Tout et Rein by renaloo.com
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Rien ne distingue cette ferme des propriétés voisines. Un bâtiment ocre posé au milieu des pâturages, une série d’enclos ombragés par de grands arbres et sous un auvent en bois, une vingtaine de moutons grisâtres broutant nonchalamment leur fourrage. Ce paisible coin de Californie est cependant l’un des terrains d’expérimentations les plus intrigants des Etats-Unis.

Dans cette exploitation, propriété de l’université de Californie à Davis (UC Davis), près de Sacramento, des scientifiques ambitionnent de créer des « chimères ». Dans la mythologie grecque, ce mot désigne des monstres mi-lion, mi-chèvre, mi-serpent. Les créatures fantastiques qui sont inventées ici sont des moutons et des cochons dotés d’organes humains. Grâce à de nouveaux « outils » comme Crispr, le célèbre « ciseau » à ADN, et aux progrès de la recherche sur les cellules souches, cultiver des foies et des pancréas humains semble une piste prometteuse pour faire face à la pénurie d’organes dans le monde.

Rien qu’aux Etats-Unis, 118 000 patients sont sur liste d’attente, et 8 000 ne vivront pas assez longtemps pour bénéficier d’une greffe. En France, la liste compte près de 24 000 personnes, pour environ 6 000 greffes annuelles, comme le rappelle l’Agence de la biomédecine à l’occasion du lancement vendredi 22 juin d’une campagne de sensibilisation au don.

Arpentant la ferme en tenue décontractée, pantalon de toile et chemise à carreaux, le docteur Pablo Ross se fond dans le paysage agricole. Vétérinaire d’origine argentine, il a piloté les premières expériences de chimères « homme-animal », en collaboration avec deux équipes californiennes, celle de l’Espagnol Juan Carlos Izpisua Belmonte au Salk Institute, près de San Diego, et celle du Japonais Hiromitsu Nakauchi, à l’université Stanford, près de San Francisco. « Les moutons que vous voyez ici ne sont pas des chimères », tient-il à préciser en souriant.

Créer des animaux « humanisés » apparaît simple sur le papier : il « suffit » d’injecter dans un embryon de mouton des cellules souches humaines et, après quelques jours, de procéder à l’implantation dans la brebis « hôte ». Influencé par ce double héritage génétique, l’animal doit – en théorie – développer des organes composés de cellules des deux espèces. A ce jour, personne ne sait cependant dans quelle mesure ce serait le cas : pour des raisons éthiques, le développement des embryons est arrêté après vingt-huit jours, et les scientifiques doivent donc se contenter d’observations limitées.

Un pancréas pour les diabétiques

Dévoilés en février 2018 lors de la conférence annuelle de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS), les résultats des expériences du docteur Pablo Ross sur les ovins montrent que les cellules humaines contribuent bien au développement de l’animal, mais leur nombre est limité : 1 cellule sur 10 000. Publiés en 2017, les résultats d’une autre expérience menée avec des cochons suggéraient une contribution encore plus faible, de l’ordre d’une cellule sur 100 000.

« Obtenir un organe ainsi paraît très improbable », reconnaît le docteur Pablo Ross, qui teste maintenant la performance d’autres lignées de cellules souches avec l’objectif d’accroître le pourcentage de cellules humaines dans l’animal. « A ce stade, cela reste très empirique », ajoute le scientifique.

Situé à quelques minutes de l’étable où les apprentis fermiers de l’université apprennent à s’occuper des vaches, son laboratoire travaille également sur une nouvelle génération d’animaux hôtes. Une glacière à la main, un laborantin vient de rapporter d’un abattoir voisin la récolte du jour, des ovules de vaches qui seront fécondés in vitro.

Dans cette mini-clinique, les scientifiques créent tout au long de l’année des embryons génétiquement modifiés à des fins d’expériences. Le plus prometteur dans la perspective de créer des organes humains est un mouton dont le gène connu sous le nom de code PDX1 a été inactivé. Cette altération bloque la genèse de son pancréas, l’organe où est fabriquée l’insuline, l’hormone qui régule le taux de sucre dans le sang et qui fait défaut aux personnes diabétiques.

