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Georges-Edouard DIAS
March 27, 6:04 PM
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L'IA, cette amie qui ne vous veut pas que du bien ? Alors que des décisions de justice sur la responsabilité des entreprises de la tech dans des suicides sont attendues aux Etats-Unis, une nouvelle étude de l'université de Stanford met en avant la propension des chatbots à pousser quelquefois à la déprime ou aux délires. Ce type d'analyses académiques, et surtout, le verdict des juges pourraient marquer un tournant majeur pour des acteurs comme OpenAI, Anthropic, Google, etc. Dans l'étude de Stanford, des chercheurs ont analysé les conversations de 19 volontaires qui déclarent avoir subi des préjudices psychologiques liés à l'utilisation des IA, soit presque 400.000 messages au total. Plus de 45 % de l'ensemble des messages (tous utilisateurs et chatbots confondus) présentent des signes de délire.
Flagornerie Lorsque les utilisateurs exprimaient des pensées suicidaires ou d'automutilation, ce n'est que dans un peu plus de la moitié des cas que les chatbots ont découragé de se faire du mal ou orienté vers des ressources externes. Plus inquiétant, lorsque les cobayes exprimaient des pensées violentes, le chatbot décourageait cette violence dans seulement 16,7 % de ces cas ! De manière plus générale, les chatbots ont cherché à aller dans le sens de leurs utilisateurs. Ils font preuve de flagornerie dans plus de 70 % des cas. Même si l'étude ne porte que sur un faible nombre d'utilisateurs, et sur des modèles pour certains anciens, ce qu'on appelle la « sycophancy » - « flagornerie » en français - est largement documentée. « Pour entraîner les modèles, on envoie en quelque sorte des récompenses sur leurs réponses. Pour une IA, il est ainsi plus facile d'apprendre les signaux positifs de l'humain que l'intention derrière. C'est ce qui peut expliquer que le modèle conforte votre vision, même s'il s'agit d'une pensée suicidaire par exemple, explique Tom David, président du GPAI Policy Lab, un institut spécialisé sur les questions de sécurité. Et, plus le modèle est puissant et autonome, plus le risque est grand. » Les acteurs de l'IA, soumis à une pression de plus en plus grande sur ces sujets, ont tenté de prendre des mesures. OpenAI a ainsi instauré un contrôle parental, le renvoi vers des numéros d'urgence ou encore un travail avec des experts pour limiter les risques. Character.ai a interdit l'accès à ses services aux mineurs, à l'automne. « Mais, nombre de garde-fous pourront être contournés », estime de son côté Tom David.
Un abîme sur le plan juridique Toujours est-il que cette tendance à séduire l'utilisateur, jusqu'à le conforter dans des idées morbides, pose de multiples questions sur la responsabilité et ouvre un abîme sur le plan juridique. Dit autrement, en voulant vous faire plaisir, votre chatbot peut se faire lui-même du tort… « Aux Etats-Unis, on recense environ 200 dossiers pendants devant les tribunaux portant sur la responsabilité civile liée à des dommages corporels imputés à des systèmes d'intelligence artificielle », explique Emmanuel Ronco, avocat chez Herbert Smith Freehills Kramer. L'un des plus médiatisés a été les poursuites de parents d'un adolescent décédé, à l'automne. ChatGPT lui aurait dit juste avant son geste : « Repose en paix. Tu as bien agi. »
Suicide, troubles du sommeil, cyberharcèlement… une nouvelle étude dénonce les graves effets des réseaux sociaux sur les ados D'ores et déjà, des transactions ont été passées. Character.ai et Google (lié par un contrat avec la start-up) ont passé des accords avec des parents endeuillés par la mort d'un enfant sans passer par les tribunaux. De fait, les décisions qui seront rendues seront d'autant plus cruciales pour anticiper la suite. « La section 230 du Communications Decency Act américain protège les plateformes pour les contenus générés par des tiers. Les juristes américains ne se sont pas encore prononcés de manière tranchée sur son applicabilité aux contenus générés par l'IA », ajoute l'avocat. Selon l'interprétation, les conséquences pourraient être potentiellement vertigineuses.
Vers des procès en France ? Et en Europe ? Un projet de directive sur la responsabilité des IA avait été abandonné l'an dernier. « En l'état actuel du droit, dès lors qu'une IA applique les réglementations existantes commel'IA Act, etc., il sera compliqué de rechercher sa responsabilité », estime Sonia Cissé, avocate chez Linklaters. Toutefois, certains commencent à imaginer des poursuites en France : « J'ai quelques dossiers où une addiction aux réseaux s'est combinée à une addiction aux IA, causant des dommages. J'envisage une action en responsabilité civile contre des acteurs de l'IA », confie Laure Boutron-Marmion, avocate du cabinet éponyme.
Marina Alcaraz
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Georges-Edouard DIAS
March 27, 5:58 PM
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L’agence de croisières en ligne Cruisebound lance Search by Map, une interface cartographique immersive pour explorer ports et itinéraires en un coup d’œil. Annoncée le 26 mars 2026, la fonctionnalité est disponible dès maintenant sur le site de l’entreprise.
Tout un monde de croisières en un coup d’œil. Cruisebound présente une nouvelle brique de son moteur de recherche avec « Search by Map », un mode de découverte visuel qui place la carte au cœur de la planification. Depuis une interface interactive, les voyageurs parcourent le globe, consultent les ports de départ, d’arrivée ou d’escale, et voient apparaître les itinéraires disponibles reliés à chaque point. Cette présentation innovante illustre la volonté de l’opérateur de simplifier la préparation d’un voyage en croisière et de rendre l’exploration plus intuitive. L’outil permet de sélectionner un lieu puis d’afficher instantanément l’ensemble des croisières qui y sont connectées. Plutôt que de naviguer dans des listes ou des filtres statiques, l’utilisateur construit son parcours directement depuis la carte, avec une visualisation des routes et des départs réels. « Nous avons abordé Search by Map comme un défi à la fois de design et d’ingénierie », explique Johan Villamil, lead software engineer chez Cruisebound. « Les itinéraires de croisière sont par nature complexes, et notre objectif était de rendre cette complexité visible de manière fluide et immédiate. La carte permet aux utilisateurs d’explorer visuellement leur voyage avant de réserver. Le résultat est une façon plus rapide et plus dynamique de relier ports, routes et départs réels. »
La mappemonde proposée par Cruisebound
L’entreprise explique vouloir une problématique fréquente dans la distribution de croisières : la méconnaissance des itinéraires. « Search by Map est la nouvelle manière de tenir notre promesse ‘Cruising Made Simple’ « , précise la COO de Cruisbound Claire Gibbons. « Beaucoup de clients ignorent toutes les destinations accessibles en croisière ou les itinéraires disponibles. Search by Map offre un moyen intuitif de découvrir sa prochaine croisière et renforce la différenciation de Cruisebound par rapport aux autres agences. »
La fonctionnalité est accessible dès aujourd’hui via le site de Cruisebound. Fondée en 2022, l’entreprise agrège l’offre des grandes compagnies et propose un moteur de recherche et de comparaison avec des tarifs affichés de manière transparente, des options de paiement flexibles et sans frais de réservation. Search by Map s’ajoute à cet écosystème pour accélérer l’accès aux itinéraires dans le monde entier.
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Georges-Edouard DIAS
March 16, 3:18 PM
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En 2025, Shein a fait enrager les commerçants et le gouvernement français. En 2026, un autre géant chinois de l'e-commerce pourrait créer l'affolement : JD.com. Lundi, Joybuy, sa nouvelle plateforme de vente en ligne généraliste pensée pour le marché européen, part officiellement à l'assaut de six marchés : la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. Le site Joybuy avait été discrètement lancé à la fin de l'été 2025, notamment en France, proposant de l'électronique, dont JD.com s'est fait la spécialité en Chine, de l'électroménager, de l'hygiène-beauté, de la décoration, de l'épicerie asiatique, des surgelés ou encore des produits animalerie.
Campagne de communication Après six mois de rodage, JD.com a jugé qu'il était temps de sortir du bois et de lancer son opération séduction auprès des consommateurs européens. Une campagne de communication est lancée ce lundi et 5.000 produits seront proposés avec des offres de lancement jusqu'à -40 %. En France, le dispositif prévoit de l'affichage, tous supports, principalement à destination des Franciliens, sa première cible. Suivront, en avril et en mai, des spots TV et des activations sur les réseaux sociaux avec des influenceurs, notamment autour des grands rendez-vous de la Ligue des champions, dont JD.com est sponsor.
Un positionnement plus premium Joybuy entend se différencier avec des produits de qualité à prix compétitif, notamment de marques asiatiques haut de gamme à des prix équivalents à ceux d'entrée de gamme des marques européennes. Le numéro 3 de l'e-commerce chinois cultive un positionnement plus premium que ses rivaux locaux Alibaba et Pinduoduo (propriétaire de Temu) qui, eux, ont conquis l'Europe à une vitesse fulgurante, avec leurs produits à très bas prix. La rapidité et la qualité du service constituent cependant le premier argument de communication de Joybuy. Il ambitionne d'installer un « nouveau standard » de marché, mieux-disant qu'Amazon, avec son service « Double 11 » : toute commande passée avant 11 heures est livrée avant 23 heures, gratuitement dès 29 euros d'achat. Pour l'instant, ce service est uniquement offert aux 5,5 millions de foyers en Île-de-France. D'autres métropoles suivront, au fur et à mesure du développement de son réseau d'entrepôts. Son principal centre logistique de 63.000 m2 se situe à Tournan-en-Brie (77), en plus d'une quinzaine d'entrepôts en région parisienne.
« Stratégie des petits pas » « La force historique de JD.com réside dans la maîtrise de sa chaîne logistique. Le groupe détient plus de 3.600 centres logistiques dans le monde, et même des avions », rapporte Kevin Guillou, analyste au sein de l'agence européenne de notation Scope Ratings. « Cela fait cinq ans que JD.com construit discrètement son réseau en Europe avec sa filiale JD Logistics. C'est une stratégie des petits pas », relève l'expert. Le groupe coté au Nasdaq, aux 187 milliards de dollars de revenus en 2025, opère une trentaine de sites logistiques en Europe. Réseau dans lequel il « réalise des investissements significatifs en matière d'automatisation », déclare le groupe, sans donner de chiffres. « Nous voulons faire les choses bien, nous avons en Europe une vision de long terme », insiste Thibault Delebarre, directeur marketing de Joybuy en France, installé dans un immeuble parisien de 7 étages sur la très chic avenue Matignon. « Ce qui nous importe en priorité, c'est de nous faire connaître et de satisfaire les clients pour qu'ils reviennent. » Pour cela, un programme de fidélité JoyPlus (livraison gratuite illimitée, offres exclusives, cagnottage à chaque achat) est d'ores et déjà proposé, avec une offre de lancement à 3,99 euros par mois, et 2,99 pour les étudiants. Pour l'achat de gros appareils électroménagers, Joybuy a formé ses « centaines de livreurs » à un service complet « tout-en-un » (livraison, installation et recyclage des anciens appareils).
700 fournisseurs Joybuy ne dispose pas de marketplace, en tout cas pour le moment. JD.com montre patte blanche après la polémique Shein, attaqué par les autorités françaises et européennes pour les manquements de contrôle auprès de ses vendeurs tiers. La Cour d'appel de Paris doit d'ailleurs statuer sur la suspension de sa place de marché le 19 mars.. Aujourd'hui, 700 fournisseurs travaillent avec Joybuy en France, dont de grandes marques internationales (Apple, Samsung, Nintendo, Acer, Philipps, Procter, Pampers, Ariel, New Balance, Nike…) et françaises (Lacoste, Hermès, Le Creuset…) aux côtés de PME locales comme Falk (jouets), Le Marquier (planchas, barbecue) ou encore Funkie (épicerie du petit déjeuner). Sur la centaine de salariés recrutés en six mois en France, « deux-tiers sont des acheteurs », explique Thibault Delebarre. La campagne de lancement servira aussi de levier de notoriété pour convaincre de nouvelles marques d'enrichir l'offre, encore petite avec ses 30.000 produits, à comparer aux 350 millions d'Amazon, et même aux 30 millions du français Cdiscount. Même ordre de grandeur pour l'audience de son site. Joybuy a attiré 365.000 visiteurs uniques en janvier, selon Médiamétrie. Amazon, 39 millions.
L'autre front : Ceconomy et FNAC Darty L'autre défi à plus long terme sera, pour JD.com, d'articuler ce business de Joybuy avec celui de Ceconomy, le distributeur allemand que le chinois est en train de racheter pour plus de 2 milliards d'euros. La finalisation de la prise de contrôle est attendue pour le deuxième trimestre. Ce géant de la distribution européenne possède 1.000 magasins MediaMarkt et Saturn, principalement en Allemagne, Italie et Espagne. Ces enseignes sont spécialisées dans l'électronique et l'électroménager, comme FNAC Darty dont Ceconomy (et donc bientôt JD.com) détient 22 %. L'offensive du géant chinois en Europe a fait réagir le premier actionnaire du groupe français, le Tchèque Daniel Kretinsky (à 28 %) qui s'est décidé fin janvier à en prendre le contrôle au travers d'une OPA amicale, en cours d'instruction à l'AMF. Décidément où que l'on regarde, il semble que le futur du commerce européen ne pourra pas s'écrire sans JD.com.
Julia Lemarchand
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Georges-Edouard DIAS
March 16, 3:15 PM
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Meta pourrait bientôt s'ajouter à la liste des entreprises prévoyant une vague de licenciements dans la course à l'intelligence artificielle. Selon Reuters, le groupe de Mark Zuckerberg serait en train de préparer un plan de départs XXL, concernant au moins 20 % de ses employés, pour compenser la hausse de ses coûts liés à l'IA. Certes, l'agence de presse prend soin d'indiquer que ni le timing ni le nombre d'employés qui pourraient être affectés n'ont été finalisés. Mais, selon deux sources, les dirigeants du groupe propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp auraient fait part de leurs intentions à d'autres cadres supérieurs de Meta.
