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Romain
January 6, 2014 5:40 AM
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Lentement, deux colonnes d'hommes à pied progressent dans le quartier Castor de Bangui, bien armés mais surtout bien formés: c'est le contingent burundais de la force africaine qui ce jour-là patrouille aux côtés des Français de la mission Sangaris en Centrafrique. Au poing levé de la tête de colonne, les soldats répondent en posant un genou à terre, l'arme dirigée vers les ruelles des quartiers bordant la route, puis reprennent leur progression tantôt lentement, tantôt à petites foulées, chacun assurant la protection de celui qui le précède. Un peu surpris, un couple en train de déjeuner dans un petit bar en bord de route regarde d'un oeil mi-amusé mi-inquiet les soldats qui passent. Mais à Bangui, il faut plus que des hommes en armes pour troubler les populations. C'est le milieu de l'après-midi et le soleil frappe violemment sur les casques lourds. "Quand on pense aux armées africaines, on imagine des soldats en guenilles, mais là, on est bluffés", commente un soldat français de la patrouille mixte. Comme lui, de nombreux hommes de Sangaris montrent un respect particulier a l'égard des soldats burundais qui, contrairement à d'autres, arrivent à se faire accepter dans tous les quartiers de la capitale. De plus en plus, les Français, dont la mission est notamment d'appuyer les hommes de la Mission de soutien à la Centrafrique (Misca) patrouillent avec eux, tout comme avec les contingents congolais ou tchadiens. La France soupçonnée Il faut dire que dans certains quartiers, notamment musulmans, la France, soupçonnée par les riverains de "prendre partie" en faveur des milices chrétiennes anti-balakas, n'est pas franchement la bienvenue. "Certains (musulmans) sont clairement hostiles dans leurs mots et dans leurs gestes", explique le caporal Bastien, qui patrouille de son côté en compagnie des Tchadiens, avec une unité du 21e régiment d'infanterie de marine (RIMA). Pour lui, le fait de se montrer avec des militaires en majorité musulmans peut permettre de faire "retomber la tension". "Oui c'est gagnant-gagnant", souligne de son coté un officier de la force Sangaris, "dans le sens où les chrétiens ont moins peur de voir l'armée tchadienne (soupçonnée d'être de connivence avec l'ex-rébellion Séléka au pouvoir) si elle est à nos côtés, et les musulmans ont moins peur de nous voir si nous sommes aux leurs". Les jours précédents, les tentatives françaises de prendre position la nuit au "PK5", quartier musulman particulièrement violent, se sont soldées par des prises à partie brutales et la mise en place de barricades enflammées par les populations. La multiplicité des acteurs dans le drame que vit Bangui et la difficulté de coordination d'une force multinationale n'arrange pas les choses pour calmer "rapidement" le jeu dans la capitale centrafricaine. Mais petit à petit, la France et la Misca semblent vouloir jouer la partie en commun. Au point "0", le centre ville, la patrouille conjointe des lieutenants français Valentin et tchadien Mahamat fait une courte pause. Comme souvent, des hordes d'enfants des rues abordent les militaires qui descendent de leurs pick-up, appelant les hommes par leurs grades qu'ils arrivent à reconnaître. Dans l'agitation du quartier, une colonne de véhicules passe. Pour une fois ce n'est pas un convoi de blindés, mais quelques taxis et motos décorés, klaxonnant à tout va et des fenêtres desquelles les Banguissois agitent les mains: c'est un mariage, qui ferait presque oublier la crise, ou du moins rêver d'un avenir meilleur.
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Romain
January 3, 2014 6:53 AM
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Depuis l’indépendance du Soudan en 1955, l’or noir qui coule dans le sous-sol du Sud a toujours attisé les convoitises locales et internationales au détriment des Sud-Soudanais. Au début des années 2000, Riek Machar, l’ancien vice-président du Soudan accusé par le président Salva Kiir de tentative de coup d’État le 15 décembre dernier, affirmait la chose suivante : « Les objectifs politiques poursuivis par chacune des parties à ce conflit (entre Nord et Sud-Soudan) ne visent pas directement le pétrole mais concernent avant tout la promotion d’une certaine forme d’État. » Onze ans plus tard, force est de constater que Riek Machar s’est trompé. Le pétrole a joué et joue encore un rôle plus que déterminant dans la construction du nouvel État né le 11 juillet 2011 et singulièrement depuis le début de guerre civile qui le frappe depuis deux semaines. « Certains puits de pétrole sont aux mains des soldats fidèles à l’ancien vice-président et nous craignons qu’ils ne provoquent des dégâts sur les installations et l’environnement », a ainsi confirmé à Reuters le ministre du Pétrole, Stephen Dhieu Dau. Des dégâts qui auraient des conséquences désastreuses pour le pays dont les recettes dépendent à 98 % de l’or noir exploité par des compagnies pétrolières étrangères. Aussi l’intérêt des Nations unies (qui veulent déployer 6 000 casques bleus supplémentaires) n’est-il pas innocent. Le sous-sol sud-soudanais attise depuis bien longtemps les convoitises. Dès 1955, un an avant l’indépendance du pays encore sous la coupe du Royaume-Uni, le groupe américain pétrolier Chevron débutait une campagne sismique au Sud-Soudan. Elle sera couronnée de succès au milieu des années 1970, avec la découverte de gisements très importants notamment du côté de Bentiu. Chevron se retire néanmoins du pays en février 1984 après l’assassinat de trois ouvriers du géant américain. Cela n’empêche pas d’autres compagnies de s’immiscer dans le jeu. Le canadien Talisman Energy (ancien BP Canada) se positionne dès le début des années 1990 et possède, en 1998, 25 % des parts du gâteau dans un projet de prospection et d’exploitation du pétrole au sein du consortium GNPOC (Greater Nile Petroleum Operating Company). Deux autres grandes compagnies étrangères détiennent le reste de la quasi-totalité des parts du consortium : la compagnie nationale chinoise (CNPC) avec 40 % des parts et la compagnie nationale malaise Petronas avec 30 %. Les derniers 5 % revenant à la Sudapet, la compagnie nationale soudanaise. En 2003, sous la pression des États-Unis accusant le Soudan de ne pas respecter les droits de l’homme, Talisman se désengagera en signant un accord avec la compagnie nationale indienne ONGC Videsh Ltd, lui transférant sa participation pour 750 millions de dollars. Mais ce geste est rare. Pendant que la guerre civile fait rage, faisant au total plus de 2 millions de morts et 4 millions de déplacés, ces compagnies étrangères et singulièrement les compagnies occidentales continuent de fermer les yeux sur les massacres perpétrés par le régime militaro-islamiste de Khartoum dont les recettes pétrolières servent essentiellement à s’armer. Quand en août 1999, un oléoduc de 1 600 kilomètres est inauguré en présence d’Omar El Béchir, le président putschiste soudanais, c’est toute l’ingénierie occidentale qui se salit. Les Canadiens de Denim Pipeline Construction Ltd sont les maîtres d’œuvre du projet. Les compagnies britanniques Weir Pumps Ltd et Allen Power Engineering fournissent les pompes de l’oléoduc. L’allemand Mannesmann assure 500 kilomètres de tuyauterie et la maintenance. Enfin les Hollandais de la Royal Dutch Shell dirigent une raffinerie à Port-Soudan où le brut est transformé. Si depuis lors des compagnies se sont retirées devant l’insécurité croissante, d’autres restent bien en place. Malgré plusieurs enlèvements et meurtres de ressortissants chinois depuis 2008, la CNPC continue d’exploiter le sous-sol sud-soudanais et de fermer les yeux sur les multiples violations des droits de l’homme commis aussi bien au Sud qu’au Nord. L’argent que génère le pétrole pose aussi la question de la corruption des tenants du pouvoir. Si le Nord est champion en la matière, les nouvelles élites du Soudan du Sud ne sont pas en reste. Aujourd’hui, c’est entre 300 et 500 millions de dollars par mois qui arrivent dans les caisses du jeune État. Mais qui gère cet argent ? Et comment est-il redistribué ? Mystère… dans la récente crise politique, débordant en conflit ethnique, le pétrole mais surtout les pétrodollars qu’il génère sont bel et bien au centre du débat : même l’ex-vice-président Riek Machar ne peut plus le nier.
