'euros au premier semestre 2026 - attribuée à la saisonnalité de ses activités - le groupe anticipe une croissance de ses performances annuelles, et a maintenu ses objectifs pour l'exercice. « Mubadala Capital entend accompagner l'équipe de management, conduite par Franck Gervais, dans la mise en oeuvre du plan stratégique du Groupe, en s'engageant comme partenaire de long terme », souligne Antoun Ghanem, associé chez Mubadala Capital. L'offre du fonds émirati « traduit sa conviction dans le secteur européen du tourisme et des loisirs comme dans le potentiel à long terme des marques du groupe », indique-t-il. L'opération illustre l'appétit croissant d'acteurs extra-européens pour les fleurons français du tourisme. En 2015, le groupe chinois Fosun avait pris le contrôle du Club Med avant de le retirer de la cote. Plus de dix ans après, la firme préparerait son retour en Bourse à Hong Kong, selon Bloomberg.
Rachel Cotte
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Georges-Edouard DIAS
June 16, 5:49 PM
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Le gouvernement américain coupe le robinet de l’IA avancée d’Antropic aux étrangers. Washington, invoquant des raisons de sécurité nationale, a émis une directive de contrôle des exportations. Cette décision suspend tout accès aux derniers modèles d’IA Claude Fable 5 et Mythos 5 d’Anthropic pour toute personne de nationalité étrangère, qu’elle se trouve aux États-Unis ou à l’étranger, y compris les employés étrangers d’Anthropic.
Antropic évoque un malentendu
Anthropic annonce par conséquent, être contraint de désactiver temporairement Fable 5 et Mythos 5 pour tous ses clients – et pas seulement ses clients étrangers – afin de se conformer à la réglementation. L’accès aux autres modèles Claude reste inchangé. « Nous nous excusons pour la gêne occasionnée. Nous pensons qu’il s’agit d’un malentendu et nous mettons tout en œuvre pour rétablir l’accès au plus vite » déclare Anthropic. Le gouvernement américain a ordonné vendredi 12 juin à Anthropic de couper immédiatement l’accès à deux de ses modèles d’IA les plus puissants — Claude Fable 5 et Claude Mythos 5 — invoquant des préoccupations de sécurité nationale. Anthropic a annoncé sur X qu’il s’était conformé, mais a clairement indiqué qu’il pensait que le gouvernement s’était trompé sur ce point.
Désactivation des deux modèles dans le monde
La directive, qu’Anthropic a déclaré avoir reçue vendredi à 17h21 ET, (heure de New York – Washington) oblige l’entreprise à désactiver les deux modèles pour tous les utilisateurs du monde entier — et pas seulement pour les ressortissants étrangers visés nominalement par l’ordre gouvernemental de contrôle des exportations. Mythos est le modèle d’IA dont Anthropic avait fait la promotion en avril dernier en le présentant comme trop dangereux pour être commercialisé car il a la capacité de détecter les vulnérabilités de sécurité dans les logiciels d’entreprise.
Une mauvaise nouvelle en vue de l’entrée en bourse
Dans un long billet de blog, Anthropic se défend en mettant en avant les garde-fous qu’il a placés autour de Mythos et Fable 5 afin d’empêcher que ces modèles ne soient employés abusivement. Ces arguments n’ont pas suffi au gouvernement américain pour agir. La situation ne place pas Anthropic dans les meilleures dispositions pour une entrée en bourse. De quoi satisfaire son concurrent OpenAI. Il faut souligner que cette décision de couper les services avancés d’Anthropic de la part des Etats-Unis a fait réagir à l’unisson la classe politique française. Pour les politiques, c’est le moment d’une prise de conscience de la dépendance de la France aux technologies américaines. « La décision de Washington de couper l’accès aux modèles les plus puissants d’Anthropic doit nous réveiller » déclare Bruneau Retailleau, candidat LR à la présidentielle 2027. « Une nation qui dépend des autres pour sa technologie est une nation qu’on peut débrancher du jour au lendemain. Il faut faire avec l’IA ce que nous avons fait avec le nucléaire : il faut la penser comme une part de notre souveraineté » annonce-t-il.
Développer les champions français grâce à la commande publique
L’ancien ministre de l’intérieur vante les entreprises hexagonales telles que Mistral, OVHcloud, Scaleway et ChapsVision, comme étant capables de rivaliser avec les géants américains. Il demande de réorienter la commande publique vers des solutions souveraines, de structurer l’écosystème national et bâtir des infrastructures et de “libérer les chercheurs et les entrepreneurs des réglementations qui les étouffent“. Pour Jordan Bardella, Président du RN, « cette décision soudaine [suspension de l’accès aux derniers modèles IA d’Anthropic] vient nous rappeler que l’intelligence artificielle est déjà un sujet de souveraineté nationale majeur ». Pour le dirigeant, les Nations qui ne développent pas rapidement leur(s) propre(s) modèle(s) dépendront toujours plus des choix des autres puissances. “La France doit accélérer dans le soutien à la pépite Mistral AI et à tout l’éco-système IA” défend-il.
LFI a le même sentiment d’urgence
Jean Luc Mélanchon, également candidat à la prochaine présidentielle, va dans le même sens. « Depuis 2016, LFI classe le numérique comme nouvelle frontière de l’humanité et refuse que la France soit une colonie numérique des USA » écrit-il sur X. « La décision de Trump concernant Anthropic prouve l’urgence du sujet. […] cela prouve l’urgence d’être indépendants et souverains » ajoute-t-il. Pour Edouard Philippe, autre candidat, « pour éviter la vassalisation, il est temps que l’Europe se réveille et déploie ses propres armes ». Il propose ses solutions : « Buy European Tech Act et marchés technologiques européens – Accès préférentiel à notre électricité decarbonée aux acteurs européens – Politique d’attraction des talents mondiaux – Simplification des normes qui avantagent les big tech americaines. »
Anthropic récole ce qu’il a semé
Yann Lecun, chercheur français renommé en IA a le mot de la fin (temporaire). Pour lui, Anthropic a joué à faire peur avec ses modèles d’IA et la société récolte ce qu’elle a semé. « La peur ridicule de Dario Amodei [CEO d’Anthropic] à propos de Mythos/Fable (et de l’IA en général) porte enfin ses fruits : Le gouvernement américain interdit son utilisation par des non-Américains, *y compris par des employés étrangers aux États-Unis* On récolte ce qu’on a semé » termine-t-il.
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Georges-Edouard DIAS
June 16, 5:42 PM
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Le géant des cosmétiques L’Oréal sélectionne une plateforme comme système de référence mondial pour la gestion de ses plans médias, toutes divisions et tous marchés confondus. Pour cela, le groupe a choisi Camphouse, plateforme suédoise de Media Operations Intelligence. Cette plateforme européenne monte en puissance parmi les acteurs mondiaux du secteur.
Visibilité en temps réel sur les budgets média
La plateforme unifie le media planning et les données réelles dans un environnement IA natif. Elle sert aux équipes media pour avoir une visibilité en temps réel sur leurs budgets, tous marchés, agences et canaux confondus. Parmi ses autres utilisateurs, on citera Amazon, Heineken, Dentsu ou Jellyfish. Camphouse a levé 17 millions de dollars depuis sa création. La société vient de boucler sa série A dont les fonds serviront à accélérer la R&D et à renforcer les équipes customer success pour accompagner de nouveaux déploiements mondiaux. Ce tour de table est réalisé avec la participation de ses investisseurs historiques Fairpoint, eEquity, Newion, Frol41 et J12 Ventures.
Ajout de l’IA dans les workflows des opérations média
Camphouse développe des capacités IA intégrées aux workflows d’opérations media. La nouvelle levée de fonds intervient alors que le groupe L’Oréal a sélectionné Camphouse comme système de référence mondial pour la gestion de ses plans médias. Ce déploiement couvre l’ensemble des divisions et marchés du groupe à travers le monde.
Camphouse unifie le media planning et les données réelles au sein d’un système de référence. Les équipes marketing accèdent à une vision complète et en temps réel de chaque euro dépensé, tous marchés, agences et canaux confondus. La plateforme permet aux équipes d’optimiser leurs décisions dans l’instant, et non après coup grâce à ses insights
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Georges-Edouard DIAS
June 16, 5:39 PM
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Une nouvelle compagnie aérienne, Air Inter Région, annonce le lancement de ses premières lignes dès 2027 en Normandie notamment. Son ambition : réinventer la mobilité régionale aérienne avec des vols courts, pensés pour les déplacements du quotidien. L'occasion de se pencher sur l'offre actuelle de nos quatre aéroports normands. Est-elle déjà suffisante ? Rouen, Caen, le Havre, Deauville : pas un aéroport normand n'échappe à ce nouveau projet de liaisons aériennes entre les régions de l'ouest de la France.
Derrière Air Inter Région, on trouve Franck Crépin, 46 ans, un entrepreneur originaire du Nord, ancien pilote reconverti dans la finance. Son créneau : des liaisons directes interrégionales de moins de 500 kilomètres, moins de deux heures de vol. Assurés au lancement par des appareils de moins de 10 passagers, puis, à terme, par des aéronefs hybrides, pouvant en transporter jusqu'à une vingtaine.
Premiers vols : premier trimestre 2027 La compagnie mise sur 18 aéroports partenaires, dont cinq capitales régionales : Lille, Rouen, Rennes, Nantes et Bordeaux et l'ensemble du littoral de la Manche et de l'Atlantique, du Touquet à Biarritz, en passant par le Havre, Deauville et Caen. De quoi imaginer demain, des vols Rouen-Caen ou Bordeaux-Deauville. Une levée de fonds de 10 millions d'euros est en cours mais son fondateur ne souhaite pas de subventions publiques. Il compte d'abord séduire les entreprises, en pariant sur les besoins de déplacements professionnels. Les premiers vols sont annoncés pour le premier trimestre 2027. Car l'hexagone reste aujourd'hui assez peu desservi depuis nos aéroports normands. Enfin, à l'exception du sud : Marseille, Montpellier, Nice, Toulouse, Lyon et en Corse, Ajaccio, Bastia et Calvi.
Et à l'étranger, ça donne quoi ? Au total, ce sont 25 destinations qui sont reliées à nos quatre aéroports. Mais pas toute l'année : il faut viser une période comme l'été, pour la Grèce au départ de Deauville, ou des jours bien particuliers, si vous voulez rejoindre le Grand Nord, à la frontière de la Laponie, en Finlande. Sur cette ligne, seuls trois voyages sont prévus dans l'année.
L'arrivée d'Air Inter Région devrait donc apporter des trajets plus réguliers, mais sur des distances beaucoup plus courtes. La compagnie promet, par exemple, un Lille-Le Touquet en 20 minutes, contre deux heures en voiture ou en train. Se pose alors une question : celle de la nécessité de faire ces déplacements en avion, à l'heure où les vols courts sont pointés du doigt pour leur empreinte carbone. Le pari de Franck Crépin se joue donc là : convaincre que ces petites lignes répondent à un vrai besoin de mobilité du quotidien, et pas seulement, à une promesse de gain de temps.