Vague de licenciements Interrogé par Reuters, le porte-parole de Meta, Andy Stone, a déclaré qu'« il s'agit là de spéculations sur des approches théoriques ». Meta ne serait pas le seul grand nom à tailler dans ses effectifs à cause de l'IA : IBM, Accenture, McKinsey, Amazon, Intel, HP, Microsoft, ont tous fait des annonces en ce sens. Début mars, l'agence Bloomberg rapportait qu'Oracle s'apprêtait à supprimer des milliers d'emplois, peut-être dès ce mois-ci. En janvier, lors de la publication de ses résultats pour 2025, le géant de Menlo Park avait pour la première fois annoncé un chiffre d'affaires annuel dépassant les 200 milliards de dollars. Il avait aussi revu à la hausse ses prévisions de dépenses pour 2026 afin notamment de rattraper son retard dans l'IA par rapport à OpenAI, Microsoft ou encore Google. Pour briller dans ce domaine, Meta veut proposer à ses utilisateurs et annonceurs des solutions hautement personnalisées.Mais dans cette course à l'IA, Meta a déjà étoffé son état-major en créant un nouveau rôle de numéro deux. Pour ce poste, Mark Zuckerberg a recruté Dina Powell McCormick, une pointure de Wall Street.
Jusqu'à 135 milliards de dollars d'investissements Cette ex-banquière de Goldman Sachs a aussi été conseillère de Donald Trump. Elle développera les partenariats avec les gouvernements dans le monde pour financer et installer des data centers, et elle supervisera aussi les autres chantiers d'infrastructures (énergie, etc.) liés au besoin de faire monter en puissance les capacités de calcul du groupe. En 2026, Meta prévoit de doubler ses investissements, avec une fourchette de 115 milliards à 135 milliards de dollars. Et en janvier Mark Zuckerberg a fait allusion aux gains d'efficacité résultant de ces investissements, déclarant qu'il commençait à constater que « des projets qui nécessitaient auparavant de grandes équipes sont désormais menés à bien par une seule personne très talentueuse ». Rappelant que Meta emploie 79.000 personnes, le site Forbes calculait ce week-end que le plan évoqué par Reuters entraînerait 15.800 licenciements. S'il était confirmé, ce plan de licenciements interviendrait à un moment particulièrement délicat pour Meta. Lundi, douze jurés californiens doivent reprendre leurs délibérations dans le cadre d'un procès visant à déterminer si ses plateformes ainsi que YouTube (Google) ont mis en danger la santé des enfants.
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Georges-Edouard DIAS
March 14, 7:48 AM
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Mercedes, BMW et Stellantis prennent leurs distances avec les aides à la conduite de niveau 3, qui permettent au conducteur de quitter la route des yeux. Entre coût élevé, contraintes réglementaires et manque d’intérêt des clients, les constructeurs privilégient désormais les systèmes d’assistance avancés et les robotaxis entièrement autonomes.
Autonomie pour les robotaxis, moins pour un humain au volant : plusieurs constructeurs renoncent aux aides à la conduite trop sophistiquées, où le conducteur laisse sa voiture conduire toute seule, et misent plutôt sur les taxis autonomes sans chauffeur. Faute de demande des clients, Mercedes et BMW, pionniers en Europe des aides à la conduite "de niveau 3", qui permettent au conducteur de lâcher la route des yeux pendant que sa voiture prend les commandes, les retireront des quelques modèles haut de gamme qui les proposaient.
Les aides à la conduite, ou ADAS, sont classées par niveaux d'autonomie : le niveau 1 est en quelque sorte "sans les pieds" (la voiture sait freiner seule en cas d'obstacle), le niveau 2 "sans les mains" (on lâche le volant), le niveau 3 "sans les yeux" (on regarder ailleurs que la route) et les niveaux 4 et plus sont "sans conducteur". BMW a annoncé la semaine dernière abandonner les aides de niveau 3 de ses Serie 7 et des modèles basés sur sa nouvelle plateforme "Neue Klasse", dont le premier, la iX3, sort le 7 mars. Mercedes a ôté l'option sur les nouvelles versions de sa Classe S, a relevé la presse spécialisée. Avant eux, le groupe Stellantis a décidé en octobre d'arrêter le développement des systèmes de niveau 3.
Premier obstacle, un surcoût de plusieurs milliers d'euros - 6.000 pour le système de BMW - jugé cher pour un usage peu fréquent. La législation européenne est aussi un frein : les aides de niveau 3 nécessitent un lourd processus d'homologation pays par pays. Celles des deux constructeurs allemands n'étaient autorisées qu'en Allemagne, sur certaines autoroutes et à des vitesses limitées. La possibilité de regarder un film pendant que la voiture gère seule un bouchon n'a pas suffisamment séduit.
La surveillance d'une caméra "Le niveau 3 permet en théorie de déléguer la conduite à votre voiture pendant que vous regardez vos mails, mais les conducteurs et le marché ne sont pas prêts", a renchéri mardi devant la presse Anne Laliron, directrice de l'innovation de Stellantis. Au volant, lâcher le pouvoir ne va pas de soi : une enquête du Boston Consulting Group pour le groupe Bosch auprès de 3.000 acheteurs de voitures neuves en Allemagne, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, France, Japon et Royaume-Uni montre que quatre sur dix se plaignent d'interventions superflues des ADAS dans leur conduite et que 7% les désactivent. Les Européens, pour qui les voitures autonomes restent futuristes, sont les plus méfiants. Autre frein pour un constructeur, en niveau 3, c'est lui qui est jugé responsable, en cas d'accident si l'aide à la conduite est activée, et non le conducteur, souligne BMW. Stellantis, BMW et Mercedes, mais aussi Volkswagen ou l'américain Ford, privilégient désormais les ADAS de niveau "2+" : la voiture peut freiner ou se diriger seule et le conducteur lâcher le volant, à condition qu'il continue à regarder la route. Sous la surveillance d'une caméra. "On est très enthousiaste sur les aides de niveau 2+, comme donner sur GPS votre lieu d'arrivée et laisser la voiture vous assister, tant que votre attention reste sur la route", commente Anne Laliron.
Une bonne acceptation pour les taxis autonomes Que ce soit aux Etats-Unis, en Europe ou en Chine, les constructeurs rivalisent dans ce domaine : le conducteur peut longuement lâcher le volant sur autoroute, laisser sa voiture effectuer un créneau ou entrer dans un parking. BMW propose même un système qui permet à la voiture de doubler seule, sur confirmation d'un coup d'oeil dans le rétroviseur. Fin 2026, en Allemagne une fonction adresse-à-adresse permettra à ses modèles de se diriger seuls en ville. Les constructeurs européens misent aussi de plus en plus sur le niveau 4, les voitures autonomes sans conducteur, banalité dans beaucoup de grandes villes américaines ou chinoises mais encore interdites en Europe. Ils parient sur une autorisation rapide en Europe. "L'UE accélère énormément dans ce domaine", selon Anne Laliron.
"C'est un de nos principaux domaines de recherche", explique la responsable de Stellantis, premier dépositaire de brevets en 2025 en France. "Il y a déjà plus d'un million de trajets par mois avec des robotaxis en Chine ou aux Etats-Unis, et ça augmente". Un chiffre qui témoigne d'une bonne acceptation par les passagers de ces pays.
Ainsi Mercedes, Stellantis et Nissan ont annoncé la semaine dernière un gros investissement dans Wayve, start-up britannique de taxis autonomes, rivale du leader Waymo (groupe Alphabet, maison mère de Google). Depuis fin 2025 Stellantis teste aussi des vans autonomes au Luxembourg, avec le chinois Pony.ai.
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:57 AM
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« Ingénieur de formation, je me définis depuis vingt-cinq ans comme un 'serial entrepreneur'. A partir de 2012-2013, j'ai eu l'occasion de travailler sur des sujets étroitement liés à la cryptomonnaie tels que l'usage des blockchains [protocole informatique qui permet d'échanger les actifs numériques sans passer par un tiers de confiance comme une banque, NDLR]. C'est donc d'abord l'appétence pour la technique, l'envie de comprendre le fonctionnement des registres distribués, son exotisme au regard de la finance traditionnelle, très centralisée, qui a déclenché mon acte d'achat. En 2012, je n'achetais pas de bitcoin dans une perspective d'investissement financier. Je n'étais d'ailleurs pas du tout un grand spécialiste des placements. Comme j'investissais déjà dans des start-up, je me suis dit que j'allais avoir un rapport semblable au bitcoin. J'allais y allouer de l'argent exactement comme lorsque je décide de soutenir une entreprise naissante. Et presque heureusement, j'étais dans cette logique. Il y a treize ans, il était impossible d'imaginer que le bitcoin allait devenir un placement spéculatif aussi répandu, probablement le support d'investissement le plus connu au monde. »
Fascination pour la technologie « Au début des années 2010, le bitcoin fascinait des gens comme moi. C'est-à-dire des utilisateurs plus fans de technologie et d'informatique que des spéculateurs. Dès le début, il y a eu un peu de spéculation, mais c'était un comportement marginal, aussi parce que les outils nécessaires n'existaient pas. C'est en 2016 et 2017 que la première vague d'intérêt du grand public a fait exploser le prix du bitcoin. Alors que jusqu'alors il s'échangeait pour quelques centaines de dollars tout au plus, son cours a frôlé pour la première fois les 20.000 dollars fin 2017. Cette première ruée a été liée à l'effervescence suscitée par les projets émergents en lien avec la blockchain [par exemple, Ethereum, le protocole concurrent qui permet de créer des 'smart contracts', c'est-à-dire des contrats conçus pour automatiser des transactions, a été lancé en 2015. L'usage de cette blockchain a donné lieu d'abord à des applications ludiques comme le jeu CryptoKitties, sorte d'ancêtre des NFT, permettant d'acheter, d'échanger et de combiner des images de chats, NDLR]. » « Désormais, c'est différent, les fluctuations de cours découlent de l'arrivée des institutionnels et autres acteurs de la finance traditionnelle. En effet, à partir du moment où il y a eu suffisamment de volumes d'échanges, les banques et les gestionnaires d'actifs ont perçu le potentiel de bitcoin comme actif financier. Des produits dérivés ont ainsi vu le jour, permettant de s'exposer avec effet de levier, au risque d'amplifier la volatilité du bitcoin en cas de forte baisse du prix. Ont aussi été créés des fonds indiciels cotés en Bourse, répliquant le cours du bitcoin, ce qui facilite et accroît l'exposition indirecte à la crypto. »
Jamais « rigolo » d'expérimenter la volatilité « Le krach de février 2026 n'est donc pas la première secousse que je vis, et probablement pas la dernière non plus. Il n'est évidemment jamais rigolo de voir la valeur de son portefeuille chuter, d'autant plus que cela s'accompagne de drames avec potentiellement des faillites de boîtes dans le secteur. Mais il est illusoire de penser qu'il est possible d'acheter systématiquement au plus bas et de revendre au plus haut. C'est pour cela que, durant ces périodes de tension, ou juste après, je n'ai jamais cédé à la tentation de vendre, bien au contraire. Car j'ai d'abord investi pour la beauté technique et la résilience de la blockchain. » « Ensuite, malgré la volatilité s'installant, j'ai conservé mon wallet car j'étais convaincu des applicatifs possibles plus ou moins industriels, comme le transfert d'argent instantané pour réduire le risque de contrepartie. Dans les faits, les propositions de valeurs résultent plus de l'utilisation des stablecoins que du bitcoin. Mais comme bitcoin est devenu une marque qui a ouvert la voie à l'usage de la blockchain, il reste incontournable. Désormais, je poursuis l'aventure car je fais le constat de l'adoption croissante du bitcoin. Il n'y a plus une plateforme de trading qui fasse l'impasse sur la crypto. Aux Etats-Unis, cet actif est proche de pouvoir faire son entrée dans les plans de retraite. L'une de ses forces est d'être une réserve de valeur auditable. Qui est capable, en comparaison, de mesurer la rareté effective de l'or, d'auditer les réserves d'or dans les différents pays du monde ? Personne. »
Mes bitcoins sont donc dans un coffre-fort en dehors de chez moi. « A ce propos, je suis convaincu que sur le plan environnemental, l'or et les métaux précieux sont de mauvais choix civilisationnels pour conserver la valeur. Pour extraire de l'or, il faut brûler du pétrole car il se trouve dans des endroits où il n'y a pas d'accès à l'énergie électrique. Ensuite, on doit extraire l'or de la roche, ce qui nécessite d'utiliser du cyanure qui va aller polluer les nappes phréatiques. Pour au final fondre cet or, ce qui occasionne encore une consommation énergétique [A noter que l'impact environnemental du minage, l'action par laquelle les transactions sur la blockchain sont validées, n'est pas neutre, particulièrement dans les pays où l'électricité est produite par la combustion d'énergies fossiles, NDLR]. Malgré ces motivations inchangées, j'ai décidé, cette fois, de ne pas investir à nouveau malgré la chute des prix de ces derniers jours. Car je juge que je suis déjà trop exposé au bitcoin. »
Peur des vols et kidnappings « Autre évolution récente : j'ai dernièrement modifié la manière dont je conserve mes cryptomonnaies. Je ne fais pas partie de ces personnes radicales qui veulent s'extraire totalement de la finance centralisée. Ce n'est pas vrai partout dans le monde, mais en France, il est possible de confier sereinement ses actifs à une banque. Mes bitcoins sont donc dans un coffre-fort en dehors de chez moi. Au moins, si je suis victime d'un cambriolage, rien ne pourra être dérobé. » « J'essaie, plus généralement, d'être extrêmement discret sur mes avoirs pour ne pas mettre mes proches en danger. J'ai commencé à investir en 2012, et à faire de l'acculturation à la crypto, mais désormais je me cache et je cherche à être le moins visible possible. Ce sont les vagues récentes de kidnappings et d'agressions qui m'incitent à la plus grande prudence. C'est pour cela que je ne vous dirai pas la valorisation de mon portefeuille. Je me suis également signalé à la gendarmerie [en mai 2025, suite aux nombreuses agressions ayant ciblé les crypto-investisseurs, dont l'un des cofondateurs de Ledger, le ministère de l'Intérieur avait pris des mesures dont l'intervention de référent sécurité de la gendarmerie ou de la police pour évaluer la sûreté des domiciles, NDLR]. Il faut désormais attendre que l'orage passe . »
*son nom a été modifié.