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Romain
December 19, 2013 1:03 PM
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Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’est-il avancé trop vite en déclarant croire “pouvoir affirmer que nous aurons bientôt des troupes au sol qui seront apportées par nos collègues européens” en Centrafrique? Le Quai d’Orsay avait par la suite confirmé ces propos mais sans toutefois préciser les pays concernés. Quels sont donc ces pays prêts à déployer des troupes au sol pour épauler les 1.600 militaires français de l’opération Sangaris, lancée en Centrafrique le 5 décembre dernier par le président Hollande, après en avoir reçu le feu du Conseil de sécurité des Nations unies? Porte-parole du gouvernement, Mme Najat Vallaud-Belkacem a donné deux pistes, à l’issue du Conseil des ministres du 18 décembre. “Des échanges ont eu lieu, notamment avec les autorités belges et les autorités polonaises”, a-t-elle déclaré. “Il y aura des annonces précises à la fin du Conseil européen (des 19 et 20 décembre) mais ce que je peux vous dire, c’est que la volonté de nos partenaires, en particulier la Belgique et la Pologne, est bel et bien d’apporter des renforts. Sous quelle forme? ce sera précisé dans les jours à venir”, a-t-elle ajouté. La veille, la Belgique avait pourtant fait savoir que l’envoi éventuel de 150 soldats à Bangui – hypothèse évoquée par une source militaire belge – était “prématuré”. Quant à la Pologne, elle fit savoir qu’il n’en était pas question… Interrogé sur les ondes d’Europe1, ce 19 décembre, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a abordé cette question. “Je ne confirme rien tant que les gouvernements ne se sont pas exprimés. Pour l’instant, nous avons un soutien logistique, et j’en espère un au sol parce que cela permettrait d’accélérer notre pénétration dans les autres villes”, a-t-il expliqué. Comme quoi, le format de 1.600 hommes est insuffisant, contrairement à ce qui avait été jusque-là affirmé par les autorités françaises… Sans doute y verra-t-on plus clair à l’issue du Conseil européen dédié à la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD)… Mais en attendant, ce n’est pas encore le cas. Ainsi, après avoir rappelé que la Belgique avait mis à la disposition des forces françaises 2 avions de transport, le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, a affirmé, à son arrivée au sommet en question, que son pays est prêt à “éventuellement examiner” la possibilité d’une contribution supplémentaire à une force internationale de maintien de la paix en Centrafrique, “mais dans un cadre européen” et “certainement pas sur un plan uniquement bilatéral”. Quant à savoir si cette contribution pouvait prendre la forme d’un envoi de troupes au sol, Elio Di Rupo a été catégorique : “dans l’état actuel des choses, nous n’avons absolument discuté de cela au niveau du gouvernement belge”. Et “c’est une demande française”, a-t-il conclu.
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Romain
December 16, 2013 5:58 AM
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Trois ministres centrafricains, de la Sécurité publique, des Finances et du budget et de l'Elevage, ont été limogés dimanche, jour où l'archevêque catholique de Bangui, très respecté en Centrafrique, a appelé à la réconciliation, citant Nelson Mandela en exemple. Le directeur du Trésor et de la Comptabilité publique a également été limogé. Selon une "instruction présidentielle", "tous les mouvements sur les différents comptes du Trésor public sont suspendus jusqu'à nouvel ordre". "Ces ministres sont limogés parce qu'on ne sait pas où ils sont. Ils ne gouvernaient plus", a affirmé à l'AFP une source proche du pouvoir. Figure centrafricaine, candidat à la présidentielle de 2005, le ministre de la Sécurité publique, le pasteur Josué Binoua, qui dispose aussi de la nationalité française, est actuellement en France après avoir été exfiltré par l'armée française vers le camp Mpoko il y a quelques jours. Des armes avaient été trouvées à son domicile, mais il affirme qu'elles étaient destinées à des agents de la sécurité publique et assure que toutes sont répertoriées. "La décision de me démettre ne me surprend pas. On m'accuse, ils sont conséquents avec eux-mêmes. Je ne pouvais pas rester en Centrafrique en raison de menaces sur ma personne", a-t-il affirmé par téléphone à l'AFP. Son ministère, équivalent du ministère de l'Intérieur, est un poste clé dans un pays actuellement ravagé par les affrontements interreligieux qui ont fait plus de 600 morts. Le ministre des Finances et du budget Christophe Bremaïdou, ancien opposant au président François Bozizé --renversé en mars 2013 par l'actuel pouvoir--, qui dirige le petit parti Alliance pour la solidarité et le développement, ainsi que le directeur du Trésor public paient sans doute la situation catastrophique des Finances publiques. L'Etat centrafricain est constamment au bord de la cessation de paiements. Il n'était pas possible de savoir dimanche soir jusqu'à quand les mouvements du Trésor seraient suspendus. Après l'invitation au dialogue, samedi, du président de transition Michel Djotodia, chef de l'ex-rébellion Séléka qui a pris le pouvoir en mars, l'archevêque catholique de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, a lancé devant 1.500 fidèles réunis pour la messe dans l'église Saint-Charles, dans le nord de la capitale: "beaucoup de chrétiens ont dit qu'ils allaient se venger. Les chrétiens doivent être habités par l'esprit de Dieu, ils ne doivent pas tuer". "Nous sommes devenus des animaux, les exactions dépassent la raison quand on tue quelqu'un et qu'on brandit son bras", a insisté le religieux. Il a demandé aux fidèles de s'inspirer de "l'homme de paix et de réconciliation" qu'était Nelson Mandela, inhumé au même moment en Afrique du Sud, et de ne pas répondre par la violence à la violence. Sur le plan militaire, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a indiqué que Paris allait demander un "concours plus solide, plus fort" sur le terrain de ses partenaires européens lors du Conseil Affaires étrangères lundi à Bruxelles. "Les Polonais seront avec nous sur le plan logistique", a ajouté M. Fabius citant aussi "les Britanniques, les Allemands, les Espagnols, les Belges". Certains de ces pays pourraient-ils aller au-delà d'un soutien logistique et fournir des militaires pour rejoindre les forces françaises qui tentent depuis dix jours de mettre fin à l'anarchie et à l'engrenage de la violence dans cette ancienne colonie ? "Deux d'entre eux sont en train de s'interroger, j'espère qu'ils le diront", a répondu le ministre, sans les citer. A Bangui, des milliers de chrétiens se sont rendus dans les églises de la capitale où la situation reste tendue avec toujours des lynchages et des tirs sporadiques, une semaine après les affrontements interreligieux qui ont fait près de 600 morts dans le pays selon l'ONU. "Ce sont nos frères"
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Romain
December 16, 2013 5:02 AM
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David Moisan, ex-para du '3', revient de République centrafricaine. Il a été, de juin à octobre, instructeur de la garde rapprochée du chef de la rébellion. Il témoigne. "Il faut leur redonner l'espoir. Là-bas, c'est le chaos." David Moisan, ex-para du 3e RPIMa, aujourd'hui reconverti dans la sécurité rapprochée revient d'un séjour de quatre mois à Bangui en République centrafricaine (de juin à octobre) où il a travaillé à la formation de la garde rapprochée du chef de la rébellion, Michel Djotiodia, actuel président de transition. L'ex-soldat qui avait connu l'Afrique dans le cadre de ses missions militaires a été impressionné par la situation de catastrophe sanitaire qu'il a pu constater sur place. "A Bangui, il n'y a plus de chiens. C'est la famine. Certaines personnes ont tout perdu à cause des pillages." . Le scénario rwandais Il a découvert en juin dernier, un pays dévasté. "Toutes les infrastructures, datant le plus souvent de la période Bokassa, ont été détruites. Il n'y a plus d'administration." Il a connu les rues désertes dès début de couvre-feu et les petits matins dans un bain de sang après des massacres en tout genre. Le pays, déjà frappé par plusieurs années de guerre, a connu une lente dégradation des conditions de vie pour "toucher aujourd'hui le fond. Ils se sentent délaissés." Malheureusement, l'heure est aujourd'hui à la vengeance, et sur ce terrain miné, les règlements de compte se poursuivent comme jeudi avec la mort de 27 musulmans. Pour David Moisan, le conflit n'est d'ailleurs pas simplement un conflit confessionnel mais se double "d'une opposition entre ethnies du Nord et du Sud qui est très ancienne." Pour lui, pas de doute, l'intervention française "était nécessaire". David Moisan, à sa façon, a décidé d'agir. Il témoigne pour mieux faire connaître ce drame - "le scénario rwandais peut se reproduire" - et mener à bien un projet de création d'une coopérative des pêches. "J'aime le parfum de mystère de ce continent et je veux essayer d'apporter un peu d'aide." Il repart le 7 janvier à Bangui, cette fois, pour aider à reconstruire.
