Des échauffourées ont eu lieu samedi après une mobilisation contre le projet de barrafe de Sivens…
Le corps d'un homme a été découvert dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn), où des échauffourées avaient eu lieu en marge d'une mobilisation d'opposants, a annoncé dimanche la préfecture du Tarn à Albi. «Cette nuit, vers 2 heures du matin, le corps d'un homme a été découvert par les gendarmes sur le site de Sivens. Les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement mais n'ont pu que constater le décès de la victime», a annoncé la préfecture dans un communiqué. «Une enquête a été ouverte sous l'autorité du procureur d'Albi afin de déterminer les causes du décès et l'identité de la victime», ajoute le texte qui ne donne aucun autre élément.
La préfecture s'est refusée à plus ample commentaire tandis que le procureur de la République à Albi était injoignable. Interrogé par l'AFP, le lieutenant-colonel Sylvain Renier, commandant du groupement de gendarmerie du Tarn, a dit ne pas être au courant d'un décès. Le responsable, qui gérait sur place les opérations de gendarmerie lors des échauffourées de samedi soir, a indiqué que le calme était revenu «vers 21h». Il a précisé que sept membres des forces de l'ordre avaient été blessés mais que les pompiers ne lui avaient fait état dans la soirée d'aucun blessé dans le camp adverse.
Des «anarchistes encagoulés»
Selon le lieutenant-colonel, «100 à 150 anarchistes encagoulés et tout de noir vêtus ont jeté des engins incendiaires» et autres projectiles aux forces de l'ordre encadrant une mobilisation de «2.000» opposants qui, elle, est restée pacifique, selon lui. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de flash-balls, a-t-il ajouté. Il a précisé que des négociations avaient été entamées, en vain, entre un représentant pacifique des opposants à la construction du barrage de Sivens et un des assaillants qui avait alors dit qu'ils se réclamaient de «l'anarchisme».
Le projet de barrage-réservoir d'1,5 million de m3 d'eau stockée est porté par le conseil général du Tarn. Ses partisans assurent qu'il est indispensable pour irriguer les terres agricoles alentour et qu'une autre zone humide sera recréée. Depuis les travaux de déboisement le 1er septembre, des échauffourées et des rassemblements ont régulièrement lieu. Les opposants dénoncent un projet coûteux qui, selon eux, ne servira qu'à irriguer les terres d'un petit nombre d'exploitants pratiquant une agriculture intensive.
Le chantier du barrage est sous la garde des gendarmes.
Alors que le Conseil général du Tarn estime à plus de 300 000 € les dommages liés aux actions des opposants au projet de barrage, ces derniers comptent sur les conclusions du rapport des experts mandatés par Ségolène Royal pour mettre un coup de frein au projet. En attendant, le chantier continue. La mobilisation également.
Une petite rivière coule toujours au milieu de la vallée du Testet mais ses berges ont bien changé en un mois. De la forêt de Sivens, nulle trace. Le dernier arbre, surnommé le Mirador par les opposants au projet de barrage, est tombé vendredi 3 octobre, à l'aube. Ne restent que quelques arbustes dans une plaine remplie de souches et de copeaux de bois.
Ce lundi matin, à la reprise des travaux d'aménagement du site, une quarantaine de gendarmes des compagnies de Gaillac et d'Albi a précédé les ouvriers et leurs engins de chantier. Déployés en ligne d'un bout à l'autre de la vallée, ils ont repoussé dans le calme la trentaine de zadistes (militants protégeant la zone à défendre) toujours présente sur le site. Hormis un opposant perché sur un mirador construit en fin de semaine, les militants anti-barrages se sont retrouvés contenus dans la Gazad, un terrain appartenant à l'État occupé par trois véhicules aménagés où vivent certains d'entre eux, et visé par une procédure d'expulsion.
Arrivés à 7h30, les gendarmes ont "sécurisé" la zone vers 8h30, permettant ainsi la poursuite des travaux. Après la phase de déboisement, ceux-ci entrent dans une nouvelle dimension : le décapage du terrain. Une étape redoutée des opposants au projet car synonyme de destruction irréversible de la zone humide, si précieuse à leurs yeux. Ce lundi, face aux pelleteuses qui progressaient, les militants essayaient de rester optimistes. "Le barrage n'est pas encore construit, on peut encore faire des choses, veut croire Arthur, militant d'une cinquantaine d'années. De toute façon, ce que nous faisons ici est important car cela nous permet de sensibiliser les gens. D'autres projets comme celui-ci seront sans doute développés plus tard."
Plus de 300 000 € de dégâts Parfois calme, comme ce lundi matin, parfois tendue, comme la semaine dernière, la confrontation a occasionné des dégâts matériels et physiques de part et d'autres. Du côté des opposants, on accuse les forces de l'ordre de se livrer à un "harcèlement pur" des opposants. "Ils ont lacéré les tentes et uriné dans nos duvets", relate Zia, une occupante de Gazad. "Vendredi soir, trois gendarmes mobiles ont brûlé livres et instruments de musique dans la Maison des druides", ajoute Arthur. "Lors d'une action de blocage, les gendarmes ont blessé 13 personnes et endommagé des véhicules", affirme Ben Lefetey, porte-parole du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet.
Pour les pouvoirs publics, la note est d'ores et déjà salée. Outre 7 gendarmes blessés depuis le mois de mai, d'après la préfecture du Tarn, "un pont menant au chantier devra être refait, un coût d'environ 200 000 € ; le nettoyage de plus 30 tonnes de matériaux utilisés par les opposants dans les barricades a coûté environ 50 000 € ; du bois coupé n'a pu être valorisé, un défaut de recette de 50 000 €", liste le Conseil général, qui estime à plus de 300 000 € les dégâts occasionnés par les opposants.
Un chantier ralenti ? À une quarantaine de kilomètres de là, une quinzaine d'opposants a manifesté lundi matin devant le Conseil général du Tarn, à Albi, pour réclamer un débat contradictoire sur le projet. Parmi eux, Ben Lefetey, le porte-parole du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet. "Nous avons constaté un ralentissement du chantier. Le décapage n'a pas encore commencé, déclare-t-il. C'est sans doute lié au rapport des deux experts mandatés par Ségolène Royal, la ministre de l'Écologie, du développement durable et de l'énergie. Il devrait être rendu cette semaine."
Après une première rencontre avortée le 11 septembre, car boycottée par les opposants qui réclamaient la suspension du déboisement, ceux-ci ont finalement rencontré les experts du Commissariat général au développement durable, mercredi 1er octobre. "Ils cherchaient à savoir si la retenue d'eau allait bénéficier à 83 irriguants, comme annoncé par la Chambre d'agriculture et le Conseil général, ou 19, comme nous l'avons calculé", rapporte Ben Lefetey, qui espère que les experts concluront à un surdimensionnement du projet.
Le chantier serait-il "mis en suspens" en attendant ledit rapport ? La CACG affirme que non. "Les seuls retards sont dus aux contraintes de sécurité liées à un contexte difficile, reconnaît le service de communication du maître d'œuvre. Nous avons les autorisations légales pour poursuivre le chantier." Du côté du Conseil général du Tarn, maitre d'ouvrage du projet de barrage, on concède cependant "être dans une phase intermédiaire du chantier". "Dans un premier temps, nous avons accéléré le déboisement en déployant plus d'engins, explique Stéphane Mathieu, le directeur de l'eau pour le Conseil général. Après une pause obligatoire de 15 jours suite au déboisement, nous terminons le broyage de la végétation. Nous avons construit la base de vie du chantier en l'entourant d'une double douve du fait de la présence des opposants et nous avons sondé le terrain pour voir la qualité du matériel bientôt utilisé pour la digue."