Avec Quentin Bral.
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Georges-Edouard DIAS
June 11, 5:47 PM
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For years, brand purpose has been framed as a driver of long-term growth- a way to build emotional connection, cultural relevance and differentiation. But when it comes to putting purpose into practice, the answers are often less straightforward. From left to right: Laura Forcetti (WFA), Kenneth Lim (Singapore Tourism Board), Dhiren Amin (Income Insurance), Kok Hwee Ng (Zespri), Liam McCarten (StackAdapt)
Purpose is not a magic wand Across the panel, one theme emerged clearly: purpose may take different forms across organisations – but it is rarely a magic wand for growth. For some, purpose is foundational to how the business operates. Dhiren Amin, Chief Customer Officer at Income Insurance, pointed to the organisation’s origins – created to provide financial protection for every Singaporean – as the reason purpose is so deeply embedded into how the business thinks, behaves and makes decisions. “For us, purpose defines who we are and how we operate our business,” he said. Elsewhere, purpose is closely tied to stakeholder value creation. At Zespri, Kok Hwee Ng, Chief Marketing Officer, described their purpose as “helping people, communities and environments thrive through the goodness of kiwifruit” – a philosophy that shapes how the organisation thinks about nutrition, grower value and long-term impact. For the Singapore Tourism Board (STB), purpose plays a broader ecosystem role. Kenneth Lim, STB’s Assistant Chief Marketing Executive, explained that the organisation’s “Passion Made Possible” brand purpose serves less as a direct growth lever and more as a north star, helping align a highly complex tourism ecosystem around a shared ambition and identity. “Purpose alone cannot drive outcomes- it must work alongside market realities, partnerships and industry economics,” Kenneth noted.
Purpose becomes real when it shapes decisions The real test, however, is what purpose looks like in practice. At Zespri, purpose shapes the role the business plays in tackling hidden hunger through natural nutrition. This influences everything from partnerships to nutrition literacy programmes. Kok Hwee warned against purpose drifting into abstraction: "Purpose has to be credible and relevant for the brand, not just philosophical, world-changing CSR language,” she explained. At Income Insurance, purpose drives product innovation. “Our purpose enables us to identify consumer gaps and create products customers are currently lacking,” said Dhiren. He pointed to innovations such as insurance-by-the-hour products for short cross-border trips and enhanced travel coverage for customers with pre-existing medical conditions.
Purpose as a dual engine “Purpose is a multiplier and amplifier for growth, provided we get the fundamentals right,” Kok Hwee said. “It doesn’t replace the fundamentals.” In other words, product, distribution, pricing and performance marketing still do much of the heavy lifting. Purpose shapes how those levers are pulled, not whether they work. A persistent myth, though, is that purpose only delivers over time. "There's a false binary between long-term and short-term growth," argued Dhiren. "Long-term growth is really a series of short-term achievements." This distinction matters at a time when CMOs are under real pressure to justify long-term brand investment against short-term commercial demands. Liam McCarten, VP of Sales at StackAdapt, noted "Our recent co-authored study with Kantar showed that 80% of marketers are skewing away from brand towards lower-funnel performance", with a predictable consequence: brand distinction erodes and businesses end up competing on price. Purpose-led innovation, when embedded into products and services people genuinely value, can generate immediate commercial returns and build longer-term equity at the same time. "Innovations allow us to drive sales on a quarterly basis and meet our numbers," said Dhiren.
Marketing can't carry this alone "Purpose is not something marketing can do alone because purpose is not just a piece of advertising," said Kok Hwee. "Marketers must increasingly act as internal translators and orchestrators, helping functions across the business understand what the brand stands for and how that should influence decisions." Kenneth echoed this challenge from a destination-marketing perspective. “Our purpose helps drive the vision and mission not just of the organisation but galvanises partners to follow us on that journey.” For Dhiren, the answer is ultimately about accountability. “Be clear about what purpose is meant to drive in your organisation. If purpose is really working, your business should be growing, and the numbers should reflect that,” he said.
He added that whatever purpose translates into – trust, brand power, or a specific attribute – it must become part of broader corporate KPIs, not just marketing metrics.
The future of brand purpose may not lie in louder claims or more ambitious messaging. Instead, it may lie in something less glamorous but ultimately more effective: consistently making decisions that reinforce what the brand truly stands for and the outcomes they choose to measure, especially when it's inconvenient to do so.
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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:26 PM
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Le marché français des autocars longue distance, surnommés les « cars Macron », va-t-il basculer bientôt dans un monopole de fait ? A leur ouverture réglementaire en 2015, ce marché censé concurrencer le train comptait cinq opérateurs différents. Il n'y en a plus que deux aujourd'hui, et peut-être bientôt un seul… Et ce alors que la demande hexagonale croît régulièrement chaque année. L'avenir du secteur va se jouer dans les prochains jours. Suite à la décision surprise de BlaBlaCar annoncée en avril d'abandonner cette activité déficitaire à compter du 4 janvier 2027, la période légale d'information-consultation du personnel visé au sein de la célèbre licorne s'achève à la fin juin, sauf délai supplémentaire.
La « loi Florange » s'applique Dans son communiqué dévoilant sa réorientation hors du car, BlaBlaCar n'avait pas spécialement mis en avant la recherche d'un éventuel repreneur pour cette activité, en large partie sous-traitée à des entreprises d'autocaristes. Mais il semble que cette fermeture programmée tombe sous le coup de la fameuse « loi Florange », qui oblige les entreprises à chercher un repreneur et informer le personnel des discussions ad hoc, selon une bonne source. Même si l'on parle ici de 40 employés directement visés par la fermeture, bien loin du seuil minimal de 1.000 emplois prévus par ladite loi. Quelqu'un sortira-t-il du bois pour prendre le flambeau ? Rien n'est moins sûr. Flixbus, de loin le leader français du secteur avec 64 % des trajets assurés l'an dernier selon l'Autorité de régulation des transports (ART), ne postulera pas au rachat du fonds de commerce de son challenger. « Ils doivent explorer une vente, mais nous n'en serons pas », affirme aux « Echos » André Shwämmlein, PDG et cofondateur du groupe allemand Flix, qui exploite les célèbres Flixbus verts dans plusieurs pays. « Pour moi, cette décision de retrait a été une surprise. Il existe une compétition intense sur le marché, mais l'entreprise en question veut se concentrer sur la majorité de son business (le covoiturage en voitures particulières, NDLR) : je peux le comprendre du point de vue stratégique. C'est beaucoup trop tôt à ce stade pour prédire ce qui peut se passer. Des cars vont changer de couleurs, nous continuons nous-mêmes à croître, mais si un acteur n'a pas déjà une taille importante, c'est très difficile pour lui de reprendre cette activité. On n'investit dans ce métier que si l'on a des perspectives solides », résume le dirigeant allemand.
Kombo pas candidat à une reprise Un possible prétendant français s'était certes manifesté : la plateforme de réservation de billets de transport Kombo, dont le cofondateur Matthieu Marquenet avait mis en garde contre les risques d'un monopole de fait pour les prochains prix des billets de car. « Ce serait regrettable de voir l'activité bus de BlaBlaCar disparaître. Flixbus pourrait se retrouver en position monopolistique. Nous sommes encore au stade de la réflexion, mais le sujet nous intéresse », avait-il dit à la mi-mai au site News Tank Mobilités. Mais cette marque d'intérêt a fait long feu : actuellement, Kombo dont les moyens financiers sont limités, ne regarde pas le dossier, affime aux « Echos » un proche du sujet. A moins d'un chevalier blanc inespéré, prêt à investir dans un métier déficitaire, on voit mal BlaBlaCar annoncer une offre de reprise en dernière minute. Une telle solution lui permettrait pourtant d'alléger sa facture, selon un professionnel : il devra régler le prix du plan social et celui des ruptures de contrats avec ses partenaires autocaristes. A ce stade, Flixbus n'a légalement pas le droit de discuter avec eux d'une reprise de leurs contrats. Sur le marché français des « cars Macron », les deux grands acteurs font appel à 157 entreprises partenaires, qui fournissent les chauffeurs et les 769 véhicules nécessaires pour les multiples liaisons, dont 114 sociétés françaises, selon le dernier rapport de l'ART. Y compris les moyens plus modestes de 6 opérateurs régionaux, qui exploitent 26 liaisons. Quel serait au fond l'impact d'une disparition pure et simple de BlaBlaCar, le numéro deux du marché français, au moment où la SNCF manque de TGV ? Depuis la vague de recomposition précédente, notamment quand la SNCF a vendu l'ex-Ouibus à BlaBlaCar en 2018, le duopole s'est ancré dans le paysage. Selon l'ART, les acteurs en place commercialisaient en 2025 pas moins de 960 liaisons différentes, avec 840 départs quotidiens vers 205 villes françaises. Un complément utile au train, peu performant sur certaines paires de villes. La question sera bientôt celle du partage des dépouilles, ou plutôt des doublons actuels. Sur toutes les liaisons assurées, 32 % sont vendues à la fois par Flixbus et BlaBlaCar, mais ce pourcentage s'élève à 95 % des passagers transportés chaque année, selon l'ART. Car les deux opérateurs de cars bétonnent les flux les plus rentables, comme Paris-Lille, Paris-Reims ou Lyon-Grenoble. Reste à savoir si Flixbus aura les moyens de boucher les trous après l'arrêt programmé de son concurrent.
Croissance de 4 % l'an dernier Pour l'heure, le marché français continue sa croissance (17 millions de passagers l'an dernier, en hausse de 4 %, essentiellement due aux lignes domestiques en progression de 6 %, tandis que l'international est stable). En évitant cette année aux automobilistes de trop faire chauffer leur carte de crédit dans les stations-service.
Du côté du régulateur des transports, on s'interroge aussi sur les conséquences tarifaires d'un prochain monopole, sur ce marché qui représente déjà plus de 200 millions d'euros de recettes annuelles (+11 % l'an passé). Mais chez Flixbus, où les tarifs sont fixés librement, on sait aussi jusqu'où ne pas aller trop loin en matière d'inflation des billets. « En face de nous, il y a aussi le covoiturage de BlaBlaCar, les vols des compagnies low cost, les trains Ouigo dont ceux à vitesse classique… », admet un porte-parole. Autrement dit, l'élasticité au prix des sièges sera certainement limitée l'an prochain, car divers concurrents ne sont pas bien loin.
Denis Fainsilber
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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:24 PM
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Des vols directs entre Sydney et Londres, qui permettront de gagner jusqu'à quatre heures en supprimant l'escale à Singapour de la liaison actuelle. C'est ce que Qantas a annoncé, mercredi 17 juin, dans un communiqué (à retrouver ici en anglais), sans préciser toutefois la durée du trajet.
