Big Data in Business
38.2K views | +7 today
Follow
 
Scooped by Georges-Edouard DIAS
onto Big Data in Business
March 30, 10:02 AM
Scoop.it!

Pourquoi le Sahel est plus que jamais l’épicentre du terrorisme mondial en 2026

Pourquoi le Sahel est plus que jamais l’épicentre du terrorisme mondial en 2026 | Big Data in Business | Scoop.it

Malgré les proclamations de succès des régimes militaires au Mali, au Niger et au Burkina Faso, la réalité est implacable : le Sahel demeure l’épicentre du terrorisme mondial. Entre recomposition des groupes djihadistes, échec des stratégies militaires et contagion vers le sud, la crise sécuritaire s’enracine.

Au Burkina Faso, pays le plus touché en 2023 et 2024, la tendance est paradoxale : le nombre de morts a chuté de 45 %, passant de 1 532 à 846, principalement grâce à la diminution des victimes civiles (-84 %). AFP
Les juntes du Mali, du Niger et du Burkina Faso, appuyées par leurs alliés les plus fidèles, ont beau clamer des succès militaires de plus en plus spectaculaires face aux groupes djihadistes, les faits restent têtus.
Pour la troisième année consécutive, le Sahel concentre près de la moitié des morts liées au terrorisme dans le monde, selon le dernier Indice mondial du terrorisme publié par le groupe de réflexion Institute for Economics and Peace, basé en Australie. En 2025, sur 5 582 victimes recensées à l’échelle globale, presque une sur deux est tombée dans cette bande sahélienne, devenue la zone la plus touchée par la violence djihadiste d’après cet indice qui classe depuis 13 ans 163 pays en fonction de l’impact du « terrorisme » et a comme indicateurs le nombre d’attaques, de morts, de blessés et d’otages.
La bascule est spectaculaire : en 2007, la région ne représentait que 1 % des décès liés au terrorisme. Aujourd’hui, elle incarne le foyer principal du terrorisme à l’échelle mondiale, nourri par l’effondrement sécuritaire, les recompositions géopolitiques et l’échec répété des stratégies militaires. L’Afrique subsaharienne subit une situation aux multiples facettes. Le Nigeria affiche la plus forte hausse, avec 750 victimes (+46 % par rapport à 2024), principalement dues à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) et à Boko Haram. La République démocratique du Congo connaît également une aggravation, avec 467 décès (+28 %), provoqués par les attaques des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’EI, visant civils, lieux de culte, hôpitaux et cérémonies funéraires.

À première vue, certains indicateurs pourraient laisser croire à une accalmie. Le Burkina Faso, longtemps pays le plus touché au monde, enregistre une baisse de 45 % des décès en 2025. Mais cette amélioration est trompeuse. Elle s’explique avant tout par la chute drastique des victimes civiles (-84 %), et non par un recul de la menace.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, concentre désormais ses attaques sur les forces armées. Une évolution tactique qui réduit le coût politique international tout en maintenant une pression maximale sur les États. En 2025, le groupe reste l’un des plus meurtriers au monde, avec 1 274 morts revendiquées.
Au Mali, cette stratégie prend une dimension supplémentaire : celle de l’asphyxie économique. En ciblant les convois de carburant et en imposant des blocus, notamment dans la région de Kayes, JNIM ne cherche plus seulement à frapper — il cherche à gouverner, en paralysant l’État.

Le piège des réponses sécuritaires
Pour Jessica Moody, spécialiste des dynamiques de conflit en Afrique de l’Ouest, la persistance du Sahel comme épicentre mondial du terrorisme s’explique en grande partie par un constat dérangeant : l’échec des réponses sécuritaires.
« La plupart des efforts pour lutter contre les violences djihadistes n’ont pas permis de s’attaquer aux causes profondes des insurrections, qui sont la pauvreté, le manque d’opportunités économiques et les tensions intercommunautaires », analyse-t-elle. Pire : certaines stratégies auraient aggravé la situation.
Au Mali comme au Burkina Faso, les opérations militaires — ont renforcé la défiance entre populations et autorités. « Les civils sont fréquemment ciblés de manière indiscriminée, ce qui accentue les tensions et rend les populations plus susceptibles de rejoindre des groupes djihadistes », poursuit la chercheuse.
Le constat vaut aussi pour les interventions internationales. Pensées comme des démonstrations de force, elles ont parfois ignoré les réalités locales. La présence française, en particulier, a été largement contestée et instrumentalisée par les groupes djihadistes dans leur propagande.
« L’idée qu’on peut vaincre ces groupes uniquement par la puissance militaire est une illusion », tranche Jessica Moody. « Plus les interventions armées se multiplient, plus la violence augmente. »

Le retrait progressif des forces françaises et onusiennes, après les coups d’État successifs au Mali en 2020 et 2021, au Burkina Faso en 2021 et au Niger en 2023, a ouvert la voie à une nouvelle influence : celle de la Russie.
À travers les mercenaires de Wagner, puis d’Africa Corps, Moscou s’est imposé comme un partenaire sécuritaire alternatif. Mais sur le terrain, les résultats sont loin des promesses.
Les méthodes employées — souvent brutales, indiscriminées — ont contribué à une explosion des violences contre les civils. En retour, elles alimentent le recrutement djihadiste, notamment au sein des communautés marginalisées comme les Peuls, régulièrement ciblées.

Le Bénin, passé de la 26e à la 19e place mondiale, incarne cette progression. Le Togo, le Sénégal ou encore le Nigeria sont également dans la ligne de mire. L’objectif des groupes djihadistes est clair : atteindre la côte, accéder aux ports et élargir leur emprise territoriale.
« Des groupes comme JNIM cherchent à atteindre la mer, et les pays côtiers sont leur voie d’accès la plus directe », souligne Jessica Moody.
Face à cette pression, les États côtiers, tentent de renforcer leurs dispositifs sécuritaires. Mais leur fragilité structurelle les expose à d’autres risques « de soulèvements militaires, de coups d’État et d’ingérences accrues de puissances étrangères. Cela n’augure rien de bon pour la stabilité à long terme, comme on a déjà pu le constater au Sahel », pointe l’experte.
La Côte d’Ivoire et le Ghana apparaissent, pour l’instant, plus résilients. Investissements dans le développement, politiques de décentralisation et renforcement des frontières ont permis de contenir la menace. Mais cette relative stabilité reste précaire.

Car au-delà des dynamiques militaires, c’est bien la question sociale qui demeure centrale.
Pauvreté endémique, absence de services publics, chômage massif : autant de facteurs qui nourrissent le recrutement djihadiste. Dans de nombreuses zones rurales, rejoindre un groupe armé relève moins d’une adhésion idéologique que d’une stratégie de survie.
À cela s’ajoute la crise des déplacés et des réfugiés, qui fragilise les équilibres locaux, notamment dans le nord de la Côte d’Ivoire et du Ghana.

Tant que les États ne parviendront pas à restaurer leur légitimité, à offrir des perspectives économiques et à apaiser les tensions communautaires, les groupes djihadistes continueront de prospérer.

Et l’épicentre du terrorisme mondial restera, pour longtemps encore, arrimé au Sahel.

No comment yet.
Big Data in Business
Your new post is loading...
Your new post is loading...
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 10:16 AM
Scoop.it!

Corinne Mrejen (SRI, Les Echos - Le Parisien) : « Huit acteurs globaux captent déjà 76 % du marché publicitaire »

Corinne Mrejen (SRI, Les Echos - Le Parisien) : « Huit acteurs globaux captent déjà 76 % du marché publicitaire » | Big Data in Business | Scoop.it
Entre recul des éditeurs d’information, montée en puissance de la publicité pilotée par l’IA et enjeu stratégique de souveraineté européenne, Corinne Mrejen, présidente du SRI, directrice générale du pôle partenaire et Chief Impact Officer du groupe Les Echos Le Parisien, décrypte pour INfluencia les grandes recompositions d’un marché publicitaire en pleine mutation.

 

INfluencia : Le marché de la publicité digitale progresse encore de +11 % en 2025, mais le 35ème Observatoire de l’e-pub montre aussi une concentration très forte autour de quelques acteurs globaux. Cette croissance est-elle réellement une bonne nouvelle pour l’écosystème publicitaire français ? La croissance cache-t-elle une fragilisation de l’écosystème ?

 

Corine Mrejen : La dynamique positive du marché de la publicité numérique confirme son rôle moteur dans l’économie, mais cette croissance cache une concentration accumulée de la valeur.

Huit acteurs globaux accaparent 76% du marché et 83% de sa croissance annuelle, polarisant ainsi la création de valeur.

Deux modèles économiques coexistent : d’un côté, un marché de plateformes automatisé et mondialisé, axé sur le volume, et de l’autre côté, un écosystème éditorialisé et qualitatif où l’Open Web et le Display restent cruciaux pour les grandes marques.

L’enjeu majeur réside dans la répartition de cette croissance, car l’Observatoire révèle des signes d’affaiblissement : une diminution de la part des acteurs européens, une dépendance croissante aux grandes plateformes internationales, et une déconnexion grandissante entre valeur publicitaire et financement des contenus et services.

 

INfluencia : Les éditeurs d’information sont les seuls acteurs du Display en recul (-8 %), alors même que leurs audiences restent solides. Comment expliquer ce décrochage et comment les médias peuvent-ils reprendre la main sur la valeur publicitaire ?

 

Corine Mrejen : Le déclin des éditeurs d’information, bien que non inédit, s’accentue avec un recul de -8%, malgré des audiences qui progressent et un fort développement des offres, notamment vidéo.

Une part significative des investissements publicitaires se tourne vers des environnements automatisés et standardisés, au détriment des espaces éditoriaux pourtant garants de qualité, de sécurité et de responsabilité.

Ce paradoxe est frappant : face à la prolifération des contenus de faible qualité et de la désinformation, les environnements éditoriaux fiables ne tirent pas profit de la confiance qu’ils devraient inspirer.

Pour inverser cette tendance, il est impératif de valoriser les atouts des « Safe Gardens » : la « brand suitability », la qualité d’attention et la transparence de diffusion, des critères devenus stratégiques dans un écosystème dominé par l’IA.

Il est également essentiel de continuer d’investir dans les leviers à forte valeur ajoutée tels que la vidéo, les OPS et l’audio et de concevoir des offres publicitaires claires et identifiables, adaptées aux chaînes d’achat automatisées et aux futurs systèmes basés sur l’IA.

 

 

INfluencia : Vous évoquez l’émergence d’une “publicité agentique” pilotée par l’IA. Concrètement, comment cela pourrait-il transformer la manière dont les investissements publicitaires se décident et se répartissent ?

 

Corine Mrejen : L’avènement de la publicité agentique marque une nouvelle phase dans l’intégration de l’IA au sein de l’écosystème publicitaire. Au-delà de l’optimisation de l’exécution des campagnes et de l’analyse des performances, l’IA interviendra progressivement dans les arbitrages médias eux-mêmes.

Cela implique un déplacement du centre de gravité de la décision média, où une partie croissante des choix reposera sur des systèmes alimentés par des données et des signaux d’entrée.

Dans ce contexte, les inventaires structurés, qualifiés et facilement interprétables par ces systèmes bénéficieront naturellement d’un avantage. La qualité des environnements de diffusion, la fiabilité des contenus et la transparence des inventaires redeviendront des critères de sélection primordiaux.

Pour les régies, il sera donc crucial d’assurer la qualité et la structuration des signaux transmis aux systèmes d’achat automatisés, afin de maintenir leur pleine intégration dans les nouveaux mécanismes d’allocation publicitaire.

 

INfluencia : Face à la domination croissante des plateformes non européennes, la question de la souveraineté publicitaire devient-elle un enjeu stratégique pour l’Europe ? Et quid de la souveraineté française ?

 

Corine Mrejen : Les résultats de l’Observatoire de l’e-pub confirment que la question de la souveraineté publicitaire n’est plus une abstraction théorique.

La part des acteurs européens ne représente plus que 19% du marché total (contre 21% en 2023) et diminue également dans le display. Les broadcasters nationaux ne captent que 10% de la valeur vidéo, ce qui soulève des questions sur l’équilibre de l’écosystème français.

L’enjeu est de sauvegarder un écosystème publicitaire français et européen apte à financer des contenus de qualité et une diversité de médias et d’informations, sans que l’accès à ces contenus ne devienne automatiquement payant.

Cependant, la souveraineté publicitaire ne doit pas se limiter à une perspective industrielle. Elle englobe également les conditions d’investissement des marques. Il est crucial de maintenir des environnements de diffusion fiables : des médias clairement identifiés, des inventaires transparents et des cadres de diffusion précis.

C’est à la fois un enjeu de financement des contenus et un facteur déterminant pour la qualité, l’efficacité et la pérennité de l’investissement publicitaire.

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 10:15 AM
Scoop.it!

Viking met à flot le premier paquebot de croisière à hydrogène au monde –

Viking met à flot le premier paquebot de croisière à hydrogène au monde – | Big Data in Business | Scoop.it

Viking a procédé à la mise à l’eau du Viking Libra au chantier Fincantieri d’Ancona, en Italie. Ce navire de 998 passagers est présenté comme le premier paquebot de croisière à hydrogène au monde. Livraison prévue en novembre 2026.
Viking officialise la mise à l’eau du Viking Libra, étape symbolique qui marque l’entrée en phase finale de construction. Ce « small ship » selon les standards de l’armateur,  compte 499 cabines pour 998 hôtes. L’entreprise présente ce navire comme le premier paquebot de croisière à hydrogène au monde et indique qu’il pourra, ponctuellement, opérer en zéro émission. La livraison est annoncée pour novembre 2026, avec des itinéraires inauguraux prévus en Méditerranée puis en Europe du Nord.
Le Viking Libra adopte une propulsion hybride combinant hydrogène liquéfié et piles à combustible, complétée par d’autres sources énergétiques. Cette architecture, fournie par Isotta Fraschini Motori (IFM), filiale de Fincantieri spécialisée dans les piles à combustible, peut délivrer jusqu’à 6 MW de puissance électrique. Selon Viking, cette configuration rend possible des opérations sans émissions pour certaines phases du voyage, notamment pour accéder à des zones environnementales sensibles.

« La mise à l’eau du Viking Libra marque une nouvelle étape pour Viking et pour notre partenariat avec Fincantieri », souligne Torstein Hagen, Chairman & CEO, Viking. « Dès le départ, notre approche de la conception de navires vise à réduire la consommation de carburant, et le Viking Libra est notre navire le plus respectueux de l’environnement à ce jour. Investir dans l’hydrogène a été un choix de principe pour Viking, offrant une véritable solution zéro émission, et nous avons hâte d’accueillir le premier navire de croisière à hydrogène au monde au sein de notre flotte. »

Un successeur déjà annoncé
Si d’autres navire de passagers sont déjà propulsés à l’hydrogène (c’est le cas du ferry MF Hydra en Norvège) et si Viking avait déjà, en 2022, équipé le Neptune d’un petit module à pile à combustible hydrogène pour des usages de test ou d’alimentation partielle à bord, ce navire fraichement mis à flot sera bien le premier premier paquebot de croisière alimenté à l’hydrogène lorsqu’il sera mis en service. Ce ne sera en tout cas pas le dernier. Le prochain navire océanique de la flotte, le Viking Astrea, attendu en 2027, adoptera également une propulsion à hydrogène et des capacités d’opération sans émissions.
L’arrivée de l’hydrogène sur un navire d’environ 1 000 passagers laisse des solutions bas-carbone dans la croisière. Le déploiement à grande échelle de cette solution restera toutefois conditionné à la disponibilité d’hydrogène bas-carbone et au développement d’infrastructures portuaires adaptées. À court terme, l’hybride offre de la flexibilité pour réduire l’empreinte sur certaines phases (manœuvres, approches portuaires, zones protégées) tout en conservant l’autonomie nécessaire pour des itinéraires océaniques.

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 10:13 AM
Scoop.it!