Et de poursuivre : "Nous ne serions pas allés jusqu'à transformer le site de façon irréversible avant d'avoir le rapport des experts. Mais leur mission concerne surtout les mesures d'accompagnement et de compensation, ainsi que la gestion future de la ressource en eau, plutôt que l'utilité et le dimensionnement du projet lui-même." D'après le directeur de l'eau, une part d'eau moins importante pourrait ainsi être dévolue à l'irrigation, en fonction des conclusions du rapport. Les conclusions du rapport devraient être transmises aux pouvoirs publics cette semaine. Dans la vallée du Testet, la mobilisation continue. Une manifestation d'envergure y est organisée le 25 octobre prochain.
Le tribunal administratif de Toulouse a rejeté ce mardi les recours contre l'arrêté préfectoral. Un peu plus tôt c'est le TGI d'Albi s'est déclaré mardi incompétent après avoir été saisi par France Nature Environnement (FNE).
Les opposants au barrage de Sivens ont encaissé coup sur coup deux revers juridiques ce mardi avec la déclaration d'incompétence du tribunal de Grande instance d'Albi et le rejet d'un recours par le tribunal administratif de Toulouse.
En fin de journée, le juge administratif de Toulouse a rejeté le recours suspensif contre l'arrêté du préfet du Tarn de novembre 2013 donnant dérogation à la Compagnie d'Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG) de détruire des espèces protégées et leurs habitats (la zone humide du Testet).
Un premier revers juridique pour les opposants au barrage de Sivens avait eu lieu quelques heures plus tôt ce mardi après-midi, le tribunal de grande instance d'Albi s'est déclaré incompétent après la plainte de France Nature Environnement (FNE) sur la légalité du déboisement. En parallèle, la FNE a été condamnée à payer 4000 euros de frais de justice.
Gaillac – Toulouse – Grenoble, le 10 septembre 2014. Lettre ouverte à
Monsieur Carcenac, président du conseil général du Tarn, Monsieur Valax, député du Tarn, Madame Royal, ministre de l’environnement,
Nous sommes sidérés par le déploiement policier en forêt de Sivens où les cohortes de gendarmes mobiles font usage de tout leur arsenal (lacrymogènes, flashballs) face à des défenseurs de la zone humide du Testet, citoyens de tous âges, pacifistes et désarmés. Un tel recours à la force suffit à lui même pour témoigner de la violence et de l’illégitimité du projet pour lequel les citoyens mobilisés demandent l’organisation d’un véritable débat démocratique impliquant la communication de tous les éléments du dossier, dans le cadre d’une expertise indépendante. Le passage en force au sens propre est de surcroît illégal puisqu’à l’heure où la destruction massive de la forêt se poursuit, les recours en justice n’ont pas encore abouti. C’est pourquoi vous devez faire appliquer un moratoire. Vous devez faire respecter la justice en tant qu’élus de la République et parce qu’il ne peut y avoir d’ordre sans justice, nous vous prions de bien vouloir procéder au retrait immédiat des forces de l’ordre de la vallée du Testet. Les bûcherons, contraints de gagner leur pain, opèrent dans la peur, sous escorte policière. Seuls les régimes totalitaires peuvent se targuer d’opposer ainsi des individus que l’on dresse les uns contre les autres pour conforter un pouvoir illégitime. Enfin, en tant que contribuables n’ayant jamais omis de déclarer nos revenus et de payer nos impôts, nous ne pouvons accepter que notre contribution serve à bafouer l’humain et son environnement. En vous remerciant par avance de votre réponse ; nous vous prions d’accepter nos salutations respectueuses.
Sylviane Baumann (informaticienne,Tarn), Valérie Brun (professeur, Tarn), Patricia Combarel (professeur, Tarn), Céline Galissier (professeur, Tarn), Florent Gaudez (professeur des Universités, Université de Grenoble), Viviane Larras (professeur, Tarn), Liêm-Khê Luguern (professeur, Tarn), Bruno Polge (professeur, Tarn), Catherine Ranjeva (professeur, Tarn), Laure Teulières (maître de conférences, Université de Toulouse).
Guillaume Cros, élu régional EELV, hier matin à la sortie de la rencontre avec Thierry Carcenac.
Selon une délégation d'élus, opposés au barrage de Sivens, le président du conseil général du Tarn aurait annoncé hier matin qu'il n'aurait pas les 2 M€ e fonds européens espérés.
Une délégation d'élus régionaux (EELV et Parti de Gauche) et d'élus municipaux tarrnais, a été reçue hier matin peu avant 8h par Thierry Carcenac, président du conseil général du Tarn. «On a senti un président Carcenac pas sûr de lui, qui nous a annoncé qu'il n'aurait pas les 2 M€ attendus de financements européens» Thierry Carcenac aurait expliqué aux élus qu'il ne serait pas dans les délais de réalisation et de financement du projet permettant d'obtenir ces fonds» explique Guillaume Cros, élu régional EELV. Dans le plan de financement total de 8,70 M€, l'agence de l'eau doit prendre en charge 50 %, l'Europe, les conseils généraux du Tarn et du Tarn-et-Garonne devant financer le reste.
Les élus ont à nouveau demandé, sans succès, au président, un moratoire sur les travaux de déboisement du site de Sivens, même si ceux-ci doivent être terminés aujourd'hui. Ils souhaitent également des réponses aux questions posées par certains opposants du collectif Testet, en grève de la faim, pour certains depuis plus de quinze jours. Enfin les élus ont demandé l'organisation d'un débat public.
à ces deux dernières demandes Thierry Carcenac n'aurait pas donné de réponse. «Thierry Carcenac nous propose, dans la mesure où la région gère les fonds européens, d'étudier une remise à plat et un redimensionnement avec l'utilisation des fonds européens 2015-2020», témoigne Guillaume Cros. Contacté hier, le président du conseil général n'a ni confirmé ni infirmé ces déclarations.
Cet après-midi, le tribunal administratif de Toulouse doit se prononcer sur la suspension ou non, de l'arrêté sur la destruction des espèces protégées. En même temps, le tribunal d'Albi rendra sa décision sur la légalité du défrichement.
Gaillac : Des lycéens manifestent
Hier matin, le mouvement des opposants au barrage de Sivens a contaminé le lycée Victor-Hugo de Gaillac. Des élèves se sont rassemblés devant l'établissement banderoles en main, pour crier leur opposition à ce projet. Les gendarmes et les policiers municipaux étaient présents et ont bloqué les deux accès à la route du lycée. Des opposants du collectif des Bouilles et des grévistes de la faim étaient aux côtés des jeunes manifestants.
Mises à part quelques bousculades, la confrontation s'est déroulée sans violence. Sur les 950 élèves, seulement une centaine sont restés au lycée. Beaucoup ont été récupérés par des parents inquiets. Les autres ont manifesté jusqu'à la mairie où deux lycéens ont été reçus par le maire avant de s'éparpiller en ville. Le mouvement devait être reconduit aujourd'hui.
Blessés sur la zone humide
Au même moment, sur la zone humide, des affrontements ont eu lieu entre forces de l'ordre et opposants. Un gendarme a été blessé et côté opposant, il est question de deux personnes blessées par des tirs de flash-ball dont une à la poitrine. Elle a été prise en charge par les pompiers.
Mais ce qui peut être inquiétant pour l'avenir, c'est désormais l'irruption de groupes excédés par la présence des opposants et qui n'hésitent plus à venir à la confrontation avec les anti-barrage. Dimanche soir, lors d'un barrage filtrant sur la D999, le porte-parole du collectif du Testet a indiqué avoir été pris à partie par plusieurs individus. Il s'en sort avec une fracture à la main.