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Romain
December 10, 2013 1:04 PM
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La grande école de commerce parisienne veut devenir leader dans les formations d'excellence pour les cadres africains. Le 1er mars 2013, 160 dirigeants de la fonction publique gabonaise étaient réunis à Libreville sous l'égide de Raymond Ndong Sima, le Premier ministre, pour recevoir le certificat du programme Émergence. Cette formation d'une durée de trois ans, assurée par l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC) et élaborée avec le concours des autorités gabonaises, fait partie du programme Agora (Accompagnement gouvernemental des réformes en Afrique), que le groupe HEC a déjà mis en oeuvre en Côte d'Ivoire et au Togo, qu'il vient de lancer au Congo et compte engager au Mali, au Sénégal, au Cameroun, au Bénin et au Burkina Faso. L'objectif ? Introduire au sein des administrations la culture du management et de la performance. Les grandes écoles françaises sont nombreuses à voir l'Afrique comme un nouveau marché. Par exemple, les formations continues de la Kedge Business School, à Bordeaux, ont essaimé à Dakar, et celles de l'université Paris-Dauphine à Tunis. Mais le groupe HEC, numéro un français des écoles de commerce et de management, est pour l'instant le seul à mener des opérations d'une telle envergure. L'établissement a même décroché la première place du classement mondial 2013 du Financial Times pour ses programmes de formation continue à destination des manageurs et des dirigeants. Une reconnaissance sur laquelle le groupe HEC compte bien s'appuyer pour devenir, d'ici à cinq ans, le leader dans les formations d'excellence pour les cadres des secteurs public et privé en Afrique. Discuter de l'évolution des pratiques managériales Autre facette du développement de HEC en Afrique : le groupe déploie un réseau de HEC Executive Clubs, qui se fixent pour but de réunir plusieurs fois par an responsables économiques et chefs d'entreprise d'un même pays autour de professeurs de la filiale HEC Executive Education, afin de discuter de l'évolution des pratiques managériales. Trois de ces clubs sont déjà actifs - en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso et au Gabon - et regroupent plus de 100 dirigeants. D'autres sont en cours de structuration au Bénin, au Cameroun, au Congo, au Mali, au Sénégal et au Togo.
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Romain
December 9, 2013 11:11 AM
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C'est du jamais vu ! Dans un communiqué commun, le directeur de la communication et de la presse du ministère des Affaires étrangères, Romain Nadal, et Pierre Bayle, délégué à l'information et à la communication de la Défense, appellent "Mesdames et Messieurs les journalistes" actuellement présents sur le territoire de la République centrafricaine à prendre en considération leur propre sécurité. Le message est explicite : "Nous vous demandons de faire preuve de la plus extrême vigilance, de vous tenir informés de l'évolution de la situation et de respecter les consignes de sécurité données par le ministère des Affaires étrangères, l'ambassade de France à Bangui et nos forces sur place qui sont à même de vous indiquer les zones où vous ne devez pas vous rendre." Pas besoin d'être grand clerc pour comprendre la situation : comme précédemment dans plusieurs zones de guerre, les envoyés spéciaux entendent exercer leur mission selon leurs propres priorités, ce que personne ne conteste. Mais il arrive qu'ils ne tiennent pas compte ou qu'ils aillent à l'encontre des conseils de sécurité que leur donnent sur place les autorités françaises, ou les militaires. "On n'est pas au Mali !" Lesquels sont sollicités au moindre problème, comme le raconte en privé un très haut responsable du ministère de la Défense : voici quelques mois, il avait été appelé sur son portable personnel par une équipe de télévision prise sous le feu à Kidal, au Mali, qui exigeait que des militaires français viennent séance tenante l'extirper de la fâcheuse posture dans laquelle elle s'était elle-même placée. Or cette fois, indique-t-on de source militaire bien informée, "on n'est pas au Mali. La Centrafrique, c'est mille fois pire que Kidal : les gens en face sont des bandits totalement désorganisés, les risques sont d'un niveau exceptionnel ! Nous ne demandons pas aux journalistes de nous tenir informés de leurs faits et gestes, mais de se tenir informés de la situation, en assumant les risques qu'ils prennent." Selon nos informations, ce solennel avertissement concerne davantage les rédactions parisiennes que les reporteurs sur place. Comme le précise cette source : "À Bangui, il est facile de parvenir directement en plein milieu du dispositif et on prévient les rédactions de ne pas en demander trop aux envoyés spéciaux." Gros risque sanitaire Les deux ministères préviennent également les journalistes de ne pas négliger de faire procéder avant leur départ à plusieurs vaccinations indispensables, dument inventoriées sur le site des affaires étrangères : "Vous noterez notamment que la forme cérébrale du paludisme endémique en RCA, particulièrement dangereuse, impose le recours à des mesures de protection individuelle, et que plusieurs vaccinations sont obligatoires avant de partir." Est-ce à dire que des envoyés spéciaux seraient partis sans avoir pris ces précautions élémentaires ? À la Défense, on n'ajoute rien à l'avertissement publié... Mais un officier glisse : "Le plus important, c'est qu'on ne souhaite pas avoir à aller chercher des gars partis à l'aventure et coincés dans la forêt." Un avertissement, rien de plus à ce stade.
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Romain
December 9, 2013 6:15 AM
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Bambari, vous connaissez? C'est une sous-préfecture de 40 000 habitants, située à près de 400 kilomètres de Bangui et tenue par les rebelles de la Séléka depuis le 23 décembre 2012. On la disait "stratégique", peut-être parce que c'est un carrefour routier sur la RN2. Il y a une quinzaine de jours, des paysans ont vu "tomber du ciel" huit hommes. Deux Blancs et six Noirs, ont-il assuré. Lourdement armés, ont-ils ajouté. Hallucinés, les gars du coin? Ou juste là au bon moment pour assister à un largage de FS. Américaines? Trop loin des zones où elles traquent Joseph Kony. Françaises? Plus probable puisqu'elles "choufferaient" les mouvements des rebelles et autres miliciens incontrôlés sur les axes routiers, dont la RN2?
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Romain
December 6, 2013 4:40 AM
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Les troupes françaises se sont déployées dans la ville alors que des nouveaux tirs ont été entendus dans la nuit de jeudi à vendredi. L’armée française a lancé son opération en Centrafrique avec un renforcement dans un premier temps des patrouilles dans Bangui, qui présentait vendredi matin un visage de ville morte après les massacres de la veille. «L’opération a commencé» et les forces françaises présentes en Centrafrique «ont développé des patrouilles dans Bangui», a affirmé vendredi le ministre française de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Dans les rues de Bangui, sous l’orage et la pluie, où toute circulation de véhicules civils est interrompue depuis jeudi, aucun déploiement massif des troupes françaises n’était visible en début de matinée. Comme chaque jour, des patrouilles circulent sur les principaux boulevards de la capitale. Des détachements de la force africaine (Misca) étaient eux aussi postés à leurs emplacements habituels. En revanche, contrairement à la veille où ils avaient patrouillé la ville toute la journée, les pick-ups bondés de soldats centrafricains se faisaient discrets. Des tirs sporadiques d’armes automatiques ont été entendus dans la nuit de jeudi à vendredi dans plusieurs quartiers, selon des habitants. «On ne sait pas pourquoi ils tiraient. On n’a pas entendu parler d’incidents», a expliqué un habitant du quartier de Ben Zvi. Aucun bilan d’éventuelles victimes de ces tirs qui, par endroits, ont cessé à l’aube, n’était disponible dans l’immédiat, après une nuit pendant laquelle la grande majorité de la population craignait qu’elle ne soit l’occasion de nouvelles tueries. Malgré la levée du couvre-feu à 06 heures, les rues étaient totalement vides en début de matinée et la quasi totalité des commerces restaient fermés. Objectif : un «minimum de sécurité» Après le feu vert de l’ONU à une opération conjointe de forces africaines et françaises pour rétablir la sécurité, le président français François Hollande avait annoncé dès le soir une action (...)
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December 4, 2013 12:47 PM
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Actuellement à la tête des forces françaises au Gabon, c’est le général Soriano qui dirigera l'opération Sangaris de soutien à la MISCA africaine.