Nouvelles destinations, des concurrents pour Eurostar… Comment le tunnel sous la Manche veut doubler son trafic de trains

Lors de l'inauguration du tunnel sous la Manche en 1994, Français et Anglais avaient visé très large : ils pronostiquaient alors un trafic transmanche de 25 millions de passagers à horizon 2025 avec des trains à grande vitesse (hors navettes passagers de voitures), alors que le trafic correspondant plafonne finalement à 12 millions annuels. Soit les clients qui empruntent Eurostar, filiale de la SNCF, le seul opérateur présent entre Londres et le Continent.
Mais après une longue période d'atermoiements, le Brexit puis la crise du Covid-19, les planètes sont enfin alignées et plusieurs décisions importantes, des deux côtés du Channel, ont permis de débloquer cette croissance tant attendue. « Ces dix millions de passagers supplémentaires, on va bien les avoir, même s'il aura fallu attendre dix ans de plus pour cela », explique aux « Echos » Yann Leriche, le directeur général de Getlink, la maison mère d'Eurotunnel. Celui-ci détaille son nouveau plan stratégique revisité, qui prévoit d'abord de franchir le seuil des 14 millions de passagers en 2030 dans les trains rapides, avant une franche accélération menant à 22 millions de clients par an à partir de 2035.

· Une série de blocages ont été levés
Jusqu'à présent, lancer de nouveaux services dans le tunnel sous la Manche relevait du parcours du combattant pour les opérateurs, à l'image du service Londres-Amsterdam qui a mis dix ans à se concrétiser. « S'il n'y a pas plus de trains actuellement, ce n'est pas faute de demande des passagers, admet Yann Leriche. La cause identifiée, c'est la complexité qui venait de nous. » Car le tunnel transmanche avait été conçu dans années 1980, quand les standards de sécurité étaient plus légersSur les normes antifeu notamment, la longueur du tunnel n'a pas facilité les choses. Les textes prévoient dans son cas qu'un train avec un incendie à bord puisse rouler jusqu'à 30 minutes jusqu'à une sortie à l'air libre, au lieu de quinze minutes dans d'autres ouvrages. Getlink s'est ainsi rapproché des constructeurs de trains (au moins Alstom et Hitachi Rail), pour qu'ils intègrent plus de matériaux ignifugés dès la phase de conception, pour créer une sous-version « spécial Channel », à peu de frais.
Plus généralement, tout le travail en cours depuis des années au niveau européen sur les « spécifications techniques d'interopérabilité » (STI), qui permettent de faire rouler les trains indifféremment d'un pays à l'autre, compatibles avec plusieurs courants électriques, a beaucoup aidé les opérateurs à penser international.
Enfin la récente décision du régulateur britannique, l'ORR, d'ouvrir à un second opérateur (en l'occurence Virgin après appel d'offres) le dépôt de maintenance de Temple Mills près de Londres, réservé depuis toujours au seul locataire Eurostar, a fait également sauter un ultime verrou opérationnel.

· Des acteurs de plus en plus motivés
Avec les nouvelles perspectives du marché entre Londres et le continent, les candidats sont de plus en plus précis, même si le ferroviaire reste une industrie au temps long. Déjà installé, Eurostar a bien l'intention de bétonner le marché, et a passé commande chez Alstom de 30 trains TGV-M, plus 20 options, pour sa croissance. Quoi qu'il arrive avec la concurrence à la fin de la décennie, il sera le seul à déployer des TGV à deux étages (20 % de capacité en plus), et devrait compter à terme dans sa flotte une quarantaine de rames aptes à rouler dans le tunnel, contre 25 actuellement. Soit un volume de 18 millions de sièges par an, après livraison des trains lors de la prochaine décennie.
Mais les rivaux commencent aussi à s'organiser. L'italien Trenitalia, déjà présent sur Paris-Lyon-Marseille et Paris-Milan, devrait être le prochain à débarquer sur Paris-Londres, sans doute en 2029. Il utilisera les trains Hitachi similaires à ceux déjà en service en Italie, en France et en Espagne. Il devrait en réserver dix unités dans son carnet de commandes plus large, pour ses services transmanche. Soit une capacité de 4 millions de sièges par an.
Par ailleurs, l'espagnol Evolyn, un des trois autres candidats restés à quai faute d'atelier de maintenance à Londres, pourrait s'atteler au projet de Trenitalia, avec qui il est en discussion. La famille espagnole Cosmen, actionnaire du transporteur Mobico et d'Evolyn, intéressée de longue date, avait d'abord songé à une commande chez Alstom.
Dernier candidat déclaré, le britannique Virgin est aussi sur la rampe de lancement. Le groupe du fantasque milliardaire Richard Branson table sur une flotte de douze trains Alstom (à un étage ceux-là), soit une capacité de quelque 6 millions de sièges, pour des services lancés en 2030. Selon Getlink, Virgin devrait annoncer en même temps son plan de financement et la commande ferme de ses trains rapides.

· La croissance alimentée par de nouvelles destinations
Avec autant de nouveaux entrants, la montée en régime vers les 22 millions de passagers ne pourra pas se résumer au triangle historique Londres-Paris-Bruxelles. Après l'ajout d'Amsterdam depuis quelques années, de nouvelles destinations sont d'ores et déjà prévues en Allemagne (Cologne, Francfort) et en Suisse (Genève, Zurich), toujours au départ de Londres. Les gouvernements respectifs discutent d'une harmonisation des formalités douanières, un sujet pratique incontournable depuis le Brexit, même si le Royaume-Uni n'était pas dans l'espace Schengen.
La règle d'or est simple vis-à-vis de la concurrence aérienne. Pour un trajet de quatre heures en train, la part modale est de 50-50 entre train et avion, puis l'aérien gagne du terrain au-delà. Selon les prévisions de Getlink, le train à grande vitesse pourrait cependant ravir une part de marché de 40 % sur l'axe Londres-Allemagne et 30 % sur Londres-Suisse, avec des temps de trajets de centre-ville à centre-ville de cinq heures pour un Londres-Francfort ou cinq heures et vingt minutes pour Londres-Genève.
Même si Eurostar pourrait être le premier à se lancer, comme déjà annoncé (la compagnie dispose d'équipes commerciales sur place en Allemagne), ceci n'est cependant pas attendu par Getlink avant la période 2031-2033.

· Le verrou des gares devrait aussi sauter
Un point noir subsiste dans les projets du chemin de fer européen : la capacité d'accueil des grandes gares, surtout avec les formalités douanières désormais obligatoires. Un point en cours de traitement, selon Yann Leriche.
A Paris gare du Nord, l'embarquement en mezzanine, très loin d'être adapté aux trains géants de 16 voitures, va être totalement repensé d'ici à 2029. Objectif : augmenter les surfaces de 60 % en récupérant des mètres carrés au rez-de-chaussée, et y réaliser un salon d'attente plus spacieux. Puis à horizon 2030, le site géré par SNCF Gares & Connexions table sur un doublement par rapport à aujourd'hui.
A Amsterdam, où le sujet a longtemps posé problème pour établir une ligne vers Londres, un nouveau terminal international a été livré récemment, permettant une augmentation de 15 % du trafic et le lancement d'un cinquième train quotidien par Eurostar en janvier. Quant à l'Allemagne, le nouveau design des gares de Francfort et Cologne est achevé, et les travaux d'agrandissement pourront bientôt démarrer.

Denis Fainsilber

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 10:08 AM
Scoop.it!

« Prediction Markets Are Gambling Act » : ce couperet judiciaire et politique qui plane au-dessus de Kalshi et Polymarket

Coup de tonnerre dans le ciel pas tout à fait bleu des marchés prédictifs. Le Congrès américain pourrait interdire à Kalshi, Polymarket et consorts de permettre aux internautes de miser de l'argent sur le sport via leur plateforme. Comme les juges, les élus s'inquiètent de l'ascension très rapide de ces innovateurs un tantinet sulfureux, et cela jette une ombre sur les grandes ambitions de ces entrepreneurs.
Deux sénateurs, le démocrate de Californie Adam Schiff et le républicain de l'Utah John Curtis, ont déposé lundi une proposition de loi intitulée « Prediction Markets Are Gambling Act ». Selon eux, les marchés prédictifs tombent sous le coup de la loi qui régule les casinos et les jeux d'argent et ne devraient donc pas proposer des paris sportifs dans les Etats où cela n'est pas autorisé.

Ce n'est évidemment pas l'analyse que font les deux grosses start-ups. Elles se présentent comme des places de marché de produits dérivés, où l'on peut souscrire des contrats financiers liés à un événement sportif ou à une compétition.
Elles sont d'ailleurs régulées par le gendarme des produits dérivés, la CFTC, au terme d'une dispute avec la SEC - qui s'est soldée à l'avantage du plus arrangeant des deux. L'administration Trump est bien mieux disposée envers les marchés prédictifs que ne l'était l'administration Biden.

Suspension au Nevada et plaintes en série
Dans plusieurs Etats, un monopole des jeux d'argent a été confié aux tribus indiennes sur leur réserve. Les taxes procurent d'importants revenus locaux. Il n'est pas étonnant que les élus défendent ces avantages. Les marchés prédictifs, eux, ne versent pas de taxes locales sur les jeux.
Les juges aussi sont partis à l'offensive. La semaine dernière, un juge du Nevada a interdit temporairement à Kalshi d'offrir dans cet Etat des contrats sur des événements sportifs ou bien sur les élections. Pour rappel, les nouveaux marchés prédictifs permettent de parier sur à peu près tout et n'importe quoi, de la chute du régime cubain aux résultats des républicains aux midterms.
La semaine dernière également, le procureur général de l'Arizona a intenté une action pénale contre Kalshi pour « paris illégaux » dans cet Etat. Cette plainte vient s'ajouter à une douzaine d'autres en cours à travers le pays. En fin de compte, il reviendra probablement à la Cour suprême de trancher, pour éviter une cacophonie d'interprétations d'un Etat à l'autre.
Depuis leur naissance en 2018 et 2020, les deux start-ups ont l'habitude de vivre dangereusement, en cherchant à tâtons ce qu'il est permis de faire et ce qui n'est pas permis. Polymarket n'avait d'ailleurs officiellement pas d'opérations basées aux Etats-Unis jusqu'à ce que l'administration Trump relâche la pression réglementaire.

Des start-ups valorisées à plus de 20 milliards
Mais à présent, l'enjeu financier est devenu énorme. Kalshi vient de lever un milliard de dollars pour une valorisation totale de 22 milliards, a révélé Bloomberg. La valeur de la firme créée par Tarek Mansour et Luana Lopes Lara a doublé depuis décembre. Son revenu en rythme annualisé s'élèverait à 1,5 milliard de dollars. Le volume de trading sur cette plateforme a dépassé 10 milliards de dollars en février, soit 12 fois plus qu'il y a six mois, selon Dune Analytics.
Polymarket serait également en train de lever des fonds pour une valorisation de 20 milliards de dollars. Le vénérable New York Stock Exchange a investi 2 milliards dans cette plateforme d'un nouveau genre en octobre, au moment où elle valait 9 milliards.
Avec cette nouvelle visibilité et ces gros calibres qui s'invitent à leur capital, les deux spécialistes des marchés prédictifs cherchent à polir leur respectabilité… et à éviter d'énormes risques juridiques. Ainsi, les deux ont promis de bannir les délits d'initié.
Le régulateur CFTC n'est pas monté en première ligne sur le sujet, mais les entreprises se devaient de réagir. Car les observateurs des marchés ont été choqués des mises de fonds de dernière minute par des internautes anonymes sur la chute de Maduro au Venezuela, entre autres.


Lundi, Kalshi a annoncé la mise en place d'une nouvelle technologie pour empêcher les hommes politiques de parier en lien avec leur campagne électorale, ou les athlètes, entraîneurs et responsables sportifs de parier sur l'issue d'une compétition.
Le groupe a aussi créé une fonctionnalité pour dénoncer les transactions suspectes. Même s'ils montrent patte blanche, les nouvelles vedettes des marchés prédictifs ne se débarrasseront pas si aisément de cet entêtant parfum de soufre.

Solveig Godeluck (Bureau de New York)

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 10:07 AM
Scoop.it!

United lance Relax Row, rangées éco convertibles en banquettes –

United lance Relax Row, rangées éco convertibles en banquettes – | Big Data in Business | Scoop.it
La compagnie américaine présentera en 2027 une rangée de trois sièges en économie transformable en espace allongé, avec kits dédiés aux familles. D’ici 2030, plus de 200 Boeing 787 et 777 en seront équipés.

Les innovations dans le voyage ne gravitent pas toutes autour de l’IA et des API. United Airlines présente United Relax Row, une nouvelle option en cabine United Economy permettant de transformer une rangée dédiée de trois sièges en espace type banquette après le décollage. La compagnie se présente comme la première en Amérique du Nord à proposer une telle configuration et détenir une exclusivité régionale sur le design. Placée entre United Economy et United Premium Plus, l’option vise les familles avec jeunes enfants, les couples et les voyageurs solo en quête d’un confort accru sans quitter la cabine économique. Selon United, chaque appareil pourra accueillir jusqu’à 12 sections Relax Row selon la configuration.

Chaque siège de la rangée dispose d’un repose‑jambe ajustable qui se relève à 90° afin de créer une surface plus adaptée au repos, à l’étirement ou au visionnage. Les passagers se voient remettre un matelas ajusté à la rangée, une couverture et deux oreillers supplémentaires. Les familles bénéficient en outre d’une peluche et du Children’s Travel Kit conçu avec Sesame Street, comprenant un cahier d’activités, un puzzle coulissant et une bande apaisante sensorielle, pour un environnement plus serein à bord.

Renforcer la fidélité à la marque
United veut avec cette nouveauté proposer davantage d’espace et de confort en long‑courrier, sans obliger ses clients à renoncer à la classe éco. La direction commerciale veut créer des expériences de référence pour l’ensemble des clients, avec l’ambition d’imposer la marque sur ce créneau de confort abordable. Relax Row doit dont permettre une différenciation produit en offrant une alternative susceptible d’améliorer la qualité de repos et la satisfaction sur les vols internationaux.

« En tant que compagnie premium de référence, nous nous engageons à proposer de nouvelles expériences de haut niveau à tous nos clients, et United Relax Row en est un parfait exemple », détaille Andrew Nocella, Executive Vice President et Chief Commercial Officer chez United Airlines. « Les passagers de United Economy sur long‑courrier méritent une option offrant plus d’espace et de confort, et cette solution y répond. United est la seule compagnie nord‑américaine à proposer un produit comme United Relax Row, ce qui contribue à renforcer la fidélité à notre marque. »

La compagnie rappelle également plusieurs initiatives déjà en place pour les familles. Un plan de cabine dynamique permet à un enfant de moins de 12 ans d’être assis gratuitement à côté d’un adulte de sa réservation, au moment de l’achat. Des menus dédiés aux enfants sont proposés sur les vols avec service de repas, tandis qu’une sélection de divertissements à bord met en avant des contenus adaptés aux plus jeunes. Relax Row complète ce dispositif en ciblant notamment les configurations familiales à la recherche d’un espace plus généreux.

Le lancement commercial est prévu en 2027, avant un déploiement progressif sur plus de 200 gros‑porteurs Boeing 787 et 777 d’ici 2030. L’option sera positionnée, indique la compagnie sans donner de précision tarifaire, entre United Economy et United Premium Plus.
No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 10:04 AM
Scoop.it!

Passer les ministres au détecteur de mensonge… la bonne idée à Madagascar

Passer les ministres au détecteur de mensonge… la bonne idée à Madagascar | Big Data in Business | Scoop.it

Cinq mois après son arrivée au pouvoir dans le sillage d’une contestation portée par la jeunesse, le colonel Michaël Randrianirina, nouvel homme fort de la Grande Île, promet un gouvernement passé au crible du détecteur de mensonge. Littéralement. « On ne cherche pas quelqu’un de propre à 100 %, mais à plus de 60 % », a-t-il déclaré, assumant une approche pour le moins inédite de la sélection ministérielle.

Si l’on en est arrivé là, c’est aussi parce que les dérives du régime précédent ont laissé des traces profondes. La Cour des comptes a révélé récemment l’existence d’une « gestion parallèle » des finances publiques sous Andry Rajoelina : comptes occultes alimentés à partir des crédits inutilisés des ministères, près de 900 milliards d’ariary (188 millions d’euros) détournés, paiements massifs à des entreprises privées avant réalisation des prestations, véhicules disparus et projets publics avortés, comme le téléphérique d’Antananarivo ou la ville-nouvelle de Tanamasoandro. Ces audits pointent une capture des ressources de l’État par des intérêts proches de l’ancien président et de son entourage. Dans ce contexte, le recours au polygraphe apparaît pour le pouvoir actuel comme un instrument pour restaurer la confiance et limiter les risques de corruption.