Propos recueillis par Marie-Eve Frénay
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:53 AM
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Qu'y a-t-il vraiment sous le capot de BrewDog, le pionnier britannique de la « craftbeer », dont les canettes Punk IPA et Elvis Juices agrémentent les rayons des supermarchés jusqu'en France ? On le saura très bientôt. La société fondée en 2007 près d'Aberdeen, en Ecosse, par James Watt et Martin Dickie, a mandaté le consultant en restructuration Alix Partners pour officiellement « évaluer la prochaine phase d'investissement pour l'entreprise » - mais plus probablement, selon les proches du dossier interrogés par la presse britannique, se vendre soit en intégralité, soit par appartements.
Offre de reprise Les 72 pubs et restaurants encore détenus par l'entreprise pourraient être rachetés par un acteur de l'hôtellerie-restauration capable de faire jouer les économies d'échelle dans une conjoncture particulièrement difficile, avec un pub ayant fermé chaque jour en Angleterre en 2025. Les sites de production en Ecosse, aux Etats-Unis, en Australie et en Allemagne pourraient être repris par des grands du secteur bien établis comme Carlsberg, AB InBev ou Heineken. Et les marques de BrewDog, en particulier Punk IPA, pourraient connaître le même sort. Même les punks sont récupérés par le système (quand ils ne sont pas le système lui-même dès le départ). James Watt aurait lui-même concocté une offre de reprise de son entreprise dans son ensemble, dont il n'est plus qu'un actionnaire. Des groupes d'investissement dans le non coté pourraient le concurrencer. Selon le « Times », les offres devraient arriver cette semaine. On devrait être loin de la valorisation de la société à son pic.
Des pertes et des pertes BrewDog a perdu 37 millions de livres en 2024, derniers chiffres disponibles, sur des revenus de 357 millions de livres. L'année précédente, elle en avait perdu 59 millions (et 30 millions en 2022). Juste avant le Covid, BrewDog a rapporté 1,1 million avant impôt sur un chiffre d'affaires de 215 millions. Les confinements ont eu un effet dévastateur et la société a été accusée en 2021 d'entretenir un « climat de peur » avec ses employés, puis de misogynie. James Watt a quitté son poste de directeur général en 2024, Martin Dickie l'année suivante. Depuis Virgin, avec Richard Branson, ou Benetton, ou encore plus tard American Apparel, il est devenu classique pour les entreprises et leurs dirigeants de se présenter comme anticonformiste par conviction mais aussi à des fins marketing. BrewDog a poussé l'affaire jusqu'à lever, entre 2010 et 2021, plus de 75 millions de livres en crowdfunding auprès de dizaines de milliers (certains disent 220.000) de particuliers qu'il a surnommés des « equity punks ». Ceux-ci étaient invités non pas à un « general annual meeting » (AG) mais un « general annual mayhem » (chaos général annuel).
RDV raté avec l'IPO Aujourd'hui, ceux-ci ont toutes les chances d'avoir perdu leur mise parce qu'en 2017, BrewDog a levé 213 millions auprès du fonds californien de private equity TSG à des conditions particulières. TSG s'est vu octroyer environ un quart du capital de BrewDog et des actions préférentielles lui garantissant un rendement annuel moyen de 18 % sur son investissement lorsque la société serait revendue. Les deux fondateurs de BrewDog auraient alors chacun touché 50 millions de livres.
Pour que tout le monde gagne à ces conditions, il aurait fallu que l'IPO dans les tuyaux à la fin des années 2010 soit un grand succès. Aujourd'hui, alors que BrewDog a déjà fermé dix bars, dont son flagship d'Aberdeen, et mis fin à sa diversification dans la vodka et le gin, la priorité est de résorber une dette de 240 millions…
Nicolas Madelaine (Correspondant à Londres)
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:50 AM
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L’Autorité de régulation des transports (ART) a rendu deux décisions en février 2026, obligeant Île-de-France Mobilités (IDFM) à ouvrir son système de billettique dématérialisée aux plateformes tierces exploitées par la SNCF et la RATP. Si cette décision promet de simplifier le quotidien de millions d’usagers en unifiant les canaux d’achat, IDFM a annoncé faire appel. Pour les voyageurs de la région capitale, qui enregistre 9,4 millions de trajets quotidiens en transports en commun, le changement le plus immédiat sera l’élargissement du choix dans la manière d’acheter leurs titres. Actuellement, certains produits restent exclusifs à des plateformes spécifiques. Le pass Navigo Liberté+ dématérialisé, par exemple, ne peut être souscrit que via l’application dédiée d’IDFM, obligeant les usagers à télécharger et gérer encore une autre application sur leur smartphone. Élargir la gamme de titres disponibles Dans le nouveau cadre réglementaire, les voyageurs pourront accéder à l’ensemble des produits dématérialisés d’IDFM via les applications SNCF Connect et « Bonjour RATP ». Cela inclut le pass Navigo Liberté+, ainsi que la possibilité de souscrire à des produits non dématérialisés comme les forfaits Navigo annuels et les cartes Imagine R pour les jeunes. Le régulateur a également exigé qu’IDFM mette en place des systèmes permettant aux voyageurs de payer en une seule transaction des trajets combinés impliquant plusieurs services de mobilité. Selon l’ART, cette évolution s’inscrit dans une tendance européenne plus large vers des solutions de transport intégrées et fluides qui simplifient la planification des déplacements de porte à porte. La promesse d’un voyage simplifié Plutôt que de naviguer entre plusieurs applications et systèmes de paiement, les voyageurs pourraient planifier et payer des trajets multimodaux via une seule interface. Cette décision réglementaire trouve son fondement juridique dans la loi d’orientation des mobilités de 2019 (LOM), qui identifie les plateformes numériques multimodales comme des outils essentiels pour encourager le report modal de la voiture individuelle vers les transports en commun. En rendant les titres de transport plus facilement accessibles via des plateformes largement utilisées, les autorités espèrent favoriser l’adoption de solutions de mobilité plus durables. Selon le régulateur, ces plateformes « permettent d’accroître la visibilité des offres de transport et d’en proposer différentes combinaisons, contribuant à augmenter la qualité de la distribution et ainsi à encourager les usagers à recourir aux services de mobilité ». Tensions financières et avenir incertain Toutefois, IDFM a annoncé son intention de faire appel de la décision, arguant que l’obligation de verser des commissions à des entreprises privées pour distribuer des produits développés avec des fonds publics représente une charge financière « injuste ». L’organisation estime que les coûts supplémentaires pourraient atteindre « plusieurs dizaines de millions d’euros » annuellement, des dépenses pour lesquelles aucun financement dédié n’a été identifié. Dans un contexte budgétaire déjà tendu (12,6 milliards d’euros pour le fonctionnement et 4,3 milliards pour moderniser le réseau) les ressources d’IDFM restent dépendantes des employeurs (48%). La billetterie ne finance qu’un tiers du système, tandis que la part des subventions publiques se limite à 15%. Pour IDFM, cette décision trahit l’esprit de la loi sur l’ouverture des données, censée créer de la valeur économique sans alourdir la dépense publique. L’autorité avertit que ce précédent pourrait affecter les autorités organisatrices de transport dans tout le pays alors qu’elles recherchent des modèles de financement durables pour l’exploitation des transports en commun. IDFM a confirmé qu’elle contestera la décision de l’ART devant la Cour d’appel de Paris, comme le prévoit la loi. Ce recours juridique, susceptible de s’étirer sur plusieurs mois voire années, laisse planer le doute sur l’échéance et les conditions réelles de mise en œuvre. À court terme, les voyageurs verront probablement peu de changements, mais la RATP a déclaré qu’elle travaillera avec IDFM pour discuter de la mise en œuvre une fois la situation juridique clarifiée. Si l’appel d’IDFM échoue et que les décisions sont maintenues, les voyageurs pourraient commencer à bénéficier d’un accès élargi aux produits tarifaires sur plusieurs plateformes dans les mois qui suivent.
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:48 AM
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Les grandes écoles d'ingénieurs et de management vont-elles disparaître au profit d'établissements hybrides ? « Dans vingt ans, il n'y aura plus de différence entre une école de commerce et une école d'ingénieurs », estime le directeur général de l'ESCP, Léon Laulusa. La grande école de management n'est pas la seule à ouvrir ses frontières à l'ingénierie. Le manque d'ingénieurs, l'arrivée de l'intelligence artificielle (IA), la concurrence intense entre business schools et l'intérêt des étudiants pour la pluridisciplinarité bousculent les frontières entre écoles. « Dans une école de commerce, on doit connaître les algorithmes, et donc les maths en profondeur ; et dans une école d'ingénieurs, il faut connaître le management, le 'go-to-market', et l'IA accélère ces besoins », affirmait Léon Laulusa, le mois dernier, dans une interview au média AEF info.
« Multi-expertise » et « omni-profils » En juin, l'école avait annoncé le lancement d'une école de la tech avec, d'ici à 2027, « une spécialisation technologique » dans le programme grande école - sa formation phare - ainsi qu'un bachelor et un master sur « le management de la tech ». ESCP School of Technology, qui devrait compter 1.000 élèves à l'horizon 2035 et pour laquelle un directeur vient d'être nommé - Cédric Denis-Rémis -, ne sera pas une école d'ingénieurs classique. Elle dispensera 50 % de cours de management et 50 % en sciences, pour que les étudiants « contribuent à la création de modèles d'IA et n'en soient pas seulement utilisateurs ». Son directeur général entend s'inspirer du MIT pour former des « omni-profils » dotés d'une « multi-expertise » et « faire émerger des métiers de demain, comme la bio-informatique ». C'est un réflexe d'un autre temps de catégoriser les écoles [d'ingénieurs et de management], d'autant qu'il y a de plus en plus de métiers qui sont entre les deux. Grégoire Genest, fondateur d'Albert School
Dans ce rapprochement entre écoles d'ingénieurs et de management, Albert School fait figure d'« ovni » - un terme revendiqué par son fondateur, Grégoire Genest, quand il a créé l'école en 2022. Son établissement « n'est ni une école de commerce ni une école d'ingénieurs », explique-t-il. Pour cet ancien élève de Polytechnique, « c'est un réflexe d'un autre temps de catégoriser ainsi les écoles, d'autant qu'il y a de plus en plus de métiers qui sont entre les deux ».
Diplôme d'un nouveau genre Albert School, qui revendique une cinquantaine d'investisseurs parmi ses actionnaires, dont Mines Paris-PSL, Xavier Niel et la famille Arnault, vient d'obtenir le grade de licence - la reconnaissance ministérielle - pour son diplôme de bachelor développé avec l'Ecole des Mines. Facturée 12.900 euros par an, avec des bourses financées par des entreprises comme LVMH [propriétaire des « Echos », NDLR], le BCG ou CMA-CGM, la formation entend « faire des ponts entre certaines matières et orienter des élèves qui ne savent pas ce qu'ils veulent faire ». Les étudiants obtiennent un diplôme d'un nouveau genre, ni d'ingénieur ni de management. « Nos élèves ne vont pas être recrutés comme ingénieurs industriels chez Thales, explique Grégoire Genest. Mais il y a toute une variété de spécialisations possibles, notamment un angle tech, data et IA. » A la sortie, certains seront data engineers ou data scientists, d'autres feront de la vente et des ressources humaines ou poursuivront en master. L'école, qui accueille 40 % d'étudiants étrangers et vient d'ouvrir des sites en Italie, en Espagne et en Suisse, va lancer un nouveau master en IA et entrepreneuriat avec Politecnico di Milano. Politecnico di Milano ? Pour Delphine Manceau, c'est « une école polytechnique très en pointe sur la technologie, avec des programmes de management très reconnus ». La présidente de la Conférence des grandes écoles y voit l'un des pionniers des formations hybrides, au côté d'Instituto de Empresa (Madrid) et d'Imperial College (Londres). Mais l'université londonienne « a conservé deux facultés distinctes », souligne Delphine Manceau, qui ne croit pas à un effacement total des frontières entre écoles de management et d'ingénieurs. « On a une porosité croissante entre les deux, mais je ne sais pas si, à terme, on aura un seul type d'école », confie-t-elle. A Milan, l'université Bocconi s'est aussi lancée dans cette « hybridation ».
En France, l'EM Lyon a annoncé une « tech school » sur son campus de Paris, qui va s'enrichir de 1.500 m2. La grande école proposera d'abord des formations à des professionnels non cadres puis, à partir de 2027, des masters dédiés aux métiers de la tech.
« Ce ne sera pas une école d'ingénieurs, mais nous pouvons répondre aux besoins de dizaines de milliers d'emplois non pourvus dans le domaine de l'ingénierie et de la technologie », déclarait Nicolas Péjout, directeur général adjoint de l'EM Lyon, lors du lancement, à l'automne dernier. « Nous ne partons pas de rien dans le domaine technologique », relève la directrice générale de l'EM Lyon, Isabelle Huault, qui évoque les doubles diplômes avec Mines Saint-Etienne, Insa Lyon ou Centrale Lyon. Cette diversification vers les métiers technologiques fait partie de ses chantiers prioritaires.