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December 3, 2013 4:37 AM
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Dans ses relations fortes avec l'Afrique, la France voudrait désormais voir les Africains gérer eux-mêmes leur destin et n'apparaître qu'"en appui" de l'Union africaine. Mais lors des crises, l'ex-puissance coloniale demeure encore et toujours en première ligne. Paris, qui accueille en fin de semaine un sommet franco-africain, met l'accent sur le développement, indissociable de la sécurité. "Les Allemands, les Scandinaves disent +plus d'argent pour le développement, pas pour la guerre+. Nous, nous disons +pas de développement sans sécurité+", souligne un diplomate français sous anonymat. Il faut "une vision large de la sécurité qui ne se limite pas à l'intervention armée, qui ne doit être pour nous que l'ultime recours", insiste le chef de la diplomatie, Laurent Fabius. La France a toutefois "beaucoup de mal à ne plus s'engager militairement", note Aline Leboeuf, de l'Institut français des relations internationales (Ifri). D'une part, elle est "poussée à intervenir" par "une certaine vision de ses responsabilités et de son engagement moral à protéger les civils". D'autre part, "même si Paris a une réelle volonté de rester au second plan et de soutenir un cadre multilatéral, des acteurs s'attendent à ce qu'elle intervienne". Pour l'Afrique, "il y a un partage des rôles", admet le diplomate interrogé: "le Mali c'était notre affaire, le Soudan celle des Américains, la Somalie celle des Britanniques. Et pour les Britanniques et les Américains, la Centrafrique, c'est pour les Français. Mais ce n'est pas nous qui allons faire le travail en Centrafrique, nous allons aider l'Afrique à le faire", promet-il. "Une fois pour toutes, c'est fini l'opération Barracuda !", ajoute-t-il en évoquant le nom d'une intervention de parachutistes français en 1979 pour renverser l'empereur centrafricain Bokassa. La fin de la Guerre froide, au début des années 90, a sonné le glas de la France "gendarme" de l'Afrique: le temps des interventions militaires unilatérales pour faire ou défaire des régimes africains semble révolu. Depuis les années 2000, la France agit dans un cadre multilatéral, aux côtés de forces africaines ou onusiennes, pour rétablir la paix. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy (2007-2012), les accords de défense avec les anciennes colonies ont été renégociés pour bannir les dérives du passé. De la coopération au développement Pour Hélène Quénot-Suarez, chargée avec Aline Leboeuf, d'une étude à l'Ifri sur le sujet, la gestion Hollande a provoqué "une vraie rupture de style, avec par exemple une volonté forte d'assainissement des pratiques, comme le refus affiché de +visiteurs du soir+ à l'Elysée et du lobbying". Même s'il y a aussi "des continuités qui montrent que l'Afrique reste très importante pour la France". La "philosophie qui est la nôtre d'un partenariat avec les Africains n'est pas la même" que celle du discours de Dakar de 2007 de Nicolas Sarkozy, critiqué pour ses accents paternalistes, souligne Laurent Fabius. Son ministère parle d'une "vision optimiste" de l'Afrique, "d'une foi dans son potentiel, sa jeunesse" et aussi d'une approche "globale" du continent, pas seulement de sa partie francophone. L'ex-ministère de la Coopération, devenu celui du Développement, a élargi son champ d'action. Il défend dans les instances internationales les pays en développement face aux multinationales et cherche à renforcer la lutte contre la corruption et la transparence des transferts financiers dans les directives européennes. Antoine Glaser, expert des questions africaines, tempère toutefois les élans d'auto-satisfaction sur une relation franco-africaine transformée. "Depuis la chute du mur de Berlin (1989), chaque président de gauche ou de droite, François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, ont parlé de rupture, de changement de direction. Dans les faits, il n'y a pas de +nouvelle+ politique. La politique africaine de la France, c'est toujours celle des militaires français", dit-il. Cette politique qui oscille entre "accent sur les valeurs" et "Realpolitik" "n'est pas claire du tout", déplore un diplomate africain sous couvert d'anonymat. Il faut "une relation plus franche", "débarrassée des scories (fautes de frappe) du passé", avec une France assumant "pleinement ses intérêts", demande un autre diplomate africain.
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November 22, 2013 8:49 AM
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Alors que les chancelleries occidentales préparent leurs concitoyens à une intervention armée en Centrafrique en évoquant un possible "génocide", FRANCE 24 examine quelles formes pourraient prendre cette future opération militaire. Un pays "au bord du génocide" pour Paris, une situation "pré-génocidaire" selon Washington. Les capitales occidentales tirent la sonnette d’alarme sur la Centrafrique. Ce qui laisse peu de doute sur le fait qu’une opération armée internationale se prépare, alors que cette nation d’Afrique centrale est secouée par des affrontements communautaires meurtriers depuis la chute du président François Bozizéen mars dernier. L’intervention qui se profile sera "complètement différente de l’opération Serval" engagée en janvier 2013 au Mali, selon le général Vincent Desportes, professeur associé à Sciences-Po et spécialiste des affaires militaires. "Il ne peut pas y avoir de plans militaires aussi nets qu’au Mali, où les Français pouvaient aisément identifier les deux colonnes ennemies avant de les détruire. Il ne s’agit pas de reconquête mais de rétablissement et de stabilisation de l’ordre – une opération plus délicate et plus compliquée que Serval", souligne ainsi l’ancien directeur de l’École de guerre française. Mettre fin au chaos à Bangui L’intervention en Centrafrique débuterait ainsi par une sécurisation de la capitale Bangui, en proie à une recrudescence de banditisme, avant de s’étendre progressivement aux régions plus reculées du pays, où des affrontements meurtriers opposent groupes d’auto-défense chrétiens à des bandes armées d’anciens rebelles musulmans de la Seleka. Cette confessionalisation du conflit, sur fond de rivalité traditionelle entre nomades et sédentaires, fait craindre des massacres de masse de part et d'autre. "Une situation comme celle de la Centrafrique où les cibles ne sont pas clairement identifiées, où les gens ne portent pas d’uniforme, et où l’adversaire ne se saisit pas de territoires s’assimile à un vrai guêpier. C’est pourquoi la France y va sur la pointe des pieds", décrypte le général Desportes. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé le mois dernier un renforcement du contingent français de 400 hommes, actuellement basés à l’aéroport de Bangui, la capitale. Des sources diplomatiques citées par l’AFP avaient alors précisé que le nombre de soldats français pourrait passer à 1200 hommes afin d’appuyer un soutien logistique à la force panafricaine Misca. L'armée française en première ligne Le chef de la diplomatie française se voulait rassurant sur l’engagement français en évoquant, jeudi 21 novembre, un simple "appui" à la force panafricaine et un déploiement qui "ne sera pas aussi massif ou durable" que celui au Mali. Les experts en affaires militaires soulignent, au contraire, que ces missions de sécurisation sont généralement très gourmandes en troupes au sol. "Il y a un besoin immédiat en Centrafrique et il est évident que les militaires français vont faire le boulot eux-mêmes avant de passer la main à la Misca et de se constituer en force de réaction rapide", explique le général Desportes. Washington a déjà annoncé le déblocage de 40 millions de dollars pour financer la Misca, qui devrait avoir un contingent total de 3 600 hommes. Notant les lacunes en termes d’équipement et d’entraînement de ces troupes panafricaines, le secrétaire-général de l’ONU, Ban Ki-moon, a, quant à lui, recommandé dans un rapport l’envoi de 6 000 à 9 000 casques bleus en Centrafrique. Ce document remis lundi dernier aux membres du Conseil de sécurité servira de base aux discussions qui s’engageront le 25 novembre à l’ONU, ultimes pourparlers diplomatiques avant l’entrée en scène des militaires.
