L’Allemagne poursuit sa cure d’austérité pour les forces armées, après les chars et les avions de combat, cette fois c’est au tour des hélicoptères tactiques de subir des coupes budgétaires… La nouvelle est tombée en catimini, un vendredi après midi. Le ministère de la défense allemand confirme sa volonté de réduire sa commande d’hélicoptères de transport tactiques NH90 TTH de 122 à 82. Un rude coup en apparence pour NHIndustries et ses partenaires qui proclament depuis des années que cette machine de nouvelle génération, européenne qui plus est, constituera à terme l’ossature des forces aéro-terrestres du vieux continent. Une belle vision qui vole en éclats pour cause de crise budgétaire.
Ainsi après le Portugal qui a décidé de quitter le programme pour cause de crise, l’Espagne qui annonce vouloir réduire de plusieurs unités sa commande initiale, Berlin, membre fondateur de cette coopération, réduit ses prétentions. Pour couronner le tout, la France n’a toujours pas confirmé sa commande additionnelle de 34 NH90 TTH pour l’ALAT…
Cette logique illustre la tendance des politiques en Europe qui veulent faire des économies à tout prix sur tous les budgets pour rétablir l’équilibre des finances. Premières victimes « faciles » de cette nouvelle politique de gestion : les crédits de Défense ; une pilule qui passe mal chez les militaires qui doivent faire toujours plus avec des matériels obsolètes ou insuffisants. Ce décrochage capacitaire des armées, se double d’une frustration des industriels pour lesquels une commande nationale significative est le socle d’un succès à l’export, gage de maintien d’emplois qualifiés dans le pays.
Les exemples de gaspillages ne manquent pas. Le plus criant est sans conteste celui de l’avion d’attaque furtif embarqué « Avenger II » aux USA qui, malgré des milliards d’investissement n’a jamais quitté les chaines de production. Toujours aux USA, l’exemple des avions d’attaque embarqués A6 Intruder qui sont passés directement des ateliers de modernisation… à l’Océan pour servir de « récifs pour les poissons ».
Plus près de nous, la décision britannique de saborder son programme d’avions de patrouille maritime Nimrod a conduit les employés de BAE à ferrailler, toujours aux frais du contribuable, des avions remis à neuf, équipés d’un système de mission dernier cri pour les remplacer par rien. Au chapitre des gaspillages financiers pour cause de torpillage politique, on peut ajouter l’exemple de l’avion de combat Arrow au Canada. Un appareil de combat en avance sur son temps dont l’arrêt a signé la fin des ambitions militaires canadiennes.
Pour autant, ces réductions de commandes militaires, qui mettent à mal les capacités de défense d’un pays, sont elles forcément des sources d’économie ? Pas sûr ! Le plus souvent les contrats de programmes d’aéronautique et de défense sont, en effet, parsemés de clauses dissuasives de dédit.
Ainsi il n’est pas impossible qu’un pays qui souhaite se désengager d’un programme majeur se retrouve à payer plusieurs centaines de millions de pénalités aux industriels pour mettre fin à un projet. Dès lors comment expliquer au contribuable qu’il a payé des sommes faramineuses, représentant le prix de plusieurs dizaines d’appareils, pour des machines qu’il ne verra jamais ?
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