 Your new post is loading...
 Your new post is loading...
|
Scooped by
Bernadette Cassel
October 10, 11:58 AM
|
Une araignée sauteuse a une mémoire de travail d'une minute et demie, proche de la mémoire humaine. Franck Péron 12 mars 2014 | CERVEAU & PSYCHO N° 62 Du haut de ses 100 milliards de neurones, l'être humain contemple parfois les petits animaux et notamment les insectes avec une certaine condescendance. L'araignée n'a probablement que quelques milliers de neurones, grâce auxquels elle assure des tâches qui peuvent sembler élémentaires : tisser une toile, attendre, attaquer une proie, la digérer. Alors que nous, plongés dans la lecture de notre journal, manions des concepts complexes à l'aide de notre million de milliards de synapses. Ces synapses nous permettent notamment de conserver plusieurs informations en mémoire pendant une minute ou deux. Cette capacité se nomme mémoire de travail, et on a récemment découvert que certaines araignées ont une mémoire de travail dont la durée avoisine celle de l'être humain, à savoir une minute et demie. Le tout, avec quelques centaines de milliers de neurones, soit environ un million de fois moins que l'être humain. Portia africana, araignée prédatrice L'araignée sauteuse africaine Portia africana a la particularité de se nourrir d'autres espèces d'araignées. Dotée de huit yeux, elle dispose d'une vision excellente et saute sur sa proie pour la capturer. Pour étudier ses capacités de mémoire, des éthologues ont mis au point un test simple. Ils ont montré à ces araignées certaines de leurs proies qu'ils avaient naturalisées dans des positions différentes. Dans un premier temps, l'araignée Portia africana voyait une proie d'une espèce donnée, d'une couleur donnée, figée dans une posture bien particulière. Puis, la proie était dissimulée au moyen d'un écran, pendant 90 secondes. Ensuite, l'écran était levé et l'on observait la réaction de la prédatrice Portia africana. Portia africana observe ses proies pour bien les identifier avant de les attaquer. Si elle a l'impression d'avoir déjà observé la proie qu'elle a sous les yeux, elle peut passer à la phase d'attaque. Mais si elle a l'impression que la proie a changé, elle recommence une nouvelle période d'observation. Les éthologues ont constaté que, si l'on ne change pas la proie au cours de la période d'attente d'une minute et demie, l'araignée attaque beaucoup plus volontiers que si on lui en substitue une autre. Cela semble indiquer que l'araignée a gardé en mémoire la nature, la couleur et la posture de la première proie, durant le temps où elle a été dissimulée à ses yeux. Autrement dit, elle dispose d'une mémoire de travail d'au moins une minute et demie. Cette expérience a été réalisée sur 1 100 femelles matures testées face à des proies-leurres usuellement chassées par leur espèce. Outre l'indication qu'elle fournit sur leur mémoire de travail, elle a révélé que cette dernière est à l'œuvre indépendamment de tout apprentissage, puisque les araignées Portia Africana ont été testées avec des espèces qu'elles n'avaient jamais rencontrées auparavant. De surprenantes capacités cognitives En outre, il semble que les araignées aient une représentation globale de leurs proies, car l'orientation (plus précisément, le changement d'orientation) n'influe pas sur leur décision d'attaquer ou non. Tout ceci n'est pas très surprenant, car, dans la nature, lorsque l'araignée chasse, il est fréquent que sa proie disparaisse temporairement puis réapparaisse avec une orientation différente. D'autres chercheurs ont pu mettre en évidence la capacité de ces araignées à discerner des nombres, au moins en ce qui concerne le nombre de congénères à proximité. Par exemple, il semble que les juvéniles préfèrent s'établir là où il y a déjà un autre individu, plutôt que dans une toile vide ou dans une toile où il y a plusieurs araignées, et ce, indépendamment de la taille des individus, de leur position relative ou de leur orientation. Ces recherches portant sur l'intelligence nous montrent que des arthropodes sont capables de performances étonnantes. Plusieurs études ont ainsi révélé que les abeilles sont capables de se rappeler ce qu'elles ont vu, de compter ou encore d'accéder aux concepts d'identité et de différence. Plus récemment, des éthologues ont montré que les abeilles peuvent être plus ou moins optimistes selon leurs expériences passées. Par exemple, après avoir laissé des abeilles associer du sucre à la présence d'une fleur rouge, et de la quinine (amère) à la présence d'une fleur jaune, ils constatent que des abeilles ayant été malmenées (secouées dans un tube) ont tendance à associer une fleur orange (intermédiaire entre rouge et jaune) à de la quinine alors qu'elles auraient tendance à la considérer comme une source de sucre lorsqu'elles n'ont pas été secouées auparavant. Une preuve de plus de la complexité cognitive des insectes et autres araignées. image : Portia africana, l'araignée qui se souvient... Crédit : Fiona Cross - F. Cross et al., Specialised use of working memory by Portia Africana, a spider-eating salticid, in Animal Cognition, DOI 10.1007/s10071-013-0675-2, 2014.