Dans la vallée du Testet, le long du Tescou, la lutte s'organise et prend forme. Les travaux ont bien avancé mais la résistance ne faiblit pas, elle se décentralise... Les féroces de l'ordre défendent les machines qui rongent petit à petit la forêt. Ils sont dressés pour taper, gazer, mater à coup de grenades et de flash-ball toute opposition. Certains bleus indisciplinés prennent même des initiatives, ils caillassent...
Aucun arrêté n'a été publié autorisant le début de ces travaux, cette destruction est donc totalement illégale. Certaines cabanes qui n'étaient pas expulsables ont été détruites, des lieux privés occupés sont visités par les gardes mobiles qui saccagent la nourriture à coup de lacrymo, volent le matériel médical.
Depuis plusieurs jours, des pro-barrage se rassemblent et viennent en découdre avec les occupant-e-s de la zone. Ce soir vendredi, ils sont environ 80. Dans la nuit d'hier, ils ont tabassé plusieurs personnes. Pendant ce temps, les gendarmes mettent la pression de l'autre côté de la vallée. Les machines dorment désormais sur place.
Toute aide est la bienvenue. Toute action solidaire est envisageable. Besoins de matos médic sur place.
Le 1er septembre, les tractopelles sont arrivés sur le site de ce projet dans le Tarn, provoquant des affrontements entre forces de l'ordre et opposants. Mais au fait, pourquoi ce barrage ?
Grève de la faim, Zone à défendre (ZAD), GIGN (Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale) et affrontements. Dans le Tarn, la mobilisation contre le barrage de Sivens prend des airs de Notre-Dame-des-Landes. Et pour cause, sur les 42 hectares qui doivent être artificialisés pour le projet, 13 sont en zone humide et abritent 84 espèces protégées. Malgré les avis défavorables (à lire ici et là) émis par deux organismes, le Conseil national de protection de la nature (CNPN) et l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), la préfecture a donné son feu vert au projet en octobre 2013. Les tractopelles ont commencé a défricher la semaine dernière. Mais des zones d’ombre demeurent sur le bien-fondé du projet.
Comment est justifiée la construction de ce barrage ?
Les défenseurs du projet, le conseil général, la Chambre d’agriculture et la CACG (Compagnie d’aménagement des Coteaux de Gascogne), l’entreprise semi-publique en charge de sa réalisation, estiment qu’il est nécessaire au maintien de l’agriculture. Car le département manque d’eau. Il est en moyenne déficitaire de 39 millions de mètres cubes par an. Le Tescou, cette rivière qui serpente dans une plaine agricole, est souvent à sec les mois d’été. Ce déficit chronique, que va accentuer le réchauffement climatique selon un rapport prospectif de l’agence de l’eau Adour-Garonne, inquiète les agriculteurs.
« Le manque d’eau, ajouté à la volatilité du cours des matières première et à l’empilement des règlementations, met notre activité en péril, estime Pierre Vincent, responsable du secteur irrigation de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) du Tarn. Aucun exploitant n’a encore jeté l’éponge mais certains sont passés en pluri-activité, ils conduisent des bus, font des petits boulots. » Sur les 1,5 million de mètres cubes du barrage de Sivens, deux tiers doivent permettre aux agriculteurs « d’assurer l’autonomie fourragère de leur exploitation », selon Jean-Claude Huc, président de la Chambre d’agriculture interrogé dans La Dépêche. Manuel Valls lui-même présente ce barrage comme « un élément décisif pour l’installation des jeunes agriculteurs », rapporte le site Reporterre, même si les syndicats n’ont eu vent d’aucun projet de la sorte pour l’instant.
Combien d’agriculteurs vont en bénéficier ?
Entre les pro et les anti-barrage, la bataille des chiffres fait rage. Du côté du collectif du Testet, l’un des deux groupes opposé au barrage, on estime à une vingtaine le nombre d’agriculteurs concernés. « Compte tenu du coup du barrage, évalué à 8,5 millions d’euros, ça fait 200 000 euros par ferme, l’investissement est jugé disproportionné », estime Ben Lefetey, porte-parole du collectif. De son côté, la Chambre d’agriculture parle de 82 exploitants. Ce chiffre correspond bien aux agriculteurs riverains du Tescou, potentiels bénéficiaires du barrage. « Ceux-ci sont en fait 51, car un autre barrage, celui de Thérondel, répond déjà aux besoins de ceux qui sont le plus en aval », poursuit-il. En amont, tous ne pratiquent pas l’irrigation et certains ont déjà leur propre retenue d’eau. Et rares sont ceux qui s’engagent tant que le prix de rachat n’est pas fixé. « Sur les 82, au moins une moitié est intéressée », évalue Pierre Vincent à la FDSEA, sur la base d’une enquête menée il y a 2 ans. Une estimation un peu légère pour Ben Lefetey qui déplore que les travaux commencent sans qu’aucun recensement des bénéficiaires n’ait été réalisé.
De quel type d’agriculture s’agit-il ?
« Il y a deux petites exploitations, dont un maraîcher bio, qui sont intéressées, reconnaît un militant du collectif des Bouilles. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Le reste ce sont des grosses exploitations de maïs. » Une accusation dont se défend la FDSEA : « L’agriculture dans la région n’a pas beaucoup bougé depuis quarante ans, alors certes il y a du maïs, mais aussi du soja, du tournesol, des éleveurs et des maraîchers », corrige Pierre Vincent. Un chiffre vient les départager : dans le Tarn, les exploitations de maïs représentent 48% des surfaces irriguées.
« Notre crainte, c’est qu’avec le barrage cette proportion augmente, explique Ben Letefey. Avec un apport en eau sécurisé, les agriculteurs pourraient travailler pour les semenciers. Il y a une demande forte et ce métier rapporte gros. Mais en termes d’engrais et d’eau, ce type d’agriculture n’est pas réputé pour sa sobriété. »
Le barrage est-il le seul moyen de parer aux problèmes d’irrigation ?
Non. Dans la région, les exploitants agricoles ont surtout recours aux retenues collinaires, sorte de piscines d’environ un hectare construites à flan de colline. Sur le versant concerné par le projet, 185 retenues collinaires ont déjà été creusées. Elles ont une capacité de 4,5 millions de m3, soit le triple de celle du barrage de Sivens, et détournent déjà un tiers de l’eau du Tescou. Un modèle que défend la Coordination rurale. « Dans la région, la pluviométrie est acceptable mais les flux sont irréguliers c’est pourquoi nous avons besoin de retenir l’eau l’hiver pour irriguer l’été », explique Alain Reillis, vice-président du syndicat. « Ces bassins répondent aux besoins des agriculteurs et s’insèrent bien dans l’environnement mais on butte sur l’administration, déplore-t-il. Alors que dans le Lot-et-Garonne près de 200 retenues ont été creusées en deux ans, le Tarn n’en a autorisé que 2 cette année. » Retenue ou barrage, pour le collectif du Testet le stockage lui-même est une fausse solution. La preuve ? « 1900 retenues et 40 barrages construits en 25 ans sur le bassin Adour-Garonneiv n’ont pas réussi à résoudre le manque d’eau » déplore ces opposants.
Le barrage est-il uniquement destiné aux agriculteurs ?
Deux tiers de sa capacité seulement. Le tiers restant doit maintenir l’étiage du Tescou à un niveau correct même les mois d’été. Ainsi, le président du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac (PS) a déclaré au Monde que « même si aucun agriculteur ne pompait dedans, [il] le ferait quand même pour améliorer la qualité de l’eau ». En augmentant le débit de cette rivière, les élus entendent diluer les rejets des villages alentours, deux stations d’épuration et une laiterie. Mais pour Ben Lefetey, cette préoccupation est datée.