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September 26, 2013 9:54 AM
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Les miliciens shebabs, qui ont mené l’attaque du Westgate Mall à Nairobi, menacent tous les pays qui ont envoyé ou soutenu les soldats de l’Amisom, la force africaine en Somalie. C'est le cas du Burundi qui a en effet déployé un important contingent, aux côtés de l’Ouganda pour lutter contre les shebabs. Jusqu'à présent, le Burundi, qui a été épargné par les attentats et les attaques terroristes, a mis en place des mesures de sécurités supplémentaires. Les autorités burundaises avaient déjà déployé plus de policiers dans les rues, histoire de rassurer les Burundais. Hier, on a franchi une autre étape. Les habitants des quartiers à majorité musulmane, des quartiers dits swahili, se sont réveillés à l’aube, ceinturés par des milliers de policiers qui ont ensuite fouillé maison par maison, à la recherche de suspects éventuels ou d’objets prohibés. Le porte-parole adjoint de la police, Pierre Nkurikiye a déclaré : « La police nationale a pris toute une série de mesures préventives et la tâche d’aujourd’hui fait partie de ces mesures qu’on ne peut pas décrire ici, pour des raisons de sécurité ». Des centaines de sans-papiers ont été arrêtés et même si la police burundaise proteste de sa bonne foi, certains dans ces quartiers, ne décolèrent pas : « Ils ont ciblé uniquement les quartiers musulmans, et cela nous fait peur car nous sommes avant tout des Burundais, et être musulman ne signifie pas qu’on est des shebabs. Pas du tout ! ». Malgré les propos qui se veulent rassurants de la police du Burundi, dans les rues de Bujumbura, la capitale, on ne cache plus son inquiétude : « Avant l’attaque au Kenya, il y a eu les attentats de Kampala. Les shebabs avaient dit qu’ils vont s’en prendre à tous les pays qui sont allés les combattre en Somalie, il ne reste donc que le Burundi. Même au Kenya il y a eu les attaques malgré la présence de policiers, et même ici ces attaques peuvent avoir lieu malgré la présence de tous ces policiers ». « On est très inquiets parce qu'après Nairobi, c’est Bujumbura, c’est sûr. Justement à cause de nos forces qui sont en train de les combattre à Mogadiscio ». Ces voix réclament donc le retour de quelque 5.600 soldats burundais déployés en Somalie. tags: Burundi - Kenya - Terrorisme
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January 6, 2014 5:00 AM
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Après Gao, Bamako, Niamey et avant N'Djamena, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, était le 1er janvier à l'aéroport de Bangui pour un discours de vœux adressé aux soldats de la force Sangaris (photo AFP d'une patrouille le 3 janvier au PK5, au nord de Bangui). Un exercice classique mais qui a révélé un ton particulier. Le ministre a repoussé vigoureusement les critiques et tenu à défendre la mission française en République centrafricaine : " J'entends dire l'opération est difficile ! Oui, elle est difficile. Mais toute opération militaire est difficile. " Jean-Yves Le Drian a d'abord rendu hommage aux sacrifices des deux soldats du 8e RPIMA, Antoine Le Quinio et Nicolas Vokaer, salué l'engagement particulier du soldat, rappelé que " ce combat, c'est à la fois la sécurité de ces Etats, de ces populations, dont nous avons mission de protéger, mais c'est aussi la sécurité de la France. " En Centrafrique comme au Mali. Le discours prend alors une autre tournure. Il prend l'exemple malien à témoin : " Qui aurait dit il y a an, au moment du lancement de l'opération Serval, qu'un an après au Mali nous aurions retrouvé un pays sécurisé ? (...) Maintenant les voies du redressement, de l'autonomie, de la souveraineté de ce pays sont en cours. " Tout cela pour arriver au fond du sujet, les critiques sur la relative faible quantité de soldats déployés en RCA pour désarmer et calmer un pays plus grand que la France (1 600 militaires). Le ministre n'y va pas par le dos de la cuillère : " Je me souviens qu'au mois de février de l'année dernière, des experts - vous savez, il faut toujours faire attention parce que les experts sont souvent autoproclamés - disaient « ah mais au Mali - trois semaines après le déclenchement de l'opération Serval - la France s'enlise ». Heureusement que nous n'avons pas écouté les experts. Et que la détermination de nos forces, leurs compétences, a permis le résultat que l'on connait. Je le dis pour le Mali mais je le dis aussi pour la République Centrafricaine. " Et bing ! Mission claire, terrain complexe Jean-Yves Le Drian est en forme malgré son périple africain express : " Et quand j'entends dire « fallait-il que la France vienne », ceux-là même qui le demandent sont-ils conscients du côté un peu pervers de leur interrogation ? " Aux accusations de mandat moins clair qu'au Mali, le ministre là aussi répond par une explication de texte : " Vos missions sont claires, nos missions sont claires. Il s'agit de contribuer à la sécurité de ce territoire, de ce pays, à commencer par sa capitale, de contribuer à la sécurité par le cantonnement et par le désarmement. Et nous entendons le faire dans l'impartialité. Toutes les armes doivent disparaitre pour que l'aide humanitaire, l'aide sanitaire puissent intervenir. Toutes les armes doivent disparaitre pour que le processus politique puisse enfin retrouver une forme de sérénité. Notre mission est claire, établir avec la MISCA les conditions propres à retrouver une sécurité minimum. " Il reconnaît toutefois : " Alors la mission est claire, mais le terrain est complexe. Vous êtes amenés à intervenir sur des accrochages, vous êtes amenés à intervenir sur des mouvements de foule, vous êtes amenés à intervenir dans des missions d'interposition, vous êtes amenés à intervenir dans des missions d'escorte ; et en même temps vous êtes amenés à remplir votre mission de cantonnement et de désarmement. " " Je voulais aussi vous dire que je reviendrai ", conclut le ministre remonté mais clair comme la mission Sangaris.
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January 3, 2014 6:50 AM
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Au Soudan du Sud, la médiation entre les deux factions a débuté chez le voisin éthiopien mais les combats continuent de faire rage. Le chef de l'armée sud-soudanaise a affirmé que ses hommes allaient tenter de reprendre la ville de Bor, tombée aux mains des rebelles. Au lendemain de leur arrivée à Addis Abeba, la capitale éthiopienne, les représentants des belligérants au Soudan du Sud peinaient à entamer les pourparlers qui doivent mettre fin au conflit dans le pays. "Nous sommes prêts pour les discussions mais nous n'allons pas rencontrer la délégation gouvernementale aujourd'hui", avait déclaré un délégué des rebelles. Pendant ce temps, sur le terrain sud-soudanais, l'intensité des combats n'a pas diminué. Le chef de l'armée sud-soudanaise, le général James Mai, a déclaré lors d'une conférence de presse dans la capitale, Juba, que ses hommes combattaient les rebelles pour éviter que ces derniers ne s'emparent de Juba. Selon les organisations humanitaires, de nombreux civils ont fui les zones d'affrontement entre milices et soldats, attendant désespérément de l'aide. Un exemple parmi tant d'autres : 70.000 personnes campent actuellement sur les rives du Nil après avoir traversé le fleuve par bateau pour fuir les violences dans la ville de Bor.
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December 18, 2013 5:14 AM
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Détermination et neutralité, la France ira jusqu’au bout de la mission qu’elle s’est fixée. A l’occasion de sa visite en République centrafricaine (RCA) et au Tchad, le vendredi 13 décembre, le ministre de la Défense a souligné la détermination de Paris à mener à bien l’opération Sangaris, lancée le 5 décembre en RCA. Un message adressé aux principaux acteurs du conflit rencontrés par Jean-Yves Le Drian lors de sa visite. Le ministre s’est entretenu, vendredi matin, à Bangui, avec les chefs de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique), avant de rencontrer les forces françaises déployées à Bossangoa dans le nord du pays. De retour à Bangui, il s’est entretenu avec le représentant de l’autorité de transition, M. Djotodia. Dans la soirée, le ministre a rejoint N’Djamena où il a rencontré le Président Déby et des éléments de la mission Epervier. Pour accéder au désarmement des milices de l’ex-Séléka, principale mission des forces françaises en RCA, la France compte sur la montée en puissance de la force africaine, la Misca, dont les effectifs devraient passer dans les prochains jours de 3 200 à environ 4000 hommes. Des contingents marocain et béninois sont actuellement attendus en RCA. Ce renforcement de la Misca doit permettre à la force africaine d’occuper le terrain, notamment à Bangui, et de libérer les unités françaises pour des missions à l’extérieur de la capitale, en particulier dans l’ouest du pays. Le ministre a demandé aux soldats français de veiller à ce que « les populations civiles musulmanes comme chrétiennes, ne soient pas les cibles de représailles aveugles » et ainsi écarter tout risque de conflit confessionnel. Paris compte sur la neutralité des forces en place et sur les appels à l’apaisement des autorités religieuses pour faire baisser les tensions. Une demande clairement exprimée par le ministre de la Défense qui a rencontré, lors de sa visite à Bossangoa, les autorités religieuses locales
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December 16, 2013 5:21 AM
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La France en Centrafrique, c'est une très vieille histoire ! À dire vrai, les armées françaises n'ont jamais vraiment cessé d'y être présentes, passant et repassant depuis l'indépendance en 1966. En 1979, c'est le grand retour, ancienne méthode : les parachutistes du 1er RPIMa et le service Action de la DGSE envoyés par Valéry Giscard d'Estaing délogent manu militari (opérations Caban et Barracuda) le tristement folklorique empereur Bokassa Ier, qui gardera un chien de sa chienne pour le président français. Les troupes françaises s'installeront à demeure à Bangui et à Bouar avec les EFAO (éléments français d'assistance opérationnelle) qui ne quitteront le pays que près de vingt ans plus tard, avec l'opération Cigogne en avril 1998. Ancêtres de Sangaris C'est le grand mérite de Florent de Saint Victor de reprendre succinctement, mais efficacement, toute l'histoire militaire de la relation entre les deux pays. Dans une note commandée par le CDEF (Centre de doctrine d'emploi des forces) de l'armée de terre et titrée "45 ans d'opérations militaires françaises en République centrafricaine", ce spécialiste des relations internationales rappelle la litanie des interventions post-Barracuda : la série des Almandin 1, 2 et 3 ; la mise en place en août 1997 de la Misab (Mission interafricaine de surveillance des accords de Bangui), à laquelle succède la Minurca (Mission de maintien de la paix des Nations unies en RCA), bientôt suivie de l'opération Boali pour soutenir les Faca (Forces armées centrafricaines) et la Fomuc (Force multinationale Communauté économique et monétaire des États d'Afrique centrale). Et ainsi de suite avant que ne commence l'opération Sangaris en cours. Milices et coupeurs de routes Ce document synthétique de 8 pages ne dévoile aucun secret. L'auteur nous confirme qu'il l'a établi à partir des sources ouvertes disponibles au CDEF et de témoignages de militaires français ayant participé à ces multiples opérations. Il rappelle des éléments de compréhension essentiels dans le contexte actuel. La RCA est un carrefour pour tous les groupes rebelles de la région : Soudan (djandjawid), Soudan du Sud et Ouganda (LRA), RDC, Congo, Tchad : "Ces mouvements font des alliances de circonstance avec les différents gouvernements centrafricains qui se sont succédé, avec les rebelles centrafricains et avec les milices ethniques ou les malfrats, les braconniers et autres coupeurs de routes qui sont particulièrement présents dans les parcs animaliers du nord-est de la RCA et auprès des mines du Sud-Ouest." Quant aux armées nationales, mieux vaut ne pas compter sur elles, "régulièrement défaites par tous les mouvements rebelles depuis le renversement de Bokassa". Dans l'inextricable confusion régnant à Bangui et dans tout le pays, sur fond de désastre humanitaire majeur, le seul élément positif, la seule force impartiale, militairement efficace et digne de confiance demeure l'armée française. A-t-elle vraiment les moyens de faire face à un tel chaos ? C'est toute la question...