------ ndé lire aussi Spiders are much smarter than you think - Ars Technica, 30.10.2021 https://arstechnica.com/science/2021/10/spiders-are-much-smarter-than-you-think/
|
Scooped by
Bernadette Cassel
September 29, 1:14 PM
|
Ophélie Fraisier-Vannier, enseignante-chercheuse à l’IRIT, traque les traces des usages de l'IA générative afin d’en évaluer les risques concrets pour la recherche scientifique. Par Léna SAOUI - Publié le 20/09/2026 à 12h30 "Après avoir conquis de nombreux domaines, l’intelligence artificielle générative s’immisce désormais dans les articles scientifiques, amenant avec elle des risques accrus d’erreurs ou de fuites de données. Ophélie Fraisier-Vannier, enseignante-chercheuse à l’Institut de recherche en informatique de Toulouse (IRIT), traque les traces de ces usages afin d’évaluer les risques concrets pour la recherche scientifique. 311.000 : c’est le nombre d’articles scientifiques qui auraient été réalisés, au moins en partie, à l’aide d’une intelligence artificielle générative, selon une récente étude de la revue Nature. Les auteurs, qui ont analysé plus de 41 millions publications, révèlent ainsi l’ampleur d’un phénomène jusqu’alors peu ou pas étudié. Pourtant, il n’est pas si étonnant : les LLM (pour Large Language Model, ou grand modèle de langage) comme ChatGPT, Mistral, Gemini ou encore Claude ont conquis les utilisateurs lambda autant que le monde professionnel, particulièrement les 18-24 ans, dont 85 % indiquent l’utiliser régulièrement (Baromètre du numérique 2026). Et "l’écosystème scientifique n’est pas resté étanche à ce qu’il se passait ailleurs", souligne Ophélie Fraisier-Vannier, enseignante-chercheuse à l’Institut de recherche en informatique de Toulouse (IRIT). C’est pourquoi, au sein de son équipe, ils sont désormais plusieurs à traquer les traces de cette utilisation, notamment lorsqu’elle découle sur des erreurs, des raccourcis, des hallucinations ou des visuels faux." (...) image : Selon une étude de la revue "Nature", sur 41 millions de publications scientifiques analysées, 311.000 auraient été réalisées, au moins en partie, à l'aide de l'IA générative. © Mijansk786/Shutterstock image : Extended Data Fig. 8 The knowledge extent of AI and non-AI papers. ------ lire aussi Le CNRS s’alarme des usages frauduleux de l’IA dans la recherche, 11.09.2026 https://www.zdnet.fr/actualites/le-cnrs-salarme-des-usages-frauduleux-de-lia-dans-la-recherche-scientifique-503215.htm Le CNRS alerte sur l'IA générative, qui menace de faire s'effondrer les publications scientifiques mondiales, 07.09.2026 https://www.clubic.com/actualite-628540-le-cnrs-alerte-sur-l-ia-generative-qui-menace-de-faire-s-effondrer-les-publications-scientifiques-mondiales.html
|
Scooped by
Bernadette Cassel
July 28, 11:45 AM
|
This week Nature celebrates the craft of scientific illustration, the ultimate anti-slop. ------ Traduction Cette semaine, Nature célèbre l’art de l’illustration scientifique, l’ultime anti-déglutition.
Les illustrations scientifiques peuvent sembler belles et impressionnantes, mais ce qui les rend finalement « scientifiques », c’est qu’elles reposent sur des données et des preuves. Ils sont précis, vérifiables et attribuables, alliant savoir-faire artistique à un savoir-faire expert et au jugement humain. Sans eux, comment visualiserions-nous le monde perdu des dinosaures, ou « verrions-nous » notre place dans l’univers ?
L’image de couverture, réalisée par le Richard Tibbitts de Nature (célèbre pour Gray’s Anatomy), capture le parcours créatif essentiel, montrant les étapes d’un processus de conception durable : observation rapprochée, collecte de données et rendu par l’expert. Elle reflète les qualités qui ont fait de l’illustration scientifique un outil essentiel pour la découverte et la communication depuis des siècles.
En fait, Nature elle-même a été initialement lancée sous le nom de « A Weekly **Illustrated**Journal of Science » en 1869. Le contenu visuel a longtemps été au cœur de la manière dont nous apprenons de nouvelles idées – un point bien souligné dans notre éditorial accompagnant examinant le rôle des couvertures de Nature et leur évolution au fil des années pour raconter l’histoire de la recherche (lien dans les commentaires ci-dessous).
Le numéro comprend également une conversation captivante et très visuelle avec cinq illustrateurs scientifiques prolifiques, examinant l’effet potentiel de l’intelligence artificielle sur cette aide cruciale à la compréhension. Nous découvrons leur pratique, les idées reçues courantes sur le domaine, et explorons les limites de l’IA (lien dans les commentaires ci-dessous).
|
Scooped by
Bernadette Cassel
April 24, 7:21 PM
|
En quelques mois, une maladie entièrement fictive s’est glissée dans les réponses de chatbots d’IA conversationnels, avant de faire irruption dans une revue médicale. Une dérive qui rappelle plusieurs canulars scientifiques restés célèbres. Publié le 20 avril 2026 à 11h33, modifié le 20 avril 2026 à 17h14 Marc Gozlan
|
Scooped by
Bernadette Cassel
March 5, 12:39 PM
|
Le foyer rural et le Triporteur organisent une conférence menée par Mathieu Lihoreau, chercheur au CNRS, le mardi 10 mars à 20 h 30 dans les locaux du Triporteur, 110 impasse Jeanne Barret Publié le 05/03/2026 à 05:12 Article rédigé par Correspondant de la rédaction de Haute-Garonne La Dépêche du Midi
|
Scooped by
Bernadette Cassel
January 20, 11:23 AM
|
CHRONIQUE. Veronika, une vache autrichienne de 13 ans, utilise un balai-brosse pour se gratter. Et pas n’importe comment : elle a recours à différentes techniques selon la partie du corps qui la démange. Nathaniel Herzberg Publié hier à 17h00, modifié hier à 22h35 "... L’utilisation d’un outil, définie comme la manipulation d’un objet externe dans un but précis par des moyens mécaniques, apparaît ici indiscutable. Un comportement longtemps considéré comme exclusivement humain, que l’on observe désormais chez de nombreuses espèces de primates, de mammifères marins, d’oiseaux… " (...) "... la multiplicité des tâches accomplies suivant différents modes opératoires établit la maîtrise d’un « objet multiforme et multitâche », documentée jusqu’ici chez les seuls chimpanzés." (...)