« Les niveaux de pollution étaient préoccupant au début des années 2000, depuis les installations ont été mises au normes, la pollution a considérablement diminué », soutient le militant, qui observe le retour d’une vie aquatique dans la rivière. « Mais là encore c’est le grand flou, nos demandes répétées d’information sur les rejet de la laiterie aujourd’hui sont restées lettre morte. »« La seule utilité évidente de ce projet, c’est de faire bosser le BTP », estime un membre du collectif des Bouilles. « C’est un projet sur mesure pour la CACG qui a réalisé les études d’impact et porte le projet », acquiesce Ben Lefetey. De son côté, le conseil général est à la fois commanditaire et maître d’ouvrage du projet. Un imbroglio d’intérêts qui conforte les opposants.
La ministre de l’Ecologie a les moyens d’agir pour faire arrêter les travaux dans la zone humide du Testet, afin de rétablir le dialogue et d’examiner sereinement le dossier.
Des porte-paroles d’Attac, d’Europe Ecologie Les Verts, de Nouvelle Donne, du Parti de Gauche, de la Confédération paysanne s’unissent pour demander à Mme Royal d’agir.
Appel à Ségolène Royal,
Les travaux pour le barrage du Testet dans le Tarn ont commencé au mépris de toute concertation et de différents avis négatifs : aucune concertation avec des associations de protection de l’environnent et des milieux aquatiques, avis défavorables cachés durant l’enquête publique, refus du Conseil général et de la préfecture du Tarn de débattre publiquement et de suivre les avis des scientifiques du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN), des experts nationaux du Conseil national de protection de la nature (CNPN) nommés par l’État, de la Commission d’enquêtes publiques, de la Fédération de pêche et des milieux aquatiques, des services de l’État chargés de l’eau (ONEMA).
Par ailleurs, plusieurs recours juridiques, déposés par le Collectif et ses partenaires, sont en cours d’examen : un recours au fond contre l’arrêté dit « Loi sur l’eau » du 3 octobre 2013 ; un recours au fond contre la déclaration d’utilité publique (DUP) du 2 octobre 2013 ; un recours au fond et en référé suspension contre l’arrêté de dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces protégées du 16 octobre 2013. La demande de suspension du projet devrait être examinée par le tribunal administratif dans les jours qui viennent. Un recours a également été déposé par la FNE devant l’impossibilité de se procurer l’autorisation -obligatoire- pour la déforestation.
Malgré tout cela, les travaux de destruction de la forêt et de la zone humide ont commencé. Nous rappelons que ce barrage, financé sur des fonds publics, a pour seule vocation de perpétuer l’agriculture intensive et la culture du maïs pour quelques agriculteurs, alors que le rapport remis ces derniers jours par Jean Jouzel, Le climat de la France au 21è siècle, scénarios régionalisés, indique clairement les risques d’une telle fuite en avant.
Nous soutenons sans réserve la détermination et la résistance non-violente des citoyens, des paysans, des occupants de la zone forestière menacée, des grévistes de la faim. Ils affrontent une violence insupportable et dangereuse des forces de l’ordre et des machines convoyées pour détruire.
Nous vous demandons, en tant que ministre de l’Écologie et du développement durable de prendre la mesure de la situation. La nomination d’experts missionnés pour établir un dialogue ne répond pas aux questions posées, d’autant que les travaux de destruction ont continué de plus belle après cette annonce. Nous vous demandons un arrêt total des travaux et un moratoire.
Signataires :
Isabelle Attard (Nouvelle Donne) Geneviève Azam (Attac) José Bové (EELV) Guillaume Cros (EELV) Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne) Corinne Morel Darleux (Parti de Gauche) Noël Mamère Laurent Pinatel (Confédération paysanne) François Simon (EELV) Vincent Liegey (Parti pour la décroissance)
Un nouveau Notre-Dames-des-Landes se déroule en ce moment même dans le Tarn. Des centaines d’habitants, de paysans et de militants écologistes s’opposent pacifiquement à la construction d’un barrage inutile et imposé qui menace d’inonder la précieuse zone humide du Testet. Mais le gouvernement frappe, tire au flashball et envoie CRS, bulldozers et bûcherons contre les grévistes de la faim et les activistes non-violents !
On déplore déjà des blessés sérieux, et certains activistes juchés dans les arbres sont menacés par la coupe des arbres… Faudra-t-il un nouveau drame pour que l’on renonce à un nouveau projet inutile et imposé ?
Nous demandons aux ministres de l'intérieur et de l'écologie de retirer immédiatement les forces de répression de la zone du Testet et de décréter un moratoire sur les travaux en attendant une authentique consultation de la population sur le projet.
Merci de signer et de faire signer cette pétition. Il y a urgence !
Contre le barrage de Sivens, pour la sauvegarde de la zone humide du Testet !
En bordure de la forêt de Sivens à 10 Km de Gaillac (Tarn), 35 hectares de zone humide, forêt et bouilles* doivent être noyés pour satisfaire les besoins de l’économie capitaliste : un gros barrage destiné à favoriser la culture intensive du maïs, elle-même détournée des besoins alimentaires primaires au profit de l’industrie de la viande et de ses pratiques si catastrophiques pour l’environnement et les animaux. 18 hectares classés «zone humide» sont concernés, ainsi que de la forêt. Parmi les nombreux animaux sauvages qui y vivent, on compte une centaine d’espèces protégées dont cinq menacées.
Des centaines de personnes se mobilisent pour empêcher l'avancée des travaux. Enterrés pacifiquement pour dissuader les bulldozers, juchés dans des arbres ou sur le toit du Conseil Général du Tarn, les opposants au barrage ont déjà fait reculer la destruction… mais ont subi la violence sans frein des forces de répression.
Faut-il rappeler l’importance des zones humides, en recul partout, dans la protection de nos réserves d’eau potable, elles-mêmes en déclin accéléré ?
Nous demandons aux ministres de l'intérieur et de l'écologie de suspendre les opérations de police et de décréter un moratoire sur le projet, afin de prendre le temps de la discussion et d’une consultation authentique des populations.
Merci de signer et de faire signer cette pétition. Il y a urgence !
*bouilles: terres ou prairies humides sans valeur financière
Dans le Tarn, non loin de Gaillac, une zone riche en biodiversité risque d’être inondée par un projet de barrage. Les opposants dénoncent un investissement public au service d’une poignée de producteurs de maïs, une culture très gourmande en eau. Alors que les recours juridiques sont toujours en cours d’examen, le déboisement a commencé le 1er septembre en présence d’environ 200 CRS et gendarmes. Dans cette tribune, des représentants d’associations et de syndicats dénoncent les comportements violents des forces de l’ordre. Et demandent à la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal de surseoir immédiatement aux opérations de déboisement.
Depuis 2011, le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet agit pour la protection de cette zone menacée de destruction par le projet de barrage de Sivens sur la rivière Tescou, dans le département du Tarn. Le projet sacrifierait la dernière zone humide importante du bassin du Tescou, qui abrite au moins 94 espèces animales protégées et 353 espèces de plantes vasculaires.
Bétonnage et goudronnage ne sont pas les seules raisons de l’artificialisation des terres agricoles qui fait disparaître l’équivalent d’un département tous les dix. Paradoxalement, les besoins démesurés d’irrigation pour des cultures comme le maïs et la nécessité de diminuer le taux de pollution de l’eau en été du fait de l’utilisation intensive des pesticides y participent également.