« Nous n’en sommes qu’au tout début »

En injectant dans l’embryon des cellules souches humaines intactes, les chercheurs font l’hypothèse que l’animal développera un pancréas humain. L’organe – ou du moins des îlots de cellules – pourrait alors être transplanté. « Nous n’en sommes qu’au tout début. Nous devons encore faire des découvertes majeures pour que cela marche, mais je suis convaincu que cela vaut la peine de continuer », poursuit Pablo Ross.

Professeur à Stanford, son confrère Hiromitsu Nakauchi est l’autre cerveau de l’expérience. En 2010, ce scientifique japonais a démontré qu’il était ainsi possible de générer un pancréas de rat dans une souris dont le gène PDX1 avait été rendu « silencieux ». Invité à rejoindre la prestigieuse université de Palo Alto en 2014, il a depuis démontré que l’expérience inverse était aussi concluante (un pancréas de souris dans un rat) et qu’il était possible de faire la même chose avec d’autres organes comme le foie ou les reins. Enfin, une nouvelle série d’expérimentations publiées en 2017 dans la revue Nature a apporté la preuve que des souris diabétiques pouvaient être soignées grâce à des pancréas de souris « cultivés » dans des rats.

Installé dans un élégant édifice de pierre et de verre, le laboratoire d’Hiromitsu Nakauchi se situe à deux pas de l’école de médecine de Stanford, où l’on célèbre cette année le 200e anniversaire de la publication de Frankenstein. Plus loin, l’hôpital universitaire où, peut-être un jour, des patients seront transplantés avec un organe humain issu d’un animal.

« Cela marche avec des espèces proches d’un point de vue de l’évolution et de la taille », souligne le scientifique en rappelant que les rats et les souris ne sont distants « que » de vingt-quatre millions d’années sur l’échelle de l’évolution. Avec des espèces plus lointaines, comme l’homme et le cochon séparés par quatre-vingt-dix millions d’années, cela s’avère plus incertain.

Bientôt des chimpanzés humanisés ?

« Il n’y a que six millions d’années entre l’homme et le chimpanzé, donc je suis sûr à 100 % que si on m’y autorisait, je pourrais créer une chimère mi-chimpanzé-mi homme. Qui sait ? Il serait possible d’obtenir un singe avec un visage humain », indique le professeur Nakauchi. « Rien ne l’interdit : aux Etats-Unis, du moment que vous le payez de votre poche, tout est possible. Mais il est beaucoup trop tôt pour faire ça », ajoute le chercheur, dont les travaux sont en grande partie financés par les contribuables californiens. Selon lui, le chimpanzé n’est de toute façon pas un hôte idéal compte tenu du temps qu’il lui faut pour atteindre une taille adéquate : quatre ans contre neuf à dix mois pour les cochons ou les moutons.

L’une des difficultés pour les scientifiques est de tracer les cellules humaines dans l’animal. « Les cellules “étrangères” contribuent de façon différente à la formation des organes de l’animal hôte. Les poumons, les intestins les intègrent, tandis que le cerveau, le cœur ou le foie les rejettent. On ne sait pas exactement ce qui se passe », souligne le chercheur en montrant sur son écran l’image fictive d’un cochon avec des traits humains.

Selon lui, il faudra au moins encore cinq à dix ans de recherches pour créer un mouton doté d’un pancréas adapté à la transplantation. Prometteurs, ses premiers succès sont aussi controversés : le NIH, l’agence gouvernementale américaine qui supervise la recherche biomédicale, a annoncé en 2015 qu’elle ne financerait plus les recherches sur les chimères homme-animal.