|
Scooped by
Bernadette Cassel
December 15, 2025 6:35 AM
|
Passé par Microsoft et Google, aujourd’hui à la tête d’un laboratoire consacré à la recherche sur l’intelligence des machines, le chercheur prévient : l’homme ne contrôle pas complètement le développement de la superintelligence sur le point d’émerger. Au risque que celle-ci cherche à le détruire. Le chercheur Nate Soares, « doomer » de l’IA à Berkeley, prévoit la fin de l’humanité : « C’est de la folie de les laisser essayer » Par Arnaud Leparmentier (San Francisco, correspondant) Publié hier à 06h41, modifié hier à 20h40 Extrait : « Considéré comme un illuminé » Les doomers sont comme les cassandres : ils agacent. Mais The New York Times se garde de les disqualifier. « Ce genre de prédictions alarmistes et sans concession a valu à M. Yudkowsky [comme à Nate Soares] d’être considéré par certains comme un extrémiste, voire un illuminé. Pourtant, il est une figure centrale de l’histoire de l’intelligence artificielle moderne, et son influence sur le secteur est indéniable », précise le quotidien, notant que Yudkowsky « a été parmi les premiers à mettre en garde contre les risques liés aux systèmes d’intelligence artificielle puissants, et [que] de nombreux leaders du secteur de l’IA, notamment Sam Altman d’OpenAI et Elon Musk, ont cité ses idées ». image By Eliezer Yudkowsky, Nate Soares, Bodley Head - https://www.penguin.co.uk/books/474267/if-anyone-builds-it-everyone-dies-by-soares-eliezer-yudkowsky-and-nate/9781847928924 via If Anyone Builds It, Everyone Dies - Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/If_Anyone_Builds_It,_Everyone_Dies
|
Scooped by
Bernadette Cassel
December 1, 2025 1:00 PM
|
Avec son « collège invisible », constitué d’une centaine de personnes, des scientifiques mais aussi de nombreux amateurs, Guillaume Cabanac traque les fraudes scientifiques. Guillaume Cabanac est professeur d’informatique à l’Université de Toulouse et membre de l’Institut universitaire de France. Avec son « collège invisible », constitué d’une centaine de personnes, des scientifiques mais aussi de nombreux amateurs, il pourchasse les fraudes scientifiques. Son travail de dépollution lui a valu d’être distingué par la revue Nature comme un des dix scientifiques de l’année 2021. Benoît Tonson, chef de rubrique Science à The Conversation France, l'a rencontré. Publié: 25 juin 2025, 12:09 CEST Guillaume Cabanac The Conversation : Comment avez-vous démarré votre travail d’enquêteur scientifique ? Guillaume Cabanac : La littérature scientifique est mon objet de recherche, car c’est un corpus passionnant à étudier, riche en données de différentes natures : du texte, des liens de citations, des dates, des affiliations, des personnes… Par ailleurs, ce corpus est évolutif puisque, tous les jours, 15 000 nouveaux articles scientifiques sont publiés de par le monde. Initialement, ce n’était pas la fraude qui m’intéressait, mais plutôt l’erreur en science. J’ai entrepris de traquer les méconduites en sciences au contact de Cyril Labbé, professeur d’informatique à l’Université de Grenoble-Alpes. J’avais lu un de ses articles qui avait fait grand bruit. Dans cet article, il racontait qu’il avait créé un faux profil sur Google Scholar (le moteur de recherche spécialisé de Google qui permet de rechercher des articles scientifiques). Un certain Ike Antkare (comprendre “I can’t care”, ou « Je ne peux pas m’en soucier » en français). Avec ce profil, il avait créé de faux articles à l’aide d’un logiciel SCIgen de génération de texte, un ancêtre des IA génératives si l’on veut. C’est un programme qui se fonde sur une grammaire probabiliste hors contexte. Cela signifie qu’il perd la mémoire d’une phrase à l’autre. Il va écrire des phrases, qui prises indépendamment ont du sens, mais qui, collectivement, produiront un texte qui n’aura aucune logique. Par exemple, la première phrase serait « Aujourd’hui, il fait beau », la deuxième « Les diamants sont des pierres précieuses » et la troisième « Mon chien s’appelle Médor ». Cyril Labbé a donc utilisé ce logiciel pour générer des articles qu’il a réussi à faire indexer par Google Scholar. Chaque faux article citait les autres. Or, le calcul du nombre de citations d’un auteur dans d’autres articles est un indicateur bibliométrique très populaire. Cela montre que d’autres scientifiques se sont appuyés sur ces travaux. Après avoir publié un nombre suffisant d’articles bidon, Ike Antkare est devenu l’un des scientifiques les plus cités au monde, dépassant même Einstein ! J’ai rencontré Cyril dans un congrès en 2015, et c’est comme ça que notre aventure a commencé. Tout s’est accéléré pendant le Covid-19 : il me disait qu’il trouvait chez de très grands éditeurs scientifiques comme l’Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE) ou Springer Nature des articles bidon générés par les mêmes méthodes que celles employées par Ike Antkare. À cette époque, il avait un détecteur qui travaillait article par article. J’ai proposé d’automatiser ce procédé pour pouvoir analyser la littérature scientifique dans son intégralité, c’est-à-dire 130 millions d’articles scientifiques publiés à ce jour. Le logiciel prototype que j’ai développé montrait qu’on peut interroger les centaines de millions d’articles à la recherche de ces articles bidon en quelques heures seulement. On en a trouvé quelques centaines en 2020. On s’est mis en chasse. D’abord, de ces articles contenant du texte qui n’avait aucun sens, puis on a continué à identifier d’autres types de fraudes. Nous avons créé d’autres détecteurs, intégrés au sein du Problematic Paper Screener et on dénombre aujourd’hui des dizaines de milliers d’articles frauduleux ! Vous avez découvert un type de fraude qui a fait particulièrement réagir : les expressions torturées… G. C. : En menant nos recherches, on a découvert que des auteurs commettaient des plagiats un peu particuliers. Ce n’étaient pas des textes copiés/collés, car les maisons d’édition ont des détecteurs de plagiats directs. Ça ne passerait pas et l’astuce, si l’on peut dire, consiste à faire du copier/paraphraser/coller. Paraphraser revient à remplacer un mot dans le texte d’origine par un synonyme. Il existe des sites en ligne qui peuvent le faire très rapidement. Il y a un hic : ces synonymes viennent plutôt de la littérature et ne font aucun sens dans un contexte scientifique. Prenons le mot « cancer » par exemple : le logiciel paraphraseur le remplacera par un synonyme tel