C’est exactement la finalité agricole du projet de barrage de Sivens. Elle est symptomatique des dérives d’une agriculture qui vise à adapter le milieu sans changer ses pratiques. La logique s’applique au détriment de la biodiversité et de la collectivité qui en assume les coûts. L’investissement public au service de ce modèle agricole et d’une poignée de bénéficiaires est incompréhensible.
La manière dont les autorités locales, préfecture et Conseil général, gèrent ce projet rappelle les méthodes utilisées dans d’autres projets inutiles comme celui de l’aéroport de Notre Dame des landes : aucune concertation avec les associations de protection de l’environnent et des milieux aquatiques ; avis défavorables cachés durant l’enquête publique ; refus du Conseil général et de la préfecture du Tarn de débattre publiquement ; refus du conseil général de suivre l’avis de la Commission d’enquêtes publiques, de la Fédération de pêche et des milieux aquatiques, des services de l’État chargés de l’eau (ONEMA) ; refus du Conseil général de suivre les avis des scientifiques du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) et des experts nationaux du Conseil national de protection de la nature (CNPN) nommés par l’État qui considèrent tous les deux les mesures compensatoires insuffisantes.
Le système de compensation ne sert qu’à faire passer des projets. Aucune compensation ne remplacera la biodiversité détruite et ce sont des terres agricoles qui disparaissent au final !
Plusieurs recours juridiques, déposés par le Collectif et ses partenaires, sont en cours d’examen : Un recours au fond contre l’arrêté dit "Loi sur l’eau" du 3 octobre 2013 Un recours au fond contre la déclaration d’utilité publique (DUP) du 2 octobre 2013 Un recours au fond et en référé suspension contre l’arrêté de dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces protégées du 16 octobre 2013. Le tribunal administratif devrait examiner les recours le 26 septembre.
Pourtant, rien n’y fait, le président du conseil général du Tarn refuse tout dialogue prétextant que toutes les démarches d’investigations ont été régulières et ont montré la validité du projet. C’est faux.
Devant l’imminence des travaux et face à l’intransigeance des autorités locales, trois opposants ont décidé d’entamer une grève de la faim le 27 août. Ils sont aujourd’hui cinq et débutent leur troisième semaine de grève de la faim.
Lundi 1er septembre 2014, le Conseil général du Tarn a décidé de passer en force avec le soutien du Préfet. Le déboisement de bois en limite de la zone humide a commencé sous la protection d’environ 200 CRS et gendarmes. Leur comportement est inqualifiable, violent avec des tirs tendus de lacrymos, de flashball sans sommation, portant des propos orduriers et sexistes, avec des arrestations sans fondements.
Jusqu’à présent, le Conseil général avec l’appui de la préfecture refuse de prendre en compte les actions juridiques en cours et affirme même devant la presse que tous les recours des opposant-es avaient été épuisés. C’est faire peu de cas de la situation des personnes en grève de la faim !
Le 28 février 2014, Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre, avait déclaré aux médias « que les recours déposés contre le projet de transfert d’aéroport de Nantes vers Notre-Dame-des-Landes devaient être examinés par la justice avant que les travaux ne puissent commencer » arguant du fait que « nous sommes dans un État de droit ». A la suite de sa nomination en tant que Ministre de l’Écologie, Madame Ségolène Royal a confirmé l’engagement du précédent gouvernement.
Le collectif et ses partenaires demandent que cet engagement soit également respecté sur la zone humide du Testet. Ils demandent donc : un moratoire sur les travaux jusqu’à l’examen de tous les recours en justice le retrait des forces de l’ordre l’organisation d’un véritable débat démocratique impliquant la communication de tous les éléments du dossier, dont les avis des scientifiques.
Face au refus réitéré du Conseil général et de la préfecture d’entendre les demandes légitimes des opposant-es et compte tenu de l’urgence de la situation locale, les signataires de cette tribune demandent depuis le 5 septembre une rencontre au plus vite avec la ministre de l’écologie afin d’examiner rapidement les solutions qui permettront de résoudre la crise actuelle en commençant par sursoir aux opérations de déboisement qui ont débuté le 1er septembre.
Depuis Sivens, Cécile Duflot et Noël Mamère demandent l'arrêt des travaux.
Les députés écologistes Cécile Duflot et Noël Mamère se sont rendus sur le chantier du barrage de Sivens, ce lundi après-midi, pour soutenir les opposants au projet. Les deux parlementaires ont interpellé Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement, lui demandant l'arrêt des travaux tant que les trois recours sont encore en attente au tribunal administratif de Toulouse.
Annoncés dès vendredi, Cécile Duflot et Noël Mamère ont rendu visite aux opposants au projet de retenue de Sivens dans le Tarn. "Ce projet est un scandale écologique et économique. Il faut le faire connaître car tout s'est passé très rapidement et dans une relative discrétion jusqu'à présent", rapporte la députée Europe-écologie-les-verts.
Accompagnée de l'état-major d'EELV dans la région (Gérard Onesta, Françoise Dedieu-Casties, Guillaume Cros et Antoine Maurice), l'ancienne ministre du Logement a critiqué le choix du site : "C'est une aberration. Le site est plat et peu profond. Cela n'a pas de sens de construire une retenue à cet endroit".
"Les actions sur le terrain sont nécessaires" Très remontée, Cécile Duflot a dénoncé également "l'intervention très brutale" des forces de l'ordre. "Je trouve inacceptable qu'on puisse ainsi appuyer un passage en force avec autant de moyens, affirme-t-elle. Face aux passages en force contre l'État de droit, je comprends les actions des militants qui sont sur le terrain. Elles sont utiles, voire nécessaires, car si on attend que la justice donne droit aux recours sur la loi sur l'eau, il sera sans trop tard."
Depuis Sivens, la députée écologiste et son homologue ont donc interpellé la ministre de l'Environnement Ségolène Royal pour qu'elle rende public le rapport réalisé par ses experts. "Nous demandons l'arrêt des travaux et leur suspension jusqu'au terme des recours. Les compensations prévues sont insuffisantes. Elles ne respectent pas les termes de la loi sur l'eau."
À l'issue de leur visite, les deux parlementaires ont rencontré le préfet du Tarn Thierry Gentilhomme pour lui faire part de leur mécontentement.
La zone humide du Testet est totalement déboisée. /
Le projet de barrage de Sivens dans le Tarn destiné au soutien d'étiage et à l'irrigation suscite des réactions contradictoires au sein du gouvernement.
Alors que la ministre de l'écologie est à New York pour la conférence sur le climat, Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture s'est exprimé hier matin, en faveur du barrage de Sivens. Un projet qui donne lieu depuis des semaines à des affrontements entre opposants et forces de l'ordre sur le site de la zone humide du Testet.
Royal désavouée ?
Ségolène Royal avait souhaité, début septembre, vérifier que le projet «ne participe pas au développement d'une agriculture intensive» par la nomination d'une mission d'expertise. Stéphane Le Foll n'a pas attendu les conclusions des experts pour affirmer, hier matin, sur France Inter, que ce barrage devait se construire. Pour le ministre de l'agriculture, les retenues réalisées aujourd'hui ne sont pas faites pour faire pousser du maïs mais pour une agriculture diversifiée. «Je veux que l'on arrête de dire que lorsqu'on fait une retenue, c'est pour le maïs. Oui, il y a trente ans, dans le sud ouest, on faisait de l'irrigation et on pompait pour faire du maïs. Le problème aujourd'hui est la capacité à maintenir un élevage. La diversité de l'agriculture française est posée si on n'a pas de réserves d'eau. ».
Stéphane Le Foll a assuré que sa déclaration en faveur du barrage de Sivens était la position du ministre de l'agriculture mais aussi du porte-parole du gouvernement. Un caillou dans la chaussure de Ségolène Royal qui ne donnera sa position qu'une fois la mission d'expertise terminée.