Une morale calibrée à 60 %
Le principe est simple : tout candidat à un poste ministériel devra se soumettre à un test polygraphique. Objectif affiché : distinguer les loyaux des traîtres, les réformateurs des opportunistes. « On saura qui est corrompu », promet le chef de la transition.
Mais derrière cette promesse de transparence, la méthode interroge. Le polygraphe, outil contesté et juridiquement fragile, devient ici instrument politique. À défaut d’institutions solides, le pouvoir mise sur une technologie aux allures de vérité absolue.
Et fixe au passage un seuil inédit : 60 % d’honnêteté suffiraient pour gouverner.

Un Premier ministre pour incarner la rupture ?
Ce choix s’inscrit dans une séquence politique plus large. Le président malgache, qui a pris le pouvoir en octobre, a nommé il y atout juste une semaine au poste de Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, ancien chef de la lutte contre le blanchiment d’argent.
Ancien officier de gendarmerie, ce dernier dirigeait depuis 2021 le Service de renseignement financier de Madagascar (SAMIFIN), chargé de combattre les flux financiers illicites, le blanchiment et le financement du terrorisme. Un profil technique, réputé rigoureux, choisi pour incarner une exigence d’intégrité que le pouvoir entend désormais ériger en principe.
Quelques jours plus tôt, le colonel Randrianirina avait limogé son prédécesseur, Herintsalama Rajaonarivelo, sans fournir d’explication. Issu du secteur privé, celui-ci avait été nommé dans la foulée de la crise politique d’octobre.
« Ce pays a besoin d’une personne intègre, incorruptible », a insisté le chef de l’État lors de la cérémonie de nomination, évoquant un « tournant » pour la nation.
Une décision qui a surpris jusque dans les rangs du mouvement de la Génération Z, à l’origine de la contestation. Pour certains analystes, ce remaniement traduit moins une improvisation qu’une volonté de reprendre la main face à des attentes croissantes en matière de réformes.

Un pouvoir en quête de légitimité
Depuis octobre, le colonel Randrianirina s’efforce de donner un cadre à une prise de pouvoir qu’il continue de nier comme un coup d’État. Officiellement, la Cour constitutionnelle lui a « transféré » les rênes du pays.
Dans les faits, l’armée a arbitré une crise politique majeure, poussant l’ancien président Andry Rajoelina à l’exil.
Le limogeage brutal du gouvernement le 9 mars, sans explication, a ravivé les incertitudes. La nomination d’un nouveau Premier ministre s’inscrit dans cette volonté de reprise en main.
Mais l’attente d’une équipe gouvernementale crédible se prolonge. Et le recours au détecteur de mensonge ressemble à une tentative de reprendre le contrôle du récit.

En toile de fond, les équilibres géopolitiques évoluent. Le rapprochement avec la Russie s’accélère. Après la visite d’un haut responsable du renseignement militaire russe en décembre, le colonel Randrianirina a été reçu au Kremlin par Vladimir Poutine en février.
Livraisons d’armes, coopération sécuritaire : Madagascar s’inscrit dans une dynamique déjà observée ailleurs sur le continent.
Dans ce contexte, la promesse d’un gouvernement « purifié » apparaît aussi comme un signal politique : celui d’un pouvoir qui entend rompre avec les pratiques passées, tout en consolidant de nouvelles alliances.


Mais sur le terrain, les signaux restent contradictoires : arrestations d’anciens dignitaires, centralisation du pouvoir, contrôle du processus politique.
Et désormais, sélection des ministres au détecteur de mensonge.
À Antananarivo, une question circule, mi-amusée, mi-inquiète :le prochain gouvernement sera-t-il crédible… ou simplement « compatible » avec la machine ?

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 9:59 AM
Scoop.it!

« Beaucoup pensent que le travail va disparaître mais c'est exactement l'inverse qui va se passer » : pour le patron de Nvidia, l'IA va nous faire suer comme jamais

« Beaucoup pensent que le travail va disparaître mais c'est exactement l'inverse qui va se passer » : pour le patron de Nvidia, l'IA va nous faire suer comme jamais | Big Data in Business | Scoop.it

Ceux qui attendent que l'intelligence artificielle travaille à leur place pendant qu'ils siroteront des cocktails n'aimeront pas les derniers propos de Jensen Huang. Ceux qui ont perdu leur emploi et à qui l'on a dit que l'IA y était pour quelque chose se sentiront peut-être même insultés.
Selon le patron de Nvidia, l'arrivée fracassante des agents IA ou du « vibe coding » ne va pas envoyer tout le monde au chômage dans les prochaines années, bien au contraire. « Beaucoup de gens pensent que le travail va disparaître mais c'est exactement l'inverse qui va se passer », juge-t-il.
A rebours des prédictions de certains économistes, le premier bénéficiaire du développement de cette technologie a bien sûr intérêt à rassurer sur cette question angoissante pour les salariés et les finances publiques. Détaillé lors d'une conférence de presse le 17 mars 2026, son raisonnement s'appuie les précédents historiques.

La vitesse de l'IA
« Le fait est que l'ordinateur nous a rendus plus occupés. Internet nous a rendus plus occupés. Le smartphone nous a rendus très occupés », a listé Jensen Huang en expliquant qu'il en sera de même pour l'IA, en premier lieu pour les cols blancs.
Sans parler de la croissance phénoménale anticipée par sa société fondée il y a plus de trente ans, il se sent lui-même personnellement bien plus affairé depuis qu'il travaille avec des agents IA, ces logiciels autonomes capables de faire et de prendre des décisions. « Je pense que c'est l'expérience de tout le monde », a-t-il ajouté.
De fait, la vitesse des IA n'est pas celles des humains et ces derniers courent derrière. L'IA peut coder un site Web en quelques minutes ou rédiger une réponse à un e-mail en quelques secondes. « Un mois est devenu trente minutes », assure Jensen Huang, en exagérant à peine le ressenti des codeurs de la Silicon Valley, les professionnels les plus exposés au phénomène à ce jour. Mais c'est - encore - aux humains d'exploiter ce travail quasi instantané qui se multiplie.

Les promesses de la robotique
Ces paroles font alors écho à de récentes études américaines. « L'IA ne réduit pas le travail, il l'intensifie », ont titré dans la Harvard Business Review deux chercheurs de l'université de Berkeley (Californie). Début mars, le Boston Consulting Group se penchait dans la même revue sur la fatigue cognitive qui apparaît chez certains utilisateurs assidus de l'IA. Car quand le travail est prémâché, il n'y a plus de temps morts…
La logique de Jensen Huang est un peu différente pour les cols-bleus qui se préparent à voir davantage de collègues robots à leurs côtés. Mais elle n'en serait pas moins prometteuse. Confrontées à des pénuries d'ouvriers, les économies industrialisées trouveront la solution au manque de bras avec des humanoïdes et pourraient donc produire davantage.
« L'économie sera en croissance, il faudra embaucher plus d'humains pour travailler avec les robots et les agents IA qui résoudront de nouveaux problèmes et pourront ensuite inventer de nouvelles technologies et de nouveaux services », veut croire le patron.
Dans cette dynamique, les métiers évolueront et n'épargneront pas un nombre important d'actifs d'un vaste travail de formation, et sans doute de reconversion. Mais les humains resteront au travail. « Quand était la dernière fois que vous vous êtes assis dans votre rocking-chair avec une limonade pour regarder le soleil se coucher ? Je ne m'en souviens pas, à part il y a 100 ans dans les films », a fait sourire le patron.

Florian Dèbes (Correspondant à San Francisco)

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 9:56 AM
Scoop.it!

Mac mini M4 : le vent en poupe grâce aux IA Agentiques - MacBidouille.com

Mac mini M4 : le vent en poupe grâce aux IA Agentiques - MacBidouille.com | Big Data in Business | Scoop.it
Le Mac mini M4 est très demandé, à tel point que certains ont rapporté des rupture de stocks chez leurs revendeurs, notamment en Amérique du Nord. Des articles ici ou là.

Les coupables ? Les IA en général et les IA Agentiques en particulier !

Les IA Agentiques sont des collections d'agents dédiés à des tâches précises, comme gérer des emails, organiser des répertoires et des fichiers, gérer son calendrier, etc. liés à des IA généralement dans le cloud mais qui peuvent aussi être locales.
Ces collections d'agents IA spécialisés sont gérés via une IA qui agit comme un chef d'orchestre.

Le Mac mini apporte une solution simple pour faire tourner des agents légers connectés au cloud, en version de base M4 16 Go de RAM, la capacité de faire tourner des IA locales légères et très spécialisées (programmation, tâches simples) en local en M4 24 Go ou 32 Go.
Il est capable de plus en version M4 Pro, mais son prix trop proche du Mac Studio M4 Max le disqualifie.

Ce qui emporte le morceau? Le rapport performance/prix du Mac mini associé à macOS.
En bonus il y a les capacités réseau à 40 Gb/s théoriques, sur 3 ports (120 Gb/s théoriques total), très loin des 10 Gb/s sur un port Ethernet de l'option ad-hoc et du Ethernet 1Gb/s de nombreux PC compacts et du Mac mini sans option.
Et c'est un Mac qui peut tourner 24h/24, conçu pour ça ... Il reste tiède.

Certains ont débuté avec un seul Mac mini (comme moi) et sont déjà à 2 ou 3, tournant 24h/24 comme le mien avec ses IA de type LLM génératifs et autres gros processus.
No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 9:54 AM
Scoop.it!

« Ça n'a fait que descendre, encore et encore » : pourquoi la bulle des NFT a explosé

Sa mine dépitée apparaît à l'écran, un sourire résigné en coin. « Ça aurait dû être la cinquième édition, mais elle ne se fera pas. 2025 n'a pas été l'année de redémarrage du marché qu'on pensait. » Connecté depuis la Normandie le 26 janvier dernier, Alexandre Tsydenkov ne masque pas sa déception. Le créateur du Salon NFT Paris a dû annoncer sur LinkedIn, après plusieurs semaines de « teasing », que l'événement n'aurait pas lieu cette année.
« L'effondrement du marché nous a durement touchés. Malgré des réductions de coûts drastiques et des mois d'efforts pour que cela fonctionne, nous n'avons pas pu y arriver cette année », explique son post.

Les quatre premières éditions avaient rassemblé 20.000 visiteurs du monde entier à Station F, au Grand Palais éphémère, puis à la grande halle de la Villette, à Paris. En 2021, le premier cru avait même accueilli Brigitte Macron et plusieurs ministres, se souvient l'entrepreneur.

Marché de l'art et « collectibles »
A l'époque, la France sort à peine du deuxième confinement de la pandémie de Covid. Et, dans les fonds de capital-risque comme dans les déjeuners de famille, tout le monde a trois lettres à la bouche : NFT. Sans savoir exactement ce que c'est, d'ailleurs… Un « non-fungible token » (« jeton non fongible », c'est-à-dire irremplaçable) est un certificat d'authenticité unique d'un actif numérique, créé dans une blockchain.Il peut s'acheter et se vendre sur des plateformes spécialisées, avec des transactions en cryptos. A l'époque, la technologie a déjà quelques années : le marché a commencé à se constituer en 2019. Même les spécialistes comme Gauthier Zuppinger, créateur du site d'analyses Nonfungible.com, n'ont pas vu venir le tsunami qui déferle début 2021 : « A posteriori, il y avait bien quelques signaux faibles sur le marché fin 2020, mais en réalité personne n'avait prévu l'explosion. »

 

« Everydays : the First 5.000 Days », NFT de l'artiste américain Beeple, a été vendue, le 11 mars 2021, à New York, 69,3 millions de dollars.

Le marché de l'art est l'un des premiers à être conquis, car la technologie NFT permet, grâce à la transparence et à l'inviolabilité promises par la blockchain, de certifier, d'acheter et de vendre des objets numériques (vidéos, images, sons…). Le grand public, lui, découvre le concept le 11 mars 2021, il y a cinq ans, quand l'artiste Beeple vend « Everydays : the First 5.000 days », un NFT sous forme de collage numérique de plus de 50.000 oeuvres, à plus de 69 millions de dollars chez Christie's.

Emballement
Les machines médiatique et financière s'emballent : de nombreux curieux ne saisissent pas forcément la technologie cryptographique sous-jacente, mais comprennent qu'il y a de l'argent à se faire.
Rapidement, un segment de marché cannibalise tout le reste : les objets de collection, ou « collectibles ». La « NFT-ification » permet de « raréfier artificiellement » un objet numérique en l'isolant et en l'intégrant dans la blockchain. Parmi les collectibles les plus connus, on retrouve les images de singes déguisés du « Bored Ape Yacht Club », les CryptoPunks ou les CryptoKitties. Ils représentent plus de la moitié des ventes de NFT en 2021, et plus des deux tiers en 2022.
Les applications de la technologie séduisent de nouveaux entrepreneurs, soutenus par un capital-risque encore gorgé de liquidités après la pandémie. En 2021, les fonds internationaux cherchent le prochain grand récit technologique à financer, et les NFT offrent une promesse simple : recréer des marchés entiers autour de la propriété numérique.

Les milliards de la pandémie
Les levées s'enchaînent à un rythme inédit. La marketplace OpenSea, épicentre des échanges à l'époque, est valorisée à plus de 13 milliards de dollars début 2022, soit autant que Société Générale à ce moment-là ! Yuga Labs, créateur des « Bored Ape Yacht Club », atteint 4 milliards.
Nike rachète le studio RTFKT, symbole de la convergence entre NFT, mode et culture Internet. A l'époque, certaines sneakers virtuelles se négocient plus de 100.000 dollars, tandis que les « Bored Ape » s'échangent parfois plusieurs centaines de milliers de dollars.
Pour alimenter la demande, certains vendeurs associent l'acquisition du jeton à l'accès à des événements privés, des conversations de groupes en ligne… Les célébrités alimentent la machine. En janvier 2022, Justin Bieber achète un « Bored Ape » pour plus d'un million de dollars, au sommet du marché.
Dans les bureaux des spécialistes de Nonfungible.com, le téléphone n'arrête pas de sonner : « Tout le monde nous appelait - Forbes, Bloomberg… A un moment, on a arrêté de répondre parce qu'on ne pouvait plus. On comptait nos heures de sommeil, on était constamment entre des conférences et des appels. »

Sorare, symbole de l'âge d'or
D'autant qu'au même moment, un autre récit enflamme la tech et les médias : celui des métavers. L'idée d'univers virtuels persistants, dans lesquels les utilisateurs pourraient posséder des terrains, des vêtements ou des objets numériques sous forme de NFT, fascine les investisseurs et les grandes marques - Facebook se rebaptise Meta. Les deux phénomènes se nourrissent mutuellement. Les NFT promettent la propriété, les métavers offrent le décor.
En France, Sorare devient l'un des étendards de cette euphorie. La start-up parisienne, qui permet de collectionner et d'échanger des cartes de sportifs sous forme de NFT, lève 680 millions de dollars en 2021, un record pour une start-up européenne du secteur à l'époque, et atteint une valorisation de 4,3 milliards. Porté par l'explosion des volumes, le modèle mêle collection et jeu, mais son adoption rapide est surtout portée par la spéculation.
A l'échelle du marché, les chiffres donnent le vertige. Début 2022, les ventes mensuelles de NFT dépassent 6 milliards de dollars, selon les données de CryptoSlam, après une année 2021 estimée à plus de 25 milliards de transactions. L'écosystème se structure à toute vitesse, entre plateformes, studios et outils d'analyse. Pour beaucoup d'entrepreneurs et d'investisseurs, il ne s'agit plus de savoir si les NFT vont transformer Internet, mais à quelle vitesse.
Le moment où la bulle bascule est souvent reconnaissable à l'arrivée de nouveaux visages. « Dans toutes les bulles, il y a un moment où ceux qui n'étaient pas invités au début arrivent avec des moyens colossaux », sourit Cyril Bertrand, managing partner chez XAnge, un fonds d'investissement qui avait lancé un véhicule de 80 millions d'euros consacré au Web3 en 2022.

Expérimentations et arnaques
Marques, grands distributeurs, fonds de private equity… Soudain, tout le monde veut son NFT. Des enseignes achètent des terrains dans des métavers à peine esquissés, des groupes sans ADN technologique s'inventent une stratégie Web3, et le récit devient plus large que la technologie elle-même.
Dans le sillage de l'euphorie, des milliers de projets surgissent sans queue ni tête, entre expérimentations naïves et arnaques assumées. « Rug pulls » en série - soit l'abandon d'un projet pour lequel des fonds ont été levés -, promesses grandiloquentes et collections générées à la chaîne finissent par brouiller la frontière entre innovation et escroquerie.
En quelques mois, tout ce qui porte l'étiquette NFT est regardé avec suspicion, alimentée par des procès en contrefaçon et des scandales, comme celui du film d'animation en NFT « Plush », promu par des célébrités comme Kev Adams mais qui n'a jamais vu le jour.