que « péril ». En effet, lorsque l’on parle de cancer de la société, on peut aussi utiliser le terme de péril. En revanche, écrire « péril de la poitrine » au lieu de « cancer du sein » dans un article biomédical est tout simplement inacceptable. De façon choquante et inattendue, nous avons trouvé des milliers d’expressions torturées dans les plus grosses maisons d’édition : Elsevier, Springer, Wiley, IEEE… Cela a fait scandale, car la communauté scientifique pensait qu’il y avait, d’un côté, des « prédateurs », qui tiennent des revues publiant n’importe quoi contre rémunération, et, de l’autre, les maisons d’édition prestigieuses, qui assurent un processus éditorial sérieux avec relecture par les pairs. Et je ne parle pas d’un cas isolé : dans la revue scientifique Microprocessors and Microsystems dans laquelle nous avons découvert les premières expressions torturées, plus de 400 articles étaient concernés, avec des remplacements du type « intelligence artificielle » qui devient « conscience contrefaite » ou « rapport signal sur bruit » torturé en « rapport signal sur clameur ». Ceci questionne la qualité de l’évaluation par les pairs. C’est ce qui a vraiment scandalisé la communauté scientifique et a discrédité ces maisons d’édition qui ont dû reconnaître les faits. Ce que nous critiquons en creux, c’est la massification du nombre de revues scientifiques dont le nombre a doublé en vingt ans et pour lesquelles la main d’œuvre nécessaire et gratuite s’est raréfiée. En effet, ce travail d’évaluation par les pairs impliquant deux ou trois experts mondiaux du sujet par soumission d’article à évaluer n’est pas rémunéré. Les maisons d’édition nous assurent qu’un processus rigoureux d’évaluation par les pairs a été mis en place, comme attendu. Personnellement je me demande si l’évaluateur n’était pas endormi lorsqu’il a recommandé la publication d’une article truffé d’expressions torturées. Ce n’est pas sérieux. Cela dit, je n’ai aucun moyen d’estimer la qualité de l’évaluation, ni même si elle a été réalisée : la plupart des maisons d’édition ne rendent pas publics les rapports d’évaluation. Vous avez donc démarré ce travail à deux, mais aujourd’hui vous coordonnez une vraie communauté, comment s’est-elle mise en place ? G. C. : Sur les expressions torturées, on a d’abord été rejoint par Alexander Magazinov, un mathématicien et informaticien russe qui se distrait en devenant détective scientifique. En parallèle, je lisais tous les signalements postés par la communauté scientifique sur PubPeer (un site web qui permet à quiconque de formuler des commentaires à propos d’articles scientifiques publiés, pour notamment signaler des soupçons de manquements à l’intégrité scientifique) et j’y ai repéré des personnes très actives, signalant des fraudes. Je les ai contactées et on a commencé à se regrouper, mobilisant une plateforme en ligne que j’ai nommée « le collège invisible ». C’était un clin d’œil à un concept de sociologie des sciences, pour rappeler que des scientifiques de diverses disciplines peuvent partager des centres d’intérêt tout en étant affiliés à des institutions différentes, réparties de par le monde. Mon initiative a fédéré au sujet de la fraude en sciences. Le groupe a grossi progressivement et inclut désormais 120 personnes qui échangent, partagent et coordonnent leurs actions quotidiennement. C’est une communauté internationale constituée de scientifiques, de professionnels de l’édition et d’amateurs de tous types de milieux. Vous avez détecté de nombreuses fraudes mais, finalement, pourquoi les chercheurs trichent-ils ? G. C. : Il est bon ici de rappeler que le problème est systémique, et pas individuel. En effet, les individus sont en prise avec des systèmes qui les régissent et qui imposent par le haut une performance difficile voire impossible à atteindre. Prenons l’exemple d’un chirurgien en Chine qui travaille dans un hôpital. On va lui demander d’opérer, d’enseigner mais aussi de faire des découvertes, pas de la recherche mais des découvertes, qui devront être publiées dans certaines revues prestigieuses. Ils ont un quota d’articles à publier. Quand cela devient trop dur de mener toutes ces activités en parallèle, on peut être tentés de se tourner vers ce que l’on appelle les papers mills (« usine ou moulins à articles »). Ce sont des entreprises qui proposent, moyennant finance, de produire des articles plus ou moins bidon sur lesquels vous pouvez mettre votre nom et les publier. Il y a beaucoup d’autres exemples. En Italie, devenir éditeur invité d’un numéro spécial d’une revue est apprécié dans les évaluations individuelles de chercheurs. L’offre en face vient de MDPI, une maison d’édition identifiée dans la « zone grise » de l’édition. Elle permet à des chercheurs de créer un numéro spécial et d’accepter des articles à leur discrétion. Vu les critiques émises sur PubPeer et le nombre délirant de numéros spéciaux par an, qui peut atteindre les 3 000, on est en droit de questionner ce modèle éditorial, dans les pas du Cirad, de l’Inrae et de l’Inria. Cela satisfait tout le monde : la maison d’édition touche quelques milliers d’euros par article, l’éditeur invité valide son objectif… Cependant, la science est affaiblie alors qu’on se doit de la soutenir et de la défendre. Publier des articles fragiles pose de réels problèmes : le mur des connaissances est en péril lorsque des briques de connaissances ne sont pas robustes. Avec vos travaux, certains articles sont rétractés, mais qu’en est-il des articles qui citent des travaux dépubliés ? G. C. : Je me suis posé la question en 2023 : quels sont les articles scientifiques qui possèdent dans leur bibliographie des articles rétractés ? Normalement, on devrait observer un effet domino, des rétractations en chaîne : les articles s’appuyant sur des connaissances remises en question devraient être également réévalués. Pour explorer cette problématique, j’ai rajouté un détecteur dans le Problematic Paper Screener afin de traquer les colosses aux pieds d’argile : les articles de bonne facture qui citent dans leur bibliographie un ou plusieurs articles désormais rétractés. Parmi les 130 millions d’articles scientifiques parus dans le monde, il y en a plus de 800 000 qui citent au moins un article rétracté. Certains articles citent même jusqu’à 50 ou 60 publications rétractées ! Il convient de vérifier de nouveau la fiabilité de ces articles et de les rétracter si nécessaire. Ceci est d’autant plus crucial