Quelle sera sa marge de manœuvre ? Et quel est l'intérêt du travail des deux experts si le gouvernement a déjà pris sa décision ?
Les deux fonctionnaires mandatés par le ministère de l'écologie n'ont pas achevé leur tour de table destiné à «s'assurer de la qualité et de l'ambition du projet de territoire». Ils doivent notamment rencontrer le collectif du Testet opposé au projet et qui n'avait pas souhaité être auditionné, jusqu'à présent. Une lettre a été envoyée aux experts, lundi.
Sur le terrain, l'arrêt temporaire du chantier a permis un retour au calme. Mais dès la semaine prochaine, les travaux pourraient reprendre. Les anti-barrage sont toujours présents sur la zone et de nouveaux affrontements sont à craindre.
Pour le maïs
Pour Ben Lefetey, du collectif du Testet, opposé au barrage, les propos du ministre de l'agriculture sont contredits par les propres arguments des porteurs de projet. «Le barrage répond au soutien d'étiage pour 30 % et 70 % pour l'irrigation. Il est dimensionné pour des taux de consommation moyens de 2000 m3/ha qui sont ceux du maïs. C'est la raison pour laquelle, on estime que le barrage est surdimensionné. Au-delà du maïs, la question qui se pose est bien celle de la ministre de l'écologie, à savoir le développement ou non d'une agriculture intensive».
Thierry Carcenac, président du Conseil général du Tarn.
Initialement prévue pour faire « un tour d'horizon de l'actualité et des projets à venir », la conférence de presse de rentrée du président du Conseil général du Tarn a pris une allure singulière. Thierry Carcenac a choisi de réagir sur le chantier du barrage de Sivens. Le dossier occulte tous les autres dans le Tarn.
En présence d’autres élus, maires ou conseillers généraux de l’Ouest tarnais, dont Michèle Rieux, conseillère générale de Gaillac, Georges Paulin, conseiller général, Paul Salvador, conseiller général de Castelnau de Montmiral, Maryline Lherme, conseillère générale et maire de Lisle sur Tarn, Patrice Gausseran, maire de Gaillac… Et de deux citoyens s’ opposant au projet, Thierry Carcenac a examiné les données du dossier et montré des photographies du pont et de la route endommagés et des véhicules du Conseil général taggés sur le site. Le même jour, Ségolène Royal nommait une mission d’expertise pour « favoriser le dialogue et vérifier les garanties d’une gestion durable de la ressource en eau ».
Le président du Conseil général a ainsi mis en avant que : « le projet de barrage sur le Tescou à Sivens (1.500.000 m3) a été mis au point dans le cadre du Schéma directeur d’aménagement des eaux (Sdag), en application du plan de gestion des étiages, avec l’objectif de soutenir l’étiage de la rivière et de répondre aux besoins d’irrigation, sans augmentation de cette dernière. L’étude Garonne 2050 prévoyant un manque d’eau sur le bassin du Tarn de plus de 30 millions de m3, le conseil général se préoccupe de la qualité de l’eau, de l’environnement et des paysages. Toutes les procédures légales ont été respectées et même en dernier recours le Conseil d’Etat a rejeté le référé-suspension déposé en début d’année par les opposants au projet ».
Pour une utilisation raisonnée de l’eau
Thierry Carcenac a ensuite tenté de balayer les idées reçues et les préjugés souvent avancés au sujet de cette retenue et de son coût pour le contribuable : « Le coût du chantier pour le département est de 800.000 euros. Alors qu’un simple rond-point coûte 600.000 euros. 400 personnes étaient présentes pour débattre en 2012 et approuver l’utilité publique du projet que le Coderce a jugé recevable en 2013. La commission a, ensuite, présenté des mesures compensatoires de protection des espèces », explique-t-il. « Le Tarn est précurseur en matière de développement de la politique zone humide avec 1.600 sites répertoriés sur 4.000 ha, 70 zones humides restaurées ou entretenues. Nous oeuvrons pour une gestion de l’eau plus efficiente face au changement climatique* ».
Il poursuit : « Le barrage-réservoir est destiné à soutenir l’étiage du Tescou, petit affluent du Tarn, et à sécuriser l’approvisionnement en eau des fermes voisines. 82 agriculteurs pourront en bénéficier (41 dans le Tarn, 39 en Tarn-et-Garonne et deux en Haute-Garonne. Il ne s’agit pas d’agriculture intensive mais de polycultures, d’élevage, de maraîchage et autres activités agroalimentaires familiales. Et non de maïsiculture. La forêt de Sivens s’étale sur 700 ha. L’emprise du plan d’eau est de 34 ha. La zone humide boisée du Testet est de 13,4 ha et la surface déboisée de 23 ha ».
Et cependant, dès le lendemain, une cinquantaine d’ « anti-barrage » ont investi le Conseil général, alors que son président était à Paris pour y rencontrer la ministre de l’écologie.
Rebondissement de dernière minute. Ce lundi 15 septembre, Thierry Carcenac a reçu une délégation d’élus d’Europe Ecologie Les Verts a qui il aurait annoncé « des incertitudes sur l’obtention à brève échéance des fonds européens prévus pour financer le barrage, soit plus de 20 % des quelques huit millions d’euros du coût total de la retenue ». Ce qui impliquerait un redimensionnement du projet. A.-M. B
* Extraits du rapport d’étude « Garonne 2050 » réalisé par l’Agence de l’Eau Adour Garonne en 2012 :
« …Ces recherches, menées notamment par les chercheurs de Météo France, montrent pour le Sud-Ouest de la France, à l’échéance 2050, une augmentation de la température moyenne annuelle comprise entre 0,5°C et 3,5°C. Cette tendance sera plus marquée en été, avec plus de périodes de canicule et de sécheresse. Par voie de conséquence, l’évapotranspiration annuelle sera en nette augmentation. Dans le domaine de l’hydrologie, cela signifie moins de pluie efficace, donc moins d’écoulement et d’infiltration. De fortes incertitudes demeurent sur le niveau et la dynamique des précipitations. On peut s’attendre néanmoins à une diminution des précipitations neigeuses. De ce fait, certains cours d’eau passeraient d’un régime nival à un régime pluvial. Du fait de l’ensemble de ces évolutions climatiques, de fortes modifications sur l’hydrologie sont à prévoir : des baisses annuelles de débit de toutes les grandes rivières du Sud-Ouest, comprises entre 20 et 40 %. La dynamique des écoulements sera également fortement modifiée notamment en période de basses eaux : sans modification des usages, les étiages seront plus précoces, plus sévères et plus longs… » "…L’incidence du changement climatique sur l’assèchement des rivières de notre bassin, confirmée par des études et observations récentes et par le dernier rapport du GIECC, sera majeure en termes environnementaux, économiques et sociaux. Une stratégie d’ampleur (en termes d’échelle, de rythme et de combinaison de moyens) est à imaginer pour l’avenir, si l’on souhaite équilibrer besoins et ressources en eau sur ce territoire …".
Un projet de barrage d’irrigation tente de s’implanter en force. Il concerne la zone humide du Testet, un lieu précieux pour l’écologie, pour la préservation des espèces, tant animales que végétales, et leur reproduction. Un lieu précieux pour qui aime à randonner dans un territoire verdoyant, auparavant réputé pour sa sérénité.
Depuis des mois, des citoyens disent les erreurs manifestes réalisées lors de l’étude de terrain et de faisabilité. Ils suivent les moyens légaux et juridiques pour se faire entendre et aviser les instances publiques, dont le conseil général, de solutions en phase avec l’Agenda 21, la nécessaire transition énergétique — qui tarde désespérément à se mettre en place dans notre pays, tout occupé à préserver un modèle devenu caduc.