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December 13, 2013 8:55 AM
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Pour sa survie politique, un président centrafricain se doit d'avoir une boussole indiquant le Nord avec précision. A Bangui, que l'on soit chef d'Etat ou opposant, mieux vaut conserver de bonnes relations avec N'Djamena. L'ancien président François Bozizé, que le Tchad avait fait roi dix ans plus tôt, l'a appris à ses dépens. Il a été balayé le 24 mars par la Séléka après que N'Djamena a ouvert la voie aux rebelles et même, selon plusieurs sources, donné un sérieux coup de pouce lors de leur offensive finale. A la veille du renversement de François Bozizé, un officier africain servant dans la Fomac (la force d'Afrique Centrale) concédait ainsi que le coup d'Etat « était un complot régional mais qu'à ne rien écouter, Bozizé l'avait bien cherché ». « IL FAUT QUE DJOTODIA RÉUSSISSE SA MISSION » Neuf mois plus tard, plusieurs interlocuteurs récents d'Idriss Déby racontent que le président tchadien s'inquiète de la tournure religieuse du conflit et juge sans ménagement Michel Djotodia, le président de transition, mais qu'il n'entend pas le lâcher. « On a contribué à son arrivée et pour le moment on n'a pas d'autres choix. Alors nous allons tout faire pour l'aider », affirme un général à N'Djamena. Un diplomate tchadien estime que « même s'il est arrivé un peu vite, débarquer "Michel" serait très simpliste. Il faut le mettre sous pression pour qu'il réussisse sa mission. » Sur le terrain, l'accompagnement va parfois assez loin. Le millier de militaires tchadiens déployé en République centrafricaine (RCA) dans le cadre de la force panafricaine fait preuve d'une certaine collusion sur le terrain avec les ex-Séléka, parmi lesquels se trouvent nombre de combattants du Tchad ou dont les parents en sont originaires. Avant l'indépendance, les deux pays n'en faisaient qu'un : l'Oubangui-Chari et la frontière de plus de 1000 km qui les séparent désormais reste à bien des égards artificielle. PLUS DE 30 000 RESSORTISSANTS TCHADIENS EN RCA Au premier jour du désarmement lancé par l'armée française dans la ville de Bangui, N'Djamena a fait entendre une voix discordante, en phase avec la présidence centrafricaine. Le diplomate tchadien prévient : « C'est une opération très délicate, il ne faut pas désarmer les uns trop vite, en oubliant les autres. Il ne faut pas non plus oublier qu'ils sont au pouvoir et qu'il faut faire avec eux… Le petit manquement des français, c'est que dans leur action, ils n'ont pas pris en compte les risques de vengeance. Il ne faut pas que tous les musulmans quittent la RCA à cause de la France. » Et la source diplomatique rappelle au passage que son pays a entre 30 000 et 35 000 ressortissants sur place et qu'il apprécierait fort mal de devoir lancer une grande opération de rapatriement consécutive à l'intervention française. Ces derniers jours, les Tchadiens, considérés comme les complices voire les promoteurs d'un pouvoir honni par la population majoritairement chrétienne, font figure de premières cibles pour tous ceux qui entendent régler leur compte. Depuis une semaine, les soldats dépêchés par N'Djamena ont à plusieurs reprises exfiltré leurs ressortissants menacés de lynchage. Selon plusieurs sources, « des Fomac tchadiens » se sont aussi livrés à des actes de rapine. S'il demeure à ce jour l'un des meilleurs soutiens de Michel Djotodia, Idriss Déby garde un œil sur les anciens rebelles tchadiens qui l'entourent. Selon un officier à Bangui, une quinzaine d'entre eux ont été arrêtés et rapatriés il y a un mois. Une dizaine d'autres seraient encore dans le collimateur. « Ce sont des gens nuisibles, dit une autre source tchadienne en RCA. Ils ne menacent pas le pouvoir mais on ne veut pas qu'ils partent avec armes et bagages dans la nature. On peut les neutraliser à distance mais on préfère gérer ça amicalement. »
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December 10, 2013 4:44 AM
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Les parachutistes français mènent depuis lundi matin des opérations de ratissage dans plusieurs quartiers de la ville, à la recherche d'armes et pour neutraliser les soldats de l'ex-Séléka qui n'auraient pas obéi aux consignes de rester cantonnés dans les casernes. Dans le quartier ‘Combattants', qui commence juste à la sortie de l'aéroport M'Poko, les Français ont affronté à plusieurs occasions des hommes armés, et qui ont opposé une résistance parfois sérieuse. Ces missions continuent, mais contribuent aussi involontairement à d'autres violences: les soldats français sont suivis dans leurs opérations par la foule non-musulmane, très hostile aux ex-Séléka, qui s'empresse de se jeter sur les musulmans qui viennent d'être désarmés, dès que les soldats se sont éloignés. L'aéroport de M'Poko, dernier lien de Bangui avec le monde extérieur François Hollande a annoncé une escale surprise en Centrafrique, à son retour d'Afrique du Sud. Le président français atterrira au beau milieu d'une situation passablement détériorée. L'aéroport de M'Poko, base militaire, camp de réfugiés et dernier lien de Bangui avec le monde extérieur offre un bon résumé du casse-tête que la France doit tenter de résoudre en RCA. Le terminal et le camp militaire voisin abritent les troupes françaises et les contingents africains de la FOMAC, soit environ 3000 hommes en tout, retranchés derrière des barbelés. Des tireurs d'élite français et des postes de tir de missiles Milan font le guet sur le toit de l'aéroport. Dans les hangars de l'aéroclub, dans les herbes qui entourent la piste, et jusque sur une partie du tarmac, M'Poko est aussi devenu un vaste camp de réfugiés. Plus de 10.000 habitants de divers quartiers de Bangui, terrorisés par les exactions de l'ex-Séléka, sont venues se réfugier à proximité des positions françaises. La situation sanitaire se détériore très rapidement, en l'absence de latrines, d'eau potable et de logements. Les gens, hommes, femmes et enfants, dorment sous les avions dans les hangars, dans l'herbe, à même le sol, ou dans des abris fait d'herbes tressées. Pour corser le tout, se trouvent parmi ces réfugiés de nombreux jeunes hommes, souvent ex-FACA (Forces Armées Centrafricaines), qui brûlent de se venger sur les ex-Séléka, dès que les Français les auront désarmés. Et, pour faire bonne mesure, sur n'importe quel musulman. Les ex-Séléka accusent évidemment la France de se faire complice d'assassins en puissance. Mosquées brûlées et pillages divers Si François Hollande sort du périmètre de M'Poko, passe le panneau «Bienvenue à Bangui», il entrera directement dans le quartier ‘Combattants', où ont eu lieu les plus violents combats entre paras français et éléments de l'ex-Séléka et aussi des pillages et des lynchages contre les musulmans. Ailleurs dans Bangui, rumeurs de violences interconfessionnelles, mosquées brûlées et pillages divers, alimentent le cycle de la peur et de la violence. On ignore si le président de transition centrafricain, Michel Djotodia, rencontrera ou non François Hollande. Le président français avait annoncé au sommet de l'Elysée la semaine dernière qu'on ne pouvait «pas laisser en place» «un président qui n'a rien pu faire, qui a laissé faire». Depuis, Laurent Fabius et l'ambassadeur de France en Centrafrique ont rassuré Djotodia en lui garantissant qu'il restera jusqu'à la fin de la période de transition. Quelque 1600 soldats français sont déployés en Centrafrique aux côtés de 2500 soldats de la force africaine.