Commande de douze avions La compagnie australienne a commandé, à l'avionneur européen Airbus, douze exemplaires d'un appareil spécialement modifié pour ses besoins : l'A350-1000ULR, qui a effectué des vols d'essai à Toulouse. L'avion est doté d'un réservoir de carburant supplémentaire, de 20 000 litres, afin de permettre des vols commerciaux sans escale de plus de 16 000 km, pouvant durer jusqu'à 22 heures. "Etape la plus importante" dans l'histoire de la compagnie la directrice générale de Qantas, Vanessa Hudson, évoque dans ce communiqué une étape qui serait "la plus importante" dans l'histoire de la compagnie, pour effacer l'éloignement de l'Australie par rapport au reste du monde « Nous avions pris l'engagement (...) que Qantas conquerrait la dernière frontière de l'aviation long-courrier et relierait directement la côte Est de l'Australie à Londres, ce qui n'avait encore jamais été possible. A partir d'octobre 2027, cette promesse deviendra réalité. » Vanessa Hudson, directrice générale Une nouvelle étape pour la "Kangaroo route", comme Qantas appelle sa liaison commerciale avec le Royaume-Uni, qui fait l'objet d'une vidéo sur ses réseaux sociaux.
Sydney-New York à l'horizon La compagnie aérienne entend également ouvrir ultérieurement une liaison directe entre Sydney et New York. Elle propose déjà des vols directs depuis Perth, dans l'Ouest de l'Australie, vers Londres, Paris et Rome, depuis Melbourne vers Dallas, et depuis Auckland en Nouvelle-Zélande vers New York. "Ces liaisons affichant les meilleurs scores de satisfaction de la clientèle sur le réseau international", selon le communiqué.
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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:19 PM
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La France ne va pas bien. Bien sûr cette situation ne résulte pas seulement de facteurs endogènes, propres au pays, mais elle est aussi liée à des facteurs spécifiques, à une histoire, une culture et des modes de fonctionnement. Dans ce contexte le cadre démocratique, institutionnel et organisationnel du pays est une dimension importante, et notamment à travers ceux et celles qui l'incarnent c'est-à-dire les dirigeants politiques, a fortiori quand on parle des deux plus hautes fonctions de l'Etat sous la Ve République : le Président et le Premier ministre. Qui sont-ils/elles ? Et plus précisément quels sont leur profil et leur formation ?
Un manque de diversité En analysant la liste de ces personnalités ce qui « saute aux yeux » c'est le manque de diversité flagrant dans les profils au plus haut sommet de l'Etat. Le premier marqueur de cette uniformité est celui de la (absence) mixité avec seulement deux femmes, en l'occurrence Edith Cresson et Elisabeth Borne - sur 36 dirigeants - depuis 1958 à l'Elysée ou à Matignon, soit un ridicule 5,4 %. Le second est celui des origines sociales avec des personnalités issues majoritairement des classes supérieures, et le dernier celui de l'absence de personnes appartenant à des minorités visibles. Mais ici on pourrait arguer que cette absence de diversité se retrouve dans tous les secteurs où s'exerce le pouvoir, que ce soit le monde économique, culturel et social. Ici n'y a pas de spécificité du politique mais un problème de la société dans son ensemble. Il nous semble en revanche qu'il existe une particularité pour les fonctions de Président de la République et Premier ministre qui est celle de la nature des compétences et/ou de la formation.
L'uniformité des profils Concrètement que peut-on constater : depuis 1958 la quasi-totalité des Présidents et des Premiers Ministres ont une formation qu'on qualifiera de « littéraire », c'est-à-dire des cursus de lettres parfois en passant par l'ENS (Georges Pompidou, François Mitterrand, Laurent Fabius, François Bayrou…), de droit (Pierre Messmer, Maurice Couve de Murville, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Sébastien Lecornu…), de disciplines comme l'histoire, l'allemand ou la démographie (Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault, Edith Cresson) et bien sûr le sacro-saint diptyque Sciences Po/ENA (Jacques Chirac, Michel Rocard, Alain Juppé, Lionel Jospin, Emmanuel Macron, Jean Castex…). Parfois ces dirigeants « cumulent » ces formations comme Laurent Fabius (ENS Ulm, Agrégation de lettres, Sciences Po Paris, ENA). Il y a quelques exceptions comme Pierre Bérégovoy souvent présenté comme autodidacte (CAP d'ajusteur), Pierre Mauroy (formation d'enseignant), et deux dirigeants avec un profil scientifique/ingénieur c'est-à-dire Valéry Giscard d'Estaing (Ecole Polytechnique puis ENA), et Elisabeth Borne (Ecole Polytechnique, puis Ecole des Ponts). Sur 36 Présidents et Premiers ministres en 66 ans seulement deux profils scientifiques ou d'ingénieurs soit moins de 6 % !
Ici c'est vraiment l'absence de profils ingénieurs/scientifiques qui nous semble être un vrai sujet d'inquiétude. En effet dans un monde où la technologie a pris une telle importance, dans un monde irrigué et façonné par le numérique, il est crucial de disposer de profils capables de la comprendre de façon détaillée, d'en saisir les enjeux et les complexités, et d'impulser des politiques pertinentes. De même les questions d'approche systémique et d'écosystèmes supposent une approche analytique, où le concept de modèle et l'approche scientifique sont fondamentaux.
Le besoin de profils scientifiques Pendant longtemps des organismes comme le Commissariat au Plan pouvaient apporter une profondeur d'analyse, une capacité de projection sur le long terme, qui pouvait éclairer les dirigeants et compenser un « manque » de formation scientifique, mais aujourd'hui ce n'est plus le cas. Prenons deux exemples concrets de sujets majeurs où des compétences scientifiques fortes à la tête de l'Etat nous paraissent indispensables : le dérèglement climatique et l'intelligence artificielle. Au-delà des incantations - « make our planet great again », « l'intelligence artificielle c'est le futur » - ou des silences, quel dirigeant de premier plan s'est réellement emparé de ces sujets, en a défini les enjeux et les défis ? Quel candidat à l'élection présidentielle 2027 a exposé sa vision, son ambition, son programme sur ces thématiques ? Dans un monde irrigué et façonné par le numérique, il est crucial de disposer de profils capables de la comprendre de façon détaillée, d'en saisir les enjeux et les complexités, et d'impulser des politiques pertinentes. En vérité il ne se passe quasiment rien et les rares interventions sur ces questions montrent le plus souvent une absence de réelle compréhension. Et à notre sens la formation initiale de nos dirigeants est en partie en cause, car ces sujets pour être appréhendés dans toute leur complexité supposent une sensibilité particulière, un mode de fonctionnement intellectuel et des compétences ad hoc - mathématiques, physique, chimie, informatique…-. De même lors de la pandémie Covid19 il aurait pu être utile d'avoir à la tête de l'Etat une personnalité ayant les bases pour comprendre, apprendre et réagir plus rapidement à travers une vraie approche scientifique, qui passe aussi par la notion de collégialité de compréhension et de décision. Evidemment il ne s'agit pas de passer d'un excès à l'autre et d'avoir uniquement des profils scientifiques au pouvoir mais un minimum de diversité et d'équilibre serait utile. On pourrait par exemple penser qu'un Président de la République avec un profil littéraire aurait intérêt à nommer un Premier ministre avec un profil scientifique. Mal heureusement quand on voit le casting annoncé pour les élections en 2027 et les Premiers Ministres pressentis cette évolution paraît peu probable ; cela pose en filigrane la question de l'attractivité de la politique et de la « sélection » par les formations politiques mais ceci est un autre sujet.
Chem Assayag est cadre dirigeant dans le numérique et essayiste.
Chem Assayag
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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:17 PM
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Les deux stands ne désemplissent pas et se font face : L'Oréal et Samsung. Parmi les nouveautés que les géants mettent en avant, des produits de beauté technologiques (masque laser, scan de la peau du visage, applis connectées, etc.). La promesse ? Augmenter sa « longévité ». Pour cela, le groupe français de cosmétiques s'est notamment associé à la start-up Microphyt, qui utilise les microalgues au service de la longévité (pour créer de nouvelles recettes ciblant les mécanismes cellulaires du vieillissement). De l'autre côté de l'allée, Samsung collabore pour sa part, avec trois jeunes pousses : Generation Lab (diagnostic de longévité), Lansik (analyses prédictives de glycémie grâce à des capteurs de glucose en continu) et Becon (IA pour analyser peau et cuir chevelu et solutions personnalisées).
Un périmètre encore mouvant Ces collaborations ne sont pas dues au hasard. Pour cette édition 2026, la thématique « longevity » a été ajoutée à celle de la « healthtech » parmi les onze mises en avant par l'organisation - au premier rang desquelles, l'intelligence artificielle (IA). Un reflet de la montée significative des « technologies de la longévité » au cours des dernières années, en particulier au début des années 2020. Bien que la recherche sur le vieillissement et les technologies d'assistance aux personnes âgées existe depuis plus longtemps, le concept de « longevity tech » en tant qu'industrie distincte, axée sur l'extension de la durée de vie en bonne santé et potentiellement l'inversion du processus de vieillissement, est plus récent. A VivaTech comme ailleurs, la « longevity tech » se développe sur des terrains variés. Elle est à la fois présente dans le monde de la cosmétique et de la beauté mais aussi et surtout du côté des produits dédiés aux sportifs, en passant, bien sûr, par la sphère de la santé (en particulier dite « préventive », avant d'être malade) et celle annexe, du bien-être (en anglais « wellness »). En vogue, cette nouvelle catégorie thématique a fait augmenter le nombre de start-up en santé (appelées « healthtech »), avec 198 exposants en 2026, contre 140 l'an dernier (sur un total d'environ 14.000 sur chacune des deux éditions). Parmi elles, trois pépites ont attiré notre attention. D'abord, la jeune pousse aquitaine, Neurathletics, fondée en novembre 2025 par l'entrepreneur Philippe Roux et la chercheuse en neurosciences affiliée au Cnrs, Camille Jeunet-Kelway.
Vivre mieux, faire mieux Leur idée ? Monitorer le cerveau des sportifs de haut niveau pour qu'ils performent et vivent mieux et plus longtemps. Pensé pour lutter contre le syndrome du surentraînement (blessures multiples et performance en berne), leur casque a été testé par une vingtaine d'athlètes dont cinq médaillés olympiques. « On est une sorte de montre connectée du cerveau », résume la cofondatrice, qui cherche 500.000 euros pour se déployer. Plus grand public, la start-up hong-kongaise, PointFit, fondée par Kenny Oktavius en 2020, a inventé un patch doté de trois capteurs (glucose, acide lactique et cortisol) capable d'analyser la sueur du sportif, en temps réel (à voir ensuite sur l'appli mobile). La start-up a levé 2 millions d'euros auprès de l'investisseur français spécialiste de la « longevity tech », Jean-Baptise Roy (Seveno Capital).