pour les publications concernant des sujets peu étudiés, tels que les maladies rares. Force est de constater que les maisons d’éditions, responsables de la diffusion des articles acceptés, ne monitorent pas leur catalogue et ne mandatent pas ces réévaluations auprès de comités d’experts. Il serait pourtant techniquement possible de traquer toute rétractation de référence citée dans les articles publiés par une maison d’édition – ce que fait le Problematic Paper Screener, toutes maisons d’édition scientifique confondues. Comment expliquer qu’une publication scientifique puisse contenir autant de citations d’articles rétractés ? G. C. : Je parlais tout à l’heure des paper mills. Une des stratégies de ces entreprises est de vendre des articles bidon qu’ils fabriquent eux-mêmes, puis ils proposent à leurs clients de se citer les uns et les autres pour augmenter artificiellement l’impact de leurs publications. L’idée est simple : si vous avez 50 clients, vous dites à chacun de citer un des autres, cela peut aller très vite et plus il y aura de clients, plus il sera difficile de traquer cette entente illicite, nommée « cartel de citations » dans la littérature. Notre travail de mise en lumière des articles bidon permet donc également d’identifier les clients potentiels des paper mills. Comment voyez-vous la situation évoluer ? Votre travail permet-il une diminution du nombre de publications scientifiques problématiques ? G. C. : Ce n’est pas évident, tout dépend de la fraude dont on parle. Par exemple, aujourd’hui, il ne faudrait pas être très malin pour utiliser la technique des expressions torturées, car nos détecteurs les repèrent aisément. Les gros éditeurs scientifiques (soutenant notamment le STM Integrity Hub les ont adoptés pour filtrer le flot des manuscrits soumis par les chercheurs. Le plagiat par synonymes diminue drastiquement. Actuellement, l’IA générative est le problème majeur, car les textes générés par machine sont impossibles à différencier automatiquement des textes générés par les humains, sans avoir recours à des experts. Les utilisateurs d’IA générative trouvent des astuces pour déjouer les logiciels de détection d’IA générative. On ne peut donc pas quantifier cette fraude. Faute d’étude rigoureuse de ce phénomène, on ne peut parler que de « sentiment ». Les scientifiques que je côtoie me disent suspecter des passages générés par IA dans les manuscrits qu’ils expertisent. Les ruptures de style ou les exposés trop superficiels sont révélateurs. Par ailleurs, quand ils reçoivent des rapports d’évaluation de leurs pairs (en grande majorité anonymes) à propos de leurs propres travaux, il peut arriver qu’ils aient le sentiment d’être floués : ces critiques ont-elles été générées par une machine ou rédigées par un expert ?" (...) image : Guillaume Cabanac a été distingué par la revue Nature comme l’un des dix scientifiques de l’année 2021. DCCE, Université de Toulouse, Fourni par l'auteur
|
Scooped by
Bernadette Cassel
October 23, 2025 5:50 AM
|
A égale distance entre une technolâtrie aveugle et une technophobie contre-productive, nous pensons qu’il est urgent d’explorer les conséquences d’une collaboration entre médecins et IA. Déporter notre hubris sur une entité virtuelle ne peut être acceptable que si l’aide à la décision conduit au meilleur résultat possible pour les patients. Mettre en lumière le risque d’une moindre efficacité dans ce processus est une première étape dans l’intégration prudente et conditionnelle de ce nouveau partenaire de soin. Publié le 21 octobre 2025 à 14h00 TRIBUNE. Cyril Goulenok, médecin réanimateur et docteur en philosophie ; Margaux Luck, data scientist chez Pandore Associates et docteure en bio-informatique ; Grégoire Colombet, cofondateur de Pandore Associates, consultant en intelligence artificielle et coauteur de l’ouvrage Humain ou IA ? Qui décidera le futur ? (Dunod, 2023).
|
Scooped by
Bernadette Cassel
September 10, 2025 12:32 PM
|
Pourquoi bâillons-nous quand quelqu’un bâille ? Comment une ola peut-elle se propager dans un stade ? C’est ce que l’on appelle la propagation de l’information sociale. Guy Théraulaz Publié: 3 septembre 2025, 06:37 EDT [...] La puissance des traces "L’information ne passe pas toujours par l’observation directe. Chez les insectes sociaux comme les fourmis ou les termites, elle se propage souvent à travers l’environnement via des traces laissées par les individus. C’est ce que le biologiste Pierre-Paul Grassé a appelé la stigmergie. Lorsque qu’une fourmi découvre une source de nourriture, elle dépose une piste de phéromones sur le sol en revenant au nid. D’autres fourmis suivent cette piste, renforcent la trace, et un trafic auto-renforcé se met en place. Ce mécanisme simple permet des décisions collectives remarquables. Par exemple, face à deux sources de sucre de qualités différentes, les fourmis de l’espèce Lasius niger privilégient la plus riche, sans avoir besoin de la comparer explicitement. Le marquage chimique varie en fonction de la qualité perçue : plus le sucre est concentré, plus la piste est renforcée. Mais ce système peut aussi piéger la colonie. Si une piste est bien établie vers une source médiocre, l’introduction ultérieure d’une meilleure source ne suffit pas à faire changer le groupe. La mémoire chimique collective devient un verrou comportemental. La même logique s’applique dans le choix du chemin le plus court entre un nid et une source ; les fourmis « choisissent » par renforcement différentiel, amplifiant l’option dont les signaux croissent le plus vite, en l’occurrence, le chemin le plus rapide à parcourir. L’art de l’ajustement collectif De la danse des lucioles aux pistes des fourmis, des bancs de poissons aux foules, la propagation de l’information sociale repose toujours sur le même principe fondamental. Chaque individu, avec ses perceptions limitées et ses règles simples, ajuste son comportement à celui des autres. De ces ajustements locaux émergent des décisions collectives, des formes de coordination, et parfois même des comportements intelligents sans chef ni plan préconçu. Ces mécanismes, longtemps réservés aux sciences naturelles, intéressent désormais les urbanistes, les concepteurs de systèmes interactifs, ou les spécialistes de l’intelligence artificielle. Car comprendre comment l’information sociale circule, se filtre, s’amplifie ou s’éteint dans un groupe, c’est aussi poser les bases d’une société plus réactive, plus juste et plus coopérative."