Dans ce domaine, chaque pas en avant soulève de nouvelles questions éthiques. A vingt minutes à pied du laboratoire d’Hiromitsu Nakauchi, Hank Greely s’est amusé à inventer des scénarios fictifs pour voir où ces recherches pourraient conduire l’humanité. « D’un côté, tout le monde veut trouver des thérapies, de l’autre, personne ne veut créer un chimpanzé ou une souris qui dise “Hey, je suis Mickey !” », plaisante ce professeur de droit à la Stanford Law School et auteur de nombreuses publications en bioéthique. Selon lui, trois écueils guettent les chercheurs : « Brain, balls, and beauty. » Autrement dit la contribution de cellules souches humaines à la formation du cerveau, des gamètes ou de l’apparence de l’animal. « A partir du moment où certaines caractéristiques humaines apparaissent, c’est un problème. Or comment le savoir ? », interroge le professeur Greely.

Ce juriste au bureau peuplé d’affichettes de super-héros rappelle que la barrière des espèces a été franchie depuis longtemps dans la plus grande indifférence. Moins spectaculaires que les créatures du docteur Pablo Ross, les chimères sont déjà au cœur de la recherche biomédicale. « On implante depuis des décennies des cellules cancéreuses humaines dans des rongeurs pour les étudier. Personne ne s’en soucie ! C’est bien plus facile de faire des recherches chez les animaux que chez les humains », constate le juriste. Au-delà de leur intérêt pour pallier la pénurie d’organes, ces chimères pourraient donc être des super-animaux de laboratoire permettant de tester des hypothèses et des thérapies de façon bien plus précise.

 
 
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En Californie, un élevage de moutons et de cochons avec des organes humains #greffe

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Greffe de rein: Les patients doivent attendre de un à cinq ans en fonction des régions https://www.youtube.com/channel/UCAeCtL_CFAbOnpEIY3aXSNQ
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Greffe de rein : Les patients doivent attendre de un à cinq ans en fonction des régions #vidéo #injustice

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22 juin 2018 - Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe, et de reconnaissance aux donneurs. Avec Alice Modolo, vice-championne du monde d'apnée et Karine, atteinte de mucoviscidose et greffée des poumons.

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Nous sommes tous donneurs d’organes présumés #dondorganes #greffe #vidéo

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Refuser d'être donneur d'organes à Singapour implique de ne pas être placé prioritaire sur la liste d'attente pour une greffe.
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A Singapour, refuser d'être donneur d'organes peut empêcher d'en recevoir

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La Bretagne est l’une des régions où le taux d’opposition au don d’organes est le plus faible. Interview du Dr Christian Lamotte, chef de service en charge du grand Ouest à l’Agence de la biomédecine, à l’occasion de la 18 e Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe.
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Don d’organes. « La Bretagne a toujours été exemplaire » - Bretagne - LeTelegramme.fr

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Une situation sanitaire qui interpelle. En matière de greffe du rein, il faut...45 mois d'attente à Nancy, contre seulement 13 mois à Caen. De quoi alimenter la Journée de réflexion sur le don d'organes, vendredi 22 juin.
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Greffe du rein : 45 mois d'attente à Nancy contre 13 mois à Caen

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La vitesse d’attribution des greffons n’est pas la même en fonction des zones géographiques, alerte l’association Renaloo, qui saisit le Défenseur des droits.
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Grande injustice dans l'attribution des greffes de rein

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D'après une étude réalisée par une association de patients, et à l'aide de données de l'Agence de la biomédecine, les délais d'attente de transplantation rénale varient considérablement selon les villes et les régions. Qu'en est-il en Bourgogne Franche-Comté ? Dans quelles villes les délais sont-ils les plus longs, et où sont-ils les plus courts ?
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Greffe rénale : la Bourgogne Franche-Comté parmi les régions au délai de transplantation le plus long - L'Yonne Républicaine

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28,4 mois à Dion, 36,4 mois à Besançon c'est le délai médian qu'il faut pour qu'un patient en attente de transplantation rénale reçoive un greffon. Des durées très supérieures à celles observées à Caen ou à Poitiers selon Renaloo. Des chiffres à prendre avec des pincettes pour un professeur du CHU.
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Au CHU de Dijon se faire greffer un rein prendrait beaucoup trop de temps selon l'association "Renaloo"