Mode aiguillage activé En résumé, le principe derrière ces technologies est le suivant : grâce à ces nouveaux modes de mesure et ces nouvelles données, on préserve plus longtemps (et mieux !) la santé des sportifs professionnels comme amateurs. Sur un autre continent, dans une autre sphère, la jeune pousse indienne Lima Health propose depuis cinq ans dans son pays une analyse de plus de 150 biomarqueurs à partir d'un seul test salivaire, et produit des recommandations personnalisées sur l'application pendant trois mois (offre de départ de trois mois). Car, souvent, pour vivre plus longtemps, il ne suffit pas de mesurer mais bien de changer ses habitudes. Au total, cette édition 2026 de VivaTech aura été ponctuée par une petite douzaine de conférences (et de démonstrations) autour de cette thématique, notamment une « les sciences de la longévité » (mercredi 17 juin), une autre sur le futur de la fertilité (jeudi 18 juin) ou encore sur celui de la santé (vendredi 19 juin). A priori, la « longevity tech » est là pour durer.
Marion Simon-Rainaud
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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:14 PM
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Pari réussi pour VivaTech. L'événement, organisé par le Groupe Les Echos-Le Parisien et Maurice Lévy, a accueilli 200.000 visiteurs, un record. Plus de 15.000 start-up ont participé à cette dixième édition qui s'est déroulée de mercredi à samedi à la porte de Versailles, à Paris. Avec une surface de 15.000 m² supérieure à l'an passé, VivaTech a hébergé plus de 4.500 exposants, dont 61 % d'internationaux. « On a accompli un changement de dimension pour l'événement. VivaTech est devenu un des principaux événements tech et innovation dans le monde », se réjouit François Bitouzet, directeur général. « Cette 10e édition de VivaTech marque un tournant : au-delà de la tech, elle a montré une voie, un avenir plein d'espoir», ajoute Michèle Benbunan, directrice générale du Groupe Les Echos-Le Parisien.
Ruée de responsables politiques Cette édition a été marquée par des intervenants prestigieux, comme Jeff Bezos, le Premier ministre indien, Narendra Modi, ou encore Peter Steinberger, le fondateur d'OpenClaw (agents IA). Sur scène, le fondateur d'Amazon a fait preuve d'optimisme : « Nous vivons le moment le plus incroyable. Et tout jeune aujourd'hui devrait être enthousiaste d'être là où il est maintenant, parce qu'il n'y a jamais eu de meilleure époque pour être entrepreneur, de meilleure époque pour lancer une entreprise. » Le Salon a aussi accueilli des responsables politiques. Habitué des lieux, Emmanuel Macron a fait sa dernière apparition jeudi, sans prendre la parole sur scène (mais a organisé une réception à l'Elysée pour l'écosystème le vendredi soir). Plusieurs candidats à la présidentielle (Gabriel Attal, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Edouard Philippe, Jérôme Guedj) ont aussi arpenté les lieux pour tester leur popularité auprès des entrepreneurs et investisseurs. Le record de déambulation a été obtenu par Jean-Luc Mélenchon avec cinq heures ! La ministre déléguée au Numérique et à l'IA, Anne Le Hénanff, qui avait délocalisé son bureau à la porte de Versailles, a multiplié les prises de parole. Elle est notamment venue saluer la dernière promotion du programme French Tech Tremplin et a souligné l'importance de la diversité dans les start-up. Mais elle est repartie sans faire d'annonces, au grand dam de l'association Diversidays, qui remue ciel et terre depuis des années pour mettre en lumière les talents sous-représentés. La souveraineté a été au coeur des discussions de VivaTech, quelques jours après la suspension de modèles d'Anthropic pour les non-résidents américains. « La tech était plus politique avec tous les enjeux autour de la souveraineté. L'actualité a mis le doigt sur ce qu'on savait depuis longtemps », souligne François Bitouzet. Nick Clegg, l'ancien numéro deux du gouvernement britannique, devenu associé du fonds d'investissement Hiro Capital, a invité les Européens à développer les modèles d'IA qui dépasseront les LLM et à raisonner à grande échelle pour faire émerger des géants sur le Vieux Continent. L'Allemagne, pays d'honneur de cette édition, a évidemment pris part aux discours de souveraineté avec sa délégation ministérielle dont Karsten Wildberger, ministre chargé de la Transformation digitale et de la Modernisation du gouvernement. Plusieurs annonces franco-allemandes ont rythmé cette édition, comme la création d'un fonds de capital-risque spécialisé dans la défense.
De l'IA, des robots et de la santé Si l'IA a été sur toutes les lèvres, des voix ont cependant exprimé des critiques. Tim Berners-Lee, l'inventeur britannique du Web, s'est inquiété de l'opacité entourant l'utilisation des données personnelles des internautes. Une fois encore, les robots ont attiré les flashs des projecteurs. Si leurs progrès sont réels - les chorégraphies d'Unitree ont frappé les esprits -, la maladresse et la lenteur de certains robots suggèrent qu'il faudra encore patienter un peu avant leur déploiement à grande échelle dans les bureaux, les maisons et les usines. Cette édition a aussi été marquée par l'essor des sujets santé et longévité : près de 200 exposants contre 140 l'an dernier. Les stands L'Oréal et Samsung ont mis en avant leurs projets sur ces thématiques, et leurs partenariats avec des start-up. Après cette édition record, VivaTech planche déjà sur la prochaine. « Beaucoup de choses sont encore à optimiser. On va réfléchir à ce que va être VivaTech dans dix ans. On a énormément de sollicitations sur ce que peut faire VivaTech au-delà de ces quatre jours », glisse François Bitouzet, sans en dire plus.
Adrien Lelièvre, Charlie Perreau et Marion Simon-Rainaud
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Georges-Edouard DIAS
July 1, 5:11 PM
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La France reste toujours championne d'Europe des retards liés au contrôle aérien… et pourrait, si la trajectoire se poursuit, devenir le caillot du ciel du Vieux Continent. Voilà, en somme, le bilan de la commission des Finances du Sénat sur l'état du contrôle aérien hexagonal. Dans un nouveau rapport que « Les Echos » se sont procuré avant parution, la Chambre haute alerte sur les « sous-performances » à répétition de la Direction des services de la navigation aérienne (DSNA). A l'échelle de l'Europe, le pays présente « systématiquement les moins bonnes performances en la matière », écrit le rapporteur spécial Vincent Capo-Canellas, sénateur centriste de Seine-Saint-Denis, très familier du sujet.
Sur les dix dernières années, un tiers des retards causés par le contrôle aérien en Europe ont eu pour origine la DSNA. Pis : à rebours de nos voisins, la France a vu ses performances se détériorer. Depuis 2019, les délais imputables à l'organisme public ont - mis à part l'année Covid 2020 - toujours été supérieurs aux objectifs européens.
Les compagnies pénalisées Notamment en 2025, « année noire » marquée par une grève nationale des aiguilleurs du ciel, où « le contrôle aérien français a été de très loin le principal pourvoyeur de retards de vols en Europe », avec 6,6 millions de minutes de retard pour les avions survolant le continent (dits « en-route »). Et sur les six premiers mois de 2026, même si sa performance s'est améliorée de 40 %, la DSNA conserve son triste titre de boulet du ciel européen. Des délais dont les compagnies aériennes font les frais, à coup de 127 euros déboursés en moyenne par minute de retard. Entre l'indemnisation des passagers - régulièrement vilipendée par le secteur -, l'augmentation des coûts de maintenance et la surconsommation de carburant, ces retards ont causé « au moins 840 millions d'euros de pertes financières nettes » pour les transporteurs. Sans compter l'impact négatif sur leur image. Si les centres de contrôle des vols « en-route » du Sud-Est (situé à Aix-en-Provence), Est (à Reims) et Ouest (à Brest) sont pointés du doigt comme principaux responsables, le rapporteur Vincent Capo-Canellas constate également « une augmentation significative des délais causés par le centre d'approche de l'aéroport Charles-de-Gaulle ». Des dysfonctionnements qui pénalisent en premier lieu Air France, la compagnie nationale y possédant la majorité des slots.
« Manque à gagner » Conséquence des défauts de performance de la DSNA, les compagnies modifient la trajectoire de leurs avions pour esquiver la France. Interrogé par le Sénat, EasyJet fait par exemple état de vols entre le Portugal et l'Italie survolant l'Algérie plutôt que l'Hexagone. Des « plans de délestage » dont « tous les acteurs du système sortent perdants ». Qui dit allongement des vols, dit consommation de carburant supplémentaire et donc un double coup porté aux finances des compagnies et à l'environnement. Mais aussi « un manque à gagner pour le contrôle aérien français », avec la baisse du rendement des redevances de navigation aérienne acquittées par les transporteurs. D'ici à 2030, la France, au carrefour de nombreux flux aériens du fait de sa situation géographique privilégiée, « pourrait devenir un point de blocage majeur de la circulation dans le ciel européen ». Alors que les survols devraient croître de 20 % d'ici là, les programmes de contournement seront appliqués « de façon systématique et massive ». Résultat, une chute des redevances et un manque à gagner de 120 millions d'euros pour la DSNA.
Vague de départs à la retraite inédite Pour éviter ce scénario catastrophe, une augmentation d'au moins 34 % des capacités de contrôle en France apparaît nécessaire. Outre le rattrapage du retard technologique des outils de contrôle « obsolètes », cela passe notamment par le recrutement de nouveaux contrôleurs et un redéploiement plus stratégique des effectifs actuels. Avec 4.210 aiguilleurs du ciel pour contrôler 3,4 millions de vols, de nombreux services de la DSNA sont déjà en « sous-effectif », alors même qu'une « vague de départs à la retraite inédite » est attendue entre 2029 et 2035. Sur cette période, 1.200 contrôleurs devraient raccrocher, soit 30 % des effectifs. Mais la période de formation « excessive » de cinq ans - contre trois en moyenne en Europe - et des rémunérations inférieures à celles des pays voisins n'arrangent rien à l'affaire. Par ailleurs, le rapport pointe une « organisation du travail trop rigide » et plaide pour une meilleure flexibilité permettant de concentrer les ressources sur les périodes de trafic intense, à savoir les week-ends et la période estivale. Signé au printemps 2024 sous la menace d'une grève pour les Jeux Olympiques, le nouveau protocole social, qui devait améliorer la situation, s'est révélé plus onéreux que prévu sans pour autant porter tous les fruits escomptés.
Faire sauter les digues budgétaires Enfin, le rapporteur Vincent Capo-Canellas invite à faire sauter les digues réglementaires contraignant l'argent injecté dans la DSNA. Le contrôle aérien a beau être financé par les redevances des compagnies pour couvrir le service rendu, estimé à 1,8 milliard d'euros en 2025, son budget est déterminé par l'Etat et donc soumis au serrage de vis généralisé sur les dépenses publiques. Or, les diminutions de crédits prévus par les lois de finances pour 2025 et 2026 ont « pu conduire la DSNA à annuler ou à lisser dans le temps des opérations d'investissements dont certaines s'avèrent pourtant extrêmement critiques ». D'où le besoin de réformer ce système « en décalage avec les véritables déterminants de l'activité du contrôle aérien, dont l'activité est essentiellement commandée par l'évolution du trafic ».