|
Scooped by
Bernadette Cassel
June 22, 2025 10:55 AM
|
Ecoles des Mines - Juillet 2025 La dé-coïndence ne se paie pas de mot, elle est une invitation à agir, là où notre vie se déploie, Les Livres de Philosophie, dimanche 22 juin 2025 Ecoles des Mines - Juillet 2025 "... Dans cet ouvrage collectif l'oeil exercé du scientifique ou de l'ingénieur expert en IA, se mêle à celui du philosophe ou de la photographe pour tisser les perspectives et les questionnements. L'IA peut-elle être une sorte d'alter-égo machinique nous permettant de dé-coïncider de nous-même ? De la même manière que la photographie a bousculé la peinture, serait-elle l'invention qui nous contraindra à habiter à nouveaux frais notre humanité, posant par exemple, la question de notre propre créativité, voire de notre légitimité ? Inversement, de quelles toxicités les IA sont-elles porteuses dont il faudrait dé-coïncider ?" (...)
|
Scooped by
Bernadette Cassel
April 8, 2025 12:06 PM
|
Comment parler des capacités cognitives et mentales étonnantes des insectes ? Peut-on imaginer que les insectes ressentent des émotions ? Réponses avec Mathieu Lihoreau éthologue et spécialiste des insectes. Publié le lundi 7 avril 2025 "Mathieu Lihoreau étudie depuis vingt ans le comportement des insectes (abeilles, bourdons, blattes, mouches, crickets) pour essayer de percer les mystères de leur intelligence. Il publie un nouvel ouvrage, La Planète des Insectes aux éditions Tana, dans la collection "Chroniques sauvages" dédiée au comportement animal et menée par Audrey Dussutour, également directrice de recherche CNRS dans le même laboratoire."
|
Scooped by
Bernadette Cassel
March 7, 2025 6:08 AM
|
Le Landais EvoTech élimine les nuisibles sans impact sur l’environnement Par Yannick Revel, Placeco Publié le 05/03/2025 à 10h18. "... L’innovation repose sur l’utilisation de l’azote liquide. « Cette technique est utilisée depuis les années 1970 aux États-Unis, nous l’appliquons avec la robotique », précise Anthony Gavend, président du groupe EvoTech. Présentée au Salon international de l’agriculture à Paris, cette innovation est le fruit d’une collaboration entre EvoTech et Cryodrones. Cette entreprise, basée à Nanterre, a développé le processus de cryogénisation, tandis que la Landaise se charge de la partie robotique et intelligence artificielle. Le traitement est 100 % écologique, éliminant ainsi le besoin d’intrants chimiques." (...) "La première cible est la chenille processionnaire, un problème majeur dans la forêt de Gascogne." (...) Image : Les drones permettent des interventions en hauteur. Crédit photo : EvoTech
|
|
Scooped by
Bernadette Cassel
October 7, 2:48 PM
|
CHRONIQUE. Les dangers hautement hypothétiques de l’IA font disparaître la question des risques environnementaux, sociaux et politiques, observe, dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au service Planète. Extrait : Pendant qu’experts et éditorialistes de plateau glosent sur des dangers hautement hypothétiques dont nul n’a en réalité la moindre idée, les risques environnementaux, sociaux et politiques de l’IA disparaissent fort commodément du tableau. Contrairement à un armageddon très hypothétique lié à la perte de contrôle de l’outil, ces risques-là sont parfaitement connus, décrits, et leur réalisation est certaine car ils sont consubstantiels de l’outil lui-même.
|
Scooped by
Bernadette Cassel
September 11, 1:08 PM
|
« Aucune des deux entreprises n’agit de manière responsable », a écrit le Britannique de 27 ans sur X. Il travaillait depuis trois ans sur le pré-entraînement des modèles d’intelligence artificielle, étape où ces derniers absorbent d’immenses quantités de données. Le Monde avec AFP Publié le 09 septembre 2026 à 09h54, modifié le 09 septembre 2026 à 10h53 "Jacob Coxon, un chercheur en intelligence artificielle (IA), parti d’OpenAI pour rejoindre Anthropic, qu’il jugeait plus prudent dans ses recherches, a annoncé mercredi 9 septembre qu’il quittait l’industrie, accusant les deux laboratoires américains de « jouer avec nos vies » dans leur course au développement d’IA capables de s’améliorer toutes seules. « Aucune des deux entreprises n’agit de manière responsable. Elles foncent tout droit vers une superintelligence capable de s’améliorer elle-même et jouent avec nos vies », a-t-il écrit mardi sur son compte X. « Les gens qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici à la fin de la décennie. Ce n’est pas un coup marketing », a-t-il ajouté. Ce Britannique de 27 ans travaillait depuis trois ans sur le pré-entraînement, l’étape durant laquelle les modèles d’IA absorbent d’immenses quantités de données, d’abord chez OpenAI, puis cette année chez son grand rival Anthropic. Un responsable de la sûreté d’Anthropic, Evan Hubinger, lui a donné raison sur X : « Nous croyons vraiment, sincèrement, que l’IA pourrait tuer tous les humains », a-t-il affirmé, évaluant à titre personnel ce risque à « plus de 10 % » dans la décennie. M. Hubinger a ajouté qu’Anthropic faisait « de son mieux » mais n’avait « pas encore de plan » pour s’assurer qu’une IA surpassant des capacités humaines obéisse encore à ses concepteurs, tout en jugeant « faible » le risque posé par les modèles actuels. Sollicitées par l’Agence France-Presse, les deux entreprises n’ont pour le moment pas réagi." (...) ------ lire aussi IA : le débat sur l’« IApocalypse » prend de l’ampleur après la démission d’un chercheur d’Anthropic et des incidents de sécurité, 11.09.2026 https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/09/11/ia-apres-la-demission-de-jacob-coxon-et-plusieurs-incidents-de-securite-le-debat-sur-l-iapocalypse-prend-une-ampleur-inedite_6770505_4408996.html image : Un manifestant lors d’un procès impliquant OpenAI et Elon Musk, à Oakland, en Californie, le 14 mai 2026. MANUEL ORBEGOZO / REUTERS
Micheline Misrahi-Abadou - Ladies of VivaTech 2026
Quand on parle d'innovation, on pense souvent aux startups et aux géants de la tech. Pourtant, derrière de nombreuses avancées en IA, en santé, en quantique ou en deeptech se trouvent des chercheuses dont les travaux façonnent les technologies de demain.