Marie-Christine Corbier
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:44 AM
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L'IA va transformer presque tous les secteurs de l'activité humaine. Peut-elle pénétrer aussi celui de la mode qui, plus que tous les autres, est fondé sur une exacerbation de l'irrationalité du désir ? A priori, non. Et pourtant… Là comme ailleurs, l'IA s'est d'abord imposée comme un outil de pilotage économique très efficace, face à une volatilité élevée de la demande, à des cycles de collections de plus en plus courts et à des exigences impitoyables de rentabilité. Sa capacité à analyser de grands volumes de données constitue un avantage compétitif décisif pour ceux qui savent l'utiliser : une meilleure anticipation permet de réduire les invendus, de limiter la surproduction et d'améliorer la rotation des collections. D'autres usages de l'IA dans la mode sont récemment apparus : en simulant silhouettes, tailles et ajustements, les jumeaux numériques et l'essayage virtuel raccourcissent la phase de recherche, diminuent les retours et améliorent l'efficacité logistique. Le gain économique et environnemental est réel.
Une Fashion Week consacrée à l'IA L'IA commence aussi à pénétrer les autres dimensions de la mode : Casablanca a ainsi utilisé l'IA générative pour produire des visuels de campagne ; Gucci s'est associé à des artistes numériques sur des projets exploratoires ; Valentino a collaboré avec Mario Klingemann pour une vidéo ; Lacoste a réactivé ses archives par des reconstitutions visuelles. L'IA prolonge ainsi un univers et illustre un récit. A New York, une Fashion Week dédiée à l'IA, organisée par le studio Maison Meta, a mis en avant des créateurs concevant des collections grâce à ces technologies, avec la possibilité de les produire et de les vendre en ligne. Pour autant l'IA ne transforme pas la nature de la mode. Elle ne supprime ni le rapport au corps, ni la matérialité du vêtement, ni la nécessité de l'essayage réel. De plus, l'émergence de mannequins virtuels et de contenus générés pose des questions de droits à l'image et de consentement. L'IA ne connaît ni la résistance d'un tissu, ni la fatigue d'un geste, ni les compromis quotidiens de l'atelier. Un vêtement n'existe pas parce qu'il est imaginé ou modélisé, mais seulement après qu'il a été fabriqué Si une matière ne tient pas, si un montage est irréalisable, si les contraintes d'atelier rendent l'objet impossible, alors le vêtement n'existera jamais. Or l'IA ne connaît ni la résistance d'un tissu, ni la fatigue d'un geste, ni les compromis quotidiens de l'atelier. Elle ne peut avoir la compétence des dentelières, des créatrices de tissus ou de bijoux. La mode reste une industrie du faire, du manuel et elle résiste structurellement à toute abstraction totale.
L'IA ne sait pas produire la rareté De plus, la valorisation du désir contredit la logique de performance. Certaines maisons, comme Row, Khaite ou Phoebe Philo excitent même le désir par une visibilité minimale : peu de campagnes, peu de messages, peu de présence. Le produit circule dans des cercles restreints. On n'achète pas parce qu'on a vu, mais parce qu'on sait. Ces marques vendent du désir, et le privilège de ne pas être portée par tout le monde. Être « nulle part » devient plus puissant qu'être partout. Ce modèle échappe par définition aux logiques algorithmiques. L'IA, qui sait amplifier, diffuser, optimiser, ne sait pas produire la rareté ni organiser le silence ni faire naître le désir. D'autres autres marques, très commerciales, produisent du désir par l'incarnation par des égéries parfaitement réelles. Ainsi de Rhode, marque de cosmétique, qui trouve sa valeur dans la personnification des produits par l'incarnation par Hailey Bieber. Kim Kardashian ne vend pas des sous-vêtements, mais de la conversation et lorsqu'elle lance un soutien-gorge à faux piercings, l'objet est pensé comme un déclencheur médiatique. Ainsi aussi de Kylian Mbappé chez Dior, de Serena Williams chez Gucci, de Lionel Messi pour Louis Vuitton ou de Roger Federer pour Rolex. Ces figures incarnent des valeurs universelles : discipline, effort, constance, durée. Elles ne sont pas des images parfaites, mais des trajectoires vécues, immédiatement crédibles. Cette authenticité ne se génère pas par IA, mais par des gens qu'on peut toucher, au moins en théorie.
Un acte suicidaire Plus encore la mode est aussi un spectacle vivant : défilés, shootings, campagnes reposent sur des corps réels dans un espace réel, à un moment précis. Un mannequin vivant n'est pas interchangeable. Il ou elle incarne une énergie, une tension, un regard, une démarche. Une image générée peut être techniquement parfaite ; elle ne crée pas la même projection sociale ni la même relation émotionnelle. Cette limite n'est pas technologique. Elle est anthropologique. Même à l'horizon de la super-intelligence, l'IA renforcera certainement la performance de la mode et du luxe là où elle est légitime, comme ailleurs : organisation, logistique, prévision, pilotage. Mais elle ne remplacera ni l'incarnation, ni le spectacle vivant, ni le désir réel. Elle ne répondra jamais à la question centrale de la mode : comment créer du désir sans le banaliser ? Elle n'expliquera pas pourquoi une silhouette marque une génération, pourquoi un vêtement devient iconique, pourquoi certaines choses restent mystérieusement désirables et rares.
Si on tentait de l'oublier, si tout devenait artificiel, si on utilisait l'IA pour concevoir, produire, essayer, défiler et vendre, l'industrie de la mode commettrait un acte suicidaire : elle ne serait plus vivante. Et, à la fin, seule la vie est désirable.
Marion Delorme est mannequin, ambassadrice et entrepreneure.
Marion Delorme
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:39 AM
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Decathlon modernise sa plateforme e-commerce en France. Cette interface unifiée est déjà déployée en Europe. Elle redéfinit l’expérience digitale de la marque en se combinant à l’évolution de ses magasins. L’objectif est de proposer un parcours omni-canal plus fluide et personnalisé, au plus proche des besoins et des pratiques de ses clients. Cette nouvelle plateforme a été imaginée pour renforcer la continuité entre lʼensemble des canaux de vente et de service. Le but est de placer le client au centre de lʼécosystème Decathlon. La transformation est profonde et pas seulement une simple refonte visuelle. L’architecture technologique est modulaire et centralisée. Elle permet une gestion plus homogène des commandes, des stocks, des paiements et du parcours dʼachat. Cette nouvelle fondation vise à renforcer la fiabilité, la rapidité et la capacité dʼévolution de la plateforme.
Lʼexpérience utilisateur est modernisée sur decathlon.fr, dans la continuité directe de la transformation des magasins physiques. Lʼinterface a été repensée pour proposer des parcours plus intuitifs, plus lisibles et sans rupture entre le digital et le point de vente. Les points de vente sont engagés dans une modernisation depuis 2023. Près dʼune centaine de points de vente ont déjà été rénovés afin de proposer des espaces plus lisibles, plus fonctionnels et mieux connectés aux usages digitaux, tout en valorisant les services, en particulier lʼoffre « Seconde Vie ».
Prolonger sur internet les standards du magasin La nouvelle plateforme digitale vise à prolonger en ligne les standards dʼexpérience déployés en magasin, en renforçant la cohérence des parcours entre les différents points de contact, de la préparation de lʼachat à lʼusage du produit. « La transformation conjointe de nos magasins et de notre plateforme digitale est une étape clé pour l’avenir de Decathlon » explique Bastien Grandgeorge, directeur général de Decathlon France. « Notre ambition est d’offrir une expérience fluide et personnalisée, capable d’accompagner chaque sportif à chaque instant. Cela va de la découverte du produit jusqu’au plaisir de la pratique. Pour nous cʼest aussi cela rendre accessible le sport au plus grand nombre.»
Amélioration des taux de conversion selon Decathlon La plateforme est déjà opérationnelle dans plusieurs marchés européens – Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Portugal et Suisse. Decathlon déclare que cette plateforme sʼappuie sur des résultats concrets, avec des améliorations observées en matière de valeur marchande brute (GMV) et de taux de conversion. Le lancement en France sʼinscrit dans une logique de déploiement progressif, afin de tester la plateforme en conditions réelles, dʼidentifier les éventuels points dʼoptimisation et dʼintégrer en continu les retours des clients. Cette phase peut sʼaccompagner dʼajustements ponctuels, qui seront rapidement pris en compte par les équipes afin dʼaméliorer en permanence la qualité de lʼexpérience proposée. La modularité de lʼinfrastructure permet à Decathlon de tester et de déployer rapidement de nouvelles fonctionnalités.
De nouveaux services à valeur ajoutée développés par Decathlon La plateforme vise à faciliter lʼaccès à des services à forte valeur ajoutée qui sont proposés par Decathlon sur un marché concurrentiel tels que la location, la réparation ou l’achat de produits de seconde main. « Cette plateforme nous permet de faire évoluer notre manière de servir les clients, en combinant l’innovation technologique, l’efficacité opérationnelle et les bénéfices concrets à lʼéchelle de lʼensemble de nos marchés » se félicite Haris Zisimopoulos, directeur e-commerce chez Decathlon Groupe. Decathlon sʼadresse à tous les sportifs, des débutants aux athlètes de haut niveau. Il conçoit certains articles de sport pour tous les niveaux de pratique. L’enseigne emploie 101 100 personnes et disose de 1 817 magasins dans le monde.
Début du e-commerce en 1997 Decathlon a lancé en 1997 decathlon-direct.fr, son premier service de vente à distance combinant catalogue, Minitel, téléphone, livraison et même montage à domicile. Neuf ans plus tard, en 2006 Decathlon passait un nouveau cap en lançant son premier site e-commerce, qui deviendra decathlon.com deux ans plus tard. En 2010, Decathlon fusionnait decathlon.com et decathlon.fr pour inaugurer lʼère de lʼexpérience omni-canal, où le magasin et le digital se rejoignent pour le confort du client.
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:35 AM
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Un banquier central qui donne des conseils de placement… Cette « reconversion professionnelle » - assez inhabituelle - aurait dû donner l'alerte. Mugur Isarescu, l'inamovible gouverneur de la banque centrale de Roumanie, en poste depuis 37 ans sans interruption - hormis un an comme Premier ministre -, a été victime d'une usurpation d'image pour promouvoir un site d'investissements frauduleux. Un exemple de plus des nouvelles arnaques à base d'IA (intelligence artificielle), telles les deepfakes, toujours plus retorses. Un clone généré par IA du banquier central avait « donné une interview » à une contrefaçon du site du quotidien « Adevarul », dans laquelle il évoquait l'économie et les placements. Il était interrogé par une fausse Denise Rifai, célèbre animatrice de la télévision roumaine, dont l'image a été elle aussi détournée. Le faux gouverneur invitait les particuliers à investir dans une plateforme de trading automatique censée générer des gains élevés, réguliers et sans risques… grâce à l'IA. Les particuliers ont été incités à déposer au minimum 1.200 lei (235 euros) pour activer un algorithme de trading miracle promettant des profits quotidiens garantis. Ils pouvaient espérer gagner 4.000 à 6.000 lei par jour, soit entre 800 et 1.200 euros, alors que le salaire minimum mensuel est autour de 800 euros en Roumanie. Des faux témoignages enthousiastes devaient convaincre les indécis ou méfiants. Cette « National Investment Platform » s'était aussi inventé un partenariat fantôme avec le groupe de cybersécurité BitDefender, afin d'apporter des garanties de sécurité et de fiabilité.
Efficacité redoutable « Le nombre de vues d'une des vidéos sponsorisées est passé d'environ 9.000 à plus de 30.000 en 24 heures, témoignant d'une diffusion accélérée et d'une forte exposition auprès du public. L'analyse révèle également qu'environ 1 utilisateur sur 14 ayant vu la publicité a cliqué dessus, un taux d'engagement remarquable pour un contenu relatif à la fraude financière », constate le vrai BitDefender. Cet entretien avec Mugur Isarescu avait été diffusé deux semaines avant la réunion de politique monétaire de la banque centrale. L'institution a été contrainte de publier un communiqué fin février pour dissiper tous les doutes et mettre en garde une fois de plus la population contre les arnaques à l'IA. Si cet outil technologique est désormais utilisé par les banques centrales pour leurs activités, elle peut donc se retourner aussi contre elles et leur image.
Nessim Aït-Kacimi
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:31 AM
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En quelques années, le marché des téléphones d'occasion a explosé, porté par des prix bien plus attractifs que ceux des appareils neufs et une prise de conscience écologique croissante, qui incite les consommateurs à se tourner vers des solutions plus durables, malgré des doutes persistants quant à la qualité des produits.
En France, "50% des personnes ont déjà acheté un smartphone d'occasion, un chiffre qui a doublé par rapport à 2019", selon les résultats issus du baromètre annuel de Recommerce/Kantar publié le 23 février, qui évoque "une génération reconditionnée". Au total, "ce sont 22% des Français qui ont aujourd'hui un téléphone de seconde main, soit plus d'un sur cinq", se félicite auprès de l'AFP Augustin Becquet, le directeur général de Recommerce, l'une des entreprises européennes phares du reconditionnement de produits high-tech. Cette dynamique est avant tout tirée par le facteur prix : un téléphone d'occasion reste nettement plus abordable qu'un smartphone neuf - parfois du simple au double -, un avantage décisif dans un contexte d'inflation généralisée. Cette contraction du pouvoir d'achat, "ça donne justement une raison supplémentaire aux citoyens-consommateurs de ne pas aller acheter des produits trop chers", relève auprès de l'AFP Thibaud Hug de Larauze, cofondateur et directeur de Back Market, une place de marché spécialisée dans la vente de produits technologiques reconditionnés. Preuve du dynamisme de ce secteur émergent, l'entreprise française a atteint pour la première fois le seuil de rentabilité en 2025, 12 ans après sa création.