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Notre pays est champion du monde… des greffes réussies. Pourquoi ? Evidemment il y a des équipes et des médecins formidables et innovants. Mais pas seulement ! Explications
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En France, l’excellence des techniques de greffes d’organes - Le Parisien

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Les médecins français ont signé plusieurs premières mondiales au fil des années. Peau, visage, organe respiratoire, mains et cœur sont les domaines où ils ont excellé.
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Greffe : cinq premières mondiales réalisées par des chirurgiens français - Le Parisien

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13 mois à Caen ou 5 ans à Paris : c’est le délai qu’il faut pour qu’un patient en attente de greffe rénale sur deux reçoive un greffon. En effet, d’une région à l’autre, d’un centre à l’autre, ce délai varie de 13,1 à 66 mois. Une inégalité d’accès à la greffe rénale déjà pointée il y a cinq ans.
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Greffes rénales et accès aux soins : mieux vaut choisir sa région !

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Campagne de l’Agence de la biomédecine pour le don d’organes 

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L’administration de mycophénolate, indiqué afin de prévenir un rejet de greffe, est totalement contre-indiquée en cas de grossesse. L’ANSM rappelle sa capacité tératogène et met à jour ses recommandations pour les patients en âge de procréer. Indiqué pour prévenir un rejet de greffe, le mycophénolate* est « un
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Dans son documentaire intitulé "Le temps retranché", Benjamin Silvestre met en lumière la vie de ceux qui se battent contre l'insuffisance rénale. Au travers des portraits croisés de Siham, Anne-Sophie, Melissa et Frédéric, atteints d’insuffisance rénale terminale, Benjamin Silvestre revient sur son propre combat de patient dialysé.

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Réalisateur et insuffisant rénal, il décrit l'envers du décor dans un documentaire #dialyse

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L'insuffisance rénale est un véritable fléau en France. En 2016, 17 700 personnes étaient candidates à une greffe rénale. Seulement 3 600 d'entre elles ont eu accès aux précieux organes. Et sur la liste d'attente, tou.te.s n'ont pas les mêmes chances.

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Greffe de rein : pourquoi certains patients attendent jusqu'à cinq ans

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Trois ans d'attente pour les malades en attente d'une greffe de rein à Besançon. 28 mois à Dijon. Les chiffres publiés par l'association de patients Renaloo dénoncent une inégalité de traitements de malades selon leur situation géographique. 
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"Les inégalités en termes de greffes de rein sont un sujet très sensible, mais il faut que les choses avancent", assène le Pr Lionel Rostaing, néphrologue au CHU de Grenoble. En France en effet, ces greffes fonctionnent d’après le principe du "rein local" : en cas de prélèvement des reins sur un donneur décédé, l’établissement hospitalier peut décider d’en réserver un pour ses patients. Résultat : les malades inscrits dans un centre qui prélève peu connaissent d’impressionnants délais d’attente.
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Grande injustice dans l'attribution des greffes de rein

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L'association Renaloo a saisi le Défenseur des droits pour alerter sur les inégalités géographiques en matière de greffe.

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Greffes : l'injustice des délais d'attentes - RTL

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L étude sur les temps d attente pour une greffe de reins, menée par une association de patients, révèle d énormes disparités selon les régions. Un an en Normandie contre 5 ans pour un hôpital parisien : des inégalités,déjà constatées il y a cinq ans, qui se sont considérablement creusées depuis.
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Les Français inégaux devant les délais d'attente de greffe de rein - France Inter

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LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.06.2018 
Par Sandrine Cabut
Environ treize mois au CHU de Caen ; plus de cinq ans dans certains établissements franciliens, comme l’hôpital Foch de Suresnes ou Tenon (APHP). L’association de patients Renaloo dénonce des écarts ­inacceptables dans les durées d’attente pour une greffe du rein adulte en France.

Alors que la 18e Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe, le 22 juin, prévoit de mettre en avant le sens du don, Renaloo vient de saisir le Défenseur des droits pour « iniquité et discriminations » dans la répartition des greffons rénaux. L’association alerte aussi le ministère de la santé et le Comité national ­consultatif d’éthique.