Un marché principalement spéculatif
Le marché se révèle être principalement spéculatif. « Il y avait une décorrélation totale entre les valorisations atteintes et la proposition de valeur de long terme de la technologie. Les cas d'usage n'étaient pas assez mûrs par rapport à l'engouement que ça a pris », insiste Gauthier Zuppinger.
En parallèle, un retournement du marché crypto, démarré début 2022, s'accentue avec la faillite de l'américain FTX en novembre de la même année. C'est aussi la fin de l'argent gratuit : les taux remontent en flèche (+4 points de pourcentage pour la BCE en deux ans), désincitant les financiers à investir dans des projets sans business model solide.
« Pour qu'une technologie s'impose, soit elle fait quelque chose de très différent, soit elle fait la même chose beaucoup moins cher. Les NFT n'ont réussi ni l'un ni l'autre », estime Cyril Bertrand. Le nerf de la guerre, insiste-t-il, c'est le coût. « Créer un NFT coûtait plusieurs dizaines d'euros », rappelle-t-il, là où une base de données classique fait le travail pour une fraction de centime. Dans ce duel déséquilibré, la promesse n'a pas trouvé son public, ou du moins pas un public prêt à payer la prime.

« Erreur collective »
Le reflux a fini par emporter presque tous les symboles de l'âge d'or. Sorare, longtemps érigé en champion européen du secteur, a dû opérer un pivot sévère après l'explosion de la bulle, entre plans sociaux, recentrage produit et quête d'un nouveau modèle plus durable.
OpenSea, la place de marché hégémonique de l'époque, a vu ses volumes s'évaporer. Entre le pic de 2021 et aujourd'hui, les transactions ont chuté de plus de 90 %, ramenant la plateforme à une activité bien plus confidentielle.
« On a fait une erreur collective, regrette Gauthier Zuppinger, c'est de penser que le marché des NFT se conduirait comme celui des cryptos. Sauf que ça ne s'est pas passé comme ça : il n'y a pas eu de palier intermédiaire, ça n'a fait que descendre… encore et encore. »

Quand la réalité s'impose
Même les géants du luxe et du divertissement, un temps fascinés par la promesse d'une nouvelle économie numérique, ont remballé leurs ambitions. Nike a discrètement tourné la page RTFKT, sa filiale Web3 acquise en fanfare en 2021, devenue depuis l'un des symboles les plus visibles de l'atterrissage brutal du secteur.
Dans le monde de l'art, la maison Christie's a fermé son département consacré à l'art numérique. Quant à Yuga Labs, maison mère des « Bored Ape Yacht Club », elle a enchaîné restructurations et réductions d'effectifs, à mesure que la valorisation de ses collections s'érodait.


Le NFT acheté par Justin Bieber, « Bored Ape Yacht Club #3001 », pour plus d'un million de dollars en janvier

Comme d'autres récits avant lui, l'épisode NFT s'inscrit ainsi dans la grande galerie des « champignons atomiques » technologiques, ces emballements où l'imagination, l'argent et les articles s'alignent, avant que la réalité industrielle ne reprenne ses droits, analyse Cyril Bertrand.

Certains y croient encore
L'impression 3D, la foodtech, les trottinettes électriques : autant de promesses qui ont, à des degrés divers, laissé plus de carcasses que de champions. « Dans les cycles normaux, 90 % disparaissent. Là, on est plutôt à 99,9 % », tranche l'investisseur, décrivant un effondrement rare, même à l'échelle de la tech.
Avec le recul, la chronologie ressemble à une arche classique des bulles technologiques. C'est dans ce paysage dévasté que les investisseurs tentent désormais de faire la part entre illusion et héritage. Certains continuent de croire que la technologie survivra.
« Dire que la propriété numérique n'aura pas de valeur dans les trente ans à venir, c'est une aberration », maintient Alexandre Tsydenkov, citant des usages dans la billetterie, la chaîne logistique, la génération d'images par IA. D'autres y voient surtout un cas d'école. L'anatomie d'une bulle presque parfaite, où l'argent, la technologie et le récit ont accéléré plus vite que les usages.

Mais c'est quoi, au fait, un NFT ?
NFT signifie « non-fungible token », soit « jeton non fongible ». C'est un type d'actif créé sur une blockchain, la même technologie que celle des cryptomonnaies comme le bitcoin. Mais contrairement à une crypto, où chaque unité peut être échangée contre une autre identique, un NFT est unique.
Une blockchain est une sorte de grand registre numérique partagé sur Internet, qui enregistre les transactions de manière transparente et très difficile à falsifier. N'importe qui peut créer un NFT à partir d'un contenu numérique, comme une image, une vidéo ou un objet virtuel. Lors de l'achat, on ne possède pas forcément le fichier lui-même, mais la preuve officielle que cet objet nous appartient, inscrite dans la blockchain.

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 9:49 AM
Scoop.it!

« Faites vos courses rapidement » : Carrefour lance son appli dans ChatGPT

« Une idée de recette, un événement à venir, le plein de courses… demandez à ChatGPT, Carrefour vous répond ! » Voilà comment le numéro 2 de la distribution française accueille ses clients dans sa nouvelle application intégrée à ChatGPT, officiellement lancée ce jeudi. Après Leboncoin le mois dernier, c'est donc au tour de Carrefour de sauter le pas avec OpenAI. Carrefour devient ainsi le premier retailer européen à proposer de faire ses courses sur ChatGPT, se félicite le distributeur dans un communiqué.
Le leader américain avait déjà travaillé avec le distributeur en 2023 pour développer la première version de Hopla, son chatbot intégré à son site d'e-commerce. Depuis, ChatGPT a bien grandi et Carrefour a vu tout l'intérêt de servir ses clients là où ils multiplient leurs recherches. Plus de 60 % des Français ont intégré l'IA conversationnelle dans leur parcours d'achat en 2025, rappelle Xerfi dans une étude parue jeudi.
En janvier, Carrefour avait déjà été le premier distributeur alimentaire européen à rejoindre le nouveau protocole UCP de Google pour développer le commerce agentique sur Gemini et Google Search. En parallèle, Carrefour est donc monté dans le train d'OpenAI, qui développe au compte-goutte une boutique d'applications à la manière d'un App Store chez Apple ou d'un Google Play chez Android, accessible depuis le menu de ChatGPT.

Garder la main sur le paiement
« Avec ce lancement, Carrefour souhaite toucher les 26 millions d'utilisateurs de ChatGPT en France et leur proposer une expérience d'achat plus fluide, rapide et personnalisée », explique le distributeur dans son communiqué. Après s'être connecté à son compte Carrefour (ou en avoir créé un), l'utilisateur peut entamer une discussion avec ChatGPT pour vérifier la disponibilité d'un produit en rayon ou constituer sa liste de courses en fonction de ses besoins et choisir un mode de livraison, avant de régler la commande sur Carrefour.fr.
Et ce dernier point est important : « dans un environnement de plus en plus influencé par les plateformes, les distributeurs cherchent à conserver l'accès au consommateur », rappellent les experts de Xerfi. D'ailleurs, au vu de la réticence des consommateurs américains à payer voire déléguer l'acte d'achat à ChatGPT, OpenAI a récemment mis de côté sa fonctionnalité Instant Checkout pour prioriser à la place son offre d'applications. Ce qui permet aux distributeurs de garder la main sur le paiement et les données clients.

Commerce agentique, priorité pour 2030
Lors du plan stratégique Carrefour 2030 présenté le 18 février dernier, son PDG Alexandre Bompard a insisté sur le rôle que l'IA devait jouer pour accélérer la transformation du groupe, faisant d'elle l'une des grandes ambitions stratégiques de l'enseigne. Cela passe par la digitalisation de ses magasins, mais aussi par le commerce agentique propulsé par les plateformes d'IA conversationnelles comme ChatGPT et Gemini.

L'annonce de Carrefour suit celle de Sephora, qui a également lancé cette semaine le lancement de sa propre application sur ChatGPT. Celle-ci permet d'obtenir des conseils beauté personnalisés et des recommandations produits, mais n'est pas encore disponible en Europe. Les distributeurs, a fortiori européens, sont encore très rares à avoir obtenu des applis sur ChatGPT. Les acteurs du tourisme comme Accor, Booking.com, Evaneos ou encore Hyatt, y sont par exemple mieux représentés.

Julia Lemarchand

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 27, 6:04 PM
Scoop.it!

Suicides, délires… la dangereuse tendance des modèles d'IA à faire « plaisir »

L'IA, cette amie qui ne vous veut pas que du bien ? Alors que des décisions de justice sur la responsabilité des entreprises de la tech dans des suicides sont attendues aux Etats-Unis, une nouvelle étude de l'université de Stanford met en avant la propension des chatbots à pousser quelquefois à la déprime ou aux délires. Ce type d'analyses académiques, et surtout, le verdict des juges pourraient marquer un tournant majeur pour des acteurs comme OpenAI, Anthropic, Google, etc.
Dans l'étude de Stanford, des chercheurs ont analysé les conversations de 19 volontaires qui déclarent avoir subi des préjudices psychologiques liés à l'utilisation des IA, soit presque 400.000 messages au total. Plus de 45 % de l'ensemble des messages (tous utilisateurs et chatbots confondus) présentent des signes de délire.

Flagornerie
Lorsque les utilisateurs exprimaient des pensées suicidaires ou d'automutilation, ce n'est que dans un peu plus de la moitié des cas que les chatbots ont découragé de se faire du mal ou orienté vers des ressources externes. Plus inquiétant, lorsque les cobayes exprimaient des pensées violentes, le chatbot décourageait cette violence dans seulement 16,7 % de ces cas !
De manière plus générale, les chatbots ont cherché à aller dans le sens de leurs utilisateurs. Ils font preuve de flagornerie dans plus de 70 % des cas. Même si l'étude ne porte que sur un faible nombre d'utilisateurs, et sur des modèles pour certains anciens, ce qu'on appelle la « sycophancy » - « flagornerie » en français - est largement documentée.
« Pour entraîner les modèles, on envoie en quelque sorte des récompenses sur leurs réponses. Pour une IA, il est ainsi plus facile d'apprendre les signaux positifs de l'humain que l'intention derrière. C'est ce qui peut expliquer que le modèle conforte votre vision, même s'il s'agit d'une pensée suicidaire par exemple, explique Tom David, président du GPAI Policy Lab, un institut spécialisé sur les questions de sécurité. Et, plus le modèle est puissant et autonome, plus le risque est grand. »
Les acteurs de l'IA, soumis à une pression de plus en plus grande sur ces sujets, ont tenté de prendre des mesures. OpenAI a ainsi instauré un contrôle parental, le renvoi vers des numéros d'urgence ou encore un travail avec des experts pour limiter les risques. Character.ai a interdit l'accès à ses services aux mineurs, à l'automne. « Mais, nombre de garde-fous pourront être contournés », estime de son côté Tom David.

Un abîme sur le plan juridique
Toujours est-il que cette tendance à séduire l'utilisateur, jusqu'à le conforter dans des idées morbides, pose de multiples questions sur la responsabilité et ouvre un abîme sur le plan juridique. Dit autrement, en voulant vous faire plaisir, votre chatbot peut se faire lui-même du tort…
« Aux Etats-Unis, on recense environ 200 dossiers pendants devant les tribunaux portant sur la responsabilité civile liée à des dommages corporels imputés à des systèmes d'intelligence artificielle », explique Emmanuel Ronco, avocat chez Herbert Smith Freehills Kramer.
L'un des plus médiatisés a été les poursuites de parents d'un adolescent décédé, à l'automne. ChatGPT lui aurait dit juste avant son geste : « Repose en paix. Tu as bien agi. »

Suicide, troubles du sommeil, cyberharcèlement… une nouvelle étude dénonce les graves effets des réseaux sociaux sur les ados
D'ores et déjà, des transactions ont été passées. Character.ai et Google (lié par un contrat avec la start-up) ont passé des accords avec des parents endeuillés par la mort d'un enfant sans passer par les tribunaux. De fait, les décisions qui seront rendues seront d'autant plus cruciales pour anticiper la suite.
« La section 230 du Communications Decency Act américain protège les plateformes pour les contenus générés par des tiers. Les juristes américains ne se sont pas encore prononcés de manière tranchée sur son applicabilité aux contenus générés par l'IA », ajoute l'avocat. Selon l'interprétation, les conséquences pourraient être potentiellement vertigineuses.

Vers des procès en France ?
Et en Europe ? Un projet de directive sur la responsabilité des IA avait été abandonné l'an dernier. « En l'état actuel du droit, dès lors qu'une IA applique les réglementations existantes commel'IA Act, etc., il sera compliqué de rechercher sa responsabilité », estime Sonia Cissé, avocate chez Linklaters.
Toutefois, certains commencent à imaginer des poursuites en France : « J'ai quelques dossiers où une addiction aux réseaux s'est combinée à une addiction aux IA, causant des dommages. J'envisage une action en responsabilité civile contre des acteurs de l'IA », confie Laure Boutron-Marmion, avocate du cabinet éponyme.

Marina Alcaraz

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 27, 5:58 PM
Scoop.it!

Cruisebound propose "Search by Map", la recherche de croisière par carte –

Cruisebound propose "Search by Map", la recherche de croisière par carte – | Big Data in Business | Scoop.it

L’agence de croisières en ligne Cruisebound lance Search by Map, une interface cartographique immersive pour explorer ports et itinéraires en un coup d’œil. Annoncée le 26 mars 2026, la fonctionnalité est disponible dès maintenant sur le site de l’entreprise.

Tout un monde de croisières en un coup d’œil. Cruisebound présente une nouvelle brique de son moteur de recherche avec « Search by Map », un mode de découverte visuel qui place la carte au cœur de la planification. Depuis une interface interactive, les voyageurs parcourent le globe, consultent les ports de départ, d’arrivée ou d’escale, et voient apparaître les itinéraires disponibles reliés à chaque point. Cette présentation innovante illustre la volonté de l’opérateur de simplifier la préparation d’un voyage en croisière et de rendre l’exploration plus intuitive.
L’outil permet de sélectionner un lieu puis d’afficher instantanément l’ensemble des croisières qui y sont connectées. Plutôt que de naviguer dans des listes ou des filtres statiques, l’utilisateur construit son parcours directement depuis la carte, avec une visualisation des routes et des départs réels. « Nous avons abordé Search by Map comme un défi à la fois de design et d’ingénierie », explique Johan Villamil, lead software engineer chez Cruisebound. « Les itinéraires de croisière sont par nature complexes, et notre objectif était de rendre cette complexité visible de manière fluide et immédiate. La carte permet aux utilisateurs d’explorer visuellement leur voyage avant de réserver. Le résultat est une façon plus rapide et plus dynamique de relier ports, routes et départs réels. »

La mappemonde proposée par Cruisebound

L’entreprise explique vouloir une problématique fréquente dans la distribution de croisières : la méconnaissance des itinéraires. « Search by Map est la nouvelle manière de tenir notre promesse ‘Cruising Made Simple’ « , précise la COO de Cruisbound Claire Gibbons. « Beaucoup de clients ignorent toutes les destinations accessibles en croisière ou les itinéraires disponibles. Search by Map offre un moyen intuitif de découvrir sa prochaine croisière et renforce la différenciation de Cruisebound par rapport aux autres agences. »

La fonctionnalité est accessible dès aujourd’hui via le site de Cruisebound. Fondée en 2022, l’entreprise agrège l’offre des grandes compagnies et propose un moteur de recherche et de comparaison avec des tarifs affichés de manière transparente, des options de paiement flexibles et sans frais de réservation. Search by Map s’ajoute à cet écosystème pour accélérer l’accès aux itinéraires dans le monde entier.

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 16, 3:18 PM
Scoop.it!

