Interview avec Jean-Marc Le Gall, qui a publié "L'entreprise irréprochable" et revient dans cet excellent interview sur les bases d'une entreprise 2.0. Extrait.
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"Quelles sont les attentes des salariés face à l'entreprise 2.0 ? Va-t-on vers une fracture managériale entre jeunes, notamment entre la génération Y, qui travaille selon un mode plus collaboratif, et leurs dirigeants ?
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En fait, tous les salariés veulent avoir voix au chapitre. Non pas pour remettre en cause le pouvoir patronal - la définition de la stratégie, par exemple, reste le domaine réservé du dirigeant. Le vrai sujet, c'est le rééquilibrage du pouvoir au profit des salariés, afin qu'ils puissent peser sur les processus de décision pour faire valoir leurs réflexions et leurs intérêts. En effet, face aux actionnaires et aux clients, leur position apparaît faible, et la responsabilité sociale de l'entreprise a jusqu'à présent largement négligé leurs aspirations. Pourtant, comment accepter que l'entreprise, multipliant ses efforts de dialogue avec les parties prenantes externes, s'abstienne de le faire avec son propre personnel ? Cette inflexion est d'autant plus importante qu'ils se sentent malmenés, engendrant un niveau de stress élevé.
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Atos Origin, Alcatel-Lucent, Orange, Danone ou Renault ont investi dans leur propre réseau social interne. Quelle est l'utilité de ce type d'outil ?
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Des réseaux actifs et crédibles reposent sur la confiance qu'ils inspirent aux salariés. Concrètement, pour qu'un réseau soit opérant, il doit encourager les contributions, en toute liberté, en donnant l'envie d'y participer. L'erreur serait justement de vouloir les canaliser ou les formater. Il s'agit donc là d'un vrai chantier test pour l'entreprise, qui augure, bien ou mal, de sa capacité de modernisation sociale.
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Et que pensez-vous du phénomène « Brind your own device » (BYOD), autrement dit l'utilisation des appareils personnels pour des usages professionnels ?
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Ce phénomène illustre le brouillage des frontières entre vie professionnelle et vie privée. Un salarié va utiliser ses outils pour son travail. Il va consulter ses mails personnels au bureau - la jurisprudence le permet -et travailler en réseau à son domicile. Ce mode d'organisation du travail introduit plus de liberté, plus de souplesse dans le travail. Mais, dans un même temps, c'est une emprise croissante du travail sur la vie privée. Cette évolution pose, de fait, le problème du contrôle et de l'évaluation du travail virtuel. Comment le borne-t-on ? Cette question, essentielle pour nos sociétés contemporaines, mérite une réflexion de la part des dirigeants et des managers, en lien avec des syndicalistes et des juristes."
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BeerBergman