Impact climatique fortement réduit Outre le prix, la prise de conscience écologique collective joue aussi un rôle déterminant : "un téléphone reconditionné peut réduire son impact climatique jusqu'à 87 % par rapport à un modèle neuf", selon les marques, affirme Steven Moore, chargé de la stratégie climat à la GSMA, l'organisation internationale représentant les opérateurs mobiles du monde entier. Ainsi, "les consommateurs, en particulier en Europe et en Amérique du Nord, s'alignent de plus en plus sur les principes de l'économie circulaire, en privilégiant l'allongement de la durée de vie des produits et la réduction des déchets électroniques", appuie dans un rapport Mordor Intelligence, une société d'analyses économiques, qui estime à près de 10% la part des smartphones reconditionnés sur l'ensemble des appareils vendus chaque année. Pourtant, nombre de consommateurs disent toujours douter de la qualité des téléphones d'occasion, "cette idée que ces smartphones vont arrêter de marcher plus tôt" que le neuf, alerte Steven Moore. C'est ainsi que les professionnels du secteur multiplient les initiatives pour "répondre à ce scepticisme", selon les termes de Thibaud Hug de Larauze, dont l'entreprise Back Market a lancé à l'été 2024 une offre de "produits premium" (des appareils à l'esthétique équivalente au neuf et dotés d'une batterie quasi neuve), qui représente désormais "autour de 20%" des ventes du groupe. À Recommerce, Augustin Becquet dit également promouvoir "la transparence" comme remède aux interrogations, notamment en poussant le "label RecQ", audité par une société externe, gage revendiqué de sérieux et de qualité. Des garanties de un ou deux ans sont également proposées aux clients, un aspect "déterminant", tout autant que le besoin de "standardisation" des produits, juge pour sa part Claire Gillies, chargée de la division Consommateur au sein de BT, l'opérateur britannique de télécommunications, présente au Salon mondial du mobile (MWC) à Barcelone.
Marché futur à 100 milliards ? Le secteur se heurte toutefois à de fortes disparités géographiques, avec "des marchés matures en Europe et dans certaines régions d'Amérique du Nord qui affichent une adoption plus élevée du reconditionné, tandis que plusieurs marchés émergents restent majoritairement dominés par les appareils neufs", reconnaissent les analystes de Mordor Intelligence. Estimé à 70 milliards de dollars en 2026 (60 milliards d'euros), le marché des téléphones d'occasion devrait croître à près de 100 milliards d'ici à 2031, assurent-ils.
Mais parmi les ombres au tableau concernant son évolution figurent notamment les tensions géopolitiques et commerciales exacerbées depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. "C'est clair que ça n'aide pas", déplore Steven Moore, de la GSMA, "alors qu'on aurait vraiment besoin que les choses s'accélèrent", dans un monde appelé à se décarboner au plus vite.
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Georges-Edouard DIAS
March 27, 6:01 PM
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Le MacBook Neo, dernier-né d'Apple, séduit par son prix compétitif et ses performances. Mais la firme de Cupertino peine à rattraper son retard en intelligence artificielle. Alors que la question de la succession de Tim Cook se fait pressante, Apple doit rassurer sur sa vision à long terme. La marque à la pomme devra convaincre qu'elle peut encore surprendre et s'adapter à un marché en pleine mutation.
Le MacBook Neo est-il le nouveau hit ? Parmi les nouveautés annoncées en ce début de mois, le MacBook Neo,sorti le 11 mars dernier, semble déjà rencontrer un succès planétaire. Si Apple ne communique pas sur les ventes d'un produit en particulier, une déclaration de son PDG sur X donne un indice notable : « Mac vient de connaître sa meilleure semaine de lancement auprès de nouveaux clients », écrivait Tim Cook le 20 mars. Bien sûr, les autres nouveaux MacBook (Air et Pro) ont pu contribuer à cette performance, mais tout indique que le Neo en est le principal moteur. Avec un prix inédit de 699 euros, il constitue sans doute la porte d'entrée la plus accessible dans l'univers Apple. Autre signe révélateur : les délais de livraison s'allongent, atteignant en moyenne quinze jours, contre deux habituellement pour un iPhone. La Fnac évoque même un modèle rose pris d'assaut. Le succès n'a rien d'un hasard. Léger, doté d'un écran de qualité et suffisamment performant pour faire tourner la grande majorité des applications du quotidien avec la puce A18, le MacBook Neo coche de nombreuses cases. Surtout, son prix le place frontalement face à des PC souvent moins séduisants. A cela s'ajoutent une conception simple, une meilleure réparabilité et une remise étudiante de 100 euros, autant d'arguments susceptibles de convaincre.
La pomme a-t-elle raté le train de l'IA ? Apple, en revanche, n'avance pas au même rythme sur tous les fronts. Lors de l'Apple Worldwide Developers Conference 2024, Craig Federighi, son responsable logiciel, présentait une version de Siri capable de contextualiser les échanges grâce à l'intelligence artificielle. Une annonce ambitieuse, mais dont la concrétisation tarde aujourd'hui trop. « Nous sommes en mode chasse à l'approvisionnement » : Nvidia prend la place d'Apple et devient le premier donneur d'ordre de la planète tech Face aux retards, la firme de Cupertino a dû se tourner dans un premier temps vers OpenAI et intégrer Chat-GPT dans ses smartphones pour combler ses lacunes. Très bientôt, c'est Google, avec son modèle Gemini, qui devrait prendre le relais dans le cadre d'un accord pluriannuel évoqué en janvier par CNBC. Certains spécialistes, néanmoins, posent la question, pertinente, de savoir si ce retard ne pourrait pas finalement profiter à Apple. La marque américaine a investi bien moins que ses concurrents dans l'IA, limitant ainsi les risques et les erreurs inhérentes à ce très nouveau marché, notamment en matière de protection des données. Par ailleurs, l'entreprise profite déjà indirectement de l'essor de l'IA générative, en percevant des commissions significatives sur les applications distribuées ses concurrents par l'App Store - le « Wall Street Journal » évoque des bénéfices annuels qui pourraient dépasser le milliard de dollars en 2026.
Qui pour succéder à Tim Cook ? A 65 ans, Tim Cook, le directeur général d'Apple (en photo), n'a toujours pas évoqué son départ et entretient le flou, y compris en interne. Pourtant, la question de sa succession se pose avec insistance. Pour prendre la suite, un nom revient régulièrement : celui de John Ternus. Souvent cité par le très renseigné journaliste de Bloomberg Mark Gurman, ainsi que par d'autres spécialistes, il incarnerait une forme de continuité. Né quelques mois avant Apple, il a passé près de la moitié de sa vie au sein de l'entreprise et occupe aujourd'hui un poste clé, celui de vice-président senior de l'ingénierie matérielle. Symbole fort : c'est lui qui a présenté le MacBook Neo au grand public - un rôle généralement réservé à Tim Cook lors des grandes annonces. A la tête du développement des produits qui génèrent près de 80 % des revenus d'Apple, Ternus voit son influence grandir, de la supervision du design aux enjeux environnementaux, de plus en plus centraux pour la marque.
Raphaël Sachetat
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Georges-Edouard DIAS
March 16, 3:19 PM
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En opération re-séduction, Tinder s'en remet au ciel. A quelques kilomètres de son siège à Los Angeles, l'application de rencontres la plus utilisée au monde a présenté jeudi une multitude de nouvelles fonctionnalités, dont un mode… astrologie. Ses dirigeants misent sur ce critère de compatibilité pour convaincre les 18-25 ans de continuer la drague en ligne sur leur application. Alors que la génération Z se passionne pour les signes du zodiaque, il faut y voir le symbole d'un Tinder qui a changé d'époque. Concoctée par son PDG nommé il y a un an, sa nouvelle recette mêlera une palette d'intelligence artificielle avec des recherches par affinité, comme le thème astral ou les goûts musicaux, pour aider les futurs couples à briser la glace.
Changer la vaine routine du « swipe » Tout l'enjeu est de rendre l'application plus efficace dans la quête du rendez-vous d'un soir ou d'une vie. A mille lieux de l'expérience des multiples conversations sans suite qui a fini par ternir sa réputation… « Nous n'optimisons pas Tinder pour les swipes mais pour créer l'étincelle », a résumé Spencer Rascoff, en référence aux glissements du pouce à l'origine du succès de l'application à son lancement en 2012. A gauche, le profil proposé indiffère. A droite, la discussion peut commencer. Gauche, gauche, gauche, droite, gauche… l'innovation d'hier est aujourd'hui vue par beaucoup de célibataires comme le symbole d'une vaine routine. Plus ambitieuse, cette stratégie impose de moins concevoir l'application comme un catalogue infini de personnes seules et de doper avec de nouvelles données l'algorithme chargé de proposer les associations de profils. Il s'agit aussi de trouver une réponse à un impératif business. En 2025, le nombre d'abonnés à Tinder a fondu de près de 7 %, et les revenus ont fléchi de 4 %, à 1,8 milliard de dollars. En fin d'année, 8,8 millions de personnes payaient pour des services complémentaires. Au dernier pointage en 2024, Tinder comptait 50 millions d'utilisateurs, mais la baisse des téléchargements suggère un déclin également parmi les utilisateurs gratuits. Alors que Tinder contribue pour moitié à ses revenus, la maison mère, Match Group, a gelé les embauches et s'est séparé de 13 % de ses effectifs en mai 2025. L'époque où Tinder avait su profiter de la transition du PC au smartphone pour ringardiser les sites comme Match.com ou Meetic en Europe, paraît lointaine. « Quand Tinder a présenté le 'swipe' cela a révolutionné la façon dont les gens se rencontrent en ligne », a souligné le nouveau patron.
L'IA aide à montrer votre vous-même authentique. Hillary Paine, vice-présidente senior du produit chez Tinder A son pic en mars 2020, en plein confinement pendant l'épidémie de Covid-19, l'écran Tinder a été balayé plus de trois milliards de fois en une seule journée. En 2026, ce chiffre est tombé à deux milliards. La « fatigue du dating » est devenue une expression commune. Confrontés à la solitude pendant la pandémie, les célibataires ne se contentent plus des rencontres superficielles. En arrivant chez Match Group, le nouveau PDG Spencer Rascoff a commencé par imposer son rythme et son état d'esprit d'entrepreneur. Cofondateur de la plateforme d'annonces immobilières la plus connue des Etats-Unis (Zillow), il a réorganisé les équipes de développeurs en petits groupes autonomes pour accélérer la conception de nouvelles fonctionnalités. La conférence de présentation des innovations, jeudi dernier, à la manière d'une société technologique, était la première de l'histoire de Tinder. En toile de fond de l'application jusqu'ici, l'intelligence artificielle est désormais assumée. Les messages irrespectueux sont repérés automatiquement, et il est ensuite suggéré à la victime de signaler l'agresseur afin d'ouvrir un dossier contre lui. L'IA aide aussi les utilisateurs à mieux se présenter. Il s'agit à la fois de simplifier le travail de l'algorithme et de fluidifier le premier contact avec un ou une partenaire. « L'IA aide à montrer votre vous-même authentique, par exemple en cherchant dans les photos de votre smartphone des images qui disent quelque chose de vous et de vos centres d'intérêt », souligne Hillary Paine, la vice-présidente senior du produit chez Tinder.
Mode « alchimie » Qui dit profil enrichi dit plus de données pour les algorithmes. En test aux Etats-Unis, au Canada et en Australie, un mode « alchimie » promet même une sélection d'une poignée de profils qu'il n'y aurait même plus besoin de « swiper ». Mais Tinder, qui ne précise pas le modèle d'IA utilisé, ne va pas plus loin que ça. Contrairement à des start-up du secteur, par exemple Sitch ou Fate, il n'est pas question d'ajouter un chatbot qui ferait office de marieuse, voire de conseiller en séduction. Outre l'enrichissement des profils, Tinder entend donner davantage de contrôle aux utilisateurs, par exemple en leur permettant de signaler de manière proactive à l'algorithme des critères de recherche importants. L'application permet aussi des concordances entre deux paires d'amis. L'idée est ici de rassurer les femmes parfois réticentes à une rencontre par crainte d'être agressées quand elles s'y rendent seules. Aux Etats-Unis, près de la moitié des utilisatrices de Tinder interrogées cite ces « double date » comme l'unique raison d'ouvrir l'appli.
Florian Dèbes (A Los Angeles)
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Georges-Edouard DIAS
March 16, 3:16 PM
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« L'outlet a toujours joué un rôle d'amortisseur. En période de turbulences, il devient un précieux allié », déclarait récemment aux « Echos » le dirigeant d'une marque de mode en marge de la Paris Fashion Week, achevée la semaine dernière. Mettant aussi en garde : ce « modèle de boutiques ne doit pas occuper trop de terrain »…au risque d'abîmer l'image de la marque. Les enseignes sont habituellement discrètes sur ces canaux de distribution. Et les chiffres circulent peu. Selon Bain & Co, l'activité outlet pèse environ 14 % des ventes du secteur. Plus largement, le cabinet estime que, l'an passé, « entre 35 et 40 % des produits de luxe ont été vendus à prix réduit » dans les circuits du luxe (outlets, soldes, ventes privées et autres promotions). Des canaux clés alors que la seconde main échappe aux enseignes. Or, le marché de la revente est appelé à « croître trois fois plus rapidement que celle des marques traditionnelles d'ici à 2030 », selon une étude du BCG. Dans ce contexte, les magasins d'usine restent un modèle très développé. D'après les calculs de Morgan Stanley,que « Les Echos » ont pu consulter, chez Versace (récemment racheté par Prada), ils représentent environ 30 % des ventes, et pèsent plus encore sur la rentabilité. Morgan Stanley lui attribue 62 magasins d'usines, contre 58 chez Ferragamo, 56 chez Jimmy Choo ou 54 chez Burberry.