Pour le sénateur, il est « fondamentalement inadapté de piloter les moyens du contrôle aérien par les seules contraintes et aléas budgétaires ». Surtout au regard du « scénario noir » qui se profile.
Charles Plantade
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Georges-Edouard DIAS
June 28, 1:09 PM
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C'est un banal immeuble de bureau de la grande banlieue de Shanghai, non loin de l'aéroport international de Pudong. Mais une fois à l'intérieur, le spectacle est saisissant. Dans cette « data factory » qui s'étend à perte de vue, des dizaines de jeunes Chinois, stagiaires ou intérimaires, entraînent des robots humanoïdes à effectuer des tâches élémentaires : passer un coup d'éponge sur la table, insérer une fleur dans un vase étroit sans le faire tomber, jeter un détritus à la poubelle. Un peu plus loin, ce sont les usages industriels et commerciaux qui sont testés, comme plier un tee-shirt ou ranger une paire de chaussures dans une boîte. Dans la remise, les étagères débordent d'objets du quotidien, créant des scénarios d'application infinis. Wang Ningwei, 23 ans, est l'un de ces « entraîneurs ». Depuis un an, il manipule les robots d'AgiBot, une start-up de Shanghai créée en 2023 par deux anciens pontes de Huawei, et bien décidée à faire sa place dans ce secteur en pleine explosion en Chine. Le jeune homme, joystick en main et capteurs sur le corps, exécute des mouvements qui sont répliqués en temps réel par le robot. Le processus est répété toute la journée, permettant de collecter d'énormes quantités de données et d'images. Celles-ci sont taguées manuellement par une autre équipe, à l'extrémité de la salle, puis réinjectées dans le robot, pour le perfectionner, selon le principe du machine learning. Et, de fait, les créatures mécaniques d'AgiBot - la start-up affirme être le numéro 1 mondial du secteur, avec 10.000 robots livrés en 2025 - progressent de jour en jour. Dans le show-room de l'entreprise, à quelques minutes de taxi de là, le visiteur peut disputer une partie de morpion avec le robot, capable de distinguer les couleurs grâce à ses caméras. Ou dialoguer avec lui, grâce au modèle d'intelligence artificielle d'Alibaba, Qwen, qui lui fait office de cerveau. « Aujourd'hui, nous avons un taux de succès de 80 % à 90 % sur la plupart des tâches », indique William Shi, président Europe d'AgiBot, tout en faisant visiter les lieux. « Mais on manque encore de données et la dextérité doit être améliorée. Par exemple, les robots ont du mal à insérer le câble USB dans un téléphone pour le recharger, car le fil est trop fin. »
Une priorité pour le Parti communiste Oubliées, les voitures électriques ! En Chine, le Parti communiste a fait des robots humanoïdes le nouveau secteur prioritaire et le symbole de la montée en gamme de l'économie nationale, alliant habilement technologie et soft power. Le soutien politique vient des plus hauts échelons du pays. En 2025, le Premier ministre Li Qiang a mentionné pour la première fois « l'intelligence embarquée » et les « robots intelligents » dans son rapport d'activité annuel, envoyant un signal fort. Puis, en début d'année, les robots humanoïdes ont été inclus parmi les dix « industries émergentes » du 15e plan quinquennal que la Chine vient d'adopter et qui doit conduire le pays jusqu'en 2030. Leader mondial des robots industriels, des machines souvent fixes et conçues pour exécuter une tâche précise dans des usines, la deuxième puissance économique de la planète entend conserver ce rang pour cette nouvelle génération d'androïdes polyvalents dopés à l'IA et capables d'évoluer dans des espaces partagés avec les humains. Comme toujours lorsque Pékin flèche une nouvelle industrie, des dizaines d'entreprises se sont engouffrées dans la brèche. Aujourd'hui, le pays compte 52 fabricants dans le domaine et une armée de sous-traitants et d'équipementiers, selon le cabinet de conseil Roland Berger. Soit deux fois plus que les Etats-Unis (27) et la zone Europe/Moyen-Orient (24). Une profusion qui a créé une pression concurrentielle et une course à l'innovation, similaire à celle qui a lieu dans les voitures électriques en Chine, où l'on dénombre une centaine de marques rivales.
« Tout n'est pas perdu » : pourquoi l'Europe a encore une carte à jouer dans la révolution des robots humanoïdes Là aussi, chaque ville, chaque province, soutient son poulain. Hangzhou, la ville d'Alibaba et de DeepSeek, roule pour Unitree, une entreprise née en 2016 et qui espère lever 610 millions de dollars lors de son introduction en Bourse (le dossier a été déposé en mars). La start-up, qui a vendu 5.500 robots l'année dernière selon Reuters, est la plus connue du secteur depuis que ses créations ont fait sensation, lors du traditionnel gala télévisé du Nouvel An chinois, l'émission la plus regardée de Chine. En 2025, la chorégraphie avait été sommaire et les mannequins articulés s'étaient contentés d'agiter des chiffons rouges du bout des mains. Cette année, les robots ont effectué des saltos arrière, des acrobaties de kung-fu et des figures de hip-hop, dans une séquence devenue virale dans le monde entier.
Scepticisme européen A Shenzhen, siège de Huawei, Tencent, DJI et BYD, le fleuron local s'appelle UBTech. Née en 2012 et cotée à Hong Kong depuis 2023, l'entreprise a d'abord conçu des robots domestiques, capables d'aspirer la poussière, de tondre le gazon ou de distribuer les croquettes aux chats, ainsi que des robots à roues pour les hôtels et les aéroports, avant de se lancer dans les humanoïdes. Son dernier-né, le Walker S2, est livré avec deux batteries interchangeables, qu'il peut remplacer lui-même - une première mondiale selon UBTech. Ce qui lui confère une autonomie de 72 heures pour pouvoir se mouvoir dans les usines, où il peut transporter des charges allant jusqu'à 15 kg. « Les humanoïdes sont l'industrie la plus concurrentielle de Chine », avouait Michael Tam, le « chief brand officer » d'UBTech, mi-avril lors d'une visite organisée par les autorités chinoises. Même les géants chinois de l'automobile se sont lancés dans le secteur, à l'image de XPeng avec son robot Iron. « Quand je serai âgé et malade, je ne pourrais pas toujours faire appel à mes enfants. Les robots peuvent nous soutenir émotionnellement, nous tenir compagnie, faire la cuisine et les corvées ménagères », expliquait He Xiaopeng, fondateur du constructeur, lors du Salon de l'auto de Pékin fin avril. Vue d'Europe, cette effervescence peut surprendre, le marché des robots humanoïdes étant encore balbutiant. En 2025, les entreprises chinoises ont livré environ 15.000 unités, selon Roland Berger. Un chiffre certes trois fois supérieur à la production américaine, mais qui reste une goutte d'eau rapportée à la taille de l'économie chinoise. Par comparaison, plus de 2 millions de robots industriels étaient utilisés en 2024 dans les usines du pays, selon la Fédération internationale de la robotique, plaçant la Chine au premier rang mondial.
Un potentiel de plusieurs centaines de milliards de dollars Mais les livraisons devraient doubler cette année, à environ 28.000 unités selon Morgan Stanley, puis atteindre 23 millions en 2040. En valeur, le marché mondial pourrait atteindre 300 milliards de dollars d'ici 2035 dans un scénario conservateur, mais 750 millions dans un scénario plus optimiste, selon le cabinet de conseil Roland Berger. Aujourd'hui, et contrairement aux bras articulés des usines, les robots humanoïdes sont encore trop chers pour être déployés à grande échelle. Le manque de données issues du monde réel les empêche également de réaliser des tâches complexes, dans des environnements aussi exigeants que des usines ou des sites critiques. En Chine, Xiaomi dit en utiliser, tandis que UBTech cite le constructeur automobile Zeekr parmi ses clients. Mais impossible de savoir combien d'unités sont installées, ni ce qu'elles font concrètement. Même les entreprises d'Etat, qui doivent pourtant suivre les grandes orientations du pays, avancent prudemment. A Canton, la China Southern Power Grid, l'entreprise qui gère le réseau électrique pour tout le sud de la Chine, utilise 10.000 drones dans la province et une vingtaine de robots-chiens, mais aucun humanoïde. Ce géant en teste toutefois plusieurs dans son laboratoire, où des employés en blouse blanche apprennent aux robots à courir sur des tapis roulants et à ouvrir des boîtiers électriques. « Nous avons identifié quinze compétences différentes pour lesquelles ils ont besoin d'être entraînés, relève Li Duanjiao, directrice du laboratoire. Nous sommes encore dans la phase de la collecte des données. Seuls quelques robots ont été intégrés dans des projets pilotes. »
Des robots trop cher « Aujourd'hui, les robots humanoïdes sont là pour faire le show, reconnaît Kai Tang, professeur émérite à l'université des Sciences et des Technologies de Hong Kong. Il faut qu'ils apportent de la valeur et, pour cela, nous n'avons d'ailleurs pas forcément besoin qu'ils ressemblent à des humains. » « Les besoins des industriels deviennent de plus en plus sophistiqués, or les prix des robots ne baissent pas encore », abonde Denis Depoux, associé chez Roland Berger, chargé de l'Asie. Mais une fois encore, la Chine fait un pari sur le long terme. « Les nouvelles industries d'aujourd'hui peuvent devenir les piliers de l'économie de demain », remarquait début mars Zheng Shanjie, le président de la NDRC, le super-ministère en charge du développement économique. L'objectif est de créer une filière entière capable d'exporter, mais également de moderniser les usines chinoises pour gagner en compétitivité, dans un contexte de hausse des coûts. Le tout, alors que la population - l'un des avantages compétitifs traditionnels du pays - chute du fait de la baisse des naissances. En 2050, la population chinoise en âge de travailler pourrait tomber à 745 millions de personnes, contre 987 millions aujourd'hui, selon les chiffres de l'ONU et de la Banque mondiale. « La Chine fait face à une pénurie sévère de main-d'oeuvre à cause de la politique de l'enfant unique qui continue, malgré sa suppression, à avoir des effets de long terme. Cela crée de fortes incitations pour la robotisation », écrit Roland Berger dans son rapport.