Transplantations en augmentation
Greffes d’organes les plus fréquentes dans notre pays, les transplantations du rein sont en augmentation : 3 782 ont été réalisées en 2017 (dont 611 à partir d’un donneur vivant), contre 3 069 en 2013. La progression du nombre de greffes est cependant bien inférieure à celle du nombre d’inscrits en liste d’attente (17 698 en 2016).

Le délai pour recevoir un greffon varie quasiment du simple au quintuple selon le lieu où l’on est inscrit. Des disparités déjà connues, mais qui s’aggravent, s’inquiète Renaloo. En 2013, 41,8 mois séparaient la région où le délai est le plus court de celle où il est le plus long, l’écart est désormais de 52,9 mois. Selon le bilan d’activité 2016 de l’Agence de biomédecine, 5 des 33 centres effectuant des greffes du rein chez l’adulte ont une durée médiane d’attente inférieure à 18 mois, et 4 affichent des durées supérieures à 4 ans.

« Or, plus la période de dialyse s’allonge, plus la qualité de vie du patient risque d’être dégradée. De plus, les chances de succès de la greffe diminuent, notamment parce que les centres qui subissent une forte pénurie acceptent des greffons de moins bonne qualité », pointe Magali Léo, de Renaloo.

Les patients sont par essence inégaux devant l’accès aux greffons, notamment en raison de leurs ­caractéristiques immunologiques, mais les règles de répartition qui devraient gommer les iniquités contribuent en fait à leur maintien, déplore l’association.

Médecine à plusieurs vitesses
En cause, la pratique dite du « rein local » qui consiste à sanctuariser l’un des deux reins prélevés dans l’établissement, l’autre étant proposé à l’échelon national. « Face à une telle situation, le choix le plus rationnel pour le patient est de demander à être inscrit sur la liste d’un centre plus éloigné de son ­domicile mais moins engorgé », poursuit l’association.Encore faut-il être bien informé, et pourvoir financer les surcoûts. « La ­situation est ainsi celle d’une médecine à plusieurs vitesses qui crée des discriminations en avantageant certaines régions et certains milieux sociaux », estime Magali Léo.

Pour l’Agence de biomédecine, le sujet des disparités régionales est complexe, et ne peut se résumer aux délais d’attente. « Le rein local représente 44 % des greffes, parce qu’à caractéristiques égales, nous privilégions le transport le plus court pour réduire le temps d’ischémie du greffon », explique le professeur Olivier Bastien, de l’Agence de biomédecine. Il souligne par ailleurs d’autres facteurs d’hétérogénéité : les patients sont plus ou moins rapidement inscrits en liste d’attente selon les équipes. Le recours aux greffes à partir de donneurs vivants (15 % à l’échelle nationale) est aussi très variable selon les centres.

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L’association Renaloo a saisi le Défenseur des droits, affirme "Le Parisien", pour alerter sur les inégalités géographiques en matière de greffes.
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Greffes : l'injustice des délais d'attentes - RTL

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Les durées d'attente de greffe vont de 13 mois à plus de 5 ans selon les hôpitaux. Une situation injuste, que Renaloo dénonce de longue date. Alors que l'association vient de saisir le Défenseur des droits, le Pr Lionel Rostaing, transplanteur au CHU de Grenoble, donne son point de vue...

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"Il y a zéro équité dans l’accès aux greffons rénaux" : l'interview du Pr Lionel Rostaing, transplanteur @CHU_Grenoble

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Des durées d'attente de greffe qui vont de 13 mois à plus de 5 ans selon les hôpitaux : Renaloo dénonce le manque d'équité de la répartition des greffons rénaux et saisit le Défenseur des droits...
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Greffe rénale : Renaloo dénonce le manque d'équité de la répartition des greffons et saisit le Défenseur des droits -

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"Ça me fait vraiment plaisir, je suis très contente", n’a-t-elle cessé de répéter pendant qu’on lui remettait une coupe et une médaille. Radieuse, elle éclatait de rire au moindre compliment fait à son encontre, amusant toutes les personnes présentes.
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