Gestion des invendus Ce sont des chiffres importants, par comparaison aux autres maisons du groupe Prada, à savoir Prada (28) et Miu Miu (12). Morgan Stanley en décompte aussi de manière significative chez Moncler (31), Zegna (33) ou dans le giron de LVMH (propriétaire des « Echos »), avec Kenzo (26), Celine (15) loin devant Dior (2). L'utilité de ces points de vente s'est renforcée ces dernières années. « Chez certaines grandes marques, il s'agit des magasins les plus rentables », assure un expert indépendant. McKinsey et Morgan Stanley relèvent que leur forte rentabilité rend aujourd'hui difficile la rationalisation de leur réseau. Depuis 2022, avec l'entrée en vigueur de la loi anti gaspillage (Agec), les marques de mode ne peuvent plus détruire leurs invendus en France, une règle désormais étendue à l'UE. Le secteur de la mode (toutes catégories) a produit entre 2,5 et 5 milliards de pièces en surplus en 2023 (dernières données disponibles). Ainsi, selon le spécialiste de l'immobilier Cushman & Wakefield, dans sa dernière étude consacrée au luxe, l'outlet s'est imposé comme « un levier incontournable dans un contexte marqué par des tensions sur les stocks et une quête accrue de rentabilité ». Le magasin d'usine joue aussi un rôle clé alors que la hausse des prix a rendu certaines enseignes inaccessibles à la clientèle dite « aspirationnelle » (les consommateurs occasionnels). Selon Bain & Co, avec les hausses de prix, le luxe a perdu « près de 70 millions de clients entre 2022 et 2025 ». Le cabinet estime que les prix des biens personnels de luxe sont désormais « de 1,5 à 1,7 fois plus élevés qu'en 2019 ». « Nous sommes à présent dans une phase de réaffirmation de notre prestige après avoir fortement relevé les prix des produits », reconnaît un dirigeant.
« La valeur perçue des biens » Dans ce contexte, la place des outlets dans les réseaux de ventes présente un risque réel. S'ils deviennent trop visibles, cela peut « éroder l'exclusivité qui fonde la valeur des marques », observe Amaury Saint Olive, chez McKinsey. Les consommateurs remettent de plus en plus en question « les prix du luxe et la valeur perçue des biens », remarque Morgan Stanley. D'une marque à l'autre, l'équation est subtile. Un repositionnement de marque passe nécessairement par un nettoyage de ce canal de distribution… sans pour autant amputer les ventes. Dans le cas de Versace, la dépendance à ce mode de distribution est pointée par Morgan Stanley comme un frein à une relance rapide. L'américain Ralph Lauren, qui a réussi sa stratégie de montée en gamme et affiche des résultats robustes, a encore fermé 26 outlets sur son exercice 2024-2025, sur 312 magasins en totalité. Quant à Burberry, son directeur général, Joshua Schulmann, a indiqué trouver « confortable » la part des outlets dans son réseau (environ 13 %), bien que son intention soit d'optimiser encore ce canal de vente. Le prix à payer pour redorer l'image du fleuron britannique. De son côté, Kering a vendu en janvier dernier pour 350 millions d'euros son entité « The Mall Luxury Outlets », qui comptait deux centres de marques de luxe en Italie. Quant à Gucci, la marque phare de Kering, elle détient encore 34 outlets, six de moins qu'en décembre 2024, selon Morgan Stanley. Le nettoyage se poursuivra cette année, alors que sous le pilotage de Luca de Meo, Kering vit une restructuration stratégique. Chez Gucci, le nombre devrait tomber « à 30, d'ici la fin de l'année », prédit Morgan Stanley. En 2023, les analyses de Morgan Stanley estimaient que ce canal représentait encore chez Gucci 15 % de ses ventes et près de 18 % des bénéfices. Pour le secteur, la rationalisation de ce circuit de vente s'impose d'autant plus que les maisons qui « ont su préserver la plus grande valeur au fil du temps » sont celles qui n'ont pas cédé à la tentation de l'outlet, souligne Morgan Stanley, citant seulement trois marques : Louis Vuitton, Hermès et Chanel.
Virginie Jacoberger-Lavoué
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Georges-Edouard DIAS
March 14, 10:15 AM
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Meta qui regroupe Facebook, Instagram, WhatsApp et d'autres, n'est pas nécessairement reconnu à sa juste valeur pour ses politiques de protection de la vie privée et pour le respect de l'intimité de ses utilisateurs, mais aussi de tous les autres au travers de leurs marqueurs Web.
Le facétieux Mark Zuckerberg lors d'un procès avait été accompagné dans la salle d'audience par des personnes de son équipe portant les fameuses lunettes Ray-Ban Meta permettant de filmer de manière impromptue et dissimulée. Les caméras et filmer y étaient interdits. Le juge manquant très certainement de sens de l'humour avait poussé une gueulante et fait enlever ces lunettes "intelligentes" permettant de photographier, filmer, et ayant accès à des fonctions de reconnaissance faciale.
Voilà qu'on découvre que des Kenyans sont employés pour analyser peu-ou-prou les flux vidéos enregistrés et/ou traités directement de ces lunettes (non-enregistrés mais traités par IA distante), comme Data Annotators (Annotateurs de données pour les IA).
En tant que tel, ils ont été exposés à des gens aux toilettes, des personnes nues sortant de la douche voire des scènes d'action intime. Mais aussi des informations de carte de crédit quand tenue dans le champ de vision, et d'autres informations très privées. Bref tout ce qu'on voit à un moment ou à un autre quand on a ces lunettes "intelligentes" sur le nez peut partir au Kenya et y être vu par des malheureux qui n'en demandent pas tant !
On s'inquiétait que ces lunettes risquent d'exposer des choses privées, des zones sensibles (militaires par exemple), etc. mais il semble bien que les premières victimes en soient les porteurs eux-même ! L'arroseur arrosé !
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:57 AM
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Il y avait déjà la « premiumisation » des smartphones, dont les modèles haut de gamme flirtent désormais allègrement avec les 2.000 euros. S'est ajoutée, par-dessus, l'inflation, avec l'envolée du prix des composants, et notamment la mémoire. Alors il n'est pas très étonnant de voir que les Français, lorsqu'ils doivent changer de terminal, recourent toujours plus à la seconde main. D'après le dernier baromètre Recommerce (l'un des spécialistes français du reconditionné) réalisé par Kantar, 50 % des Français ont déjà acheté un smartphone d'occasion, un chiffre qui a doublé par rapport à 2019. « L'usage du smartphone d'occasion est désormais une habitude de consommation généralisée, portée par une génération reconditionnée' », conclut l'enquête.
Le prix plus que l'écologie Lorsqu'on se penche sur l'état du parc en circulation, l'empreinte de la seconde main est moins grande (22 %), mais la progression reste la même. Parmi eux, 11 % ont été reconditionnés, c'est-à-dire qu'ils ont pu bénéficier de l'effacement des données, de contrôles, de réparations et d'une garantie (Recommerce, Back Market), 12 % ont été acquis auprès d'un particulier (Leboncoin). L'option du reconditionné intéresse en majorité les parents : plus de la moitié déclarent qu'au moins un de leurs enfants possède un mobile reconditionné. A l'achat, Kantar relève « un écart entre le prix envisagé (210 euros) et le montant dépensé (280 euros) », en raison de choix impulsifs pour l'iPhone. Si les acteurs du reconditionné ont longtemps mis en avant le bénéfice écologique pour valoriser leur modèle, il n'y a plus vraiment de suspense sur le vrai déclencheur d'achat : le prix s'impose à 71 % comme le principal levier d'attractivité ; derrière, l'argument du recyclage est loin (35 %), et il s'érode même d'une année sur l'autre. Le neuf n'a pas capitulé pour autant. Ce mode d'achat reste majoritaire (78 %), même s'il a perdu deux points depuis 2024. L'impact de Free Mobile, qui a mis un coup d'arrêt à la subvention, se voit encore près de quinze ans après son arrivée : 70 % des achats se font au comptant. De façon contre-intuitive, le paiement cash a augmenté de trois points en deux ans, et il devrait encore monter de deux points au prochain achat.
Chaque année, ce sont un tiers des Français qui renouvellent leur mobile : 30 % chez Orange/Sosh, 22 % chez SFR/Red et autant chez Free Mobile, et enfin 19 % chez Bouygues Telecom/B & You. Pour 2026, le taux d'« intentionnistes » augmente même un peu (35 %), traduisant une envie toujours importante de renouveler son mobile, malgré son coût. En réalité, le marché de l'occasion évolue sous un plafond de verre triple épaisseur. D'abord, il y a la défiance des Français de voir leur mobile entre les mains d'un autre alors que leurs données n'auraient pas été correctement effacées (« indispensable » pour la moitié d'entre eux). Or si personne ne revend son portable, personne ne peut en acheter un d'occasion. « Le prochain défi n'est plus de convaincre de l'intérêt du reconditionné mais d'offrir des produits de qualité et plus de transparence », relève Augustin Becquet, le CEO de Recommerce.
Ressusciter la subvention Ensuite, l'achat d'occasion continue de se heurter au désir irrépressible des consommateurs d'avoir le dernier iPhone ou le dernier Samsung, le smartphone étant « vecteur de statut social, notamment parmi les jeunes », pointe Thomas Husson, vice-président chez Forrester. « Nous voyons des gens s'endetter pour acheter le dernier iPhone 17 Pro [à partir de 1.329 euros] », reconnaît le patron d'un opérateur.
Pour soutenir le neuf, les opérateurs ressuscitent la subvention. Bouygues Telecom a renouvelé le genre en septembre avec « Smart Change », une offre ciblant le haut de gamme et conçue pour suivre le rythme des renouvellements.
Certains s'attendent à un retour de la subvention en 2026, alors que les opérateurs - qui ne peuvent plus poursuivre la guerre des prix - cherchent des leviers de fidélisation ; c'est même l'un des axes du nouveau plan triennal d'Orange. Selon Thomas Husson, « les Français sanctuarisent leurs dépenses de smartphones et les plans de financement pour iPhone ont le vent en poupe ».
Thomas Pontiroli
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:54 AM
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Sébastien Bazin, patron du groupe hôtelier Accor, a l’art de commenter avec une ironie résignée l’irruption de nouveaux intermédiaires qu’il doit rémunérer dans son secteur d’activité. Il a ainsi subi l’impact de Booking et d’Expedia. Or cette fois-ci, il accueille l’arrivée des assistants IA tels que ChatGPT avec un préjugé favorable.
Qui possédera la relation avec le client ?
Le PDG pose directement l’enjeu en termes de propriété du client. « Toutes les cartes vont être rebattues dans qui va prendre l’ascendant sur la relation client. Vous allez appartenir à qui ? Parce que vous ne le savez pas : vous êtes devenu le produit, moi aussi. Donc, qui va être celui qui va répondre le mieux à vos attentes en termes d’expérience, en termes d’envie d’être séduit, en termes de capacité de choix ? » interroge-t-il. Il a pris la parole sur BFM Business, le 19 février. Il voit la montée en puissance certaine de l’IA conversationnelle comme interface vers le client. « De manière indiscutable, l’agent conversationnel qui existe aujourd’hui sur l’IA va prendre le pas” affirme-t-il. Ce sera une conséquence naturelle de ce que permet aujourd’hui ChatGPT. “Vous lui demandez déjà tout dans votre vie avec ChatGPT. Vous allez aussi lui demander: Tiens, je suis avec Untel, je voudrais aller là. Dis-moi ce qui existe » décrit-il comme exemple de demande initiale pour un voyage et une réservation.
Signature avec OpenAI, Mistral AI et Gemini de Google
Le dirigeant estime que son groupe Accor doit être en amont de cette transformation. « Nous sommes le premier groupe hôtelier au monde à avoir signé avec un partenaire américain qui est ChatGPT, mais on est en train de signer aussi avec Mistral AI et on signe aussi avec Gemini de Google » annonce-t-il. Le PDG estime que son groupe doit être très vite présent. Le test en cours avec ChatGPT a été lancé il y a 15 jours. Sébastien Bazin déclare attendre le résultat du test dans deux mois mais il est optimiste sur son issue. « J’ai peu de doute que ces instruments-là vont prendre l’ascendant sur ce qui existe aujourd’hui » dit-il. Il estime que les autres canaux de réservation existants vont s’adapter et ne pas disparaître et que tout cela sera positif pour son groupe. « On va tous être obligés de s’adapter et cela va être plutôt bien pour Accor » pense-t-il. Accor devient partenaire de choix via ChatGPT. « Nous allons leur donner accès à l’inventaire, on va probablement avoir des canaux de réservation, ce qui ne peut pas être le cas aujourd’hui car on est obligé de se remettre sur le site de Accor pour réserver, mais ils auront la connaissance des prix, la connaissance de nos marques, la connaissance des promesses de marques » décrit-il.
Une présence renforcée auprès des clients
Il voit ce nouveau canal de commercialisation comme une révolution. « Cela va nous permettre de rentrer dans beaucoup plus de familles en étant beaucoup plus efficace, probablement d’avoir une data beaucoup plus fiable, d’avoir un lien avec [les clients] beaucoup plus fréquent » présente-t-il.
Le PDG se montre satisfait de l’arrivée de cette révolution technique. “Cela va être une révolution mais celle-là est bonne” tranche-t-il. Il ne voit pas d’un aussi bon oeil l’arrivée de Booking, Experdia ou Airbnb. « Autant Booking.com, Expedia, ou AirBnB, celle-là [de révolution] nous a pris soit des commissions, soit des clients. Nous avons 115 millions de clients avec notre programme de fidélité. Si en plus, on peut leur faire bénéficier de cet agent conversationnel, ce n’est que du bonheur pour tout le monde. Le tout, c’est de jouer et de bien jouer » termine-t-il.