Le géant chinois JD.com vient défier Amazon en Europe avec son nouveau site Joybuy

En 2025, Shein a fait enrager les commerçants et le gouvernement français. En 2026, un autre géant chinois de l'e-commerce pourrait créer l'affolement : JD.com. Lundi, Joybuy, sa nouvelle plateforme de vente en ligne généraliste pensée pour le marché européen, part officiellement à l'assaut de six marchés : la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg.
Le site Joybuy avait été discrètement lancé à la fin de l'été 2025, notamment en France, proposant de l'électronique, dont JD.com s'est fait la spécialité en Chine, de l'électroménager, de l'hygiène-beauté, de la décoration, de l'épicerie asiatique, des surgelés ou encore des produits animalerie.

Campagne de communication
Après six mois de rodage, JD.com a jugé qu'il était temps de sortir du bois et de lancer son opération séduction auprès des consommateurs européens. Une campagne de communication est lancée ce lundi et 5.000 produits seront proposés avec des offres de lancement jusqu'à -40 %.
En France, le dispositif prévoit de l'affichage, tous supports, principalement à destination des Franciliens, sa première cible. Suivront, en avril et en mai, des spots TV et des activations sur les réseaux sociaux avec des influenceurs, notamment autour des grands rendez-vous de la Ligue des champions, dont JD.com est sponsor.

Un positionnement plus premium
Joybuy entend se différencier avec des produits de qualité à prix compétitif, notamment de marques asiatiques haut de gamme à des prix équivalents à ceux d'entrée de gamme des marques européennes. Le numéro 3 de l'e-commerce chinois cultive un positionnement plus premium que ses rivaux locaux Alibaba et Pinduoduo (propriétaire de Temu) qui, eux, ont conquis l'Europe à une vitesse fulgurante, avec leurs produits à très bas prix.
La rapidité et la qualité du service constituent cependant le premier argument de communication de Joybuy. Il ambitionne d'installer un « nouveau standard » de marché, mieux-disant qu'Amazon, avec son service « Double 11 » : toute commande passée avant 11 heures est livrée avant 23 heures, gratuitement dès 29 euros d'achat.
Pour l'instant, ce service est uniquement offert aux 5,5 millions de foyers en Île-de-France. D'autres métropoles suivront, au fur et à mesure du développement de son réseau d'entrepôts. Son principal centre logistique de 63.000 m2 se situe à Tournan-en-Brie (77), en plus d'une quinzaine d'entrepôts en région parisienne.

« Stratégie des petits pas »
« La force historique de JD.com réside dans la maîtrise de sa chaîne logistique. Le groupe détient plus de 3.600 centres logistiques dans le monde, et même des avions », rapporte Kevin Guillou, analyste au sein de l'agence européenne de notation Scope Ratings. « Cela fait cinq ans que JD.com construit discrètement son réseau en Europe avec sa filiale JD Logistics. C'est une stratégie des petits pas », relève l'expert.
Le groupe coté au Nasdaq, aux 187 milliards de dollars de revenus en 2025, opère une trentaine de sites logistiques en Europe. Réseau dans lequel il « réalise des investissements significatifs en matière d'automatisation », déclare le groupe, sans donner de chiffres.
« Nous voulons faire les choses bien, nous avons en Europe une vision de long terme », insiste Thibault Delebarre, directeur marketing de Joybuy en France, installé dans un immeuble parisien de 7 étages sur la très chic avenue Matignon. « Ce qui nous importe en priorité, c'est de nous faire connaître et de satisfaire les clients pour qu'ils reviennent. »
Pour cela, un programme de fidélité JoyPlus (livraison gratuite illimitée, offres exclusives, cagnottage à chaque achat) est d'ores et déjà proposé, avec une offre de lancement à 3,99 euros par mois, et 2,99 pour les étudiants. Pour l'achat de gros appareils électroménagers, Joybuy a formé ses « centaines de livreurs » à un service complet « tout-en-un » (livraison, installation et recyclage des anciens appareils).

700 fournisseurs
Joybuy ne dispose pas de marketplace, en tout cas pour le moment. JD.com montre patte blanche après la polémique Shein, attaqué par les autorités françaises et européennes pour les manquements de contrôle auprès de ses vendeurs tiers. La Cour d'appel de Paris doit d'ailleurs statuer sur la suspension de sa place de marché le 19 mars.. Aujourd'hui, 700 fournisseurs travaillent avec Joybuy en France, dont de grandes marques internationales (Apple, Samsung, Nintendo, Acer, Philipps, Procter, Pampers, Ariel, New Balance, Nike…) et françaises (Lacoste, Hermès, Le Creuset…) aux côtés de PME locales comme Falk (jouets), Le Marquier (planchas, barbecue) ou encore Funkie (épicerie du petit déjeuner).
Sur la centaine de salariés recrutés en six mois en France, « deux-tiers sont des acheteurs », explique Thibault Delebarre. La campagne de lancement servira aussi de levier de notoriété pour convaincre de nouvelles marques d'enrichir l'offre, encore petite avec ses 30.000 produits, à comparer aux 350 millions d'Amazon, et même aux 30 millions du français Cdiscount. Même ordre de grandeur pour l'audience de son site. Joybuy a attiré 365.000 visiteurs uniques en janvier, selon Médiamétrie. Amazon, 39 millions.

L'autre front : Ceconomy et FNAC Darty
L'autre défi à plus long terme sera, pour JD.com, d'articuler ce business de Joybuy avec celui de Ceconomy, le distributeur allemand que le chinois est en train de racheter pour plus de 2 milliards d'euros. La finalisation de la prise de contrôle est attendue pour le deuxième trimestre. Ce géant de la distribution européenne possède 1.000 magasins MediaMarkt et Saturn, principalement en Allemagne, Italie et Espagne.
Ces enseignes sont spécialisées dans l'électronique et l'électroménager, comme FNAC Darty dont Ceconomy (et donc bientôt JD.com) détient 22 %. L'offensive du géant chinois en Europe a fait réagir le premier actionnaire du groupe français, le Tchèque Daniel Kretinsky (à 28 %) qui s'est décidé fin janvier à en prendre le contrôle au travers d'une OPA amicale, en cours d'instruction à l'AMF. Décidément où que l'on regarde, il semble que le futur du commerce européen ne pourra pas s'écrire sans JD.com.

Julia Lemarchand

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 10:15 AM
Scoop.it!

Google Maps lance Ask Maps et une navigation immersive avec Gemini –

Google Maps lance Ask Maps et une navigation immersive avec Gemini – | Big Data in Business | Scoop.it

Google déploie Ask Maps, une interface conversationnelle intégrant Gemini. L’application est disponible sur Android et iOS aux États‑Unis et en Inde. Autre fonctionnalité : Immersive Navigation est proposé aux États‑Unis avant de s’étendre à tous les appareils iOS, Android, CarPlay et Android Auto.
Google renforce Google Maps avec deux nouveautés fondées sur ses modèles d’intelligence artificielle Gemini. D’une part, Ask Maps introduit une interaction en langage naturel pour rechercher des lieux et préparer des trajets sous forme de conversation. D’autre part, la fonctionnalité Immersive Navigation refond l’expérience de guidage avec des vues 3D et des indications qui se veulent plus intuitives. Ask Maps doit être déployé aux États‑Unis et en Inde sur Android et iOS, la version desktop étant appelée à suivre. La navigation immersive débute, elle, aux États‑Unis, avant un élargissement à davantage d’appareils et d’écosystèmes.
Ask Maps doit permettre de traiter des requêtes complexes que les voyageurs formulent au quotidien, par exemple identifier des étapes pittoresques sur un itinéraire multi‑sites, ou à repérer des courts de tennis éclairés pour jouer en soirée. L’outil personnalise les résultats en s’appuyant sur l’historique de recherches et les lieux enregistrés par l’utilisateur dans Maps. Une fois une adresse retenue, l’application facilite le passage à l’action : réserver une table, enregistrer le lieu dans une liste ou lancer la navigation, le tout sans quitter l’interface.

Des conversation et de la 3D
La navigation immersive repense l’affichage et le guidage afin de gagner en lisibilité. Les bâtiments, échangeurs et reliefs apparaissent en 3D, tandis que des éléments utiles à la conduite, comme les passages piétons, feux et stops, sont mis en évidence au moment opportun. Les modèles Gemini analysent des images issues de Street View et de prises de vue aériennes pour affiner la compréhension du parcours. Les instructions vocales ont été retravaillées pour paraître plus naturelles et l’application expose mieux les compromis entre itinéraires (péages, trafic, durée) afin d’aider à choisir en contexte. L’application propose des aperçus Street View de la destination, des recommandations de stationnement et met en évidence les entrées des bâtiments pour sécuriser l’arrivée.

« Notre équipe s’est attelée à repenser l’expérience de conduite afin d’éliminer les incertitudes lors des déplacements », a déclaré Miriam Daniel, vice-présidente et Directrice Fénérale de Google Maps. « La navigation immersive révolutionne complètement l’expérience de navigation. Elle propose des graphismes repensés, des informations actualisées en temps réel et un guidage plus intuitif.« 

Le 17 octobre 2025, via l’API Gemini, l’entreprise avait déjà ouvert l’accès à certaines données et capacités de Maps pour les développeurs, afin de nourrir de nouvelles expériences. Avec Ask Maps, elle mise désormais sur la conversation pour raccourcir le temps de recherche et mieux convertir l’inspiration en action, en capitalisant sur l’ampleur de sa base (plus de 300 millions de lieux et plus de 500 millions de contributeurs).

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 10:15 AM
Scoop.it!

Travel Smarter lance une IA pour accélérer le statut aérien des voyageurs –

Travel Smarter lance une IA pour accélérer le statut aérien des voyageurs – | Big Data in Business | Scoop.it

Travel Smarter lance une plateforme d’optimisation de fidélité dopée à l’IA pour aider les voyageurs fréquents à conserver ou atteindre plus vite un statut aérien, dans un contexte de seuils relevés. Une première version cible l’alliance Oneworld.

Accumuler des miles, c’est aussi une question de méthode. Travel Smarter officialise le déploiement d’une plateforme d’optimisation de la fidélité basée sur l’IA, destinée aux voyageurs fréquents. L’outil promet d’accélérer l’obtention des statuts dans les programmes aériens et à maximiser la valeur des points et miles. Ce lancement répond à la décision de nombreuses compagnies de resserrer les conditions d’accès à l’élite, de fairé évoluer les modèles de qualification (British Airways a fait évoluer son programme depuis 1er avril 2025 vers un système de statut davantage fondé sur la dépense) et de tirer à la baisse certains avantages. La startup s’adresse dans un premier temps aux membres des programmes de l’alliance Oneworld, avec une extension à venir.
La plateforme agrège et analyse en continu les règles de qualification, les mécanismes de cumul, les accélérateurs liés aux cartes de crédit lancées dans le cadre de partenariats entre des banques et des marques, les bons de surclassement et les opportunités d’utilisation. Des agents d’optimisation proposent des recommandations personnalisées en fonction des comportements de voyage et des objectifs (statut, surclassements, primes). L’approche agentique permet de simuler des milliers de combinaisons d’itinéraires et de crédits de vols afin d’indiquer le chemin le plus efficient vers un statut donné et le meilleur retour sur les dépenses de voyage. La société explore aussi des intégrations avec des outils de réservation d’entreprise pour insérer ces arbitrages directement dans le flux de réservation.

Les miles comme devise alternative
Le lancement répond également à une incertitude croissante chez les voyageurs, confrontés désormais à des systèmes hybrides et trop complexes. L’objectif de Travel Smarter est d’identifier, parfois au sein d’une même alliance, le programme où le crédit des vols optimise le plus vite la progression statutaire.

« Les voyageurs perdent leur statut aérien plus vite que jamais alors qu’ils volent autant », explique Richard Viner, CEO et cofondateur de Travel Smarter. « Les compagnies relèvent les seuils et dévalorisent discrètement les programmes de fidélité. La compagnie que vous prenez le plus n’est pas toujours la voie la plus rapide vers le statut. Travel Smarter supprime les tâtonnements en révélant le chemin le plus pertinent vers le statut et le meilleur retour sur les dépenses de voyage. »
Les programmes de fidélité, amenés à évoluer à l’ère de l’IA, restent des actifs très rentables pour les compagnies grâce notamment aux partenariats bancaires et aux cartes de crédit co-brandées. La vision de Travel Smarter est de considérer les miles comme une devise alternative largement diffusée. Dans ce contexte, des outils d’aide à la décision pourraient encourager une plus grande mobilité des voyageurs entre programmes. Pour les entreprises, des intégrations natives dans les outils de réservation pourraient faciliter des politiques voyages conciliant conformité et optimisation de la valeur fidélité pour les collaborateurs.

La version initiale de cette solution cible Oneworld avant un élargissement à d’autres compagnies et alliances. La startup fondée en 2025 et basée à Londres revendique plus de 2 000 utilisateurs en accès anticipé et des millions de points et miles déjà modélisés.

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 10:12 AM
Scoop.it!

L'emblématique cressonnière de Veules-les-Roses s'offre une deuxième jeunesse avec son nouveau patron

L'emblématique cressonnière de Veules-les-Roses s'offre une deuxième jeunesse avec son nouveau patron | Big Data in Business | Scoop.it

A Veules-les-Roses (Seine-Maritime), la cressonnière fait partie intégrante de village. Un lieu emblématique, au cœur des visites et de la vie locale dont l'avenir a longtemps suscité l'inquiétude après une année 2025 particulièrement compliquée.

Retraite de l'exploitant agricole
Le cresson, c'est une plante aquatique cultivée en eau courante et qui pousse dans des bassins peu profonds. Il est récolté principalement en hiver, quand les températures sont fraîches et nécessite un entretien constant des parcelles et du réseau hydraulique.
L'an dernier, les conditions ont été particulièrement difficiles. Attaques de poules d'eau, bassins presque vides, récolte décimée : à 63 ans, l'exploitant historique avait fini par jeter l'éponge et prendre sa retraite. Le risque d'une disparition pure et simple de cette activité typique du village depuis le XVIème siècle planait.

Découverte par le nouveau repreneur
Depuis le début de l'année 2026, la cressonnière a trouvé un nouveau souffle. A 38 ans, Geoffrey Delaporte a repris l'exploitation. En reconversion professionnelle, il consacre ses premières semaines à une phase essentielle de découverte et de remise en état du site.


Je passe de bassin en bassin pour retirer la végétation qui reste, les branches, les feuilles. C'est vraiment la première partie : découvrir les cressonnières, pouvoir les entretenir et voir où arrivent les arrivées d'eau et où elle s'évacuent
Geoffrey Delaporte, exploitant


Un élément central
Un travail minutieux et indispensable avant d'envisager la relance de la production. Une reprise accueillie avec soulagement par le maire de la commune. "Quand on fait visiter le village, on commence par la cressonnière. On parle bien sûr d'autres choses, mais la cressonnière c'est vraiment un point fort. C'est aussi un lieu où l'on se retrouve et une culture d'hiver qui correspond tout à fait aux caractéristiques de Veules-les-Roses", explique l'élu.

Première récolte : en automne
Mais Geoffrey ne veut pas s'arrêter là. Le nouvel exploitant souhaite redonner à la cressonnière une place centrale dans la vie locale et touristique.

Il y aura un point de vente directement sur l'exploitation. Je souhaite aussi proposer des visites guidées pour que les habitants du secteur et les touristes puissent profiter ou redécouvrir le cresson
Geoffrey Delaporte, exploitant


La première récolte est attendue à l'automne prochain. La cressonnière reste ainsi pleinement intégrée dans la vie de Veules-les-Roses.

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 10:07 AM
Scoop.it!

La fin d'une saga familiale catalane ? Après plus d'un siècle d'histoire, le parfumeur Puig prêt à tourner la page

La fin d'une saga familiale catalane ? Après plus d'un siècle d'histoire, le parfumeur Puig prêt à tourner la page | Big Data in Business | Scoop.it

C'est en 1914 que la compagnie Puig a été fondée, mais c'est huit ans plus tard, avec un bâton de rouge à lèvres, que tout a vraiment commencé. En 1922, l'entrepreneur catalan Antonio Puig lançait Milady, le premier rouge fabriqué en Espagne, vendu 3 pesetas « dans son étui élégant ». Une vraie révolution alors que les belles de la bourgeoisie catalane se faisaient jusque-là envoyer leurs cosmétiques depuis Paris. Premier grand succès commercial de la maison Puig avant qu'elle ne commercialise les flacons de son parfum signature, Agua Lavanda, aux senteurs mêlées de romarin, lavande et citron.
Plus d'un siècle et trois générations plus tard, la compagnie se prépare à écrire l'épilogue d'une saga familiale discrète. Le président du groupe, Marc Puig, 63 ans, petit-fils du fondateur, étudie une fusion avec l'américain Estée Lauder, qui pourrait donner naissance à un nouveau géant des soins et de la beauté avec, sur le papier, une valeur en Bourse cumulée dépassant les 30 milliards d'euros.