Depuis quelques jours, mon fils a rejoint la zone à défendre ou ZAD. Il aura 19 ans dans quelques jours. Avec d’autres jeunes et d’autres plus avancés dans la vie, il se mobilise pour ses convictions. Il s’engage sur le terrain pour protéger une nature qui n’a que les humains pour veiller sur elle ou, au contraire, la dévaster. Il se lie à d’autres résistants parce que le sentiment d’injustice associé à ce projet de barrage le laisse par trop intranquille, insatisfait, et qu’il se sent suffisamment juste pour être entendu dans ses revendications.
Monsieur le Président, si mon fils s’invite dans cette action, c’est parce que vous demeurez sourd aux appels citoyens pacifistes. Parce que vous faites le choix archaïque d’un passage en force en lieu et place de la discussion, de l’échange constructif et de la concertation — une solution par laquelle la démocratie locale se trouverait pourtant grandie. Si mon fils s’engage, monsieur le Président, c’est également pour dénoncer des manipulations de dossiers qui vont dans le sens contraire de la transmission d’une information claire et précise, sur un sujet très coûteux qui engagera vos concitoyens pour le restant de leurs jours imposables.
Si ce jeune milite aujourd’hui, c’est parce qu’une décision inique frappe son territoire et qu’il forme le vœu de vivre dans un pays où la liberté d’opinion n’a d’égale que celle de se battre pour ses convictions. Car c’est ainsi, monsieur le Président, à travers l’histoire de notre pays, que la société française a pu évoluer : grâce au combat de citoyens qui ont dénoncé l’injustice et se sont battus pour faire triompher le droit. Nous ne vivons pas dans le territoire de Jaurès pour rien !
Monsieur le Président, cette jeunesse à laquelle vous tentez de donner la leçon en faisant sonner la garde, les Zadistes tous réunis, ces humains-là savent que l’avenir passe par l’écologie, par le respect de la nature et l’abandon d’un modèle agricole qui nous tue à petit feu, de par son utilisation massive d’intrants polluants, et sa soif incommensurable d’eau.
Cette jeunesse qui milite sait aussi, monsieur le Président, que l’avenir est à la paix, celle des consciences d’abord — et je pense à la leur, luttant pour pouvoir se regarder dans le miroir sans sourciller. Elle sait que l’avenir est à la transition énergétique, et à la réinvention d’une démocratie trop souvent fatiguée par l’affairisme et les intérêts non républicains qui se jouent en sourdine, dans le pays, lors de bien des projets d’aménagement du territoire.
Sachez, monsieur le Président, que je soutiens pleinement mon fils et les résistants de Sivens. Je partage leur combat et crains pour eux chaque jour, chaque nuit, chaque matin quand le jour se lève et que les affrontements reprennent. Au lieu de redoubler d’efforts pour les évincer brutalement et au plus vite, nous devons toutes et tous être fières d’eux qui tiennent bon, malgré toute l’ingratitude de leurs conditions de vie, là-bas.
Monsieur le Président, quand, dans une démocratie, les forces de l’ordre interviennent en lieu et place du dialogue, quels mots nous reste-t-il pour qualifier un tel régime, l’époque et ses manières ? Pour ma part, je n’en possède plus aucun en lien avec le respect dû par un élu à ses concitoyens.
Dans la démocratie, la souveraineté appartient au peuple. Et c’est ce peuple, monsieur le Président, qui vous envoie un message fort pour vous dire les erreurs et leur danger pour un territoire fragile, au Testet. Nous pouvons toutes et tous être fières de ces sonneurs d’alerte qui viennent nous dessiller et nous dire la réalité de la Terre.
Puissiez-vous, monsieur le Président, enfin les reconnaître comme tels et entendre leur propos.
Le projet de barrage de Sivens initié par le Conseil général du Tarn a débuté le 1ER septembre. Il vise à soutenir l’étiage du Tescou, un petit affluent du Tarn, et à sécuriser l’approvisionnement en eau des fermes voisines pour un coût estimé à 8,4 millions d’euros. Installés sur cette Zone A Défendre (ZAD), les opposants se sont massivement mobilisés ces dernières semaines contre ce projet qu’ils jugent inutile et destructeur. Des affrontements ont eu lieu afin de déloger les ZADISTES avec la présence de quelque 200 gendarmes mobiles. Alors que le déboisement s’effectue à grande vitesse, certains militants écologistes ont investi les cimes des arbres afin de résister sur place. Après une action coup de poing au Conseil général du Tarn, de nombreuses personnes campent désormais devant la bâtisse et certains ont entamé une grève de la faim. Sur le plan juridique, le tribunal de grande instance d’Albi a été saisi en référé sur la légalité du déboisement du site, et un recours contre l’arrêté préfectoral de novembre 2013 est examiné actuellement par le tribunal administratif de Toulouse. Les deux juridictions rendront leurs décisions mardi 16 septembre. En attendant, les arbres tombent comme des mouches….
Dans le Tarn, la situation dégénère entre opposants au barrage de Sivens et forces de l'ordre. Assurés du soutien d'EELV, les militants écologistes demandent l'arrêt des travaux, alors que le Conseil général PS tient à les poursuivre.
Un nouveau Notre-Dame des Landes? A Lisle-sur-Tarn, dans la forêt de Sivens, des militants écologistes s'opposent à la construction d'un barrage sur la petite rivière du Tescou. Ils sont perchés dans les arbres, enterrés sur le passage des bulldozers, certains font la grève de la faim. Le site est devenu une ZAD (zone à défendre), comme à Notre-Dame des Landes. La confrontation, quelquefois violente, s'est déplacée en début de semaine dans les locaux du Conseil général du Tarn à Albi, d'où les protestataires ont été sortis manu militari.
Pourquoi ce nouveau barrage?
Ce barrage, "attendu depuis plus de 25 ans" selon le député PS de la circonscription, est destiné à améliorer l'irrigation des exploitations agricoles situées dans la plaine du Tescou. Il doit faire 315 mètres de long, et inonder 34 hectares, précise Objectif News.
Pierre Vincent, responsable de l'irrigation à la Fdsea du Tarn, explique à L'Expansion que "huit années sur dix, le Tescou est l'objet de restrictions à l'irrigation, parce que le cours d'eau est à sec". Cette situation n'est pas due à l'irrigation elle-même, assure-t-il, mais aux faibles capacités de la rivière. Il estime que 82 fermes, de "petites exploitations diversifiées", sont susceptibles d'avoir des problèmes d'alimentation en eau dans la vallée. Dans cette "vallée étroite et boisée, propice à la polyculture", le revenu des agriculteurs est plus faible que dans le reste du Tarn, explique le responsable syndical. Une meilleure irrigation leur permettrait de mieux rentabiliser leurs cultures spécialisées, comme le maraîchage, le tabac, le soja, ou les semences de maïs, assure-t-il. Il rappelle que le Conseil général et la Région soutiennent le projet.
Pourquoi les opposants le refusent?
Le barrage entraînera la disparition de 12,7 hectares de la zone humide du Testet. Selon le collectif pour la sauvegarde de cette zone humide, c'est une des plus importante du département. Vaste de 18,8 hectares, elle contient 94 espèces protégées, dont 40 espèces d'oiseaux, et abrite également une flore très riche. C'est au nom de la biodiversité que les opposants au barrage le contestent.