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:52 AM
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Une page se tourne pour Microsoft France. Le géant américain du numérique s'apprête à quitter ses locaux emblématiques en bord de Seine, proches du boulevard périphérique où il siège depuis près de vingt ans, pour s'installer un peu plus loin de la capitale, toujours à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Les quelques centaines d'employés du site vont bientôt faire leurs cartons pour atterrir au 1, place du Spectacle dans l'immeuble Goodlife, pour une surface de 21.000 m2. Le bail a été signé à l'automne, et le déménagement des équipes doit avoir lieu dans les prochains mois.
Recentrage mondial Microsoft s'était installé en 2009 dans cette immense bâtisse en forme de trident qui longe la Seine. Dès 2011, une partie de l'immeuble de 34.000 m2 avait été libérée faute d'occupation suffisante. La crise du Covid de 2020 assortie des nouvelles normes de télétravail - entre un et trois jours par semaine chez Microsoft - a encore entraîné une réduction de l'espace occupé par le géant américain. Depuis l'année dernière, l'entreprise de Redmond (Etat de Washington) a décidé de réduire la voilure dans l'Hexagone. En septembre, elle a annoncé des suppressions de poste, sous forme de rupture conventionnelle collective, pouvant aller jusqu'à 10 % de ses effectifs en France pour « améliorer l'efficacité opérationnelle ». Soit potentiellement jusqu'à 200 salariés sur le départ. En parallèle, le chiffre d'affaires de la branche française ne cesse de grimper, dépassant les 5 milliards d'euros sur l'exercice 2025 clos en juillet.
« La demande continue à dépasser l'offre » : Microsoft contraint de faire des arbitrages douloureux par manque de data centers
Mais ce n'est pas tout. La semaine dernière, le média web L'Usine digitale révélait que le centre d'ingénierie de Microsoft, qui emploie une centaine de personnes, allait lui aussi fermer ses portes prochainement. Un plan de sauvegarde de l'emploi est actuellement en discussion entre la direction et le CSE. Ce centre avait été inauguré en 2011 et avait été désigné en 2019 pour se pencher spécifiquement sur la recherche en intelligence artificielle. « Les discussions sont en cours et aucune décision définitive n'a été prise. Nous nous engageons à mener cette consultation de manière responsable et à soutenir tous les collaborateurs tout au long du processus. Ces changements proposés n'auront aucune incidence sur les autres activités de Microsoft en France. Nous restons pleinement engagés auprès de nos clients ainsi qu'à poursuivre nos investissements dans le pays », a affirmé un porte-parole de Microsoft auprès des « Echos ». La tech anime le marché de l'immobilier professionnel francilien A l'international, Microsoft a annoncé en 2025 le licenciement de 15.000 personnes (plus de 6 % des effectifs mondiaux), sur fond d'usage croissant de l'intelligence artificielle dans certains métiers. En Bourse, le titre a perdu environ 15 % en un an. Ces dernières semaines, plusieurs mouvements d'entreprises tech ont fait bouger un marché de l'immobilier professionnel relativement morne dans la capitale. La pépite de l'IA Mistral est en train de s'installer dans le 18e arrondissement pour agrandir ses locaux, à Marcadet Belvédère. L'éditeur de logiciel Datadog passe quant à lui du 9e au 1er arrondissement, à deux pas de la Madeleine.
Joséphine Boone
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:50 AM
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De passage à Paris, ce mardi, pour un événement organisé par Meta consacré aux lunettes connectées et à l'IA, Alex Himel, le patron de la division « wearables » du géant californien, s'est confié sur l'évolution de ce marché, que le groupe a contribué à relancer grâce aux nouveaux modèles conçus avec le franco-italien EssilorLuxottica. Depuis 2024, le marché des lunettes connectées décolle grâce aux bonnes ventes des lunettes Meta Ray-Ban ou Oakley. Comment l'expliquer, dix ans après l'échec des Google Glass ? Nous sommes sur une dynamique positive. Nous avons triplé nos ventes au cours de l'année écoulée et avons vendu des millions de lunettes depuis le lancement avec notre partenaire EssilorLuxottica. Ce succès s'explique notamment par la qualité de cette alliance avec un fabricant de premier plan comme EssilorLuxottica, qui produit des lunettes adaptées à la vie de tous les jours. Elles permettent d'assouvir les principaux besoins des utilisateurs : passer un coup de fil, écouter de la musique, ou prendre des photos et des vidéos de manière spontanée. Avec l'IA, ces usages vont pouvoir monter en puissance.
Les lunettes sont-elles justement une vitrine des développements en IA de Meta ?
Oui, on peut le voir comme ça. Plus globalement, nous considérons que les « wearables », et notamment les lunettes IA, sont le meilleur moyen de tirer pleinement profit de l'intelligence artificielle. Quand on veut poser une question, mais qu'on est déjà occupé à faire quelque chose, par exemple conduire, c'est toujours plus pratique et plus sûr. Les lunettes IA sont très efficaces pour ce que l'on appelle l'IA multimodale, qui recoupe plusieurs couches. Par exemple, lorsque l'on pose une question aux lunettes sur un monument qu'on visite, elles sont capables à la fois d'ouvrir la caméra, de prendre une photo, puis de l'envoyer à notre chatbot interne afin d'obtenir une réponse. C'est une façon plus intuitive et interactive d'interagir avec la technologie.
La concurrence s'accélère avec Lenovo, Snapchat, la start-up chinoise Rokid, et le retour de Google. Est-ce que cela vous inquiète ?
Non, car la concurrence est une bonne chose : elle pousse à innover et à lancer les meilleurs produits. Ensuite, le fait d'avoir plus d'acteurs sur le marché prouve qu'il y a une demande réelle pour les lunettes IA. Nous sommes nous-mêmes encore en train d'ajuster notre production pour accompagner la demande, qui est très forte. Alex Himel affirme que Meta continuera à innover sur les « wearables » - lunettes, montres, bracelets…Meta
Votre modèle le plus abouti, les Meta Ray-Ban Display, est réservé au marché américain. Quand arriveront-elles en Europe ?
Je ne peux pas vous le dire encore. Nous faisons tout pour les rendre disponibles le plus tôt possible. Mais nous nous concentrons d'abord sur les Etats-Unis, où la demande est forte Meta travaille avec EssilorLuxottica. Peut-on imaginer d'autres alliances à l'avenir ?
Nous avons une feuille de route très ambitieuse, qui repose sur un partenariat solide avec EssilorLuxottica et ses deux marques phares Ray-Ban et Oakley. Ils ont le savoir-faire pour la fabrication de lunettes confortables et qui ont du style, nous apportons notre expertise tech. Nous sommes très complémentaires, et le succès des ventes le confirme. Mais nous avons encore beaucoup de choses à faire ensemble pour séduire de nouveaux clients.
Les lunettes fonctionnent avec Meta AI, votre IA maison. Peut-on imaginer une ouverture à d'autres IA ?
Notre but, c'est d'offrir la meilleure expérience possible. C'est le cas pour l'instant avec Meta AI, car on peut maîtriser l'expérience de bout en bout. Mais à l'avenir, on regardera toutes les solutions possibles pour optimiser le produit. On a déjà commencé à travailler avec les développeurs, pour qu'ils puissent proposer de nouvelles applications et créer de nouveaux usages. Disney a d'ailleurs imaginé des outils pour utiliser les lunettes et améliorer l'expérience des visiteurs dans ses parcs d'attractions. C'est un sujet important, bien sûr, mais nous apportons des solutions à cela, comme l'affichage d'une lumière sur les lunettes lorsqu'une photo est prise. Le sujet le plus préoccupant pour nous, en ce moment, est celui relatif aux batteries. L'Europe souhaite imposer des modèles de batteries remplaçables pour tous les produits électroniques, dont les lunettes. C'est un vrai problème car cela obligerait à concevoir des modèles de lunettes dédiés au marché européen, qui seraient soit plus grosses, pour embarquer une batterie amovible, soit moins puissantes. C'est embêtant pour nous, mais c'est surtout embêtant pour l'Europe et les Européens, qui ne pourraient pas jouir d'un produit optimal. Il faut revoir cette approche réglementaire, et trouver des solutions alternatives.
Comment voyez-vous l'avenir des lunettes IA : peuvent-elles remplacer le smartphone ?
Je ne sais pas. Ce n'est pas le but en tout cas. Les lunettes connectées permettent aujourd'hui de faire plus de choses, et de façon plus naturelle. C'est un complément au smartphone. De la même manière que les usages du smartphone ont complété ceux du PC, mais ne l'ont pas fait disparaître.
Ce qui est sûr, c'est que nous allons continuer à innover, en embarquant l'IA. Et en particulier sur les « wearables », comme les lunettes, les montres ou les bracelets, car cela permet d'éliminer la barrière de l'écran.
Romain Gueugneau et Mehdi Laghrari
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:46 AM
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Souriez, vous êtes filmé et… analysé. Ce lundi, une proposition de loi pour permettre aux commerçants de pouvoir utiliser des caméras dotées d'IA pour éviter les vols a été votée à l'Assemblée nationale à une large majorité (60 voix pour et 13 contre). Concrètement, il s'agit de caméras qui analysent les gestes suspects des clients - par exemple, quelqu'un qui mettrait dix produits dans un sac, sans les choisir - et préviennent le commerçant ou l'agent de sécurité. « Aujourd'hui, la plupart des commerçants utilisent des systèmes de vidéosurveillance, pour regarder ce qu'il se passe dans leur magasin, mais ils ne peuvent pas tout surveiller en permanence. Les logiciels d'analyse vidéo avec IA permettent des signalements plus précis », explique Paul Midy, le député de l'Essonne (Ensemble pour la République) à l'origine de cette loi.
Des milliards envolés L'enjeu est de taille : ce sont quelque 6 milliards d'euros de pertes pour les commerçants, selon certaines études. Les vols à l'étalage ont enregistré une hausse de 43 % en deux ans, soit plus de 60.000 délits recensés par la police et la gendarmerie en 2024. « On constate une explosion du vol organisé avec des vols ciblés sur des produits qui se revendent bien sur Internet. Or, les marges des commerçants, notamment des petits commerçants, sont faibles, face à l'explosion de l'e-commerce », souligne Thibault David, cofondateur de Veesion, l'un des gros acteurs français de ce secteur de la vidéosurveillance augmentée. « Et les caméras fournissent en plus une preuve, qui peut limiter des situations de tensions entre clients et commerçants : ces derniers peuvent tout simplement inviter le client à venir payer des produits mis dans son sac », poursuit l'expert. Ce type de solution existe déjà, mais était dans une sorte de zone grise de la réglementation. Par exemple, Veesion équipe environ 2.000 commerces en France. « On se conformait au RGPD. Mais une loi claire et dédiée à ce sujet va pouvoir donner un cadre plus précis », reprend-il. Une manne va donc s'ouvrir pour les start-up et groupes spécialisés sur ce créneau. Le secteur du commerce de détail représente 455.000 entreprises, dont 7,4 % dans le commerce de détail à prédominance alimentaire, selon la Fédération du commerce et de la distribution. Les spécialistes comme Veesion font valoir des résultats concrets : des pertes moyennes réduites de 20 % à 50 % sur les vols. Le texte n'a pas fait toutefois l'unanimité sur les bancs de l'Assemblée. Des députés, de gauche notamment, s'inquiètent des dérives possibles dans la surveillance, et des atteintes à la liberté avec une sorte de Big Brother généralisé. Jean-François Coulomme (La France Insoumise) a rappelé l'ouvrage 1984 d'Orwell, lors de la dernière séance publique de lundi. « Vous êtes sponsorisés par des lobbys », a-t-il martelé. La proposition de loi a été largement revue par rapport à sa version initiale, pour répondre aux remarques de la CNIL, mais aussi d'associations ou de représentants des commerçants. Elle prévoit plusieurs garde-fous : une expérimentation sur un temps défini, avec l'autorisation du préfet, avec une information claire des clients, etc. La PPL doit désormais être inscrite au Sénat.
Utilisé lors des JO Surtout, le dispositif exclut la surveillance biométrique et la reconnaissance faciale. « Les logiciels analysent les comportements, pas les gens, tient à rappeler Paul Midy. C'est une aide concrète pour permettre de faire gagner du temps aux commerçants et de leur éviter des vols. Il faut arrêter de jouer sur les peurs d'une surveillance généralisée. » Des dispositifs de surveillance algorithmique avaient été utilisés lors des JO de 2024, et ils doivent être de nouveau permis pour les JO de 2030. Même si une mission flash de députés sur ce sujet a évoqué un bilan mitigé, « les utilisateurs ont exprimé leur souhait que ce soit pérennisé », assure Quentin Barenne, cofondateur de Wintics, qui avait obtenu plusieurs marchés en Ile-de-France pour les JO de Paris, pour surveiller, par exemple, des gares.
« Ce type de dispositifs pourrait être développé dans de nombreux secteurs, dès lors qu'il y a des enjeux de sécurité des biens et des personnes », ajoute-t-il. Et, cela peut même aller plus loin : « Dans certains pays, comme le Maroc, où la législation est différente, nos caméras envoient des notifications aux forces de police. »
Marina Alcaraz
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:43 AM
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C’est le genre d’articles qu’on est content de ne pas avoir à publier le 1er avril, histoire de s’épargner les multiples demandes de confirmation des lecteurs… Oui, l'aéroport de Palm Beach, Floride, va vraisemblablement prendre le nom de l’actuel locataire de la Maison blanche. Les autorités législatives de Floride s’en félicitent par communiqué ce 20 février : les parlementaires de l'État ont voté le changement de nom de l'aéroport international de Palm Beach en "President Donald J. Trump International Airport". Une décision qui intervient quelques jours seulement après que DTTM Operations LLC, la société de propriété intellectuelle de Donald Trump, a déposé des demandes de marque pour utiliser le nom du président sur... des aéroports. Ça tombe bien, du coup. Le vote a été adopté à la Chambre des représentants de Floride par 81 voix contre 30, puis au Sénat par 25 voix contre 11, selon un strict découpage partisan. Les républicains ont applaudi cette initiative. Pas les démocrates. Ces esprits tordus ont pris en compte le fait que l’aéroport de Palm Beach, bien que seulement septième de Floride en termes de trafic, n’en accueille pas moins quelque 8 millions de passagers par an. Et son statut d’aéroport international laisse à penser qu’un certain nombre d’entre eux ne sont pas américains. Raison pour laquelle lesdits démocrates ont eu la mauvaise grâce de soulever quelques objections, évoquant notamment les propos du président qualifiant les immigrants mexicains de "violeurs et criminels" ou encore les nations africaines et Haïti de "pays de merde". Sans que cela ne pèse efficacement sur les débats. Le changement de nom de l'aéroport, qui se trouve à environ huit kilomètres de Mar-a-Lago, la résidence privée et club privé du président, devrait coûter jusqu'à 5,5 M$. Cette somme inclut la nouvelle signalétique, les éléments de marque et la refonte du site internet. Le Sénat de Floride a proposé d'en financer la moitié avec 2,75 M$ de fonds publics, mais la Chambre des représentants n'a pas encore pris position sur le financement. La sénatrice démocrate Lori Berman a résumé la situation avec une pointe d'amertume : "Ce projet de loi existe pour une seule raison : satisfaire un ego démesuré. Et satisfaire cet ego n'est pas gratuit." Effectivement.