Pour la 7e édition des Ladies of VivaTech, sont mises en lumière 6 femmes qui représentent l'excellence de la recherche française et son impact croissant sur l'industrie. - Laurence Devillers - Sorbonne Université & CNRS (@LISN)
Professeure en IA et éthique, elle est l'une des principales voix françaises sur les enjeux éthiques et sociétaux de l'intelligence artificielle. Autrice de "Savoir Vivre avec l'IA" (Denoël 2026) et IA Ange ou Démon (CERF 2025). - Laurence Petit - CEA
Directrice de l'Innovation au CEA, elle œuvre à l'accélération des innovations deeptech et à la souveraineté technologique européenne. - Camille Jeunet-Kelway - CNRS & neurathletics
Chercheuse et entrepreneure, elle développe des solutions basées sur le neurofeedback et les interfaces cerveau-ordinateur pour le sport. - Kaoutar SGHIOUER, PhD - Sanofi
Global Head of Data & AI, elle pilote l'utilisation de l'IA à grande échelle dans la recherche pharmaceutique et les opérations du groupe. - Micheline Misrahi-Abadou - Faculté de Médecine Paris-Saclay
Pionnière de la génomique reproductive, ses travaux ont permis d'identifier plusieurs causes génétiques majeures de l'infertilité. - Anu Bashamboo - Institut Pasteur
Référence mondiale en génétique du développement humain, elle a créé le premier organoïde testiculaire humain et un organoïde ovarien. -> Contact : mmisrahiabadou@gmail.com
Via Life Sciences UPSaclay
|
Scooped by
Bernadette Cassel
April 4, 1:44 PM
|
L'utilisation de l'intelligence artificielle est censée nous faire gagner du temps et nous rendre plus productifs au travail. Or une nouvelle étude américaine montre qu'avec certains usages, l'IA produit l'effet inverse et épuise le cerveau. Sarah Lemoine Radio France Publié le 04/04/2026 10:00 [...] Sensation d'avoir "une douzaine d'onglets ouverts dans la tête" Mais quel est l'usage de l'intelligence artificielle qui éprouve le plus le cerveau ? L'étude montre que c'est la supervision intensive d'agents IA. Un travailleur qui recourt à l'intelligence artificielle doit en effet vérifier la qualité et la véracité des données produites. "Or l'IA va à une vitesse fulgurante, et si une personne travaille avec plusieurs outils en même temps, son travail de supervision est décuplé", explique Yann Ferguson, docteur en sociologie à LaborIA, un laboratoire français dédié à l'impact de l'IA dans le milieu professionnel. "Passer très vite d'une tâche à une autre met notre cerveau en difficulté, car ce dernier n'aime pas gérer une grande quantité d'information rapidement." La vitesse de l'intelligence artificielle n'est pas adaptée à notre rythme biologique, ajoute Yann Ferguson qui conclut : "Ce type de situation peut créer un épuisement cognitif." Dans l'étude américaine, un travailleur donne un exemple parlant. En jonglant avec plusieurs outils IA, il avait la sensation d'avoir une douzaine d'onglets ouverts dans sa tête, chacun disputant son attention. Au point de ne plus arriver à travailler."
|
Scooped by
Bernadette Cassel
February 5, 12:56 PM
|
La question de l'intelligence animale préoccupe les éthologues depuis longtemps. Alain Lenoir - Mis à jour le 17-Fév-2025 Pour les abeilles, plus de problèmes, elles sont intelligentes "... Aurore Waragues-Weber est chercheuse au CNRS et spécialiste du comportement animalier. Elle travaille depuis des années sur les abeilles et cherche à comprendre ce qui nous en rapproche et ce qui nous en distingue. Et l'abeille n'est pas si dépourvue quand on en vient aux capacités cognitives : émotion, capacité de compter, de reconnaître des formes complexes... Autant de choses que l'on pensait réservées aux vertébrés, mais que nombre d'insectes partagent également." (...) Les fourmis sont-elles intelligentes ? Selon Antoine Wystrach et Audrey Dussutour du CRCA à Toulouse les fourmis sont intelligentes à la fois au niveau individuel mais aussi au niveau collectif image : Emmanuelle Pouydebat parle aussi de l'intelligence animale dans son livre. Elle parle des fourmis qui utilisent des outils, de l'orientation, de la construction de nids (voir son livre L'intelligence animale).
|
Scooped by
Bernadette Cassel
December 19, 2025 12:51 PM
|
Adventices, insectes, maladies… : des solutions de reconnaissances fonctionnant avec l’intelligence artificielle sont déjà disponibles. par Céline Fricotté 19/12/202 image : Trap-Eye est une solution de suivi pilotée par IA. Elle utilise de petits appareils fixes à énergie solaire pour prendre en photo les pièges engluées installés dans les serres. Elle génère ainsi des cartes et graphiques détaillant les tendances des populations d'insectes présents dans les serres.
|
Scooped by
Bernadette Cassel
December 3, 2025 6:34 AM
|
Un merveilleux ouvrage pour partir à la découverte des insectes, ces animaux qui ont été parmi les premiers à conquérir les terres émergées dans la longue histoire de notre planète. Ces petites bêtes en apparence insignifiantes se sont révélées être de grandes conquérantes, capables de se diversifier pour s’adapter à (presque) tous les environnements terrestres au fil de près de 500 millions d’années. Auteurs : Bruno Didier et Nicolas Césard Éditeur : Terre Vivante Date de publication : 16/10/2025 Découvrez leur incroyable diversité, leurs particularités, leurs ressources, mais aussi leur symbolique, leur importance dans les équilibres naturels, leurs petites et grandes histoires, leurs organisations sociales étonnantes, leur intelligence collective hors normes…
Plongez au gré de vos envies dans ces histoires étonnantes au travers de courtes synthèses richement documentées et avantageusement illustrées.