Des progrès fulgurants Surtout, la Chine a quasiment toutes les briques en mains. Ses progrès réalisés dans la robotique lui ont permis de concevoir des machines de plus en plus agiles, adroites et rapides. Chez UBTech, le nombre d'actionneurs - ces composants qui permettent aux robots de se mouvoir et de saisir les objets, par exemple - est passé de 14 en 2018 à 52 en 2025 sur le Walker S2. La vitesse de déplacement s'est nettement améliorée, passant de 1,5 kilomètre par heure à 2 mètres par seconde, « soit quasiment le rythme de marche d'un humain », détaille la démonstratrice dans le show-room d'UBTech. De quoi en faire de vrais athlètes. A Pékin mi-avril, un robot de Honor, un constructeur de smartphones, a battu le record mondial du semi-marathon. Le robot l'a terminé en 50 minutes et 26 secondes, contre 57 minutes et 20 secondes pour le champion ougandais qui avait couru la même distance, à Lisbonne en mars. Pour tous ces composants hardware, la Chine peut s'appuyer sur un très riche écosystème de sous-traitants issu du monde de la voiture électrique. « On utilise la même supply chain », confirme Michael Tam chez UBTech. Ce n'est ainsi pas un hasard si l'entreprise est née à Shenzhen, la patrie de BYD, premier fabricant mondial de véhicules électriques. Ici, l'entreprise peut sourcer facilement les pièces dont elle a besoin : Shenzhen abrite une « Robot Valley » avec plus de 200 entreprises du secteur réunies dans un rayon de 28 kilomètres carrés. Pour acheter les mains des robots, les constructeurs peuvent choisir « entre 40 ou 50 fournisseurs », précise Yang Fan, responsable marketing chez Apex Hand, une entreprise créée fin 2024 par des anciens de Tencent, et qui s'apprête à livrer « des milliers de mains » cette année. Mais c'est avec les progrès du pays en matière d'intelligence artificielle que le secteur des robots humanoïdes a pu décoller. La montée de la Chine dans les grands modèles de langage, avec l'irruption de DeepSeek début 2025, a permis de rendre ces robots plus intelligents. Et d'appliquer concrètement l'IA dans des machines. « Nous travaillons sur les trois intelligences : l'interaction, la manipulation et la locomotion. Deux tiers de nos salariés sont en R&D », observe Ronnie Hong, directeur des solutions pour AgiBot Europe, dans le show-room de Shanghai. Qui deviendra le BYD des robots humanoïdes ? Comme dans l'automobile, la compétition féroce va pousser les plus faibles vers la sortie, dans le processus de destruction-création habituel en Chine. Certains fabricants sont à peine rentables, voire perdent de l'argent. L'année dernière, UBTech a ainsi enregistré une perte nette équivalente à presque 99 millions d'euros, selon le média chinois « Yicai Global ». Le groupe prévoit d'atteindre la rentabilité d'ici deux ans. Unitree, lui, est rentable : son résultat net a même doublé en 2025, tandis que son chiffre d'affaires a été multiplié par plus de quatre, à environ 210 millions d'euros, selon Reuters. Son introduction prochaine à la Bourse de Shanghai aura donc valeur de test. Feu de paille, ou vraie révolution industrielle ? L'appétit des investisseurs donnera une partie de la réponse.
Wang Xingxing, le trentenaire star de la tech chinoise Il n'a que 36 ans, célibataire et sans enfants, mais il s'est déjà hissé au sommet de la tech chinoise, tandis que sa fortune avoisine les 850 millions d'euros. Wang Xingxing, fondateur et PDG d'Unitree, a changé d'envergure depuis que ses robots humanoïdes ont exécuté des saltos arrière en début d'année lors du traditionnel gala télévisé du Nouvel An chinois. Depuis, tout s'enchaîne pour le jeune entrepreneur né à Ningbo, troisième port mondial : rencontre avec Xi Jinping à Pékin, projet d'entrée en Bourse… Les débuts du jeune homme sont pourtant modestes. Les portraits réalisés par la presse chinoise décrivent un garçon très introverti et mauvais en anglais. Sa passion, ce sont les machines, qu'il construit et déconstruit à l'envi. Après un bref passage chez DJI, leader mondial des drones, ce diplômé de l'université de Shanghai fonde Unitree en 2016. La start-up se consacre d'abord aux robots quadrupèdes avant de mettre au point, en 2023, son premier robot humanoïde, le H1. Son rêve ? « laisser une trace dans l'histoire de la technologie », disait-il l'année dernière dans une interview à l'agence chinoise Xinhua. Pari réussi.
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Georges-Edouard DIAS
June 28, 12:55 PM
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Quand Nicolas* devait passer un entretien d'embauche, il s'y rendait en général avec la boule au ventre. « Depuis que j'utilise l'IA pour m'entraîner, j'arrive plus serein. Ça m'a d'ailleurs aidé à décrocher le poste que j'occupe actuellement », raconte-t-il. Salarié dans le marketing, il cherche de nouveau un emploi. Quand il est invité à échanger avec un recruteur, il se prépare systématiquement avec ChatGPT, en utilisant la fonction vocale pour simuler un entretien en direct. Pour cela, il confie l'offre d'emploi et son CV à l'IA, accompagnés d'un prompt précis qu'il rédige. « Je demande à l'IA de se mettre dans la peau de la personne que je vais rencontrer (un RH, le DG…), et selon ce que je veux préparer, je lui demande de me poser des questions piégeuses, d'insister sur mes points faibles par rapport à la fiche de poste, d'être de bonne ou de mauvaise humeur… »
Anticiper des questions Cet exercice, Nicolas le reproduit à plusieurs reprises avant chaque entretien, en modifiant son prompt pour être rodé dans différents scénarios. « Je vois les entretiens comme un marathon : pour y arriver, il faut s'entraîner. » Résultat des courses ? « Ça m'a permis de préparer des réponses à des questions auxquelles je n'avais pas pensé, et qu'on m'a effectivement posées en entretien. L'IA m'a aussi fait des retours très intéressants sur mes réponses, qui étaient un peu brouillonnes, pour que je puisse mieux les structurer et les illustrer d'exemples concrets. »
« Il existe des stratégies pour vous démarquer » : entretien d'embauche, les conseils des recruteurs pour sortir du lot
Paul*, en quête d'un poste de commercial en début d'année, a lui aussi fait de l'IA son coach personnel pour se préparer à une quinzaine d'entretiens. Lui utilisait principalement Claude. « Dans un premier temps, ça m'était utile pour obtenir un condensé d'informations sur l'entreprise : ce qu'elle fait, ses dernières actualités et celles de son secteur, ses concurrents… De quoi gagner du temps. » Quand il était bien avancé dans le process du recrutement, des employeurs lui ont demandé de préparer une mise en situation de négociation commerciale. « J'ai fait l'effort de plancher sur le sujet de mon côté dans un premier temps, avant de transmettre mon travail à l'IA avec la consigne. Elle m'a fourni des idées supplémentaires et m'a donné des conseils pour avoir un rendu plus abouti. »
Decathlon suggère des prompts aux candidats Côté recruteurs, on n'est pas dupes et on se doute bien que certains candidats font appel à l'IA pour mettre toutes les chances de leur côté. Mais est-ce gênant ? « On voit cela plutôt positivement, si l'IA est bien utilisée. Cela témoigne d'une curiosité pour les outils émergents et d'une capacité à s'en saisir de manière pertinente », estime Pierre-Henri Havrin, directeur du recrutement et de la mobilité en France chez BNP Paribas. Sur le site Internet de Decathlon consacré au recrutement, les candidats sont même encouragés à le faire. « Que tu postules pour un poste de vendeur, de responsable ou de conseiller sportif, tu peux utiliser des outils gratuits comme ChatGPT, Le Chat [désormais Mistral Vibe, NDLR], Gemini, Perplexity ou Claude pour te préparer efficacement », indique la page. Le géant du sport partage également des exemples de prompts que les candidats peuvent reprendre à leur compte. Par exemple : « Voici une offre d'emploi chez Decathlon. Peux-tu en extraire les mots-clés et valeurs importantes ? Aide-moi à les intégrer dans ma réponse à la question : 'Pourquoi veux-tu travailler ici ?' »
Prendre du recul Mais les recruteurs sont formels : si l'IA peut être d'une aide précieuse, il faut faire preuve d'esprit critique. Au sein de BNP Paribas, Pierre-Henri Havrin observe qu'en entretien certains candidats ont « des discours et réponses très standardisés », qui laissent penser qu'ils se sont préparés avec l'IA et reprennent tels quels les éléments de langage qu'on leur a suggéré. « L'IA ne doit pas remplacer la réflexion personnelle, insiste-t-il. Ce qui fait la différence d'un candidat à un autre, c'est la capacité à personnaliser ses réponses, à rebondir et à avoir un échange authentique. » Agathe Collinet, recruteuse dans la tech, abonde dans son sens : « L'idée n'est pas d'apprendre par coeur des réponses suggérées par l'IA mais de s'entraîner à avoir des réponses pertinentes et honnêtes. »
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Georges-Edouard DIAS
June 27, 5:02 PM
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Le recours aux agents conversationnels basés sur l'intelligence artificielle occupe une place croissante dans le rapport des utilisateurs à l'information. Mais aux biais et aux erreurs des "chatbots" s'ajoute la menace de manipulation des données sur lesquels ils sont entraînés.
ChatGPT, Mistral, Claude ou Gemini... Prisés des utilisateurs pour leur rapidité et leur facilité d'utilisation, les "chatbots" IA sont entraînés à formuler leurs réponses à partir de gigantesques bases de données regroupant des milliards de documents, inlassablement compilés et archivés par des "robots" qui parcourent internet en quête de données. Il y apprennent comment, statistiquement, les mots s'enchaînent pour former des phrases et des idées, afin de pouvoir ensuite générer des réponses cohérentes qui ont le plus de chances de correspondre à la requête de l'usager. Mais ce mode de collecte et d'entraînement expose les "chatbots" à de possibles manipulations par des acteurs malveillants, susceptibles d'introduire dans leurs données d'entraînement des éléments indésirables comme de la désinformation, de la propagande ou du code informatique malveillant.
Empoisonnement, conditionnement Chercheurs au Laboratoire d'investigation numérique de l'Atlantic council, un think tank d'étude des relations internationales, Valentin Châletet et Esteban Ponce de León distinguent deux concepts. L'empoisonnement de données des grands modèles de langage (LLM) sur lesquels reposent les chatbots ("LLM poisoning") se produit en amont, lors de l'entraînement, via l'injection d'éléments non désirés. Ces manipulations sont pensées pour contourner les mécanismes de filtrage mis en place par les entreprises pour garantir des données fiables. Le conditionnement ("LLM grooming") intervient plus tard, alors que le chatbot est déjà déployé : des acteurs malveillants diffusent massivement du contenu en ligne pour qu'il soit intégré par les modèles IA. Ainsi, des tests menés par l'entreprise d'analyse de la fiabilité des contenus en ligne Newsguard ont montré que, dans diverses circonstances, les principaux chabots commerciaux pouvaient répondre en s'appuyant sur de fausses informations du réseau Pravda, une nébuleuse de sites web destinés à amplifier la propagande prorusse. Ces manipulations peuvent être difficiles à repérer et endiguer, notamment parce que le fonctionnement de ces modèles est volontairement rendu opaque par leurs concepteurs : "On a affaire à un réseau de neurones qui fonctionne comme une boîte noire", explique Valentin Châtelet. Expurger les données en question nécessiterait le plus souvent un réentraînement complet du modèle, estime le chercheur, et présenterait "un coût extrême" en temps et en ressources. La complexité de ces systèmes algorithmiques rend également très ardu leur audit ou leur régulation.