Une maison presque trop discrète
Drôle de chemin, alors que génération après génération, les Puig avaient tenu la barre d'une maison presque trop en retrait. Qui savait qu'elle se cachait derrière le One Million de Paco Rabanne, ou les marinières qui ornent les eaux de toilette Jean Paul Gaultier ?
Depuis les années 1990, le groupe catalan a en effet opté pour grandir à travers le succès d'autres labels. Il ne s'agit pas simplement d'exploiter des licences, mais plutôt de mettre en valeur ce que chez Puig on appelle des « love brands », toutes les marques, acquises, soignées et développées selon leurs potentiels et leur personnalité, qui constituent la galaxie du groupe.
Une stratégie de longue haleine mise en route peu à peu, depuis l'internationalisation qui a commencé en 1962, avec un premier pas aux Etats-Unis, puis un deuxième en 1968 à Paris. C'est à ce moment qu'a lieu la rencontre avec Paco Rabanne. Le couturier est en pleine gloire et Puig s'allie avec lui pour créer et commercialiser sa ligne de parfums, avant de racheter, plus tard, l'intégralité de la marque. L'opération se répétera ensuite avec Carolina Herrera dans les années 1990.
Outre ces deux labels « historiques », le groupe catalan compte aujourd'hui en portefeuille les marques Nina Ricci, Jean Paul Gaultier, Charlotte Tilbury, L'Artisan Parfumeur, Uriage, Apivita, Dr. Barbara Sturm, Kama Ayurveda ou Dries Van Noten.

77 % des droits économiques
En dépit de sa grande discrétion, la famille Puig n'a pas lâché la barre. L'entrée en Bourse le 3 mai 2024 n'a pas signifié renoncer au contrôle. Les héritiers du fondateur contrôlent actuellement 77 % des droits économiques de Puig Brands, en attendant une éventuelle fusion, et pourraient se retrouver avec près de 20 % du nouveau groupe.
Si les projets de rapprochement avec Estée Lauder étaient restés secrets, il y a longtemps que Marc Puig s'interrogeait sur l'avenir du groupe familial, visiblement peu convaincu qu'un nouveau passage de relais générationnel fonctionnerait. Il avait opté en 2024 pour une sortie en Bourse partielle « qui permettait d'avoir le meilleur des deux mondes », un contrôle professionnalisé de la gestion et le temps long des entreprises familiales. Avant d'explorer aujourd'hui une fusion.

« Les marques de luxe exigent de la patience, une vision à long terme, et c'est généralement ce qu'une famille apporte », expliquait-il il y a quelques années. « Mais les entreprises familiales ont aussi leurs pièges », avertissait-il. « Elles peuvent commencer à mourir lentement et personne au sein de l'entreprise n'en est conscient. »

Cécile Thibaud (Correspondante à Madrid

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 10:05 AM
Scoop.it!

A Billionaire-Backed Startup Wants to Grow 'Organ Sacks' to Replace Animal Testing

A Billionaire-Backed Startup Wants to Grow 'Organ Sacks' to Replace Animal Testing | Big Data in Business | Scoop.it

As the Trump administration phases out the use of animal experimentation across the federal government, a biotech startup has a bold idea for an alternative to animal testing: nonsentient “organ sacks.”
Bay Area-based R3 Bio has been quietly pitching the idea to investors and in industry publications as a way to replace lab animals without the ethical issues that come with living organisms. That’s because these structures would contain all of the typical organs—except a brain, rendering them unable to think or feel pain. The company’s long-term goal, cofounder Alice Gilman says, is to make human versions that could be used as a source of tissues and organs for people who need them.

For Immortal Dragons, a Singapore-based longevity fund that’s invested in R3, the idea of replacement is a core strategy for human longevity. “We think replacement is probably better than repair when it comes to treating diseases or regulating the aging process in the human body,” says CEO Boyang Wang. “If we can create a nonsentient, headless bodyoid for a human being, that will be a great source of organs.”
For now, R3 is aiming to make monkey organ sacks. “The benefit of using models that are more ethical and are exclusively organ systems would be that testing can be meaningfully more scalable,” Gilman says. (R3’s name comes from the philosophy in animal research known as the three R’s—replacement, reduction, and refinement—developed by British scientists William Russell and Rex Burch in 1959 to promote humane experimentation.)
New drugs are often tested in monkeys before they’re given to human participants in clinical trials. For instance, monkeys were critical during the Covid-19 pandemic for testing vaccines and therapeutics. But they’re also an expensive resource, and their numbers are dwindling in the US after China banned the export of nonhuman primates in 2020.
Animal rights activists have long pushed to end research on monkeys, and one of the seven federally funded primate research facilities across the country has signaled it would consider shutting down and transitioning into a sanctuary amid growing pressure. The US Centers for Disease Control and Prevention is also winding down monkey research, part of a bigger trend across the government to reduce reliance on animal testing.
As a result, Gilman says, there aren’t enough research monkeys left in the US to allow for necessary research if another pandemic threat emerges. Enter organ sacks.

Organ sacks would in theory offer advantages over existing organs-on-chips or tissue models, which lack the full complexity of whole organs, including blood vessels.
Gilman says it’s already possible to create mouse organ sacks that lack a brain, though she and cofounder John Schloendorn deny that R3 has made them. (For the record, Gilman doesn’t like the term “brainless” to describe the organ sacks. “It's not missing anything, because we design it to only have the things we want,” she says.) Gilman and Schloendorn would not say how exactly they plan to create the monkey and human organ sacks, but said they are exploring a combination of stem-cell technology and gene editing.
It’s plausible that organ sacks could be grown from induced pluripotent stem cells, says Paul Knoepfler, a stem cell biologist at the University of California, Davis. These stem cells come from adult skin cells and are reprogrammed to an embryonic-like state. They have the potential to form into any cell or tissue in the body and have been used to create embryo-like structures that resemble the real thing. By editing these stem cells, scientists could disable genes needed for brain development. The resulting embryo could then be incubated until it grows into organized organ structures.
Gilman envisions monkey organ sacks initially being used for drug toxicity testing. Eliminating pain and suffering that research animals experience is a major motivation for the startup.

The US Animal Welfare Act requires minimizing pain and distress for research animals, but it’s not always possible. In fiscal year 2024, US research facilities reported using more than 60,000 nonhuman primates for testing and experimentation, according to the Animal and Plant Health Inspection Service, part of the Department of Agriculture. More than 33,000 of those animals were not subjected to pain, while nearly 26,000 experienced minimal pain. For about 1,200 of those animals, pain was not minimized due to the nature of the experiments. The federal government does not keep statistics on how many nonhuman primates are euthanized every year as a result of research.
R3’s ambitions go beyond replacing animal testing, though. The company is eyeing replacement of human parts, an emerging idea in the longevity field. The startup aims to create nonsentient human organ sacks that could provide blood, tissue, and organs to people when their own bodies fail them.
“We have things that no one has invented before to create designer organs,” says Gilman, who was inspired in part by her father’s experience undergoing a heart transplant. Around the world, demand for donor organs outstrips supply. In the US alone, more than 100,000 people are awaiting an organ transplant and 13 people die each day waiting for one.
Gilman points to the well-documented illegal organ-harvesting trade in Asia and Africa as a reason for why ethically sourced body parts are desperately needed. In the US, an investigation last year by the Department of Health and Human Services alleged instances where hospitals authorized the organ procurement process to begin when some patients may still have shown neurological signs compatible with life.

Genetically engineered pig organs are being explored as one way to help alleviate the organ shortage. But so far, the longest someone has lived with a pig organ is just under nine months.
Growing human organs from scratch has been a longtime goal of regenerative medicine, but the idea of body sacks raises a number of ethical questions about how these entities would be created, stored, and maintained—and if they would be capable of having awareness or feeling pain.
If you make a living entity without a brain at all, I think we’d be pretty comfortable with thinking it can’t feel pain,” says Hank Greely, a bioethicist at Stanford University, who has written about the potential for human “bodyoids” that lack sentience. “It’s highly possible that none of this will ever work, but it's also possible that it could.”
Greely thinks it will be important to get buy-in from the public, since the concept is so unsettling. “I think the ‘yuck factor’ will be strong,” he says, “but that depends in part on what any resulting things look like and how they behave.”

All of this is still highly theoretical. R3 says it is currently only working in monkey cells, although a job ad posted by Gilman shows that the company is seeking a veterinarian in Puerto Rico to “implant embryos, monitor pregnancies and help deliver healthy births” in nonhuman primates. In addition to Immortal Dragons, the company is backed by billionaire Tim Draper and LongGame Ventures in the UK, according to R3.

“We are all better off than we were 150 years ago,” Draper told WIRED via email, “and because of forward-thinking entrepreneurs, we will be a lot better off 150 years from now.”

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 10:02 AM
Scoop.it!

Pourquoi le Sahel est plus que jamais l’épicentre du terrorisme mondial en 2026

Pourquoi le Sahel est plus que jamais l’épicentre du terrorisme mondial en 2026 | Big Data in Business | Scoop.it

Malgré les proclamations de succès des régimes militaires au Mali, au Niger et au Burkina Faso, la réalité est implacable : le Sahel demeure l’épicentre du terrorisme mondial. Entre recomposition des groupes djihadistes, échec des stratégies militaires et contagion vers le sud, la crise sécuritaire s’enracine.

Au Burkina Faso, pays le plus touché en 2023 et 2024, la tendance est paradoxale : le nombre de morts a chuté de 45 %, passant de 1 532 à 846, principalement grâce à la diminution des victimes civiles (-84 %). AFP
Les juntes du Mali, du Niger et du Burkina Faso, appuyées par leurs alliés les plus fidèles, ont beau clamer des succès militaires de plus en plus spectaculaires face aux groupes djihadistes, les faits restent têtus.
Pour la troisième année consécutive, le Sahel concentre près de la moitié des morts liées au terrorisme dans le monde, selon le dernier Indice mondial du terrorisme publié par le groupe de réflexion Institute for Economics and Peace, basé en Australie. En 2025, sur 5 582 victimes recensées à l’échelle globale, presque une sur deux est tombée dans cette bande sahélienne, devenue la zone la plus touchée par la violence djihadiste d’après cet indice qui classe depuis 13 ans 163 pays en fonction de l’impact du « terrorisme » et a comme indicateurs le nombre d’attaques, de morts, de blessés et d’otages.
La bascule est spectaculaire : en 2007, la région ne représentait que 1 % des décès liés au terrorisme. Aujourd’hui, elle incarne le foyer principal du terrorisme à l’échelle mondiale, nourri par l’effondrement sécuritaire, les recompositions géopolitiques et l’échec répété des stratégies militaires. L’Afrique subsaharienne subit une situation aux multiples facettes. Le Nigeria affiche la plus forte hausse, avec 750 victimes (+46 % par rapport à 2024), principalement dues à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) et à Boko Haram. La République démocratique du Congo connaît également une aggravation, avec 467 décès (+28 %), provoqués par les attaques des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’EI, visant civils, lieux de culte, hôpitaux et cérémonies funéraires.

À première vue, certains indicateurs pourraient laisser croire à une accalmie. Le Burkina Faso, longtemps pays le plus touché au monde, enregistre une baisse de 45 % des décès en 2025. Mais cette amélioration est trompeuse. Elle s’explique avant tout par la chute drastique des victimes civiles (-84 %), et non par un recul de la menace.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, concentre désormais ses attaques sur les forces armées. Une évolution tactique qui réduit le coût politique international tout en maintenant une pression maximale sur les États. En 2025, le groupe reste l’un des plus meurtriers au monde, avec 1 274 morts revendiquées.
Au Mali, cette stratégie prend une dimension supplémentaire : celle de l’asphyxie économique. En ciblant les convois de carburant et en imposant des blocus, notamment dans la région de Kayes, JNIM ne cherche plus seulement à frapper — il cherche à gouverner, en paralysant l’État.

Le piège des réponses sécuritaires
Pour Jessica Moody, spécialiste des dynamiques de conflit en Afrique de l’Ouest, la persistance du Sahel comme épicentre mondial du terrorisme s’explique en grande partie par un constat dérangeant : l’échec des réponses sécuritaires.
« La plupart des efforts pour lutter contre les violences djihadistes n’ont pas permis de s’attaquer aux causes profondes des insurrections, qui sont la pauvreté, le manque d’opportunités économiques et les tensions intercommunautaires », analyse-t-elle. Pire : certaines stratégies auraient aggravé la situation.
Au Mali comme au Burkina Faso, les opérations militaires — ont renforcé la défiance entre populations et autorités. « Les civils sont fréquemment ciblés de manière indiscriminée, ce qui accentue les tensions et rend les populations plus susceptibles de rejoindre des groupes djihadistes », poursuit la chercheuse.
Le constat vaut aussi pour les interventions internationales. Pensées comme des démonstrations de force, elles ont parfois ignoré les réalités locales. La présence française, en particulier, a été largement contestée et instrumentalisée par les groupes djihadistes dans leur propagande.
« L’idée qu’on peut vaincre ces groupes uniquement par la puissance militaire est une illusion », tranche Jessica Moody. « Plus les interventions armées se multiplient, plus la violence augmente. »

Le retrait progressif des forces françaises et onusiennes, après les coups d’État successifs au Mali en 2020 et 2021, au Burkina Faso en 2021 et au Niger en 2023, a ouvert la voie à une nouvelle influence : celle de la Russie.
À travers les mercenaires de Wagner, puis d’Africa Corps, Moscou s’est imposé comme un partenaire sécuritaire alternatif. Mais sur le terrain, les résultats sont loin des promesses.
Les méthodes employées — souvent brutales, indiscriminées — ont contribué à une explosion des violences contre les civils. En retour, elles alimentent le recrutement djihadiste, notamment au sein des communautés marginalisées comme les Peuls, régulièrement ciblées.

Le Bénin, passé de la 26e à la 19e place mondiale, incarne cette progression. Le Togo, le Sénégal ou encore le Nigeria sont également dans la ligne de mire. L’objectif des groupes djihadistes est clair : atteindre la côte, accéder aux ports et élargir leur emprise territoriale.
« Des groupes comme JNIM cherchent à atteindre la mer, et les pays côtiers sont leur voie d’accès la plus directe », souligne Jessica Moody.
Face à cette pression, les États côtiers, tentent de renforcer leurs dispositifs sécuritaires. Mais leur fragilité structurelle les expose à d’autres risques « de soulèvements militaires, de coups d’État et d’ingérences accrues de puissances étrangères. Cela n’augure rien de bon pour la stabilité à long terme, comme on a déjà pu le constater au Sahel », pointe l’experte.
La Côte d’Ivoire et le Ghana apparaissent, pour l’instant, plus résilients. Investissements dans le développement, politiques de décentralisation et renforcement des frontières ont permis de contenir la menace. Mais cette relative stabilité reste précaire.

Car au-delà des dynamiques militaires, c’est bien la question sociale qui demeure centrale.
Pauvreté endémique, absence de services publics, chômage massif : autant de facteurs qui nourrissent le recrutement djihadiste. Dans de nombreuses zones rurales, rejoindre un groupe armé relève moins d’une adhésion idéologique que d’une stratégie de survie.
À cela s’ajoute la crise des déplacés et des réfugiés, qui fragilise les équilibres locaux, notamment dans le nord de la Côte d’Ivoire et du Ghana.

Tant que les États ne parviendront pas à restaurer leur légitimité, à offrir des perspectives économiques et à apaiser les tensions communautaires, les groupes djihadistes continueront de prospérer.

Et l’épicentre du terrorisme mondial restera, pour longtemps encore, arrimé au Sahel.

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 9:58 AM
Scoop.it!

Fashion Week 2026 : Dior capte 40,93 % des conversations mondiales et écrase la concurrence

Fashion Week 2026 : Dior capte 40,93 % des conversations mondiales et écrase la concurrence | Big Data in Business | Scoop.it
L’étude Onclusive sur les Fashion Weeks Automne-Hiver 2026 révèle une domination inédite de Dior, qui capte plus de 40 % des conversations sociales mondiales. Portée par des célébrités asiatiques et une amplification massive des fans, la hiérarchie de l’influence dans le luxe évolue nettement.