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December 9, 2013 11:03 AM
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Les soldats de l'opération Sangaris sont entrés dans le vif du sujet de leur mission ce lundi 9 décembre à Bangui (photo AFP de forces spéciales ou de membres d'un GPC, Groupement de commandos parachutistes, procédant à des arrestations dans Bangui). Il s'agit de désarmer les milices et tous les quidams, armés jusqu'aux dents et prompts à dégainer, piller et massacrer. Si les membres de l'ex rébellion Séléka semblent vouloir obtempérer et rentrer dans leur casernement ce lundi, le risque est grand de tomber sur des os isolés et incontrôlables (un échange de tirs ce matin à Bangui). On a évoqué à l'Elysée la possibilité forte de subir des pertes durant cette opération de stabilisation extrêmement délicate. En fin de note, des photos AFP du déploiement et des patrouilles françaises... Et toujours là, notre carte interactive et actualisée de l'opération Sangaris. " Nous savions que nous pouvions aller sur quelque chose de très dur. Je crois qu'en face ils l'ont compris et que les choses se passent plutôt bien ", a estimé le colonel Gilles Jaron, le porte-parole de l'état-major des armées. " Sur certains points, les groupes armés ont décroché et sont rentrés dans leurs casernes. Sur d'autres, ils ont déposé les armes. " Pour l'heure ce lundi, un seul échange de tirs s'est produit vers 11 h aux abords de l'aéroport M'Poko de Bangui, contrôlé par les Français. Le tireur n'aurait pas été retrouvé. Au point kilomètre 12 (PK12) à la sortie nord de Bangui sur la RN1, " quand nous sommes arrivés, il y avait encore des individus en armes. Ils ont accepté de désarmer ", décrit le colonel Jaron. L'opération désarmement est donc en cours, sonnée par le ministre Jean-Yves Le Drian, dimanche soir lors du Grand Jury RTL/LCI : " La période d'impunité est terminée et on entre dans une phase nouvelle diligentée par la communauté internationale. Ça veut dire qu'on pose les armes ; tout le monde pose les armes. Et si vous ne posez pas les armes, on utilise la force pour les faire poser. " Un message fort et clair.
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December 9, 2013 6:13 AM
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"Sauvez nous!": l'armée française a fait une entrée triomphale samedi à Bouar, dans l'ouest de la Centrafrique, se déployant également en force à Bangui pour y prévenir de nouveaux massacres. Venue par la route du Cameroun, une colonne blindée d'environ 200 soldats français a traversé la frontière à 7H15 locales et atteint dans la matinée la ville de Bouar (370 km au nord-ouest de Bangui), sous les applaudissements d'une foule en liesse saluant les "libérateurs". Massés sur le bord de la route, femmes et enfants sautaient de joie en dansant, ou feignaient de balayer la route avec des branches en signe de bienvenue sur le passage des Français. Les hommes brandissaient le poing en signe de victoire et applaudissaient: "entrez comme chez vous!", lançait l'un d'entre eux. "Sauvez nous! on a trop souffert!", s'égosillait un autre, en référence aux exactions de l'ex-rébellion Séléka (au pouvoir) sur les populations locales. Longtemps l'une des principales bases militaires françaises en Afrique, Bouar est un centre névralgique de l'ouest de la Centrafrique. La zone voisine la région de Bossangoa, théâtre ces dernières semaines de violences à grande échelle entre combattants Séléka (ex-rébellion aujourd'hui au pouvoir) et les populations locales, très majoritairement chrétiennes. Dans la capitale Bangui, deux jours après les massacres qui ont ensanglanté la ville et fait près de 300 morts selon la Croix-Rouge locale, les militaires français quadrillaient samedi les principaux axes. Blindés postés aux carrefours, patrouilles à pied, survol d'avions de chasse à basse altitude: après avoir été comme pris de court par les tueries de jeudi, les soldats français de l'opération "Sangaris" (du nom d'un papillion rouge local) ont montré leur force samedi. Cadavres mutilés dans les rues Dans le centre-cille, à quelques mètres d'un Véhicule de l'avant blindé (VAB), Adolphe, vendeur d'essence au litre, résumait: "Ca nous rassure de voir les Français. On attend la libération des Centrafricains". Les combattants de la Séléka, qui avaient reçu la veille l'ordre des autorités de rester dans leurs casernes, se sont contentés d'observer le déploiement des Français, impassibles et l'arme au pied. Dans les quartiers, des cadavres gisent encore abandonnés. Débordés par l'ampleur de la tâche, les personnes de la Croix-rouge continuent de ramasser les corps sans vie et mutilés qui jonchent certaines rues, après les tueries massives de jeudi et les représailles qui ont suivi. Au fil des heures, Bangui renaissait cependant à la vie après ces journées de terreur. Sur les boulevards, les petits commerces rouvraient sous leurs parasols multicolores, tandis qu'en l'absence de taxi, les habitants marchaient parfois des kilomètres pour aller prendre des nouvelles de parents en ville. A ce jour, et avec l'arrivée de la colonne française à Bouar, la France a déployé avec "24 heures d'avance" l'intégralité des 1.200 soldats dont elle avait annoncé l'envoi en République Centrafricaine, a annoncé à la mi-journée l'état-major français. Dans la foulée d'un feu vert de l'ONU, l'opération française "Sangaris" avait été lancée jeudi soir, sur ordre du président François Hollande, en appui à une force africaine sur place. Cinq compagnies de combat sont désormais présentes en RCA, appuyées par quatre hélicoptères Puma et de deux Gazelle, et le soutien aérien d'avions de chasse Rafale basés au Tchad voisin. L'état-major a également confirmé la montée en puissance de "Sangaris": la densité des patrouilles françaises, à pied ou motorisées, a été multipliée par trois ces dernières heures sur les principaux axes, mais aussi des voies secondaires de la capitale. Des patrouilles conjointes ont notamment été conduites avec des soldats de la force africaine, la Misca. Les ex-Séléka moins nombreux en ville Selon des habitants de Bangui, seuls quelques tirs sporadiques d'armes automatiques ont émaillé la nuit de vendredi à samedi, sans commune mesure avec les deux nuits précédentes. Des détachements de la force africaine sont allés sécuriser deux églises de la ville où des habitants terrorisés vivaient reclus depuis 48 heures, sous la menace des combattants armés rôdant dans le voisinage. Des milliers de personnes, venus des quartiers voisins de Boeing et Boy-Rabe, restent réfugiés près de la base française sur l'aéroport par crainte des violences des ex-rebelles. Les hommes en armes, pour la plupart éléments de l'ex-Séléka, étaient également nettement moins nombreux à déambuler que les jours précédents dans la ville, où seules les forces africaine, française et la sécurité présidentielle sont désormais autorisées à patrouiller. Dès vendredi soir, certains ont commencé à se retirer des quartiers, selon des habitants. "C'est flagrant, ils sont moins nombreux", disait l'un d'eux, ajoutant: "la présence des Français rassure". Après avoir subi des mois durant les exactions des ex-rebelles Séléka, venus du nord du pays et pour la plupart musulmans, beaucoup de Centrafricains, très majoritairement chrétiens, aspirent à la vengeance. Cette colère des populations contre les Séléka s'est progressivement reportée contre les civils musulmans, avec massacres et cycle infernal des représailles. Jeudi, avant l'aube, des groupes armés anti-Séléka infiltrés dans Bangui avaient lancé une offensive dans plusieurs quartiers. Ces incidents avaient débuté quelques heures avant le vote d'une résolution à l'ONU donnant mandat à la force africaine sur place et à l'armée française pour rétablir la sécurité en Centrafrique. Intervenant en appui de la force africaine sur place (Misca), les militaires français ont pour mission de rétablir "une sécurité minimum", pour notamment permettre la mise en oeuvre d'une intervention humanitaire, selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.