Désinformation à la demande Le phénomène est difficile à mesurer et son impact sur les utilisateurs complexe voire impossible à démontrer. Difficilement traçables et relativement peu coûteuses, ces opérations ont de quoi séduire les acteurs qui souhaiteraient promouvoir leurs narratifs, qu'il s'agisse d'États, de lobbies ou d'entreprises. "Ce type d'opération pourrait être mené par un groupe industriel qui veut enterrer les résultats d'une étude médicale scientifique qui ne va pas dans leur sens, par un homme politique qui veut pousser un récit qui va servir sa campagne...", énumère Chine Labbé, rédactrice en chef française de Newsguard. Esteban Ponce de León observe pour sa part le développement d'un écosystème de "désinformation à la demande", au sein duquel des États ou des entités "délègueraient (...) l'opération à une autre entité, probablement privée, qui dispose déjà de l'expertise technologique nécessaire pour mener à bien" une campagne d'influence visant les LLM. En septembre 2025, une entreprise dirigée par l'ancien directeur de campagne de Donald Trump a ainsi reçu plusieurs millions de dollars d'entreprises liées à l'État israélien pour diffuser des éléments de langage favorables via un réseau de sites web, avec pour objectif notamment d'influencer les réponses des chatbots, selon le think tank américain Quincy Institute for Responsible Statecraft.
Face au risque, les entreprises d'IA sont les premières concernées: il est ainsi crucial d'"apprendre aux chatbots à distinguer et à ne pas pondérer de la même manière les sources fiables et les sources de propagande étrangère ou de désinformation", argue Chine Labbé.
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Georges-Edouard DIAS
June 16, 5:47 PM
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L’Oréal sera présent au salon Vivatech 2026 à Paris, du 17 au 20 juin 2026, et démontrera ses avancées techniques appliquées aux cosmétiques. Dans le même temps, L’Oréal veut réinventer la manière dont les consommateurs découvrent ses marques, en font l’expérience et créent du lien avec elles. Cela passe par l’IA conversationnelle et générative, les médias sociaux et les créateurs de contenus, fans de ses marques.
L’Oréal investit dans le divertissement et les créateurs de contenu
En particulier, L’Oréal s’appuie sur les créations culturelles, avec sa démarche « Beautytainment » (Faire de la beauté un divertissement) et Lorealistar (nom construit entre L’Oréal et star), la plateforme officielle de la communauté de créateurs de contenu du groupe L’Oréal. Les IA conversationnelles sont mobilisées afin de fluidifier l’expérience de la cliente. Sur Vivatech, la technologie est clé. L’Oréal annonce qu’il décrypte le cheveu grâce à une nouvelle génération d’innovations afin d’offrir des services, des soins et des outils de coiffage personnalisés pour toutes les textures de cheveux, incluant un « Jumeau Numérique du Cheveu » et le dispositif de L’Oréal Light Straight™ + Multi-Styler. Côté longévité de la peau, L’Oréal réoriente le soin de la correction vers la prévention, en déployant la science pour comprendre, cartographier et cibler les mécanismes biologiques du vieillissement cutané. Cette démarche est illustrée par la routine Lancôme Cell BioPrint, Absolue Longevity MD et le LED Face Mask.
Les LLMs deviennent la porte d’entrée vers la beauté
« La beauté est une odyssée humaine et personnelle, intrinsèquement sociale » présente Asmita Dubey, Directrice Générale Digital et Marketing de L’Oréal Groupe. La responsable observe que le parcours beauté des clientes connaît des changements profonds. « Les LLM [les grands modèles de langues à la base de l’IA conversationnelle] deviennent la nouvelle porte d’entrée vers la découverte de la beauté » constate-t-elle. Dès lors, L’Oréal évolue au rythme de la culture et de la technologie. « Nous utilisons l’IA pour réinventer le parcours beauté des consommateurs et des marques, pour les humains comme pour les agents conversationnels [les agents IA], et ainsi garantir que nos marques restent la référence absolue en matière de beauté » déclare-t-elle. Les innovations beauté de L’Oréal vont de la biotechnologie des algues jusqu’aux LED, en passant par les « Jumeaux Numériques du Cheveu » et la modélisation prédictive de la peau. Sur Vivatech 2026, L’Oréal développe le thème de l’Odyssée de la Beauté. Cela ressemble à un clin d’œil avec le film L’Odyssée de Christopher Nolan, attendu en salle le 15 juillet prochain en France.
Association de la beauté humaine et de l’imagerie par IA
Les visiteurs seront accueillis par KALLISTÉ, une installation monumentale dont le nom est inspiré du grec Kallístē (signifiant « la plus belle »). KALLISTÉ est l’alliance de la créativité humaine et de l’imagerie par IA. Il sert de guide visuel dynamique destiné à éveiller les sens et à conduire les visiteurs parmi les innovations Beauty Tech de L’Oréal en 2026. L’Oréal présente ainsi des parcours consommateurs et de marques propulsés par l’IA. Le groupe investit les « Beauty Conversations » avec son « Beauty Knowledge Graph » (Graphe de Connaissances Beauté). L’Oréal déploie son expertise sur les plateformes que les consommateurs utilisent déjà avec son assistant Beauty Genius sur WhatsApp. Ses agents du service client sont augmentés par l’IA. Noli startup accompagnée et financée par L’Oréal propose pour sa part des recommandations de routines multi-marques, grâce à l’IA. Dans cette évolution, L’Oréal souhaite unifier la compréhension humaine, l’expertise scientifique et l’intelligence grâce à l’IA. Le groupe propose par exemple une expérience web personnalisée via une interface augmentée par l’IA avec sa marque Kiehl’s, ou des conseillers clientèles assistés par l’IA pour sa marque YSL Beauty.
Des partenaires technologiques de premier plan et des startups
La transformation par l’IA, c’est en particulier la création de contenus marketing. C’est un enjeu clé pour L’Oréal qui est le 4ème annonceur publicitaire au monde. Pour cela, le groupe utilise CreAItech, sa plateforme d’IA générative interne. Elle est alimentée par les derniers modèles de Google, Adobe, NVidia, Seedance (l’outil chinois de la société Bytedance qui fait enrager Hollywood) et OMI (création de jumeaux numériques 3D, solution également employée par le leader du luxe LVMH). La plateforme CreAItech produit des contenus beauté à grande échelle pour aider ses équipes à renforcer l’engagement de ses audiences et la préférence de marque. CreAItech intègre désormais un estimateur de CO₂ pour une création de contenu éco-responsable. CreAItech est aussi destiné à augmenter la créativité des marketeurs lorsqu’ils imaginent les campagnes publicitaires de demain. Elle est conçue et développée par L’Oréal avec des leaders technologiques et des startups pour industrialiser la création d’images, de vidéos, de sons et de jumeaux numériques 3D. CreAItech est déjà adoptée par des milliers d’utilisateurs chez L’Oréal. Elle a fédéré une communauté de créateurs, d’artistes et de technologues. La démarche est de marier l’IA générative et les marques de L’Oréal en s’appuyant sur leur ADN pour stimuler l’agilité créative. L’Oréal collabore également avec des artistes IA pour explorer de nouvelles formes d’expression créative.
Pas d’illustration des effets des produits avec des images créées par l’IA
Dans une démarche d’innovation éthique, L’Oréal insiste sur le fait qu’il n’utilise pas de visages, de corps, de cheveux ou de peaux générés par l’IA pour soutenir ou valoriser les bénéfices de ses produits. C’est un discours que l’on entend aussi chez LVMH. La plateforme CreAItech est également conçue afin de protéger la propriété intellectuelle et le groupe place la montée en compétences de ses collaborateurs au premier plan. En ce qui concerne l’estimateur de CO2 natif, celui-ci traduit la consommation énergétique en métriques concrètes telles que les kilomètres parcourus, les heures de streaming, les rouges à lèvres fabriqués afin que les créateurs comprennent leur impact environnemental. La communication évolue dans le même temps, avec la place clé des médias sociaux et d’un média puissant comme le cinéma. L’Oréal veut façonner le futur du storytelling de ses marques au rythme de la culture et de la technologie. La démarche « Beautytainment » de L’Oréal est destinée à placer ses marques au cœur de la création culturelle. Il s’agit d’intégrer ses marques de manière native dans les moments qui comptent le plus pour ses publics. L’Oréal Paris est ainsi intégré à la trame du film « Le Diable s’habille en Prada 2 » de Disney. Maybelline New York pour sa part réinvente son jingle signature avec Miley Cyrus, artiste pop rugueuse avec une amplification sur les réseaux sociaux — dont 9,7 millions de vues sur YouTube. « Nous sommes passés du lancement de campagnes à la production d’histoires culturelles » présente L’Oréal.
Une plateforme de 500 000 créateurs de contenus
Côté création de contenus, L’Oréal collabore avec 500 000 créateurs à travers le monde. Sa plateforme Lorealistar investit dans le développement à long terme via des master classes et des expériences exclusives, afin de valoriser ainsi la passion authentique de ces créateurs pour la beauté. Lorealistar transforme la façon dont L’Oréal se connecte avec les créateurs pour bâtir une communauté ancrée dans la confiance, la fidélité et une passion partagée pour la beauté. Les contenus créés par les fans de la marque rencontrent un net succès sur les médias sociaux. L’Oréal par exemple a négocié avec TikTok afin de pouvoir doser la visibilité de ses fans influenceurs par rapport à ses propres messages de marque. Pour L’Oréal, Lorealistar est stratégique. Le groupe investit dans des centaines de milliers de créateurs à travers le monde, en soutenant leur croissance et en évoluant à leurs côtés. Lorealistar est une plateforme communautaire gamifiée, qui propose des expériences interactives et récompense la passion authentique par des avantages exclusifs — master classes, montée en compétences et expériences que l’argent ne peut tout simplement pas acheter.
Connexion à TikTok, Youtube et Instagram
L’infrastructure technologique de L’Oréal se connecte à des plateformes partenaires telles que TikTok, YouTube et Instagram pour capter des insights et des enseignements qui alimentent en permanence l’approche du groupe. Lorealistar est destiné à amplifier la voix des créateurs et à libérer leur plein potentiel. La diversité de ces créateurs permet de toucher de nouveaux publics et de générer des synergies inter marques dans le portefeuille L’Oréal. Cela contribue à maximiser l’amour des marques du groupe. Côté avancées dans les cosmétiques, L’Oréal poursuit sur la technologie appliquée en particulier à l’univers du cheveu. Le groupe s’emploie à décoder la science de chaque texture. L’Oréal s’appuie sur « le Jumeau Numérique du Cheveu ». Il est conçu sur la base de la classification universelle des cheveux de L’Oréal et de sa base de données scientifique capillaire. Ce modèle 3D de la fibre capillaire crible les molécules 3 fois plus rapidement et prédit leurs performances sur toutes les textures de cheveux. Cela accélère le développement de produits performants.