 

La maison Dior concentre 40,93 % de part de voix mondiale, loin devant Chanel à 6,58 %. Cette domination repose sur une activation très forte de célébrités capables de générer des pics massifs de conversations en un temps très court.

Pour la deuxième saison de suite, les artistes thaïlandais dominent ainsi l’amplification sociale. Lingling Kwong capte 24,68 % de part de voix, Orm Kornnaphat 19,10 %. À elles deux, elles concentrent près de 44 % de l’attention mondiale.

Ultra-puissantes en social, les deux stars n’apparaissent toutefois moins dans les médias, plus tournés vers les stars occidentales.

Au petit jeu des capitales de la mode en concurrence, la Fashion Week parisienne totalise 17,8 millions de mentions sociales. Elle distance largement Milan (4,9M), New York (2M) et Londres (1,3M).

Elle domine également les hashtags : 16 des 20 hashtags les plus utilisés dans le monde sont liés à Paris, confirmant son rôle central dans l’écosystème médiatique global.

 

 

Il existe enfin un paradoxe : certaines marques dominent localement mais restent invisibles à l’échelle mondiale : Burberry rassemble 91,10 % de part de voix à Londres mais seulement 0,51 % au global. Pour Calvin Klein, le ratio est de 52,67 % à New York… mais hors du top 20 mondial.

 

Ce qui est intéressant

Le volume global des conversations devient le critère clé. Une domination locale ne suffit plus. Certaines marques très visibles sur leur marché restent marginales à l’échelle mondiale.

 

Notre insight

Les marques doivent penser leurs activations comme des systèmes globaux, capables de mobiliser des communautés au-delà des marchés historiques, et ajuster séparément leurs stratégies social media et médias.

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 9:56 AM
Scoop.it!

L’IA met tout l'écosystème touristique sous pression, et oblige à repenser les organisation pour émerger en GEO

L’IA met tout l'écosystème touristique sous pression, et oblige à repenser les organisation pour émerger en GEO | Big Data in Business | Scoop.it
De la recommandation à la réservation : le voyage tient désormais en une seule conversation avec un agent. Pour Thomas Skowronski (Jellyfish), cette bascule redistribue déjà la valeur entre marques, agences de voyage et plateformes, et bouscule le secteur.

 

IN : Vous avez aujourd’hui beaucoup de choses à nous apprendre sur la verticale tourisme. Comment et pourquoi Jellyfish s’en est-il saisi ?

Thomas Skowronski : Alors, déjà pour repartir de mon cas personnel : à la base, je suis cofondateur d’une société qui s’appelle Myposeo. On faisait de la mesure de visibilité sur les moteurs de recherche comme Google, c’est un SaaS qu’on a revendu à Webedia. Ensuite, Webedia a revendu cette structure à Jellyfish, et j’ai intégré Jellyfish avec mes équipes techniques. Aujourd’hui, je pilote toute la partie technologique au sein de l’agence.

Chez Webedia, on travaillait déjà pas mal sur la verticale tourisme, notamment avec EasyVoyage. C’était une verticale assez structurée chez eux, donc on collaborait avec des acteurs du e-travel, on avait déjà des clients dans cet univers. Chez Jellyfish, c’est moins organisé par verticale, mais moi c’est un sujet que je connais bien et qui me passionne toujours autant.

 

IN : … et qui a vu ces dernières années une série d’évolutions technologiques (l’IA pour ne pas la nommer) transformer en profondeur les usages, ce qui explique aussi votre prise de parole aujourd’hui ?

Thomas Skowronski : Oui, exactement. Ce qui est intéressant avec le tourisme, c’est que c’est un secteur qui a déjà encaissé plusieurs vagues majeures. D’abord, le passage du physique au digital.

Ensuite, l’arrivée des OTA (online travel agencies), comme Booking ou Airbnb, qui ont pris une grosse partie de la main sur le parcours client.

Et là, l’IA, c’est une troisième vague. Une nouvelle rupture qui, cette fois, pourrait venir désintermédier en partie ces plateformes. Donc c’est un secteur assez révélateur : quand tu comprends ce qui se passe dans le tourisme, tu peux souvent anticiper ce qui va arriver ailleurs.

 

IN : Vous parlez d’une « troisième révolution numérique » avec le web agentique. Est-ce, selon vous, une rupture plus profonde que l’arrivée des OTA comme Booking ou Expedia ? Un vrai bouleversement du rapport entre marques, plateformes et voyageurs ?

Thomas Skowronski : En fait, les OTA ont construit leur domination sur l’interface. Ils ont pris le contrôle du parcours utilisateur. Avant, tu devais passer par plusieurs points de contact : comparer, réserver, payer. Eux ont tout centralisé au même endroit. Résultat, la transaction s’est déplacée chez eux, et la relation client aussi.

Là, avec l’IA, on ajoute une nouvelle couche d’intermédiation. Et c’est là que ça devient complexe. Des acteurs comme ChatGPT peuvent désintermédier, proposer directement la meilleure option à l’utilisateur… mais rien ne les empêche de prendre une commission derrière. Donc, au lieu de supprimer un intermédiaire, on risque d’en ajouter un.

Ce qui est intéressant, c’est que le marché commence déjà à intégrer ce scénario. Les OTA restent en très bonne santé financière, mais en bourse, certains titres reculent. Je pense notamment à Expedia : les résultats sont solides, mais la valorisation baisse. L’inquiétude n’est pas opérationnelle, elle est structurelle. Le marché anticipe une redistribution de la valeur.

 

IN : Donc là, on n’est plus sur une évolution progressive comme ces dernières années ?

Thomas Skowronski : Non, justement. Là, on change de rythme. C’est plus brutal. On le voit aussi ailleurs, avec l’arrivée de nouveaux modèles comme Claude et les impacts que ça peut avoir sur la valeur de certains SaaS. Ce n’est plus une lente érosion, c’est une bascule qui peut aller très vite.

 

IN : Vous évoquez un parcours de réservation réduit à une conversation de cinq minutes. Comment cela modifie la création de valeur et, surtout, qui en capte désormais la plus grande part : la marque, la plateforme ou l’agent conversationnel ?

Thomas Skowronski : Aujourd’hui, on parle beaucoup de la disparition du funnel marketing, et c’est particulièrement vrai dans le voyage. Avant, tu avais trois étapes : inspiration, considération, décision. Tu commençais par chercher sur Google, tu affinait avec une destination, puis tu comparais sur des OTA, des blogs… et tu finissais par réserver. C’était un parcours long. La décision pouvait prendre entre 15 et 30 jours, avec une vingtaine de points de contact. Entre Google, les comparateurs, les plateformes, les contenus… tout s’étalait dans le temps.

Avec l’AI Search, la logique change. Tu peux avoir une seule conversation, déléguer la recherche d’information et une partie du choix. Tu formules ta demande, tu affines, tu compares, tout dans le même échange, avec un historique conservé.

Aujourd’hui, ça s’arrête encore souvent à la recommandation. Mais demain, ça peut aller jusqu’à la réservation. Donc on passe d’un parcours long et fragmenté à une en une seule conversation. Et forcément, ça rebat la manière dont la valeur se distribue.

 

IN : Est-ce que, selon toi, les acteurs ont vraiment pris la mesure de ce nouveau paradigme ? On a l’impression que la bataille se joue désormais sur l’algorithme plus que sur le site. Dans les échanges que tu peux avoir, est-ce que c’est bien compris ?

Thomas Skowronski : Oui et non (rire). Ça dépend. C’est un peu une réponse de Normand, mais je pense que tout le monde a conscience du risque. Après, le secteur du voyage a quand même une certaine capacité à peser, notamment sur la réglementation, sur ce qui peut ou non se déployer.

On le voit avec Google. Certaines technologies comme AI Overview ou AI Mode sont déployées partout, sauf dans certains marchés comme la France, notamment à cause des droits voisins de la presse. Le voyage, c’est un peu pareil : il y a une capacité à encadrer, à faire en sorte que certaines règles soient respectées. Donc oui, il y a une prise de conscience. Il y a beaucoup de chantiers en cours, surtout chez les grands acteurs. Les plus petits, eux, subissent davantage. Ils ont déjà été en partie désintermédiés par les OTA, et ils risquent de l’être à nouveau avec l’IA, faute de moyens pour réagir.

À l’inverse, les grandes structures (agences de voyage, acteurs du tout compris) lancent déjà des initiatives pour ne pas se faire court-circuiter. Elles essaient de reprendre la main, ou au moins de ne pas la perdre complètement.

 

IN : Une situation rendue d’autant plus complexe que chaque développeur avance avec son propre agenda…

Thomas Skowronski : Oui. Aujourd’hui, il y a encore beaucoup de flou. On ne sait pas exactement comment ces technologies vont se positionner. Par exemple, côté ChatGPT, la question de la désintermédiation reste ouverte. Ils l’ont dit : s’ils apportent de la valeur, ils pourraient prendre une commission. Donc on peut avoir un intermédiaire de plus.

À l’inverse, Google semble aller vers un modèle plus collaboratif. Sur certaines fonctionnalités, ils permettent d’acheter directement depuis le moteur, mais en laissant les marques récupérer la relation client, avec les données associées. Ils ont même précisé qu’ils n’avaient pas intérêt à les court-circuiter. Donc tout dépendra des stratégies des plateformes. Elles ne vont pas toutes dans le même sens, et c’est ce qui crée ce flou.

 

IN : Et ce flou entretient aussi beaucoup de projections…

Thomas Skowronski : Oui, on met un peu tout le monde dans le même sac. Ça crée des fantasmes. Mais dans le doute, les marques se préparent. L’enjeu, c’est d’être visible dans ces nouveaux environnements, peu importe leur forme finale.

 

IN : C’est presque une question lexicale : dans ce nouveau rapport de force algorithmique, est-ce que tu vois ça comme une évolution naturelle du SEO ou comme une nouvelle discipline qui impose de repenser l’organisation marketing, IT, data ?

Thomas Skowronski : Super question. C’est un vrai débat en ce moment. En réalité, ça dépend beaucoup du niveau d’exposition de la marque. Si une entreprise est peu exposée, ça peut rester une extension du SEO. Il faut s’adapter à de nouvelles contraintes techniques, comme on l’a toujours fait. De ce point de vue-là, c’est une continuité.

Mais dès qu’une marque est très exposée, on change de dimension. Là, on dépasse l’optimisation. Il faut construire une présence claire, un branding cohérent sur tous les canaux. Et ça, le SEO seul ne sait pas le faire. Du coup, ça devient un sujet de gouvernance. Le SEO doit travailler avec le marketing, la communication, la data… alors qu’aujourd’hui, ces équipes sont souvent cloisonnées. On doit créer des ponts entre acquisition, image de marque et données.

Donc oui, pour les marques très exposées, c’est presque une nouvelle discipline. Pour les autres, ça reste une évolution du SEO. Mais dans tous les cas, ça oblige à repenser l’organisation.

 

IN : Développer son propre agent pour préserver la souveraineté des données semble stratégique. Mais face à des agents généralistes très puissants, quelle peut être la valeur distinctive d’un agent de marque ?

Thomas Skowronski : Déjà, un agent de marque a un avantage clé : l’accès au CRM. Il connaît le client, son historique, ses préférences, ce que les agents généralistes n’ont pas.

Moi, je distingue deux types d’agents. Les agents « maîtres », OpenAI, Gemini, Apple Intelligence… captent l’utilisateur en première intention. Les agents de marque arrivent ensuite, mais avec une connaissance beaucoup plus fine du client. C’est là que se joue la valeur : la personnalisation. Plus la marque a de données, plus son agent peut proposer des réponses pertinentes.

Ensuite, tout dépendra de la circulation de la donnée. Si des acteurs comme Google transmettent des identifiants, l’enjeu sera de reconnecter l’utilisateur à l’écosystème de la marque pour exploiter le CRM. Dans ce cas, le parcours devient beaucoup plus efficace : une partie de la qualification se fait en amont, et la conversion peut s’accélérer.

 

IN : Pour conclure cette interview, la CCI Paris Île-de-France a recommandé mi-février la création d’un Observatoire permanent de l’IA dans le tourisme. Si vous aviez une baguette magique, que devrait commencer par mesurer un tel observatoire ?

Thomas Skowronski : Comme vous le suggérez, je le vois vraiment comme un outil de mesure, mais aussi pédagogique. Ça évolue tellement vite qu’on a besoin de suivre ce qui se passe, presque en temps réel. Il y a évidemment un enjeu réglementaire très fort. Les marchés sont différents selon les pays, et les règles sont nombreuses. Par exemple, si demain un agent achète à la place de l’utilisateur, qui est responsable ? Qui encaisse ? Qui gère les remboursements, les annulations ? En France, tout ça est très encadré.

Donc un observatoire pourrait servir à suivre ces évolutions, à clarifier les responsabilités et à vérifier que les cadres légaux sont respectés.

Et surtout, ce serait un outil utile pour tout le monde : à la fois pour les grandes plateformes, mais aussi pour les entreprises du secteur qui doivent s’adapter. L’idée, c’est d’apporter de la lisibilité dans un environnement qui change très vite, sans perdre de vue l’essentiel : la protection de l’utilisateur en bout de chaîne…

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 9:50 AM
Scoop.it!

AI Act, RGPD, Data Act : « Il est temps de considérer la réglementation européenne comme une arme plutôt qu'un obstacle »

La régulation de l'intelligence artificielle (IA) dans l'Union Européenne continue d'agiter les décideurs européens. Alors que l'AI Act a été adopté en juin 2024, la Commission a proposé en novembre 2025 un « Omnibus numérique sur l'IA » pour en simplifier et ajuster le déploiement, qui fait maintenant l'objet de discussion avec les autres régulateurs concernés, les Etats et le Parlement ; et une nouvelle version du Code de bonnes pratiques concernant le marquage et l'étiquetage des contenus générés est attendue courant mars.
Dans le débat public européen, on critique souvent, et à raison, le poids de la réglementation qui pèse sur nos entreprises. Mais on a tort de se limiter à traiter la régulation comme une fatalité, comme si le rôle de l'entreprise se réduisait à jouer du mieux qu'elle peut dans le cadre qu'on lui impose.

Cessons d'être naïfs
Car les règles du jeu ne sont jamais données, comme l'illustrent les débats autour de l'AI Act. Elles résultent d'un processus dans lequel les arguments comptent, et ceux qui savent les mobiliser disposent d'un avantage insoupçonné. Les entreprises européennes sont trop souvent naïves ou fatalistes à cet égard, alors qu'elles pourraient se servir de la machine régulatrice européenne comme d'un levier pour conquérir leurs marchés et se protéger d'entreprises internationales soumises à des règles plus favorables dans leur pays d'origine.

C'est ce que font leurs concurrents américains, en Europe. Lors de la négociation du RGPD, par exemple, plusieurs médias ont documenté des amendements déposés au Parlement européen reprenant mot pour mot des propositions de lobbying - notamment liées à Amazon, eBay ou l'American Chamber of Commerce - via l'analyse du site LobbyPlag.
De fait, sous la pression des grandes entreprises du numérique, le coût de conformité du RGPD pèse davantage sur les petites structures que sur celles qui en ont réclamé l'extension, élevant ainsi les barrières à l'entrée et réduisant la pression concurrentielle.

L'IA, terrain d'application idéal
L'IA est aujourd'hui un terrain d'application idéal de cette stratégie. A chaque étape de sa mise en oeuvre et de ses aménagements sortent des gagnants et des perdants. Toute entreprise européenne dont l'activité repose sur ces technologies doit se poser la question : aura-t-elle contribué à rendre ces règles compatibles avec sa stratégie, et saura-t-elle ensuite s'en servir de manière offensive ? Ou les découvrira-t-elle quand il sera trop tard pour en infléchir la logique, voire subira le coût de la mise en conformité sans en tirer le moindre bénéfice ?
Le constat vaut tout autant pour la renégociation des contrats avec les fournisseurs de cloud, pour les conditions d'accès aux infrastructures de calcul, pour les clauses qui encadrent la portabilité des données.
Le Data Act va entrer en vigueur, des codes de conduite sur l'interopérabilité vont se mettre en place. Une entreprise peut s'en servir dans des négociations souvent déséquilibrées avec ses fournisseurs : la possibilité de saisir une autorité de concurrence, quand elle repose sur une analyse solide, doit être une menace qui rééquilibre le débat, plutôt qu'un recours de dernier ressort quand les dés ont déjà été lancés.
Au-delà de l'accès et de l'influence auprès des bons interlocuteurs, cette stratégie repose sur la production d'arguments crédibles, fondés dans le droit et la science économique, dont l'objectivité peut être vérifiée et les conclusions contestées sur le terrain des faits. Il faut les porter à la fois devant les législateurs, qui conçoivent les règles du jeu, et devant les autorités qui les mettent en oeuvre, qu'il s'agisse de la DG COMP, de l'Autorité de la concurrence ou d'un régulateur sectoriel.