Mais pas seulement. Ils assurent aussi que le barrage d'un million et demi de m3 est surdimensionné par rapport aux besoins réels des agriculteurs, et coûtera cher aux contribuables. A son coût de construction de 8,4 millions d'euros, il faudra ajouter 360 000 euros d'entretien chaque année, selon le collectif. "Pourtant, en 2011, un rapport interministériel a conclu qu'avec un coût d'entretien annuel de 140 000 euros, le taux de rentabilité du barrage serait faible, de l'ordre de 7%", explique à L'Expansion Ben Lefetey, porte-parole du collectif. "Avec notre nouvelle estimation, qui incorpore les frais de suivi écologique imposés par la loi, il va encore nettement baisser", assure-t-il. Le barrage ferait ainsi subventionner à grands frais par les contribuables "la culture intensive du maïs", au profit d'un lobby céréalier.
Pour Ben Lefetey, ce sont bien les pompages d'irrigation qui assèchent périodiquement le Tescou, faute de concertation entre les agriculteurs qui préférent au début de l'été utiliser la rivière plutôt que puiser dans leurs propres réserves (puits et étangs). Les fermes qui ont besoin d'eau sont très peu nombreuses, selon lui. Il dénonce également le rôle de la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne, une société d'économie mixte chargée à la fois de la construction du barrage et des études qui ont justifié sa nécessité.
Quelle est la position de Ségolène Royal?
Le barrage de Sivens est une nouvelle pomme de discorde entre les Verts et le PS, puisque le Conseil général, présidé par le socialiste Thierry Carcenac, est à l'origine du projet de barrage, et qu'EELV soutient les opposants, à l'image du député européen José Bové.
La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, temporise. Elle a envoyé lundi deux experts le Tarn afin d'évaluer la qualité du projet de barrage, "favoriser le dialogue et vérifier les garanties d'une gestion durable de la ressource en eau". Il s'agit notamment que le projet "ne participe pas au développement d'une agriculture intensive", a souligné Ségolène Royal.
Les deux experts doivent en particulier évaluer "la qualité et l'ambition du projet de territoire et les mesures compensatoires visant à préserver la biodiversité du site". En effet, les 12,7 hectares de zone humides supprimés doivent être remplacés, selon le Conseil général, par 19,5 nouveaux hectares. Mais ces nouvelles zones humides sont morcelées en 9 parcelles. Ce qui ne correspond pas à la définition d'une zone humide selon les écologistes.
"Les travaux doivent cesser immédiatement et au moins jusqu'aux conclusions de ces expertises" demande Ben Lefetey. Mais Thierry Carcenac a exclu tout moratoire en assurant "que ce projet répondait pleinement aux objectifs évoqués par Ségolène Royal". La patate chaude est désormais entre les mains de la ministre.
Les deux experts nommés par Ségolène Royal sur le dossier du barrage de Sivens sont arrivés dans le Tarn, mais les opposants au barrage ont annoncé boycotter la première réunion à la préfecture ce jeudi.
Il n'y aura pas de dialogue ce jeudi entre le Conseil Général du Tarn et les opposants au barrage de Sivens, qui luttent contre la disparition de la zone humide du Testet. Malgré l'arrivée dans le Tarn des deux inspecteurs nommés par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, qui doivent s'entretenir d'ici la fin de la semaine avec les associations écologistes et les agriculteurs pour "favoriser le dialogue et vérifier les garanties de la ressource en eau", les opposants ont décidé de ne pas participer à la première réunion qui se tient ce jeudi à la préfecture à Albi.
Les opposants au barrage estiment que l'arrêt des déboisements sur le terrain est le préalable à toute reprise du dialogue.
Ils ont installé cette nuit des campements dans les platanes qui bordent l'Avenue des Lices entre la Préfecture et l'Hôtel du Département et bloquent l'entrée et le fonctionnement du Conseil Général.
Dans une lettre ouverte, de nombreux élu-es midi-pyréneen-nes demandent au Président du Conseil Général du Tarn, Thierry Carcenac, que cessent les violences incompréhensibles à l’égard des opposants au projet de barrage de Sivens et qu’un moratoire soit décidé sur le projet.
Liste des signataires :
Fatma ADDA – Conseillère Régionale EELV
François ARCANGELI – Conseiller Régional EELV et Maire d’Arbas, Haute-Garonne
Henri AREVALO – Conseiller Municipal EELV de Ramonville-Saint Agne, Haute-Garonne
Christine ARRIGHI – Conseillère Municipale EELV de Ramonville-Saint Agne, Haute-Garonne
Pascal BARBIER – Conseiller Municipal EELV de Plaisance du Touch, Haute-Garonne
Marie-Odile BERTRAND – Conseillère Municipale EELV de Colomiers, Haute-Garonne
Michèle BLEUSE – Conseillère Municipale EELV de Toulouse, Haute-Garonne
Gérard BOLET – Maire EELV de Montbrun-Lauragais, Vice-Président du Sicoval, Haute-Garonne
Guy BONHOMME – Conseiller Municipal EELV de Frouzins, Haute-Garonne
Annie BONNEFONT – Conseillère Régionale EELV
José BOVÉ – Député Européen EELV Sud-Ouest
Simon BRÄNDLI – Adjoint supplémentaire EELV au Maire de Carmaux, Tarn
Elie BRUGAROLAS – Conseiller Régional EELV
Jean-Louis CALMETTES – Conseiller Municipal EELV de Decazeville, Aveyron
François CALVET – Conseiller Régional EELV
Alain CIEKANSKI – Conseiller Régional EELV
Guillaume CROS – Président du Groupe EELV au Conseil Régional de Midi-Pyrénées
Françoise DEDIEU-CASTIES – Vice-Présidente EELV du Conseil Régional de Midi-Pyrénées, Maire honoraire de Lacaugne, Haute-Garonne
Bérengère DOERLER – Conseillère Municipale EELV de Castanet Tolosan, Haute-Garonne
Thomas DOMENECH – Conseiller Municipal Front de Gauche de Gaillac, Tarn
Nicole FRECHOU – Conseillère Régionale Front de Gauche
Régis GODEC – Conseiller Municipal EELV de Toulouse, Haute-Garonne
Françoise GUIZZETTI – Adjointe EELV au Maire de Saint-Izaire, Aveyron
Bastien HO – Conseiller Municipal EELV de Carbonne, Haute-Garonne
Catherine JEANDEL – Conseillère Régionale EELV
Patrick JIMENA – Conseiller Municipal EELV de Colomiers et Conseiller Général de Haute-Garonne
David KOWALCZYK – Conseiller Municipal EELV de Saint-Juéry, Tarn
Guilhem LATRUBESSE – Conseiller Régional POC-EELV
Laurent LEOPARDI – Conseiller Municipal et communautaire Parti de Gauche de Carmaux, Tarn
Christophe LUC – Conseiller Municipal de Graulhet, Tarn
Antoine MAURICE – Conseiller Municipal EELV de Toulouse, Haute-Garonne
Isabelle MEIFFREN – Conseillère Régionale EELV
Jean-Luc MÉLENCHON – Député Européen Front de Gauche Sud-Ouest
Fanou MENA – Adjointe EELV au Maire de Saint-Sulpice-la-Pointe, Tarn
Philippe MOINAT – Conseiller municipal de Tournefeuille, Haute-Garonne
Gérard ONESTA – Vice-Président EELV du Conseil Régional de Midi-Pyrénées
Marie-Christine PONS – Conseillère Régionale EELV
Pascal PRAGNERE – Conseiller Municipal EELV d’Albi, Tarn
Catherine RENAUX – Conseillère Municipale EELV de Saint-Lys, Haute-Garonne
Alain RIGOUT – Adjoint EELV au Maire de Blagnac, Haute-Garonne
Philippe SABATIER – Adjoint EELV au Maire de Grisolles, Tarn-et-Garonne
Michel SARRAILH – Conseiller Municipal EELV de Saint-Orens de Gameville, Haute-Garonne
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