Naming Le gouverneur républicain Ron DeSantis, ancien rival de Trump désormais rangé des voitures, mais pas, manifestement, des avions, devrait promulguer la mesure. L'approbation de l'Agence fédérale de l'aviation (FAA) sera ensuite nécessaire. Notons que l'administrateur de la FAA, Bryan Bedford, est un ami et allié de Trump. Ce qui nous épargne un insupportable suspense. Cette initiative s'inscrit dans une campagne de naming d'une ampleur inédite. Trump, contrairement aux présidents qui l'ont précédé, n'attend pas patiemment que les générations futures lui rendent hommage. Il préfère s'en charger lui-même, de son vivant, et, même, de son mandat. En décembre 2025, le conseil d'administration du Kennedy Center à Washington, nommé par Trump, a voté pour rebaptiser ce centre des arts du spectacle "Donald J. Trump and John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts". Le centre avait été baptisé en l'honneur du président John F. Kennedy par le Congrès en 1964, après son assassinat... Quelques semaines plus tard, en janvier dernier, un tronçon de 4 miles (environ 6 km) du Southern Boulevard, reliant l'aéroport de Palm Beach à Mar-a-Lago, a été rebaptisé "President Donald J. Trump Boulevard". Ainsi, le président pourra-t-il bientôt atterrir dans un aéroport et emprunter une route portant chacun son nom pour se rendre à sa résidence de Mar-a-Lago. De quoi rendre un homme heureux. D'autant que le United States Institute of Peace (l'Institut américain de la Paix) s'est vu rebaptisé "Donald J. Trump United States Institute of Peace" en décembre dernier. Et pour ceux de ses sympathisants qui seraient davantage portés sur la guerre, qu'ils se rassurent : une classe de cuirassés, pas encore construits, portera le nom tant de fois éponyme. Tous les projets n'ont cependant pas abouti. Trump aurait proposé au chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, de débloquer plus de 16 milliards de dollars de fonds fédéraux pour le projet Gateway, un tunnel ferroviaire reliant le New Jersey et New York, en échange de quoi Schumer accepterait de rebaptiser la gare de Penn Station à New York et l'aéroport international de Dulles à Washington au nom de Trump. Le démocrate a décliné l'offre. Pas chic, Chuck.
Pile ou face ? Cette demande, évoquée plus haut, de la Trump Organization, déposée le 14 février 2026, auprès du bureau américain des brevets et des marques, pourrait d’ailleurs couvrir une gamme de produits bien plus vaste que le seul aérogare floridien. Notamment des montres, des bijoux, des vêtements, des navettes d'aéroport, des parapluies et même des combinaisons de vol. Mais, magnanime, ladite organisation a tenu à préciser que le président et sa famille ne recevraient "aucune redevance, aucun frais de licence ni aucune considération financière" liée à la rebaptisation de l'aéroport. Le plus formidable est certainement que cette déclaration n'ait convaincu personne. La sénatrice démocrate Kelly Skidmore, qui représente le comté de Palm Beach, a en effet interrogé la raison pour laquelle l'organisation Trump ferait l'effort de déposer des marques si elle ne cherchait pas à en tirer profit. De son côté, la sénatrice républicaine Debbie Mayfield, co-sponsor du projet de loi, s'est trompé de réponse : "Le nom Trump est une marque déposée depuis un certain temps. Si vous commencez à lui dire qu'il ne peut pas commercialiser, c'est en fait une violation du marché libre." S'est trompé de réponse mais a clarifié les choses, honneur lui en soit rendu. Autre projet audacieux : le département du Trésor a confirmé un projet d'émission d'une pièce commémorative d'un dollar à l'effigie de Trump pour célébrer le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance. Ce projet viole une loi de 1886 exigeant que seul "le portrait d'un individu disparu" apparaisse sur la monnaie. Cinq sénateurs démocrates et le sénateur indépendant Angus King ont écrit au secrétaire au Trésor Scott Bessent le 26 janvier 2026 pour exprimer leur inquiétude. Ils ont souligné que placer le buste d'un président vivant sur une pièce célébrant le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance "enverrait un message à l'Amérique et au monde qui contredit ce que nous sommes en tant que nation".
Mais le département du Trésor a estimé que la pièce était légale en vertu de la loi de 2020 sur la refonte des pièces de collection en circulation. Tant pis pour la tradition établie par George Washington, qui avait refusé que son image soit imprimée sur la monnaie de son vivant, considérant cette façon de faire comme "monarchique". Lors d'une réunion le 22 janvier 2026, la Commission des beaux-arts a voté en faveur d'un profil de côté du président. Précision : tous les membres d’icelle ont récemment été nommés par Trump. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:36 AM
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Un gros contrat peut aussi générer de gros problèmes. Depuis l'annonce d'un juteux marché avec le Pentagone, OpenAI fait l'objet de vives critiques. Ce week-end, une responsable au sein la branche robotique de la société derrière ChatGPT a annoncé avoir démissionné. Une annonce symbolique, qui témoigne des inquiétudes autour de cet accord. « L'IA joue un rôle important dans la sécurité nationale. Mais la surveillance des Américains sans contrôle judiciaire et l'autonomie létale sans autorisation humaine sont des questions qui méritaient davantage de réflexion qu'elles n'en ont reçu », a écrit sur X Caitlin Kalinowski pour expliquer son choix.
Garde-fous « Pour être claire, mon problème est que l'annonce a été faite précipitamment, sans que les garde-fous aient été définis, a abondé la dirigeante (qui a travaillé par le passé chez Meta) dans un message suivant. C'est une question de gouvernance avant tout. Ces questions sont trop importantes pour que les accords ou les annonces soient précipités. » OpenAI a confirmé le départ de cette dernière dans un communiqué par e-mail et a réaffirmé ses lignes rouges : pas de surveillance intérieure et pas d'armes autonomes. Sam Altman, le patron d'OpenAI, a tenté de montrer patte blanche en mettant en avant ces garde-fous, tout au long de la semaine écoulée. Il a aussi soutenu Anthropic, appelant à ce que son concurrent ne soit pas considéré comme un « risque » pour les Etats-Unis. Mais dans l'opinion publique et auprès de certains collaborateurs, il a perdu des points, en reprenant un contrat à 200 millions. Il y a quelques jours, des murs de la ville de San Francisco ont été recouverts d'affiches appelant OpenAI à protéger les Américains contre une IA militarisée. Parallèlement, le nombre d'utilisateurs ayant désinstallé ChatGPT a bondi, alors qu'à l'inverse Anthropic a connu un boom.
Projet de nouvelles directives Pour éviter un « remake » des turbulences récentes autour du contrat avec le Pentagone, dans divers secteurs, l'administration Trump a élaboré des règles strictes pour les contrats civils d'intelligence artificielle qui exigeraient des entreprises d'IA qu'elles autorisent « toute utilisation légale » de leurs modèles, selon le « Financial Times ». Un projet de nouvelles directives gouvernementales consulté par le quotidien britannique stipule que les groupes d'IA souhaitant faire affaire avec le gouvernement devront accorder aux Etats-Unis une licence irrévocable pour utiliser leurs systèmes à toutes fins légales. Elles sont similaires dans leur principe aux mesures que le Pentagone envisage pour les contrats militaires, a déclaré une personne proche du dossier, au « FT ». Ces directives du US General Services Administration (GSA), qui aide à l'approvisionnement en logiciels pour l'ensemble du gouvernement fédéral, stipulent également que les entrepreneurs doivent fournir « un outil neutre et non partisan qui ne manipule pas les réponses en faveur de dogmes idéologiques » tels que la diversité, l'équité, l'inclusion. Une autre clause vise en partie les réglementations européennes : elle exige que les entreprises d'IA divulguent si leurs modèles ont été « modifiés ou configurés pour se conformer à un gouvernement non fédéral américain ou à un cadre de conformité ou réglementaire commercial ». L'impact de ces nouvelles directives qui ne sont pas encore finalisées, sur les acteurs de l'IA comme OpenAI ou Anthropic, sera scruté de près. Tout comme la position de ces mêmes groupes devant les demandes de l'administration…
Marina Alcaraz
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Georges-Edouard DIAS
March 12, 5:35 AM
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Les banques ne peuvent plus ignorer l'essor des cryptoactifs. Selon le dernier baromètre de l'Autorité des marchés financiers (AMF), près de 9 % des Français déclarent en détenir, soit plusieurs millions d'investisseurs. Pour les banques, le potentiel est d'autant plus stratégique qu'elles conservent une place centrale dans la relation avec les épargnants. Près d'un Français sur trois envisage d'acquérir des cryptoactifs, et un tiers préférerait passer par sa banque, selon la dernière étude de l'Association pour le développement des actifs numériques (Adan). « Pour de nombreux clients, l'acteur le plus légitime pour proposer ce type de services reste la banque », explique un porte-parole d'Hexarq, la filiale du groupe BPCE dédiée aux cryptoactifs.
Un marché encore dominé par les plateformes Jusqu'ici pourtant, l'écosystème s'est largement développé en dehors du système bancaire traditionnel. Les services d'achat, de vente ou de conservation sont dominés par des plateformes spécialisées, comme Binance ou Coinbase, ou par certaines fintechs, comme Revolut. Face à cette situation, certaines banques ont choisi de développer leur propre infrastructure. Le groupe BPCE a ainsi lancé Hexarq il y a près de trois ans, à un moment où le cadre réglementaire commençait à se structurer avec le régime PSAN et la perspective du règlement européen MiCA. La plateforme permet d'acheter, de vendre et de conserver plusieurs cryptoactifs directement depuis une application dédiée. Après un lancement en fin d'année dernière, le groupe annonce aux « Echos » que l'offre va désormais être déployée dans treize établissements Banque Populaire et Caisse d'Epargne, avant d'être étendue à la Banque Palatine. Pour soutenir ce projet, BPCE avait lancé Hexarq avec une injection de capital de 45 millions d'euros, illustrant l'ampleur des investissements nécessaires pour développer ce type d'infrastructure. La Société Générale s'est positionnée très tôt via sa filiale Forge, aujourd'hui agréée au titre du règlement européen MiCA pour développer des infrastructures liées aux actifs numériques, et émet notamment des stablecoins euro et dollar. Caceis, la filiale du groupe Crédit Agricole spécialisée dans les services aux investisseurs institutionnels, a également obtenu cet agrément pour proposer des services liés aux actifs numériques. Pour la plupart des banques, une question stratégique se pose désormais : faut-il construire sa propre infrastructure ou s'appuyer sur des prestataires spécialisés pour aller plus vite sur ce marché ? « Pendant longtemps, les banques ont observé le marché. Aujourd'hui, la question n'est plus de savoir s'il faut y aller, mais comment y aller », explique Elodie Trévillot, associée gérante de la banque Delubac. La banque ardéchoise a obtenu un agrément MiCA afin de proposer des services liés aux cryptoactifs, notamment la conservation et l'exécution d'ordres. Elle accompagne également certains acteurs financiers ou fintechs souhaitant se lancer sur ce marché.
Construire ou externaliser ? Plusieurs acteurs cherchent en effet à se positionner comme fournisseurs d'infrastructures pour les établissements financiers. Le groupe Sopra Steria a lancé son offre Crypto Solutions, destinée à permettre aux banques d'intégrer des services liés aux cryptoactifs dans leurs systèmes existants. La solution fournit les briques technologiques nécessaires pour gérer l'achat et la vente de cryptoactifs, les dépôts et retraits ou certaines fonctions de conformité, tout en s'intégrant aux systèmes informatiques des banques. « Pendant longtemps, les banques avaient essentiellement deux options : tout construire elles-mêmes, ce qui peut prendre plusieurs années, ou passer par une solution entièrement externalisée », explique Alexandre Eich Gozzi, responsable de cette activité chez Sopra Steria. « L'idée est de proposer une solution intermédiaire qui leur permet d'aller plus vite tout en conservant la maîtrise de leur infrastructure. »
Marque blanche La plateforme autrichienne Bitpanda s'est également positionnée sur ce créneau avec une offre en marque blanche destinée aux institutions financières. Elle permet à une banque d'intégrer dans son application des services d'achat, de vente ou de conservation de cryptoactifs via l'infrastructure opérée par Bitpanda.
Cette approche permet de lancer rapidement une offre, sans développer toute l'architecture technique ni gérer directement l'exécution des ordres ou la conservation des actifs numériques. Mais elle implique aussi une dépendance vis-à-vis du prestataire. « Construire notre propre plateforme nous permet de garder la maîtrise de l'architecture, de la sécurité et de la feuille de route du produit », soutient le porte-parole d'Hexarq.
Samir Touzani
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