Il est temps de cesser de considérer la régulation comme un obstacle ou un coût à minimiser.

Les uns et les autres raisonnent en termes d'effets sur le marché et d'impact sur le consommateur ; c'est dans ces termes qu'il faut les inciter à servir les intérêts des entreprises européennes sans porter atteinte à ceux du marché dans son ensemble. Les responsables politiques de l'Union, inspirés par les rapports Draghi et Letta sur les leviers et freins au fonctionnement du marché unique européen, sont demandeurs de cette contribution et prêts à mettre en place des cadres qui la favorisent.
Ces différentes autorités ne sont pas exemptes de critiques légitimes, mais elles présentent un atout considérable : plus que les autres, elles fondent leurs décisions sur l'analyse plutôt que sur la pression ou l'intuition. C'est un terrain sur lequel la qualité de l'argument l'emporte, à condition qu'il soit formulé avec la rigueur que l'exercice exige et avancé au moment où la règle peut encore être infléchie.
Il est temps de cesser de considérer la régulation comme un obstacle ou un coût à minimiser. Nos entreprises doivent passer à l'offensive pour peser sur les règles du jeu et la manière dont elles sont mises en oeuvre : ce sont des armes dont on sous-estime la puissance.

Pascale Déchamps est économiste, ancienne rapporteure générale adjointe de l'Autorité de la concurrence, conseillère non-gouvernementale auprès de la Commission européenne (DG Comp), et associée au sein du cabinet Accuracy.

Pascale Déchamps

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 30, 9:47 AM
Scoop.it!

Ventes de billets de train : les rivaux de la SNCF demandent à être affichés sur SNCF Connect

Ventes de billets de train : les rivaux de la SNCF demandent à être affichés sur SNCF Connect | Big Data in Business | Scoop.it

Les concurrents de la SNCF en France veulent gagner en visibilité. Ils demandent que leurs trains et horaires soient affichés sur le site SNCF Connect, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
L'Association française du rail (Afra), qui rassemble les opérateurs alternatifs, tant pour le trafic de passagers que celui du fret, espère obtenir des amendements en ce sens, alors que débutent en avril les débats au Sénat sur la loi-cadre Tabarot, sur le développement et le financement des transports.
« Les opérateurs alternatifs appellent à ce que la plateforme de distribution dominante SNCF Connect soit tenue de vendre, de manière équitable et non discriminatoire, les billets de l'ensemble des opérateurs qui en font la demande, réclame Marco Caposciutti, président de l'Afra et de Trenitalia France. Pour répondre à la forte demande de train de la part des Français, il faut d'une part développer l'offre, mais aussi que la distribution soit fiable, lisible et transparente pour que les voyageurs puissent comparer l'ensemble de l'offre ferroviaire sur des bases neutres et objectives. »

SNCF Connect de loin leader du marché
En matière de distribution, les ventes de sièges en ligne, sur ordinateur ou smartphone, représentent la quasi-totalité (93 %) des transactions en France pour les trains longue distance et SNCF Connect (avec 233 millions de billets vendus en 2025 et plus de 1,6 milliard de vistites) occupe une part dominante de 85 % sur ce marché, loin devant d'autres intermédiaires comme Trainline, Kombo, Omio ou BlaBlaCar.
Or, par choix commercial, SNCF Connect n'affiche que les trains de la compagnie nationale ou de ses filiales (Eurostar, Lyria, etc.) et snobe royalement Trenitalia, la Renfe espagnole ou encore le dernier venu sur Paris-Berlin, European Sleeper. Et probablement demain d'autres concurrents annoncés, comme Velvet ou Le Train. Seule exception : les places des trains opérés depuis l'été dernier par Transdev sur Marseille-Toulon-Nice sont affichées, car il s'agit de transport conventionné, financé par la région.
Conséquence : des taux de remplissage plus faibles que dans les TGV SNCF par exemple pour Trenitalia sur Paris-Lyon-Marseille, liés selon l'opérateur italien à l'avantage de notoriété de SNCF Connect chez les voyageurs. « Il est inacceptable, alors qu'il existe des places disponibles dans les trains des opérateurs alternatifs, que des voyageurs restent aujourd'hui à quai, ou prennent leur voiture ou l'avion, car ils n'ont pas connaissance des offres de ces nouveaux opérateurs », complète Solène Garcin-Berson, déléguée générale de l'Afra.

Aucune obligation légale
Chez SNCF Voyageurs, ce choix est pleinement assumé, pour plusieurs raisons. D'une part, il n'y a aucune obligation légale, nationale ou européenne, contraignant à distribuer tous les transporteurs sur un marché donné.
« Dans les prochains mois et années, la priorité est, pour SNCF Connect, de se connecter aux nouveaux inventaires régionaux et nationaux du transport conventionné pour continuer à proposer aux clients une offre qui permette ainsi de continuer à couvrir l'ensemble du territoire français. La distribution d'entreprises ferroviaires tierces en SLO (service librement organisé) n'est donc pas une priorité », argumente la compagnie nationale.
Enfin, dans les pays voisins, Espagne, Allemagne ou Italie, le site de vente des opérateurs historiques (Renfe, Deutsche Bahn, Trenitalia) n'est pas davantage ouvert aux offres des autres transporteurs.
Au-delà de ce débat, l'Afra souhaite aussi clarifier le cas épineux des correspondances entre trains régionaux et longue distance, qui va aller croissant avec l'ouverture graduelle à la concurrence. Actuellement, un passager voulant effectuer un trajet entre Toulouse et Barcelone via une correspondance à Narbonne peut être obligé de jongler avec deux sites de réservation différents, celui de la SNCF pour le début du trajet en Intercités, puis celui de Renfe.

« Tout doit être fait pour faciliter le processus et la vente de billets combinés et en correspondance, y compris avec les trains des opérateurs alternatifs », demande l'Afra. Dans le même registre, l'association demande au régulateur français, l'Autorité de régulation des transports, un système de prise en charge réciproque des passagers en cas de correspondance manquée, ce qui devrait alors être inclus dans les appels d'offres régionaux pour les lignes de TER. Cela comblerait le vide actuel.

Denis Fainsilber

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 27, 6:01 PM
Scoop.it!

Dis Siri, que se passe-t-il chez Apple ?

Le MacBook Neo, dernier-né d'Apple, séduit par son prix compétitif et ses performances. Mais la firme de Cupertino peine à rattraper son retard en intelligence artificielle. Alors que la question de la succession de Tim Cook se fait pressante, Apple doit rassurer sur sa vision à long terme. La marque à la pomme devra convaincre qu'elle peut encore surprendre et s'adapter à un marché en pleine mutation.

Le MacBook Neo est-il le nouveau hit ?
Parmi les nouveautés annoncées en ce début de mois, le MacBook Neo,sorti le 11 mars dernier, semble déjà rencontrer un succès planétaire. Si Apple ne communique pas sur les ventes d'un produit en particulier, une déclaration de son PDG sur X donne un indice notable : « Mac vient de connaître sa meilleure semaine de lancement auprès de nouveaux clients », écrivait Tim Cook le 20 mars.
Bien sûr, les autres nouveaux MacBook (Air et Pro) ont pu contribuer à cette performance, mais tout indique que le Neo en est le principal moteur. Avec un prix inédit de 699 euros, il constitue sans doute la porte d'entrée la plus accessible dans l'univers Apple. Autre signe révélateur : les délais de livraison s'allongent, atteignant en moyenne quinze jours, contre deux habituellement pour un iPhone. La Fnac évoque même un modèle rose pris d'assaut.
Le succès n'a rien d'un hasard. Léger, doté d'un écran de qualité et suffisamment performant pour faire tourner la grande majorité des applications du quotidien avec la puce A18, le MacBook Neo coche de nombreuses cases. Surtout, son prix le place frontalement face à des PC souvent moins séduisants. A cela s'ajoutent une conception simple, une meilleure réparabilité et une remise étudiante de 100 euros, autant d'arguments susceptibles de convaincre.

La pomme a-t-elle raté le train de l'IA ?
Apple, en revanche, n'avance pas au même rythme sur tous les fronts. Lors de l'Apple Worldwide Developers Conference 2024, Craig Federighi, son responsable logiciel, présentait une version de Siri capable de contextualiser les échanges grâce à l'intelligence artificielle. Une annonce ambitieuse, mais dont la concrétisation tarde aujourd'hui trop.
« Nous sommes en mode chasse à l'approvisionnement » : Nvidia prend la place d'Apple et devient le premier donneur d'ordre de la planète tech
Face aux retards, la firme de Cupertino a dû se tourner dans un premier temps vers OpenAI et intégrer Chat-GPT dans ses smartphones pour combler ses lacunes. Très bientôt, c'est Google, avec son modèle Gemini, qui devrait prendre le relais dans le cadre d'un accord pluriannuel évoqué en janvier par CNBC.
Certains spécialistes, néanmoins, posent la question, pertinente, de savoir si ce retard ne pourrait pas finalement profiter à Apple. La marque américaine a investi bien moins que ses concurrents dans l'IA, limitant ainsi les risques et les erreurs inhérentes à ce très nouveau marché, notamment en matière de protection des données. Par ailleurs, l'entreprise profite déjà indirectement de l'essor de l'IA générative, en percevant des commissions significatives sur les applications distribuées ses concurrents par l'App Store - le « Wall Street Journal » évoque des bénéfices annuels qui pourraient dépasser le milliard de dollars en 2026.

Qui pour succéder à Tim Cook ?
A 65 ans, Tim Cook, le directeur général d'Apple (en photo), n'a toujours pas évoqué son départ et entretient le flou, y compris en interne. Pourtant, la question de sa succession se pose avec insistance.
Pour prendre la suite, un nom revient régulièrement : celui de John Ternus. Souvent cité par le très renseigné journaliste de Bloomberg Mark Gurman, ainsi que par d'autres spécialistes, il incarnerait une forme de continuité. Né quelques mois avant Apple, il a passé près de la moitié de sa vie au sein de l'entreprise et occupe aujourd'hui un poste clé, celui de vice-président senior de l'ingénierie matérielle.
Symbole fort : c'est lui qui a présenté le MacBook Neo au grand public - un rôle généralement réservé à Tim Cook lors des grandes annonces. A la tête du développement des produits qui génèrent près de 80 % des revenus d'Apple, Ternus voit son influence grandir, de la supervision du design aux enjeux environnementaux, de plus en plus centraux pour la marque.

Raphaël Sachetat

No comment yet.
Scooped by Georges-Edouard DIAS
March 16, 3:19 PM
Scoop.it!

« Nous n'optimisons pas pour les swipes mais pour créer l'étincelle » : comment Tinder veut faire oublier la « dating fatigue » grâce à l'IA et l'astrologie

En opération re-séduction, Tinder s'en remet au ciel. A quelques kilomètres de son siège à Los Angeles, l'application de rencontres la plus utilisée au monde a présenté jeudi une multitude de nouvelles fonctionnalités, dont un mode… astrologie. Ses dirigeants misent sur ce critère de compatibilité pour convaincre les 18-25 ans de continuer la drague en ligne sur leur application.
Alors que la génération Z se passionne pour les signes du zodiaque, il faut y voir le symbole d'un Tinder qui a changé d'époque. Concoctée par son PDG nommé il y a un an, sa nouvelle recette mêlera une palette d'intelligence artificielle avec des recherches par affinité, comme le thème astral ou les goûts musicaux, pour aider les futurs couples à briser la glace.

Changer la vaine routine du « swipe »
Tout l'enjeu est de rendre l'application plus efficace dans la quête du rendez-vous d'un soir ou d'une vie. A mille lieux de l'expérience des multiples conversations sans suite qui a fini par ternir sa réputation…
« Nous n'optimisons pas Tinder pour les swipes mais pour créer l'étincelle », a résumé Spencer Rascoff, en référence aux glissements du pouce à l'origine du succès de l'application à son lancement en 2012. A gauche, le profil proposé indiffère. A droite, la discussion peut commencer. Gauche, gauche, gauche, droite, gauche… l'innovation d'hier est aujourd'hui vue par beaucoup de célibataires comme le symbole d'une vaine routine.
Plus ambitieuse, cette stratégie impose de moins concevoir l'application comme un catalogue infini de personnes seules et de doper avec de nouvelles données l'algorithme chargé de proposer les associations de profils. Il s'agit aussi de trouver une réponse à un impératif business.
En 2025, le nombre d'abonnés à Tinder a fondu de près de 7 %, et les revenus ont fléchi de 4 %, à 1,8 milliard de dollars. En fin d'année, 8,8 millions de personnes payaient pour des services complémentaires. Au dernier pointage en 2024, Tinder comptait 50 millions d'utilisateurs, mais la baisse des téléchargements suggère un déclin également parmi les utilisateurs gratuits. Alors que Tinder contribue pour moitié à ses revenus, la maison mère, Match Group, a gelé les embauches et s'est séparé de 13 % de ses effectifs en mai 2025.
L'époque où Tinder avait su profiter de la transition du PC au smartphone pour ringardiser les sites comme Match.com ou Meetic en Europe, paraît lointaine. « Quand Tinder a présenté le 'swipe' cela a révolutionné la façon dont les gens se rencontrent en ligne », a souligné le nouveau patron.

L'IA aide à montrer votre vous-même authentique.
Hillary Paine, vice-présidente senior du produit chez Tinder


A son pic en mars 2020, en plein confinement pendant l'épidémie de Covid-19, l'écran Tinder a été balayé plus de trois milliards de fois en une seule journée. En 2026, ce chiffre est tombé à deux milliards. La « fatigue du dating » est devenue une expression commune. Confrontés à la solitude pendant la pandémie, les célibataires ne se contentent plus des rencontres superficielles.

En arrivant chez Match Group, le nouveau PDG Spencer Rascoff a commencé par imposer son rythme et son état d'esprit d'entrepreneur. Cofondateur de la plateforme d'annonces immobilières la plus connue des Etats-Unis (Zillow), il a réorganisé les équipes de développeurs en petits groupes autonomes pour accélérer la conception de nouvelles fonctionnalités. La conférence de présentation des innovations, jeudi dernier, à la manière d'une société technologique, était la première de l'histoire de Tinder.
En toile de fond de l'application jusqu'ici, l'intelligence artificielle est désormais assumée. Les messages irrespectueux sont repérés automatiquement, et il est ensuite suggéré à la victime de signaler l'agresseur afin d'ouvrir un dossier contre lui. L'IA aide aussi les utilisateurs à mieux se présenter. Il s'agit à la fois de simplifier le travail de l'algorithme et de fluidifier le premier contact avec un ou une partenaire.
« L'IA aide à montrer votre vous-même authentique, par exemple en cherchant dans les photos de votre smartphone des images qui disent quelque chose de vous et de vos centres d'intérêt », souligne Hillary Paine, la vice-présidente senior du produit chez Tinder.

Mode « alchimie »
Qui dit profil enrichi dit plus de données pour les algorithmes. En test aux Etats-Unis, au Canada et en Australie, un mode « alchimie » promet même une sélection d'une poignée de profils qu'il n'y aurait même plus besoin de « swiper ».
Mais Tinder, qui ne précise pas le modèle d'IA utilisé, ne va pas plus loin que ça. Contrairement à des start-up du secteur, par exemple Sitch ou Fate, il n'est pas question d'ajouter un chatbot qui ferait office de marieuse, voire de conseiller en séduction.
Outre l'enrichissement des profils, Tinder entend donner davantage de contrôle aux utilisateurs, par exemple en leur permettant de signaler de manière proactive à l'algorithme des critères de recherche importants. L'application permet aussi des concordances entre deux paires d'amis.
L'idée est ici de rassurer les femmes parfois réticentes à une rencontre par crainte d'être agressées quand elles s'y rendent seules. Aux Etats-Unis, près de la moitié des utilisatrices de Tinder interrogées cite ces « double date » comme l'unique raison d'ouvrir l'appli.


Florian Dèbes (A Los Angeles)

No comment yet.