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December 5, 2013 8:52 AM
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"Morituri te salutant!" (Ceux qui vont mourir te saluent): dans la brousse, les hommes d'une section du régiment de hussards parachutistes de Tarbes, dans le sud-ouest de la France, lancent leur cri de guerre après un petit briefing de leur adjudant. Au Cameroun, les militaires attendent le prochain lancement de l'opération de l'armée française pour tenter de rétablir l'ordre en Centrafrique. "On attend. Tout le monde a envie d'y être mais il ne faut pas être nerveux. Il faut attendre les ordres. On est prêt et on n'a pas peur. On n'a jamais peur", affirme le brigadier Aveau, 23 ans. Débarquée du navire de transport de troupes Dixmude à Douala, la colonne militaire française remonte vers la frontière centrafricaine en attendant le déclenchement des opérations, alors que quelque 600 hommes sont déjà à Bangui. A une vitesse réduite de 40 km/heure, la route est longue et fastidieuse à travers des axes saturés par le trafic automobile, sous le regard médusé des Camerounais. Les riverains sont dans leur immense majorité curieux devant ce défilé. Beaucoup sont enthousiastes et applaudissent, mais un petit groupe est hostile. "Ce sont les joies du paysage. On ne peut pas faire l'unanimité", philosophe l'adjudant Thierry, qui a derrière lui 15 ans de carrière, dont des missions au Kosovo, Bosnie, Tchad, Afghanistan, Sénégal, Liban et Côte d'Ivoire. Les opérations à l'étranger et l'Afrique, il connaît... Et, si beaucoup de ses hommes ont déjà une expérience d'autres théâtres, il prépare les plus jeunes. "J'essaie de leur parler. Pas de leur bourrer le crâne, mais de procéder par petites touches", explique-t-il. "Ils sont attentifs et ils savent qu'ils devront appliquer les ordres". "On peut être amené à voir des choses dures. Certains sont très jeunes. Je ne voudrais pas que cela les impacte toute leur vie", précise l'adjudant, qui a effectué trois missions en Côte d'Ivoire et a entendu les récits d'exactions des rebelles de la Séléka en Centrafrique dans les médias. Un "comité des fêtes" en embuscade? "Ce sont des pros (les soldats français), qui réagissent vite, mais pas des justiciers ou des desperados. Ils viennent poser une décision prise par notre président", ajoute l'adjudant Thierry. Ce sous-officier a fait répéter leurs gammes à ses hommes: tir, premier secours en situation de combat, vérification de l'équipement mais aussi gestion des prisonniers: "Ce n'est pas comme à la télé. Le prisonnier a des droits, même si la minute d'avant il a massacré quelqu'un", appuie-t-il, soulignant qu'il faut appliquer les ordres et "ne pas se venger ou faire des représailles". En Centrafrique, la situation reste confuse et il est impossible de savoir quelle sera l'attitude des hommes ou éléments incontrôlés de l'ex-coalition rebelle de la Séléka, ni celle des milices d'auto-défense, également coupables d'exactions. S'ils obéiront aux consignes de l'armée française, s'ils fuiront ou s'il combattront, comme le promettent certains membres de la Séléka. L'adjudant n'est pas impressionné: "Ca l'ouvre beaucoup, si ca se trouve il était en train de charger une voiture qui n'était pas à lui pour tailler la route vers le Soudan". Le nord-est de la Centrafrique d'où est issue une grande partie de la Séléka touche le Soudan et le Tchad dans une zone propice à tous les trafics. L'adjudant ne sous-estime toutefois pas le danger d'un "comité des fêtes" qui attendrait les Français: "C'est un adversaire potentiel et il ne faut pas le prendre à la légère. On ne pêche pas par excès de confiance. On n'est jamais assez prêt psychologiquement". Les hommes sont sur la même longueur d'onde, mercredi soir, à l'arrivée à leur campement. Certains partageaient un ananas acheté sur le bord de la route "avec le moral". Le brigadier chef Bruce, 27 ans, résume: "On attend les ordres sans inquiétude. On a l'habitude. Il ne faut pas se faire de films. On ne peut pas aller plus vite que la musique".
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Romain
December 3, 2013 9:26 AM
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La promesse est celle d'une guerre courte. La France lance « pour six mois » une opération militaire « ponctuelle et ciblée » en République centrafricaine (RCA), qualifiée officieusement de « coup de poing ». Tel est le calendrier volontariste affiché par le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, pour l'opération « Sangaris », la septième dans ce pays. Paris explique que cette intervention est plus modeste que celle du Mali – il ne s'agit pas d'une « entrée en premier » mais, avec 1 200 soldats, d'un « appui » à la force africaine déjà déployée dans le pays, la Misca. La menace est limitée d'un strict point de vue militaire. L'intervention vise à stopper la violence sur des zones circonscrites (grands axes, villes) : forces spéciales et marsouins vont « nettoyer le terrain » pour donner le temps à la Misca de se renforcer. L'exécutif français ne veut pas s'engager dans la perspective d'une stabilisation politique, inatteignable à court terme dans cet Etat failli. Mais une guerre courte est-elle possible ? En réponse à cette question, les militaires citent Machiavel : « On peut commencer la guerre quand on veut mais on (ne) la finit pas de même. »
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Romain
December 2, 2013 9:17 AM
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Aux abords de la piste et du parking de l’aéroport de Bangui, les engins de chantier de l’armée française creusent, nivellent, installent des réservoirs de kérozène. Objectif: adapter au plus vite les infrastructures aux besoins de l’intervention imminente en Centrafrique. «Au Mali, on l’a fait en six heures. Ici, il faut cinq jours de travail», explique à l’AFP le lieutenant-colonel Fayeau, du Régiment de génie de l’air (RGA) d’Istres (sud de la France), spécialisé dans l’adaptation des infrastructures aéroportuaires aux besoins des militaires. Avant de débuter les travaux, «on sonde la solidité du terrain pour savoir quel type d’appareil peut se poser», détaille le lieutenant Pierrot, du RGA. L’aéroport international M’poko de la capitale centrafricaine a été construit sur un terrain marécageux, au sol mouvant. Il est ancien et son parking est trop petit pour permettre d’une part aux avions cargos géants qui vont ravitailler la force française de stationner et de manoeuvrer sans gêner le trafic civil, et d’autre part pour accueillir notamment les hélicoptères qui seront basés sur le site. Il faut donc l’agrandir avant le déclenchement de l’opération et, au préalable, stabiliser le terrain. Contrairement à d’autres pays du continent, en Centrafrique, il n’y a pas d’entreprises disposant du matériel adéquat et capables de mener à bien les travaux dans un délai si court. Dans un pays où l’économie est quasi à l’arrêt, même les matériaux de chantier (pierres, remblais...) se font rares. Chicanes et missiles anti-chars Impossible donc de sous-traiter le chantier à un contractant civil. Aussi, camions de chantiers, bulldozers, nivelleuses, «tous les engins sont venus par avion» avec un détachement du génie, pré-positionné dans la base française de Libreville, au Gabon, dit le lieutenant-colonel. Vétuste, l’aéroport de Bangui manque également de réservoirs de kérozène. Les militaires en installent donc deux supplémentaires, pour assurer l’autonomie en carburant «de tous les aéronefs» de l’opération. Les travaux se déroulent juste à côté de la base du détachement de l’armée française Boali, présent en Centrafrique depuis 2002 avec pour mission de sécuriser l’aéroport et de préparer une éventuelle évacuation des ressortissants européens. Avec le vote attendu dans les prochains jours d’une résolution du conseil de sécurité de l’ONU autorisant la France à intervenir militairement pour épauler la force africaine chargée de rétablir l’ordre dans le pays, livré aux exactions d’hommes armés depuis des mois, les 400 paras des troupes de marine de Boali jouent désormais en plus le rôle d’avant-garde. Protégés, à l’unique entrée de l’enceinte aéroportuaire, par des guérites de sacs de sable et des chicanes de béton, leurs mitrailleuses lourdes tiennent en enfilade la longue ligne droite du boulevard menant à l’aéroport. Sur le toit de l’aérogare, serveurs de missiles anti-chars et tireurs d’élite se relaient 24 heures sur 24 pour empêcher toute intrusion hostile, garantir l’ouverture de la piste au trafic et, dans l’attente du feu vert de l’ONU, éviter toute interruption dans le chantier d’aménagement de l’aéroport. Ces 400 soldat ont été rejoints par un peu plus de 200 militaires français supplémentaires arrivés ce week-end à Bangui, selon le ministère français de la Défense.
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Romain
October 17, 2013 6:29 AM
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La situation se dégrade de plus en plus en République centrafricaine.Une intervention de la France, qui souhaite que le soutien au régime en place soit renforcé, devient de plus en plus probable pour plusieurs raisons, malgré les risques d’accusations d’ingérence. Plus de six mois après le renversement du régime du président François Bozizé par la Séléka, le pays est au bord d’un conflit ouvert entre les chrétiens, les milices d’autodéfense paysannes, les musulmans, et les troupes de la Séléka. Les exécutions sommaires sur bases ethniques ou religieuses, les viols et les rackets se multiplient. Dans ce contexte, avec la montée de l’islam radical aux deux extrémités de l’Afrique, à l’Ouest au Mali et au Nigéria et à l’Est en Somalie et au Kenya, la principale crainte au niveau international est la formation d’un axe djihadiste, le long du Sahel, qui aurait des conséquences graves pour la région. La France est toute désignée pour une intervention dans ce pays pour rétablir le calme. Ancienne puissance coloniale, elle a disposé jusqu’à la présidence de Patassé, de 1993 à 2003, de deux bases permanentes, dans la capitale Bangui et à Bouar dans l’ouest du pays. De par l’ampleur de l’instabilité dans le pays, son armée est capable de gérer elle-même le conflit mais, évite d’être taxée d’ingérence.Paris préfèrerait certainement agir sous mandat des Nations unies ou en soutien d’une mission de l’Union africaine. Une intervention de la France en Centrafrique pourrait plus facilement revêtir un aspect humanitaire vu le peu d’intérêts économiques que Paris dispose en Centrafrique. En un an et demi, l’intervention au Mali reste le seul succès du président François Hollande. Certains observateurs s’attendent à ce qu’il poursuive sur cette voie en matière de politique étrangère.
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