Un examen des cheveux par l’IA déployé dans 9000 salons
Autre enjeu, Kérastase propose K-SPA une nouvelle expérience de spa pour le cuir chevelu et les cheveux. Chaque protocole commence par un examen avec K-SCAN, une caméra de diagnostic alimentée par l’IA déjà déployée dans 9 000 salons, et se poursuit avec K-STATION, un appareil multi-tech qui délivre des soins ciblés et une expérience de bien-être. Toujours dans l’univers du cheveu, L’Oréal propose Light Straight™ + Multi-Styler. Il s’agit d’un outil de coiffage avancé qui utilise une technologie brevetée de lumière proche de l’infrarouge pour coiffer tous les types et textures de cheveux, en remodelant les liaisons hydrogène internes de la fibre sans chaleur excessive et pour ne pas abîmer les cheveux.
Création de modèles de tissus biologiques pour des tests
L’Oréal est également positionné sur la longévité de la peau et s’emploie à décoder la biologie du vieillissement. L’Oréal propose un procédé d’impression 3D ( Melt Electrowriting ) pour développer des modèles de tissus biologiques en collaboration avec l’Université de l’Oregon. Ces modèles de tissus biologiques permettent aux chercheurs de tester si une formule peut réellement restaurer la structure de la peau de l’intérieur, en amont de sa mise sur le marché. Afin de comprendre l’âge biologique de la peau, L’Oréal propose son outil exclusif, Longevity AI Cloud™ qui analyse 260 biomarqueurs pour cartographier la santé de la peau à l’échelle biologique. Il prédit l’impact d’ingrédients spécifiques avant le début des tests physiques.
Imagerie en 3D à haute résolution de la peau
L’Oréal investit également dans l’imagerie de haute résolution pour décoder la peau. Une technologie d’imagerie brevetée génère en temps réel des images 3D à haute résolution de la peau vivante, afin de révéler la structure du collagène, l’organisation des tissus et le vieillissement cellulaire avec une « précision médicale », de manière non invasive. D’autre part, L’Oréal propose Skin Biotech Active en partenariat avec la startup biotech française Microphyt. Le produit est conçu pour exploiter la biologie adaptative des microalgues afin de développer des actifs longévité de nouvelle génération.
Un masque LED co-développé avec iSMART Developments
L’Oréal propose enfin de nouveau protocoles de beauté avec Lancôme Cell BioPrint x Absolue Longevity MD x LED Face Mask. Il s’agit d’une routine de longévité complète. Cell BioPrint analyse la peau pour déterminer son âge biologique et identifier les interventions les plus adaptées. Ce rituel est complété par Absolue Longevity MD et le Masque LED Visage. Ce masque est conçu dans un matériau transparent de 2 mm d’épaisseur. Il assure un ajustement et une souplesse améliorés par rapport aux masques traditionnels. Il a été co-développé avec iSMART Developments, spécialiste de la technologie LED. Il est disponible pour le visage et le contour des yeux, avec un lancement mondial en 2027.
L’Oréal emploie 8000 personnes dans le digital, la tech et la Data. 67 000 employés ont été formés à l’IA générative en e-learning. 75% des applications de L’Oréal sont hébergées dans le Cloud. L’Oréal est le 4ème annonceur publicitaire mondial. 60 000 collaborateurs utilisent l’outil L’Oréal GPT. Près de 2,3 milliards de produits avec QR codes donnant accès à des expériences
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Georges-Edouard DIAS
June 16, 5:41 PM
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Comment rendre le luxe de seconde main aussi désirable que le neuf ? C’est ce que doit réussir Vestiaire Collective dans le cadre du lancement de son partenariat inédit avec la place de marché de la mode Zalando. Zalando ouvre pour la première fois sa catégorie « Pre-Owned » (d’occasion) à un partenaire externe dans 14 pays européens. Pour cela, le défi de la création des assets est confié à l’agence Wild Buzz Agency.
Dans le cadre de cette campagne, Wild Buzz Agency a imaginé un univers visuel où les pièces de seconde main s’intègrent naturellement dans un décor contemporain, sophistiqué et intemporel. L’ambition est de dépasser les codes traditionnels de la seconde main et d’inscrire ces pièces de luxe dans un véritable récit visuel, élégant et inspirant, capable de séduire une nouvelle génération d’acheteurs. La direction artistique est réalisée en collaboration avec la photographe Elisa Baudoin. Elle utilise une approche cinématographique de l’image, jouant sur la lumière, la profondeur et la composition pour créer des scènes immersives et désirables. Lors de cette campagne, l’agence effectue la conception créative, la production du shooting et me réalisation de l’ensemble des assets social media.
Vestiaire Collective confie la création de ses assets social media à Wild Buzz Agency pour le lancement de son partenariat avec Zalando. Vestiaire Collective va intégrer une sélection de pièces de luxe de seconde main authentifiées, au sein de l’offre Pre-Owned de Zalando. Cette alliance marque l’ouverture, pour la première fois, de la catégorie seconde main de Zalando à un partenaire externe, sur quatorze marchés européens et autour de plus de cinquante marques de luxe authentifiées.
Conception de 13 assets de social média
Wild Buzz Agency a produit le shooting et a conçu 13 assets social media. L’ambition est de rendre le luxe de seconde main aussi désirable que le neuf, et le faire entrer dans le quotidien d’une nouvelle génération d’acheteurs. L’idée est de créer des images désirables, intemporelles, où chaque pièce trouve naturellement sa place dans un univers sophistiqué et design. « Le lieu a été un véritable moteur créatif dans la construction de cette campagne. Plus qu’un simple décor, son énergie, sa lumière et son caractère ont guidé notre approche. La rencontre entre l’espace, les talents et les vêtements a naturellement façonné son esthétique » explique la photographe Elisa Baudoin.
Des images pensées dans une intention cinématographique
« Chaque image a été pensée avec une intention cinématographique, en travaillant la composition et la profondeur pour créer des scènes immersives. Les vêtements s’intègrent ainsi dans un récit visuel cohérent et vivant » précise-t-elle. Le pôle image de Wild Buzz Agency poursuit sur sa dynamique. « Nous avons doublé le chiffre d’affaires de notre pôle IMAGE avec nos partenaires de longue date, comme L’Oréal, Coty, PUIG ou Estée Lauder, mais aussi en continuant de convaincre de nouveaux clients » se réjouit Jules Lacombe, Directeur Associé de Wild Buzz Agency. L’usage de l’IA dope les performances. « Nos équipes intégrées et l’internalisation de l’IA ont divisé nos temps de production par deux, et viennent renforcer encore plus nos projets en prise de vue traditionnelle » ajoute-t-il.
Une agence de 40 spécialistes
Wild Buzz Agency est une agence créative indépendante, spécialisée dans la conception d’expériences de marque à fort impact. Elle emploie 40 personnes pour un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros. L’agence accompagne des marques issues de secteurs aussi variés que le luxe, la beauté, la mode, la distribution, les spiritueux, la tech, le conseil ou encore l’alimentaire. Elle vise à créer des moments qui marquent les esprits et génèrent de la conversation.
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Georges-Edouard DIAS
June 11, 5:49 PM
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How people relate to media, ambition, technology and each other is changing. Katrina Dodd, Trends Editor at Contagious, shares on the tenshions that are reshaping consumer behaviour in 2026.
Abundance isn’t always a good thing. We’ve never had more content, more convenience, more wellness advice, more ‘connection’. But somehow we’ve never felt less fulfilled. The Contagious Radar 2026 takes a long hard look at this conundrum, identifying six tensions that are reshaping consumer behaviour – recalibrations in how people relate to media, ambition, technology and each other. It also breaks down what that means for brands trying to maintain their cultural relevance in a relentlessly unstable economic environment. You should totally read the whole thing. But here’s the TL;DR version, just in case.
1. The Attention Sink In the 1960s, behavioural scientist John B Calhoun built Universe 25 – a perfect world for mice. Unlimited food, no predators, space to thrive. The colony failed: the mice became aggressive, stopped breeding – Calhoun called it a ‘behavioural sink’.In 2026 we’re living in the Universe 25 of content – and facing an Attention Sink created by the cognitive overload it’s creating. For marketers, in these conditions the challenge is not visibility, it’s memorability. In an attention sink, the winners aren’t the ones who mindlessly add to the noise, they’re the ones people actually remember.
2. The Nostalgia Industrial Complex Nostalgia has become one of the dominant operating systems of contemporary culture. The past is no longer lost to us as time creates distance – it’s part of a perpetual feedback loop, permanently available on demand. For consumers, nostalgia offers comfort and emotional safety – partly because familiarity offers reassurance in periods of instability. For brands, there’s a watch-out: nostalgia is powerful, but only when used with intent. Recreating the look of the past is pretty basic – the real opportunity is recreating the feeling.
3. The Loneliness Disconnect After years of frictionless digital connection, many consumers are craving something more tangible. The resurgence of run clubs, supper clubs, craft communities and live experiences points toward a growing desire for IRL belonging and participation. Physical presence is starting to feel… premium. That creates an interesting opportunity for brands. Increasingly, consumers are not simply looking for products or content, but for experiences that facilitate connection, reinforce identity and encourage joining-in. Community, in other words, may need to mean more than a moderately active Discord server.
4. Social as a Vice The cultural perception of social media platforms is shifting. Increasingly, the language surrounding them centres on addiction, behavioural manipulation, mental health concerns and – finally – regulation. For marketers, this creates a potentially uncomfortable predicament. Many brands remain deeply dependent on platforms whose reputations are becoming steadily more complicated. At the same time, consumers are becoming more selective about where they spend their attention and whom they trust within increasingly noisy digital environments. As a result, owned audiences, direct relationships and trusted communities may become more strategically valuable than those offering scale alone.
5. The Optimisation Obligation Modern consumer culture increasingly treats self-improvement as a 24/7 responsibility. People are encouraged to optimise their sleep, productivity, gut health, appearance, mindfulness and longevity – tracking and training their way to being better across every possible dimension. Wellness has shifted from aspiration into obligation – but consumers are starting to feel the burn. That exhaustion is reshaping expectations around health, beauty and lifestyle marketing. Brands that preach perfection and prey on feelings of inadequacy may face diminishing returns, while those offering simplicity, balance and emotional reassurance stand to gain in relevance.
6. The Death of Aspiration For decades, advertising has relied heavily on future-oriented aspiration: work hard, improve yourself, buy the right things and tomorrow will be better than today. Consumers have less belief in that bargain than ever. Economic pressure, institutional distrust and cultural instability are reshaping attitudes toward success and progress, particularly among younger audiences. In response, many consumers are prioritising immediate quality of life, attainable pleasures and achievable comforts over distant traditional milestones. Present-tense pleasure is starting to matter more than a brighter tomorrow.
Across every trend examined in the Radar run two almost unbearably human through-lines: first, the longing for a little more control, a little more agency in the face of relentless uncertainty. And second, the enduring appetite for meaning, comfort, connection and protection in the face of systems designed to capture, optimise and monetise people’s attention.
For any marketer grappling with where to focus their resources in the year ahead, we’d suggest starting there.
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