Le monde des insectes est une source d’émerveillement infini, mais plus encore, il nous est proche, il nous inspire, il nous est précieux.
------ ndé les auteurs Bruno Didier est journaliste et documentaliste. Depuis 2002, il est rédacteur en chef de la revue Insectes de l’Opie. Adepte du jardinage naturel, il observe tout au long de l’année les nombreux insectes qu’il accueille dans son jardin. Nicolas Césard est anthropologue et ethnobiologiste, enseignant-chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle. Il étudie les relations et les interrelations entre les insectes et les hommes (ou ethnoentomologie) dans différents contextes culturels. via dossier de presse
|
Scooped by
Bernadette Cassel
October 24, 2025 6:04 AM
|
Les travaux récents de Thomas Andrillon, chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, et d’Athena Demertzi, neuroscientifique à l’Université de Liège, remettent en cause nos conceptions les plus fondamentales sur le fonctionnement de la conscience. Leur analyse, publiée dans la prestigieuse revue Trends in Cognitive Sciences, démontre que ces moments de « rien » ne sont pas des accidents neurologiques, mais des phénomènes mesurables avec leur propre signature cérébrale. Ce n'est pas un bug : les moments où vous "ne pensez à rien" révèlent le véritable génie de votre cerveau par Brice Louvet 22 octobre 2025, 6 h 42 min "Cette découverte contredit frontalement l’héritage philosophique occidental. Ralph Waldo Emerson affirmait qu’un homme est défini par ses pensées quotidiennes, tandis que Jean-Paul Sartre soutenait que toute conscience est nécessairement conscience de quelque chose. Les neurosciences modernes suggèrent l’inverse : l’esprit vide représenterait l’état de base de notre cerveau, la pensée active n’étant qu’un ajout temporaire." [...] Repenser la conscience humaine Ces découvertes ouvrent des perspectives fascinantes sur la nature même de la conscience. Si le vide mental constitue notre état neurologique de base, que dire de la conscience chez les nouveau-nés, ou même dans l’utérus ? Cette question pourrait également éclairer le développement de l’intelligence artificielle : les futures machines conscientes devront-elles elles aussi expérimenter des moments de « rien » ? Image : A physiocognitive account of the phenomenology of mind blanking (MB).
|
Scooped by
Bernadette Cassel
October 9, 2025 1:44 PM
|
Dans la zone contaminée de Fukushima, au Japon, des scientifiques s’intéressent à l’impact de la radioactivité sur les capacités cognitives d’insectes pollinisateurs : les abeilles domestiques, mais aussi les frelons géants. 16.05.2025, par Martin Koppe "On sait que les abeilles et les frelons disposent de nombreuses facultés cognitives. Ces insectes savent reconnaître des couleurs, s’orienter dans l’espace… Mais la pollution et les substances disséminées par l’humain dans l’environnement, comme les pesticides, peuvent altérer leurs performances cognitives. Qu’en est-il de l’effet sur ces pollinisateurs des rayons ionisants ? C’est la question que se sont posée Olivier Armant, du laboratoire Écologie et écotoxicologie des radionucléides de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), et l’éthologue Mathieu Lihoreau, du Centre de recherche sur la cognition animale du Centre de biologie intégrative. Le premier travaille sur l’effet écologique des rayons ionisants, avec des études de long terme sur la faune et la flore de Tchernobyl (désormais inaccessible, du fait de la guerre en Ukraine) et de Fukushima, au Japon. Le second se passionne pour l’intelligence des abeilles et ce qui peut la perturber." Sections Image : Abeilles collectant de l’eau sucrée sur un nourrisseur. Une abeille porte un QR Code, qui permet aux labyrinthes automatisés de l’identifier. Crédit : Mathieu Lihoreau
|
Scooped by
Bernadette Cassel
August 19, 2025 2:06 PM
|
Dans le monde occidental, les araignées ont une image négative historiquement construite sur le dégoût et la peur. Mais cette place parmi les animaux les plus détestés empêche de voir la complexité de leurs facultés biologiques et sociales, et masque leur importance dans l'écosystème. La Terre au carré Mathieu Vidard Mercredi 11 juin 2025 "On les croyait rampantes, tapies dans l’ombre, limitées à leurs toiles en coin de plafond ou suspendues aux herbes des talus. Mais les araignées, discrètes tisseuses de pièges, cachent un talent méconnu : certaines savent en effet voler. Pas d’ailes. Pas de bourdonnement. Pas de magie. Juste un soupçon de science et beaucoup d’électricité." (...)
|
Scooped by
Bernadette Cassel
April 29, 2025 11:14 AM
|
Lorsque ces chatbots endossent le rôle d’âmes sœurs cajoleuses, le docteur en psychologie rappelle dans un entretien au « Monde » qu’il s’agit avant tout de « services marchands » en trompe-l’œil. Et que l’utilisateur doit les considérer comme tels. Propos recueillis par Antonin Gratien Publié le 26 avril 2025 à 12h00, modifié le 26 avril 2025 à 12h46 Extrait : La psychologie du XXIe siècle sera celle des interactions entre l’humain et la machine. L’éducation doit y préparer la jeunesse. En expliquant ce qu’est l’IA, bien sûr. Mais aussi en accordant aux enfants la liberté de s’amuser avec cet outil, même agressivement, pour qu’ils éprouvent son artificialité. Afin d’éviter tout leurre sur la nature factice de l’IA, il y a aussi urgence à inculquer que, si nous percevons nos partenaires virtuels comme des alter ego, c’est en raison de biais cognitifs exploités par leurs fabricants.
|
Scooped by
Bernadette Cassel
April 4, 2025 5:32 AM
|
Comportements complexes, émotions, sensations, apprentissage de concepts abstraits… Plongée dans l’univers fascinant de l’intelligence cachée des insectes avec l’éthologue Mathieu Lihoreau. Par Caroline Douteau Publié le 03/04/2025 à 13h00
|